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25 July 2017

Procès Cherif Ouchen : Acquitté pour « non-responsabilité pénale »

EL WATAN 21 octobre 2009

La famille Ouchen était hier dans l’expectative, à l’issue du procès qui jugeait Cherif pour atteinte au président de la République.
Le verdict en demi-teinte, prononcé par le tribunal de Aïn M’lila, n’était pas pour rassurer la famille et les amis venus nombreux de Aïn Kercha assister par solidarité l’accusé. L’acquittement dont a bénéficié Cherif sur la base de l’expertise psychologique était conditionné par un séjour dans un établissement psychiatrique. Hier, Cherif n’a donc pas pu rejoindre les siens. Pourtant, le déroulement de l’audience lui était, selon toute vraisemblance, favorable. D’emblée, le juge pose la question de savoir pourquoi il avait écrit une lettre aussi injurieuse. « Je suis spolié de mes droits », réplique-t-il et d’insister ensuite sur sa demande d’être déchu de la nationalité algérienne, adressée auparavant au président de la République. « Le président est responsable de ce qui se passe », ajoute cherif, à quoi le juge s’oppose en soulignant qu’il est seulement responsable des choses les plus importantes.

« Non, il est responsable, y compris des détails », lui répond-il. Au bout de cet échange qui démontre la lucidité de l’accusé, le juge revient aux résultats de l’expertise selon laquelle Cherif souffre d’une schizophrénie aiguë. Un diagnostic qui rend l’accusé non responsable du point de vue pénal, d’où le verdict prononcé par un juge clairvoyant, qui n’hésite pas à écorcher au passage le ministère public ayant fait, selon lui, une erreur en inculpant Cherif Ouchen, étant pourtant en possession d’une expertise similaire, traitant du même cas et datant de 2006. L’accusé, loin de se réjouir de l’issue du procès, soutenait mordicus qu’il est en possession de toutes ses facultés mentales et qu’il était prêt à récidiver jusqu’à obtention de ses droits. A noter l’intervention en cours de l’audience d’une avocate représentant la partie civile. Quelle partie civile ? Le Trésor public, selon elle ! Pourquoi le Trésor public serait-il intéressé par cette affaire ? Serait-il devenu un représentant du président de la République ? L’interrogation demeure entière. En tout cas, l’avocate a demandé à ce qu’il y ait une deuxième expertise et une amende au dinar symbolique, requête refusée par le juge.

Par N. N.


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2 Commentaires sur cet article

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  • Kara Fawzi
    20 octobre 2009 at 22 h 33 min - Reply

    Il y a vraiment de quoi bouffer sa propre cervelle dans ce bled ! Les responsables ne répondent pas aux doléances des citoyens et lorsque ceux-ci s’énervent et passent à la violence – seul langage que nos responsables comprennent – la justice intervient non pas pour rendre justice à la victime, mais pour bien l’enfoncer dans la m…




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  • MTM
    22 octobre 2009 at 16 h 51 min - Reply

    Trouvez le bourreau dans cette affaire.

    Est-ce, le président répugne-publique? non, absolument pas. Lui, c’est notre père, il ne peut pas nous faire souffrir.
    Est-ce le juge ? Non plus, comment peut-on oser soupçonner l’auguste serviteur…
    Est-ce le procureur de la République ? Que nenni, lui, il veille aux intérêts de la société, c’est à dire aux nôtres; ils n’oseraient pas.
    Peut-être la partie ci-vile alias chiyatines de son excellence? Non et encore non.

    Par delà tout ce beau monde qui se bat si héroïquement pour l’honneur du président, le coup de grâce qui achève le pauvre Don Quichotte algérien, est venu d’un autre larbin, un scientifique, un universitaire, un intellectuel : l’expert en psychiatrie. Un pompeux titre pour un minable mission. C’est ce genre de monstres qui fait le plus de mal à une société. C’est les jokers des dictateurs.

    Un médecin qui prend la responsabilité de décider qu’un être humain sain d’esprit, devient schizophrénique, parce qu’il a osé critiquer le président de la République. Un médecin qui viole, sa conscience, sa patrie et foule au pied la déontologie qui régit sa profession, est simplement méprisable, ignoble et mérite d’être interdit de l’exercice de sa profession.
    Où sont les autres psychiatres pour empêcher de telles dérives et attenter à leur crédibilité et à l’honneur de leur corporation. Où est l’ordre des médecins pour faire appliquer les règles élémentaires contre les contrevenants qui a bradé leur métier à des fins politiques et jettent la honte sur tous les médecins?

    Remarquer que, comme toujours, les noms de tous ces valets ne sont jamais indiqués par la presse. Ces gens-là sont tellement célèbres par leurs contributions scientifiques et leur notoriété internationale qu’il est inutile pour eux de décliner leur identité…




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