Édition du
23 July 2017

Émeutes de Diar Echems. Les insinuations de Zerhouni

Zerhouni 2

El Watan, 24 octobre 2009

Si le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales ne s’est pas hasardé à minimiser la gravité des émeutes sociales qui ont secoué, deux jours durant, Diar Echems, un quartier populeux de la capitale, il a par contre laissé planer des doutes concernant l’origine de la colère des habitants.

Tout au moins, Noureddine Yazid Zerhouni a insinué que les événements auraient pu être moins dramatiques et moins violents si des repris de justice n’avaient été de la partie. Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs, dans un point de la situation établi jeudi, en marge d’une visite à la clinique des Glycines, un établissement hospitalier appartenant à la police nationale, appelé les familles et les jeunes de cette cité à « ne pas se laisser influencer » et à « faire preuve de patience » car, a-t-il soutenu, « la question nécessite quelques semaines ou quelques mois ». Dans la foulée, il a indiqué que 15 personnes ont été présentées devant la justice, parmi lesquelles figuraient des repris de justice. Et le décor est planté. Pour éviter de refaire les bourdes commises pendant la « gestion » des événements de Kabylie, M. Zerhouni s’est bien gardé de qualifier les émeutiers de « voyous » ou de voir derrière les émeutes de Diar Echems la main de l’étranger. Toutefois, sa décision de revoir le rôle des associations de quartier afin que ces dernières puissent accomplir leur mission avec « plus d’efficacité et de crédibilité » montre que les autorités sont encore incapables de décrypter une demande sociale autrement que comme une tentative de déstabilisation. Une déstabilisation et des manipulations que ses services n’ont pas pu prévenir ou désamorcer à temps.

Cette propension des responsables qui consiste à chaque fois à voir des ennemis partout prouve que beaucoup d’entre eux n’ont aucune connaissance des réalités sociales et économiques du pays. Si ce n’est pas le cas, le discours tenu par les officiels à l’égard des contestataires d’El Madania ne peut être perçu autrement que comme du mépris et traduit une indifférence à l’égard de la douleur de la population. Un repris de justice, donc quelqu’un qui a déjà payé sa dette à la société, n’aurait-il pas le droit de demander un logement décent et de manifester dans la rue pour être entendu ? Il faut croire que non ! En agissant ainsi, les autorités font non seulement une grave erreur de jugement mais ils contribuent assurément à attiser la colère d’une population plus qu’excédée de voir s’instaurer une Algérie à deux vitesses : celle des riches et des privilégiés et, bien entendu, celle des pauvres et des laissés-pour-compte. Au regard de la dégradation de la situation sociale, le ministre de l’Intérieur ainsi que l’ensemble du gouvernement doivent s’attendre à revivre d’autres scénarios analogues à celui vécu le semaine dernière, y compris dans la capitale. Comme la plupart des grandes villes, Alger est ceinturée par une multitude de bidonvilles et de quartiers populeux ; tels des bombes à retardement, ils peuvent exploser à tout moment. C’est le cas particulièrement de Diar El Kef ou de La Casbah. La liste est encore longue. Et plutôt que de songer à apporter uniquement des réponses sécuritaires à des problèmes éminemment sociaux ou, plus grave encore, d’essayer de faire dans la diversion, le gouvernement devrait descendre de son nuage, cesser de duper la population avec de fausses statistiques et commencer sérieusement à régler les problèmes de gens. Laisser la situation en l’état, c’est assurément courir le risque de faire basculer durablement la société dans la violence.

Par Zine Cherfaoui


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5 Commentaires sur cet article

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  • rachid 2
    24 octobre 2009 at 12 h 40 min - Reply

    Il fallait s’attendre à ce que l’eternel ministre de l’interieur ZARHOUNI minimise l’ampleur de la situation dramatique que vit le peuple algerien et comme d’habitude il accuse un complot de l’exterieur …fakou … il faut laisser votre place à des gens competents on est plus en 1962 …




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  • Ammisaid
    24 octobre 2009 at 15 h 15 min - Reply

    Assalam, azul, bonjour
    Leurs insinuations sont des certitudes. La nuance n’est fait pas parti de leurs raisons. Ils sont comme nous les croyons et comme nous avons la conviction. Des hommes capables de tout pour nous maintenir dans la soumission.
    Ils n’aiment personne. Ils s’aiment d’une façon absolue, totale et définitive. Rien ne pourra les changer, sauf, une intervention directe de Dieu ou de ses soldats. Ils sont sur le trône et tous les autres sont des esclaves. Et, l’esclave comme vous le savez à un rôle à jouer. Le rôle de servir son roi. Le servir sans réfléchir. Car, le serviteur n’a pas le droit de penser, de désirer, d’aimer et de rêver. Il n’a pas de droit mais il a des devoirs. Des devoirs qu’il doit exécuter parfaitement pour ne pas déplaire à son roi ou à ses rois.
    L’esclave est l’élément essentiel d’un royaume, il est ses piliers et il est sa raison d’être. C’est lui qui doit travailler, qui doit suer, qui doit produire, qui doit se sacrifier et qui doit mourir pour que vive le roi ou les rois.
    L’esclave n’est pas obligatoirement un ignorant, un illettré ou un ouvrier. Il est le tout. Il est celui qui fait fonctionner le royaume. Il peut être un colonel, un ministre, un président, un policier, un ingénieur, un médecin, un courtisan, un assassin, fraudeur, un imam, un flatteur, un militaire, un gendarme, un cuisinier, un bouffon, un entraîneur, un peintre, un journaliste, un écrivain…
    Il est payé pour ce qu’il est et il est payé comme veut le roi ou les rois (car des fois, il existe de des coalitions de rois).
    Sa vie appartient au roi ou aux rois. C’est lui ou c’est eux qui décident de ce qu’il sera de sa naissance jusqu’à sa mort. Le roi (ou les rois) refuse à l’esclave d’avoir une conscience, des désirs propres et des convictions et des croyances autres que celles que lui autorise le roi.
    Un esclave ne doit jamais se plaindre, ni exiger, ni se révolter, ni choisir, ni s’opposer, ni critiquer et juger négativement son roi ou ses roi. Il doit être vivant mais avec un coeur mort, un esprit dirigé par le roi et un corps pour servir le roi.
    Un esclave qui veut s’affranchir risque comme vous le savez, toutes et tous, le cachot, la décapitation, le fouet, la folie ou l’exil.
    Un esclave doit respecter, écouter, suivre et surtout avoir peur de son roi ou des ses rois. La peur ou même la terreur car cette dernière est plus efficace contre les tentations des désirs. notamment, le désir de vivre bien, de croire un autre roi, de penser à soi et de faire du plaisir à soi, à sa famille, à ses amis et aux autres.
    Les esclaves ne doivent pas s’unir, s’entraider, s’entendre, s’aimer, se respecter, se parler…sauf dans les limites que leurs autorisent le roi.
    Le roi ou les rois ne se trompent jamais, le monde doit d’être à leur service et il doit être à leurs images. L’image que se fait un roi de lui est simple à décrire. Elle est l’image de la perfection. Si le roi est petit, l’esclave doit le voir grand, immense et même capable de grandir à l’infini (plus l’infini). Si le roi est moche, l’esclave doit le voir magnifique, noble, beau, lumineux, charmant, élégant… Si le roi est bête, l’esclave doit savoir qu’il est la quintessence de la sagesse, le coeur de la science, la source de l’intelligence et les yeux de la vérité et du bon sens. Si le roi est peureux, l’esclave ne doit jamais oublier, qu’il est le détenteur de la puissance et de la force, le sabre tranchant et féroce, le muscle qui ne rencontre aucune résistance et le courage qui marquera à jamais les peuples.
    L’important n’est pas ce que le roi est, l’important c’est ce que doit penser de lui l’esclave. Et, l’esclave doit être convaincu que son roi est invincible, impitoyable, immortel, omnipotent, indispensable comme le sein d’une mère l’est à son bébé et incontestable.
    Alors qui peut affirmer ou même dire que nos rois ne comprennent pas nos souffrances ? Non, mes amis, ils sont responsables de nos souffrances, de nos deuils, de nos misères, de nos morts, de nos déshonneurs, de nos humiliations, de nos terreurs, de nos blessures…Mais qui a le droit de contester son roi ? Celui qui ne veut pas rester un esclave de son roi. C’est tout !
    Fraternellement à toutes et à tous




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  • contre Boutef et les 40 generaux
    24 octobre 2009 at 23 h 32 min - Reply

    Ce zerhouni accuse la main de l etranger deriere les emeutes c est tout a fait normal car ceux qui sont en Algerie craingnent parler librement avec le control de la DRS la soi disant republique democratique, oui les Algeriens ont droit a la libertee d expression oui ils ont droit a denoncer l injustice et la hougra, et si parmi les manifestant il y avait des ex repris de justice ils ont payer leur dette envers la societe et ils ont droit de se manifester contre les veillards coller a leur siege c est le moment de degager vous avez depasser les 70 ans vous avez profiter assez foutter le camp les Algeriens ne veulent plus de vous et vos maniguances. Boutef retourne d ou tu viens et cette foi emene ton frere avec toi. Les generaux au lieu de profiter des richesses de l Algerie aller demander vos retraites aupres de l armee francaise et tenez comapgnie a attailia il est dans le pétrin en france.




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  • nomade
    25 octobre 2009 at 0 h 41 min - Reply

    si ce n’est pas la main de l’étranger , ceux sont les repris de justice qui sont les meneurs.
    un repris de justice pour une simple bagarre est un ange devant un justiciable voleur et pilleur
    des deniers de l’état.
    lors des émeutes de Constantine de 1985 , pour decridibilser les manifestants,le pouvoir a ramasse les voyous de Constantine ,
    les a présentes a la télévision et les a pousses au le mea- culpa .
    si l’Algérie était un état de droit , toi (zerzouni) tu écopera de 1000 ans de prison pour ne pas dire la potence, avec les affaires qui te collent a la peau : la pharmacie que tu as arrachée a son propriétaire, un ex-maquisard,
    les tortures que tu as fait subir , avec ton proche et ami boutef , a l’ex-ministre des finances
    smail mahroug lorsqu’il a voulu dénoncer boutef a boumedienne pour des affaires de detournements.qui lui ont valu un passage a la defunte cour des comptes.




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  • chawki
    28 octobre 2009 at 22 h 03 min - Reply

    Un tortionnaire ose parler de repris de justice !faut -il te rappeler zerhouni que tu es a la tete d’un corps de police dont presque tous tes fameux agents de recherche des annees 90(niveau scolaire 9AF) sont des repris de justice et qui sont aujourd hui officiers ou commissaire ?

    _____________

    Pas d’insultes ou d’atteinte à la dignité de quiconque y compris de ceux qui n’ont pas respecté notre dignité durant près de 50 ans. Nous appartenant à l’Algérie de l’honneur et de la dignité et non pas à celle des beggarines du club des lapins. Nous ne devons pas répondre par des insanités à leurs propres insanités.
    Donc du calme cher frère et vous comprendrez pourquoi j’ai supprimé des mots de votre message.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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