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25 July 2017

La police perquisitionne le domicile de l’écrivain Mehdi El Djezaïri.Poutakhine, le roman qui fait trembler la « République des barbouzes"

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El Watan 25 octobre 2009

Triste mésaventure que celle que vient de vivre l’écrivain Mehdi El Djezaïri, auteur du sulfureux roman Poutakhine. Journal presque intime d’un naufragé, paru récemment à compte d’auteur. « Neuf policiers ont débarqué chez moi ce vendredi et ont perquisitionné ma maison de fond en comble.

Ils avaient pour ordre de saisir mon roman. Ils ont fouillé partout. Ils ont défait mon lit, cherché dans le jardin, même les toilettes et la salle de bains ont été passées au crible » raconte l’écrivain que nous avons joint hier par téléphone, et qui se trouve actuellement à Paris. Et de poursuivre le récit du calvaire vécu par les siens : « Ils ont embarqué mon fils au commissariat central. Ils ne l’ont relâché que vers 23h. Pourtant, il n’a rien à voir dans cette affaire. » Et d’ajouter : « Ils ont saisi l’ordinateur de mon fils ainsi qu’un certain nombre de périphériques et de clés USB. Ils ont tout pris. »

Mehdi El Djezaïri s’étonne par-dessus tout par le fait que son livre soit au centre d’une telle campagne d’acharnement alors qu’officiellement, il ne fait l’objet d’aucune interdiction judiciaire : « Les policiers avaient un mandat de perquisition mais ils n’avaient aucune décision de justice qui interdise mon livre. » En effet, Poutakhine a été édité et diffusé dans des conditions légales. D’ailleurs, le roman est dûment conforme à la procédure du dépôt légal (sous le numéro 1735-2009) et de l’ISBN (numéro 978-9947-0-2601-4). « J’ai déposé le livre à la Bibliothèque nationale conformément à la loi et je n’ai encouru aucun refus. Par ailleurs, le livre se vend en librairie et il s’est arraché comme des petits pains », explique le romancier qui nous apprend, au passage, que Poutakhine a été tiré à 5000 exemplaires. « Pour le moment, 1000 ont été distribués et la police traque le reste. Il y a quinze jours de cela, les policiers avaient fait une descente au niveau de l’imprimerie pour saisir le livre », affirme-t-il.

Soulignons que le personnage qui écrit sous le pseudonyme de Mehdi El Djezaïri est un éminent spécialiste des sondages d’opinion bien connu des hautes sphères. Il avait tenté, il y a peu de lancer un journal, mais là aussi, le DRS a sorti ses griffes pour lui signifier un niet catégorique. « Pourquoi serais-je devenu un ennemi public alors que ce que je raconte est régulièrement rapporté par la presse ? », s’interroge-t-il. L’auteur subodore que cette hystérie liberticide est certainement en rapport avec cette fiction qui n’en est pas tout à fait une dans la mesure où elle dépeint avec un réalisme troublant une situation sociale pour le moins chaotique dont l’auteur n’hésite pas à désigner les responsables. De fait, la trame du roman se noue autour des péripéties d’un harrag pas comme les autres, un neurologue surnommé Poutakhine, qui se trouve contraint de sauter dans une embarcation de fortune pour fuir un pays devenu anthropophage. Et de dérouler une galerie de destins dérivant vers leur perte par la faute de dirigeants infâmes. Ainsi, le propos politique du roman et sa prose caustique seraient vraisemblablement les « mobiles » de cette campagne.

Il faudrait toutefois rappeler que ce n’est pas nouveau dans les mœurs de notre « flicaille » qui s’érige ainsi en censeur ès qualité. Souvenons-nous de l’épisode du livre de Benchicou, Journal d’un homme libre, qui a été saisi en septembre 2008 à Cette grave atteinte à la liberté d’expression et de création ne semble pas pour autant décourager Mehdi El Djezaïri qui est déterminé, assure-t-il, à poursuivre son œuvre. Il nous apprend d’ailleurs qu’il n’écarte pas l’idée de mettre son roman en ligne et de le diffuser par Internet. Il entend également l’éditer en France. « Je suis en contact très avancés avec un éditeur français », nous a-t-il affirmé. Une entreprise d’autant plus plausible que le roman se trouve boosté par cette « promo inespérée » assurée au livre par les soins de nos barbouzes. Par ailleurs, Mehdi El Djezaïri finalise son second roman intitulé La Vestale rouge et est sur le point d’entamer un nouvel ouvrage au titre franchement provocateur : Les Noces de Beni Kalboune. Signalons que l’auteur avait loué un espace en prévision du prochain Sila, un espace qu’il est contraint de laisser vide désormais, son livre étant frappé d’imprimatur de la façon la plus arbitraire. A retenir enfin qu’un groupe d’auteurs et autres agitateurs littéraires entend envahir les travées du Salon international du livre d’Alger et organiser une action de solidarité avec Mehdi El Djezaïri en donnant lecture d’extraits de Poutakhine et autres textes indésirables pour dénoncer la chape de censure qui pèse sur les lettres algériennes. Affaire à suivre…

Par Mustapha Benfodil


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10 Commentaires sur cet article

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  • Ammisaid
    25 octobre 2009 at 23 h 58 min - Reply

    Assalam, azul, bonsoir

    Le Pouvoir, la pensée et la réalité

    La pensée qui exprime la vérité
    Est dangereuse pour ceux qui jouissent de l’impunité.
    L’impunité de massacrer et d’assassiner
    Ceux qui sont vêtus du burnous de d’honnêteté

    Le criminel aime se voiler et se cacher
    Sous les ailes de la gloire et de l’honorabilité
    Il aime dormir toutes les nuits en toute sécurité
    Pour continuer à rêver de la richesse et de l’immortalité

    La pensée qui refuse de vendre sa dignité
    Est harcelée, espionnée et souvent censurée
    Par ceux qui ne peuvent sentir leurs virilités
    Qu’en castrant ceux qui sont jaloux de leur liberté

    La liberté d’écrire et de dire avec sincérité
    Que l’homme ne doit, jamais, accepter
    De se soumettre, de servir et d’être dominer
    Par un autre homme sans lutter et sans résister

    Le traître qui a des épaules très étoilées
    N’aime pas qu’il soit dépassé ou commandé
    Par ceux qui sont patriotes et déterminés
    A construire une armée digne de son aînée

    Ceux qui avaient fait la guerre avec humilité
    Sont ignorés, oubliés, isolés ou enterrés
    Ceux qui s’étaient cachés de l’autre côté
    Sont devenus des héros nobles et incontestés

    La pensée qui refuse de se taire et de se prostituer
    Pour satisfaire les besoins de son corps et se loger
    Met sa vie en danger si sa vigilance n’est pas entraînée
    Car la balle de son ennemi est prête à être lâchée

    L’avare du coeur a souvent pour spécialité
    L’art de voler la misère, l’innocence et la pauvreté
    Si en plus, il a épousé la fougueuse avidité
    Il sera capable de toutes les ruses et de toutes les brutalités

    La honte fuit ceux qui ont un esprit obsédé
    Par les plaisirs pervers et les désirs insensés
    Le courage ne peut pas s’approcher et s’allier
    Avec ceux qui assassinent la solidarité et la fraternité

    Un ventre flatulent, rassasié et qui dit je suis affamé
    Est capable de manger la chair de celle qui l’a enfanté
    Les yeux qui convoitent l’honneur de celui qui s’est sacrifié
    Sont capables de trahir leur père pour exister et s’élever

    Ceux qui sont entrains avec entrain de tout gâcher
    Ne savent pas que la vie n’a pour but et finalité
    De monter sur un trône pour servir ses propres intérêts
    Mais plutôt pour réaliser le bonheur et la prospérité de la majorité

    La pensée vient soit d’un coeur qui a gardé son humanité
    Soit d’un coeur qui écoute ce que lui susurre le satan lapidé
    L’une offre la raison, la justice, la patience et la piété
    L’autre conduit vers l’égarement et des actes sans pitié

    Tuer son frère, le violer, le torturer, l’humilier ou le castrer
    Ne pas peut-être justifié dans un pays qui s’était libéré
    Pour garder, justement, son honneur, ses valeurs et sa fierté
    Car, il sait le prix qu’il avait payé pour choisir sa destinée

    Le pouvoir est une grande et immense responsabilité
    Soit il conduit vers le vice, le mal, l’injustice et l’obscurité
    Soit il conduit vers le bien, le licite, la justice et la clarté
    Les hommes qui le constituent doivent être d’une grande probité

    L’armée Algérienne et les services de sécurités sont infestés
    Par des hommes qui sont spécialisés dans la ruse et la lâcheté
    Pour qu’ils soient un jour guéris et purifiés de leurs saletés
    Il faudra que la nouvelle génération refuse de les écouter

    Le peuple Algérien n’a rien à se reprocher
    Il avait la guerre et il s’était remis à labourer et bêcher
    Cette terre au quelle il était profondément attaché
    Il ne faut pas le dénigrer, il mérite tout notre respect

    Fraternellement à toutes et tous




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  • Un libraire d’Alger
    26 octobre 2009 at 13 h 32 min - Reply

    La police vient de faire ce matin une descente chez de nombreux libraires de la rue Didouche et des environs et ils nous ont saisi le livre « Poutakhine ». Nous sommes convoqués au commissariat pour nous expliquer sur le « livreur ». Triste Algérie où les voyous ont une peur bleue d’un simple roman. Qu’en sera-t-il demain quand la déferlante populaire envahira les rues d’Alger pour dire : « halte à la hogra »?
    Et ce jour approche à grand pas, à voir et à entendre cette jeunesse sans avenir.




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  • Ammisaid
    27 octobre 2009 at 5 h 53 min - Reply

    Chacun Algérien torturé, violé, humilié et assassiné devient une étoilé sur l’épaule de ceux se sont tout accaparés: le pouvoir, la richesse, la puissance et la sécurité.




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  • saladin
    27 octobre 2009 at 17 h 47 min - Reply

    Peine perdue pour le pouvoir de croire qu’il reussira a étouffer cette affaire – Je dirais même que c’est une grande bétise d’avoir opter par les moyens policiers pour tenter d’interdire aux Algeriens de lire le bouquin , avec les techniques actuels le livre va se lire et être une denrée rare tout cela par une mauvaise décision . C’est le pouvoir lui même qui donne à ce livre une telle importance , alors que nous savons le manque d’ardeur des Algériens a lire sans oublier le taux important d’analphabétes existants dans le pays qui courent plus derriére le couffin , la survie que d’aller acheter un livre .
    Voilà le président aux mains de responsables médiocres , qui se sont lancés a récuperer des livres déjà mis en vente nous rappelant les temps de l’intolérance où des milliers de livres etaient brulés sur la palce publique , ce comportement ternie l’image du pays par rapport aux pays occidentaux et confirme la nature bélligérente de nos responsables .  » les casquettes invisibles » .
    L’etat par des mécanismes qui lui sont propres aurait pu faire appel a la justice , tout en laissant le livre se vendre et tenter de comdamner l’auteur en argumentant .




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  • admin
    27 octobre 2009 at 17 h 54 min - Reply

    Les précisions de Mehdi El Djezaïri

    Je tiens tout d’abord à remercier vivement tous les confrères, amis, associations et personnalités du monde culturel, politique et syndical pour leurs soutiens et marques de sympathie en cette malheureuse épreuve que je traverse. Pour la clarté de la situation et pour l’intelligence des propos de mon livre que la majorité des lecteurs n’a pas encore lu, je me dois d’apporter ici des précisions à propos de certaines insinuations ou écrits incomplets ou inexacts. 1- Je défie quiconque de trouver un seul mot d’insulte sur les 432 pages du livre. Sauf à considérer que poser une question à son Président est en soi une insulte. La question que j’ai posée en exergue « … Où étiez-vous M. le Président quand l’Algérie saignait et pleurait ses enfants ?… » a été régulièrement posée depuis 1999 par l’ensemble des journalistes et journaux sérieux sans conséquences de représailles et sans réponse à ce Jour.

    2- Est-ce une une insulte que d’affirmer avec preuves et arguments que le phénomène des harraga est la conséquence directe des mauvaises gouvernances depuis l’indépendance à nos jours. Est-ce une insulte d’écrire que nos jeunes qui se jettent à la mer et à la mort, préférant eI houte aux doud, ou finissant au mieux dans un poulailler ou dans une porcherie, est la conséquence directe des politiques d’exclusion qui organisent la malvie et la non- vie et dont sont responsables tous les hauts dirigeants de ce pays depuis l’indépendance ?

    3- Je défie quiconque de trouver une seule fois le terme « Marocains » du pouvoir. Le seul terme que j’ai écrit est « maroquins » du pouvoir, terme précis issu de la maroquinerie, qui veut dire portefeuille ou ministère. Je ne peux pas écrire ce genre d’insanités puisque je dénonce moi-même et souvent ce genre de calomnies. Je ne serai jamais comptable du pays ou de la région de naissance d’un chef d’Etat mais seulement des résultats et des performances de sa gouvernance. Le général de Gaulle, par sa mère, était d’origine irlandaise ; Hitler, autrichienne ; Napoléon, corse ; la reine Elisabeth d’origine allemande ; Sarkozy d’origine hongroise, etc. Qui leur reproche leur origine ? Je ne peux et je n’ai pas écrit ce genre de choses malsaines sur notre Président. Son lieu de naissance ou sa vie privée ne m’ont jamais intéressé. Je ne m’intéresse qu’à sa gestion du pays et à rien d’autre.

    4- Oui, j’ai écrit les « Texans » du pouvoir, parce j’ai croisé et vu personnellement un maroquin du pouvoir déguisé en texan. J’ai même lu une loi algérienne votée par un parlement algérien que j’ai trouvée, selon mon appréciation, plus favorable au Texas qu’à l’Algérie. Le président de la République algérienne démocratique et populaire a retiré cette loi pour le motif qu’elle était antinationale. Poutakhine ne dit rien de plus. Il le rappelle seulement.

    5- J’ai écrit deux lignes pour dénoncer « les casquettes invisibles de l’ombre… » pour évoquer ceux qui agissent et frappent derrière les rideaux. Ces deux lignes ont été intégralement reprises par l’ensemble des journaux. Mais aucun mot, aucune ligne n’ont été repris sur les 80 lignes que je consacre aux casquettes visibles, agissant à la lumière du jour, dont le courage et le dévouement ont sauvé l’Algérie d’une dictature islamiste et d’être encore, malgré tout, debout et de me permettre d’écrire aujourd’hui. Aucun journal n’a repris un seul mot, une seule ligne de ces 80 lignes que je consacre à ces casquettes de la bravoure ; qu’ils soient soldats anonymes ou généraux célèbres.

    6- Poutakhine est un patronyme inventé de deux pièces. Il n’est ni docteur ni neurologue. C’est un être ordinaire : tantôt homme, sous-homme, tantôt surhomme. Homme d’honneur et de bravoure, de foi et de conviction, il incarne la complexité et les violences de la vie d’où qu’elles viennent. C’est pourquoi sa grande liberté de ton et de jugement est sans fard et sans complaisance aucune. Poutakhine n’est pas violent, n’est jamais violent. Il raconte les violences qu’il observe. Qui et que faut-il juger ? Celui qui raconte la violence ou celui qui la crée ?

    7- Pourquoi une escouade de 9 policiers pour fouiller mon domicile, y compris mon lit pour chercher un livre qui était déjà en leur possession et en vente libre dans les librairies d’Alger ? Cherchaient-ils autre chose ? Oui sûrement. Cette autre chose que la police cherchait et n’a pas trouvée chez moi, elle ne la trouvera jamais, jamais. Elle est trop bien cachée. Elle est cachée dans ma tête, dans ma mémoire, dans ma foi, dans mon cœur, dans mes convictions, dans mes tripes. Et en ces endroits-là, dans ces territoires-là, aucune perquisition ne peut, ne pourra saisir de livres, de phrases ou de manuscrits. On n’est plus au Moyen Âge où l’autodafé s’obtient par la saisie et la destruction du manuscrit. Cette période est révolue, messieurs. Sachez qu’on est au XXIe siècle, au siècle du numérique où l’interdit, le déni de droit et la hogra suscitent et ajoutent à la curiosité de lire mon livre à la vitesse de la lumière. Mon but n’étant ni marchand ni commercial, par et grâce à l’action policière, mon livre sera lu gratuitement par des millions d’Algériens en Algérie et dans le monde, sauf à pouvoir perquisitionner et réquisitionner Internet et la lumière, opération peu envisageable.

    La chose que cherchait la police dans mes archives privées, plus que mon livre, est tellement secrète, tellement importante que, depuis 40 ans je l’écris publiquement, je l’enseigne aux cadres algériens y compris à des officiers supérieurs, je la mesure, je la transmets à mes enfants, à mes amis, à mes clients, aux institutions, aux élus et à tous ceux qui en veulent : c’est mon savoir, ce sont mes connaissances, c’est ma conviction, c’est mon amour pour l’Algérie, pour nos enfants y compris les enfants de policiers et de magistrats. Que mangeront-ils demain nos enfants et petits-enfants dans une Algérie bradée et corrompue que je pleure dans mon livre ? Cette richesse-là que le commando de police est venu chercher sous mon lit, aucun magistrat, aucun juge, aucun policier ne peut la perquisitionner, la réquisitionner, la saisir. Moi, on peut me fouiller, me juger, me torturer, me jeter en prison, on peut même me tuer. Mais mon livre non, on ne le pourra jamais ; il ne m’appartient plus. Un livre est éternel ; il ne meurt jamais. On ne peut même pas le saisir. Il est déjà le bien et le protégé de milliers d’Algériens et d’Algériennes. Pour être tranquille, le pouvoir en place (pour combien de temps encore ?) devrait jeter en prison Poutakhine et tous les autres à venir. C’est le seul moyen de m’arrêter, mettre en prison mes convictions et mon amour pour l’Algérie. Une seule question, messieurs : pourquoi vous êtes-vous emparé de l’ordinateur de mon fils ? Son seul outil de travail. Est-ce l’arme du crime ? Sommes-nous déjà dans le territoire et les mœurs de l’Etat voyou ? Tout porte à le croire.

    Par : Mehdi EI Djezaïri




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  • Chemseddine F.
    27 octobre 2009 at 18 h 20 min - Reply

    Monsieur A. signant sous le pseudo de Mehdi El Djazaïri, vous êtes tombé dans le même panneau que Benchicou. Vous avez été utilisé par le cercle des « casquettes semi-visibles » pour essayer de déstabiliser Bouteflika. C’est clair. Je viens de feuilleter votre livre. Vous défendez les « casquettes visibles » qui ont fait le coup d’Etat de 92 et vous vous en prenez aux « casquettes invisibles » selon vous. Ne s’agirait-il pas de l’inverse. Vous reprochez, comme l’ont fait certains en 2004, à Bouteflika son absence durant les années d’enfer provoqué par vos amis porteurs de « casquettes visibles ». C’est un discours que nous connaissons et dont nous saississons bien son origine et sa portée. La réaction de la police s’explique non pas parce que votre livre contient des faits réels que connaissent et subissent quotidiennement les Algériens, mais parce qu’il s’agissait d’une opération de déstabilisation pure et simple. Soyons honnêtes et évitons de tromper l’opinion publique. Nous défendons la liberté de pensée et d’expression. Nous condamnons la censure sans discussion, mais nous n’acceptons pas l’amalgame, la manipulation et la victimisation. Nous ne portons pas Boutef dans notre coeur. Comme tous ceux qui l’ont précédé, il n’est pas venu par la volonté du peuple et il n’est pas la solution pour l’Algérie.
    N’est-ce pas votre institut qui travaillait avec le premier ministère et le ministère de la défense? On peut tromper quelqu’un tout le temps mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps.




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  • nightingale
    27 octobre 2009 at 20 h 21 min - Reply

    je crois que monsieur Benchenouf est un homme intégre, eduqué et courageux -avec toutes les contradictions d’un algerien, qui sont des fois une vertu et des fois un vice- mais il y a un probleme :
    il me parait qu’il n’est pas tres intelligent, autrement il n’aurait pas contribué a la fabrication d’un « heros » juste parce que son livre n’a pas plu a un clan du pouvoir.
    je crois que les editeurs de ce site doivent lire le post de Chemsedine F. chaque fois que je lis un commentaire reflechi, intelligent, juste, et balancé par un algerien ca me rechauffe le coeur




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  • MTM
    28 octobre 2009 at 15 h 36 min - Reply

    Les honneurs des uns et le bras d’honneur des autres.

    Les applaudisseurs des célèbres généraux visibles réprimés par les créatures de ces mêmes généraux !? Avant, les choses étaient claires pourtant. A partir de 1992, un monde manichéen fut créé sur mesure par et pour les généraux « célèbres » (pour être célèbres, ils sont célèbres). Ce monde surréaliste et dantesque, fut admiré, approuvé et considéré véridique et factuel par les bien-pensants et les gardiens de la laïcité et de la démocratie francophile, visibles ou invisibles fussent-ils. A l’époque, les journaux qui ont continué à paraître sous le règne direct des généraux, reprenaient à leur compte et répandaient, à tout-va, la nature de ce monde simple et dichotomique : les généraux supportés par tout le pays contre le monstre islamiste. Le peuple devait savoir que les généraux célèbres (par leur délicatesse et leurs antécédents révolutionnaires…) étaient en train de défendre l’ordre républicain menacé par le tsunami électoral des islamistes qui ont failli envahir tout le pays.

    Pour la réussite de cette mission, les intellectuels et les journalistes laïques, ont déployé toute leur énergie et tout leur talent pour présenter à ceux qui veulent les entendre, une réalité conforme aux allégations de nos célèbres généraux. Le fait que les admirateurs de ces généraux ne prononcent pas des mots comme « dictature militaire », « répression féroce », « exécutions extrajudiciaires », « 250 mille morts et 10 000 disparus », « camp de concentration », « des millions de déplacés », etc., dans leur « œuvre littéraire» montre bien quelle alliance contre nature a été scellée . Ces intellectuels ont jonglé avec les mots pour travestir graduellement une réalité à laquelle ils n’avaient aucun accès direct vers celle qui satisfait la politique de l’armée et justifie sa prise du pouvoir. Cela importait peu du moment que cet exercice servait leur propre vision du monde. Ainsi, le combat à mort auquel se livraient les généraux et les islamistes allait devenir, par la magie de la culture laïque, un combat entre un peuple et des terroristes. C’est donc un combat légitime dont la cause est noble; le peuple est obligé d’y adhérer et d’aduler ses sauveurs en casquettes. Les choses étaient claires, limpides et entendues : l’Algérie se divisait entre l’armée et son peuple d’un côté et de l’autre côté les horribles islamistes, dont les terroristes étaient les honorables représentants.

    Les admirateurs inconditionnels des généraux putschistes ont de tout temps défendu, bec et ongles, l’éradication pure et simple de l’islamisme politique alors que celui-ci venait de remporter des élections libres et démocratiques; de tout temps, ils ont défendu les génocidaires contre les tentatives d’immiscions des instances internationales dans les carnages et les crimes de guerre dont les casquettes visibles et célèbres sont soupçonnées d’être les commanditaires et se dressent toujours contres la presse internationale qui, à l’occasion de rebondissement de certains dossiers sécuritaires, fait de telles insinuations. Ils leur ont de tout temps rendu les honneurs et les hommages et n’ont pas tari d’éloges pour ces sauveurs dont les mains ruissellent de sang.

    Mais pourquoi alors certains viennent-ils aujourd’hui se plaindre de répression et dénoncer les casquettes « invisibles » ? Ces dernières ne sont-elles pas une création de casquettes visibles sinon leurs alter ego? La nuance qu’ils font ne trahit-elle pas un désarroi profond et une amertume du caractère hideux de leurs héros en képi?

    Monsieur, vous vous indignez contre la perquisition de l’ordinateur de votre fils chéri, et vous restez de marbre devant la disparition de 10 000 Algériens dont les parents et proches souffrent le martyre en vivant avec l’illusion de leur retour. Pour ces gens-là et pour le reste de l’Algérie, ce que vous cachez jalousement et ce que recherchent stupidement vos détracteurs invisibles ou visibles est la dernière de leur souci.




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  • Souidia Fatiha
    28 octobre 2009 at 16 h 56 min - Reply

    Article interessant repris par le site Algérie politique et trouvé sur facebook :

    Pourquoi la presse algérienne ne révèle-t-elle pas la vraie identité de Mehdi El Djazaïri sachant que la police a perquisitionné son domicile ? Avons-nous peur de susciter des interrogations lorsque les gens sauront qu’il s’agit de Mohamed Abassa, patron d’un institut de sondage qui a travaillé longtemps pour la télé de HHC ?”, a écrit un journaliste algérien.”

    Un autre journaliste a écrit: “Je veux compléter la liste des livres censurés que Mustapha Benfodil a dû oublier de citer dans son article sur El Watan d’aujourd’hui:

    – “Chronique des années de Sang Algérie: comment les services secrets ont manipulé les groupes islamistes”, Mohamed Samraoui, Ed. Denoel, 2003.

    – “Qui a tué à Bentalha ? Chronique d’un massacre annoncé, Nesroulah Yous, avec la collaboration de Salima Mellah, La Découverte, 1999.

    – “La sale guerre”, Habib Souaïdia, Ed. La Découverte, 2001.…

    – “La mafia des généraux”, Hichem Aboud, Ed. JC Lattès, 2002.

    – “Au refuge des balles perdues. Chronique des deux Algérie”, Sid Ahmed Semiane, La Découverte, 2005.

    – “An Inquiry into the Algerian Massacres”, Youcef Bedjaoui, Abbas Aroua et Méziane Aït-Larbi, Hoggar, Genève 1999. (un livre de 1504 pages).

    – “L’envol du faucon vert”, Amid Lartane, Editions Metailié, 2007.




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  • Kara Fawzi
    5 novembre 2009 at 8 h 28 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique