Édition du
21 July 2017

Les honneurs des uns et le bras d’honneur des autres.

brasLe Quotidien d’Algérie
par MTM

Les applaudisseurs des célèbres généraux visibles réprimés par les créatures de ces mêmes généraux !? Avant, les choses étaient claires pourtant. A partir de 1992, un monde manichéen fut créé sur mesure par et pour les généraux « célèbres » (pour être célèbres, ils sont célèbres). Ce monde surréaliste et dantesque, fut admiré, approuvé et considéré véridique et factuel par les bien-pensants et les gardiens de la laïcité et de la démocratie francophile, visibles ou invisibles fussent-ils. A l’époque, les journaux qui ont continué à paraître sous le règne direct des généraux, reprenaient à leur compte et répandaient, à tout-va, la nature de ce monde simple et dichotomique : les généraux supportés par tout le pays contre le monstre islamiste. Le peuple devait savoir que les généraux célèbres (par leur délicatesse et leurs antécédents révolutionnaires…) étaient en train de défendre l’ordre républicain menacé par le tsunami électoral des islamistes qui ont failli envahir tout le pays.

Pour la réussite de cette mission, les intellectuels et les journalistes laïques, ont déployé toute leur énergie et tout leur talent pour présenter à ceux qui veulent les entendre, une réalité conforme aux allégations de nos célèbres généraux. Le fait que les admirateurs de ces généraux ne prononcent pas des mots comme « dictature militaire », « répression féroce », « exécutions extrajudiciaires », « 250 mille morts et 10 000 disparus », « camp de concentration », « des millions de déplacés », etc., dans leur « œuvre littéraire» montre bien quelle alliance contre nature a été scellée . Ces intellectuels ont jonglé avec les mots pour travestir graduellement une réalité à laquelle ils n’avaient aucun accès direct vers celle qui satisfait la politique de l’armée et justifie sa prise du pouvoir. Cela importait peu du moment que cet exercice servait leur propre vision du monde. Ainsi, le combat à mort auquel se livraient les généraux et les islamistes allait devenir, par la magie de la culture laïque, un combat entre un peuple et des terroristes. C’est donc un combat légitime dont la cause est noble; le peuple est obligé d’y adhérer et d’aduler ses sauveurs en casquettes. Les choses étaient claires, limpides et entendues : l’Algérie se divisait entre l’armée et son peuple d’un côté et de l’autre côté les horribles islamistes, dont les terroristes étaient les honorables représentants.

Les admirateurs inconditionnels des généraux putschistes ont de tout temps défendu, bec et ongles, l’éradication pure et simple de l’islamisme politique alors que celui-ci venait de remporter des élections libres et démocratiques; de tout temps, ils ont défendu les génocidaires contre les tentatives d’immiscions des instances internationales dans les carnages et les crimes de guerre dont les casquettes visibles et célèbres sont soupçonnées d’être les commanditaires et se dressent toujours contres la presse internationale qui, à l’occasion de rebondissement de certains dossiers sécuritaires, fait de telles insinuations. Ils leur ont de tout temps rendu les honneurs et les hommages et n’ont pas tari d’éloges pour ces sauveurs dont les mains ruissellent de sang.

Mais pourquoi alors certains viennent-ils aujourd’hui se plaindre de répression et dénoncer les casquettes « invisibles » ? Ces dernières ne sont-elles pas une création de casquettes visibles sinon leurs alter ego? La nuance qu’ils font ne trahit-elle pas un désarroi profond et une amertume du caractère hideux de leurs héros en képi?

Monsieur, vous vous indignez contre la perquisition de l’ordinateur de votre fils chéri, et vous restez de marbre devant la disparition de 10 000 Algériens dont les parents et proches souffrent le martyre en vivant avec l’illusion de leur retour. Pour ces gens-là et pour le reste de l’Algérie, ce que vous cachez jalousement et ce que recherchent stupidement vos détracteurs invisibles ou visibles est la dernière de leur souci.


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4 Commentaires sur cet article

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  • général
    31 octobre 2009 at 17 h 55 min - Reply

    Les islamistes que vous semblez defendre ne valent guere mieux que les minables generaux sergents qui gouvernent le pays en enrichissant les occidentaux qui les soutiennent. Oui les les militaires ont peut etre massacres des populations civiles en se faisant passer pour des islamistes , alors je vous pose une question :pour quelles raisons ne l ont ils pas faits au nom du FFS par exemple ? La reponse est simple le discoursdes islamisters etait un discours de violence et de menace envers tout ce qui ne pense pas comme eux. , alors que le FFS preconise une solution pacifique où TOUS les acteurs politiques participeront à la recherche d une solution . Arretez dons d’innocenter le FIS dans la tragédie algerienne. Le FIS a une responsablilité autant sinon plus que l’armée parce que cette armée a su rester au pouvoir grace justement à ce FIS et tous les islamistes. Est ce que les dirigeant islamistes condamnanent les assassinats de civils :jamais. au contraire ils semblaient en jouir.




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  • Khaled
    5 novembre 2009 at 23 h 40 min - Reply

    Si on croit sincerement au libre choix du peuple on aurait jamais accepte que sa decision soit si brutalement enterrer quelque soit les raisons et les motives.

    Le problem des problems de l’Algerie a toujous ete l’ Iron-Hand de la minority quelle soit la gang-militaire ou l’ unpopular quelque centaines laiques.

    le FIS, like it or not, est un parti Algerien dont le peuple Algerien avait juge credible et sincere. en tant que democrate on ne peut se mettre contre la volonte de 80% d’electeurs pour rien d’autre que la difference ideologique.

    attribuant au Islamists la responsabilte d’avoir la junta criminelle au pouvoir est simplement absurde. sinon comment explique les dictatures au pouvoir qui n’avaient recontre acun discour de menace ou de violence.
    J’aimerai bien croire que le FFS aurait pu etre traite par la junta differement mais cela ne pourait etre le cas qu’au detriment du principe meme de la democracie, car la dictature et surtout celle des militaire ne se laisse jamais faire.




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  • thirga
    6 novembre 2009 at 7 h 05 min - Reply

    Le FIS ou plutot les marchands et les manipulateurs d’une religion sans partage et sans ombre en terre d’Afrique du nord depuis 14 siécles est l’autre revers d’une meme médaille si on ose le surnommer ainsi: les imposteurs de l’Histoire d’Algerie, le parti unique, ses DAF et ses Baathistes. Les négateurs de l’Algerie éternelle, ceux qui veulent l’atteler d’un Joug à l’autre. Ces gens-là sont les seuls responsables du malheur et des drames des Algeriens. Vos baratins de laiques, francophiles et que sais-je n’absoudront jamais ceux qui ont allumé le feu de l’enfer dans la maison Algerie pour n’avoir pas remplacer leurs camparses au Pouvoir. Et le meme système continue de régenter peuple et nation algeriens




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  • MTM
    6 novembre 2009 at 14 h 11 min - Reply

    Non, ce n’est pas du baratin.

    Si on sait que tous les décideurs qui tirent les ficelles du pouvoir en Algérie et leurs vassaux les plus fanatiques, parlent l’arabe comme une vache espagnole, on peut se demander si ce défaut n’a pas de rapport avec leurs positions politiques. Si on outre on se rappelle dans quelle armée ces généraux avaient commencé leur carrière militaire, on se demande alors si le lien filial n’est pas resté très fort chez eux.

    Non, ce n’est pas du baratin, c’est l’histoire de l’Algérie. En 1992, deux formations s’écorchaient à mort. D’un côté les islamistes fortement arabisés soutenus secrètement par une population arabophone et de l’autre côté, des généraux soutenus par une classe d’intellectuels et de politiciens laïques et francophiles et qui dans leur grande majorité parlent l’arabe comme une vache espagnole.




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