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29 March 2017

Le Top 10 des dictateurs les mieux élus au monde

Bokassa

Ben Ali, Mugabe, Karimov… Le Top 10 des dictateurs les mieux élus au monde (MàJ)

SLATE.FR 30 octobre 2009

Pas si facile d’avoir 90% des suffrages, même quand on est dictateur.
Le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali a été réélu sans surprise dimanche 28 octobre pour un cinquième mandat sur un score triomphal de 89,62%. Ils sont vieux, sont au pouvoir depuis des dizaines d’années et peuvent tous se targuer d’avoir été plébiscités à la tête de leur pays: voici le classement des 10 dictateurs encore en activité les mieux élus au monde.
A noter que certaines dictatures ne s’embarrassent pas de simulacres de démocratie. Elles n’entrent pas dans ce classement. Les dirigeants qui ne sont pas à la tête de régimes autoritaires ne sont pas davantage inclus dans le classement. Pour comparaison, l’ancien président français Jacques Chirac aurait figuré à la 9e place avec ses 82,21% au deuxième tour de 2002. Edit: ce classement a été modifié pour intégrer des chefs d’Etat qui avaient été injustement oubliés.

10e – Alexandre Loukachenko, Biélorussie: 82,6%

Réélu pour un troisième mandat en 2006 au terme d’une élection jugée «non conforme aux normes internationales» par l’OSCE. «Dans un pays où la liberté d’expression et d’association fait l’objet d’une répression si absolue et si agressive, le vote n’est pas un exercice démocratique mais une farce» a pour sa part déclaré le Conseil de l’Europe.

9e – Robert Mugabe, Zimbabwe: 85,5%

En 2008, après un premier tour serré et un score indigne du Top 10 (seulement 43,2% contre 47,9% à Morgan Tsvangirai), Mugabe redresse la barre au second tour et reste à la tête du pays qu’il dirige depuis 1980. La participation est de 42%. A noter qu’il était alors le seul candidat, Tsvangirai s’étant retiré entre les deux tous pour cause de violences contre les sympathisants de son parti.
8e – Omar Hassan el-Béchir, Soudan: 86,5%
Il est au pouvoir depuis 1989. Quelques jours avant l’élection, en décembre 2000, des forces du gouvernement font un raid sur une réception privée où se trouvaient sept leaders de l’opposition et le représentant politique américain à Khartoum. Les sept hommes sont arrêtés, le diplomate est renvoyé hors du Soudan. Quatre avocats seront par la suite arrêtés pour avoir émis des doutes sur la légalité de ces arrestations.

7e – Islom Karimov, Ouzbékistan: 88,1%

Réélu en 2007, il fait moins bien que son précédent score de 91,6% en 2000. Trois autres candidats alternatifs participaient au scrutin, mais ils ont tous soutenu implicitement la candidature de leur «rival» Karimov. Il est le seul président que le pays ait connu depuis l’indépendance en 1991.
6e – Hosni Moubarak, Egypte: 88,6%
Il remporte la première présidentielle multipartite du pays en 2005 avec une faible participation, 23%. Au pouvoir depuis 28 ans, il est en baisse de régime: il gagné en 1987, 1993 et 1999 avec des scores supérieurs à 95%.

5e – Gurbanguly Berdimuhamedow, Turkménistan: 89,23%

Elu face à cinq autres candidats en 2007 lors d’un scrutin où la participation a atteint, selon les chiffres officiels, 95%. Dans la province de Lebap, les autorités ont menacé la population, déclarant que ceux qui ne voteraient pas n’allaient pas recevoir leur ration mensuelle de farine. Ceux qui votaient pour la première fois et les personnes âgées se sont au contraire vus promettre des cadeau. Un jeune votant a ainsi reçu un exemplaire du livre du président défunt Niyazov.

4e – Zine el-Abidine Ben Ali, Tunisie: 89,62%

C’est donc le dernier élu du Top 10, où il perd une place. Pour son 5e mandat, il a fait moins bien que lors des deux dernières élections, en 1999 et 2004, où il avait dépassé les 90%. Il est au pouvoir depuis 22 ans. Il a remporté 99% des suffrages dans deux des 26 régions du pays, et au moins 54% dans les autres.

3e – Abdelaziz Bouteflika, Algérie: 90,24%

Contrairement à beaucoup de ses homologues autoritaires, il est sur une pente positive: il est réélu dès le 1er tour, le 9 avril 2009, pour un troisième mandat avec un score supérieur à sa précédente réélection, où il avait fait 84,99%. La participation de 74,24% est largement contestée, la majeure partie de l’opposition boycotte le scrutin.

2e – Noursoultan Nazarbaïev, Kazakhstan: 91%

Le premier et seul président de l’histoire du Kazakhstan a été réélu en 2005, lors d’un scrutin qualifié par l’OSCE de non conforme aux normes internationales en matière d’élections démocratiques. Mais Nazarbaïev est soutenu par la communauté internationale, qui applaudit la santé économique du Kazakhstan. Lors de la campagne, l’ancien ministre et principal opposant de Nazarbaïev, Zamanbek Nurkadilov, est retrouvé mort à son domicile, gisant avec deux balles dans la poitrine et une dans la tête. La justice a conclu à un suicide pour raisons familiales.

1er – Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Guinée Equatoriale: 97,1 %

Au pouvoir depuis 1979, c’est le dictateur le mieux élu du monde. En plus de son score impressionnant, il peut se targuer d’une légitimité sans conteste: la participation était officiellement de 98%. La mission d’observation francophone de l’élection a écrit dans son rapport [PDF]: «Le retrait des candidats de l’opposition dès 11 h du matin le jour même du scrutin au motif du vote public dans 90% des bureaux de vote du pays et d’autres graves irrégularités a été une bonne illustration finale de la principale caractéristique d’un scrutin pluraliste certes, mais très peu concurrentiel.»

Mention spéciale à Paul Biya, le président du Cameroun, qui n’entre pas dans le Top10 avec ses 70,92% en 2004, mais qui bat un record impressionnant: le procès verbal d’un bureau de vote de Douala indiquait un score de 106% [PDF] en faveur du candidat président.

Grégoire Fleurot


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4 Commentaires sur cet article

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  • Do you know
    30 octobre 2009 at 13 h 09 min - Reply

    11éme : LA CHINE COMMUNISTE . ÉLECTIONS A « HUIS-CLOS » .

    Dictature du prolétariat remplacé par une dictature de « l’actionnariat », où le slogan « enrichissez-vous ! « , a provoqué l’exode rural massif, l’appauvrissement généralisé de plus de 250 millions de prolétaires chinois : à l’échelle d’un continent ! D’où, l’envoi en masse d’ouvriers vers les PED ( pays en voie de développement ).




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  • nightingale
    30 octobre 2009 at 20 h 16 min - Reply

    malheureusement on constate que LQA est devenu une sorte de relai du le discoure imperialiste occidentale.

    Hasan al-Bashir et Robert Mugabe ne sont pas des dictateurs et sont bien elus par leur peuples. mais je suis d’accord les autres sont des dictateurs sans projet national autre que s’eterniliser au pouvoir.

    quand la politique aggressive de l’occidents creent des moments patriotiques tes intenses en afrique et stimulent l’instinct de survi chez les peuples du sud, c’est tout a fait normal qu’une forte majorite votent pour le gouvernment en place.

    en ce qui concerne Robert Mugabe, le hero de notre continent, et le chef d’etat le plus instruit au monde -je dis bien le plus instruit au monde, avec tous les diplomes qu’il a accumule lors des annes de prison- l’occident n’a jamais critque durant plus de 20 ans.. mais quand il a nationalise les terres volees par les colons Anglais (et redistribuees au anciens combatants qui ont libere le pays), il est soudainment devenu un dictateur, le monstre de l’afrique! oui Mugabe a fait une erreur, son erreur etait d’etre naif et croire a la parole des anglais, qui ont promis de racheter les terres des blancs et les restituees au africans, si le gouvernment nationaliste accepte de ne pas nationaliser ces terres… apres plus de 20, les anglais n’ont pas tenu leur parole (comme d’habitude).. Mugabe et les nationalistes ont fait ce qu’ils devaient faire -moralement, historiquement et socialement- et ils ont pris les terres de colons blancs… d’ou le denigrement des media occidentaux, menes par la BBC -une vraie machine de guerre aux mains de lestabslishment anglais, l’embargo economique tres immorale contre ce ptit pays african deja pauvre, et la compaigne de haine contre Robert Mugabe.

    en ce qui concene Morgan Tsvangirai, il est just une tete noir visible mis en place par les colons blanc, qui sont les vrai fondateurs du MDC. cela est la deuxieme erreur de mugabi, detre trop bon et trop gentil et permettre l’existence de ce parti subversive.

    en fin, malgre tous les mensonges de la BBC et d’autres media europeens, aucun na ose de laccuser d’etre un corrompu, et de senrechir en enrechir sa famille du pouvoir. parceque tout le monde sait que Mugabe est un homme integre -et dieu sait combien cette qualite, l’integrite, est rare parmis les leaders africains- une fois que l’afrique a un chef detat integre, tres instruit, intelligent, courageux et patriote, on l’attaque sans cesse comme c’etait le pire des leaders africains! la raison est justement on veut pas de leaders integres, instruits, et nationalistes.. on veut just des Mubutos et des Bouteflikas et des Ben Alis

    quelle credibilite cette liste a t elle sans les noms de Mubarak et Gadaffi, les plus anciens dictateurs ds la monde arabe (30 ans pour le premier et 40 ans pour deuxieme!) et encore ils veulent maintenant passer le pouvoir a leurs fils Jamal et Saif al-islam!!!




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  • sido
    1 novembre 2009 at 15 h 00 min - Reply

    et nos dictateurs alors !!! , de la pire espece non ?




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  • El Houari
    4 novembre 2009 at 22 h 26 min - Reply

    il me emble qu’on a oublié le petit Sarkozy




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  • Congrès du Changement Démocratique