Édition du
23 July 2017

Un moudjahid authentique est un moudjahid mort.

cow-boy
par MTM
13 novembre 2009

Il est toujours plus choquant de voir des guerres au sommet de l’Etat à travers des témoignages certifiés que d’en entendre parler à longueur d’année. La sensation est plus forte. Surtout lorsque ces témoignages émanent d’un hiérarque du système qui fut longtemps sa devanture et son encenseur. Le témoignage posthume de Boumaza au sujet de ses derniers jours au Senat a une valeur historique certaine, mais surtout a le mérite de confirmer une réalité amère que tout le monde connaît, mais qui a tendance à s’estamper dans le tableau idyllique que ne cesse de brosser le régime algérien sur lui-même, sur la situation de la démocratie en Algérie et sur le fonctionnement normal des institutions de l’Etat. Le rebondissement de l’ « affaire Boumaza » a rappelé une vérité, crue et écœurante, celle des méthodes peu orthodoxes que Bouteflika utilise pour s’emparer de tous les pouvoirs et pour soumettre toutes les institutions et les organisations influentes sous sa coupe. Des méthodes qui sont dans le droit fil de son caractère irascible et lunatique, sa préférence pour la manière forte, lui le diplomate, et son penchant pour l’autocratie ; en somme des qualités qui ont fait la réputation et la force du clan d’Oujda.

Et comme pour confondre, encore une fois, le mégalomane d’el-Mouradia qui a la manie de parler un peu trop vite, le hasard lui envoie un cadavre, celui de sa victime, pour lui asséner un cinglant démenti après sa récente déclaration sur sa non-ingérence dans le fonctionnement du Senat. Il y a parfois des ironies de l’histoire que même les canons, les geôles ou les salves d’insanités n’arriveront pas à laver l’affront qu’elles font essuyer au tyran. Voilà notre président avec une autre balafre historique sur son visage tailladé par tant de coups fourrés. C’est peut-être à cette fin prosaïque et égoïste que Boumaza, frappé d’ostracisme, s’est-il décidé à rendre publique les raisons de son bannissement du système.

Boumaza, le trahi

Une fois devenu membre du système, Boumaza allait connaître prestige et puissance. Il ne s’est probablement pas rendu compte à quel point cette gloire est factice et éphémère et à quelles conditions elle est offerte et entretenue. La fin triste qu’il trouva, l’aurait peut-être ébranlé cette fois et lui aurait permis de dessiller les yeux sur sa candeur politique et la nature totalitaire des clans qui l’ont coopté pour son nom seulement. Maintenant, il sait que le pouvoir lui a monté à la tête, il sait qu’il a eu la maladresse d’oublier sa condition de domestique politique et pièce à galerie au service exclusif d’un système dominé par des parrains en treillis.
Son cas ressemble étrangement à un autre grand militant, Mohamed Boudiaf, que Dieu ait son âme. Sauf que le président Boudiaf a connu une destitution et une fin plus violentes lors d’un évènement grandiose par sa terreur, où le vrai pouvoir, beaucoup plus puissant que celui de Bouteflika, a laissé transparaître au monde entier son visage criminel.

Boumaza, le grand militant de la guerre de libération, s’est donné au diable et a troqué son passé héroïque contre les dividendes mirobolants d’un système qui a conduit à l’asphyxie d’un peuple transformé en « ghachi ». D’une compromission à une autre, d’un bannissement à un autre, son long parcours n’a été qu’illusions et amertumes, courant vers un idéal et une quiétude qu’il ne trouvera jamais, même quarante ans après l’indépendance. Sa terre natale ne connaîtra pas, de son vivant, la justice, paix et la prospérité pour lesquelles il a milité. Pour trouver la liberté et les commodités d’une vie digne et paisible, point de choix que de s’expatrier en Occident. Oui, dans ce sens, même lui, le héros de la guerre d’indépendance, l’homme numéro deux de la République, auquel matériellement rien ne manque, n’est guère différent des Harragas et des petites gens qui veulent foutre le camp de l’enfer algérien.

Les gardiens du temple

Hormis leur côté pathétique relatif à l’homme Boumaza, ces révélations constituent une preuve matérielle indiscutable des pratiques despotiques du pouvoir exécutif et de ses affidés. Ils nous rappellent, notamment, non sans amertume, que l’armée détient le vrai pouvoir. Pas moins de trois généraux (Kamel Abderrahim, Zine El Abidine Hachichi, Hocine Benmaalem), ces Algériens sortis des cuisses de Jupiter, sont membres du Senat et y font la loi. Après avoir quitté les rangs de l’armé, ils sont récupérés par le système et placés dans les hautes fonctions de l’Etat pour exploiter leur obtusion, leur brutalité, leurs insanités et leur discipline militaire qui les prédispose obéir sans discussion.

Les révélations fracassantes, sur les ennuis de feu Bachir Boumaza avec les généraux du Senat, et leurs comparses en civil (docteur Mahieddine Amimour, Laila Asslaoui, etc.), ont jeté la lumière sur une partie des jeux pervers auxquels les clans du pouvoir se livrent à couteaux tirés. Des luttes intestines et féroces se produisent, à huit clos, au cœur des institutions qui représentent l’autorité de l’Etat et qui sont considérées comme les piliers de la République.

La manière barbare avec laquelle des membres du Senat ont traité Boumaza pour le faire tomber de son perchoir, sans aucun égard à son passé de militant, illustre de façon éloquente la culture politique, au ras des pâquerettes, de toute cette classe de serviteurs politiques qui gravitent autour du pouvoir et qui, dans un pays aussi malfamé, se prennent, le plus sérieusement du monde, pour des hommes importants.

Le sanctuaire et les saints

Melting-pot de la vénalité, de la soumission, de la trahison où viennent se désagréger le patriotisme, l’intégrité, la culture, la religion, l’histoire, etc., la Chambre haute, à elle seule, suffit pour résumer toutes les contradictions, les disparitions des principes dans le jeu politique et la décadence de l’Algérie. Elle incarne la neutralisation politique des forces vives d’une société laminée par l’injustice, la misère et le désespoir. Le Senat est le sanctuaire de la sinécure et de la vie facile, au seuil duquel les courtisans arrivent agenouillés, tête baissée, attendant la grâce du maître bienfaiteur. Avec les ambassades, il est l’endroit le plus couru au sein duquel, les principes moraux et politiques les plus tenaces se ramollissent et deviennent étirables et maniables jusqu’à se confondre avec leurs contraires. C’est le panthéon de la corruption, en amont comme en aval, dans lequel le pouvoir, jette la curée, noie les forces politiques, émascule les militants, déprave les natures candides et dévoie toutes les lois du jeu démocratique.

La béatification du seigneur

Quant au troisième larron de ces altercations dignes des bas-fonds, le président Bouteflika investi des pouvoirs pour protéger et renforcer la constitution, suivait discrètement l’exécution en sous-main de son plan perfide. Après avoir ordonné le renversement de Boumaza pour avancer ses propres pions dans l’échiquier du système au début de son règne, après l’avoir jeté en pâture aux cerbères du sanctuaire, après que ceux-ci s’exécutèrent avec leur manière bestiale en le menaçant de mort avec une arme à feu en pleine réunion et en le menaçant de lui enlever le pantalon, après avoir causé sa perte « politique » puis physique, après l’avoir jeté aux oubliettes le temps qu’il retrouve la raison… du plus fort, Bouteflika, en seigneur et en maître de céans, dans un élan de pitié pour un moudjahid devenu pitoyable, décide de lui pardonner son impudence et de desserrer son étau implacable. Il le réhabilite partiellement en l’invitant dans une cérémonie officielle en novembre 2008. La mort de Boumaza finit par attendrir complètement le cœur de Bouteflika ; il rapatria son corps dans un avion spécial et lui ordonna des funérailles officielles. Sa dépouille mortelle sera exposée au Senat, au lieu même où fut commis le crime. Il tue et porte le deuil de sa victime, sans état d’âme, dans la pure tradition de la Maffia sicilienne. Les familles d’Abane Ramdan, de Mohamed Chaabani et de Mohamed Boudiaf connaissent sûrement de telles condoléances affectées. Il est sûrement triste, Bouteflika. Il compatit à la douleur, c’est un brave type. Il est issu d’une bonne famille. Il se ressource spirituellement dans les zaouïas, souffle-t-on autour de lui. Il connaît et se conforme aux traditions et usages sociaux. Il voue un profond respect aux moudjahidines… qui crèvent.


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6 Commentaires sur cet article

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  • jnsplu
    14 novembre 2009 at 9 h 00 min - Reply

    Très beau texte, d’une qualité remarquable.




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  • Ammisaid
    15 novembre 2009 at 12 h 21 min - Reply

    La clarté est aussi Algérienne. La beauté de ton texte, cher frère MTM, dit une vérité amère. Cette amertume est devenue, presque belle, sous l’encre de ta plume. Nous voyons toutes et tous qu’ils doivent dégager car ils ne font pas pour diriger, ni pour penser, ni pour construire, ni pour nous réconcilier ou unir. Ils font partie de cette race qui doit vivre dans le néant, là où il n’y a rien à détruire, là où il n’y à dilapider là où il n’y à voler, là où l’oreille humaine ne pourra pas entendre leurs insultes, leurs horreurs, leurs discours insensés, en somme, là où ils n’auront aucun pouvoir de nuisance. Oui, c’est ça ! Ils sont nuisibles. Ils sont pires qu’une armée de sauterelles affamées qui s’excitent au bruit des tintamarres, qui ravagent les champs avec un plaisir certain et pervers et qui ne laissent que désolation, malheur et misère là où ils passent. Mon Dieu, pourquoi sont-ils à ce point fermés à la HONTE?
    Merci cher frère MTM
    Salutations fraternelles à toi, toutes et à tous




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  • MTM
    15 novembre 2009 at 16 h 19 min - Reply

    @jnplu @Ammisaïd

    Merci pour vos deux commentaires très aimables. Ce que j’ai écrit, ressemble à ce que vous écrivez. Ce ne sont que des douleurs sourdes, qui n’apparaissent pas sur nos visages, ni dans nos paroles, mais qui, pourtant, nous hantent et nous interpellent chaque jour.

    Après avoir posté cet article, je me suis rappelé une chose importante concernant les attentions tardives de Bouteflika à l’égard de Boumaza. L’invitation de Boumaza, en novembre 2008, par le gouvernement, autant dire Bouteflika, n’était finalement pas innocente ou par pitié. Mais parce que ce dernier avait besoin de toute la famille « révolutionnaire », même des parias, pour créer une ambiance de novembre Il avait d’une diversion crédible pour faire passer son coup tordu contre constitution. Cela donne une meilleure idée sur ce qu’il y a dans le cœur de ce président.




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  • radjef said
    15 novembre 2009 at 18 h 15 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.Les choses ne sont pas toujours comme nous les croyons…Je vais vous raconter une petite histoire qui va choquer celles et ceux qui sacralisent le 1er novembre et les moudjahidines. Apres avoir fait l’objet de plusieurs plaintes dans son village, un faux capitaine de l’ALN à été interpellé au centre de la ville de Boghni par un vieux cadre du PPA-MTLD et Ali Zammoum.Ces deux derniers n’ont pas hesité de lui reprocher son imposture et son comportement ordurier au village. Avec un calme olympien, le faux capitaine de l’ALN eut cette replique: » Ali, dis à Krim et à Ouamrane de me rendre mon argent, je vais vous restituer votre sale attestation ».




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  • MTM
    16 novembre 2009 at 13 h 20 min - Reply

    @ Radjef Saïd, bonjour

    J’ai apprécié l’intérêt que vous avez accordé à ma modeste contribution. La qualité de vos interventions comme celles de Ammisaid, de jnsplu et bien d’autres participants dans ce forum, ne laisse pas indifférent. Je vous lis avec intérêt.

    Votre commentaire est succinct, mais il est suffisamment long pour saisir ce que vous pensez du passé de Bachir Boumaza et probablement Mohamed Boudiaf et des moudjahidin en général. Il y a certains points sur lesquels je suis tout à fait d’accord avec vous, sur d’autres beaucoup moins.

    Je ne suis ni négationniste ni iconoclaste. De même que je ne suis mystifiable ou idéaliste. Je ne peux jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce serait terriblement ingrat. Tout au long du mouvement national, qui a vu le jour, sous différentes formes, depuis le débarquement des Français en Algérie en juin 1830, il y a eu des dérapages, des trahisons, des dérives, des guerres intestines entre frères, des purges sanglantes, etc. ; tout le monde le reconnaît et n’en fait pas son principal dada. Des pans entiers de notre histoire restent à découvrir, d’autres à confirmer. Aux historiens de les déterminer avec les outils scientifiques qu’eux seuls peuvent détenir, loin de la passion, de la fabulation, de la démagogie, la manipulation et l’exploitation politique.

    Mais Novembre, en tant que symbole historique qui a fait naître une Nation, en tant qu’instant très fort dans l’histoire des Algériens, une et indivisible, dans sa configuration territoriale et sa mosaïque ethnolinguistique actuelles, a bel et bien existé. Nier son caractère sacré ou diminuer de son importance, revient à nier le miracle de la naissance d’un être humain tout simplement. Novembre a fait jaillir les Algériens du néant vers l’existence et a restitué l’Algérie à sa place géohistorique naturelle. L’élite politique de « Novembre », les moudjahidines et la majorité du peuple algérien (sans les harkis) d’alors ont vécu, dans la douleur et la communion, des moments d’une exceptionnelle majesté.

    Si vos contestations touchent également sur la date exacte ou le lieu du déclenchement de la guerre de libération, je ne peux que m’interroger sur la pertinence et l’étrangeté d’une telle controverse. Plus tard, peut-être, les historiens trouveront avec exactitude, un autre moment et un autre endroit où fut allumée la première étincelle de la guerre de libération de 1954. Peut-être ils découvriront que « Novembre » avait commencé en octobre, en décembre, ou peu importe qu’elle autre date, cela ne change pas, mais alors pas du tout de a sa valeur et n’altère absolument pas sa nature sacrée..

    Pourquoi s’attaquer aux moudjahidin, dans leur ensemble ? Je trouve cette idée aussi étrange que dangereuse. Les moudjahidin sont des martyres qui n’ont pas eu la chance de tomber sur le champ d’honneur. Nier la pureté de l’âme des vrais moudjahidin, ceux qui sont restés fidèles au serment (bien sûr) et n’ont pas troqué leur héroïsme contre de vétilles périssables, revient à nier la pureté du sang des martyres eux-mêmes. Reléguer le rôle de moudjahidines subalternes à une importance secondaire par rapport au rôle du commandement militaire ou par rapport à l’élite politique, est également un exercice périlleux basé sur une logique insidieuse. J’ai autant de respect pour Larbi Ben M’hidi que pour le soldat inconnu qui a abandonné femme et enfants et s’en alla sacrifier sa vie dans l’anonymat le plus total pour que son peuple relève la tête. Il n’est pas de notre ressort de savoir qui a l’âme plus pure et plus brave que l’autre. Ce n’est pas à nous de répartir les moudjahidines, les militants, les Chouhada sur l’échelle des mérites et des distinctions. Ils sont tous vénérables et on est tenu de chanter leurs louanges. L’élitisme revendiqué par Bouteflika est subversif, crée la zizanie et casse l’union ; je ne pense pas que ce soit là la vacation de l’élite sincère. Le président Bouteflika aurait déclaré en marge du sommet de la francophonie tenu au Liban en 2002 que « c’est nous l’élite qui avons apporté l’indépendance ». Si cela est vrai, il est tout simplement scandaleux. L’élite actuelle n’a rien pu faire pour sauver le pays des griffes de la tyrannie. Le peuple se démène comme il peut, mais rien ne bouge. L’union des deux est la seule issue possible.

    Que flen ou felten, plus ou moins haut gradé, a été traître, faux moudjahid ou tortionnaire, n’est pas une raison suffisante pour conclure à falsification totale de l’histoire de l’Algérie.

    Je suis un enfant de l’indépendance, je n’ai pas connu les Français d’Algérie ; c’est pourquoi il m’arrive parfois de douter de l’existence même de cette époque coloniale. Quand je marche dans les rues de ma ville, je tente parfois d’imaginer ce qu’avaient pu être les scènes quotidiennes, le paysage et l’ambiance de ma ville avant 1962, mais sans succès. Tout ce que je peux imaginer reste flou, et fugace ; il semble appartenir un monde onirique ; et pourtant. Je réalise alors le bouleversement gigantesque qu’a produit la guerre de l’Indépendance. Le « bébé » de Novembre, est là, il est encore en vie, il a grandi, bientôt il fêtera son jubilé. Il le fêtera dans la tristesse certes, mais il est vivant. Il nous incombe de lui rendre sa joie qui aurait dû être la sienne dès la naissance. Ce à quoi un grand nombre de fidèles de ce site et bien d’autres croient et s’attachent.

    On ne peut pas se payer le luxe d’affaiblir nos rangs pour une question de mérite et d’importance des uns sur les autres. Il y a des problèmes autrement plus graves qui demandent notre attention et l’union, dans un tel contexte, est capitale.

    Je vais peut-être vous décevoir, mais malgré son importance, l’histoire de la guerre de libération n’est pas mon sujet préféré. Dans mon vivant, il s’est produit un cataclysme qui a frappé notre pays de plein fouet et qui a ébranlé son existence : la décennie rouge. Personne de ma famille n’a été touché, pourtant je ne cesse de déplorer les morts innocentes de cette période et de dénoncer l’innommable impunité des auteurs des massacres. Le pays en vacille encore et on ne sait pas quel destin sombre nous attend. Bouteflika n’est qu’une trêve (favorisée par le cours du pétrole) qui n’apporte aucune solution au mal qui ronge notre pays. Pour moi, l’histoire de l’Algérie se divise en deux : l’avant et l’après Bentalha (et tout ce qu’il symbolise). Le passé des personnalités auxquelles je m’intéresse n’est important qu’à travers le prisme de l’actualité de ces deux périodes.

    Enfin, je vous rejoins dans deux points essentiels si je ne me trompe pas. Le premier (déduit après la lecture de certaines de vos contributions) est que le véritable ennemi de l’Algérie n’est ni Bouteflika ni Ammar Bouzouar. Le véritable pouvoir, qui tient le pays en otage, crèche dans les QG de notre armée, au sein du commandement de l’ALN et en particulier au saint des saints : le DRS. Cet ennemi sait tromper la vigilance de l’armée, sait déjouer le patriotisme de ses éléments sains et sait flirter magnifiquement avec leur ego. C’est avec des chants patriotiques que les officiers supérieurs sont allés salir leurs mains et leurs consciences avec le sang de leurs frères innocents.

    Le deuxième point concerne les moudjahiddin, tel Boumaza, qui se sont compromis avec le pouvoir tyrannique après l’indépendance, sans lutter fermement pour l’instauration de la justice et la démocratie. Dans mon dernier texte, j’ai surtout dirigé les projecteurs sur la perception de Bouteflika et du régime algérien en général qu’ils ont des moudjahiddin incorruptibles. Pour eux les vrais héros de la guerre d’indépendance sont soit morts soit muets ou hors d’état de nuire. Boumaza a cru devoir s’opposer à la volonté de Bouteflika, celui-ci l’a éconduit manu militari hors du Sénat. Le choc était tellement grand que le pauvre Boumaza a contracté un diabète. Je n’ai pas rendu des hommages à Boumaza pas plus que j’ai tiré sur lui ; comme on dit le sang du cadavre est encore chaud. On ne tire pas sur des ambulances ni sur des corbillards. Par contre, on ne peut nier sa participation à la guerre d’indépendance puisque les témoignages qui en font état sont légion. Si demain les historiens découvrent autre chose, ya akhi, l’histoire sera corrigée, mais le plus important est que le peuple algérien était vraiment héroïque. In Challa il va sortir du tunnel du terrorisme du DRS, du terrorisme religieux et du despotisme de l’Etat ; le pays retrouvera tôt ou tard sa dignité.

    Amicalement




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  • radjef said
    16 novembre 2009 at 17 h 39 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Slt MTM. Le systeme qui nous oppresse, qui corrompt notre imaginaire, qui denature notre réalité est le produit d’une situation dont on peut situer les origines veritables. Le DRS, Bouteflika, les généraux ne sont pas tombés comme ça tous seuls du ciel.Ils sont le produit du colonialisme; ils sont la suite naturelle du colonialisme…Quels sont aujourd’hui les biens faits de novembre 1954 et des Accords d’Evian? Les algériennes et les algériens jouissent-ils de leur « independance »? Certains parmi nos intellectuels savent la verité, mais ils preferent se taire tout en sachant que l’avenir des furures générations sera encore plus dramatique que le passé de nos parents et ce que nous subissons aujourd’hui comme horreurs, impostures,mensonges…Je connais personnellement Bachir Boumaza. Des amis à lui, lui ont fortement deconseillé le poste qu’il a occupé au senat. Mais il a refusé de les écouter…Tout comme Med Boudiaf, Bachir Boumaza connaît la réalité du pouvoir en Algérie, il sait dans quelles conditions le pays à accedé à son independance et plus que beaucoup de monde peut être il connait l’histoire de la colonisation et du mouvement qui a accouché du 1er novembre et du systeme que nous connaissons aujourd’hui.




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