Édition du
25 July 2017

Les syndicats ont eu le dernier mot : Fin du débrayage dans le secteur de l’éducation

Gréve des enseignants 1
El Watan, 25 novembre 2009

Les parents d’élèves vont enfin pousser un grand « ouf ». Leurs enfants vont pouvoir, normalement, renouer avec leurs cours dès demain, et ce, après trois semaines de repos imposé par les syndicats autonomes du secteur de l’éducation.

En effet, les formations syndicales initiatrices de l’action de débrayage illimité ont eu gain de cause. Elles ont fini par signer hier, à l’issue d’une réunion marathon, un procès-verbal d’accord avec le ministère de l’Education nationale. M. Benbouzid s’est engagé par écrit à prendre en charge les revendications du corps enseignant et à accepter les préalables formulés par les représentants des fonctionnaires pour une éventuelle suspension du mouvement de grève.

Toutefois, si le ministre parle de la reprise des cours dès aujourd’hui, les syndicats, quant à eux, expliquent qu’ils doivent d’abord consulter leurs bases respectives, en soumettant à leur appréciation le PV de réunion et la position du ministère de tutelle par rapport à leurs doléances. Benbouzid et son staff se sont réunis à maintes reprises avec les syndicats les plus représentatifs du secteur, notamment le Cnapest, l’Unpef et le Snapest, mais ce n’est qu’hier que les deux parties sont arrivées à un consensus. Néanmoins, en réitérant son appel à la reprise des cours dans l’immédiat, le ministre a tenu à rassurer les élèves quant au rattrapage du temps perdu.

Comment est-ce possible tout en sachant que le calendrier des examens du premier trimestre est d’ores et déjà établi ? Selon les responsables au niveau du département de Benbouzid, un calendrier des cours de rattrapage sera élaboré en collaboration avec les directeurs des établissements dès dimanche prochain. « Le ministre de l’Education en personne veillera à ce que les cours de rattrapage se déroulent dans les meilleures conditions pédagogiques. Il n’y aura ni des cours expéditifs ni un quelconque bourrage. Les enseignants doivent s’acquitter de cette tâche sans pour autant surmener les élèves », a déclaré le conseiller à l’information au ministère. Notre interlocuteur fera remarquer qu’une commission de suivi des cours de rattrapage sera mise en place incessamment pour s’assurer que tous les cours ont été rattrapés en bonne et due forme, plus particulièrement pour les élèves en classe d’examen (BEF et bac).

S’agissant du contenu du procès-verbal de réunion, le ministère s’est engagé à répondre positivement aux trois revendications relatives au calcul des indemnités sur la base des nouveaux salaires, avec un effet rétroactif, et aux régimes indemnitaires, dont le principe d’application a été exprimé par le Premier ministre ainsi que le volet ayant trait à la mise en place d’une médecine du travail. « Le ministère a de tout temps exprimé clairement sa volonté à mettre en œuvre le plus rapidement possible ses engagements », explique-t-on au ministère. Selon le département de Benbouzid, chaque syndicat aura sa propre commission pour y débattre du régime indemnitaire et mettre au point les propositions qu’il juge appropriés à cet effet. La commission doit achever ses travaux fin décembre.

Le ministre a également persuadé les syndicats quant à la prédisposition du gouvernement à appliquer la rétroactivité du régime indemnitaire à compter du 1er janvier 2008 et au profit de plus d’un million de fonctionnaires ainsi que la finalisation des travaux des nouvelles indemnités avant le 31 décembre 2009. L’annulation pure et simple de la décision n°94 158 concernant les œuvres sociales et la mise en place de nouveaux textes de loi pour l’installation d’une nouvelle commission indépendante ayant pour mission la gestion en toute transparence du dossier des œuvres sociales qui sera contrôlé par les syndicats du secteur.

Les deux parties (syndicats, ministre) se sont également entendues sur la mise en œuvre de nouveaux dispositifs d’une médecine du travail dans ses volets médical et social au profit de tous les travailleurs de l’éducation. Une commission sera mise sur pied et regroupera des représentants des ministères du Travail, de la Santé, ainsi que ceux des institutions susceptibles d’apporter une contribution experte à ce dossier. Le ministère de l’Education nationale a annulé la ponction sur salaires des journées non enseignées.

Par Nabila Amir


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3 Commentaires sur cet article

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  • Rouidjel
    26 novembre 2009 at 1 h 06 min - Reply

    3 semaines de grève pour ce résultat connu d’avance à savoir la reconnaissance des revendications légitimes des enseignants!!!! Pourquoi le ministre a t-il attendu si longtemps!!! du gâchi que du gâchi de la part de nos gouvernants




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  • upewa
    26 novembre 2009 at 11 h 55 min - Reply

    Conference de presse de l’Upewa
    Union des Parents d’Elèves des Parents de la Wilaya d’Alger
    E-mail : upewa_pf@yahoo.fr
    http://upewa.blog4ever.com/
    La conférence de presse programmée par l’UPEWA le 17 novembre 2009 s’est tenue comme prévue de 10h00 à 12hOO au siège de l’Association.

    Nos amis de la presse n’étaient pas nombreux à notre appel. Ils n’ont pas dérogé à l’ambiance créé par les agressions subies par notre équipe nationale de football et ses supporters dans la Capitale égyptienne. L’accès au siège de l’Upewa était difficile de par la présence d’une grande foule de supporters qui avait envahi et fermé les accès des environs du siège d’Air Algérie. C’est en présence de deux journalistes que le président de l’Upewa, Monsieur Amer-yahia Salah suppléé par Messieurs Bouguera Abdelkrim et Akhal Abdelhakim, s’est étalé sur les points à l’ordre du jour.

    La sécurité de l’élève tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’école a été le premier thème abordé. Le conférencier commence par dénoncer les violences toutes formes confondues, infligées à l’élève, physiques ou verbales soient-elles. Les formes extrêmes de violence apparues dans nos milieux scalaires ayant entrainé des pertes de vies humaines, enseignants et élèves, des atteintes aux mœurs et des sanctions corporelles sont trop souvent banalisées alors que sous d’autres cieux les cas d’atteintes à la vie interpellent les pouvoirs et la société.

    Pour l’intervenant, les élèves ne sont pas violents ils sont implement privés de jeux, de loisirs, de sports. Le manque d’espace pour les activités sportives et de loisirs se fait de plus en plus sentir dans nos écoles. Même les cours de récréation se rétrécissent avec l’érection de construction de classes ou de logement. Les normes reculent devant la maffia du foncier car il est plus facile de marchander un terrain prévu pour la construction d’une école que de vendre des terrains attenant à une école. Le conférencier donne en exemples le lancement de construction de logements sur des terrains réservés aux activités sportives et laissés en friche intentionnellement durant deux décennies au technicum Mohamed Boudiaf de Dar El-Beida, au CEM des frères Mehdi de Douéra… Il dira que le comble a été atteint par la vente de l’école Bent El Bey de Maqaria (circonscription administrative d’Hussein Dey) pour 50 milliards par les deux anciens responsables de la direction de l’infrastructure scolaire de la wilaya d’Alger.

    Pour le president de l’Upewa, l’environnement immédiat de l’école est loin d’offrir la sécurité aux élèves. Cet environnement connait toutes sortes d’empiétement. Les fléaux viennent agresser les élèves devant les établissements scolaires. Les dealers et les voyous sont encouragés par le manque de sécurisation de cet environnement. Ce manque de sécurisation devient flagrant à voir l’apparition de marchés sauvages devant les écoles, l’improvisation de parking et les constructions illicites sur les trottoirs attenant aux écoles.

    L’autre volet de la sécurité de l’élève réside dans sa prise en charge par la carte scolaire et les structures de prévention en milieu scolaire.

    La carte scolaire dont la préoccupation première est de rapprocher l’élève de son domicile s’est écartée de son objectif au regard du grand nombre d’élèves qui passent leur temps dans les transports en commun.

    Parlant des structures de santé scolaire, le président de l’Upewa s’est interrogé sur l’absence des Unités de dépistage et de suivi en santé scolaire dans la gestion de la pandémie de fièvre porcine A H1N1.

    Abordant le deuxième point à l’ordre du jour, programme scolaire et volume horaire, l’intervenant dira d’emblée: on ne peut faire mieux pour déstabiliser et l’école et l’élève. Voilà un ministre qui détient le record de longévité mais dont la présence a servi au bricolage. Notre école et nos enfants ont subi les réaménagements structurels les plus contradictoires. On est passé d’un enseignement obligatoire de neuf ans à trois paliers de trois ans avec le Brevet d’enseignement fondamental comme diplôme de fin de cycle d’un troisième palier de trois ans et au retour à un enseignement à deux paliers : un primaire de cinq ans et un secondaire de quatre ans sanctionné par le brevet d’enseignement moyen. Dans ces réaménagements conjoncturels, des dizaines de milliers de jeunes se sont retrouvés éjectés du système scolaire lors de la mise en place de ces retouches. Les élèves du secondaire continuent de subir les conséquences de ces réformettes apparemment décidées par tâtonnements par des bureaucrates à l’issue de séjours dans des institutions éducatives étrangères. Les dernières méthodes de travail seraient importées du Canada. Le comble a été atteint par l’instauration durant deux ans d’un bac professionnel retiré sans explication et par l’introduction du français en deuxième année (primaire) et son retour, sans explication en troisième année, l’année suivante. La liste de ces curieuses initiatives est longue à l’exemple de la deuxième langue étrangère (Français ou Anglais) imposée il y a une décennie aux choix des élèves en fin de primaire. Les conséquences de ces initiatives sont été désastreuses pour les élèves lorsqu’elles n’en sont pas la cause directe de leur éjection du système scolaire.

    A travers ces exemples, on ne peut que s’interroger sur la finalité et les objectifs assignés à notre système éducatifs. Dans ces conditions, on ne peut parler de contenus, de programmes scolaires ou de volumes horaires. D’ailleurs il n’y a qu’à voir comment s’est déroulée la rentrée scolaire 2009/2010 ! Monsieur le Ministre l’a fixée sur la couleur du tablier alors que notre bac est l’un des plus faibles au monde.

    La grève des enseignants, troisième sujet à l’ordre du jour, a été éludée par le conférencier en la qualifiant de récurrente. Les victimes de ce bras de force, engagé par une administration de tutelle sourde, muette et aveugle et un personnel enseignant aux revendications légitimes et légales, sont les élèves tant sur le plan pédagogique que sur les plans sécuritaire et psychologique. Il y a une mauvaise volonté de la tutelle lorsqu’elle affirme avoir donné des assurances sur la prise en charge des revendications des enseignants.

    Les seules assurances crédibles et dignes d’une administration en charge de l’éducation de générations doivent être des engagements écrits et paraphés par les deux parties, dans le cadre des lois de la République.

    Ces grèves ont le mérite de démentir Monsieur le ministre sur la qualité de l’enseignement dont bénéficient les élèves. Comment peut-on affirmer que le programme est assimilé et bien dispensé quand une grève dure quatre mois, celle de l’automne 2003 et que le 2eme trimestre ne compte qu’au plus neuf semaines effectives et le dernier trimestre de l’année scolaire dure à peine cinq semaines ?

    Le président de l’UPEWA,

    Monsieur Salah Amer-yahia




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  • saladin
    26 novembre 2009 at 16 h 09 min - Reply

    Voila où menent les combats pacifiques de citoyens , ils menent directement aux victoires . Les citoyens Algeriens devront toujours agir en pacifiques , revendiquer leurs droits en connaissance de cause et ne pas fléchir . Dans le monde , baucoups de régime sont tombés par la mobilisation citoyenne . En algerie le pouvoir commence a reculer face a des revendications , légitimes en soi mais difficiles a accepter . Le pouvoir repose sur des services de sécurités puissants mais les choses ont changés aujourdhui avec le TPI , attention aux bavures , nos responsables chargés de réprimer réfléchissent par deux fois avant de donner un ordre de tirer .Il faut créchendo , connaitre les priorités dans nos revendications .




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