Édition du
26 July 2017

LE MUR DE BERLIN OU QUELQUES LECONS DE L'HISTOIRE

Mur de BerlinPar Djamel LABIDI

Il y a vingt ans s’écroulait le mur de Berlin, puis la RDA, puis les Etats socialistes d’Europe, puis l’URSS…. comme un château de cartes. Qu’est ce qui a fait cette extrême fragilité.
Il faut partir des faits: le système communiste européen s’est effondré, c’est à dire qu’il s’est écroulé tout seul, sans guerre, sans défaite militaire, pas par la force, mais sous le poids de ses propres faiblesses. Les causes sont donc essentiellement internes.
Au centre des explications, se trouve, à mon avis, un fait, qui est apparu alors d’évidence, et qui curieusement est peu souligné: dans les pays socialistes d’Europe, le socialisme n’a pas pris en charge la question nationale.

LA QESTION NATIONALE

Dans les pays de l’Europe de l’Est, le socialisme a échoué car il est apparu comme contraire aux aspirations nationales. La RDA a disparu du jour au lendemain parce que les communistes faisaient passer « le socialisme » avant la solution de la question nationale allemande, c’est à dire l’unification, et c’est la RFA qui est apparue comme le champion de cette unification.
En Pologne, en Hongrie , les aspirations nationales ont été brimées par l’URSS et les mouvements qui les exprimaient ont été réprimés. La Yougoslavie a explosé et ce qui s’est passé, après, comme en URSS, a révélé l’accumulation des ressentiments nationaux.
L’URSS aussi, s’est écroulée parce qu’elle n’a pas résolu la question nationale et que le socialisme théorique cachait un empire et des formes d’oppression nationale, malgré les bonnes intentions idéologiques proclamées: en URSS, Staline avait voulu, grâce au communisme faire l’impasse sur l’indépendance des peuples dominés par la Russie. On sait aujourd’hui ce qu’il en est advenu, un contre sens historique: le marxisme vulgaire, qui a fait des ravages dans la gauche socialiste et communiste européenne et européocentriste ainsi que dans nombre de partis communistes du Tiers Monde, pensait ( ou préférait croire) que le socialisme allait libérer les peuples dominés. Il ne pouvait comprendre qu’un peuple dominé ne pouvait aller vers le socialisme. Marx avait bien dit »un peuple qui en domine un autre ne saurait être libre ». C’était une phrase à double sens: il aurait fallu y ajouter « qu’il ne pouvait aussi en libérer un autre ».
L’URSS, ou la Russie, comme on voudra, a donc finalement elle aussi connu, sa phase et même ses guerres de décolonisation: en Tchétchénie, en Georgie, en Ouzbékistan etc.. Et elle les a connues parfois, comme en Tchétchénie, avec d’autant plus de barbarie qu’elles sont un anachronisme.
Mais les faits, c’est aussi l’énorme soutien apporté par l’URSS aux mouvement nationaux des pays dominés tout au long du 20eme siècle. Peut être est ce là son principal mérite historique, celui de les avoir soutenus, celui d’avoir supporté l’énorme confrontation avec l’Occident colonial et impérial qui en a résulté. L’URSS les a soutenu matériellement, leur a fourni des armes. Elle les a aussi soutenus politiquement, en intervenant notamment en leur faveur continuellement au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, comme pendant les agressions contre l’Egypte, le Vietnam etc.. Ce sont là des faits. Aujourd’hui, d’ailleurs, la Chine est plus prudente, elle ne veut pas en payer le prix, celui de l’isolement économique qui en résulté pour l’URSS.
L’URSS, après avoir rempli cette mission, pas celle du « socialisme » mais du soutien aux révolutions nationales, s’est effondrée, épuisée. Elle avait soutenu les mouvements nationaux du Tiers Monde tout en les niant en son sein et en Europe de l’Est. Contradiction inconciliable. C’est d’ailleurs sur une guerre menée, pour la première fois par elle contre un mouvement national, en Afghanistan, que l’URSS s’est écroulée. Après son écroulement, il n’a pas fallu longtemps pour que les USA déclenchent la première guerre contre l’Irak, puis celle contre la Yougoslavie, ce qui était la démonstration à posteriori de la place que tenait l’URSS.
Par contre, le pouvoir socialiste ou communiste est resté en place dans les pays ou il a servi la cause nationale, et ou il a servi à la résoudre , ceci d’ailleurs aussi bien dans la phase de libération du pays que de sa construction économique et culturelle. C’est le cas du communisme asiatique en Chine, au Vietnam . Celui ci n’a pas échoué car il s’est identifié à la nation, a compris la question nationale et en a dirigé la solution. Ses succès économiques actuels le confirment spectaculairement. En entrant dans l’économie nationale de marché, ces pays n’ont pas connu le délabrement de la Russie et ont fait de rapides progrès.
Mais c’est aussi le cas de Cuba où le socialisme s’est identifié à la cause nationale. C’est la raison pour laquelle le Castrisme et le socialisme gardent autant de prestige dans l’Amérique Latine. Ces dernières années, les élections démocratiques ont donné l’avantage à des mouvements se réclamant à la fois du nationalisme, de la démocratie et du socialisme; au Venezuela, en Bolivie, en Equateur et même par certains côtés au Brésil.
On peut même généraliser ces considérations sur la question nationale aux pays du « Tiers Monde ». On peut noter ainsi que les pays qui ont émergé économiquement et qu’on appelle les nouveaux pays exportateurs (NPE) ( Malaisie, Indonésie, Thaïlande etc..), ainsi que les Nouveaux pays industrialisés (NPI) d’Asie ( Corée du Sud, Taiwan, etc..) sont précisément ceux qui ont résolu leur question nationale et ont liquidé l’influence coloniale, aussi bien économiquement que culturellement par la généralisation notamment de l’usage de leur langue nationale dans la vie économique, technologique et sociale..

DISCRIMINATIONS NATIONALES ET SOCIALES

Ce qui est valable au niveau des Etats, l’est aussi au niveau des partis. Le communisme européen, aveuglé à des degrés divers par l’européocentrisme, n’a jamais prix la mesure exacte de la question nationale. Il a longtemps cru qu’on pouvait faire le socialisme avant de résoudre la question nationale là où elle se posait, ce qui revenait à faire du socialisme sans faire de l’internationalisme, sans réaliser la démocratie internationale, laquelle implique des nations égales en droit. Il a cru qu’on pouvait faire disparaître les discriminations sociales avant de faire disparaître les discriminations nationales. Il n’avait pas donc compris que les discriminations nationales sont les discriminations sociales les plus profondes, les plus intenses car elle touchent toute une communauté, et pas seulement une classe, et qu’elles frappent donc un groupe social encore plus large. De plus les discriminations nationales touchent au sentiment d’appartenance qui est d’une importance cruciale, existentielle pour l’être humain comme le savent les sociologues. Les terribles conflits qui ont éclaté autour de ce sentiment d’appartenance ( ex URSS, Yougoslavie, Afrique etc..) sont là pour le prouver.
Les discriminations nationales sont infiniment plus intenses, plus graves, précisément dans le sens où elle bloquent toute solution aux autres formes de discrimination sociale, celles qui sont liées à la situation économique. En effet, dans une société où le problème est « seulement » celui des discriminations économiques, il existe toujours, à des degrés divers, des perspectives de promotion sociale, c’est à dire certaines formes de démocratie sociale, ce qu’on appelle « l’ ascenseur social ».
Les conflits qui ont éclaté autour de la condition sociale des immigrés dans les pays riches à la fin du 20eme siècle et au début du 21eme ont montré le blocage extrême de leur situation sociale précisément du fait des discriminations à caractère national, notamment identitaires, dont ils sont victimes.
Mais s’il y a des immigrants, c’est qu’il y a des émigrants. Ces situations de blocage social se retrouvent aussi dans les pays d’origine de l’émigration . Et elles peuvent avoir là aussi pour causes des formes cachées de discrimination nationale, à travers la persistance de certains aspects économique et culturels de l’héritage colonial et la domination de minorités ou d’élites proches de l’ancienne puissance coloniale. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui les situations post coloniales, dont l’expérience a déjà montré qu’elles pouvaient être encore plus complexes et parfois plus dramatiques que les situations coloniales.
On peut remarquer aussi que dans les pays riches le statut des immigrants est profondément influencé par la question nationale à travers la perception que le pays d’accueil a de leur pays d’origine. En Europe, les immigrés américains, anglais ou japonais ne souffrent pas des mêmes discriminations que les immigrés par exemple maghrébins. Ils n’en souffrent pas parce qu’ils appartiennent ou viennent de nations fortes, capables de les défendre. C’est le statut d’une nation qui détermine l’attitude envers ses ressortissants même s’ils ont la nationalité du pays d’accueil. Dans la représentation des gens, « on ne vaut que ce que vaut son pays ». Preuve en est, l’émergence actuelle de la Chine a modifié profondément la vision et l’attitude envers les chinois, y compris aux USA.

Dans les pays ex coloniaux, beaucoup de partis communistes s’étaient mis à la traîne du communisme européen, pour des raisons diverses trop longues à expliquer ici. C’est le cas notamment de la plupart des partis communistes au Maghreb et dans le monde arabe. Leurs fautes concernant l’appréhension de la question nationale les a souvent discrédités. D’ailleurs, leur effondrement et leur disparition avec celle de l’URSS sont venus démontrer qu’ils n’avaient pas de racines nationales et de représentativité propre. Il ne s’agit pas d’une injustice historique, comme préfèrent le croire des nostalgiques qui se réclament d’un communisme qu’ils ont desservi, mais d’une sanction des peuples et donc de l’Histoire. On a déjà vu plus haut qu’il en a été tout autrement pour le communisme asiatique.

LA DEMOCRATIE

En résumé, le 20ème siècle n’a pas été, on le voit maintenant, celui du socialisme, mais celui des révolutions de libération nationale. La question nationale et sa solution continuent de receler d’énormes potentialités de progrès. Tout reste pratiquement à faire, pour la libération culturelle et économique et le développement des pays encore dominés . La question nationale demeure au cœur des rapports et des conflits mondiaux. Dés le début du 21eme siècle, elle a explosé de nouveau partout, en Afrique ( en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Niger, en Somalie etc..), en Amérique Latine avec la montée des mouvements nationalistes démocratiques. Dans le monde arabe, elle se pose en permanence, à travers l’occupation de l’Irak par les Etats Unis, la lutte contre le colonialisme israélien, la libération de la Palestine et plus généralement la question de l’Unité arabe. Plus globalement, et un peu partout dans le monde musulman, le phénomène politique majeur de la fin du 20eme siècle et du début du 21eme, a été le développement du mouvement politique islamiste sous ses différentes formes, comme une tentative lui aussi de réponse aux aspirations nationales, après la stagnation ou l’échec des mouvements nationalistes précédents.
Ce qui différencie aujourd’hui la question nationale dans sa formulation moderne, par rapport à son ancien contexte, c’est qu’elle ne peut plus supporter une vision et une direction autoritaires, comme celles qui ont caractérisé en général les mouvements de libération nationale du 20ème siècle. Désormais, comme cela a été le cas spectaculairement en Amérique latine, la démocratie, l’installation d’un système démocratique sont apparues comme la seule voie à la solution de la question nationale et comme la condition incontournable de la cohésion nationale.

D.L


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6 Commentaires sur cet article

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  • jnsplu
    30 novembre 2009 at 13 h 03 min - Reply

    Alors s’il vous plait, expliquez nous comment les états unis tiennent encore ?




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  • lucide
    30 novembre 2009 at 19 h 26 min - Reply

    Le marxisme-léninisme est mort avec la chute du mur de Berlin.

    Le sociologue américain Barrington Moore Jr a bien montré dans son livre paru en 1966, Les origines sociales de la dictature et de la démocratie, la spécificité des révolutions russe et chinoise par rapport aux révolutions française et anglaise. Ces dernières ont été menées par la bourgeoisie et ont abouti à la disparition de la paysannerie et à la mise en place de régimes politiques démocratiques. Les premières se sont, au contraire, appuyées sur la paysannerie et ont abouti à des dictatures. La Chine et la Russie, confrontées à la pression de l’Europe capitaliste, devaient se moderniser. Cette modernisation a été menée par des intellectuels marxistes qui se sont appuyés sur la paysannerie. C’étaient donc des révolutions qui avaient le même objectif que les révolutions bourgeoises, mais sans la bourgeoisie. Le résultat a bien été une modernisation relative de ces pays, qui s’est traduite par la suppression de l’absolutisme et l’industrialisation, mais sans démocratie, œuvre de la bourgeoisie et non de la paysannerie. Le but sur le plan économique était le même : passer d’une économie agraire à une économie industrielle.

    On voit clairement aujourd’hui que les prédictions de la théorie marxiste ne se sont réalisées ni dans les pays capitalistes développés (pas de révolution prolétarienne), ni dans les pays où des «révolutions communistes» ont eu lieu. La Chine et la Russie sont retournées au bercail capitaliste. Oublié le paradis communiste de la société sans classes et sans exploitation.

    Que s’est-il passé dans les pays musulmans ? Comme la Chine et la Russie, ces derniers ont subi la pression des pays capitalistes européens, qui s’est exercée sur eux de différentes façons, colonisation, protectorat, etc. Ils ont réagi par des révolutions plus ou moins clairement identifiées en tant que telles. Il semble, cependant, qu’il y ait une spécificité musulmane, puisque, en l’absence de la bourgeoisie, c’est en général l’armée qui a en été le fer de lance et les partis communistes n’ont pu y jouer un rôle de premier plan.

    La doctrine marxiste s’est développée en Europe, dans le prolongement du mouvement des Lumières, idéologie de la bourgeoisie. Pour s’imposer, cette dernière a eu à lutter contre la monarchie absolue et l’aristocratie. Or, l’Eglise chrétienne étant l’alliée de ces dernières, le mouvement des Lumières est tout naturellement devenu anticlérical. L’anticléricalisme et sa forme extrême, l’athéisme, ont été dès le début clairement inscrits dans la doctrine marxiste.
    Ce fait a lourdement handicapé l’action des partis communistes dans les pays musulmans. En Algérie, cette caractéristique, ajoutée à la stratégie internationaliste, a conduit le PCA à l’impasse. Même après l’indépendance, les partis marxistes – PAGS, PT, PST – ont eu un impact marginal au sein des masses, y compris la classe ouvrière, en raison, me semble-t-il de leur incapacité à revendiquer clairement leur appartenance à la culture islamique.

    Comme tous les pays de la planète, notre pays doit faire face au défi de l’industrialisation. Le socialisme ayant pour le moment perdu le combat contre le capitalisme, nous devons nous résoudre à accepter que les rapports marchands régissent notre vie quotidienne. La structure traditionnelle de la société algérienne, profondément ébranlée par la domination coloniale, n’a plus aucune chance de survivre aujourd’hui. Vers où devons-nous nous diriger ? Accepter la mutation vers une société industrielle avec tout ce qui en découle : démocratie parlementaire, liberté de l’individu, rapports marchands envahissant toutes les sphères de la vie, rationalisation excessive et «désenchantement» du monde, uniformisation, etc. ? Adieu le sens de l’honneur, la solidarité, le respect des aînés, le sens de la famille, etc.

    Avons-nous encore le choix ?

    L’opposition islam-monde moderne ne doit pas être analysée en termes de bien et de mal. Le passage des sociétés agraires aux sociétés industrielles est un phénomène dont la force et l’ampleur dépassent les hommes. Personne ne peut s’y opposer. Le problème ne se pose pas en termes d’acceptation ou de refus, mais en termes d’adaptation.

    Il me semble que les deux réponses extrémistes, négation de l’islam ou enfermement dans un islam crispé sur une tradition qui ne correspond plus à la réalité, sont condamnées à l’échec. Seule une pensée clairement inscrite dans notre héritage islamique, mais prenant en compte tous les aspects de la modernité qui nous est imposée par les pays développés, peut nous guider vers un avenir meilleur.

    Nos philosophes, sociologues, anthropologues, etc., ont du pain sur la planche.




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  • Kaci Seddiki
    30 novembre 2009 at 19 h 34 min - Reply

    A l’attention de Mr l’Administrateur,

    Je vous adresse cet article, inspiré de quelques passages, pour le mois incongrus, d’une interview de Mr Ahmed Mahsas publié par le journal « Echourrouk » relatant des faits historiques. Cordiales salutations.

    Les mahsassiates de Mr Mahsas.

    Mr Ali-Ahmed Mahsas –ci-devant sénateur du tiers présidentiel (comme on dit pudiquement)- déclare sans aucune gêne « nous sommes les ingénieurs de la Révolution algérienne et les 22 qui ont lancé l’opération ne sont que des exécutants !. ».Didouche Mourad, connaissant fort bien la nature humaine et, accessoirement ses proches contemporains, avait demandé solennellement ceci « Défendez nos mémoires !! »
    Il fait certainement allusion à la création de l’Organisation Secrète (OS) dont il était membre a part entière. Il oublie ou « feint d’oublier » de citer les responsables authentiques de cette structure. Tous les documents existant actuellement font ressortir que le regretté Belouizdad est tombé gravement malade dés sa désignation à la tête de l’OS. Il souffrait d’une tuberculose qui a fini par l’emporter.
    C’est donc Si Madjid qui a « hérité « de cette responsabilité à un âge ou l’on pense surtout à la belle vie .Laissant tout tomber (situation familiale aisée, comparativement à celle des autres membres et études avec la première partie du Bac) Hocine Ait Ahmed, c’est de lui qu’il s’agit en effet, prend les affaires en mains et forme, aidé par de valeureux patriotes, les hommes qui seront à l’origine du déclenchement de la Révolution.
    Mahsas sort son révolver
    Mais Mr Mahsas « sort son révolver » dès qu’il entend ce nom ! J’ai trouvé cela bizarre. Pourquoi, diantre, s’en prendre à un homme qui est dans l’opposition depuis les premières années de l’indépendance et qui n’a jamais été au pouvoir ?
    Mahsas déclare sans ambages avoir demandé à ce que Si Madjid soit relevé de ses responsabilités à la tête de l’OS, pour : une fois il cite les errements de 1949 et une seconde fois il évoque l’attaque de la poste d’Oran .C’est à ne rien comprendre. Et pourtant !

    Mahsas sanctionné
    La réalité est toute autre et il ne s’agit, en fait, que de sentiments de vengeance : Mahsas a été sanctionné – pour faute grave qu’il n’a pas voulu divulguer (que je tairai aussi)- par le conseil disciplinaire de l’OS .Cette sanction a été appliquée par Ait Ahmed en sa qualité de Chef de l’OS. Mais ce dernier à la dent dure et cinquante années sont pourtant écoulées ; mais il n’a pas oublié.

    De ces péripéties remontant aux années 49-50, Mahsas en fait un programme et à ce jour,son ressentiment est toujours tenace et, les années n’ayant pas de prise sur sa haine qu’il a bien évidement étendue à tout ce qui est Kabyle ou qui lui ressemble. Ainsi, il essaie de porter atteinte à l’intégrité morale de Hocine Ait Ahmed en affirmant d’abord que c’est à cause de l’attaque de la poste d’Oran, qu’il demandé au comité central de relever ce dernier .Relevons pour notre part qu’il n’existe aucun document de ce genre dans toutes les archives connues à ce jour.
    Mahsas demande la relève d’Ait Ahmed
    Pourtant, s’agissant d’une réunion plénière, il devrait avoir un « enregistrement »d’une requête pareille. Or de Hocine Lahouel à Radjef Belkacem en passant par Zitouni Messaoudi (Allah Yarhm-houm) aucun n’a signalé quelque chose. Bien entendu, Mr Mahsas dispose sans doute d’une copie de sa déclaration…Nous serions bien contents de la lire.
    En second lieu, ce n’est point Ait Ahmed qui en est l’auteur,mais bel et bien l’ami intime de Mahsas. J’ai nommé Ahmed Ben Bella, (auteur du braquage à l’intérieur de la poste, avec feu Bakhti Nemiche) .adjoint de ce dernier, auquel il succédera (pour une courte période), avant d’être arrêté et toute l’Organisation anéantie. Mais c’est une autre histoire.
    Alors, si comme l’affirme Mahsas, il « a demandé » la relève de Si Madjid pour avoir assisté Ben Bella lors de l’affaire de la poste d’Oran (en faisant le gué), pourquoi il n’ pas étendu sa requête à Ben Bella (auteur du braquage), qui a fini chef de l’OS quelques mois après ?
    Crise de 1949
    Le deuxième « argument » donné par notre estimé Mahsas a trait à la crise de 1949. Il affirme tout de go que sa requête est justifiée par la crise « berbériste » ! Là aussi, Mahsas fait fausse route : les faits ont démontré à tout algérien digne de ce nom, que Hocine Ait Ahmed n’a rien à voir –de prés ou de loin- avec les événements cités .Ma source dans ce cas est infaillible ; c’est feu Radjef Belkacem qui me l’a confirmé, chez lui, lors du décès de son épouse et près de moi, il y avait Amar Azzouz et Nait Belkacem Mouloud Kacem .
    Mahsas, acteur au moment des faits, devait le savoir, n’est ce pas ? Pourquoi ne dit-il pas la vérité ? Quel est son mobile ?
    Mahsas a recruté Abane Ramdane

    Folie des grandeurs, quand tu nous tiens !! Mahsas a recruté Abane Ramadane ! Rien que cela ! Il est vrai que la disparition de ce héros a donné bien des ailes à des gens qui n’ont d’autre mérite que d’avoir été présents au moment des faits,quitte à ce que ce soit en qualité de factotums ! Abane était déjà militant du PPA-MTLD à Blida, avant d’obtenir son Baccalauréat et, après son affectation à Chateaudain du Rummel – l’actuel Chelghoum Laid -il était naturel qu’il demande à rencontrer les responsables locaux, dont évidemment Mahsas. Ce dernier n’a pas donné de détails, ce qui est,en soi ,regrettable,car l’histoire du passage de Abane Ramdane dans cette partie de l’Algérie est à écrire.,tout comme d’ailleurs son séjour mouvementé dans les prisons- si des témoins sont encore en vie.
    Mahsas a décelé les qualités d’Abane

    Mahsas déclare avoir tout de suite décelé des qualités intellectuelles importantes chez Abane. Rien que cela, Mr Mahsas ? Je suis frustré !
    Ayant connu le personnage et donc toute sa ferveur révolutionnaire, la moindre des actes à accomplir serait de soutenir Abane dans son combat contre l’occupant français. Mais Mr Mahsas a choisi l’inverse en tentant –vainement- de discréditer les travaux de ce dernier,en allant, sur l’injonction de son compère Benbella, faire du travail fractionnel au sein de la frange du FLN qu’il a pu approcher,semant ainsi les germes de la division avec le risque de réduire à néant tous les efforts des militants de la Révolution. Les arguments utilisés par Mahsas pour arriver à ses fins sont pratiquement les mêmes que ceux utilisés par Massu et ses sbires pour amener Ben M’hidi à rejeter ses frères d’armes : a division des algériens entre « kabyles et arabes » .Nous connaissions les réponses méprisantes de Ben M’Hidi à ces tortionnaires..
    Mahsas met en danger la Révolution
    Le comportement dangereux de Mahsas- bien à l’abri hors des frontières nationales- a failli étouffer la Révolution algérienne, en la privant du soutien de la population de ces régions frontalières, qui était, ne l’oublions pas, vital .C’est également à cette période que la crise dite de la base de l’Est a pris ses racines, par le rejet de l’autorité des hommes de Ben Boulaid. Nous savons ce qu’il en est advenu, mais nous en ignorons les dégâts humains à ce jour.
    C’est donc pour mettre un terme aux agissements de Mahsas pour torpiller la Révolution en marche, que le FLN historique a désigné des responsables- dont feu le colonel Ouamrane- et les a dirigés sur la Tunisie. Il s’en est fallu de peu et Mahsas n’a dû son salut qu’à la puissance de ses jambes et à l’intelligence de Bourguiba qui l’a aidé à fuir en France ( en tissant aussi des liens pour plus tard…).
    Connivence avec Benbella
    Cependant Le fait demeure : comment expliquer cette connivence avec Benbella quitte à mettre en péril les objectifs de la Révolution ? Il y a certes l’origine marocaine des deux hommes, (ils sont en faits des enfants d’ouvriers saisonniers ramenés du Maroc voisin par les fermiers français pour étouffer dans l’œuf les revendications des ouvriers algériens) .Mais cela est insuffisant pour expliquer toute cette haine.
    Il y a également le rejet par la grande majorité de tout ce qui peut se rapporter à un intellectuel, hérité de l’époque Messali Hadj et qui fera des ravages dans les rangs de la Révolution.Voir la bleuite de sinistre mémoire.
    Boumediene lance ses chars sur la Kabylie
    L’indépendance venue,les cicatrices encore toutes fraîches,Benbella et ses sbires attaquent la partie du territoire national la plus éprouvée. Sous prétexte des maquis FFS et ,fuite en avant oblige, il lance les chars de Boumediene contre une population kabyle décimée par la guerre,exsangue, en train de chercher les corps de ses enfants tombés au champ d’honneur ,pour leur sépulture .Il offre ainsi une occasion en or massif à Boumediene de se débarrasser à bon compte des quelques maquisards de Kabylie qui refusent, à l’instar du Colonel Chabani sa mainmise sur la Révolution.
    Benbella au trou
    Une fois son régime bien assis et Benbella bien discrédité (en lui faisant porter le chapeau de toutes les faillites) Boumediene met au trou Benbella, d’où il n’en sortira que 15 années plus tard. Fait curieux, tous les laudateurs de Benbella sont restés au pouvoir et on a même vu la composante du conseil de la Révolution (de sinistre mémoire) comprendre le colonel Mohand Ouel Hadj et surtout Ahmed Mahsas au poste de ministre de l’agriculture. C’était l’Algérie des miracles –mouadjizates disait Benbella. !
    Cette période ne dura pas longtemps, au grand dam de Boumediene. Mahsas profite d’un déplacement en France pour s’y installer .Il ne revient en Algérie qu’une fois les soulèvements d’octobre aient entraîné dans leur sillage une démocratisation vite enterrée.
    Bou Taghate
    Cette situation rappelle également le cas de feu Boumaza, communément appelé « Bou Thaghate ».Ministre du plan et des finances sous Benbella son ami, il est « promu » ministre de l’information par Boumediene, qu’il ne tarde pas à « fuir » en passant par la frontière marocaine, et, en prenant bien soin de renvoyer son pauvre chauffeur .On imagine aisément ce que ce dernier a subi de la part des agents de la fameuse « SM ».

    Dans cet ordre d’idées,il me souvient une phrase d’un ex colonel des services de sécurité espagnols : Je me demande ou sont passées les vaches achetées à prix d’or aux éleveurs espagnols ,mais qui ne sont jamais arrivées en Algérie. ! Le pauvre colonel est mort sans avoir pu donner une réponse …

    K.Seddiki




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  • batni
    30 novembre 2009 at 23 h 42 min - Reply

    Mr Djamel LABIDI pouvez-vous me dire ou je me situe moi, Algérien, Amazigh dans tout ca? Merci.




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  • Afif ex UGMA/UNEA
    1 décembre 2009 at 20 h 50 min - Reply

    Mr Batni, vous n’êtes pas seul, tout le Maghreb arabe est peuplé d’amazighs à l’exception d’une toute petite minorité d’arabes et de turcs. Quel est votre problème ?
    J’en viens au commentaire de Mr Sediki sur précisément son appréciation du rôle des ouvriers marocains pendant la colonisation. Voici ce qu’il dit : « Il y a certes l’origine marocaine des deux hommes, (ils sont en faits des enfants d’ouvriers saisonniers ramenés du Maroc voisin par les fermiers français pour étouffer dans l’œuf les revendications des ouvriers algériens) ». Mon devoir de musulman m’impose de lui rapporter ces faits qui contredisent sa version bien qu’effectivement, le but des colonisateurs était de les utiliser contre leurs camarades algériens : « dans la wilaya de Aïn Temouchent, 35 militants du PPA/MTLD ont rejoint la tendance CRUA qui a été à l’origine du déclenchement du 1er Novembre 1954 dont 17 ont pris le maquis (ALN), les 18 autres ont été structurés dans l’OC/FLN. Le 4 novembre 1954, est tombé le 1er Chahid de la Wilaya, l’arme à la main (un fusil mauser) et peut-être le premier de la Révolution, il s’appelle BERRAHO Abdelkader. Sur ces 35 militants dont tous étaient de condition modeste, la majorité étant des ouvriers agricoles dans les fermes des colons, de petits paysans, des marchands ambulants, des artisans, 18 étaient des marocains et tous ouvriers agricoles, donc soit plus de la moitié de l’effectif novembriste. Ces ouvriers, malgré leur maigre salaire, cotisaient au MTLD depuis de longues années. » Témoignage du frère Hadj Nacer KOUINI, ancien membre de l’OS.




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  • Kaci Seddiki
    5 décembre 2009 at 14 h 19 min - Reply

    Cher Mr Afif ex UGMA -UNEA, ne me faites pas dire (écrire) ce que je n’ai pas dit(écrit)! L’idée que j’ai développée – que vous avez confirmée par ailleurs- consistait à dire que les colons français avaient rammené des ouvriers marocains pour faire taire les revendications des paysans algeriens.Cela s’est passé partout,sur le territoire national,a tel point que parfois nos frères marocains sont devenus majoritaires (comme à Bel Abbés) ou ont constitué des communautés importantes comme à Oran, à Tipaza ou à Blida.
    Mais il n’a jamais été dans mes intentions de dire que cette communauté s’est montrée rétissante vis à vis de la la Révolution algerienne. Je vous défie de trouver un seul mot dans ce sens .
    Salutations .K.S.




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  • Congrès du Changement Démocratique