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29 March 2017

LE SYNDICALISTE EST PASSÉ POUR LA 21e FOIS DEVANT LE JUGE Yacine Zaïd, victime de harcèlement judiciaire

Yacine Zaïd 1Le Soir d’Algérie 05 décembre 2009

Licencié par son employeur pour avoir créé une section syndicale, Yacine Zaïd subit aujourd’hui une série de procès pour diffamation et menace sur Internet. Le syndicaliste s’est présenté mardi dernier pour la 21e fois devant un juge. Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – Yacine Zaïd est poursuivi dans le cadre de six plaintes déposées par le groupe français Compass, sa filiale Eurest Algérie, le directeur des ressources humaines ainsi que le chef de la base où il était employé. «Je subis un véritable acharnement de la part de mes anciens employeurs. Leur objectif est simple : ils veulent m’anéantir moralement et financièrement à travers ce harcèlement judiciaire», expliquait, hier, Yacine Zaïd. Depuis le déclenchement du conflit, il est convoqué régulièrement par la justice. «Mardi, je suis passé une nouvelle fois devant le juge suite à une plainte déposée par le DRH de l’entreprise. Il m’accuse de diffamation et de menace sur Internet. Le dossier comporte juste une illustration d’un terroriste et une autre représentant un tombeau. Cette personne dit que je l’ai menacée par email mais sans apporter de preuves concrètes», note le syndicaliste, en ajoutant avoir demandé la nomination d’un expert pour déterminer exactement les faits. Dans un autre procès intenté par son ex-employeur, Yacine est également poursuivi pour diffamation suite à des informations publiées sur des sites internet de syndicats européens et américains. «Ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que de me coller un procès car des syndicats étrangers ont évoqué mon cas sur leurs sites. C’est ridicule. Mais puisqu’ils s’estiment lésés, ils n’ont qu’à poursuivre en justice ces organisations syndicales. Je peux vous dire qu’en France, la Confédération française démocratique du travail (CFDT), un des principaux syndicats d’entreprise au sein de Compass, attend de pied ferme leur plainte. Mais nous savons tous qu’ils ne passeront jamais à l’acte, ils préfèrent plutôt s’acharner contre un petit syndicaliste isolé à Hassi-Messaoud. Au début du conflit, j’ai eu l’occasion de rencontrer des responsables envoyés en Algérie dans le cadre d’une soi-disant initiative de conciliation. Ils m’avaient clairement déclaré que l’entreprise avait les moyens de me rendre la vie très difficile si je persistais à vouloir créer une section syndicale. Finalement, ils avaient raison. Ces gens sont très puissants.» Epuisé et ruiné, Yacine Zaïd ne compte pourtant pas lâcher prise. «J’ai tout perdu, ma famille et toutes mes économies. Ils pensent que je vais finir par céder, mais ils se trompent totalement. Je compte défendre ma dignité jusqu’au bout». T. H.


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2 Commentaires sur cet article

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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    5 décembre 2009 at 14 h 40 min - Reply

    Adressez-nous un rapport circonstancié des faits pour pouvoir, avec toutes les volontés sincères, médiatiser un peu plus l’affaire et la faire connaitre à l’opinion publique.
    Tenez bon et courage, cher frère. C’est le prix à payer dans un Etat de non-droit pour garder sa dignité et son honneur.
    « Nul droit ne se perd tant qu’existe un revendicateur ».
    Vous avez mon modeste mais indéfectible soutien.
    Salah-Eddine SIDHOUM

    NB : envoyez-nous votre correspondance à travers l’adresse que vous trouverez dans « CONTACT » sur notre site.




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  • Zineb Azouz
    5 décembre 2009 at 19 h 44 min - Reply

    Pour voir l’horreur en image, c’est sur you tube, et le film s’appelle, à juste titre, Le Guantánamo des multinationales dans le sud Algérien :

    http://www.youtube.com/watch?v=FFX6jwCmuZs

    le pouvoir illégitime nous jette en pâture aux passeurs, aux dealers et aux multinationales de tout genre à qui notre voyoucratie concède carrèment des territoires et des zones de non droit, bien sûr on continue de nous faire que croire, misère oblige, que c’est décrocher la timbale que de dénicher un petit contrat au sud; ceci dit, et contre toute attente, les choses ne se passent pas mieux au nord, aucune compagnie (soit disant internationale) ne respecte les lois du travail, et cela vaut aussi bien pour non ouvriers que pour nos compatriotes en cravates, savez combien d’heures travaille un « ingénieur » chez orascom ou el watania savez à quel régime de retraite cotise un délégué commercial de Pfizer ? pire savez vous que toute représentation syndicale est interdite et serait synonyme de licenciement immédiat (béni).
    Monsieur Yacine Zaïd, vous êtes un héros, et je ne peux que vous apporter mon humble soutien.
    zineb Azouz




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