Édition du
28 March 2017

L’Algérien.

Algérien Par Saïd Radjef

J’ai aujourd’hui 45 ans. J’ai l’impression d’être coincé dans un labyrinthe depuis une éternité. Le plus drôle dans cette histoire aux allures Kafkaïenne, personne ne m’a obligé a rester dans ce labyrinthe dont je connais presque toutes les issues de sorties. Je refuse de sortir.

Il est inutile de revenir sur le passé récent de la jeune nation Algérienne. D’ailleurs à quoi bon sert de remuer un passé qui refuse de parler. Ceux qui pensent qu’il n’y a que le DRS qui est gêné par l’histoire, se trompent lourdement. Le passé gène tout le monde en Algérie. Certains parmi vous peuvent dire que je me trompe et je veux me tromper volontairement parce que je suis déçu ou parce que je suis un attardé mental qui rate tout ce qu’il entreprend.

Il y a les métayers, il y a les esclaves, il y a les parvenus, il y a les fausses notabilités et il y a tout ce beau monde qui a acquis contre le cours de l’histoire le titre de nobles citoyens qui refusent d’ouvrir les pages de l’histoire.

Je ne suis pas déçu par ce qui m’arrive. Je suis déçu de découvrir qu’après un demi siècle de mensonges et de complaisance, les algériennes et les algériens ont perdu leur noblesse, leur grandeur légendaire et leur sincérité. Le peuple algérien dans sa majorité écrasante, a trouvé ses comptes dans la corruption et la calomnie. Souvent je me pose la question est ce que ce n’est pas dans la conspiration, le vice et la solitude que l’algérien trouve la plénitude et le bonheur. L’algérien a-t-il des sentiments, a-t-il une quelconque notion sur la vérité et sait-il distinguer le bien du mal ? Quelquefois je me dis aussi que l’algérien n’a plus de cerveau : il est juste doté d’un estomac qui guide tous ses instincts. Son seul souci est d’éliminer par la ruse et la roublardise l’autre pour s’enrichir dans la majorité des cas, ou à tout le moins survivre sans se faire éliminer. Eliminer ou se faire éliminer, l’algérien ne sait pas vivre avec l’autre. La souffrance et la déchéance de l’autre le rassurent et lui le procurent le plus grand bonheur.

Chaque matin que je me réveille dans cette ville de Draâ El Mizan, une sorte d’Algérie miniaturisée à petite échelle, je constate à ma grande stupeur que les vertus de mes ancêtres, la réflexion, l’éthique, la noblesse, la solidarité et la grandeur de l’âme, n’ont plus de place dans nos comportements. La place publique plus qu’une arène de gladiateurs, est devenue un milieu hostile qui regroupe chaque matin dealers, barbouzes, proxénètes , élus locaux et prédateurs dans un combat singulier. Quotidiennement, on détruit et on s’autodétruit pour un 4×4, pour un lot de terrain, pour une villa, pour une poignée d’euros, pour débaucher la femme ou la fille du voisin…Puis comme ça, soudainement, une question me traverse l’esprit : toutes ces personnes hypocrites qui ont pris possession du destin de la ville, sont-elles mes semblables ? Pendant plusieurs moments, j’étais comme paralysé par l’idée de ne pouvoir trouver une ligne de démarcation entre l’homme et l’animal. Loin de moi l’idée d’écoeurer les âmes humbles, de déshonorer notre passé et d’humilier l’algérien, mais la vérité est là, implacable : désormais rien ne nous distingue de l’animal. L’algérien vit comme un animal, il a oublié sa véritable identité, il a oublié les règles qui régissent l’humanité, l’école et l’éducation civique. Tout le temps, il est aux aguets, soit pour fuir le danger, soit pour chasser et causer la déchéance de l’autre ; l’autre, celui qui s’obstine a provoquer sa faillite.

L’algérien n’a ni amis ni convictions. Il n’a que des ennemis dont il mesure à longueur de journée la force et la capacité de nuisance, et l’incertitude du lendemain. L’algérien adore l’angoisse, c’est sa nature. Dieu, la providence et le châtiment divin, c’est juste de la comédie, une arnaque pour tromper la vigilance de l’autre. L’algérien n’a plus de courage ; tout ce qu’il entreprend, il le fait par lâcheté, par peur de l’autre et par instinct de survie. L’algérien, cet héritier du 1er novembre 1954, ne ressent que la haine, la violence et le besoin de mentir tout le temps pour survivre. C’est un arrangement avec on ne sait quel partenaire. Depuis le 1er novembre 1954, les choses ont évolué au point ou il n’a plus besoin de son identité humaine. D’ailleurs celle-ci l’encombre et risque de lui faire perdre le combat qu’il mène non pas pour vivre dans l’opulence, mais pour traquer et dominer l’autre. Par bien des aspects, en pensant à cette philosophie d’existence qui me rappelle la conduite des rats et des reptiles, j’ai honte de ce que je suis. Ne pas tricher, ne pas mentir, ne pas faire de mal revient a ne pas exister. Or, l’algérien a besoin d’exister. 45 ans après je découvre à mon insu que je ne suis rien et que mon sort de citoyen responsable qui milite ardemment pour le bien, pour le triomphe des droits de l’homme, pour la promotion des droits de la femme, n’intéresse personne. A 45 ans je ne suis rien, a part peut-être un attardé mental.


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20 Commentaires sur cet article

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  • kimahouma
    8 décembre 2009 at 15 h 32 min - Reply

    Monsieur Radjef, vous n’êtes pas juste envers les animaux, qui au contraire des humains, n’agissent que par besoin, et ne font pas le mal pour le mal..L’Algérien est humain, forcément humain.
    Ce que vous décrivez est une situation d’anomie général( c’est l’état d’une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l’ordre social), ce que vous écrivez la majorité des Algériens le savent et le vivent, mais tous sont impuissants, (impuissance qui génère d’ailleurs, une grande angoisse, et une violence envers soi et envers les autres)aussi le sentiment partagé est que le responsable c’est l’autre, forcément l’autre. Nous nous retrouvons dans une espèce de cercle vicieux.J’ai toujours pensé que si individuellement les Algériens sont capables de grandes choses collectivement ils valent rien, si j’ose m’exprimer ainsi.
    Et vers ça que notre réflexion devrait s’orienter. Qu’est ce qui fait qu’un ensemble d’individus , avec des intérêts différents voire antagoniques, peuvent ils co-exister pacifiquement, et produire des actions collectives dans l’intérêt du plus grand nombre?
    Ce possible vivre ensemble est quelque chose qui se construit, par l’éducation, , par la responsabilité. et par le travail. mais surtout par le droit. L’Algérie est un pays de non-droit. Les Algériens ont bien intégré cela, le fameux « à qui se plaindre? ». En l’absence de droit, les relations entre les individus, vont se réguler par la force, uniquement, cela inclut la peur.
    Même le sentiment religieux est dirigé par la peur, en croit en un Dieu fort et menaçant.On n’aime pas Dieu on le craint.Peut on tirer une explication de ce côté là?
    Enfin si vous êtes un attardé mental alors on est deux




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  • Rédaction
    9 décembre 2009 at 9 h 08 min - Reply

    Ce cri du coeur de notre ami Saïd en dit long sur le délabrement de la société algérienne. Bravo pour le courage de dire les choses comme elles sont. Mais il est vrai, pour rejoindre l’avis de « kimahouma » que la jungle est peut être plus humaine. Puisque la jungle est régie par des lois naturelles. Ainsi un prédateur qui vient de tuer une proie et qui s’en est repu, ne chasse plus. Parce qu’il ne tue que par necessité. Alors que nos prédateurs à nous, qui ont mis de côté de quoi assurer l’aisance de leurs arrières petits enfants, continuent de piller un pays pourtant exsangue. Mais le pire est qu’ils sont adulés par leurs propres victimes, qui vont jusqu’à tenter de les imiter, à leur échelle.
    Il est vrai que la situation dans laquelle nous ont plongés ceux qui ont confisqué le pouvoir, relève quasiment de la psychiatrie. Au point où ceux qui ont pu garder un tant soit peu de leur humanité, et de normalité, passent pour être des attardés mentaux, y compris par leurs proches.
    DB




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  • Lalmani
    9 décembre 2009 at 15 h 07 min - Reply

    Said Radjef en a vraisemblablement gros sur le coeur aujourd’hui. Avoir 45 ans et se rendre compte que le peuple qui est son environnement immédiat soit « sans scrupule et sans foi réelle » n’est pas réjouissant pour un homme honnête et sincère. Mais il y a matière à réjouissance khoya Said. Tu n’es pas le seul à penser de cette façon et à avoir cette analyse « choquante » sur ses voisins, collaborateurs ou simples concitoyens. Sont-ils vraiment si peu dénués de bon sens ? Si peu intelligent qu’ils gobent n’importe quoi et se laissent « guider » par des ignares aux grandes gueules ? L’apparence, le look extérieur et le bluff (hef en dialecte algérien) sont devenus les maitres-mots de nos concitoyens. La bétise est un must chez nous. Ceux qui savent ne parlent pas et ceux qui parlent ne savent pas… (en fait, ceux qui savent écrivent [sur le Net] mais ceux qui parlent ne sachant pas ou prou lire…)
    Je me rappelle de ma jeunesse (je suis juste un peu plus agé que toi khoya Said, de 3 ans pour être précis) ou nous vimes au fil des ans, arriver les gens de l’extérieur (d’Alger en ce qui me concerne) avec leur gros sabots (et le linge étendu sur les rebords de fenêtres, la tenue « Shangai » accompagnée de la feuille de menthe sur le coin de l’oreille, doit certainement rappeler des souvenirs…) et leur manque de manières, de savoir-vivre et de se comporter en société. Au lieu de s’éduquer au contact de la population locale (ness el belda) et apprendre les rudiments de la bienséance comme l’était la « vieille » population d’Alger (Ouled Famillia comme on disait alors) ce fut le contraire qui se produisit. La culture et le savoir devinrent mal vu et maudit car les nouveaux débarqués n’en ayant pas et n’en pouvant pas. Le vice, le mensonge, la malhonnêteté devinrent des vertus. L’honnêteté et la sincérité des défauts… Surtout que en « haut » de l’echelle gouvernementale, directeurs, walis, ministres, députés etc… (ceux qui sont censés être nos modèles) se comportaient comme des « bagharines » qui ne respectaient rien et tentaient de s’accaparer tout. Quand la brutalité et la méchanceté s’allient à la duplicité et deviennent les seuls moyens de « s’élever » socialement le choix est simple : La HARGA ou la HOGRA.




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  • intello2002
    9 décembre 2009 at 16 h 22 min - Reply

    On idéalise un peu trop le passé et on oublie le présent.Même à l’époque du « shanghai et de la feuille de menthe » Alger vivait de rapine ,de hef et de violences (verbales ou physiques).Et ce n’était pas le fait des arrivistes ou du Barani.C’était le fait d’algériens tout court ,sans couleur ,ni look ou apparence quelconque.C’était le fait d’un ghachi comme dit l’autre qui votent à 74% ,ou pour lesquels on vote sans procuration sans qu’ils ne bronchent d’un pouce.C’est un ghachi qui se réjouit quand le mal arrive au voisin et pas à lui.C’est un ghachi qui casse le frère d’à coté qui vient envahir sa ville et qui pourtant ne lui veut que du bien.Un certain 14 juin témoignera pour l’histoire.C’est un ghachi au pays des illusions perdues.Moi aussi j’ai besoin d’un psy.En tout cas ,bonsoir à tout le monde.




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  • nightingale
    9 décembre 2009 at 18 h 38 min - Reply

    il ya des gens ici qui vont trouver mon intervention un peu (ou meme trop) simpliste. mais je ne vais pas eviter la verite just pour ne pas avoir l’air d’un « simpliste ». exprimer honnetement ma conviction est plus importante pour moi que l’image de moi que je vais projeter. je laisse alors la sophistication intellectuelle aux sophistiques.
    les raisons du drame algerien sont simple: c’est notre eloignement de Dieu et de sa religion. on va continuer a s’enfocer dans le noir jusqua on se rend compte de ce fait. quand je parle de religion, je veux dire une religiosite authentique, qui a characterise nos mosques jusqua 89 -avant l’avenement de la religion de la DRS (i.e. salafism) et la religion du project Neocon pour le monde musulman (i.e. soufisme). bien que la distortion de la religiosite a commence plus tot, en 1989, par l’ambition politique.
    Ibn Khaldoon dans son Muqadima a deja predit la situation algerienne.. il as ecrit que les societes arabes et berberes ne peuvent avoir une existence civilisee sans la religion.
    on est entraine detre puni par dieu mais malheureusement on le voit pas.

    il ya quelques mois je suis tombe par harsard sur homepage d’un de mes ex prof au departement de mathematique dans une universite Algerienne. il etait un cadre du PAGS, et un anti-Islamist.. on constatant que lui aussi a fuit l’algerie, bien que ils ont eu ce qu’ils voulaient -grace a l’armee et plus de 200.000 morts et des milliers de tortures, je n’ai pas pu resister de lui envoye un email. voila le email qui est une reponse a tous les algeriens qui sont dans sa catergorie (son nom est efface parcque la person est connu dans les circuits academiques, c’est un mathematicien de renom)

    Dear,

    Ah I remember this face, the beard has become grey though!
    I see you are professor @ Ecole Centrale; brilliant… after you had contributed in the destruction of Algeria you deserted it, and now you are building France. after you got what you wanted, you couldn’t live in your secular Algeria..what a shame! Your secular Algeria is a jungle where no one can live, not even domestic animals!

    I just hope that before the end of your miserable life you discover God and you repent for your lack of humanity and for your sins.

    You are a wonderful intelligence wasted by lack of guidance and lack of wisdom. I feel very sad for you… truly sad. You were the best professor of mathematics I ever had , and my worst example of humanity.

    May God guide you, forgive you and have mercy on your soul

    (…) one of your students in (…), Algeria. 20 years ago -or so.

    un autre point:

    Lors de la debat sur l’abolition de la peine de mort en Algerie j’ai envoye ce post en arabe sur un site Algerien. je l’ai poste « a chaud » je ne vais pas l’editer malgrer queleque erreurs.

    ألم يكفكم الفقر المدقع الذي يعيش فيه معظم الجزائرين والغنى الفاحش لأقلية، الم يكفكم تحول بلدكم إلى غاب, القوي يأكل فيها الضعيف؟ الم يكفكم ان فقدت المرأة الجزائرية التي كانت شريفة عرضها تبيع جسمها في داخل البلاد وخارجه؟ الم يكفكم الظلم وسفك الدماء والإعتدءات اليومية والإغتصاب وخطف الناس والإعتداء الجنسي على الأطفال وانتشار كل انواع الجريمة المنظمة والغير المنظمة في كل انحاء البلاد؟ الم يكفكم ان تكن بلدكم غارقة في ظلمات فوقها ظلمات من الغي والفواحش والتفاهة؟ الم يكفكم ان تحولت بلدكم إلى جحيم لا احد يريد العيش فيه إلا الاقلية الثرية او الطبقة الحاكمة؟ الم يكفكم ان مشروع الحياة لمعظم الشباب هو الهجرة إلى اي بلد آخر ولو كان بالإبحار بزورق نحو الموت غرقا! الم يكفكم كل هذا وتريدوا جحيما اكبرا وعقاب الله بزيادة من الإجرام وظلم بعضكم على بعض ببعدكم اكثر عن شرعه الحكيم؟ العقاب من جنس العمل… انظروا كيف الله يعاقبكم بتغيير قانون الاسرة واستبدال القوانين الغربية بشريعة الإسلام: زيادة النعوسة بين النساء، وانتشار الزنى، والخيانة الزوجية وظلم الزوجة وانتشار رذائل اخرى!
    رغم البأساء لم تفهموا شيئا بعد أيها الجزائريون! الجهل والسفاهة هي سمتكم
    لقد قال الله سبحانه: ولكم في قصاص حياة ياأولي الألباب… لكن لا يوجد اولوا الألباب في الجزائر.. خاصة الفوق
    اللهم لا تؤاخذنا بما فعل السفهاء منا




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  • Rbaoui
    9 décembre 2009 at 19 h 28 min - Reply

    Le peuple algerien n’est pas plus populace que d’autres nations et l’histoire recente nous rappelle que de nombreux peuples ont eu des fortunes diverses avec les Franco, Pinochet et la Corée du Sud (de 1945 au début des années 1980 est jalonnée de massacres et de répressions brutales), et jusqu’a nos jours d’autres pays subissent des dictatures plus moins brutales. Cela nous permet-il de blamer tout un peuple et de le traiter de tous les noms.
    Essayer de comprendre le pourquoi de cette catastrophe ne doit pas nous amener aux deductions rudimentaires que ce peuple n’est pas digne.
    70% de notre population est jeune et tout n’est pas perdu pour elle j’ai la conviction que c’est d’elle que viendra le salut.
    Why people believe Americans are Stupid
    http://www.youtube.com/watch?v=teM4T3TylFc




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  • Ammisaid
    9 décembre 2009 at 23 h 08 min - Reply

    Assalam, azul, bonsoir

    L’Algérien ne diffère en rien des terriens. Il est comme ses semblables, capable du meilleur et du pire. Et, le pire a pour source l’absence de justice, de liberté et de respect de soi et des autres.
    Ni un psy, ni l’alcool, ni la drogue, ni la domination de l’autre, ni l’imaginaire ténébreux…ne pourront changer un coeur qui ne voit que les parures dont se parent la vie.
    La vie, la belle, la tentatrice par excellence, Nedjma l’envoûtante, la charmeuse, celle qui hypnotise les esprits, celle qui détruit les coeurs, celle qui s’offre comme l’illusion, celle qui endort jusqu’à la mort, celle qui fait des promesses d’un mariage éternel, la toile d’araignée, la nuit obscure qu’éclaire une bougie minuscule, l’amour insaisissable, le paradis sur terre…
    La vie qui donne tout mais qui exige l’amana, l’essence, le souffle divin, ce qui avait fait que la poussière est devenu chair, os, nerfs, tendons, cerveau, coeur…et âme et ce qui fera qu’ils redeviendront poussière qu’il sera repris par la mort.
    La mort qui effacera, progressivement, tout autour d’elle, avant de prendre l’âme de celui au quel elle sera envoyée.
    La mort qui fera voir à celui qui va mourir, qu’il n’y a rien ici-bas qui peut prétendre à l’éternité et qui fera croire aux vivants que leurs tours ne viendra tout d suite et qu’il sera lointain.
    La lucidité est l’un des piliers de la sagesse. Elle impitoyable dans son constat mais, elle est nécessaire pour dévoiler le mensonge et pour promouvoir la vérité.
    La vérité, le salut de celui ou celle qui vaut sauver sa peau, avant que le sabre de celle-ci, la mort, ne vienne trancher le cordon qui relie l’âme au corps qui va retourner à la terre avec laquelle, il a été façonné.
    La lucidité permet de voir avec une grande clarté la réalité de notre Algérianité: ses défauts et ses qualités, ses insuffisances et ses atouts, ses échecs et ses réussites, ses richesses et ses misères, ses terreurs et ses courages, ses soumissions et ses révoltes, ses valeurs et ses égarements, ses amis et ses ennemis, ses serviteurs et ses voleurs, ses indignités et ses honneurs, ses sincérités et ses mensonges…
    Je déclare solennellement que l’Algérie a plus de points positifs que de points négatifs, que l’Algérie pourra s’en sortir de ce piège dans lequel elle est prisonnière et que les valeurs de l’Algérie sont cachées par ceux qui profitent de ses richesses et que ses tares sont enflées exagérément par ces derniers pour continuer à régner sur elle avec facilité et autant que cela leurs sera possible.
    Je suis convaincu et je reste convaincu qu’il lui faudra, une poignée d’hommes et de femmes, sincères et honnêtes à sa tête pour lui permettre de laver toute cette saleté que ces cerbères qui nous gouvernent lui avaient collé sur sa peau pour jouir impunément de ses richesses et de sa naïveté.
    Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Le chat pour l’instant roupille, mais le jour, où il se réveillera, toutes ces crapules qui bombent leurs torses et qui terrorisent le peuple, vont rejoindre, leurs trous, des quels ils n’auraient dû jamais sortir.
    Ne désespérons pas de notre avenir, les générations montantes sont des adules dans le berceau, elles leur suffiront d’un état de droit pour remettre l’Algérie sur la voie de la modernité, de la liberté, de la dignité, de la fraternité, de la justice, de la solidarité et de la prospérité.
    Quand, je vous lis toutes et tous (en général), je me dis : Ammisaïd, tu n’as pas le droit de désespérer et de renoncer.
    Donc, Cher frère saïd, je tiens te dire : vive des attardés comme toi et dieu fasse qu’il remplisse l’Algérie d’attardés comme toi. Amine
    Fraternellement




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  • tacili
    10 décembre 2009 at 13 h 34 min - Reply

    Chers forumistes

    Le manque de repérés civilisationnelles solidement encres dans l’universalisme de la condition humaine a profondément marque l’histoire post-coloniale du peuple algérien.

    L’algérien a répondu a l’appel de la foret, de la jungle, de ses « basic instincts » parce que son immunité culturelle est nulle ou presque. Il a été victime d’un « experimentalisme » systématique dont les architectes ne sont que des illumines rattaches a des forces du capitalisme sauvage international.

    L’algérien a été tourne en zombie par le matraquage systématique des extrémistes qui ne lui laissent pas de repos afin de digérer l’information et développer son arsenal de pensée critique. Il est harcelé par les architectes du cabinet noir qui veulent, dans le même esprit du célébré « orange chamanique », le vider de toute substance.

    C’est une guerre sans merci livrée contre l’algérien afin de le soustraire aux forces de résistance contre la globalisation sauvage. Ce n’est pas un combat local, ne nous trompons pas, c’est un combat a l’échelle planétaire par des agents locaux.

    L’algérien est victime de l’arbitraire et le non sens d’une culture bâtarde qui l’a paralyse et l’a rendu incapable de relever le défi intellectuel. Il s’est tourne corps et âme dans le darwinisme social ou le plus fort survit.

    L’algérien est malin, mais pas intelligent car la différence est énorme. Être malin est réduit aux petits calculs et gains a court terme tant que l’intelligence est plus stratégique et a long terme. L’algérien est presse, il veut tout et tout de suite. Il est même presse quand il fait l’amour, selon les psychologues. Il n’a pas le temps pour vivre son humanisme, ses sentiments. Il est devenu une machine a calculer.

    L’algérien est-il responsable de sa condition ? Bien sur que oui mais jusqu’à un certain point c’est tout. Quand un pouvoir aussi diabolique met des ressources inestimables pour le réduire a un mouton il est évident que la situation est trop exceptionnelles pour avoir des jugements définitifs.

    Merci




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  • nightingale
    10 décembre 2009 at 16 h 50 min - Reply

    @ Tacili

    vous inserez beaucoup de paradigmes qui sont a la mode (ex: globalisation, liberalisme sauvage, capitalisme, Darwinisme social) mais sans coherence ou pertinence analytique. il faut penser plus directement sur et dans la societe, et lire moins le « monde diplomatique ».

    il ya d’autres nations qui sont plus « liberales » et plus « globalisees » mais, contrairement a la societe algerienne, elles ont pu garder une certaine normalite ou fonctionalite.

    cela n’est pas une defense de la soi disant globalisation, mais just un constat pour dire que les vraies causes du malaise sont ailleurs. liberalism et globalisation sont des facteurs agravants mais pas l’ultime cause.

    le peuple Algerien a perdu ses valeurs. la cause de son malaise profond est une « dereligionisation » et « clochardisation » planifiees.

    on sait qui a submerge le pays de la drogue des 1992; on sait qui a encourage la prostitution, des 1992; on sait qui a ouvert un cabaret dans chaque ville du pays, des 1992 aussi -pour soi disant eloigner les jeunes de « l’islamisme ».. on sait qui a ferme les mosques, qui a elimine les educateurs sociaux des quartiers (la plus part d’eux etaient des medecins, enseignants et prof a la fac).. on sait qui a encourage les evangeliques a s’installer en algerie, on sait qui a « re-francise » l’algerie et l’ecole primaire des la deuxieme annee.. on sait qui a fait le peuple algerien hair soi meme par les boucheries sauvages -le but etait de faire hair les islamistes par le peuple, mais le resultat etait une haine generale et un mepris de soi. l’algerien qui etait toujour fier d’etre un algerien.. il repondait par « maghrebin » qu’on lui demandait d’ou il est (dans les annees 90).. ils ont meme causer une aversion du peuple vers sa religion en la liant directement ou indirectement (a travers les verset coraniques dans les communiques de leur GIA) barbarisme des 90. on sait qui a detruit la confiance entre les gens, en recrutant des centaines de milliers d’informateurs; et enfin on sait qui a regenere « asha’wada » wa « addarwasha » et la supertition comme « notre » religion authentique! theologiquement c’est une « religion » de l’heresie, socialement c’est une religion de classes, et « spirituellement » c’est une religion de la debauche
    concernant la corruption, c’est une consequence normale de la guerre total, sans pitie et sans principe, que l’etat a conduit contre la population. la logique de cette guerre voulait que le pouvoir (dans toutes ses formes) soit donner aux gens qui ne posent pas de question et qui n’ont aucun principe.. c’est a dire les opportunistes, les faibles, et les corrompus. les gens qui avaient un certain honneur, un certain sens de la responsabilite, ou just un peu d’affection pour le peuple navaient aucune chance de pouvoir continuer a exister a l’interieur du nouveau regime.. que ce soit dans l’armee, les parties politiques visibles, ministers, et autres institutions.




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  • MTM
    10 décembre 2009 at 20 h 21 min - Reply

    Le combat de la dignité et des droits de l’homme est long et ardu. Le chemin est périlleux et semé d’embûches. Il ne faut pas se laisser gagner par la sinistrose et par le défaitisme. Si aucun de nos espoirs ne se réalise, passons le flambeau à la jeunesse. La pire défaite qui puisse arriver, c’est l’oubli, la résignation, la mort de la flamme et la disparition de la vérité et de l’idéal.

    Un vrai jardinier plantera un arbre même au crépuscule de sa vie.

    La goutte fait un trou dans la pierre, pas par la force, mais en tombant souvent.




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  • tacili
    11 décembre 2009 at 0 h 02 min - Reply

    @ nightingale

    Merci pour avoir eu le temps de lire mon commentaire et y répondre.

    Quelques précisions d’abord:

    Le capitalisme sauvage est une réalité
    La globalisation sauvage est une réalité
    Le darwinisme sociale est une réalité

    – Pierre Bourdieu, Contre-feux : propos pour servir à la résistance contre l’invasion néo-libérale
    – Un autre monde. Contre le fanatisme du marché
    De Joseph E. Stiglitz
    – The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalisme
    – Lire l’oeuvre de Noam Shomsky
    – Social Darwinism in European and American thought, 1860-1945: nature as … By Mike Hawkins
    – Herbert Spencer: critical assessments, Volumes 1 and 2 By John Offer
    …et la liste est longue.

    Ensuite, qu’est que vous avez contre le monde diplomatique et ses lecteurs?

    C’est surprenant que cela vienne de quelqu’un qui est versé dans un débat intellectuel. « Le monde diplo » n’est pas mon mensuel préféré mais je trouve que votre allusion manque de respect pour des journalistes qui se battent corps et âme contre l’hégémonie capitaliste du marché. Comment pouvez vous vous permettre de me donner des leçons sur le choix de mes lectures ? Bizarre, non ?. No comment.

    Revenons a mon commentaire que vous vouliez détruire en utilisant, comme les américains, la métaphore de la 4ème armée la plus puissante au monde pour détruire l’Irak. C’est juste un commentaire a chaud sur un article,cher forumiste, ce n’est pas une thèse de doctorat ou une analyse de fonds. Un commentaire.

    Néanmoins,je suis prêt a défendre chaque concept que j’ai écrit « anytime, anywhere ». Je ne suis pas dans un concours de beauté ou dans un jeu de séduction pour avancer les mots les plus esthétiques au détriment de l’argument intellectuel.J’ai du respect pour cet espace et pour l’intelligence de ses lecteurs pour descendre au niveau du « paraitre ».

    Pour répondre, enfin, au coeur de ton argumentaire, le pouvoir et l’islamisme sont les deux ennemis de l’algerien a égale responsabilite dans ce qui s’est passe. La « déréligionisation » dont vous parlez est un non sens, car le pouvoir accuse les islamistes d’une chose similaire: la « dénationalisation ».

    Je rejette les deux et ils me fatiguent sincèrement. L’Algérie a besoin d’un système base sur un humanisme séculariste qui garantira aux uns et aux autres leurs libertés fondamentales sans peur ni peine.

    Merci




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  • radjef said
    11 décembre 2009 at 10 h 27 min - Reply

    Bonjour tout le monde. kateb Yacine disait souvent que la colonisation c’est des couches, dés que vous enlevez une, il y a une autre plus epaisse qui apparait. Et d’ajouter: les peuples qui connaissent leur histoire avancent et progressent, nous depouillés de la notre, on tourne en rond. Un ami à lui disait egalement que nous sommes encore colonisés.
    Depuis le 1er novembre l’histoire de notre pays ressemble à cette maison de laquelle les vrais proprietaires furent chassés et exilés par la colonisation. Comme la nature a horreur du vide, la maison fut envahie par les rats, par des rats affamés et contaminés. S’en approcher, il y a la menace de la peste; s’en eloigner il y a la douleur au ventre…Que faire alors que les rats sont les maîtres des lieux? Je ne cherche pas à humilier mon concitoyen ou à le rendre repugnant, je cherche à comprendre. Est ce que cela est interdit?




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  • AMOKRANE
    11 décembre 2009 at 18 h 22 min - Reply

    Ainsi donc mr RADJEF, vous n’êtes pas le seul à vivre cette situation. Dure dure la vie quand on est hypersensible. Vous aimeriez tant que les choses se passent autrement: qu’on nous respecte, qu’on nous considére mais hélas les mots de tous les jours sont comme des fléches empoisonnées et l’on finit avec l’âge par se résigner et accepter son sort acceptant que nous sommes ainsi. On essaie de s’en sortir mais c’est la majorité qui essaie de s’en sortir. Je ne sais pas si vous aviez vécu à l’étranger mais ailleurs il y a des possibilités pour ceux qui savent se tenir à carreau mais partout il n’y a pas de pitié pour ceux qui flanchent qui échouent. J’ai envie de dire des choses mais je m’autocensure : de qui tenons nous notre mode de vie? Les jeunes surtout s’en plaignent en silence. L’aisance matérielle adoucit les moeurs mais nous appartenons hélas au tiers-monde destructuré par les puissances hégémoniques. Je crois qu’il faut accepter son sort et essayer de faire quand on le peut du bien autour de soi même si l’on récolte le mal.
    Dans notre société, on parle de DROITS DE l’HOMME de solidarité mais les actions concrétes sont rares. On glorifie la REVOLUTION, on glorifie le passé alors qu’on se mange entre nous… voilà voilà ces quelques lignes qui me libérent un peu merci remerçions DIEU d’être encore en vie amokrane nourdine BOGHNI




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  • radjef said
    12 décembre 2009 at 17 h 26 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. @ Amokrane mes salutations distinguées. Il ne s’agit pas ici d’une question de respect. Il s’agit d’une reponse à moi même d’abord et aux amis internautes qui ont evoqué la question du changement en Algerie.Certains ont posé des questions devant lesquelles on ne peut rester indifférents, mais celles-ci sont loin d’être prioritaires. A mon avis, et je partage l’avis de tout le monde, nous voulons tous le changement. Mais sommes nous dans l’état actuel du pays, capables de réaliser ce changement? Avec quoi nous allons réaliser ce changement alors que l’algérien a perdu son identité humaine, ses valeurs, ses reperes, sa dignité? Pour réaliser ce changement, il faut des valeurs morales sures et des convictions nobles et fermes. Or c’est ce qui manque le plus de nos jours. Tout le monde semble trouver ses comptes dans le mensonge, l’imposture, la violence…Pouvez vous traverser nos villages(Ouadhias, Ighil Imoula, Mechtras, Assi-Youcef, Boghni, Ain Zaouia…)à partir de 19heures sans vous faire agresser? Avons-nous une jeunesse ayant le sens des responsabilités morales et civiques dans laquelle on peut placer nos esperances pour des lendemains radieux?…La question aujourd’hui est celle-ci:sommes nous en mesure de réaliser ce changement? Si les moyens n’existent pas ou ils sont defaillants, on ne peut réaliser aucun changement.




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  • L’ALGERIENNE
    12 décembre 2009 at 20 h 43 min - Reply

    Dites nous juste messieurs :LALGERIEN que vous voulez créer,il doit ressembler à qoui exactement?Excusez moi mais personnellement je pense qu’en Algerie comme partout dans le monde il ya les gens qui aiment le bien des autres et il ya les gens qui aiment faire du mal aux autres. Ce phénomène n’appartient pas uniquement à la société Algérienne .Dieu a créé le mal est le bien por maintenir un certain équilibre sur terre.Alors c’est pas la peine de top philosopher les choses si non on vous jugera parmi les attardés mentaux




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  • adel133
    13 décembre 2009 at 3 h 31 min - Reply

    Mon cher Said.
    le profil  »type »(rétrograde) de votre  »Algérien » ne me ressemble pas du tout,c’est pourquoi toute généralisation est inapropriée.les gueux qui bombent le torse dans votre ville de draa el mizan sont à une èchelle réduite le reflet des gueux qui sont en haut et qui sont responsables des malheurs de ce pays depuis 1962 qui ont fait de notre pays une pyramide égyptienne le bec à l’envers.on tire un cailloux et tout s’effondre.
    le peuple Algérien n’est ni pire ni meilleur que d’autres peuples.Dans les pays les plus développés (comme c’est le cas au canada),nous avons des corrompus,des corrupteurs,des tueurs,des drogués,des prostitués,des pédophiles,des menteurs et toute la faune d’individidus  »déviants ».ce sont des citoyens jouissant des mêmes droits et nous nous accomodons bien d’eux.la justice réèllement INDÉPENDANTE en fait sa clientèle quand la loi est violéee.voila déjà une grande première différence.
    Si notre peuple a atteint ce niveau de deliquescence  » Morale » la faute entière,totale et complète incombe aux dirigeants.
    un peuple c’est une élite honnete,compétente,moderne et des payeurs de taxes.malheureuesement nous n’avons ni les premiers ni les derniers.tant que ces criminels sont là ya rien à espérer.




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  • AMOKRANE
    13 décembre 2009 at 13 h 03 min - Reply

    J’ai demandé à un ami intellectuel lausannois(suisse) de lire l’article L’ALGERIEN; il s’intéresse beaucoup à la psychanalise et son dernier document « INSTITUTION DE LA RELATION FREUDIENNE » je l’ai pas encore lu mais voilà ce qu’il m’a répondu sur l’article de MR SAID RADJEF : » C’est excellent en effet. On est là au coeur du sujet et de l’enjeu d’une renaissance individuelle et collective. Le débat en montre bien aussi les contraintes, les limites et l’infinie difficulté »
    Qd à moi je réfléchis toujours à cet article interessant d’un voisin puisque j’habite tout prés à boghni amokrane nourdine boghni




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  • radjef said
    13 décembre 2009 at 18 h 19 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.@L’algerienne et aussi a Zakia.Mon but n’est pas de demoraliser mes concitoyennes et mes concitoyens.Je ne cherche pas non plus a repandre le desespoir…Je ne « parle pas comme un egyptien » et je ne suis pas un « indigne de mes amis ». J’aime mon pays, j’aime mon peuple. Je suis fier d’avoir été l’ami de tous ces gens qui me « trouvaient pur ». Je dis seulement à mes soeurs et freres, ce n’est pas avec leur conduite actuelle qu’ils vont venir a bout de ce régime.Ils doivent changer de comportement et qu’ils ne laissent pas ces clones de la colonisation corrompre leur imaginaire collectif.




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  • boreal
    31 décembre 2009 at 20 h 03 min - Reply

    A quand remonte le début de notre METAPHORPHOSE, celle qui vît naître et se développer une nouvelle race d’algérien (si bien décrite par notre ami Saïd Radjef) ?
    Pour résumer, on peut dire que cela remonte au lendemain de l’abandon de « l’utopie » socialiste. Ce fut le début de la transformation de la superstructure de l’Etat et le démantèlement progressif de l’appareil de production (fermeture d’usines, mise en faillite d’entreprises, vente des sociétés publiques à des entrepreneurs privés, ouverture un plus tard des secteurs des mines et des hydrocarbures à des multinationales…).
    Ceux qui avaient toujours profité du système depuis 1965 étaient les mieux placés et ont pris position rapidement grâce au butin amassé (avec la bénédiction de feu Boumédiene) durant les années soixante et soixante dix. Une forme de libéralisme typique, débridé, sauvage est né. Pour schématiser, celui-ci se caractérise essentiellement par des activités hautement lucratives que sont le commerce et encore le commerce (l’import/import) grâce à la spéculation, à la corruption et au trafic d’influence. Ce mouvement s’est considérablement accru à la faveur de la crise économique qu’a connue le pays durant les années 1990 et la mainmise de la mafia sur l’activité économique. La suite, on la connait.
    Cependant, l’aspect macro-économique ne peut expliquer à lui seul l’état des choses aujourd’hui. Bien des sociétés ont évolué avec plus ou moins de perturbations mais ont fini par atteindre un équilibre, elles se sont développées sans avoir « vendu leur âme au diable ».
    Dieu, que nous arrive-t-il ?
    Dans la mesure où nous sommes musulmans, notre conscience, notre morale auraient pu servir de paravent contre la tentation du « Diable ». Il n’en est rien. Malheureusement.
    Sommes-nous alors musulmans (nous sommes en droit de nous poser la question !) ?
    Pour ne pas choquer, je formulerais ma question autrement, en quoi notre foi, notre adhésion aux principes et à la morale islamiques et par là-même à la Morale Universelle sont-elles authentiques, sincères ? Là où ça fait mal, c’est qu’il n’y a rien de hautement sincère là-dedans ! Sommes-nous de simples bigots qui feignons d’aimer Dieu, notre prochain et d’avoir peur du jugement dernier mais qui en réalité n’avons cure de ce qui nous attend dans l’au-delà. De quelle façon nous sommes-nous construits, sur quel substrat nous sommes-nous développés ? Nous avons été dessaisis de notre histoire, nous ne savons plus très bien qui nous sommes, nous nous accusons mutuellement de tous les maux en nous suspectons les uns les autres. Nous essayons de nous convaincre de la force de notre identité, une identité supposée avoir été retrouvée au lendemain de l’indépendance, alors que nous constatons tous les jours que celle-ci n’est pas opératoire et qu’elle est à redéfinir, à reconstruire et que ça urge car nous sommes entrés dans un zone de turbulences graves.
    Nous vivons dans un « un grand nulle part », le salut s’il en existe un, est en nous, nous devons trouver la formule, celle qui nous libérera de nous-mêmes et de nos angoisses, celle qui nous redonnera le sens véritable de la vie et la mesure des choses, celle qui nous permettra d’envisager l’avenir avec courage et surtout beaucoup de lucidité.

    Bonne et heureuse année à tous.




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  • Khadidja Naga
    5 mars 2011 at 15 h 12 min - Reply

    Bonjour
    Je suis admirative pour l’auteur, 45 ans, enfant post-indépendance qui donne une analyse sociologique, économique et politique qui affole, qui fait peur mais plutôt juste ! Le contenu de ce tableau synoptique est une page d’histoire pour la période 1954-2011, compréhensible et à la portée de TOUS même des analphabètes trilingues ! Une seule critique en ce qui concerne la chute : Saïd, tu es loin d’être un débile mental mais la folie peut s’emparer de certains, ceux qui militent depuis des années pour la démocratie, la liberté et l’égalité des chances pour tous les Algériens.
    Bonne continuation, à mes yeux tu es doté de l’intelligence de coeur, AllahIhafdek




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  • Congrès du Changement Démocratique