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26 July 2017

« L’esprit de Novembre a été trahi par ceux qui ont pris le pouvoir après l’indépendance »

abdelhamid-mehriAbdelhamid Mehri lors d’une conférence organisée par le FFS hier à Boumerdès

El Watan,13 décembre 2009

Le conférencier s’est prononcé sur la crise entre notre pays et l’Egypte, trouvant que « sans tomber dans les bassesses, il y a des moyens et des manières de répondre ». Pour lui, ce qu’ont fait les Egyptiens est l’expression du pourrissement qui a atteint le système des « Al Moubarak » « Le système algérien n’est pas loin de subir pareille déconfiture si on ne procède pas vite à un changement. »

L’ex-secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri, a été l’invité du FFS, hier à Boumerdès, où il a animé une conférence sur « Le rôle de la jeunesse dans la construction de l’Algérie démocratique ». Intervenant à l’issue des travaux de la première conférence nationale des jeunes du parti d’Aït Ahmed, M. Mehri a, en substance, traité de la problématique de la possibilité pour la jeunesse d’aujourd’hui de réaliser l’exploit de Novembre 1954. « Il est possible de changer les choses dans le bon sens, à condition qu’il y ait beaucoup de volonté et de la persévérance », a dit l’ex-membre du CCE. M. Mehri a indiqué que si la Révolution algérienne a réussi, c’est parce qu’« on avait un projet : bâtir un Etat démocratique et social dans le cadre des valeurs de l’Islam et élargir par la suite la construction à un grand Maghreb. Pour cela, les militants de Novembre ont associé tout le peuple algérien en cherchant à dépasser toutes les divergences. » « L’erreur, après 1962, c’était de pratiquer l’exclusion », a expliqué A. Mehri qui soutient que l’esprit de Novembre a été trahi par ceux qui ont pris le pouvoir après l’indépendance.

« Le consensus réalisé avant et durant la Révolution était axé sur les objectifs arrêtés et ces objectifs ne disparaissaient pas avec l’acquisition de l’indépendance. Au contraire, la majeure partie du projet, à savoir l’édification d’un Etat de droit et d’un Maghreb uni, n’avait pas encore été atteinte », a-t-il expliqué. Le contrat a donc été rompu et l’engagement de tout un peuple trahi. M. Mehri s’est quelque peu appesanti sur l’expression « dans le cadre des valeurs de l’Islam » quant à l’édification d’un Etat algérien et a précisé que « tout a été clarifié par le congrès de la Soummam », en soulignant que « cela ne voulait nullement dire qu’on allait bâtir un Etat théocratique, mais juste ne pas offenser les croyances de la majorité de la population ». « C’était de la foi pour les croyants et une valorisation de pratiques qui peuvent être un héritage culturel pour les non-croyants ».

Dénonçant l’exclusion, l’ex-premier responsable du FLN a appelé à l’association de toutes les forces actives pour édifier une République démocratique. Revenant sur « certaines erreurs de la Révolution », M. Mehri a constaté que « malheureusement, elles n’ont pas été mises à profit pour mieux avancer ». « Je considère que l’assassinat de Abane Ramdane a été une grande erreur, mais il a été rendu possible par la non-séparation des pouvoirs au sein de la direction de la Révolution. Plus d’un demi-siècle après, on en est toujours au même stade », a-t-il expliqué.
L’intiative Aït Ahmed, Hamrouche…d’actualité

Dénonçant l’enseignement sélectif de l’histoire de la Révolution de Novembre, M. Mehri a fait remarquer qu’« on oublie beaucoup de choses, comme le GPRA, le congrès de la Soummam sur certains points et autres, alors que nous n’avons pas de choses honteuses dans notre histoire récente ». Il a aussi condamné le traitement de l’histoire à travers les personnes. « Au lieu de chercher à comprendre comment la Révolution a pu réussir, comment on a pu fonder un Etat et l’imposer dans le bassin méditerranéen, comment on a pu monter une armée à partir de quelques individus, on s’intéresse à certains défauts de nos valeureux martyrs. Si vous les prenez en tant que personnes, en dehors du projet de Novembre, qui est toujours valable d’ailleurs, sachez bien qu’ils étaient des humains comme vous et moi », a-t-il ajouté.

Parlant de diplomatie, le conférencier n’a pas omis de se prononcer sur la crise entre notre pays et l’Egypte, trouvant que « sans tomber dans les bassesses, il y a des moyens et des manières de répondre ». « On aurait dû agir dans les limites de la bienséance et des usages », a-t-il estimé. Pour lui, ce qu’ont fait les Egyptiens est l’expression du pourrissement qui a atteint le système des « Al Moubarak ». Et « le système algérien n’est pas loin de subir pareille déconfiture si on ne procède pas vite à un changement », déclare-t-il. Rappelant que l’initiative lancée par lui-même, Hocine Aït Ahmed et Mouloud Hamrouche est toujours d’actualité, M. Mehri a appelé de tous ses vœux à un changement rapide du système. « Il est difficile de rétablir la confiance, mais la jeunesse algérienne est prête. Il faut bien des sacrifices et beaucoup de militantisme », a-t-il conclu. Interrogé à la fin de sa conférence, M. Mehri a refusé de se prononcer, pour l’heure, sur des questions politiques, notamment celles touchant aux préparatifs du congrès du FLN, préférant « attendre un peu car il se passe énormément de choses ces jours-ci ».


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4 Commentaires sur cet article

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  • thirga
    13 décembre 2009 at 21 h 02 min - Reply

    Ce n’est plus la langue de bois plutôt le verbe de bois. Abane vient d’être ressuscité par le tir foudroyant dans le camp égyptien d’Antar Yahia. Abane a semé prématurément la bonne graine. Il voulait une Algérie algérienne, lui et son compère Si Larbi.
    Le cri de détresse que vient de lancer une des Héroïnes de la Révolution de Novembre va au-delà d’un constat d’échec, un crime contre l’Histoire. Une honte pour ce Makhzen!




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  • BRAHIM
    13 décembre 2009 at 21 h 54 min - Reply

    Coucou ! Salut mes frères internautes. Je reviens après une retraite épistolaire pour vous dire que je suis très impressionné par cet article de Monsieur Mehri intitulée « L’esprit de Novembre a été trahi par ceux qui ont pris le pouvoir après l’indépendance » ainsi que le discours de Monsieur Ali Yahia à la cérémonie de remise du prix « Alkarama Award » publié aussi sur le Quotidien d’Algérie. Ya chab El djazair, réveillez-vous !!! Demain des hommes de cette trempe vont disparaître et vous ne trouverez plus devant vous que des individus du genre Bouteflika, Belhadem , Soltani , Ouyahia et Sidi Saîd. Vous savez, y a chab el djaraîr , avec le niveau de plus en plus bas et faible de notre école et de notre université voulu par les dictateurs, les autocrates et monarques (sauf pour leur enfants et leur famille) qui , depuis l’indépendance, nous maintien délibérément la tête dans la piscine, qui nous coupent le souffle de la liberté, qui nous interdisent la connaissance rationnelle et de l’ouverture sur le monde, vous aurez de moins en moins l’occasion de lire ce genre de contribution . Alors, debout la jeunesse, nous les vieux on peut encore vous aidez mais pas pour longtemps. L’avenir de l’Algérie vous appartient et ne laissez pas ces véreux, ces tricheurs, et ces malhonnêtes décidaient de votre avenir. Il faut le leur rappeler tout les jours.

    Adm: Bienvenue à la Djemaa cher Brahim. Vous nous avez manqué. DB




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  • Abdelkader DEHBI
    17 décembre 2009 at 22 h 18 min - Reply

    @–Thirga: – Il y a en effet la langue de bois, il se peut aussi, qu’il y ait le verbe de bois, comme vous dites…mais vous me donnez à penser qu’il doit aussi exister des neurones de bois….Car, il y a deux jours ce me semble, je vous avais déjà donné acte de votre droit d’avoir des hallucinations…Certes, c’est tout à l’honneur de M.le Webmaster, de faire droit aux réactions des hôtes du site…mais un minimum de convenances est nécessaire à la sérénité des échanges. Il ne faut pas qu’on soit là tout le temps, à remettre à leur place tous les obsédés en mal d’exister derrière un statut d’anonymat qui favorise toutes sortes de relâchements grossiers de leur part, perçus par eux, comme une libération de l’expression.- Merci à l’équipe du Quotidien d’Algérie, de réfléchir sur la question.




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  • batni
    21 décembre 2009 at 2 h 21 min - Reply

    Même si Mr Mehri a participé depuis l’indépendance a la politique qui nous a mené a la ruine, faire son mea-culpa le grandit énormément. C’est le signe d’un homme intégre qui aime son peuple. Le Makhzen formé par les anciens d’Oudja a corrompus beaucoup de patriotes intégres, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Merci beaucoup a Mr Mehri qui prefére descendre dans l’arêne que d’aller profiter de sa retraite.
    Merci a Antar Yahia et a toute l’équipe Nationale d’avoir détruit ce carton pate brandis par les planqués d’Oudja et leurs serviteurs.




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