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21 July 2017

حفل تكريم الاستاذ عبد النور علي يحيى

AliYahia_geneva11dec09_2بيان صحفي

نظمت مؤسسة الكرامة لحقوق الإنسان بمركز المؤتمرات الدولي في جنيف يوم الجمعة 11 ديسمبر 2009 على الساعة السادسة مساءً حفل تكريم للأستاذ المحامي الجزائري عبد النور علي يحيى، الذي تسلم بهذه المناسبة جائزة الكرامة للمدافعين عن حقوق الإنسان لـ 2009 على مجموع أعماله في مجال تعزيز وحماية حقوق الإنسان في الجزائر. وتُمنح الجائزة كل عام بمناسبة اليوم العالمي لحقوق الإنسان (10 ديسمبر) إلى شخصية أو منظمة ساهمت بشكل فعال في حماية وتعزيز حقوق الإنسان في العالم العربي.

والأستاذ علي يحيى عبد النور من مواليد 18 يناير 1921 ناضل في إطار الحركة الوطنية الجزائرية، واعتقل خلال حرب التحرير الوطنية. عند الاستقلال سنة 1962 عُيّن عضوا في الجمعية التأسيسية ووزيرا للأشغال العمومية ثم الفلاحة، قبل أن يستقيل من منصبه الوزاري في 1967، ليكرس نفسه لمهنة المحاماة والدفاع عن حقوق الإنسان، مما قاده إلى الاعتقال ثم النفي. والأستاذ عبد النور علي يحيى هو الرئيس الشرفي للرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق الإنسان التي أسسها سنة 1985 والتي اعترفت بها السلطات الجزائرية رسميا عام 1989. ويعتبر الأستاذ علي يحيى عبد النور عميدا للمدافعين عن حقوق الإنسان بالعالم العربي. وقد ألف كتاب « الجزائر: أسباب وحماقة حرب » (1996) وكتاب آخر تحت عنوان « كرامة الإنسان » (2007).

حضر الحفل عدد كبير من ممثلي المنظمات غير الحكومية والآليات الأممية لحقوق الإنسان والبعثات الرسمية وجمع من الجالية العربية في جنيف والجزائرية على وجه الخصوص. وقد ألقيت في هذه المناسبة كلمة من طرف ممثل الكرامة (أنظر الملحق)، وقُرأت رسائل تهنئة من زملاء للمحامي تعذّر عليهم حضور حفل التكريم من بينهم المدافع عن حقوق الإنسان التونسي أحمد مناعي والأستاذ ماريو جيرو من جمعية سانت إيجيديو. ونوهت كل المداخلات بالمسيرة النضالية الطويلة لعبد النور علي يحيى وبالتزامه الثابت في الدفاع عن حقوق الإنسان والكرامة البشرية. كما عُرض خلال الحفل فلم وثائقي يعرض المحطات الرئيسية للمسيرة النضالية لعبد النور علي يحيى. وعقب تسلمه الجائزة ألقى عبد النور علي يحيى كلمة شكر، عرض خلالها أوضاع حقوق الإنسان في الجزائر (أنظر الملحق).

منظمة الكرامة

جنيف، 12 ديسمبر 2009

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Communiqué de Presse

La Fondation Alkarama pour les droits de l’homme a organisé Vendredi 11 décembre 2009, à 18 heures, au Centre International de Conférences de Genève, une cérémonie à l’honneur de Maître Abdennour Ali-Yahia qui a reçu le prix « Alkarama Award 2009 » pour les défenseurs des droits de l’homme pour l’ensemble de son œuvre en matière de défense et promotion des droits de l’homme en Algérie. Ce prix est décerné chaque année à l’occasion de la journée mondiale des droits de l’homme, le 10 décembre, à une personnalité ou à une organisation ayant contribué de manière significative à la protection et à la promotion des droits de l’homme dans le monde arabe.

Avocat de formation, Maître Abdennour Ali-Yahia a milité au sein du mouvement national algérien et a été emprisonné durant la guerre de libération nationale. A l’indépendance en 1962, il a été membre de l’Assemblée constituante puis membre du gouvernement, avant de démissionner de son poste ministériel en 1967. Par la suite, il s’est consacré à l’exercice de son métier d’avocat et à la défense des droits de l’homme, ce qui lui a valu détention et déportation. Maître Abdennour Ali-Yahia est le fondateur en 1985 de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, reconnue officiellement par les autorités algériennes en 1989 ; il en est aujourd’hui le président d’honneur. Né le 18 janvier 1921, Maître Abdenour Ali-Yahia est le doyen des défenseurs arabes des droits de l’homme. Il est l’auteur de « Algérie : Raisons et déraison d’une guerre » (Editions L’Harmattan, Paris 1996) et « La dignité humaine » (Editions INAS, Alger, 2007).

Un grand nombre de représentants d’ONG et des mécanismes onusiens des droits de l’homme et de missions diplomatiques ainsi que des membres de la communauté arabe, et notamment algérienne, ont assisté à la cérémonie. Après le discours du représentant de la Fondation Alkarama (voir Annexe), des messages de félicitations envoyés par des amis et collègues défenseurs des droits de l’homme ont été lus, comme le message de M. Ahmed Mannai, défenseur tunisien des droits de l’homme, et Prof. Mario Giro de la Communauté Sant’Egidio (voir Annexe). Toutes les interventions ont salué le long parcours du militant pour la liberté et du fervent défenseur des droits de l’homme et de la dignité humaine. Au cours de la cérémonie, un court-métrage documentaire retraçant les principales étapes du parcours de Me Abdennour Ali-Yahia a été projeté. A l’issue de la remise du prix, Me Abdennour Ali-Yahia prononcé un discours pour remercier la Fondation Alkarama au cours duquel il a exposé la situation des droits de l’homme en Algérie.

Fondation Alkarama

Genève, 12 décembre 2009


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  • Rédaction
    14 décembre 2009 at 21 h 54 min - Reply

    Message de Ahmed Manai, défenseur tunisien des droits de l’homme,
    lu à la cérémonie de remise du prix « Alkarama Award »

    Chers tous,

    Je félicite et remercie vivement l’équipe dirigeante de la Fondation Alkarama, d’avoir fait le bon choix et pensé à décerner le prix « Alkarama Award 2009 » à Maître Abdennour Ali-Yahia.

    Ce vénérable sage, qui a fait de la cause de la dignité humaine son sacerdoce, défendu depuis des décennies, en Algérie, dans notre espace maghrébin et au-delà, les droits de l’homme, les droits de tous les hommes, sans distinction aucune, avec un immense courage, une constance déconcertante, une honnêteté exemplaire et une compétence incontestable. Avec la modestie en plus.

    Pour ceux, dont je suis, que l’œuvre et le combat exemplaires de l’homme et du militant ont profondément marqué, depuis deux décennies, Abdennour Ali-Yahia est le Maître auquel ils vouent une indéfectible fidélité. Parions que sa vision de la dignité humaine « clef de voûte de la société », tracera la voie des luttes à venir pour les générations futures.

    Tous les militants des droits de l’homme, grands et petits, mais surtout toutes les victimes des violations de toutes sortes, qui ont profondément souffert, tout au long des années 1990, de l’ostracisme, de l’exclusion et du sectarisme des grandes chapelles des droits de l’homme, sont reconnaissants à Maître Abdennour Ali-Yahia, mais aussi à feu Maître Mahmoud Khalili et d’autres, d’avoir usé de tout leur prestige et de leur grande autorité morale pour mettre à nu et casser la logique des éradicateurs.

    Enfin, un vibrant hommage au Lauréat du prix « Alkarama Award 2009 », une pensée à la mémoire de notre frère et ami Maître Mahmoud Khalili qui nous a quittés il y aura bientôt sept ans, mes plus vifs remerciements à l’ensemble de l’équipe dirigeante de la Fondation Alkarama et surtout aux amis Abbas Aroua et Rachid Mesli, d’avoir pensé à m’inviter à cette cérémonie à laquelle je ne peux assister, à mon grand regret, pour des raisons de santé.

    En fidèle amitié.
    Ahmed Mannai
    Tunis, 11 décembre 2009

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    Message de Mario Giro, de la Communauté de Sant’Egidio,
    lu à la cérémonie de remise du prix « Alkarama Award »

    « Il arrive souvent que… nos oreilles soient offensées en apprenant ce que disent certains qui, bien qu’enflammés de zèle religieux, manquent de justesse de jugement et de pondération dans leur façon de voir les choses. Dans la situation actuelle de la société, ils ne voient que ruines et calamités; ils ont coutume de dire que notre époque a profondément empiré par rapport aux siècles passés ; ils se conduisent comme si l’histoire, qui est maîtresse de vie, n’avait rien à leur apprendre… Il nous semble nécessaire de dire notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur, qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin. » Pape Jean XXIII

    « Tous le peuples sont bons. Chacun mérite le respect et l’admiration. J’ai vu souffrir les hommes. Tous ont besoin d’amour. S’ils sont méchants, c’est peut-être qu’ils n’ont pas rencontré le véritable amour… Je sais aussi qu’il y a des forces sombres, démoniaques; qu’elles s’emparent parfois des hommes ou des peuples. Mais l’amour de Dieu est plus fort que l’enfer. Dans son amour nous trouvons le courage d’aimer les hommes… » Patriarche Athënagoras

    Chers amis,

    Je suis heureux de votre choix par lequel vous honorez aujourd’hui Maitre Abdennour Ali-Yahia, un ami et un véritable doyen dans la défense des droits de l’homme en Algérie et ailleurs.

    Vous savez bien combien son pays nous tiens à cœur, tout comme sa paix, sa prospérité, sa sérénité. Dans la quête de ces valeurs, nous avons rencontré Maitre Ali-Yahia. J’ose dire qu’on ne s’est plus jamais quittés.

    Lorsque je l’ai connu il avait déjà une longue expérience derrière lui, soit celle de l’époque de la lutte pour l’indépendance et pour une Algérie nouvelle, soit ensuite, dans son inlassable bataille pour la défense des droits de l’homme. A cause de ses choix, il avait déjà payé lourdement, par la prison et la déportation.

    Il pouvait donc se sentir un homme déjà satisfait de son parcours. Ou alors il pouvait être un homme résigné à cause des difficultés d’un combat sans fin.

    Rien de tout cela. En face de moi, il n’y avait ni un brisé ni un comblé, mais un véritable combattant de l’humain, qui gardait toute la force de l’esprit de son jeune âge enrichie par une mure et profonde expérience.

    En vérité, quand on est avec lui on ne sait pas si on doit admirer sa vitalité ou respecter sa sagesse, suivre son ardeur enflammée ou apprécier sa patience géologique. Il faut toujours faire les deux.

    Vous le savez, ensemble nous avons essayé de faire sortir le pays de la crise violente dans laquelle il était tombé, en utilisant les armes du dialogue, du débat, du compromis politique. Cette tentative honnête et noble, a été nommée à l’époque une « offre de paix ». Vous en connaissez les péripéties.

    Ce que je garde dans ma mémoire, et que je partage avec vous ce soir, c’est la force humaine et – j’ajoute – spirituelle de Maitre Ali-Yahia, qui a toujours constitué, pour ceux qui étaient à ses côtés, une raison supplémentaire mais incontournable, de ce que j’appellerais une vigueur douce et une fermeté compatissante.

    En effet, Maitre Ali-Yahia a pris conscience très tôt que la guerre et la violence sont « la mère de toutes les pauvretés » et par conséquent de la haine. Il leur a préféré la parole et la confiance dans l’humain, même dans les temps difficiles et obscurs, lorsque les hommes deviennent des ennemis. Il a toujours su résister à l’esprit des temps, sans sombrer dans la résignation, la peur ou le mépris de l’autre, qui semblent être les grandes maladies de notre temps. Il est en ce sens un exemple de ce que signifie rester « un homme » même lorsque il n’y a plus d’hommes, lorsque domine l’inhumain.

    Sa capacité à imaginer une société, non seulement plus juste, mais où il est possible de vivre ensemble, hommes et femmes de cultures, religions, confessions, idéologies, idées et approches différentes, est un exemple pour nous tous.

    Son action, nous le savons, n’a pas été sans effets mais elle a produit des fruits en plusieurs directions. Elle a surtout parlé à beaucoup de cœurs. Nous en sommes conscients : les seules révolutions créatrices de l’histoire sont nées de la transformation des cœurs.

    Un sage chrétien qui aimait l’Orient, René Voillaume, a écrit une fois : « Peut-être nous allons rentrer dans une époque de l’histoire du genre humain qui sera le temps de la compassion dans l’impuissance de trouver des solutions aux problèmes posés. Il sera alors plus que jamais nécessaire de nous offrir en intercession, en communion […] pour supplier la miséricorde de Dieu de se répandre sur tous les hommes ».

    C’est par ces mots que je vous félicite de votre choix auquel j’ajoute mon adresse de respectueuse affection pour Maitre Ali-Yahia, un homme rare, un homme de compassion même aux temps de l’impuissance, un homme vrai parce qu’il a intercédé pour les autres.

    Sa leçon c’est qu’il nous oblige encore et encore à croire en l’homme et à l’avenir.




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  • Congrès du Changement Démocratique