Édition du
21 July 2017

دور المؤسسة العسكرية في المرحلة الانتقالية – Rôle de l'institution militaire dans la phase de transition démocratique

Arméeنشرع ابتداء من اليوم في نقاش حول الدور المستقبلي للمؤسسة العسكرية – و هي ملك لكل الجزائريين – في المرحلة الانتقالية الديمقراطية نحو تغيير جذري و سلمي للنظام السياسي الذي نصبوا إليه جميعا. حان الأوان أن نطرح المشاكل الحقيقية و أن نجد الحلول الناجعة للازمة السياسية الخانقة التي تتخبط فيها جزائرنا الجريحة. من واجبنا أن نبطل صفة القداسة لهذه المؤسسة التي كانت من الطابوهات منذ « مصادرة السلطة من طرف قيادة الأركان العامة لجيش الحدود  و تدخلها السافر  في تسيير شؤون البلاد و العباد » كما صرّح  احد الضباط السامين.

ندعو كل المثقفين و السياسيين و العسكريين  و كل المواطنين بصفة عامة للمشاركة في هذا الحوار الذي يمس لبّ السلطة و النظام السياسي الجزائري.

تنسيقية نداء 19 مارس / آذار 2009

الدائرة السياسية

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Nous avons jugé utile d’initier un débat sur  le rôle futur  de l’institution militaire – en tant qu’institution nationale appartenant à tous les Algériens – durant la phase de transition démocratique  que nous appelons de tous nos vœux. Le moment est venu de poser les vrais problèmes et d’envisager les vraies solutions  à la grave crise politique que traverse notre pays. Il est de notre devoir de désacraliser cette institution  qui  a toujours constitué  un sujet tabou « depuis la confiscation du pouvoir par l’Etat-major général (EMG) des frontières et son immixtion dans les affaires politiques », pour reprendre un ancien officier supérieur. Nous invitons  les intellectuels, politiques, militaires et tous nos compatriotes à participer à ce débat sur cette question fondamentale qui touche au cœur du pouvoir  et du système algérien.

Coordination du 19 mars 2009

Département politique.


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15 Commentaires sur cet article

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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    15 décembre 2009 at 17 h 15 min - Reply

    CERTAINS MILITAIRES ALGERIENS SONT parvenus au meme niveau que DIEUX ,DU MOMENT QU’ILS POSSEDENT LA DECISION SUPREME DE VIE OU DE MORT…plus que ca … ALORS QUE J’AI VUE DES MILITAIRES BULGARES CUBAINS ET DES MILITAIRES D’AUTRES PAYS HAUT EN GRADES ET EN TENUE,SE RANGER DANS LA QUEUE D’ATTENTE ET , PRENDRE EN TOUTE MODESTIE LE BUS AVEC LEURS COMPATRIOTES PAS DE PASSE DROITS ,PAS DE CHAUFEURS PAS DE DE PALAIS AVEC PISCINES ETC…DANS LE CIVILE IL N’A AUCUNS ROLE A JOUER IL DOIT SE COMPORTER COMME MONSIEUR TOUT LE MONDE , DONNER LA BONNE IMAGE DE L’INSTITUTION QU’IL REPRESENTE (pas de HOGRA) SA TACHE ,SON PRINCIPALE DEVOIR C’EST LA DEFENSE DU TERRITOIRE NATIONNALE PEUVENT ILS SE CONTENTER DE CA???




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  • MTM
    15 décembre 2009 at 18 h 12 min - Reply

    Le rôle de l’institution militaire est de défendre l’intégrité et l’unité du territoire national, de protéger la constitution, de ne pas s’immiscer dans les affaires publiques et d’obéir sans discuter au président de la République quand il n’agit pas contre la constitution ou contre la souveraineté du peuple. Ce sont là sa vocation et son devoir.

    Pour qu’un tel statut se traduise dans les faits, il faut attendre que les généraux extrémistes de la décennie rouge tombent, l’un après l’autre dans les filets de la justice, ou bien qu’ils démissionnent et demandent pardon au peuple. Il faut qu’ils soient remplacés par du sang neuf. Il y en a beaucoup. J’ai passé mon service national et j’ai vu des officiers formidables. Si respectables que les militaires de réserve (officiers et beaucoup de sous-officiers) ne désertaient pas la caserne pendant leur permanence. Aujourd’hui, ils doivent être des officiers supérieurs. Par contre, d’autres sont de vrais voyous, qui te feront regretter d’être Algériens. La démocratie ne peut pas cohabiter avec des monstres. S’en accommoder, c’est se compromettre. C’est le seul vrai ennemi de la démocratie. L’Etat, le gouvernement et toute la classe politique gravitant autour, ne sont qu’un écran de fumée. Il se volatilise au moindre coup de vent. Ce n’est pas demain la veille bien sûr, mais on ne peut pas non plus se tromper d’ennemi et prendre un mauvais départ. Le DRS, création du cabinet noir, est là pour réveiller les rêveurs.




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  • Salah Bouzid
    16 décembre 2009 at 15 h 19 min - Reply

    L’armée, comme toutes les autres institutions de l’état, doit mener des réformes sérieuses si elle veut être capable de relever les défis de l’heure; pour celà, on devrait penser au moins à des choses telles que:
    – Nommer un civil pour être ministre de la défense
    – Suppression du service national
    – Campagne d’assainissement: écarter tous les membres de l’ANP ayant pris part dans les massacres de
    civils, tortures, meurtres, disparitions, crimes économiques.
    – Dissolution du corps de la gendarmerie
    – Recrutement: niveau terminale minimum




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  • tacili
    17 décembre 2009 at 9 h 52 min - Reply

    سلامي للجميع

    نظريا أي مرحلة انتقالية يجب أن تبدأ بانهاء حالة الطوارئ و قبول الجيش بجدول زمني يعود على إثره لممارسة واجباته الدستورية و التخلي نهائيا عن التدخل في الصراعات السياسية.

    تطبيقيا إذا إنتهى المخاض السياسي الحالي إلى مرحلة انتقالية فذلك يعني حتما تغير موازين القوى لصالح قوى التغيير و الاصلاح و من ثم يمكن إحداث قطيعة فكرية مع فلسفة النظام الذي حكم البلاد كامتداد محلي لإستعمار خارجي.

    السؤال الأهم في نظري هو : هل سيقبل الجيش بإصلاح المؤسسة العسكرية و على رأسها أجهزة الأمن التي تعتبر نواة النظام الحاكم و مركز توازناته ؟ هل سيقبل أعضاء تحالف المركب المالي ـ العسكري الخروج من المركز إلى المحيط و التخلي عن مصادر الثراء و القوة ؟ هل سيقبل الجيش بضرورة إبعاد العناصر التي ساهمت في المأساة الوطنية من صفوفه بضمانات محددة بعدم متابعتهم قضائيا ؟ هل ستقبل أجهزة الأمن بمدني على رأسها ؟

    إن السؤال المطروح للنقاش تنقصه حسب مافهمت الدقة في تحديد الظروف السياسية التي سترافق هذه المرحلة و من ستكون له اليد العليا في تسييرها : الجيش أم القوى السياسية الحقيقية ؟ لأن ذلك سيحدد معالم المرحلة و نجاحها. فالتعاطي السياسي يخضع لقانون الموازين و لايمكن تصور حالة سياسية تشذ عن ذلك.

    شكرا.




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  • jnsplu
    17 décembre 2009 at 16 h 17 min - Reply

    Si je puis donner mon avis je dirais que dans tous les pays du monde l’armée est une force avec laquelle il faut compter. Nul pays n’échappe à cette vérité et en temps de crise majeure, politique ou autre, l’armée est toujours là tapie dans l’ombre à guetter ceux qui prétendent envahir ou détruire son territoire, son peuple ou ses institutions. De Gaule est venu de l’armée pour diriger son pays durant la guerre de libération Algérienne, lorsque celle ci à débouché sur une crise politique majeure. De Gaule a été élu démocratiquement par son peuple. Démocratiquement et librement. Telle est la seule différence. Ce n’est pas l’armée Française ou ses généraux influents qui l’ont désigné et soumis à un vote dont tout le monde connaissait les résultats d’avance. Le vote qui l’a porté au pouvoir était transparent et juste.

    Dans toutes les armées du monde, la culture du secret et la réserve sont les deux corrolaires de la fonction militaire. Il faut savoir obeir et se taire. Deux leitmotivs qu’on trouve dans toutes les armées du monde qui se retrouvent tous deux dans un seul : discipline. Sans discipline, aucune armée n’est efficace. C’est la première chose que les romains ont comprise et qui a fait de leur armée la plus puissante de son époque.

    Dans toutes les armées du monde la progression dans la hiérarchie a lieu au mérite personnel. Certes de temps en temps quelques uns échappent au filtre à un échelon mais ils sont vite rattrappés puisque démontrant leur inefficacité à l’échelon supérieur, il y végètent et ne progressent plus. Cette progression au mérite fait que les meilleurs se retrouvent au sommet. De plus lorsque celui qui porte le jugement est nécessairement valable parce qu’il est passé par ce filtre, il ne va pas choisir des incompétents à promouvoir. Comme cette sélection touche toutes les activités sociales, on retrouve au sommet des strates sociales une élite au sens propre du terme, qui détient des compétences, une intelligence et un savoir que le reste de la masse ne possède pas, ou que certaines personnes possèdent mais qu’elles ne désirent pas faire fructifier.

    Cette progression qui se fait au mérite et de façon transparente à la faculté d’amener les gens à se surpasser et à s’améliorer de manière constante et continue afin que leurs performances soient reconnues, appréciées et conduisent à les faire progresser dans les strates sociales, jusqu’au niveau de leur incompétence et alors ils stagnent.

    Par contre lorsque la progression n’est plus basée que sur les allégeances, sur des profits personnels immédiats que confère la soumission à une personne ou a un groupe de personnes, lorsque des réseaux se forment dans la trame sociale pour détourner le labeur des autres et les soumettre afin de s’enrichir, que la richesse que confère cette manière de faire devienne évidente et ne produit aucune réaction morale ou surtout juridique, elle tend à se généraliser et à pervertir les relations dans la société.

    D’autre part, cette pratique hisse les plus amoraux au sommet de la pyramide sociale et la société se défait peu à peu jusqu’à atteindre un point ou on ne peut plus dire que c’est une société. Nous n’en sommes pas très loin, bien que je vois d’ici les sourires de ceux qui arrivent à me lire jusqu’ici. Ceux qui tiennent aux valeurs qui font une société sont dans des systèmes de ce type marginalisés et préfèrent l’exil mental ou physique. Ils sont broyés par le système et deviennent des marginaux avec le temps voire même sont traités de traitres, par le fait qu’ils ne partagent pas les valeurs ambiantes.

    Dans un système social de ce type arrivé au stade de maturité, l’insécurité devient un élément de la vie courante car nulle institution ne peut plus logiquement protéger les gens qui n’ont pas d’appuis et même ceux qui en ont doivent se soumettre de plus en plus pour les conserver. La soumission devient un système de vie, un mode opératoire dans les relations, une garantie de préservation et accentue le sentiment d’insécurité. Ce sentiment d’insécurité devient de plus en plus tangible et progresse dans la conscience des gens sans que souvent ils ne puissent en déterminer l’origine. C’est le mal être ambiant, sans cause évidente et qui progresse de jour en jour.

    Dans ces conditions, aucune vie politique n’est plus possible car le fondement de la société ne repose plus sur la compétence et l’offre de cette compétence à un vote transparent mais repose sur l’allégeance et la meilleure manière d’allécher. La perte de confiance qui s’instaure dans les rapports sociaux s’accentue et accentue la malvie.




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  • Adel
    19 décembre 2009 at 18 h 39 min - Reply

    Ce n’est pas pour rabaisser le moral de mes compatriotes, mais il y a lieu de noter ce qui suit :

    Parmi les États arabes, 7 sont des émirats ou des monarchies. Les autres sont en théorie des républiques. Tous à l’exception de 2, le Liban et la Palestine, sont dirigés par des militaires. Le cas de la Syrie est unique : le général Hafez el Assad, après avoir régné sur le pays jusqu’à sa mort (1970-2000) a légué le pouvoir à son fils. Du coup cela a donné des idées aux autres : Kadhafi et Moubarak préparent leurs fils.

    L’Irak, avant l’occupation américaine, était dirigé par des militaires (cousins) depuis 1968.

    Que faut-il en déduire ? Que les arabes ne méritent que la monarchie ou la dictature héréditaire ? Est-ce dû au fait que dans ces pays l’armée est la seule force organisée capable de diriger ?

    Pourquoi le Liban fait-il exception ?

    Il est vrai que ce phénomène est aussi très répandu en Afrique.




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  • Mohand Tahar MOHAMMEDI
    21 décembre 2009 at 16 h 42 min - Reply

    Dans chaque esprit du citoyen Algérien, il pense que militaire veut dire homme à tuer et qu’il est esclave politique de ces décideurs qui détiennent le pouvoir illégitimement, Si l’armée doit être un élément dans l’ETAT et sert le peuple, son premier rôle est de protéger la nation, en tenant compte de la menace, des enjeux, de l’idéologie et du système de valeurs qui prévalent dans la société, une armée professionnelle, APOLITQUE, basée sur une véritable formation civique, militaire qui soit capable TECHNIQUEMENT de protéger ses citoyens contre les menaces de toutes sortes et qui soit intégrée dans un concept démocratique en veillant à ce que l’alternance au pouvoir soit respecté.
    .SI transition démocratique il ya, l’armée doit s’extraire du jeu politique pour se donner des objectifs de concevoir une philosophie et une stratégie de sécurité qui coïncide aux besoins de la démocratie algérienne, et doit rentré dans les casernes et défendre la démocratie en soutenant sans conditions le processus de libéralisation morale de la société pour permettre des élections libres et plurielles, car avant tous cette institution doit avant tous garantir la SOUVERAINTE, la paix et la stabilité pour le PEUPLE et la NATION ALGERIENNE.




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  • Adel
    21 décembre 2009 at 18 h 06 min - Reply

    Quelqu’un peut-il esquisser pour nous une sociologie, même très grossière, de l’ANP de 2009?

    Nous avons tous plus ou moins en tête le modèle d’une armée au sommet de laquelle se sont affrontés deux groupes, celui de l’armée des frontières, dont le chef était Boumediène, et celui des DAF. Ces derniers, qui étaient maintenus sous le boisseau du temps de Boumediène – quand je faisais mon service national dans les années 70, on disait qu’ils ne pouvaient pas dépasser le grade de capitaine… – ont fini, après d’habiles manœuvres, par prendre les commandes. Mais ces gens-là sont vieux aujourd’hui. Il y a des diplômés des universités algériennes des années 70 qui sont maintenant des généraux. Quel est leur état d’esprit? Comment se situent-ils par rapport au système corrompu-corrupteur? Tous des khobzistes ? Vont-ils perpétuer le système, même après la mort de tous les parrains? N’y a-t-il aucun espoir de voir émerger des officiers compétents, intègres et animés de la volonté d’assainir les rangs de l’ANP pour en faire une armée moderne respectueuse de la souveraineté populaire et des valeurs républicaines ?

    L’ANP a longtemps fonctionné avec les appelés du service national. Elle continue certainement de souffrir d’un manque d’officiers d’active de valeur. Les nouveaux officiers, en plus de subir les insuffisances du système éducatif algérien et de souffrir de la faiblesse de la culture démocratique dans notre pays, évoluent dans le milieu particulièrement opaque et générateur de médiocrité qui est malheureusement celui de notre armée. Il est vrai que lorsque les SLE sont aux commandes, les licenciés et les ingénieurs qui se souviennent qu’une tête, en plus de porter la casquette, contient un cerveau qui peut servir à penser, ne risquent pas d’aller loin. C’est le nivellement par le bas.




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  • Adel
    23 décembre 2009 at 11 h 26 min - Reply

    Quand je pense à tous ces militaires qui, pendant des décennies, ont tyrannisé leurs peuples, faisant régner dans leurs pays la peur et la méfiance, gelant toutes les initiatives et bloquant toutes les énergies, se déclarant seuls et uniques dépositaires de la légitimité, de l’autorité et du savoir, je ne peux m’empêcher de recourir à l’hypothèse de la folie ou de la dégénérescence mentale pour expliquer leur comportement.

    Il se trouve cependant que cette explication ne résiste pas à l’analyse.

    Faisons un rapide tour d’horizon des dirigeants des « républiques » arabes.

    Tunisie : Général Ben Ali depuis 1987.
    Libye : Colonel Kadhafi depuis 1969.
    Egypte : Général Moubarak depuis 1981.
    Syrie : Général Hafez El Assad a dirigé de 1970 à sa mort en 2000. Son fils lui a succédé.
    Irak : Général Saddam Hussein a dirigé le pays de 1979 jusqu’à l’occupation du pays en 2003. Il avait succédé à son cousin le général Al-Bakr qui avait régné de 1969 à 1978.
    Yémen : Maréchal Ali Abdullah Saleh depuis 1978.
    Soudan : Général Omar al Bachir depuis 1989.

    Nous savons que l’Algérie a été dirigée par des militaires depuis 1962 (Ben Bella-Boumediène, Chadli, Zeroual). Depuis 1992, les généraux sont les vrais patrons. Ce sont eux qui ont intronisé le civil Bouteflika.

    Il faut également noter que tous les pays arabes qui ne sont pas dirigés par des militaires, à l’exception de la Palestine et du Liban, sont des monarchies ou des émirats, régimes politiques dans lesquels le pouvoir est héréditaire.

    Il y a lieu de relever que ce phénomène n’est pas propre au monde arabe. Les pays africains et ceux d’Amérique latine, pour ne citer que ceux-là, ont eu à souffrir de la dictature militaire, qui a souvent conduit à des tragédies semblables à celle qu’a connue notre pays durant les années 90 (Chili, Argentine, Liberia, Zaïre, etc.)

    Depuis toujours, le pouvoir s’est appuyé sur l’armée. Tous les grands empires ont été fondés par des généraux qui ont conquis des territoires et soumis des populations en usant de la force militaire. La notion d’État de droit, un État dans lequel le peuple dans sa totalité exerce la souveraineté à travers ses représentants élus, est récente. Les grandes démocraties occidentales se sont construites petit à petit et ne se sont réellement affirmées que depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Dans l’État de droit, à l’inverse de la dictature, le pouvoir est réparti entre plusieurs instances indépendantes les unes des autres, chacune contrôlant les autres.

    Pourquoi dans certains pays, la dictature militaire semble-t-elle inamovible et devient-elle le régime politique naturel ? Qu’y a-t-il de commun entre la Libye de Kadhafi, la Grèce des colonels, le Chili de Pinochet ou le Zaïre de Mobutu ?

    Il y a deux cas :

    – Le pays est divisé en deux camps hostiles (Chili d’Allende). L’armée se pose alors en arbitre et intervient pour « sauver le pays du chaos » (c’est ainsi que les militaires justifient leur action).

    – L’armée prend le pouvoir après avoir chassé un roi ou après le départ du colonisateur (Libye, Zaïre). Dans ce dernier cas, l’absence de forces politiques organisées laisse le champ libre à l’armée.

    Il me semble que le cas de l’Algérie relève des deux catégories. En 1962, l’armée a pris le pouvoir (en soutenant Ben Bella) après le départ du colonisateur et en raison de la faiblesse des forces politiques organisées. En 1992, l’armée a agi « pour empêcher le FIS de ramener le pays au moyen-âge » (c’est la vision des généraux).

    Bien sûr, l’intervention des puissances étrangères (comme les USA en Amérique Latine) vient souvent conforter la position des militaires. La présence de richesses naturelles convoitées par ces puissances est souvent, comme au Chili sous Allende, l’enjeu qui divise les forces politiques : la gauche veut nationaliser, la droite veut privatiser. Lorsque l’armée se place du côté des forces qui veulent s’allier à la puissance étrangère pour conforter leur position (ce qu’on a appelé la bourgeoisie compradore), on obtient une dictature de droite (Pinochet). Lorsqu’à l’inverse l’armée s’oppose à la mainmise de l’étranger sur les richesses nationales, c’est souvent une dictature de gauche qui en résulte (Algérie, Irak, Libye, Syrie).

    En Algérie, la dictature de Boumediène était une dictature de gauche. Après l’intermède de 1989-1991 et le coup d’État de janvier 92, une dictature de droite s’est mise en place. Il apparait aussi clairement que dans la plupart des pays arabes ayant subi une dictature de gauche, une classe de nouveaux riches s’est constituée grâce à la corruption et au vol et le régime militaire se transforme petit à petit en une dictature de droite.

    On peut se poser la question suivante : la dictature militaire de gauche est-elle légitime ?

    Nous nous rappelons tous la popularité de Saddam Hussein, héros des Arabes pendant la guerre du Golfe. L’exemple de l’Algérie et des autres pays arabes tels que la Libye, la Syrie et l’Irak, montre cependant que la dictature militaire, quelque soit sa couleur politique, finit par se transformer en tyrannie d’un clan. Culte de la personnalité, omnipotence de la police politique, verrouillage du champ médiatique, infantilisation des masses, clientélisme, clanisme, corruption, tels sont quelques unes parmi les innombrables tares de ce système.

    Les militaires ont une façon très particulière d’appréhender les problèmes. Dans leur vision du monde, la discipline et le respect des ordres sans discussion sont les seuls garants du succès. La discussion, le dialogue, le compromis sont totalement étrangers à leur culture. Vaincre ou mourir, telle est la devise du soldat. Cette façon de voir, si elle donne les meilleurs résultats sur un champ de bataille, ne peut conduire qu’à des désastres dans le champ politique.

    Le peuple algérien, qui subit la dictature des colonels et des généraux depuis l’indépendance, sait à quoi s’en tenir, s’agissant du choix à faire pour l’avenir. Le bilan économique et social des militaires est désastreux. Seule l’implantation d’une réelle culture démocratique dans notre pays peut permettre à toutes les compétences de s’exprimer afin de prendre un nouveau départ sur des bases solides. Nous devons tous tirer les leçons du passé et nous engager résolument dans la seule voie qui puisse garantir la paix, la stabilité et le progrès de notre chère Algérie : la construction de l’État de droit.

    L’ANP, quant à elle, devra définitivement renoncer à tout rôle politique. L’État devra veiller à en extirper les germes qui l’ont infectée et qui s’appellent arbitraire, torture, liquidation d’adversaires politiques. Ces pratiques ont toujours existé au sein de notre armée, mais elles se sont généralisées depuis 1992 pour atteindre des seuils que la raison humaine ne peut même pas concevoir. Ne nous faisons pas d’illusions : ce n’est pas en refoulant dans l’oubli de la mémoire collective les actes barbares qui ont été commis qu’on guérira notre armée du cancer qui l’a rongée durant plusieurs décennies. Il faudra que les coupables soient jugés par les tribunaux de l’État et qu’ils paient pour leurs crimes. Un travail de réorganisation de l’ANP devra être entrepris et une nouvelle culture, respectueuse de la souveraineté populaire et des valeurs de l’État de droit, diffusée en son sein.

    Les officiers et soldats intègres ne manquent pas au sein de l’ANP. Ils ont jusqu’à présent été marginalisés ou forcés au silence. C’est sur eux que devra s’appuyer le futur État pour assainir notre armée. La tâche ne sera pas facile, car c’est une véritable révolution des mentalités et des pratiques qui doit être menée.




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  • brahmi
    2 janvier 2010 at 15 h 54 min - Reply

    Les militaires des pays arabes ne peuvent etre compares à ceux des autres pays democratiques, notamment occidentaux, pour la simple raison que les premiers ne s’ interressent qu’ au pouvoir et aux privileges et que les seconds ont vocation de defendre les citoyens et les valeurs de leur pays.Dire qu’ il existe des cadres militaires ,ou soldats, au sein de l’ ANP, impregnes de valeurs humaines et democratiques, n ‘est qu’ affabulation et une contre verité.Comment un jeune diplomé respectueux de la morale, peut accepter d’ etre enrolé dans une institution qui foule au pied les droits humains, s ‘il ne partageait pas ses valeurs et ses methodes? .Ne dit on pas qui s’ assemble se ressemble ?Tout ceux qui rejoignent l’ anp le font uniquement par interet financier et egoisme ,les valeurs? ils savent qu ‘ils n ‘y pourront rien .Alors autant profiter du systeme. Ils savent qu’ ailleurs, si ailleurs existe, ils n’ auront pas les meme salaires et les meme avantages.En outre, je ne pense pas qu’ ils puissent avoir un quelconque etat d’ ame (pour ne pas les offenser).La fin justifie les moyens.




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  • ربيع
    22 janvier 2010 at 18 h 50 min - Reply

    السلام عليكم
    اكيد ان الوضع في الجزائر لن يتغير الا بازاحة هئولاء الجنرالات و اتباعهم (من رقو و قربومن هؤلاوء ) لان بقائهم ليس فقط من اجل حكم الجزائر بل من اجل سلب خيراتها و هدا هو السبب الحقيقي و عبئ هدا الرهان هو على المثقفين الجزائريين وعندما نتكلم عن الجنرالات نتكلم ايضا عن الاسلاميين (جبهة الانقاض) و يتركون الحكم لدوي الحنكة السياسية و التسيير و ازالة ايضا السياسيين الدين يتسترون على هؤولاء




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  • zapata
    3 février 2010 at 15 h 35 min - Reply

    tout le monde connaient de ce pouvoir mais pour agir il faut une concsience politique colleectif du peuple algerien ca veut dire on a besoin d un guide operationnel civil ou militaire qui controle bien la situation car la beurgoisie mafieuse possede la politique de ces moyens ..les risques seront enormes mais efficase ..les elemments de la DRS lesnationalistes sont controlès ou ecartes al etranger..une revolte populaire mal preparè c’est une defaite..ilfaut une revolte muette a l interueur du systeme ..zapata




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  • Horr
    1 mars 2010 at 20 h 19 min - Reply

    Le rôle de l’institution militaire que ce soit dans une démocratie « tout court » (occident) ou dans une démocratie « populaire » (Corée du nord et pays arabes et musulmans) est défini par la constitution.

    Chez nous il est clair, elle a la charge de protéger l’espace aérien national et les frontières terrestres et maritimes. Elle est chargée également de veiller à l’unité du « pays ».

    L’option la plus absurde a été de préciser que l’institution militaire est le pilier principal de l’organisation de la défense nationale. Or dans une configuration normale, la défense est l’affaire de tous les citoyens, il est temps de démilitariser la défense …..

    L’institution militaire algérienne a raté l’occasion de réparer ses erreurs du passé. Si elle avait empêchait Bouteflika de travestir la constitution pour être président à vie, elle aurait gagné en crédibilité. Ce qui s’est passé au Niger devait servir d’exemple à nos galonnés. La réaction violente (la plus violente des réactions) d’Alger se comprend dès lors qu’on sait que le président Tandja a agit exactement comme l’a fait Bouteflika, sauf qu’au Niger l’opposition, le conseil constitutionnel et l’armée ont réagi.

    N.B il existe déjà un livre intitulé « Le rôle de l’armée en démocratie » éditions Nouveaux Horizons – De Larry Diamond et Marc Plattner.




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  • el-amel
    1 mars 2010 at 21 h 53 min - Reply

    Au Niger, l’homme blanc a réagi. Nos galonnés sont tranquilles tant qu’il possède la couverture fafa.




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  • Nourredine BELMOUHOUB
    30 juillet 2010 at 13 h 46 min - Reply

    Je trouve qu’il est ridicule d’utiliser le vocable « Armée » dans un pays ou des civils sont armés pour defendre ce que cette armée n’a pas pu défendre.
    – Combien d’armes de guerre ont été ditribuées à des civils ?
    – Combien de tonnes de munitions à la disposition des GLD et autres « patriotes ».
    – Combien sont-ild en prison pour avoir usé des dites armes et munitions au Nom de la protection des personnes et des biens.
    Maintenant, s’il s’agit des ces « étoilés » dont les noms sont collés à l’importation du bois, du ciment, des médicaments, de l’agro-alimentaire,( sucre etc etc…). Ces patrons des containers non soumis aux controles douaniers,pour ce qu’ils contiennent, , a pétards, vehycules de luxes souvent produits de vols, et entre autres l’immoralité,surtouit l’immoralité)Alors parler d’une armée, c’est un peu s’écarter de la réalité.




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  • Congrès du Changement Démocratique