Édition du
23 March 2017

Un Algérien déporté par le Canada aurait été interrogé sous la contrainte

La Presse canadienne

De Sue Bailey Et Jim Bronskill (CP)

MONTREAL — Le Canada a déporté un réfugié afin qu’il réponde de ses gestes auprès des services de renseignements algériens qui sont reconnus pour abuser de leurs pouvoirs, où il a été interrogé sous la contrainte et s’est vu refuser un avocat, a soutenu Amnistie internationale mercredi.

Un organisme consultatif de l’Organisation des Nations unies a déclaré que l’ancien Montréalais Mourad Ikhlef, renvoyé en Algérie en vertu d’un certificat de sécurité nationale, a été incarcéré et interrogé en violation des principes juridiques de base.

Amnistie internationale a indiqué que M. Ikhlef a été détenu sans contact avec l’extérieur, alors que sa femmes et ses deux enfants sont demeurés sans lui à Montréal où ils vivent depuis six ans.

Son frère, Nabil, vit et travaille toujours dans le même quartier de Montréal où Mourad Ikhlef est venu sous surveillance. Selon lui, le Canada a abusé des certificats de sécurité aux lendemains des événements du 11 septembre 2001.

Mourad Ikhlef est arrivé à Montréal en 1993. Il a demandé le statut de réfugié, car il craignait d’être torturé s’il retournait en Algérie, après avoir appris qu’il était soupçonné d’être lié à des activités terroristes. Il a alors indiqué ne jamais avoir été impliqué dans des mouvements extrémistes et avoir découvert qu’il avait été condamné à mort en lisant les journaux.

Il a obtenu le statut de réfugié et à fait la demande pour devenir résidant permanent.

Les services de renseignement canadiens ont rencontré M. Ikhlef à plusieurs reprises. Il a alors été révélé qu’il connaissait Ahmed Ressam, qui a été intercepté en 1999 à la frontière américaine avec des explosifs. Il a été reconnu coupable en 2001 d’avoir préparé un attentat à la bombe visant l’aéroport de Los Angeles.

Mourad Ikhlef a été arrêté en décembre 2001 en vertu d’un certificat de sécurité. Il a été accusé d’avoir aidé Ressam en tant que membre d’une cellule montréalaise du Groupe islamique armé (GIA), qui a comme but de renverser le gouvernement algérien.

Le cas de Mourad Ikhlef soulève à nouveau des questions sur les certificats de sécurité. Le ministre de la Sécurité publique fédéral, Peter Van Loan a indiqué plus tôt cette semaine que l’application de ces certificats allait être révisée.


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  • Rbaoui
    17 décembre 2009 at 19 h 32 min - Reply
  • Congrès du Changement Démocratique