Édition du
26 March 2017

Algérie : La grève de la faim d'une licenciée par une multinationale ignorée par la presse

N’est pas Aminatou qui veut !

meriem

Nos médias et nos « représentants » des Droits de l’Homme sont décidément, en plus de tout ce que nous pouvons leur reprocher, et qui serait trop fastidieux à lire, frappés d’une affection bizarroïde qui s’apparenterait à un mélange de schizophrénie et d’autisme. Schizophrénie parce qu’ils savent être de redoutables défenseurs de certaines causes, honorables s’il en est, au moment où ils en ignorent totalement d’autres, qui sont parfois flagrantes, criantes et même hurlantes. Autisme, parce que vous auriez beau leur crier qu’ils se rendent ridicules, et peu crédibles, en s’égosillant pour les uns au moment où ils étouffent de leurs propres mains l’agonie des autres, ils continuent de plus belle à moduler leurs états d’âme à la tête du client, ou plutôt, devrais-je dire, en fonction des consignes qu’ils reçoivent. Ils n’ont qu’une seule oreille, et elle a été achetée par ceux qui font les partitions.

C’est le cas, aujourd’hui, du traitement, ou plutôt du vacarme médiatique qui est fait autour de la grève de la faim qu’observe la militante Sahraouie, Aminatou Haïdar.  Sans préjuger de la légitimité de son geste, nous ne pouvons nous empêcher de constater que tous nos journaux, publics ou privés, nos radios, notre Unique et envahissante télé, en passant par les manifestations de tout genre, conférences de presse et monologues de circonstance, débités par les Farouk Ksentini et autres droidelomistes patentés et  rémunérés, tout ce monde on ne peut plus interlope, et qui jette la suspicion sur tous les soutiens qu’il apporte, nous a tellement abreuvés de ses professions de foi à la guimauve qu’ils ont presque réussi à nous rendre Aminatou Haïdar antipathique.

Au même moment, une Algérienne, Mehdi Meriem est licenciée comme tant d’autres, comme une malpropre, par son employeur de la  multinationale British GA, en violation des lois et règlements du pays. Cette Dame, qui a frappé à toutes les portes,  a compris sa douleur, en se rendant compte que ces colons nouveau style se comportent en pays conquis, tout simplement,  parce qu’ils sont protégés par de « grands commis de l’Etat » dont ils graissent généreusement la patte et le reste aussi.

Et ainsi donc, malgré son bon droit, on ne peut plus évident, encore plus évident que celui de Aminatou Haïdar, en ce sens que des multinationales viennent l’opprimer dans son propre pays, avec la complicité ouverte des premiers dirigeants du pays, de leurs familles,  de leurs clientèles et de toute une faune de super harkis, notre infortunée compatriote n’a pas d’autre choix que de recourir à l’ultime et la seule possibilité qui lui reste: La grève de la faim.

Mal lui en prît ! Dans son infinie naïveté, comme tous les Algériens qui n’ont pas compris le schlimblick, et qui continuent de se croire citoyens d’un pays normal, notre infortunée compatriote décide d’imiter Aminatou et entame donc une grève illimitée de la grève de la faim.En prenant bien souvent d’en informer tous les medias et tous les droidelomistes.

Aujourd’hui, elle en est à son douzième jour de la faim. Les medecins qui l’ont examiné l’ont averti qu’elle entrait dans une phase critique, que son état de santé ne lui permettait pas de continuer à ne pas se nourrir. Des militantes du SNAPAP, un syndicat libre, ont tenté d’avertir l’opinion publique, en allant taper à toutes les portes des journaux, et ont poussé le zèle jusqu’à écrire à Bouteflika himself, sans compter tous les Farouk Ksentini. Mais rien à faire. La schizophrénie et l’autisme avaient déjà sévi. C’est qui cette dame d’abord ? Quoiiiii ! Elle est licenciée , Et après ?Elle n’est pas la seule, dis donc ! Et de quel droit, bidabor, se permet-elle de venir agacer les honnêtes journalistes qui ne reçoivent de consignes de personne. Non mais…

Alors, avis à Madame Mehdi, à Yassine Zaïdi et à tous ces salariés qui ont été broyés par les multinationales qui font le plein de flouss dans notre pays: Ne vous y frottez plus !

Vous ne pesez rien devant ces grosses poubelles.

Vous savez mieux que nous tous qui sont leurs associés et leurs larbins. Vous le savez n’est-ce pas ?

Alors sachez une fois pour toutes que vous n’êtes rien dans votre propre pays.

Et puis d’abord, depuis quand l’Algérie est-elle votre pays ? Vous êtes juste des locataires taillables et corvéables à merci.

Vos dirigeants sont des crapules mais c’est eux qui décident qui doit figurer à la Une des medias, votre justice est à leurs ordres et elle serait capable de vous condamner à la pendaison publique si on le lui demandait, votre presse se vend au plus offrant, son engagement se mesure au nombre de pages de pub,  et elle ne se permettra jamais de porter atteinte aux  associés de Si flène, hacha, vos representants « officiels » des droits de l’homme sont payés rubis sur l’ongle pour chaque cas comme le vôtre qu’ils font passer à la trappe, et votre opinion publique n’a pas de temps à perdre avec vous. La vie est trop dure. Chacun pour soi.

Et ne me demandez pas ce qu’il faut faire, puisque ni la violence, ni la résistance, ni quoi que ce soit ne viendra à bout de ces vampires qui vous sucent la vie.

Ils sont comme l’hydre de Lerne. Vous coupez une tête, elle régénère aussitôt. Quand à la tête mortelle, il faudrait beaucoup pour la trouver, et Hercule est aux abonnés absents.

Donc chère Madame Mehdi, quand on ne s’appelle pas Aminatou, on ne fait pas de suicide de la faim.

D.Benchenouf


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12 Commentaires sur cet article

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  • zineb Azouz
    19 décembre 2009 at 0 h 09 min - Reply

    Décidément, il faut toujours que ce peuple râle, être licenciée par une multinationale, ce n’est peut être pas aussi grave qu’on veut bien nous le faire croire, rappelons nous, le Général Lamari aussi a été licencié, sans préavis et à l’encontre de toutes les lois sociales, mais il n’a pas fait une grève de la faim lui (malgré sa surcharge pondérale), pourquoi ne pas prendre exemple sur lui.
    Quand on sait tout ce que ces bienfaiteurs étrangers, ces pauvres expatriés font pour nous, on devrait être un peu plus reconnaissants, après tout, qui aime bien châtie bien et il n y a pas d’amour sans preuve d’amour !
    On ne peut tout de même pas demander à nos hôtes de nous civiliser, de nous aider à pomper nos richesses, de s’occuper de placer l’argent de nos remarquables suzerains et de ne pas s’énerver un peu de temps en temps !

    Grève de la faim ou pas, les tenanciers du pouvoir commencent à en avoir marre de ces travailleurs qui ont la chance de trouver du boulot au sud et qui, au lieu de remercier les investisseurs veulent au contraire les faire fuir en leur imposant notre « charia » en matière de code du travail, certains vont parfois même jusqu’à réclamer d’être syndiqués (il ne manqueraient plus que les RTT !).

    Et pourquoi est ce que cette Madame Mehdi ne ferait pas sa grève de la faim en solidarité avec Aminatou Haider ?
    Qui sait peut être que monsieur El ksentini la recruterait dans sa multinationale des droits de l’homme.




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  • Mohamed Allilou
    19 décembre 2009 at 11 h 06 min - Reply

    NE VOUS ATTENDEZ SURTOUT PAS QUE LA PRESSE A GRAND TIRAGE S’ATTAQUE OU DENONCE LES DEASSEMENTS DES MULTINATIONALES A L’EGARD DE LEURS EMPLOYES. TOUT SIMPLEMENT PARCE QU’IL Y VA DE LEUR EXISTANCE. C’EST NAVRANT MAIS C’EST LA VERITE.




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  • Salah-Eddine SIDHOUM
    19 décembre 2009 at 11 h 16 min - Reply

    J’en appelle à toutes et à tous nos compatriotes en Algérie et en exil, à tous les syndicats nationaux libres et non inféodés et à tous les syndicats du Monde Libre pour dénoncer le licenciement abusif et arbitraire de notre soeur Meriem Mehdi et de notre frère Yacine Zaïd. Je lance un appel à tous nos avocats engagés pour constituer un collectif de défense afin d’arracher les droits bafoués de nos deux compatriotes par certaines multinationales qui violent impunément les lois universelles du travail. Et nous savons tous que derrière beaucoup de ces multinationales du Sud, se trouvent des PARRAINS de l’oligarchie au pouvoir.
    Prenons exemple de la mobilisation pour notre frère Fekhar et de ses compagnons qui a fait reculer l’injustice.
    Que les HAGGARINES de tous acabits sachent que le règne de la HOGRA est révolu !
    Algériennes et Algériens dignes et libres, LEVEZ-VOUS !

    Salah-Eddine SIDHOUM
    Coordination de l’Appel du 19 mars 2009.




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  • Yacine Zaid
    19 décembre 2009 at 11 h 22 min - Reply

    bien dit Zineb…




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  • Rédaction
    19 décembre 2009 at 11 h 49 min - Reply

    Licenciée par British Gas
    Meryem Mehdi entame sa deuxième semaine de grève
    El Watan, 19 décembre 2009
    Suite à un licenciement abusif, Meryem Mehdi, coordinatrice d’administration et des opérations au niveau de la compagnie britannique British Gas (BG), entame aujourd’hui son onzième jour de grève de la faim.

    Dans un communiqué du comité des femmes du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap), il est affirmé que « cliniquement, la gréviste présente une pâleur apparente avec fatigabilité » accompagné de signes d’hypoglycémie avec vertiges et nausées, au matin du dixième jour de sa grève illimitée. Mme Mehdi a été, rappelons-le, licenciée « abusivement » le 8 novembre dernier, et ce, sans préavis. Dans une demande de réintégration dont a été destinataire BG Hassi Messaoud, le Snapap constate « une violation du contrat et une sanction abusive avec harcèlement moral et administratif a l’encontre de l’intéressée qui date de plusieurs mois ».

    De même, il est signifié que « selon le contrat signé et précisément l’article 4 qui stipule que le lieu de travail serait Hassi Messaoud, à moins que pour des raisons d’opérations elle soit mutée sur d’autres sites mais toujours en régime 4×4. Pour sa part, elle ne trouve aucun inconvénient pour changer de site de travail. Mais en adéquation avec le salaire et les primes d’éloignement ». Par ailleurs, dans un communiqué rendu public jeudi, le comité des femmes du Snapap a indiqué avoir envoyé une lettre au président de la République afin qu’il intervienne en faveur de Mme Mehdi. De même, un appel pour la création d’un comité national de soutien a été lancé. Une réunion se tiendra aujourd’hui, à 14h, à la maison des syndicats, où Mme Mehdi tient actuellement sa grève.

    Par G. L.




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  • Leila
    19 décembre 2009 at 19 h 15 min - Reply

    En réponse à Mme Zineb:

    Qui etes vous pour juger ces algériens qui travaillent au Sud? Et pourquoi doivent-ils s’estimer heureux de trvailler dans des multinationales? Vous pensez qu’ils ne le méritent pas et donc doivent accepter d’etre humiliés? Non Madame parlez en votre nom SVP! Comment osez-vous ironiser cette situation si dramatique :une femme en grève de faim menacée de mort et qui vient de perdre son boulot? Que font les expatriés pour vous? Je vous saurais reconnaissante de me l’expliquer ou peut etre il serait préferable que je le fasse: chère Madame, ces  » pauvres » ( un adjectif qui n’est pas du tout à sa place)expatriés viennent en Algérie non pas pour vos beaux yeux ni de ceux de tes compatriotes mais parceque ils sont là pour le business et l’argent et s’il faut qu’ils écrasent tout le monde ils le feront. Ils ne se generont surtout pas pour renvoyer des gens et placer d’autres ou supprimer des postes sans raisons. Donc Madame ne soyez pas dupe et surtout n’insultez pas notre intelligence. Ayez du respect pour votre compatriote qui a éte victime d’un licenciment abusif auquel vous pourriez etre exposée un jour à moins que vous aviez des « atouts » qui ne vous exposerons jamais à cette situation.

    =======================
    Je me permets d’intervenir pour vous dire que vous avez lu de manière très superficielle et peut-être en diagonale le message de notre soeur Zineb qui ne critique pas nos travailleurs du Sud mais dénonce de manière ironique le comportement ignoble de certaines multinationales. Yacine Ziad, une des victimes de ces multinationales a très bien compris le message de Zineb et lui a bien répondu : »bien dit, Zineb ».
    Je comprends votre colère qui est aussi celle de tous les Algériens dignes, mais évitez de vous en prendre à ceux qui soutiennent ces victimes et qui signent courageusement de leurs noms et prénoms.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • Rédaction
    19 décembre 2009 at 21 h 31 min - Reply

    COMMUNIQUE n° 10

    De grève de faim Illimitée

    A cette date du 19 décembre 2009, Mme Mehdi Meryem est à son dixième jour de grève de faim illimitée, à la maison des syndicats sis la glacière Alger. Suite à son Licenciement abusif daté du 08 novembre 2009.
    Rappelons qu’elle travaille dans une multinationale au sud
    Algérien à Hassi Messaoud (BRITISH GAS).
    Son état clinique se dégrade avec pâleur cutanée apparente, très affaiblie .présentant des vomissements bilieux avec vertiges a chaque fois ou elle tente de se lever.
    Elle a reçu la visite et le soutien du parti socialiste des travailleurs (PST) ainsi que le syndicat des lycées ; le CLA.

    P/ LE COMITE DE FEMMES

    Y. MAGHRAOUI




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  • Tweets that mention Le Quotidien d’Algérie » Algérie : La grève de la faim d’une licenciée par une multinationale ignorée par la presse — Topsy.com
    19 décembre 2009 at 22 h 08 min - Reply

    […] This post was mentioned on Twitter by Appel 19 Mars 2009, Appel 19 Mars 2009. Appel 19 Mars 2009 said: BRITISH GAS Société étrangère recrute en Algerie, Conditions: abominables http://bit.ly/4sgsSK […]




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  • IDIR
    20 décembre 2009 at 0 h 26 min - Reply

    Les sociétés multinationales sont nos ennemis communs, elles constituent la forme actuelle du capital qui contrôle nos économies. Si nous laissons faire, elles vont s’approprier la terre, l’eau et le territoire. Entre une multinationale qui apporte des perspectives d’enrichissement et un État économiquement fragile, le rapport de force est inégal.

    Nous avons des lois nationales défaillantes et un droit international fragile. Le droit de nombreux pays n’est pas toujours adapté à l’implantation d’entreprises étrangères et peut présenter de nombreuses lacunes. Il existe d’autres parts de nombreux pays qui ne respectent de toute façon pas les droits humains et qui sont corruptibles.

    Certaines entreprises n’hésitent pas à en profiter malgré les conséquences pour les populations locales. Le droit international devrait être respecté mais cela ne pouvant se faire contre la volonté des États, ces règles restent fragiles. Il devient alors difficile de réprimer les activités ou les comportements illicites de ces multinationales.

    Il existe un esprit d’intolérance qui souffle sur le monde de l’entreprise : un refus absolu des critiques et des différences d’opinion, une aversion profonde à exposer ses pratiques au public ou à lui rendre des comptes, la critique des entreprises devient illégitime. Les solutions évidentes – un débat public honnête, la mise à plat de points de vue divergents – ne sont jamais envisagées. Nous devons traiter de la liberté et de la démocratie.

    Il y a certainement un petit nombre d’entreprises géantes qui méprisent cette démocratie, tout en utilisant sa rhétorique pour accumuler davantage de profits. Le libéralisme corporatisme n’est jamais synonyme de démocratie. Si le peuple refuse de plus en plus le libéralisme débridé, il ne se tourne pas moins vers le populisme puis l’autoritarisme, comme l’illustrent les trop nombreuses atteintes aux droits humains et sociaux à travers le monde.

    C’est vrai aussi, la société algérienne est en état de choc, mais elle n’abandonne pas ses droits, des droits qu’en d’autres circonstances elles aurait défendu beaucoup plus jalousement, face au monstre, ce modèle économique souvent appelé – capitalisme sauvage – n’a aucunement entraîné le monde dans la démocratie et la liberté comme on l’a souvent entendu, mais bien au contraire, exploite intentionnellement le choc et le chaos.

    Levons-nous contre les discours de la servitude volontaire, toute oppression, toute exploitation, contre l’armature même du pouvoir de la corruption, bref contre l’humiliation de soi-même.
    Fraternellement
    IDIR

    DOCUMENTAIRE Éva Joly Une justice malgré tout 1

    http://www.dailymotion.com/video/x8m493_documentaire-eva-joly-une-justice-m_news




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  • karima
    20 décembre 2009 at 2 h 52 min - Reply

    Il faut vivre avec les gens pour les connaitre.Zineb je ne suis pas d’accord du tout avec tes propos.Cette dame a raison de se defendre et les multinationales n’offre pas de cadeaux c’est un peu a l’image de Copenhague.Les grands n’ont rien offert aux petits et ils ne sont pas prets a le faire.Alors ou on se respecte et on arrache intelligemment notre du ou on accepte et on accepte d’etre les bougnoules.La bataille n’est pas facile.




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  • IDIR
    20 décembre 2009 at 9 h 28 min - Reply

    Reconnaissons que Zineb Azouz, dans son commentaire, a usé de « l’humour intellectuel ».
    Cordialement




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  • Rédaction
    20 décembre 2009 at 11 h 58 min - Reply

    C’est dommage que Leïla soit passée à côté du commentaire de Zineb, de son esprit. La raillerie, et l’humour grinçant, dont Zineb a usé, avec talent par ailleurs, requièrent une certaine subtilité, aussi bien pour celui qui écrit que pour celui qui lit. Mais il est vrai que la gravité du sujet peut occulter le second degré.
    DB




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