Édition du
27 March 2017

QUELQUES REFLEXIONS SUR LE CHANGEMENT

Déclar 1er nov


Par Adel H.

Nous lisons souvent dans les forums de LQA des propos d’intervenants qui appellent à l’unité. « Laissons de côté ce qui nous divise. Concentrons-nous sur le seul objectif qui nous unit : chasser le pouvoir illégitime, tyrannique, corrompu et corrupteur qui tient l’Algérie prisonnière et l’entraine dans un gouffre sans fond. ». Tel est leur message.

Rechercher l’unité du peuple algérien, ou du moins de ceux qui veulent agir dans le champ politique en s’inscrivant dans l’opposition au régime actuel, est certes un objectif louable et hautement désirable. Comment y parvenir ?

La politique est l’art du possible, dit-on. Mais qu’est-ce que le possible ? Ce qui est possible dans un pays peut ne pas l’être dans un autre. De même, ce qui l’est à une certaine époque deviendra impossible à une autre. Comment reconnaître ce qui est possible de ce qui ne l’est pas, dans un pays donné, à une époque donnée ?

A la fin de la deuxième guerre mondiale, les élites indigènes dans notre pays étaient en gros divisées en deux camps : ceux qui croyaient que l’indépendance était un objectif réalisable et ceux qui ne voyaient l’avenir que dans une réforme du système colonial vers une égalité de droits pour tous les habitants de l’Algérie, sans distinction de race, de langue ou de religion. Neuf années plus tard, la guerre de libération était lancée par un petit groupe de militants résolus et l’indépendance arrachée après sept ans et demi de combats. Ceux qui pensaient que l’indépendance n’était pas possible s’étaient trompés.

Que voulons-nous ?

Réaffirmons d’abord clairement le principe du changement pacifique inscrit dans l’Appel du 19 mars. Il ne s’agit pas de renverser le régime actuel par un coup d’Etat ou une insurrection armée. Remarquons ensuite que le pouvoir actuel permet à tout Algérien ou groupe d’Algériens de créer un parti politique et d’entrer dans la compétition électorale, tout en connaissant les limites de ce jeu définies par le pouvoir en place. Ceux et celles qui rejettent cette option, sur la base des piètres résultats obtenus par les partis existants, doivent donc se définir un autre objectif. Cet objectif, tel qu’il ressort de l’Appel du 19 mars, est de créer un mouvement citoyen de plus en plus large et puissant qui finira par forcer les dirigeants actuels à démissionner. Nous n’avons donc pas à adopter une stratégie de type militaire qui requiert une grande discipline et une unité sans faille derrière un chef. Notre action doit plutôt avoir la forme d’une lutte syndicale, dont l’arme la plus efficace est le recours à la grève. Cela demande une prise de conscience de pans de plus en plus larges de la population, à commencer par les élites. C’est donc vers l’élévation du niveau de conscience de la population que nous devons œuvrer.

Prendre conscience de quoi ?

D’abord du fait que le pays va mal. Il peut sembler évident que l’ensemble du peuple algérien est convaincu que le pays va mal. Ce n’est cependant pas le cas. Il y a des Algériens qui pensent que Bouteflika, son Chef du Gouvernement et ses ministres sont d’honnêtes patriotes qui font leur travail correctement, disposant pour cela de toutes les compétences et qualifications requises, sans contrainte de la part de l’armée. Nos écrits doivent donc montrer à ces gens-là que l’Algérie va mal – très mal même –, en rapportant des faits qui accréditent notre thèse.

Les Algériens doivent ensuite prendre conscience du fait qu’il y a d’autres solutions, d’autres façons de gouverner l’Algérie de 2009, qui tireront un meilleur parti de ses ressources humaines et naturelles et donneront de meilleurs résultats que ceux du pouvoir actuel mais dont le préalable est un changement de régime politique. Là encore, nous devons montrer en quoi le régime actuel est défaillant et quelle(s) solution(s) nous préconisons. Pouvons-nous juste dire aux Algériens : « Yal khawa ! Unissons-nous et mettons Boutef et les généraux dehors ! » Je ne pense pas.

Que devons-nous dire ?

Là se trouve la première question à laquelle il y a différentes réponses possibles. En 1945, à la question de savoir comment améliorer la situation des indigènes, il y avait au moins deux réponses : reformer le système colonial ou arracher l’indépendance par les armes. En ce qui nous concerne, nous devons décider de ce qu’il y a lieu de proposer aux Algériens, en remplacement du régime actuel. On serait tenté de répondre : n’importe quel régime fera l’affaire, pourvu que les généraux partent. Mais est-ce bien sage ? Je ne le crois pas.

Il me semble qu’il y a dans nos forums un courant qui revendique clairement son adhésion aux principes de l’Etat de droit tel qu’il existe dans les grandes démocraties occidentales : alternance au pouvoir par le jeu des élections, séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire), liberté d’opinion, liberté des médias, etc. Mais n’y a-t-il pas d’autres courants ? Dans un passé récent, le courant islamiste avait clairement exprimé sa préférence pour un État islamique, sans expliquer clairement en quoi cela consistait. N’est-il pas souhaitable que ceux et celles qui adhérent à cette idée s’expriment dans nos forums et nous disent clairement comment elles voient l’Etat islamique ? Si nous voulons l’unité, devons-nous pour autant ignorer cette question ?

Une question avait longtemps divisé l’humanité en deux camps : les partisans du socialisme et ceux du capitalisme (ou libéralisme). Depuis la chute du mur de Berlin, seuls deux pays, Cuba et la Corée du Nord, continuent encore à se réclamer du socialisme pur et dur. Même la Chine, dirigée pourtant par un parti communiste, applique les principes de gestion capitaliste de l’économie. Nous n’avons donc plus à nous inquiéter à ce sujet. L’histoire a tranché pour nous et l’économie de marché est la seule formule qui fasse recette aujourd’hui.

Il y a cependant une autre question qui, depuis 1980, ne cesse de revenir périodiquement sur le devant de la scène dans notre pays: c’est celle de tamazight. La Kabylie a, depuis le début, été le fer de lance de la revendication d’une officialisation de cette langue au même titre que l’Arabe. Pouvons-nous ignorer cette question dans nos forums ? Les Algériens ne doivent-ils pas se définir une fois pour toutes par rapport à cette question, afin de prendre un nouveau départ et travailler tranquillement au développement du pays sans avoir à affronter périodiquement des soulèvements populaires ? Si c’est le cas, comment pouvons parvenir à une vision claire de la situation si ce n’est par la discussion ?

Notre objectif est de créer un mouvement citoyen qui poussera le pouvoir actuel vers la porte de sortie, afin de remettre l’Algérie sur les rails. Cet objectif ne pourra être atteint qu’en élevant le niveau de conscience du peuple. Ce niveau de conscience est malheureusement très bas, après 47 années de bâillonnement par le pouvoir FLN-ANP,  dont 17 sous l’état d’urgence. Ce travail prendra nécessairement du temps et beaucoup de discussions. C’est cela le dialogue. La solution du coup d’Etat ou de l’insurrection armée est certainement plus rapide et demande l’unité sans faille d’un groupe restreint d’individus – de préférence des militaires – mais nous savons où cela nous a menés par le passé. Nous ne pouvons pas prendre encore une fois le risque de confier  le destin de l’Algérie à des militaires dont la mission première est de défendre la patrie non de faire de la politique.


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39 Commentaires sur cet article

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  • jnsplu@jnsplu.tk
    21 décembre 2009 at 20 h 40 min - Reply

    Les difficultés fondamentales pour un mouvement d’opposition et sinon de contestation sont d’une part, la position de l’armée a son égard, d’autre part la revendication berbère et la manière de l’inscrire dans le futur ainsi que la revendication musulmane pour ne pas dire islamique et comment l’inscrire dans le futur.

    Quant à l’armée, dont les membres peuvent jouir de privilèges liés au logement, aux crédits et peut etre d’autres, sa position ne peut etre estimée que par des connaisseurs.

    Si la berbérité est un fait incontournable, la question reste de savoir quelles sont sur le plan pratique, éducation, administration par exemple, les moyens de sa mise en oeuvre. Je ne pense pas que surgissent des oppositions à cet égard mais cela dépendra de ce que cette revendication englobera.

    L’islam d’autre part, devra t il ressortir dans la gestion de notre vie de tous les jours, puisque nous nous disons musulmans et si oui quels sont les plans ou il doit s’inscrire et à quel degré.

    Doit il etre enseigné ou non à l’école, doit il etre promu par l’Etat ou non, doit il imprégner notre législation ou non si oui jusqu’a quel point? Autant de questions qui méritent d’etre posées.

    La séparation des pouvoirs est un impératif aussi bien politique que juridique, car la justice doit etre totalement scindée de l’exécutif (et bien sur du législatif) et recouvrer son indépendance, seule garante des libertés et de véritable paix sociale.




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  • tacili
    22 décembre 2009 at 9 h 51 min - Reply

    Bonjour

    L’enjeu réel, a mon avis, est a l’intérieur de l’institution militaire qui s’est transformée pendant la dernière décennie d’une armée nationale a un bras arme de la maffia politico-financière.

    Sachant que dans un pays comme le notre seule la force brutale arbitre les conflits sociaux il est intéressant de sonder l’opinion des militaires pour savoir si la volonté de sauver l’honneur de l’armée est toujours présente.

    Le processus entamé depuis la venue de Bouteflika et qui consiste a vider l’armée de son contenu capital moral et la transformer en outil de protection des capitaux et réseaux maffieux risque de rendre l’action de l’opposition encore plus délicate car ces capitaux ont des ressources énormes et peuvent donner au pouvoir un extra-time (compte en décennies).

    Le danger également vient du fait de la volatilité de l’opinion publique qui reste vulnérable face aux moyens de pression psychologique du cabinet noir. Les algériens sont victimes de faux combats crée sciemment par les experts de l’armée et entretenu par des médias lourds en service commande. Récemment nous avons vécu trois exemples édifiants sur les colonnes de LQA :
    Le fameux match contre l’Égypte, L’épisode Bouhired et finalement le duel fictif entre Qaradawi-Arkoun.

    C’est la méthode Berlusconi qui fait des déclarations périodiques incendiaires pour créer un climat de tension et des débats interminables pour éloigner le spectre de son incriminations dans des affaires de corruption et de liens avec la Maffia.Tout cela aide par son empire médiatique. C’est le rêve de nos « maffiosi » : Divertir la plèbe et l’éloigner des vrais enjeux. La religion, la langue tout est bon pour créer les faux débats. les maffieux eux parlent une seule langue: argent et ont un seul dieu: le dollar et un seul temple: la banque.Ils sont très astucieux dans leur business.

    Le peuple tombe souvent et facilement dans leur piège et c’est ce qui me pousse par moments au doute sinon au pessimisme.

    Merci est je m’excuse pour les digressions qui n’ont pas un rapport direct avec l’article.




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  • simozrag
    22 décembre 2009 at 12 h 44 min - Reply

    Salam et Bonjour à toutes et à tous

    Je me permets de vous rappeler, frère Adel, que le bonheur des Algériens, leur unité et le sauvetage et le progrès de leur pays, (de notre pays), doivent être recherchés dans leur propre culture et pas ailleurs. Le savoir, la technologie, on peut les importer de l’étranger, mais non pas l’idéologie et les modes de vie.
    Une bonne partie de nos problèmes est due aux emprunts que nous avons faits à l’étranger. Le premier emprunt est celui de l’Etat National. Cet Etat est né en Europe à l’issue de guerres dévastatrices, ce concept d’Etat a été pour eux une miséricorde en quelque sorte. C’était une occasion de réunification. L’Italie, l’Allemagne qui étaient émiettées en petites entités furent unies au sein d’Etats nationaux. Par contre, l’Etat nation chez nous fut un instrument de division. Pourquoi ? Parce que on l’avait utilisé contre l’Empire ou l’Etat musulman. Cela d’une part, d’autre part, non seulement ce modèle ne cadrait pas avec notre culture, mais en plus cet Etat nation dont nous avons hérité était de nature coloniale. Or, il s’est passé la chose suivante : nous avons chassé le colonialisme par la fenètre, il revient par la porte et c’est nous qui l’avions ramené en adoptant ses concepts et ses modèles dont l’Etat Nation.

    Cet Etat importé n’a pas joué son rôle unificateur comme ce fut le cas en Europe. Il n’a pas les mêmes caractéristiques ni les mêmes attributs (légitimité, séparation des pouvoirs, démocratie, libertés) que l’Etat Nation européen.

    Par exemple, nous avons totalement méconnu la notion de pacte ou de contrat social sur lequel était basé l’Etat nation en Europe.

    Sur le plan éducatif et culturel, c’était un fiasco, de même en matière de démocratie, de justice et de distribution des richesses.
    En y ajoutant une dose d’Islam, on n’a fait qu’aggraver, détériorer, voire abâtardi sa nature.

    Tel qu’il a été conçu par ses initiateurs et théoriciens, cet Etat nation ne souffre aucun amalgame avec la religion. Et de son côté l’Islam n’accepte aucun mélange avec des concepts nihilistes et négateurs. Nous avons donc tenté de rassembler deux principes antagoniques, de joindre les extrêmes, autrement dit, de faire cohabiter le loup et l’agneau, d’où la faillite dans tous les domaines.

    En bref, notre réflexion doit porter sur ce qui est propre à notre culture, à l’Islam en tant que mode de vie, même si nous n’en sommes pas encore suffisamment imprégnés. Nos efforts doivent s’orienter dans cette direction, sinon, à mon avis, nous risquerons d’essuyer d’autres échecs. Fraternellement !




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  • Farid
    22 décembre 2009 at 12 h 45 min - Reply

    Salam Aleikoum,

    Tant que l’institution militaire ne sera pas pour un vrai changement démocratique, il est improbable et même
    impossible malheureusement de changer de systeme de gouvernance. Ceci est un fait, quelque soit les commnentaires de nos respectables intellectuels.
    Car la vrai question du changement est beaucoup plus de
    nature psychologique que politique pour la grande majorité de nos concitoyens et ergo d’une portée énorme pour la masse électorale de notre pays.
    Car il s’agit lá bien de suffrage universel qui devra
    définir le mode de gouvernance que la « majorité » des
    citoyens aura approuvé.Je dis bien « la majorité des
    suffrages (51%) ». La minorité (49%) a-t-elle acquis la maturité politique pour accepter un tel choix. Si oui, nous sommes sur le bon chemin. Sinon nous devons attendre que l’éducation politique et démocratique des
    citoyens vienne á son terme afin qu’ils puissent comprendre les régles du jeu de la démocratie.
    Les intellectuels peuvent contribuer á les aider dans leur orientation mais ne peuvent en aucun cas en definir leurs contenus.Monsieur Ben M-hidi, Allah yarharmou, disait: « Porter la révolution dans la rue et
    le peuple s’en chargera. »
    Mes respects á tous
    les




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  • Arezki Nait Amar
    22 décembre 2009 at 21 h 08 min - Reply

    Le changement que nous voulons c’est le passage d’un régime de l’Etat policier à un régime de l’Etat de droit.Il ne faut pas perdre de vue que l’une de nos ambitions de longue date est de promouvoir la suprématie du droit sur l’arbitraire dans notre pays.Mais malheureusement, nous n’avons pas su jusqu’à ce jour,ni comment nous préparer ni comment trouver la bonne stratégie pour y parvenir.Toutefois, je suis convaincu que nous aurons un monde meilleur lorsque la transparence aura remplacé l’opacité, la responsabilité l’arbitraire, et l’Etat de droit la loi de la jungle.




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  • Adel
    23 décembre 2009 at 18 h 19 min - Reply

    Le pouvoir, l’armée (en tant que force de coercition au service du pouvoir), le peuple, les élites (intellectuels, militants de partis politiques, etc.), tels sont les acteurs en présence.

    Le pouvoir est l’acteur qui doit céder sa place et qui refuse de le faire.

    Chacun des trois autres acteurs a un rôle à jouer pour que le changement se fasse dans la bonne direction.

    Est-ce qu’un coup d’État mené par un groupe d’officiers peut sauver l’Algérie ? Cela reviendrait à reprendre les solutions du passé (Boumediène, 1965).

    D’autre part, ni le peuple, ni les élites ne peuvent réaliser le changement séparément. Ils ne peuvent réussir qu’en marchant ensemble, les élites constituant l’encadrement et le peuple la masse qui pèsera de tout son poids et imposera le changement. L’armée peut freiner le processus en s’opposant par la violence au peuple ou au contraire l’accélérer en se rangeant du côté du peuple.

    Toute la question est de savoir comment réaliser la synergie entre les élites et le peuple, tout en incitant l’armée (le corps, non les généraux qui détiennent le pouvoir aujourd’hui) à adopter au moins une position de neutralité.

    Pour accroître leurs chances de succès, les élites doivent mettre leurs divergences de côté et s’entendre sur ce qu’il y a lieu de faire une fois le pouvoir conquis. Pour que cette alliance fonctionne, il faut que tous les courants définissent clairement leurs programmes. On ne peut pas demander à un parti de s’allier avec un autre parti dont il ne connaît pas les intentions. C’est pour cette raison que chaque courant doit dire clairement comment il voit le futur État algérien.

    M. Simozrag pense que les institutions et les principes de l’État National ont été définis en Europe et qu’ils sont étrangers à notre culture islamique. Si nous revenons à l’histoire de notre pays, nous voyons que le dernier État « algérien » dans le cadre des principes islamiques à avoir existé est celui de la Régence d’Alger, du temps des Ottomans. Le chef de l’État était le Dey qui était désigné par les janissaires, c’est-à-dire l’armée. C’est exactement ce que nous avons aujourd’hui et dont nous voulons nous débarrasser. Cette solution n’est donc pas valable. Si nous remontons un peu plus dans l’histoire, nous trouvons les dynasties hafside et zianide qui régnaient chacune sur une partie de l’Algérie. Les chefs d’État étaient des rois et le pouvoir était héréditaire. J’arrête là cet exercice, car il apparaît clairement que rien de tout cela ne nous convient.

    Pour ma part je ne vois rien dans les institutions de l’État de droit qui soit en contradiction avec les principes islamiques. Essayons d’en examiner quelques uns.

    1- Le pluripartisme et le principe des élections : Les Algériens, tout en restant de bons musulmans, peuvent avoir des vues différentes sur la gestion de l’économie, de l’éducation, de la santé, etc. Ils peuvent donc constituer des partis politiques qui défendront des programmes différents. Les partis entreront en compétition et celui qui détiendra la majorité au parlement appliquera son programme pendant la durée définie par la Constitution.

    2- La séparation des pouvoirs : Les juges appliqueront les lois à tous les Algériens, sans exception, en toute indépendance. Le gouvernement rendra des comptes aux représentants du peuple, c’est-à-dire le Parlement.

    3- Indépendance des médias : Comme les juges, les journalistes n’obéiront pas au gouvernement. Ils seront libres de critiquer la gestion du gouvernement et d’informer le peuple en toute indépendance.

    4- Liberté d’opinion : Nul ne pourra dicter à un Algérien ce qu’il doit penser ou dire. Chacun est libre de se déterminer dans le respect des lois.

    Tout cela me parait tout à fait compatible avec les principes de l’islam. De plus, il me semble que le corps des imams, ulémas, etc. gagnerait beaucoup à être indépendant du pouvoir, afin de constituer un force spirituelle et morale au-dessus des partis. Ceux qui s’occupent de l’enseignement du Coran et de la doctrine islamique agiraient dans le cadre d’organisations indépendantes du gouvernement de la part duquel ils ne subiraient aucune pression.

    A la question de savoir si notre législation s’inspirerait de l’islam, je répondrai que du moment que le peuple algérien est musulman et que ce sont les représentants de la majorité qui font les lois, la réponse est évidente.

    Faut-il enseigner l’islam dans les écoles ? Il y aura certainement un cours sur la doctrine islamique dans les écoles, en plus du travail qui sera fait par les associations indépendantes de l’État. Quant au reste, je pense que l’enseignement des sciences et des lettres est neutre et indépendant de la religion.

    J’invite le frère Si Mozrag à nous donner son avis sur ces questions et nous expliquer comment il voit les institutions de l’État algérien dans le cadre des principes islamiques.




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  • afrox
    23 décembre 2009 at 19 h 23 min - Reply

    Azul.
    Je tiens, en premier lieux, à remercier Mr Adel H pour ses réflexions.
    Pour aller droit au but; il est indispensable pour une opposition, qui voudrait qu’un jour se débarrasser du pouvoir actuel, d’apporter une alternative sérieuse c’est à dire convaincante pour toute la société algérienne dans toute ses composantes politique, culturel et ethnique.
    Et, c’est justement qu’à ce niveau que but l’intellectuel algérien qui n’arrive toujours pas à trouver une formule adéquate pour un cas,historiquement nouveau, malgré des similitude avec la période coloniale.
    C’est dans cette optique que je juge le débat, serin et sérieux, impératif sur les questions importante qui meuvent la société algérienne.
    1- l’islam et sa place dans la société.
    2- tamaziɣt.
    3- la démocratie.
    Il est évident qu’une alternative qui négligerait de solutionner un de ces points est vouée à l’échec sans aucun doute.




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  • Adel
    24 décembre 2009 at 14 h 02 min - Reply

    En lisant le commentaire d’afrox,j’ai réalisé qu’il y avait une question qui avait dans un passé récent divisé les Algériens (qui les divise toujours?), c’est celle de l’utilisation des mosquées par le FIS pour faire de la propagande politique.

    Le FIS avait-il le droit d’utiliser les mosquées?

    Oui et non. Il avait le droit, parce que le pouvoir avait verrouillé tous les canaux qui, normalement ,dans d’autres pays servent au peuple pour exprimer son désaccord et son mécontentement.

    Non, si l’on se place dans un État de droit. Lorsque les institutions de l’État de droit fonctionnent normalement, chacun peut exprimer son désaccord d’abord dans les médias, ensuite en manifestant ou en faisant la grève, puis en demandant à son représentant de s’exprimer à sa place dans les institutions de l’État et, finalement, en votant contre le parti au pouvoir lors des élections suivantes.

    Dans ce cas, l’utilisation des mosquées pour diffuser un message politique partisan devient une source de fitna. C’est pour cela que dans l’État de droit, la loi devra interdire la diffusion de messages à caractère politique dans les mosquées. Ces dernières doivent être des havres de paix, des lieux où tous les Algériens se retrouvent pour sceller leur fraternité, indépendamment de ce qui les divise sur le plan politique.




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  • IDIR
    24 décembre 2009 at 20 h 26 min - Reply

    Je remercie le journal, LQA, de nous donner l’occasion d’apporter quelques réflexions. Dans un passé récent, je me suis prononcé à propos du vocable « opposition » qui est à mon sens, plutôt, creux et commercial. Nous sommes opposés à qui, à quoi ? L’absence « d’exercice intellectuel » ou de « gouvernance » nationale laisse le champ libre à l’appréciation du marché informel, aux marchands de la corruption, au grand bazar.

    Mais la « bonne gouvernance » ou la gestion des ressources d’un pays en vue de son développement concerne le bon fonctionnement des pouvoirs publics et plus spécialement de l’Etat. Simple rappel, la notion de « bonne gouvernance » a été diffusée dans les années 1990 par la Banque mondiale, comme la condition nécessaire des politiques de développement. Je suis contre le gouvernementalisme aveugle.

    N’oublions pas la décennie rouge où nous avons, tous, commis des fautes. Nous sommes, tous, coupables, exceptés, les plus démunis et victimes de la barbarie. Nous avons basculé dans le piège de la stratégie du choc fomenté par les gourous de la guerre et du désordre mondial, certains Algériens ont commis, des crimes au nom d’Allah, c’est le pire des cas de l’ignorance, alors que nous subissions la manipulation et les bombes du néolibéralisme.

    C’est une stratégie cachée – le conspirationnisme – des néoconservateurs pour imposer les idéologies – de Milton Friedman, père du néolibéralisme et conseiller du général-dictateur Augusto Pinochet au Chili, dans les années 1970, Friedman mit sa théorie en pratique et réforma l’économie du Chili – aux populations du monde qui ne fait plus aucun doute. Un capitalisme dont rêvaient déjà les futures multinationales et les investisseurs financiers offshore.

    Tout comme le fait que ce courant de pensée ne peut pas se développer sans utiliser ou créer des crises, des chocs ! C’est la stratégie du choc qui permet son extension et c’est d’ailleurs en ces termes que la qualifient les économistes de Chicago eux-mêmes ! Peut importe les morts, les tortures, la pauvreté et les injustices générées, ce qui compte pour ces économistes criminels et fanatiques c’est la réalisation de leur utopie, l’avènement d’une page blanche sur le monde pour pouvoir s’enrichir sans aucune entrave.

    Bien entendu, chaque pays a ses propres bachagas ou ses propres pétainistes. Le départ ou non de Bouteflika, n’arrangera pas la situation de la nation même si celui-ci, depuis plusieurs années – il dort au chaud à El Mouradia avec le ventre plein – alors que 200 000 enfants algériens dorment dans les rues, près de 300 000 enfants sont utilisés dans des entreprises, environ 500 000 enfants sont perdus chaque année pour l’école, c’est une situation intolérable.

    Personne ne peut accepter cette débâcle humaine, y compris Bouteflika, je ne crois pas qu’il nourrisse, à ce point, des colères séniles contre le peuple. Soyons vigilants pour dire ceci : c’est à nous, tous, de corriger nos erreurs et soigner la racine des maux dont souffre le peuple algérien.

    L’exemple du Docteur Salah-Eddine Sidhoum et, – d’autres hommes et femmes d’ailleurs -, est une voie à suivre, être auprès de ceux qui souffrent, en particulier, les jeunes et leur santé mentale. Certains parmi nos compatriotes ont été fortement électrocutés, anesthésiés par le choc des années 1990.

    Aujourd’hui, en Algérie, le chômage a atteint plus de 46%, principalement, le chômage des jeunes est plus qu’un problème : un cancer social, pour faire face à cet écart, le gouvernement, les entreprises publiques et privés doivent s’engager contre la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.

    Nous portons, tous, des séquelles, les taux de suicide et d’homicide augmentent souvent une année après l’augmentation du taux de chômage. D’autre part, les jeunes en chômage ont plus d’irritabilité et qu’un fort pourcentage présente des problèmes de drogues.

    Dans un pays donné, lorsque le gouvernement est incompétent et corrompu, sa place sera derrière des portes closes avec des multinationales pour conclure des accords nocifs.

    Nous devons comprendre, les raisons pour lesquelles certains de nos compatriotes se mettent en grève de la faim, et leur apporter notre soutien contre les despotes des multinationales.

    Rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme sur le droit à l’alimentation, Le sociologue suisse Jean Ziegler, dans son livre «L’Empire de la honte», désigne de nouveaux ennemis :
    les « cosmocrates », comprenez les dirigeants des grandes sociétés.

    La liste des symptômes qui surviennent chez les gens non employés inclut la fatigue, une perte de poids, des pertes de connaissance, une nervosité et une agitation extrêmes, de la léthargie, une tension diminuée ; on parle de douleurs à l’estomac, de respiration, rapide, d’insomnie.

    Plusieurs chercheurs se sont penchés sur les privations physiques, la malnutrition et plusieurs autres misères d’ordre économique. De plus, les gens qui sont en chômage développent des habitudes de sommeil irrégulières, mangent en général moins de nourriture et d’une mauvaise qualité, fument plus, boivent plus de café et font moins d’exercice.

    Nous avons, aujourd’hui, environ 40% de la population des pays arabes, soit 140 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté, selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de la Ligue arabe rendu public récemment.

    Quelques réflexions pour une bonne « gouvernance » :

    L’inéligibilité d’un élu condamné pour corruption, abus de bien social, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt

    – L’interdiction pour une entreprise dont un des cadres est impliqué dans une affaire de pot de vin de postuler à un marché public

    – Une réforme des marchés publics, instituant le contrôle obligatoire préalable sur les passations et des chartes de transparence

    – Le contrôle de légalité renforcé sur les actes de gestion publique et les délégations de services publics (contrat et exécution)

    – Le contrôle de l’utilisation des aides accordées dans les entreprises

    – Le renforcement des juridictions financières, des brigades financières

    – Une responsabilité sociale et environnementale des entreprises

    – La réforme de la justice vers l’indépendance, la responsabilisation des magistrats

    – Un véritable statut de l’élu qui sera un contrat de mandat comprenant des droits et des obligations

    – L’extension du droit d’alerte à la lutte contre la corruption et la protection des salariés contre le licenciement

    La mécanique de la paix semble, cette fois, sérieusement enclenchée. Un compromis politique est toujours possible, permettant à tout le peuple algérien, sans exclusion, de se consacrer, aujourd’hui, aux problèmes principaux, économiques et sociaux, de sortir enfin de l’effroi des années noires.

    Appel à « l’Unité du peuple » algérien et lutte contre la corruption de la pensée, résistance contre la violence et/ou la menace, la loi de l’Empire néolibéral. Cette guerre globale est une croisade des néo-barbares contre la civilisation humaine.

    Je souhaite à toute l’équipe du journal, LQA, à tous les résistants, compatriotes, à tous nos amis, à travers le monde, une nouvelle année de paix, aam saiid, asgwas amegas.
    Fraternellement
    IDIR

    Le courage de la juge Éva Joly fait l’admiration de tout le monde

    Parmi les sujets abordés lors de cette prestation, celui du débat sur l’identité nationale, en France,
    « patrie des droits de l’homme », qu’elle juge inutile et dangereux. Autres sujets : la triche dans le foot, la corruption, la justice, l’écologie, etc.

    http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite/detail/eva-joly-3389895/




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  • radjef said
    25 décembre 2009 at 9 h 35 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Adel parle comme si nous etions dans une societé normalement constituée…Depuis le 1er novembre 1954 à ce jour il n’y a eu qu’un seul parti dans le pays, celui de l’armée. Il n’y a pas de pouvoirs suiccessifs comme tentent crapuleusement de nous le faire croire certains.En depit de toute l’affection et du respect que nous avons pour le frere Mehri, le FLN n’a jamais existé. Il n’y a pas de partis politiques et de traditions elitistes dans notre pays.Nous avons certes des universitaires, mais des universitaires guignolesques. L’armée occupe seule le terrain; en face d’elle il y a du néant. Le peuple est depouillé de sa citoyenneté. Le plus souvent il agit avec bestialité…Que faire pour que ce changement soit une réalité?




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  • jnsplu
    25 décembre 2009 at 11 h 58 min - Reply

    On ne peut parler d’acteurs dans le champ politique, qu’autant que ce champ ait des règles claires, acceptées par tous et non sujettes à remise en cause.
    Dans cette acception nous n’avons jamais eu de champ politique, encore moins de partis politiques et de personnalités politiques.
    L’intellectuel dans le champ politique c’est celui qui reconnait qu’il n’y a pas de champ politique et ce faisant tente de créer les conditions d’existence de ce champ pour permettre aux acteurs d’agir.
    L’armée est dans notre pays un instrument de politique et de ce fait dévoyée de ses missions. Nul à part elle ne peut la sortir de sa situation et étant en fait la seule force politique qui existe en Algérie, elle devient ce champ politique que tout le monde veut s’accaparer pour y planter ses choux.




    0
  • tacili
    25 décembre 2009 at 13 h 44 min - Reply

    Bonjour,

    L’armée est le centre de gravite du pouvoir, le DRS est le centre de gravite de l’armée et Mohamed Mediene est le centre de gravite du DRS.

    Qui est mohamed mediene donc ? Y a t-il qqn qui puisse nous présenter cet homme ? y a t-il par miracle des témoignages sur le curucculum professionnel de cet homme ? Que pense t-il ? comment a t-il pu réussir ce coup de force de prendre un pays en otage ?

    La deconstruction du mythe est le premier pas pour le détruire. Les algériens ne connaissent même pas leur boureau. Les cyberdesrteurs du MAOL peuvent-ils aider dans ce sens ? Samraoui est-il prêt a parler spécifiquement ou rester dans les généralités ?

    L’armée, je le répète, a presque termine sa métamorphose pour devenir le bras arme du complexe réseau de la maffia politico-financiere, nationale et internationale. Les militaires emergeants au sein de cette insitution et qui sont de la nouvelle generation sont a mon avis pire que leurs aines car ils baignent dans la corruption et ont été déshumanises lors de la dernière décennie.Ils considèrent le peuple immature, désorganise et non fiable. Ils ont une haine viscérale de tout ce qui est civil ou politique.

    L’opposition a donc un double défi : la maffia et son bras arme ce qui complique davantage l’action politique. Un conflit ouvert entre les familles de cette maffia pourrait le cas échéant servir l’opposition mais pour peux que cette opposition puisse être prête a ce moment la.

    Merci




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  • Adel
    25 décembre 2009 at 15 h 32 min - Reply

    @jnsplu

    Je pense qu’il y a toujours un champ politique avec au moins deux acteurs, le pouvoir et le peuple. Les émeutes et les révoltes sont un mode d’action non organisée. Entre 1988 et 1992, le FIS était un acteur majeur.

    @jnsplu et radjef said

    S’il n’y a aucun espoir pour que les choses changent tant que l’armée est dirigée par les généraux actuels alors disons-nous adieu et attendons le prochain coup d’État.




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  • BRAHIM
    25 décembre 2009 at 16 h 03 min - Reply

    Souvent dans mes interventions, j’incrimine le « FLN spoliateur » de l’après indépendance comme vecteur responsable de la descente aux enfers de la dictature et de l’autocratie de notre pays et comme facteur de blocage de tout changement du système. La preuve ? Encore une fois, à l’occasion du Conseil national du FLN , Belkhadem a écarté du revers de la main un rapport de la commission «FLN et le message de Novembre» présidée le « sénateur » Abderrezak Bouhara où il parle d’un « parti en déclin, condamné à la disparition s’il ne procède pas à une refondation». Bouhara voulait seulement lancer un avertissement aux cadres du FLN du risque que court ce parti si tout reste comme avant. Je sais bien que ce n’est pas le rapport de Bouhara qui va changer grand-chose mais on voit bien que la moindre critique au sein du parti est vu comme un danger pour le système. Belkhadem a d’ailleurs tout de suite trouvé la réplique, non pas par le poids de contre-arguments, mais par la recette miracle de notre « FLN légendaire » : pour lui, le Président de la république « n’est président d’honneur »… mais … «il est président du FLN, il peut présider le conseil national du parti. Je lui ai remis, moi-même, tous les rapports des commissions». Sous entendu tout le monde se la boucle et tous les moutons à la bergerie. (N’oublions pas que le président à toujours jouer l’hypocrite en se déclarant, avant chaque réélection, indépendant de tous les partis). Vous aurez remarqué la phrase : « Je lui ai remis, moi-même …..) de ce lugubre personnage de Belkhadem sans foi, ni loi, ni personnalité. Quel honte pour les hommes du « FLN historique » de continuer à se laisser entrainer dans la duperie du peuple, la gabegie, la tromperie, le détournement de l’histoire, la forfaiture, la trahison etc…. Et vous verrez, chers internautes, qu’à cause des « khercheufs » que nous sommes devenus et de l’absence d’une opposition crédible, le FLN va encore prolonger la main mise du système et faire un carton dans toutes les prochaines élections. Quelle perte de temps, yal khaoua !!!! Le système a de bons jours devant lui, c’est une certitude. Le FLN,allié objectif du système, est un puissant ennemi du changement et un énorme barrage contre la l’avènement de la démocratie. On ne concentre nos critiques que sur l’armée et on oublie la machine qui entretient le système.




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  • IDIR
    25 décembre 2009 at 16 h 43 min - Reply

    SANTÉ PUBLIQUE

    Je demande solennellement à certains journaux algériens de la presse écrite entre autres, d’arrêter la campagne commerciale, et leur « l’hystérie » concernant la grippe A.

    A ce jour, dans certains pays occidentaux, la vaccination est à peine de 7%. Ne prenez pas les Algériens pour des singes !

    Des scientifiques australiens mettent à jour l’origine humaine du virus H1N1

    Par Simeon Bennett

    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16338




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  • radjef said
    25 décembre 2009 at 17 h 11 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. @Adel.Vos contributions sont precieuses…L’ANP n’est pas le seul probleme qui entrave ou qui bloque le changement. Le mal est en nous. C’est ce mal qui est le plus grand malheur de notre pays…Il faut d’abord que nous changions de conduite, il faut qu’on fasse preuve de sincerité dans notre militantisme de tous les instants. Il faut qu’on se comporte comme des citoyens accomplis ayant le sens des responsabilités civiques et morales…Sincerement, j’aime vos contributions parcequ’elles emanent d’un coeur sincere.




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  • Mokrane
    25 décembre 2009 at 19 h 28 min - Reply

    Je voudrais attirer votre attention sur un fait que
    j’ai remarqué depuis un certain temps et qui me dérange enormement pour vous dire la verité.
    Ces messieurs Radjef, insplu, Adel, simozrag, ammisaid
    ne font que se jetter la balle et vice-verca.Les commentaires d’autres ami(e)s forumistes ne sont jamais pris en considération. Ou alors tres peu. Ce dedain intellectuel porte déjá en lui les germes de la discorde. Vos vents pseudo-démocratiques soufflent
    l’exclusion et le puritanisme porteurs d’aridité.
    Je m’excuse si je suis si direct et j’ai conscience
    de mes propos acerbes mais je ne veux manquer de respect á personne bien au contraire je vous remercie
    pour vos contributions pour peu quelles soient un peu moins élitistes. Parlez franc et simple, les gens apprecieront. Que pensent les autres ami(e)s internautes ?

    ======================
    Non, mon cher Mokrane. Le débat est ouvert à tout le monde. Nous ne censurons que les quelques très rares provocateurs qui, faute d’arguments, versent dans l’insulte et l’atteinte à la dignité d’autrui. Intervenez et argumentez, d’autres vous répondront dans ce climat serein et fraternel qui caractérise ce site.
    Merci pour votre franchise et c’est votre droit et votre devoir de dire ce qui vous semble anormal pour vous.
    Au plaisir de vous relire.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • jnsplu
    25 décembre 2009 at 23 h 29 min - Reply

    @Adel.

    Les émeutes ne sont une expression politique à mon avis que lorsqu’elles sont organisées car pour moi la politique est constiuée par des mouvements construits dans le cadre d’une stratégie d’action.

    Mais peut etre que je me trompe.Certes ce serait un acte politique que de canaliser ces émeutes pour leur donner une configuration et un but réfléchis, mais tant qu’elles sont livrées à l’anarchie on ne peut les taxer de politiques que parce qu’elles s’opposent au pouvoir bien que ce soit dans un dessein de rebellion sans lendemains, c’est à dire qu’il n’y a en fin de compte qu’un seul antagoniste au plan politique et non deux, comme partenaires ou adversaires. Un seul antagoniste sur la scène ce n’est plus de la politique, c’est de la dictature.

    Quand il y avait le fis, il y avait une démocratie en laquelle nous avons tous cru. Donc aucune analogie n’est possible de ce point de vue.

    @Mokrane.

    Si j’ai ignoré tes commentaires, c’est que je n’ai pas du y trouver matière à redire. Mais de toute façon je ne l’ai pas fait sciemment et à l’avenir je te conseille de dire des contre vérités pour nous obliger à te répondre (sourire) 🙂 .

    Et pour te faire une confidence, parfois je pense comme toi, puis je me dis que si les gens s’entendent mieux avec certains c’est qu’il y a des affinités que je n’ai pas avec eux.

    Mais dis toi qu’il n y a rien de personnel, aucun de ceux qui débattent sur ce forum ne connait les autres autrement que par leurs pseudos et leurs écrits ici et nul n’est plus qualifié que les autres pour donner un avis valable. Tous les avis se valent et c’est le résultat du groupe qui compte. Et je pense que tout le monde sera d’accord sur ça. Non pas qu’ils vont encore me jeter la balle, mais parce que c’est la vérité. Mais on ne sait jamais peut etre que l’un d’entre eux « me tombera sur le paletot ».

    @Said Radjef. Effectivement Adel est une bénédiction pour LQA.




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  • jnsplu
    25 décembre 2009 at 23 h 42 min - Reply

    @Brahim.
    Analyse très judicieuse. Les acteurs de la scène se jettent mutuellement la balle et le FLN revient en vainqueur après avoir été effacé. Notre pays n’arrivera jamais à avancer de cette façon.




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  • tarik ben ziad
    26 décembre 2009 at 2 h 13 min - Reply

    La question à 100$

    La première chose que je tiens à souligner, avant tout, est que nous sommes seuls dans cette révolution qui ne sera qu’intellectuelle est intelligente comme le dit bien Mr Adel.H . Malheureusement ou heureusement ne nous pouvons compter que sur nous même. Le régime est fort et a les moyens de maintenir son enroulement et sa survie dans, payé chère, ce new système où Obama (USA) , Stéphane Harper (canada) ou Sarkozy (France ) fonts la courbette devant la chine pour des besoins économiques et cela malgré tous les dépassements des droits de l’Homme et exécutions physique de l’humain rapportés par les plus connues et crédibles des ONG sur notre planète . L’appel du 19 mars est un idéal et un rêve à réaliser. Il faut savoir qu’en chine, en Afrique, et dans plusieurs pays, il ya des opposants qui font de même que nous . Un opposant politique chinois risque d’être emprisonné pour 215 ans de prisons au vu et au su de toutes les autres puissances. Ok je vais parler Algérie mon beau pays et je vais être cru! Mais avant il faut vous mettre dans la tête que ce site ou cet écrit est considéré comme pisser dans du sable. Il faut aussi considérer que le faire reste un apport et un premier pas. NOUS EXISTONS. Passant. La question à 100 $ dollars que pouvons nous faire?
    Avons-nous les moyens d’envoyer des citoyens de Diar Echams qui couchent dans une pièce à 8 personnes au Soudan pour tuer des égyptiens qui sont eux aussi sujet du Roi Moubarek qui prépare le trône pour son fils. Je ne fais que me répéter ce que bien de mes frères ont relevé sur ce forum. Ce que je veux dire crument à la fin est qu’il faut prendre conscience qu’il est sur que nous avons des lecteurs mais aussi ce qui le plus sur est que nous avons du pain noir sur la planche. Crument aussi Mr Adel.H je me sens plus algérien dans une dimension berbère à connotation islamique.
    Bien à vous tous
    M.B




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  • IDIR
    26 décembre 2009 at 9 h 00 min - Reply
  • Adel
    26 décembre 2009 at 10 h 36 min - Reply

    @radjef said et jnsplu

    Merci. J’ai dormi trop longtemps et je me suis réveillé trop tard. J’essaie de rattraper le temps perdu.

    @radjef said

    Je suis en train de lire un livre intitulé « LA VIE D’UN ORPHELIN – MÉMOIRES D’UN GRAND MILITANT”
    de Ameur Khider publié aux Editions Ihaddaden (Alger, 2006)

    Ameur Khider, aujourd’hui décédé, est né en 1906 dans la région de Dellys, dans un petit douar de l’Algérie coloniale. Son père meurt laissant 3 enfants âgés de 13, 11 et 8 ans (Ameur) et leur mère, sans aucune ressource. Il fréquente l’école coloniale, par intermittence, jusqu’au certificat d’études primaires, tout en travaillant à partir de l’âge de 8 ans comme berger puis comme ouvrier agricole saisonnier, jusqu’à son départ pour Marseille puis Paris en 1929, où il rejoint très vite l’ENA dont il deviendra membre du comité central et où il côtoiera Messali Hadj et Radjef Belkacem.

    Il faut lire ce livre écrit dans un style très simple pour voir à l’œuvre l’élan généreux et la volonté inébranlable qui animaient un algérien de condition presque misérable dans les années 20 où le colons triomphaient, exploitant honteusement la main d’œuvre indigène pour faire prospérer leurs domaines. Parcourant les fermes de l’Algérois avec quelques amis à la recherche de travail, il ne peut rester indifférent devant les pratiques des colons qui volaient sans scrupule le salaire des ouvriers agricoles les chassant à coup de bâton ou de fusil sous le moindre prétexte. Il organise des grèves et incite les ouvriers indigènes à ne pas accepter l’exploitation. Ce sont des hommes de cette trempe qui ont fait que l’Algérie a pu se libérer. Bien sûr, maintenant on ne connait que les héros du dernier quart d’heure. Il y a cependant des exemples à suivre et des enseignements très riches dans la vie des premiers militants des années 20 et 30.

    @jnsplu

    Je pense que nos points de vue se rejoignent. Pour être plus précis, on pourrait dire que le peuple est un acteur potentiel. Il n’est jamais totalement amorphe. Il cache en son sein des hommes et des femmes qui peuvent prendre conscience de leur situation d’opprimés et qui se mettent à agir. Effectivement, si on entend par acteur une entité qui agit consciemment en poursuivant un but et en appliquant un plan d’action tracé d’avance, alors il est vrai que le peuple ne peut pas être considéré comme un acteur.

    Le mouvement des Aarouch en Kabylie n’était-il pas organisé?

    @Mokrane

    Je vous serais personnellement reconnaissant de nous faire part de toutes vos idées sur tous les sujets débattus sur LQA. Nul n’est plus qualifié qu’un autre pour débattre d’un sujet qui touche à notre pays.
    Je ne pense pas que les administrateurs du site censurent des interventions sans motif valable. Je n’y vois pas l’intérêt.

    ==========================================
    Merci d’avoir rappelé, mon cher Adel, pour l’Histoire, le cas de notre aîné, militant du mouvement national, le regretté Khider Ameur, Rahimahou Allah. Toujours pour l’Histoire, mais plus récente, je vous invite à lire le témoignage de son fils, Omar, professeur d’Anglais, qui fut horriblement torturé en 1994 par les nouveaux colons de l’Algérie. Témoignage que j’avais adressé en novembre 94 à l’ONU, aux ONG et à la presse internationale. Il a été publié dans le livre blanc sur la répression en Algérie (Editions Hoggar) et dans l’étude commune que j’avais réalisé avec mes ami(e)s d’Algeria-Watch en 2003 (La machine de mort).
    http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvtort/machine_mort/temoignages_k.htm

    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • moura
    26 décembre 2009 at 21 h 02 min - Reply

    @ Adel
    jE REPONDS à; UNE PRESQUE DE VOS AFFIRMATION:le mouvement des aarouch n’est t’il pas organisé
    ce mouvement dont je fait parti jusqu’au plus haut niveau(‘interwilaya),j’ai coorganisé le mouvement de sa naissance jusqu’au »fin novembre 2001,j’ai assisté à tous les conclaves et à tous les niveaux,fait parti de toutes les commissions,ce n’est qu’en novembre 2001 que je me suis rendu compte qu’il à ete initié notamment par toufik mediene et suivi au jour le jours par mhenna djebar
    Que cela nous serve de lecon(entre autre)et que seul ce qu’on initie et dont on fait le suivi peut marcher
    Que les redacteurs de l’appel du 19 mars initie quelque chose(n’inporte quoi) pourvu que l’initiative soit sienne:par exemple yen à marre de ce systeme predateur_negateur_mistificateur destructeur…,nous signataire…avons decidé a partir de …de nous investir à a seule action de detruire ce systéme.
    si tu a besoin de plus amples informations sur les a3rouch je me fait le plaisir de te repondre mon cher Adel
    au fait 3aslama i Brahim




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  • Adel
    27 décembre 2009 at 9 h 10 min - Reply

    @moura

    Merci pour ces précisions.

    J’ai l’impression que la pollution par le pouvoir de tous les domaines de l’activité militante et de la pensée, dont les effets négatifs ont agi sans discontinuer sur notre pays depuis 1962, rend difficile toute analyse, en raison du brouillard très dense qui enveloppe toute chose…

    J’ai pris le mouvement des Aarouch comme exemple d’expression de l’acteur « peuple » (sans en être tout à fait sûr, toutefois), pour dire qu’il n’est pas totalement amorphe. Même si ce mouvement était manipulé, votre cas montre que je n’ai pas tout à fait tort. Vous, en tant qu’individu, aviez agi au sein de ce mouvement par conviction. Vous ne saviez pas qu’il était manipulé par le DRS. On peut même imaginer que des militants sincères au sein de ce mouvement eussent pu le détourner de la voie que lui avaient tracée ses concepteurs du DRS pour le mener dans une autre direction.

    Celui qui veut agir dans la société pour participer à la dynamique du changement doit avoir un minimum de bonne foi, sinon il ne pourra rien faire. Ce qui compte ce ne sont pas les intentions des gens, mais ce qu’ils disent et ce qu’ils font. C’est par rapport à cela qu’il faut se positionner. Les intentions, seul Dieu les connait. De plus, quand il s’agit de rapports entre les êtres humains, rien n’est joué d’avance. La prise de conscience, cela existe. Celui qui veut agir doit être positif et faire confiance à l’effet salvateur de la vérité. Même la personne au cœur le plus noir peut un jour, en entendant une personne au cœur pur parler sincèrement, prendre connaissance de sa vilénie et entamer une nouvelle vie au service de la vérité. La vérité, comme la lumière, délivre de la peur qui emprisonne les cœurs et leur fait faire parfois des choses horribles.




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  • jnsplu
    27 décembre 2009 at 12 h 15 min - Reply

    @ Adel.

    Tu dis qu’il y a un champ politique en Algérie, je dis qu’il y a un champ de mines…

    Quand le terrain est miné, on avance avec circonspection. On est obligé d’apprendre a etre amoral et à préférer envoyer l’autre tester la voie dans le champ de mines avant d’y passer le premier. Ou bien on reste à ne rien faire, ou encore chaque etre humain est différent en lui meme et suivant les moments, on devient intrépide et on se fait sauter pour ouvrir la voie aux autres et peut etre que la chance aidant on ne rencontre aucune mine en cours de chemin et la partie est gagnée pour tous.

    Mais quand on on reste trop longtemps dans l’expectative, une culture de groupe se forme qui fait que les gens deviennent suspicieux et perdent la confiance mutuelle et donc bien que ton dernier paragraphe est susceptible d’induire mon adhésion d’ailleurs à la relecture de ce post j’ai trouvé qu’on dit à peu de choses près la meme chose différemment, dans ta façon de présenter la réalité il y a je ne sais quoi d’irréel.

    L’Algérien a trop souffert pour redevenir aussi naif qu’en 1962. Il ne fera confiance à quelque dirigeant que lorsqu’il le verra à l’oeuvre et encore, il le fera avec des réserves. Mobiliser les gens requiert en l’étape actuelle des hommes hors du commun, à tous points de vue.




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  • Adel
    27 décembre 2009 at 13 h 23 min - Reply

    @jnsplu

    C’est vrai.

    L’histoire nous donne beaucoup d’exemples d’hommes hors du commun, sortis du peuple, de sa couche la plus défavorisée même. Le cœur pur et confiant, ils sont montés à l’assaut de forteresses qui paraissaient imprenables. Chaque fois qu’ils tombaient, ils se relevaient et repartaient à l’assaut. Cela ne te rappelle rien?

    Oui, quand la peur et le découragement s’installent partout, l’acte héroïque parait irréel. Oui, il faut parfois – souvent – que certains se sacrifient pour que d’autres puissent se frayer un chemin. Telle est la dure loi de l’histoire, la dure loi de la vie…




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  • Adel
    27 décembre 2009 at 13 h 29 min - Reply

    Le poète a dit:

    Si je ne brûle pas
    Si tu ne brûles pas
    Si nous ne brûlons pas
    Comment les ténèbres
    Deviendront-elles clarté ?




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  • afrox
    27 décembre 2009 at 21 h 41 min - Reply

    Azul.
    Mise au point par rapport à l’intervention de moura
    Le mouvement citoyen de Kabylie était un mouvement organisé serte de manière des fois archaïque mais essentiellement de manière moderne. Et affirmer de cette façon aussi simpliste qu’il a été une création de Toufik et mediene c’est aller vite en besogne, Chez nous on appel ça « Ttayerz n welɣem » ( le labour du chameau) d’autant plus que vous vous dites acteur jusqu’à novembre 2001, or le mouvement de Kabylie avait tenu la dragée haute au pouvoir au moins deux années après ça.
    On pourrait, à la limite concéder que les tentatives de récupérations était une chose courante mais en sachant la complexité de prise de décision aux sein des conclaves, ne laissait guère de champs de manœuvre à qui que ce soit. Autre chose, le mouvement citoyen de Kabylie avait une qualité: l’horizontalité. Pour vous dire que de parler de « plus haut niveau » n’est pas opportun dans la circonstance. Merci.




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  • moura
    27 décembre 2009 at 22 h 47 min - Reply

    @ Afrox
    je sais de quoi je parle,pour d’autres precisions
    le mouvement est gére au jour le jour par le colonel rachid(tizi ouzou) djebar mhenna d’alger (souvent à tizi),le genera touati;’ACT de said bouteflika,et l’ACB à bejaia(aissat) dont le mouvement initial à été cassé par ‘acb,precisement au conclave de boghni.
    tres peu de delegué ont été reelement elu(meme pas une dizaine à l’echele des trois wilaya)
    relisez le contenu des conclaves(exemple les archives du matin):ils sont tout simplement nuls;mis à part le document final du 2 novembre 2001 et la charte de Ouacif.
    au niveau de chaque daira le chargé de securité veille au grain;certaines communes sont representé carement par des elements de services de securité.
    je pourais vous donner des noms et de leur communes.le mouvement de kabyie à tenu la dragée haute au moins deux années;je m’excuse au risque de frustrer ,vous ne savez rien.au conclave de juin a azeffoun le mouvement à pratiquement aucune mise sur la situation(à couteau tiré),il n’a été maintenu que par la presse(toute la presse) et Ailouche le sinistre;et bien l’abrika de services




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  • K.Seddiki
    28 décembre 2009 at 20 h 48 min - Reply

    Contribution :
    Le changement est –il possible en Algérie ?

    La réponse est loin d’être simple. D’abord, ce changement doit-il se faire avec ou contre les forces constitutives du pouvoir actuel ? -Je dis forces constitutives parce qu’elles sont en effet plurielles – Ensuite viennent les méthodes et les finalités.
    Une précision s’impose : le régime actuel ne partira que forcé : il a en effet pris le pouvoir par la force ( avec la lâcheté des uns, la complicité et la compromission de beaucoup d’autres)s’y est installé et s’est enrichi en bâtissant des fortunes,créant des oligarchies extrêmement importantes avec des ramifications internationales inimaginables en Afrique, en Amérique et en Europe .
    Ce bref rappel des faits pour affirmer que la tâche sera ardue. Boukharouba-Boumediene, Le principal bénéficiaire-continuateur de ce système- dont l’architecte fut, rappelons-le, Boussouf- martelait, du haut de son podium, en désignant son fauteuil : Cette chaîne est pleine d’épines pour celui qui voudrait s’en approcher !!!
    Cette affirmation est rappelée à juste titre pour dire la difficulté, voire l’impossibilité d’une implosion du système, quoiqu’en disent certains » rêveurs » .
    Boumediene est mort en 1978 et en 1999, Bouteflika, son porteur de valise, après bien des péripéties rocambolesques, s’installe dans ce fauteuil qui a été réchauffé par successivement Chadli (12 années) Bitat (2 mois) Boudiaf (6 mois)Kafi (4 mois)et Zeroual( 3 ans et ½). Le régime est resté le même depuis 1965, date de sa prise en main directe par les militaires, car en 1962 Ben Bella a servi de paravent,à un groupe qui s’y était préparé de longue date,depuis 1957-1958 disent certains .
    Ceci m’amène à dire que bien avant les pourparlers algéro-français,Boussouf (et le MALG en général) préparait la prise de pouvoir en éliminant tous ceux qui pouvaient gêner la manœuvre par l’étranglement d’Abane Ramdane,principal obstacle,le « suicide »l’assassinat,la corruption la menace et enfin le « mouillage »des autres. Boussouf ne pouvant (ou ne voulant pas) s’installer sur le fauteuil présidentiel, a choisi d’introduire sa création : j’ai nommé Mohamed Boukharouba Ben Brahim, alias Houari Boumediene pour les intimes- dont l’ascension fut fulgurante-, qui s’est montré plus fort que son géniteur spirituel, dans la gestion du gâteau Algérie.
    Des tentatives de changement par la violence ont eu lieu et ont toutes échoué .Elles ont été « résolues » scientifiquement par Moustaches (comme aime à l’appeler la grande majorité des soldats, pour qui, ce chef était plus qu’un père).Des noms peuvent être cités pour montrer que ce sont des « ténors » qui se sont dressés sur la route de Houari Boumediene, qui a su, dans chaque circonstance,comment agir « psychologiquement »en tuant les « irrécupérables »tels le colonel Chabani( que l’on reproche à tort à Ben Bella,alors président,qui a bien tenté d’obtenir la grâce de ce dernier auprès de Boumediene,mais en vain car celui-ci avait là une occasion en or de se débarrasser du Wilayisme. Il a donc assassiné ce jeune colonel de Biskra, ainsi que d’autres colonels : Abbas,Chabou,Abid .La liste est longue.Sûr de l’impunité,il assassinera tourà tour Khider puis Krim Belkcem.Taleb Ahmed dira pudiquement:des réglements de compte (?!).
    Je citerai aussi la tentative de Tahar Zebiri, l’homme aux multiples trahisons :Il a trahi Benboulaid qui lui a recommandé de se mettre( s’il disparaissait)à la disposition de Krim Belkacem ,puis ce dernier en rejoignant Ben Bella,puis celui-ci (qui l’a pourtant nommé chef d’état-major pour contrebalancer Boumediene,qui,lui, le prend comme membre du conseil de la Révolution,qui a décidé,un certain 19 juin 1965,de redresser je ne sais quoi ! Deux années après, en 1967, Tahar Zebiri se lance à l’assaut du pouvoir avec ses chars en écrasant tout sur son passage (citoyens, véhicules, maisons et animaux).
    D’El Asnam à El -Afroun, la route est longue et Zebiri est tout, sauf discret,offrant ainsi à Boumediene le temps nécessaire à la riposte.,C’est l’aviation qui en est chargée,pilotée par des russes,après que feu Ait Messaoudène eut essuyé un refus des pilotes algériens. En bombardant et en détruisant le pont de cette ville,le colonel est stoppé net avec ses chars !
    Les services de la SM entrent en action et du beau monde se trouve concerné tandis que Zebiri s’enfuit ( ?) ave l’aide de personnes qui seront odieusement sacrifiées : Des familles entières sont détruites, sans qu’elles puissent demander justice et réparation et les séquelles demeurent entières. Je ne veux pas citer de noms pour ne pas remuer le couteau dans la plaie.
    On y trouve des militaires bien sur (Yahiaoui, Mohand Ouelhadj, Abid, etc.) des civils- militaires (Bouregaa -Zerdani, Khalifa) et d’autres plus politiques tels Khatib Hassen et ses compagnons. Le procès qui a eu lieu à la cour révolutionnaire d’Oran est dans toutes les mémoires, car composé insidieusement de gens qui ont -presque tous- eu un pied dedans et un pied dehors et le général Touati (alors capitaine –juge d’instruction)) Abdelghani président et Draia (Ahmed la jolie pour les intimes) procureur. Ces faits appartiennent désormais à l’histoire.

    Une autre tentative mérite d’être rappelée car elle a failli réussir : Il s’en est fallu de peu,de très peu :Mellah,commandant des CNS ,a mijoté un plan dont il a le secret : un attentat en plein carrefour jouxtant le palais du gouvernement. Boumediene n’a dû son salut qu’ à deux facteurs imprévus : un des soldats,tireur d’élite,n’ a pas respecté les ordres et a ouvert le feu avant le moment choisi,permettant à Tayeb, le chauffeur, de s’enfuir par une rue adjacente et sauvant du même coup Boumediene et Bitat ,mais en recevant de nombreuses balles .

    Ce bref rappel des tentatives montre qu’il est pratiquement impossible de changer le régime par les militaires .Depuis, les services de sécurité ont certainement amélioré leurs méthodes.
    Tenter un changement par un soulèvement populaire serait également vain et la période 1991-2000 est assez explicite et n’engendrera que des morts qui iront s’ajouter au 250.000 déjà recensés et l’épisode du FIS est assez éloquent.
    Un changement démocratique est utopique. Au risque d’heurter quelques sensibilités, je me dois de répéter que les divisions au sein de la population algérienne sont extrêmement béantes. Aucune force n’est en mesure de combler le fossé qui a été creusé sciemment depuis l’indépendance, poussant une région contre une autre, diabolisant une autre et anesthésiant la cohésion sociale.
    Il me plait de rappeler ici les propos sages de Mohamed Harbi, contemporain : Le pouvoir peut, en cas de menace pour sa survie, pousser allégrement une région contre une autre !
    Est-ce à dire alors qu’il n’y a rien à faire,que nous devons subir et nous taire ?
    Non ! Heureusement que non ! Il y a des possibilités de changement qu’il convient de recenser pour rassembler le maximum d’algériens, avec l’aide des ténors de la Révolution encore de ce monde (fort heureusement) et le concours des jeunes officiers et soldats de l’armée nationale populaire, fils du peuple, fiers de l’Algérie, désireux d’enlever, pour le bien de ce pays et de son peuple, cette gangrène qui ,peu à peu, en consomme la sève. Un peu, comme l’ont fait un certain avril, de jeunes officiers portugais qui sont depuis entrés dans l’histoire de leur pays, mais aussi dans celle du monde entier.
    KS.




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  • afrox
    28 décembre 2009 at 20 h 51 min - Reply

    @ moura Azul.
    Et vous avez attendu tout ce temps pour dénoncer!?
    Moi qui étais dans la structure je n’ai rien vu de semblable et j’aimerais bien en savoir plus si possible.
    Oui pour me donner les noms et leurs communes, il faut bien écrire, un jour, l’histoire de ce mouvement pour pouvoir en tirer les leçons.




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  • moura
    29 décembre 2009 at 20 h 07 min - Reply

    j’ai dénoncé autour de moi(peu de gens m’ont cru y compris ma famille)
    si tu es dans la cadc ou dans l’interwilaya,tu ne peux pas ne pas savoir,si c’est à un échelon inferieur tu peux ignorer l’essentiel.
    j’ai ecris (impossible de publier pour l’instant et quelles preuves ce serait de la diffamation,l’un des preneur de son et image,je l’ai revu à l’occasion de la commémoration du dramaturge Mohia ,il a promit un documentaire,il travaille dans une boite de communication à alger)
    pour l’histoire:les conclaves durent entre 48 heures et 72 h,chaque commune organisatrice en principe possede au moins 48 heures de son et image,je te defis de t’en procurer (les archives sont parts chez les commanditaires)
    je ne connais pas tous les noms (on etait quand même plus de 180 delegués);laisses ton e-mail je te les communiquerais(ceux que tu demandes bien sur)
    j’ai fais plusieurs post sur le matin en ligne,j’ai eté tout le temps censuré (abrika est le dauphin de Benchicou)
    j’ai aussi posté certains post au LQA (ils sont publiés)




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    8 janvier 2010 at 10 h 41 min - Reply

    Parler d’Etat de droit sans dire ce que l’on entend par ce concept fourre-tout est, à mon avis, un peu aventureux. Car, au départ, l’Etat de droit, selon la conception de Hans Kelsen, est celui qui hiérarchise ses normes juridiques. La hiérarchisation des normes suffisait donc à définir cet Etat de droit que chacun appelle de ses vœux. Certains y ajoutent la séparation des pouvoirs qui est une catégorie spécifique aux démocraties formelles (leur contraire c’est la démocratie dite réelle, participative ou directe) et, bien sûr, les droits de l’homme. Et ce dernier point est d’une importance capitale pour nous, pour notre aire civilisationnelle et culturelle. Comme bien d’autres choses, la définition et l’objectivation de ces droits extensibles en fonction du niveau de déreligionisation des sociétés appartiennent à l’Occident qui, après l’adoption de tel ou tel autre droit, impose leur universalité sous peine de sanction voire d’expédition punitive. Les droits que l’on accorde, ici et là, aux homosexuels, par exemple, vont inéluctablement devenir des droits humains universels. Défendre l’Etat de droit est évidemment un combat qu’il faut absolument mener dans nos espaces politiques mais l’intellectuel est, me semble-t-il, celui qui pense sa propre société selon ses propres normes et catégories culturelles. C’est un enjeu considérable pour notre peuple dans l’ère de la mondialisation qui lamine les cultures et uniformise l’homme. A cet égard, le bricolage théorique et idéologique est à bannir dans nos constructions conceptuelles comme doivent être bannis les lieux communs.




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  • Adel
    10 janvier 2010 at 17 h 26 min - Reply

    @BOUKEZOUHA Abdelouahab

    Afin de progresser un peu dans la discussion, pourrait-on faire un rapide tour d’horizon dans les pays arabo-musulmans afin de voir quels sont les caractéristiques des Etats qui existent aujourd’hui [monarchie absolue, constitutionnelle, élective (Malaisie), république islamique (Iran), république type Indonésie, djamahiriyya Libyenne, etc.] et les comparer aux démocraties parlementaires occidentales (les démocraties populaires de type soviétique ayant définitivement perdu la partie)?




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    11 janvier 2010 at 10 h 58 min - Reply

    Adel, d’accord progressons dans la discussion, c’est ce à quoi j’ai moi-même convié. Quand j’évoque ce qui est à faire, à construire, tu parles de ce qui existe et qui, pour moi, est à détruire. Ce n’est pas ainsi que nous progresserons ensemble.

    Qui ignore, en tout cas pas moi, que tous les systèmes imposés par les pays arabo-musulmans sont antidémocratiques, pourquoi cet euphémisme, ils sont dictatoriaux, parce qu’ils reposent tous sur l’autoritarisme qu’ils soient des monarchies ou des « républiques ». En parlant de l’Etat de droit, tu prends en exemple les Etats occidentaux qui sont, dites-vous, des démocraties parlementaires alors que j’ai poussé à la réflexion sur le concept lui-même.

    Croyez-moi, cher Adel, si nous partons avec des bases théoriques floues, opaques, et qui, plus est, ne répondent pas à nos catégories culturelles, nos positions politiques ne peuvent être qu’importées.

    Chacun est le produit de sa culture, de son histoire et de son environnement. On ne peut vivre avec l’histoire et la mémoire des autres.




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  • Adel
    11 janvier 2010 at 12 h 41 min - Reply

    @BOUKEZOUHA abdelouahab

    Je ne suis pas un spécialiste. Afin de faire un premier pas, en attendant que d’autres intervenants nous donnent d’autres avis, pourriez-vous nous exposer votre vision? Comment voyez-vous l’État qui serait un produit de notre culture?




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    12 janvier 2010 at 17 h 36 min - Reply

    Adel, l’effort que vous me demandez est colossal. C’est à une véritable thèse que vous me conviez. Je ne me dérobe pas. La discussion mérite sans doute que je m’y colle. Je vais m’y atteler pour vous satisfaire.

    Mais, en attendant, je veux vous exposer, vous le savez peut-être, les raisons de l’échec du parlementarisme libéral dans les pays arabes y compris dans notre pays.

    Entre les deux guerres, la plupart des pays de l’Orient arabe se dotent de constitutions parlementaires. D’abord l’Egypte en 1923. Sa constitution fut un modèle pour les autres Etats. Puis l’Irak en 1924, ensuite le Liban en 1926 adoptent des constitutions parlementaires, celle du Liban est toujours en vigueur. La Transjordanie adopte, à son tour, une constitution en 1928, suivie de la Syrie en 1930.

    Seuls le Yemen qui est une théocratie centrée sur l’imam zaïdite et l’Arabie Saoudite dont la constitution est le Coran, qui n’ont pas suivi ce mouvement constitutionnel. C’est dire que ce débat que nous menons aujourd’hui date de bien longtemps.

    Après les années 20, la démocratie représentative triomphe en Orient arabe. Les constitutions garantissent les libertés publiques, assurent le respect des oppositions etc… Mais ces textes n’ont jamais été appliqués. Et l’échec du parlementarisme arabe ne relève pas uniquement de la responsabilité des dirigeants locaux mais aussi de celle des puissances occidentales dominantes.

    Celles-ci n’ont pas hésité à mettre en vacances les règles démocratiques chaque fois que leurs intérêts ont été mis en jeu. C’est encore le cas aujourd’hui, les ingérences dans nos institutions ne pas à démontrer.

    La Grande Bretagne, par exemple, va s’opposer, au moins deux fois, en 1924 et 1926, à la constitution en Egypte. Le Premier ministre Saad Zaghloul (wafd) est contraint à la démission.

    La France va, elle aussi, suspendre le système constitutionnel en Syrie et au Liban de 1932 à 1937, puis de 1939 à 1943. Le représentant français au Liban va même faire arrêter en 1943 les plus hautes autorités du pays.

    Les mêmes phénomènes se produisent dans l’Algérie coloniale. La France républicaine lorsqu’elle ne fraudait aux élections, elle les annulait purement et simplement ou comme au Liban elle arrêtait et emprisonnait les candidats et les élus nationalistes.

    Nous reviendrons plus tard à la conception de l’Etat de droit.




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  • Adel
    13 janvier 2010 at 11 h 46 min - Reply

    @BOUKEZOUHA abdelouahab

    Merci d’avoir pris la peine de répondre à ma demande.
    Je sais que les théories modernes de l’Etat sont nombreuses et que leur exposé demande beaucoup de connaissances – que je n’ai personnellement pas. Le sujet me parait important, cependant, et mériter qu’on s’y attarde.

    Les éléments de réponse que vous avez exposés dans votre précédent post mettent en lumière – si j’en ai bien saisi le sens – la contradiction qui caractérisait les États européens colonialistes qui appliquaient la démocratie parlementaire chez eux mais la refusaient aux pays colonisés. Cette contradiction est bien réelle et j’ai eu à la signaler dans certaines de mes interventions sur LQA. En Algérie, la minorité européenne avait refusé d’appliquer les principes de Liberté, Égalité, Fraternité qui étaient à la base de la Révolution Française et du système politique français, maintenant les indigène dans un état de sujets et leur refusant le statut de citoyens ayant les mêmes droits et devoirs que les Européens.

    Cette contradiction a été expliquée par l’analyse marxiste classique. Selon cette théorie, l’Etat dans les pays capitalistes sert les intérêts de la classe dominante : la bourgeoisie. L’expansion capitaliste dans le monde par la colonisation doit nier les droits des indigènes afin de tirer le maximum de profits des territoires conquis. Les marxistes du tiers-monde avaient mis en évidence la contradiction qui existait dans la position de la classe ouvrière des pays capitalistes (les partis ouvriers) qui s’opposaient aux mouvements nationalistes dans les pays colonisés. Pour les tiers-mondistes, la contradiction majeure aujourd’hui n’est plus entre la bourgeoisie et le prolétariat mais entre les pays capitalistes développés exploiteurs et les pays du tiers-monde pauvres et exploités.

    Le marxisme européen a donné le marxisme-léninisme russe et la révolution soviétique. En théorie, l’Etat soviétique, en nationalisant les moyens de production, mettait en place une société sans classes. Dan l’Etat des soviets, désigné plus tard par l’expression démocratie populaire, la dictature du prolétariat devait être une phase transitoire qui devait mener au dépérissement de l’Etat et à l’harmonie entre tous les membres de la société sans intervention de la violence coercitive exercée par l’Etat. Depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’empire soviétique, plus personne ne parle de ce type de démocratie.

    Dans les pays du tiers-monde, et en Algérie en particulier, le marxisme et le nationalisme se sont mariés (Frantz Fanon) pour donner la théorie du parti unique qui dirige la société et applique le socialisme. Dans la plupart des pays nouvellement indépendants, en particulier les pays arabes, l’armée étant la seule force organisée, les dictatures militaires ont prospéré pendant plusieurs décennies (Mauritanie, Algérie, Libye, Égypte, Soudan, Yémen, Irak, Syrie). Les pays, comme le Maroc ou l’Arabie Saoudite, qui étaient dirigés depuis longtemps par des dynasties royales ont adopté le régime monarchique – constitutionnel dans le cas du Maroc. La Tunisie, bien que dirigée par un civil après l’indépendance, n’a pas pu établir une démocratie parlementaire et l’armée a fini par prendre le pouvoir. Le Liban, seul État multiconfessionnel dans le monde arabe, me semble constituer une exception.

    Dans le monde musulman l’Iran a innové. Une révolution conduite par la hiérarchie religieuse chiite (les ayatollahs) a renversé la monarchie et instauré une république islamique. Ce système politique me semble être une démocratie parlementaire dans laquelle les ayatollahs sont les vrais dirigeants. Les élus – représentants du peuple et garants de la souveraineté populaire – ne peuvent pas décider de quoi que ce soit sans l’aval de ces derniers. D’où les ayatollahs tirent-ils leur légitimité ? Sont-ils élus par le peuple ? Il me semble que leur légitimité vient de leur savoir religieux et de leur position dans la hiérarchie religieuse chiite. Ce système a-t-il atteint une phase de stabilité semblable à celle que connaît depuis plusieurs siècles la démocratie parlementaire occidentale ? La république islamique iranienne n’est-elle pas un cas particulier chiite ? Il n’y a pas la même hiérarchie dans l’islam sunnite.

    Le cas du Soudan mérite un petit détour. C’est une dictature militaire qui a progressivement évolué en république islamique, les militaires ayant fait alliance avec un parti islamiste pour diriger le pays. La guerre entre le Nord musulman et le Sud chrétien ou animiste pèse lourdement sur la situation politique de ce pays et en fait aussi une sorte d’exception.

    Le régime de Kadhafi qui est une dictature militaire et qui se fait appeler djamahiriyya ne me semble pas mériter une mention particulière : c’est la dictature militaire sans un État digne de ce nom (elle s’appuie en fait sur le tribalisme et ne survit que grâce à la rente pétrolière).

    Ce rapide tour d’horizon nous permet de voir que les modèles qui ont existé à ce jour dans le monde moderne sont la démocratie parlementaire (bourgeoise), la démocratie populaire (communiste), la république islamique de type iranien, la dictature militaire (régime de parti unique) et la monarchie (ou émirat) constitutionnelle ou absolue.

    Si nous remontons à la période pré-coloniale, nous trouvons, dans notre pays, la Régence turque d’Alger, qui est une dictature militaire exercée par une force d’occupation étrangère, et dans le monde arabe, le khalifat (ou sultanat) ottoman, qui n’est rien d’autre qu’une monarchie absolue héréditaire.

    En Kabylie, il y a toujours eu une forme de démocratie directe qui s’est maintenue dans les petites républiques villageoises : c’est la thajemaat, assemblée regroupant les représentants masculins des familles qui composent le village, qui gère les affaires de la communauté. Cette forme de démocratie directe ne peut pas être appliquée à l’échelle d’un pays.

    J’ai toujours entendu dire qu’il y avait aussi au M’zab une forme de démocratie directe spécifique à l’islam ibadite, mais je n’en connais malheureusement pas grand-chose.

    Il me semble que nous devons écarter le khalifat de type ottoman et la monarchie (émirat), car incompatibles avec les aspirations de notre peuple à la démocratie et avec les principes qui ont été à la base de notre lutte pour l’indépendance, éléments essentiels dans la formation de la nation algérienne. Le régime de parti unique que nous avons subi depuis 1962 n’a, quant à lui, abouti qu’à la ruine de notre pays. La démocratie populaire de type soviétique (qui est aussi un régime de parti unique) n’est pas meilleure et les malheurs que le stalinisme a causés sont encore plus grands. Que reste-t-il ? La démocratie parlementaire. Ce n’est pas le meilleur système politique mais c’est le moins mauvais, en attendant qu’apparaissent d’autres formes d’Etat et d’autres types de sociétés.

    Dans le pays capitaliste le plus développé, les USA, deux partis – les Démocrates et les Républicains – représentant tous deux les intérêts du capitalisme (financier en particulier), dirigent les affaires en alternance. En Europe, droite et gauche se relaient au pouvoir, sans que le système change fondamentalement. Où nous situons-nous ? Dans notre pays, la majorité des moyens de production était, à l’indépendance, propriété de l’Etat. Il n’y avait pas, et il n’y a toujours pas, de classe bourgeoise digne de ce nom. La petite bourgeoisie et les classes moyennes ont été laminées. Tous ces facteurs font, qu’objectivement, il n’y a pas une classe sociale qui domine et qui puisse se poser en leader et garantir la pérennité du système politique. Certains analystes pensent que l’islamisme politique est le résultat d’une alliance des couches les plus défavorisées autour de la petite bourgeoisie urbaine contre les classes dirigeantes (généraux et cadres supérieurs de l’Etat) et leurs alliés. Les membres des classes dirigeantes – tenus pour responsables de la faillite du pays et rejetés par la masse du peuple pour leur corruption – étant assimilés à des francophones occidentalisés, l’idéologie islamiste de type Frères Musulmans, salafiste ou djihadiste a trouvé plus d’écho au sein de la population que le marxisme, le libéralisme ou la social-démocratie, assimilés à des créations du pouvoir.

    Qu’est-ce que l’État parfait ? C’est celui qui garantit la stabilité et l’harmonie entre les différentes couches, classes, courants, aux intérêts contradictoires et leur permet de coexister dans une même société sans la faire voler en éclats. Il garantit une juste application de la loi établie par la majorité à toutes les personnes, sans distinction. Il garantit aussi la liberté, la sécurité des personnes et des biens, etc. Dans notre pays plusieurs courants politiques se sont constitués et se disputent le pouvoir :

    – le courant islamiste avec le FIS, HAMAS et ISLAH

    – le courant nationaliste avec le FLN et le RND

    – le courant social-démocrate avec le FFS et le RCD
    ainsi que d’autres petits partis

    – le courant marxiste avec le PT, le PST et Ettahadi

    En 1992, le courant islamiste, avec à sa tête le FIS, était le courant majoritaire.

    Qu’est-ce qui peut garantir la coexistence pacifique de ces courants dans la société ? Faudrait-il que l’un d’eux balaye complètement les autres pour que notre société fonctionne normalement ?

    Il me semble que dans l’étape actuelle, la seule solution raisonnable est la démocratie parlementaire. C’est l’Etat de droit, avec ses caractéristiques connues (pluripartisme et alternance au pouvoir par les élections, indépendance des pouvoirs. liberté des médias, etc.). Le gros problème est de faire coexister un parti qui veut appliquer la chariaa (FIS) et un parti qui veut appliquer la laïcité (RCD). Si ces deux partis qui ont des positions extrêmes inconciliables ne renoncent pas à leurs prétentions et ne trouvent pas un compromis, nous sommes condamnés à subir la dictature d’une clique de généraux corrompus et de leurs alliés prédateurs au sein de l’Etat. On peut aussi partir du principe que seul le courant islamiste est représentatif de la société algérienne et que les autres doivent s’effacer. Je ne partage pas ce point de vue et beaucoup d’éléments de la réalité me confortent dans cette position. C’est à partir de cette position que j’agis pour la démocratie et l’Etat de droit, sans être toutefois militant d’un parti politique.

    Cependant, si le FIS est vraiment majoritaire et si le peuple algérien veut vraiment l’application de la chariaa, alors une révolution à l’iranienne aura lieu tôt ou tard et une république islamique se mettra en place. Pour ma part, je persiste à croire que ce n’est pas l’application de la chariaa que le peuple algérien veut, mais la paix, la liberté, la justice, le respect, un travail, un logement, une bonne éducation pour les enfants, un système de santé efficace, etc. Il me semble que toutes ces revendications peuvent être prises en charge dune manière plus effective dans un État de droit basé sur la démocratie parlementaire que dans n’importe quel autre système politique. L’action de cet État ne pourra être efficace, cependant, que s’il tient entièrement compte de toutes les données de notre pays, qu’elles soient d’ordre religieux, culturel, économique, social, etc. Ignorer l’un des aspects majeurs de la vie de notre société d’aujourd’hui, c’est se condamner à maintenir vivants les germes de la division et de la haine. Si nous mettons de côté l’application de la chariaa et la laïcité, qui ne me semblent être ni des revendications claires de la majorité, ni des nécessités dictées par l’étape historique que nous traversons – comme l’était l’indépendance avant 1954 – alors nous pourrons discuter et trouver un compromis qui nous servira de base d’action commune contre le régime illégitime actuel (illégitimité qui est, je pense, un fait établi).




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    13 janvier 2010 at 14 h 38 min - Reply

    salam

    Adel,

    Produire la loi c’est l’une des fonctions essentielles de l’Etat. Et cela signifie que l’Etat ne repose plus sur la force mais sur le droit. Ce n’est plus «l’état de nature » où c’est la guerre de tous contre tous. Lire à ce sujet Thomas Hobbes, auteur anglais du XVIIème siècle, dans son Léviathan. Mais l’Etat de droit européen s’est constitué par couches sédimentaires depuis la fin du Moyen âge en Angleterre d’abord. S’il a, en effet, donné des droits à l’individu, l’Etat de droit s’est, en revanche, formé sur la disparition de cultures et de langues régionales dans certains pays comme la France, par exemple. But : unifier, uniformiser l’espace public qui s’est, au fil du temps, sécularisé ou laïcisé. Mais avant que ne se produise la séparation sur le plan formel entre l’Etat et les églises dans certains pays comme la France dont une grande région, l’Alsace et la Lorraine échappe à la loi de 1905 ou la Belgique (remarquez que je ne dis pas séparation entre la politique et la religion qui sont, que nous le voulions ou non, deux sphères si mêlées qu’elles sont inséparables comme des frères siamois), tout le corpus juridique européen trouvait sa source dans le droit latin. En effet, le droit canon l’a très largement influencé qu’il demeure encore aujourd’hui relativement prégnant dans l’esprit des lois. Contrairement à la France, l’Allemagne qui se veut neutre par rapport aux religions collabore avec les églises dans très nombreux domaines. Il faut savoir que les Allemands paient ce que l’on appelle là-bas un impôt d’église. Les Allemands musulmans paient cet impôt aux mosquées.

    Bien que les révolutions européennes ont été d’une férocité extraordinaire, en France en particulier où la terreur avait atteint l’inhumanité – la République n’est-t-elle pas, à cet égard, la fille de la violence ? – elles ont composé avec « la réaction », avec l’église, avec la religion pour gagner la paix civile. Des concessions ont été faites à la religion sur le plan politique et institutionnel. Le repos dominical, par exemple, devenu universel a été instauré pour permettre aux chrétiens de se rendre à la messe, le congé donné aux enfants le jeudi, à l’époque, le mercredi aujourd’hui, c’est pour permettre également l’enseignement du catéchisme en dehors de l’école considérée comme un temple laïc de la République. D’autre part, les accords de Latran, après que l’église eut perdu les Etats pontificaux, donnent au Pape un Etat constitué dans la Cité du Vatican en 1929, en contradiction totale avec la définition de l’Etat en Europe du fait que l’Etat du Vatican n’exerce de souveraineté sur aucune population, cet élément est pourtant fondamental dans la formation des Etats. Tout cela pour dire que l’Europe n’a ni évacué l’église ni expulsé la religion exclusivement dans la sphère privée. Du reste des partis « religieux » ou fondés sur le religieux existent encore aujourd’hui dans quasiment tous les pays européens et certains d’entre eux sont à la tête de gouvernements comme en Allemagne notamment avec la CDU (Union Chrétienne Démocrate) ou aux Pays Bas avec le CDA formé d’une coalition de chrétiens-démocrates et de sociaux démocrates.

    Nous nous éloignons de la problématique de l’Etat de droit ? Certainement pas parce que tout cela implique la question du rôle de la religion dans l’espace politique (d’où la stupidité chez nous du refus de principe que développe certains de l’utilisation de la religion à des fins politiques) et celle des sources de notre droit.

    C’est autour des sources du droit que se pose la question centrale de la constitution de l’Etat de droit. Il ne faut pas confondre l’Etat de droit (droit au singulier) et l’Etat de droits (droits au pluriel), ce sont deux choses totalement différentes.

    Devons-nous, nous aussi, prendre en considération et en référence les catégories juridiques islamiques (charia et fiqh comme droit jurisprudentiel humain) dans notre conception de l’Etat de droit ou devons-nous jeter aux orties ce paradigme juridique pour ressembler aux autres peuples du monde occidental auquel rien ne nous différencierait alors ? C’est une question en même temps qu’une préoccupation qui doit fonder notre réflexion pour la construction de nos institutions et de notre charnière idéologique.

    L’Etat qui ne tient pas compte des constituants normatifs de son peuple ne peut être considéré comme un « Etat de droit ».

    Dès lors, nous pouvons, institutionnellement, être organisés sur le même modèle que les autres démocraties avec les trois pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire) séparés, et un respect scrupuleux des droits fondamentaux des gens dans le cadre du système normatif algérien élaboré selon nos critères et nos catégories juridiques.

    L’islam n’est réfractaire à aucune autre forme de gouvernement à l’exception de la théocratie qui est une conception chrétienne parce que, ici bas, personne ne peut se proclamer représentant de Dieu ou décider détenir son pouvoir de Lui. Personne, non plus, ne peut accaparer un pouvoir religieux qui n’existe pas en Islam, vous le savez. Il n’y a pas de pouvoir religieux en islam qui puisse être séparé, comme en chrétienté, du pouvoir séculier.

    PS : Je viens de prendre connaissance de votre texte riche et long. Je ne vais pas le commenter évidemment dans ce post. Une seule réaction seulement à propos de la position du marxisme sur la colonisation algérienne : pardonnez-moi, mais la position de Marx et Engels n’étaient pas celle que vous indiquez. Au contraire, Marx et Engels soutenaient la colonisation française en Algérie pour passer d’une société féodale à une société pré-capitaliste, puis capitaliste, puis évidemment, étant donné les contradictions de classe qu’une telle société produit, vous l’avez dit, une société socialiste par eux idéalisée. Vous connaissez sans doute leur œuvre à ce sujet ? Leurs textes sont rassemblés dans un livre « Marxisme et Algérie » publié il y a plusieurs années déjà, je n’ai pas la date en tête, dans la collection 10/18. Si vous ne connaissez pas ces textes, lisez-les et vous verrez. En dépit du temps que cela nous prend aux uns et aux autres, ces discussions sur des sujets aussi fondamentaux sont très utiles pour la clarification de nos concepts à la condition que nous en fassions quelque chose sur le plan politique. Il nous faut sortir de l’incantation.




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