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21 July 2017

Syndicat des praticiens de santé publique : Grève illimitée à partir d’aujourd’hui

grève médecins1La décision a été prise lors d’un conseil national extraordinaire du SNPSP

Par : Nabila Afroun, Liberté, 21 décembre 2009

Au-delà de l’épidémie de la grippe A/H1N1, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière doit faire face au mouvement de protestation qui prend de l’ampleur dans son secteur. Le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), regroupant les médecins spécialistes et généralistes des polycliniques et salles de soins, a décidé de passer à une étape supérieure de la contestation. Suite à un conseil national extraordinaire du Syndicat organisé durant la semaine dernière, les praticiens ont opté pour une grève illimitée à partir d’aujourd’hui.
Un préavis de grève a été déposé le 13 du mois en cours. Selon le Syndicat, cette décision est motivée par le silence “absolu et méprisant” du ministère de la Santé suite aux appels au dialogue lancés par les praticiens de la santé publique. “Nous dénonçons l’attitude du ministère de tutelle qui prône, d’une part, le dialogue social dans ses discours et continue, d’autre part, sa politique de mépris et la provocation”, a déclaré le responsable du Syndicat. La plateforme de revendications du SNPSP se résume au traitement du régime indemnitaire et la prise en charge du plan de carrière des praticiens de la santé publique. Car, pour eux, il n’est pas question, à titre d’exemple, qu’un chirurgien dentiste soit classé à la catégorie 13. “Nous revendiquons également le passage de grade pour les praticiens qui cumulent cinq années d’ancienneté, le droit au week-end pour les praticiens du centre et l’arrêt des intimidations ainsi que des sanctions que subissent les syndicalistes”, réclament les syndicalistes. Le SNPSP appelle l’ensemble de ses adhérents au respect du mot d’ordre de la grève ouverte, et ce, jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications socioprofessionnelles. Il précise qu’en dehors des situations d’urgence médicalement établies, la grève ouverte des praticiens touche toutes les activités de soins, de consultation et d’exploration (biologique et radiologique), les activités de prévention, y compris la remise des bilans des différentes activités (UDS, BHC, la médecine du travail…), les activités d’enseignement et de formation, la participation aux réunions des conseils médicaux, des comités et des commissions siégeant sous l’autorité des EPSP, des EPH ou des DSP et, enfin, le boycott de toute participation à des séminaires organisés par le ministère de la Santé.
Exceptionnellement à la situation de crise sanitaire provoquée par l’épidémie de grippe A que traverse le pays, le SNPSP informe les grévistes que le cadre du service minimum s’élargira à la participation des praticiens aux campagnes de vaccination contre le virus H1N1. “Cette activité doit se dérouler dans le respect strict de toutes les conditions établies de sécurité, notamment sanitaires pour le citoyen et médico-légales pour le praticien”, précise-t-il.


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    22 décembre 2009 at 21 h 40 min - Reply

    Débrayage du SNPSP : Le mot d’ordre a été respecté
    El Watan, 22 décembre 2009
    En dépit des graves préjudices sanitaires portés aux citoyens par ce débrayage, le ministère de la Santé demeure emmuré dans un mutisme indifférent

    Pour sa première journée, la grève enclenchée hier par le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a été largement suivie. Le mot d’ordre a été respecté, selon le président du syndicat, Lyes Merabet, à 87% sur l’ensemble du territoire national. « Cette action est un durcissement de la grève cyclique de trois jours que le SNPSP a entamée le 23 novembre dernier et qui a duré un mois. Face à l’indifférence des pouvoirs publics, le ministre de tutelle à leur tête, les assemblées générales locales puis le conseil national extraordinaire qui s’est réuni le 10 décembre, ont décidé de prolonger cette contestation, mais sous forme d’une grève ouverte et illimitée », explique M. Merabet. En dépit des graves préjudices sanitaires portés aux citoyens par ce débrayage, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière demeure emmuré dans un mutisme indifférent. Ce qui n’est pas sans affliger au plus haut point les grévistes.

    « L’attitude dans laquelle se confine Saïd Barkat, en plus d’être méprisante et négative, ne contribue nullement au règlement du conflit », commente le Dr Merabet. « Au lieu de prendre en charge nos revendications socioprofessionnelles en invitant les praticiens au débat et à relancer le dialogue, déplore-t-il, le ministre verse dans le populisme et le paternalisme. » « Pourtant, nous sommes avant tout des confrères », accuse-t-il. Pis encore, pour Lyes Merabet, le premier responsable du secteur sanitaire semble faire, à dessein ou par ignorance, dans la désinformation : « Il tente de provoquer de graves équivoques, puisque, s’exprimant sur les ondes de la Radio nationale, M. Barkat, se voulant intimidant, parle, en abordant le dossier de la vaccination contre la grippe A(H1N1), de la culpabilité des praticiens grévistes et de leur irresponsabilité. »

    Force est de constater que le ministre n’a pas pris connaissance des consignes données par le bureau national aux adhérents et publiées dans le communiqué du SNPSP. « Nous avons décidé d’élargir le cadre du service minimum, qui auparavant n’incluait que les situations d’urgence médicalement établies, à la participation des praticiens grévistes aux campagnes de vaccination contre la grippe A(H1N1) », rassure le président du SNPSP, ajoutant toutefois : « Du moins lorsqu’elles commenceront, ce qui ne semble pas être demain la veille. » Cette grève risque de perdurer, puisque, même si le Dr Merabet ne peut pas « déterminer sa durée », elle ne prendra fin « qu’une fois que les responsables du ministère accepteront de donner une suite favorable à la plateforme de revendications du SNPSP ». « Nous nous battons pour la promulgation du statut particulier dans sa forme négociée et ratifiée en commission mixte, la mise en place d’une commission mixte pour le régime indemnitaire ainsi que l’application du décret exécutif n°09-244 du 22 juillet 2009 déterminant l’aménagement et la répartition des horaires de travail à l’intérieur de la semaine dans le secteur de la Fonction publique.

    De même, nous demandons l’élargissement, au profit du praticien généraliste, du droit à la procédure de cessibilité pour le logement de fonction, à l’instar des autres corps de la Fonction publique », rappelle le président du SNPSP. Et de conclure : « Nous exigeons la levée de toutes les situations d’entrave au libre exercice du droit syndical. »

    Par Ghania Lassal




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