Édition du
23 July 2017

Aujourd'hui 28 décembre 2009 : 19e jour de grève de la faim de Meriem Mehdi

MERIA
EL WATAN 23 décembre 2009

Soutien à Meryem Mehdi : Sit-in devant le siège de British Gas à Ben Aknoun
Meryem Mehdi, cette femme qui accuse la compagnie British Gas de l’avoir licenciée abusivement, est en grève de la faim depuis 14 jours

Afin de lui apporter son soutien, et ainsi faire pression sur la compagnie britannique en vue d’une réintégration de la plaignante, le comité de femmes du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) a tenté d’organiser un sit-in devant le siège social de British Gas, hier dans la mi-journée. Ce rassemblement avait effectivement tout de l’expédition, tant la « cible » est difficile à localiser.Le point de ralliement était l’ambassade du Canada. Toutefois, aux abords de la représentation diplomatique, nulle trace d’un quelconque bureau de la multinationale. Quelques minutes avant l’heure du rendez-vous, une dizaine de personnes se rassemblent devant un grand portail vert, mitoyen du siège de l’entreprise canadienne SNC Lavalin.

Dans le groupe, Nacira Ghozlane, secrétaire générale du Snapap. « Nous attendons d’être au complet pour commencer notre action », explique-t-elle avant d’ajouter : « Le siège est plutôt bien caché, il se trouve à l’intérieur de la propriété Bengana, juste à côté de la résidence de l’ambassade du Canada. » Puis, au fil des minutes, l’assemblée s’épaissit. Les représentantes du comité des femmes, Meriem Maârouf du Conseil national des enseignants contractuels (CNEC), de « simples » syndicalistes ainsi que d’autres travailleurs ayant été lésés par leur employeur, à l’instar de Yacine Zaïd ou Ziani Slim, toujours en conflit avec respectivement le groupe Compass et le groupe pétrolier Weatherford. Le groupe est aussi rejoint par des députés, le Dr Khendek Mohamed, du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), et vice-président de l’Assemblée populaire nationale ainsi que par Tahar Besbas, vice-président du groupe parlementaire et secrétaire national aux affaires sociales du RCD. M. Besbas compte d’ailleurs interpeller le ministre du Travail à ce sujet.

De même, deux membres du bureau national du Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), Moulay Chentouf et Naïmi Belakhdar, étaient présents. Et last but not least, Salah Eddine Sidhoum, éminent chirurgien et défenseur des droits de l’homme, a répondu à l’appel, en compagnie de son fils, avocat au barreau d’Alger, et qui est en charge du volet législatif du dossier Meryem Mehdi. Lorsque le « coup d’envoi » du sit-in est lancé, la quarantaine de contestataires, certains brandissant des pancartes, d’autres les ayant carrément accrochées sur le buste, et où l’on peut lire « BG out », « Halte à l’esclavage », pénètrent dans la résidence. Le portail en fer forgé est clos, et de sa lucarne, l’agent de sécurité lance à la troupe un « vous vous trompez, il n’y a pas de BG ici, c’est une propriété privée ».

Désarçonnés, ils font marche arrière. Contactant au téléphone la première concernée, Mme Mehdi, Mme Ghozlane confirme l’adresse, et, se dirigeant de nouveau vers le portail, demande au planton de lui permettre d’entrer dans les locaux « juste pour déposer une lettre », promet-elle. Mais peine perdue, puisque celui-ci lui confie qu’il a « reçu des instructions ». Ne se laissant pas démonter, ils campent sur les lieux plus d’une demi-heure, scandant des slogans « hostiles », ils vilipendent et conspuent ces « colonisateurs des temps modernes ». Ensuite, ils continueront leur mouvement de contestation à l’extérieur, dans la rue, où les forces de l’ordre encadrent les manifestants.

Ces derniers exposent aux policiers et aux passants leurs motivations, et l’état « alarmant » dans lequel se trouve la gréviste. « Je l’ai évacuée hier à l’hôpital Zmirli », affirme M. Besbas, tandis que Mme Ghozlane explique que Meryem a fait une grave hypoglycémie, et qu’elle est sous perfusion. M. Sidhoum, qui lui a rendu visite pour s’enquérir de son état de santé, déplore avoir été très peiné par sa situation.

Par Ghania Lassal


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7 Commentaires sur cet article

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  • Rédaction
    23 décembre 2009 at 9 h 17 min - Reply

    En grève de la faim depuis plus de 2 semaines
    La Haider algérienne agonise

    Par Youcef Aouchiche

    La Tribune des lecteurs 23 décembre 2009

    Un Sit-in devant la DR British Gas aujourd’hui
    « Mme Mehdi Meriem, cadre de l’entreprise British Gas, opérant à Hassi Messaoud, a été licenciée d’une manière abusive et en violation de son contrat de travail à durée indéterminée et des lois du travail en vigueur dans notre pays « , note le communiqué. Dénonçant les atteintes aux droits de Meriem Mehdi, les membres de ce comité ont annoncé la tenue d’un sit-in devant le siège régional de la société en question sis à Ben Aknoun dans les hauteurs d’Alger. Dans ce contexte les rédacteurs de ce document ont appelé tous les membres de la société civile, les travailleurs ainsi que tous les citoyens pour une action de solidarité et de soutien à l’égard de Meriem Mehdi. L’action est prévue aujourd’hui à 12 heures.
    Contactée, hier, par téléphone, Mme Nassira Ghozlan Secrétaire générale du Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (SNAPAP) nous a indiqué que ce rassemblement intervient pour exiger la réintégration sans conditions de Meriem Mehdi et cela conformément au contrat la liant à son employeur British Gas.  » Non seulement il faudra réintégrer notre sœur Meriem, mais aussi de défendre l’honneur et la dignité de tous les travailleurs algériens bafoués  » a-t-elle ajouté d’un air consterné.

    L’état de santé de Meriem Mehdi se dégrade
    Interrogé sur l’état de santé de Meriem Mehdi, la SG du Snapap a indiqué qu’elle se trouve dans un état critique. Au même temps de notre discussion avec elle, Mme Ghozlan nous annonce qu’une ambulance s’est présentée sur les lieux pour évacuer la gréviste de la faim à l’Hôpital. A son 13e jour de grève, Meriem Mehdi, la Haider algérienne appelée ainsi en reconnaissance à son courage, elle présente des signes d’hypoglycémie avec vertiges et des vomissements bilieux avec des frissons.
    Toutefois notre interlocutrice nous a fait savoir que la contestatrice reste toujours déterminée à continuer son action.

    Le Snapap saisit le conseil des droit de l’Homme de l’ONU
    Toujours dans ce sillage, Nassira Ghozlan a déclaré que le syndicat qu’elle représente a saisi le Haut Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies afin qu’il intervienne pour mettre un terme à ces violations.
    Sur ce point, notre interlocutrice a estimé que le monde entier doit avoir conscience que les Algériens sont lésés dans leurs droits élémentaires.
    Elle a ajouté que plusieurs ONG locales et internationales ont manifesté leurs indignations devant ces faits tout en appelant les multinationales et le pouvoir algérien à agir pour mettre fin à ces scandales, qui nuisent davantage à la réputation de notre pays.
    Elle a cité, en outre, la solidarité de la totalité des syndicats autonomes, de plusieurs associations et organisations de défense des droits de l’Homme.
    Selon elle, L’intersyndicale et la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) sont la locomotive de ce mouvement de solidarité.
    Elle a souligné dans ce sens qu’une rencontre a réuni les représentants des travailleurs avec l’Organisation du Maitre Moustafa Bouchachi pour les aider dans les démarches à suivre dans leurs luttes contre ce genre de pratiques.

    Nassira Ghozlan dénonce un black-out médiatique
    En outre, notre interlocutrice s’est indignée du black-out médiatique imposé autour de cette affaire.
    Pour elle, les médias doivent s’impliquer davantage dans la défense des droits des travailleurs.  » Malheureusement ce n’est pas le cas concernant Meriem Mehdi « , a-t-elle martelé.
    Au moment où les médias algériens ont porté tout leur soutien à Aminatou Haider, les travailleurs algériens espèrent voir une telle solidarité à l’égard de leurs causes.
    Cependant l’oratrice préfère rester confiante quant aux aboutissements de cette affaire, tout en citant les bonnes volontés qui restent toujours solidaires avec les causes justes.
    Sur un autre plan, le syndicaliste Yacine Zayd nous a indiqué qu’il sera entendu pour la 24ème fois par la justice, le 30 décembre prochain.
    Cette fois-ci, il sera introduit devant le tribunal de Hassi Messaoud après une plainte déposée contre lui par la multinationale qui l’a licencié à cause d’une initiative de création d’une unité syndicale au sein de cette entreprise.
    Il est à noter enfin, que ce comité national fixe comme objectif le soutien de tous les travailleurs exerçant sur tout le territoire national et notamment au sud.
    Y. A.




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  • Revolte
    23 décembre 2009 at 11 h 31 min - Reply

    salam

    Ne savez vous pas que nous sommes sans gouvernant depuis des lustres, il ya des mers et des oceans qui nous separent de ces affreux sales et mechant, nous les gouvernes laisses pour compte de puis 1962 n’attendez rien de ces miserables voleurs pour venir au secours du citoyen leurs interets sont ailleurs, mes freres si vous savez ce qui se passe a l’interieur du pays avec les compagnies etrangeres a l’image de BG, ARROGANCE MEPRIS MENACE ATTEINTE AU RESPECT ET DROIT DU TRAVAIL cas precis d’exemple KBR skikda – COMPETENCE ORASCOM???? – Travailleurs algeriens? le tout resume un abus caracterise sur toute la ligne du droit et du devoir et qui ne dit pas son nom….loin du milieu d’influence d’Alger, les gens de l’interieur vivent dans le silence de la peur d’etre gratuitement et arbitrairement coupable de quelque chose que juste le cauchemard peut nous faire vivre, ces compagnies recrutent selon le poids et l’envergure de l’autorite qui recommande pour assurer leur protection sans limites et je vous laisse apprecier en vous remerciant de votre attention




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  • ramy
    25 décembre 2009 at 1 h 04 min - Reply

    Apparemnt c’est devenu monnaie courante chez ces compagnies! J’ai été moi meme victime d’un licenciement abusif d’une multinationale dans le domaine des hydrocarbures ! Beaucoup de sociétes pétrolières se donnent le droit de renvoyer et recruter des gens sans se soucier de quoi que ce soit! Et qu’on ne me parle pas de modialisation ou de capitalisme SVP! car ces compagnies ne se permettraient jamais ce type de licenciment dans leur pays d’origine, vu les lois et les droits des travailleurs ! Le pire est que ces compagnies se portent bien finacièrement et font meme des bénéfices (donc on ne parle pas de compression économique) mais décident de faire des licenciements abusifs en appelant cela dans leur propre jargon »reorganisation » Cependant,celle ci n’est pas dutout justifiée. Les employés se voient dans l’obligaton d’accepter et de prendre les indemnités qu’on leur donnent et ce n’est pas comme pensent beaucoup d’Algériens : ces indemnités ne sont pas suffisantes comparés au préjudices morales et financiers causés aux employés.
    Ces derniers ne font pas appel à l’inspection de travail ou ne vont pas en justice car connaissant d’avance le résultat et sachant que les lois ne protégent pas suffisement l’employé. Connaissant tout cela, ces compagnies se permettent d’agir ainsi. Ces comportements doivent etre condamnés par tous les Algériens et Algériennes qui se respectent car ces sociétes se font bcp d’argent en exploitant les richesses du pays. Le temps de la colonisation est révolu! Il faut que l’Etat exige la protection des employés Algériens qui travaillent dans ces sociétes et exerce ( à traves ses institutions) plus de controle sur la facon dont les employés sont traités. Je salue le courage de cette dame qui a refusé la HOGRA!




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  • rachid 2
    26 décembre 2009 at 13 h 16 min - Reply

    Il faut comprendre une chose c est que ces compagnies petrolieres surtout anglosaxonnes ce sont elles qui permettent au pôuvoir de se maintenir en place et connaissent tous des dessous de cartes des regimes dits arabes




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  • Sofiane
    27 décembre 2009 at 21 h 30 min - Reply

    Je peux vous garantir que British Petroleum en fait autant ( si ce n’est pas plus) et traite les Algériens de la meme façon et la meilleure est que celui qui est à la tete de cette boite en Algérie (son PDG) est un Algerien binational! Je vous laisse deviner la suite!

    ==============================
    Adressez-nous des témoignages crédibles. Nous les publierons.
    La Rédaction




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  • Dudesert
    27 décembre 2009 at 23 h 11 min - Reply

    Bonsoir

    Pour défendre une cause, il faut avoir tout les éléments et arguments a faire valoir. Ces éléments et arguments doivent être documentes. quelques vérités sont nécessaires pour se faire une bonne idée et assurer une défense infaillible :
    1. En général, les sociétés étrangères au sud ne recrutent pas sur la base d’une étude objective des CV. Je dis bien en général parce que des sociétés de services étrangères font effectivement une chasse aux compétences délaissées, marginalisées et non respectées par les sociétés algériennes nationales ou privées et les algériens – Nous ne savons pas encore encourager l’intelligence, nous sommes plus tôt jaloux.
    2. Les recrutements dans ces sociétés se fassent en général sur la base de recommandations amicales ou relationnelles. En dans ce cas, on trouve de tout : fils d’un untel, copain d’un autre, copine de ceci ou de cela…..ce type de recrutement concerne en général des profils ne nécessitant aucune compétence particulière sauf peut être un peu de d’Anglais. Les bénéficiaires sont en général très bien payes, avec un rendement qui tend vers ….. le transfert de compétences tend en général vers….
    Il faut dire que dans cette situation, il n’existe aucune mise en concurrence des compétences.
    3. Il faut savoir aussi que les sociétés qui investissent dans la recherche des hydrocarbures comme British Gas viennent un budget de recherche négocié auprès de la maison mère et opèrent toujours en association avec sonatrach. si elles font une découverte commercialement exploitables, il y a passage a la phase developpement du gisement sinon ces sociétés plis bagages et laissent l’ardoise : c’est le risque de recherche. Tout ce type de sociétés passent pas une période de baisse totale d’activité. Les premières décisions qu’elles prennent sont le licenciement ou la réaffectation de leur personnel sans distinction de nationalité. En general, les gros salaires sont les premiers a etre licencies.
    4. Le monde du pétrole – sauf pour les sociétés nationales ou les salaires sont très bas- se caractérise par des grilles de salaires élevées mais en parallèle par une forte flexibilité et mobilité.
    Tout le personnel etranger de ces societes savent qu’ils peuvent etre licencie a tout moment.
    Mon intervention se veut uniquement une mise au point qui n’est pas complète. En général, je constate beaucoup de contre vérités dans les commentaires. Il n’y a que l’argumentation valable, valide et solide qui peut aider a défendre une cause. Sinon, la partie adverse dormira sur les deux oreilles lorsqu’elle lira certaines interventions.
    Bonne soirée




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  • malek
    28 décembre 2009 at 16 h 21 min - Reply

    Si la femme était britannique croyez moi que sont problème aurait était réglé après deux jours de gréve, mais vue la cruauté je suis certain que c’est un Algérien qui est derrière cette situation, sinon qui peut être aussi cruel envers un Algérien(ne)s ?? Madame je connais pas le fond de votre histoire mais je tiens a vous témoigner mon soutient et mon respect. Concernant les lâches qui « gouvernent » honte a vous! si je vis pas assez longtemps pour le faire moi même,je demanderais a mon fils d’aller pisser sur vos tombes (lecteurs, excusez ces mots qui soulagent 🙂 )




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  • Congrès du Changement Démocratique