Édition du
22 March 2017

Les médiocres n'ont ni mémoire ni dignité: A propos du match Algérie-Egypte

addipar Lahouari Addi,

Le Quotidien d’Oran, 24 décembre 2009

Le match de football entre l’Algérie et l’Egypte et les conséquences qui en ont suivi ont révélé beaucoup de choses dont nous n’avions pas conscience. Nous avons découvert une Egypte inamicale et haineuse et une jeunesse algérienne aussi patriote, sinon plus, que les générations précédentes.

La première conclusion qui s’impose est que le monde arabe, d’une manière générale, est dans un état déplorable. Donner à une manifestation sportive cette dimension politique illustre à quel point le régime égyptien est dans le désarroi. Il n’avait rien à offrir à son peuple, sinon une victoire de football. C’est pourquoi la défaite fut amère. Ce n’est plus l’éthique du sport qui est mise en avant ; c’est la crédibilité d’un régime qui est en jeu, un régime qui dépend de la mendicité internationale et des touristes étrangers qui visitent un pays conquis. D’où le besoin de détourner les sentiments nationalistes des Egyptiens qui n’ont rien à voir avec les opportunistes de médias manipulés par les ‘moukhabarat’.

Le peuple égyptien est pacifique, et toute son histoire a montré qu’il est hospitalier au point où nombre de ses dirigeants et de son élite sont issus de différentes parties du monde musulman. Le grand quotidien Al Ahram a été fondé en 1880 par des Syro-Libanais qui avaient trouvé refuge au Caire. Sati El Husri (1882-1968), d’origine syrienne, avait aussi choisi Le Caire où il vécut de 1942 à sa mort. Pour lui, l’unité arabe devait se faire autour de l’Egypte qu’il comparait à la Prusse qui avait unifié l’Allemagne au XIXème siècle. Les Maghrébins aussi ont contribué à la vie culturelle, religieuse et politique de l’Egypte. Le quartier des Maghrébins au Caire atteste de leur présence et des liens avec l’Afrique du Nord. L’un des grands dirigeants de l’organisation des Frères musulmans, décédé il y a quelques années, porte de nom de Omar Tlemçani.

Jusqu’à l’avènement du parti unique en 1952, l’Egypte avait par ailleurs une élite intellectuelle (Lutfi Sayyed, Taha Hussein, Ali Abderrazak, Ahmed Amine…), politique (les cadres du parti Wafd) et artistique qui a rayonné dans tout le monde arabe. Elle promettait des perspectives d’Etat de droit et de démocratie qui à l’époque étaient contrariées par la monarchie inféodée aux Britanniques. Le régime autoritaire de Nasser qui à l’origine avait suscité de l’espoir, a détruit la monarchie mais aussi la société civile, affichant un mépris hautain pour le débat démocratique, étouffant dans l’oeuf l’expérience de la société civile égyptienne. A la faveur du discours démagogique panarabiste et soi-disant socialiste, le régime a favorisé les opportunistes et les médiocres en chassant vers l’exil intérieur des penseurs comme Taha Hussein.

Le régime égyptien a mis en place, dès les années 1950, un système de parti unique qui aspirait vers le haut les médiocres et les corrompus. Ce sont eux, et ceux qu’ils ont formés, qui insultent l’Algérie, un pays qui a avec l’Egypte des liens historiques et culturels plus forts qu’ils n’imaginent. Savent-ils au moins que c’est une tribu de la Petite Kabylie – les Kotama – qui, après avoir accueilli et protégé Obeidallah, un descendant de Fatima, fille du Prophète, ont marché vers le Moyen-Orient pour renverser les Abbassides et pour proclamer Obeidallah calife à Baghdad. Les Kotama se sont arrêtés en Egypte, ont créé Al Kahira (la Victorieuse) et ont fondé la dynastie Fatimide qui avait égalé en splendeur celle des Abbassides. Les Fatimides ont créé l’université Al Azhar, la plus ancienne université au monde, antérieure à celle de Bologne. Se rappellent-ils ces médiocres de la presse que ce sont le Président Boumédiène et le Roi Fayçal qui ont financé l’armement dont l’Egypte a eu besoin pour libérer le Sinaï en 1973 ? On raconte que Boumédiène et Fayçal étaient fous de rage lorsque Sadate avait signé l’accord de cessez-le-feu au kilomètre 101. Boumédiène voulait que l’armée israélienne entre au Caire où elle aurait été défaite par la guérilla urbaine. La nomenklatura du Caire tenait trop à son confort pour laisser le peuple égyptien affronter l’armée sioniste. La médiocrité n’a pas de mémoire, ni de dignité. Ce sont là les conséquences désastreuses du système du parti unique qui a écarté les Egyptiens de valeur et mis à leur place les domestiques des ‘moukhabarat’.

Il y a un lourd contentieux entre les peuples musulmans, qui se sentent trahis, et le régime égyptien qui a accepté en 1979, pour quelques centaines de millions de dollars, d’ouvrir une ambassade de l’Etat hébreu au Caire, sans que Israël n’accepte un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale. C’est le minimum que les musulmans puissent accepter d’Israël et de l’Occident. Les jeunes supporters algériens, et cela a été dit et redit, n’ont pas accepté que leur équipe de football, symbole du drapeau national, soit agressée dans un pays qu’ils considéraient comme le leur. C’est évident, mais ce qu’ils n’acceptaient pas au fond, c’est que le régime égyptien soit insensible au sort des Palestiniens en général et de Gaza en particulier. « Qu’ils aident Gaza et nous leur donnerons le match », m’avait dit un jeune de banlieue en France. Le match Algérie-Egypte a révélé ce contentieux entre l’Egypte et le monde arabe. Soudanais, Marocains, Syriens… ont soutenu l’équipe algérienne parce qu’ils considèrent que Hosni Moubarak porte une responsabilité personnelle dans le meurtre de centaines de Palestiniens en décembre 2008 et janvier 2009.

Sur un autre plan, les jeunes Algériens ont montré qu’ils sont attachés à leur pays et à ses symboles. Ils n’acceptent pas qu’on touche au drapeau et à ce qu’il symbolise. Les jeunes Algériens ont tous les défauts du monde, et ils sont les premiers à le dire, mais il faut leur reconnaître une qualité: l’attachement à la dignité et à la justice. Malgré tous ses problèmes sociaux, culturels et politiques, l’Algérie a un atout extraordinaire: sa jeunesse et sa soif de vivre dans la dignité. Si l’Etat mettait à sa disposition un enseignement de culture scientifique, elle traduirait dans les actes les aspirations de la génération de Novembre 1954.



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20 Commentaires sur cet article

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  • fess
    24 décembre 2009 at 11 h 41 min - Reply

    On pourrait cloner votre article et changer seulement le nom du pays Egypte et le remplacer par Algerie(d’apres 54).
    La seule phrase valable de tout l’article est la derniere phrase, mais a l’epoque ou nous vivons elle releve de l’utopie.
    Amicalement




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  • Tweets that mention Le Quotidien d’Algérie » Les médiocres n’ont ni mémoire ni dignité: A propos du match Algérie-Egypte — Topsy.com
    24 décembre 2009 at 14 h 24 min - Reply

    […] This post was mentioned on Twitter by dz online | algérie , Averroes. Averroes said: Lahouari Addi: Les médiocres n’ont ni mémoire ni dignité, http://bit.ly/7Vnn5y […]




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  • Dziri
    24 décembre 2009 at 15 h 20 min - Reply

    Dans toute l’histoire ,les Algériens se sont montrés plus dignes que les Egyptiens.Jamais je ne pensais que les Egyptiens étaint de mauvais perdants .Ils se sont montrés incapables de retenir leurs bas sentiments pleins de haine et de jalousie.On ne peut pas descendre aussi bas dans l’invective et le mensonge. Ils ont étalé leurs états d’âmes sans pouvoir se retenir ,allant jusqu’à l’extrême limite dela bassesse. Pour le reste,l’Algérie et l’Egypte partagent en effet beaucoup de points communs:économie peu performante ,autoritarisme qui ne permet pas à l’expression populaire de se manifester, larges couches en seuil de la pauvreté.Rien donc pour relever le moral.Sauf une victoire et la qualification pour le mondial.Un ticket pour l’Afrique du Sud, en plus de redonner une immense fierté au pays vainqueur, le place sur la carte mondiale pendant que plusieurs milliards de téléspectateurs ont les yeux fixés sur des pays dont ils ne sauraient probablement,autrement, où il se situent ni même qu’ils existent vraiment .




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  • jnsplu
    24 décembre 2009 at 18 h 11 min - Reply

    Mon cher frère Dziri.Je ne pense pas que l’auteur de l’article, qui est un sommité dans son domaine, la sociologie, ait voulu faire retomber la faute sur le peuple Egyptien frère. Ce sont les opportunistes de la presse t de la dictature qu’il stipendie. Alors ne mélange pas les choses s’il te plait.
    Fraternellement.




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  • Si Tchad
    24 décembre 2009 at 19 h 20 min - Reply

    Quelques précisions: l’Egypte n’a pas « libéré » le Sinai en 1973, mais est juste passée de l’autre coté du canal de Suez. Le Sinai n’est pas encore « libéré », car l’Egypte n’a pas le droit d’y avoir son armée, à part la police et les garde-frontieres pour mater les Gazzawi. Je dois dire que l’on devrait etre content que
    l’armée de Moubarak est interdite de séjour au Sinai, car si ce n’etait pas le cas, pas le moindre paquet de poudre de lait pour bébés ne passerait vers Gaza.
    Ya Allah venge nous de Moubarak et de ses fils. Ameen!

    J’aurais bien voulu que le Professeur Addi nous donne son sentiment sur la récup de l’evenement par la dictature DRS. Peut-etre cela demandera un autre article. On l’espere.

    Si Tchad




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  • Dziri
    24 décembre 2009 at 23 h 32 min - Reply

    jnsplu, du calme !

    C’est triste de le dire les Egyptiens ont laché leurs meutes pour casser de l’Algérien.Tous ont participé à cette campagne de dénigrement qui visait les symboles sacrés de l’Algérie dans l’intention de faire mal et de blesser l’amour propre des Algériens.Alors stp ,sans vouloir jouer au sociologue , je n’en’ai ni l’étoffe ni la prétention de l’être, je t’invite à lire et à écouter les insanités proférées à longueur de journées par les médias egyptiens à l’encontre des symboles de l’Algérie ,qui sont une illusrtration parfaite de la décadence de cette ancienne egypte prospère qui a tourné le dos à ses principes et qui atteint un niveau de déliquescence incroyable et ce sur tous les plans.Une Egypte dévenue méconnaissable et qu’ont ne réconnait plus .L’exemple le plus frappant étant le niveau intellectuel de ses pseudos journalistes et de cette presse téléguidée et aux ordres.




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  • Koulou
    25 décembre 2009 at 5 h 05 min - Reply

    Vous vous trompez lourdement Mr. Lahouari ADDI sur ce peuple que je qualifierais d’intelletuels médiocre (toutes classes confondues).Quand j’entends des soit disant intellectuels se bousculer aux microphones des médias pour insulter tout un peuple et bruler ce qu,Il y a de plus chére,son Symbole National, il n’y a pas de quoi être intelligent et fier.Si s’avait été des gens ordinaires proferrant des insanités,ou des insultes sous le coups de la colère, je les comprendrais, on pourait tout au plus conclure à un état d’énervement ou de psychose passagére, mais se ne fut pas le cas.Ils se sont jurés corps et âme et ce pendant plusieurs jours à dégeuler leur venin sur des personnes qui sont mortes il y a plus de d’un demi siécle et vous me direz que c’est un peple pacifique.Ils ont poussé l’audace jusqu’à insulter ce qu’une personne a de plus chére, son appartenance culturelle et son identité et ça au vu et su de tout l’appareil étatique




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  • Lyes
    25 décembre 2009 at 12 h 55 min - Reply

    Bonjour M. Addi Lahouari,

    Dans votre article, je découvre un nationaliste et non un sociologue que je connais dans vos écrits, dans vos contributions et dans vos séminaires à l’institut Maghreb-Europe de Paris 8. J’ai attendu impatiemment votre analyse sociologique par rapport à ce match de foot ball, et là je trouve un discours critiquant les manœuvres de l’État égyptien et se ventant du nationalisme des jeunes algériens en omettant de citer les machinations politiques du régime algérien.
    Ce sont des faits incontestables certes, mais il est indéniable de signaler que ce « nationalisme » est manipulé par Bouteflika.
    Le régime politique algérien s’est redoré le blason et recouvré sa « légitimité », grâce à cette rencontre footballistique. C’est ces jeunes « nationalistes » précisément qui ont applaudi et acclamé haut et fort « Tahia Bouteflika ». Ils n’ont pas manifesté un nationalisme révolutionnaire. Leur attachement aux symboles de la nation est d’ordre sentimental. Et c’est navrant!
    Tous mes respects Addi Lahouari.




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  • Lies
    25 décembre 2009 at 17 h 24 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    C’est juste pour dire que Lyes et Lies, ce n’est pas la même personne.

    Je n’ai pas encore commenté l’article de M. Addi Lhouari.

    Bonne année 2010 à toutes et à tous.

    Fraternellment.




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  • mansour
    25 décembre 2009 at 18 h 21 min - Reply

    LE PEUPLE ALGERIEN PLUS PATRIOTIQUE QUE LE GOUVERNEMENT ALGERIEN!!!!!!!!




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  • Nazim
    25 décembre 2009 at 18 h 50 min - Reply

    @fess, Je crois avoir déniché une autre phrase valable: »un système …. qui aspir(e)…vers le haut les médiocres et les corrompus ».ça ne te dit rien?
    Sinon, c’est vrai que c’est soit moi qui n’ai rien compris, soit Mr Addi qui oublie (pour pas longtemps j’espère)la sociologie pour un populisme douteux!




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  • makachou minha
    25 décembre 2009 at 19 h 45 min - Reply

    Les raisons de cette haine sont a chercher ailleurs. Les insultes deversees par les Egyptiens contre l’Algerie sont orchestrees et dirigees par un pouvoir aux abois. tout comme la reaction de l’Algerie, il faut le dire. Envoyer des avions de supporters est tout sauf un geste nationaliste. A quand des regimes democratiques dans les pays arabes? ya bou rab.




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  • boreal
    25 décembre 2009 at 21 h 17 min - Reply

    « Si l’Etat mettait à sa disposition un enseignement de culture scientifique, elle traduirait dans les actes les aspirations de la génération de Novembre 1954. » Combien même « ils » (les dirigeants de l’Etat algérien) le voudraient, ils ne le pourraient pas, pour deux raisons : la première, c’est qu’ils n’ont ni les qualités appropriées, ni une vision suffisante pour permettre l’émergence d’une élite scientifique. La deuxième, relève de la simple logique, en effet, ils ne peuvent pas promouvoir un enseignement et une culture scientifique qui à terme pourraient représenter une menace pour eux et pour leurs successeurs.
    Quant au match, il illustre, comme l’a rappelé si bien Haouari Addi, l’état de déconfiture avancé dans lequel se trouve le pouvoir égyptien. Quant à l’affirmation que la réaction des jeunes algériens relève d’un sursaut patriotique spontané, c’est aller vite en besogne, lorsque l’on sait que rien n’échappe à notre Big Brother (cela n’empêche pas la sincérité de tous ces jeunes qui ont manifesté leur indignation face à toutes les attaques et insultes émanant d’une certaine presse égyptienne).




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  • adel133
    26 décembre 2009 at 1 h 28 min - Reply

    on a tout dit et compris sur le comportement odieux des officiels égyptiens et celui primaire de la rue cairote.
    est-ce qu’on est mieux ou meilleur du coté Algérien?
    la même machine de propagande a été déclenchée par le deuxième bureau pour faire rentrer en transe des millions de jeunes exactement comme les moukhabarates du nil.
    la gueule la plus infame du régime,en l’occurence le secrétaire général du parti croupion fln(hacha ce glorieux sigle)vient de déclarer qu’il n’ya aucun problème avec l’égypte et que les relations sont très bonnes.pour le reste je cite: »oeil pour oeil ».merci pour la clarification après 48 ans d’attente.je viens de comprendre pourquoi tout le peuple est devenu aveugle.car on nous a gouverné selon la loi du talion.




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  • IDIR
    26 décembre 2009 at 11 h 44 min - Reply

    Abattage des porcs en Égypte, une affaire de gros sous ?

    Pour les aliénés du régime, je suis persuadé que le match de foot au Caire était plutôt une fête des fous : cérémonie bouffonne, très populaire au moyen âge.

    Par ailleurs, il n’y a plus de doute, en Égypte, il y a un régime de personnes atteintes de désordres mentaux. Lorsque les despotes donnent l’ordre d’abattre des cochons pour « préserver la vie des humains de la grippe A », alors que la réalité est de prendre les terres des chiffonniers et en faire des zones touristiques, nous aurons ces tristes images.

    Que fait la ligue arabe au Caire ? Poursuit-elle les cochons et jusqu’à quand ?

    Mass graves for Egypt’s pigs مقابر جماعية لخنازير مصر

    http://www.youtube.com/watch?v=jwMIlw7rCSc&feature=channel_page




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  • bona
    27 décembre 2009 at 22 h 01 min - Reply

    « L’être humain aspire au rêve autant qu’à la vérité. Il désire s’évader dans l’imaginaire autant que bâtir sur des fondations raisonnées. C’est pourquoi il est sans cesse tiraillé entre les sirènes de l’illusion et le murmure de la lucidité. Yannis Youlountas »

    Les rencontres footballistiques Egypte-Algérie, ont engendré une crise politique inattendue et sans précédent entre les deux pays. Un déluge quotidien d’insultes, d’invectives et d’agressions égyptiennes contre l’Algérie. Cette haine viscérale, de la part des égyptiens, n’est que l’expression et la reconnaissance de la fin de l’hégémonie égyptienne sur le monde arabe, dont l’Algérie serait l’origine, aux yeux des égyptiens. L’Egypte sous le règne de Nasser n’a cessé de clamer sa « grandeur » dans le monde arabe en cultivant, chez les autres nations un complexe d’infériorité et de ce fait glorifier l’Egypte qui devenait Oum Edounia. L Egypte a cultivé et autoproclamé une « grandeur » moderne basé sur son passé. Le panarabisme au nom de la « oumma-el-ârabiya », n’était qu’une instrumentalisation pour la gloire de l’Egypte et l’extension de l’hégémonie nassérienne sur le « monde arabe ». A l’image de la bipolarité de l époque, Nasser voulait un troisième Bloc dont l’Egypte serait le centre. Le tiers monde avait d’autres leaders qui faisaient de l’ombre à Nasser. Restait le « pseudo monde arabe », proie idéale à l’hégémonie Nassérienne. Malheureusement pour lui, dans ce monde arabe, venait d’apparaître un Algérien en la personne de Boumediene qui sans chercher à lui disputer ce rôle et ce leadership, allait s’imposer comme un vrai leader des causes justes, car il y croyait et en était convaincu, et il était sincère dans ses convictions qu il défendait pour elle-même et non pour accroître son pouvoir ni étendre ou développer une quelconque hégémonie algérienne. Nous venions d’acquérir notre indépendance, nous ne pouvions verser dans le colonialisme ou la domination d’autrui. Boumediene s’étant imposé comme leader, Nasser l’accepte comme tel malgré lui car Boumediene croyait sincèrement mais lucidement au « pan arabisme » et ne disputait pas le leadership à Nasser. Ce dernier trouvait un associé fondamentalement sincère et convaincu de ses idées révolutionnaires, qui en plus était écouté dans le tiers monde, et il apportait de l’eau au moulin du Nassérisme en plus de se charger de porter les fardeaux de l’animosité occidentale. Nasser savait que l’occident ne pardonnerait jamais cela à l’Algérie, et il savait ce qu’il avait semé en Algérie avec les frères musulmans, et l’idéologie du pan arabisme. Par ailleurs il a sut utiliser son influence dans le monde arabe pour les dresser contre ces « révolutionnaires » qui voulaient changer le monde arabe, notamment les monarchies arabes, dont l’Arabie Saoudite. Comment ce jeune pays « impudent » se permet il de nous dépasser et de nous damner le pion à nous, qui sommes destinés à diriger le monde arabe ? L’Egypte se prévalant de sa notoriété de « Oum Edounia », l’Arabie Saoudite d’être le « berceau de l’Islam ». La suite des événements lui a donné raison. Une décennie noire, l’Algérie boycottée autant par le monde occidentale que le monde arabe. L’Algérie allait payer un lourd tribut de sa naïveté et de ses idéologies éculées. L’Algérie méprisée et honnie de tous. Quelle belle revanche sur ces « gueux ». Malheureusement pour eux, l’algérien sait assumer, ses échecs et erreurs sans accuser ou faire porter le chapeau à qui que ce soit, si ce n est à lui-même. Il sait réagir aux difficultés, à la vue de son passé, car l’algérien voue sa vie à son pays et non à une quelconque hégémonie ou grandeur illusoire. Alors que tout le monde croyait l’Algérie agonisante la voici comme un sphinx « ayant conservé son nez », renaître de ses cendres. Bien que décrié par nous, et en tant qu Algérien nous le pouvons, néanmoins rendons à Monsieur Bouteflika le mérite d’avoir réinstaller l’Algérie sur l’échiquier mondial et Arabe. La diplomatie algérienne est toujours présente la ou il faut. Elle continue à remettre en question certains dogmes, dont notamment la question de leadership dans le monde arabe, à reprendre sa place dans le monde. Dans cette réapparition, l’Algérie a certainement bouleversé les plans de l’Egypte. Monsieur Bouteflika qui a passé une traversé du désert, dans les pays golf, a peut être tisser des relations qui font ombrage à l’Egypte même dans ces régions supposées acquises à l’Egypte. Il a certainement ébranlé des équilibres pro égyptiens ? Nous ignorons les vrais dessous de ces manigances et tractations politiques. Comme il est dit « La démocratie s’arrête là où commence l’intérêt de l’Etat « . Et nous ne pouvons spéculer sur ces faits encore obscurs. Toujours est il que l’Algérie a certainement troublé et contrecarré les manigances égyptiennes y compris sur son propre sol. La qualification à la coupe du monde étant la goutte d’eau qui fait déborder le vase. D autant plus qu’il s’agit d’une grosse goutte d’eau. En effet, le pouvoir égyptien comptait sur une telle qualification pour introniser la succession de Moubarak. Par ailleurs la coupe du monde se déroule en Afrique, en tant qu « Oum edounia » et l’« oumma-el-ârabiya », et de leur « virtuelle grandeur » et du fait qu’il n’y aura qu’un seul pays arabe, ils se doivent d’y être question d’honneur et de grandeur. Par ailleurs dans le comite d’organisation il y a un algérien, un tunisien, et un saoudien et pas d’égyptien. Le drapeau Egyptien doit flotter en Afrique du sud et non celui de ce pays où ils ne parlent même pas « arabe ». De part sa « pseudo grandeur » le droit de participer a cet événement était un acquis légitime pour eux, mais voila que leur chemin a croise celui de l’Algérie, une fois de plus, une fois de trop. Ajouter a cela les dividendes financiers que procure à un pays sa participation à une phase finale de coupe du monde, et l aspect soporifique qu’il peut avoir sur une population en mal d’existence et la boucle est bouclée. Ajouter a cela la jalousie de nos amis égyptiens qui nous envi notre culture polyvalente et notre ouverture sur le monde occidental, et arabe sans discernement, ce qui les a incité à adhérer avec « fierté » à la francophonie, que nous rejetons en tant qu’élément de dominance politique ou culturel, mais que nous conservons comme « héritage » de notre passé et « fruit » de notre lutte de libération sans honte ni rejet. Depuis les années cinquante, le plan des Egyptiens a toujours été contrecarré par l’Algérie et voila que ces mêmes algériens les empêchent de concrétiser leur propre plan à domicile. Trop c’est trop. A l’inverse des algériens qui s’auto flagellent et flagellent leurs dirigeants pour évoluer et faire évoluer l’Algérie, et ainsi regardent devant, regardent l’avenir (sans oublier le passé) les égyptiens ne cessent de s’accrocher à une grandeur passée et lointaine car leur passé récent est fait de défaites, qu’ils imputent à la « ouma el arabia », qui aujourd’hui ingrate leur met des bâtons dans les roues. Et pour glorifier leur histoire moderne, ils s’attribuent l’indépendance algérienne comme subterfuge pour leur conscience et pour avaliser leur ego. Si l’Algérien assume son passé, et ses échecs sans accuser qui que ce soit, si ce n est lui même, sans pleurer sur ce qui lui arrive. L’Egyptien reste cantonné dans ses atermoiements ne voulant assumer que son passé glorieux mais lointain, et attribue aux autres tous ses échecs. Ses tentatives de restructuration interne ne se base pas sur sa propre autocritique, ses faiblesses et forces mais sur la perception narcissique de sa personnalité qu il a fini par « auto glorifier » en admirant sans cesse ses pyramides sans pouvoir évoluer. Si pour l’Algérie le pétrole est peut être une malédiction économique sur notre évolution non pétrolière, pour l’égyptien les pyramides seront une malédiction tant qu’il n aura pas détaché son regard de son passé, pour regarder crûment son avenir, et son identité moderne. To
    ute la rancune, la haine, le mépris accumulés pendant des années, envers ce pays qui les a toujours sortie de leur rêve de grandeur infondée, qui les a empêché de dominer le monde arabe et de bénéficier de ses dividendes, va s’exprimer d’une façon inattendue et spontanée. Des lors tous les maux de l’Egypte seront attribués à l’Algérie qui deviendra sa huitième plaie, après les sept plaies ancestrales. A la vue de cette analyse nous ne cherchons pas à disculper les égyptiens, car ils viennent d’alourdir leur fardeau. Mais plutôt à nous faire prendre conscience aussi de nos faiblesses erreurs et impatience. Nous aurons appris que solidaire nous pouvons réaliser beaucoup de choses, et qu’impossible n’est pas algérien, du moins ses limites sont repoussées au delà de notre imagination. Que lorsque nous faisons abstraction de notre « ego » et de nos intérêts personnels pour ceux de la nation, nous pouvons réaliser de grandes avancées. Que l’étincelle de l’espoir ne s est pas éteinte en Algérie qu il faut juste la ranimer. Où qu’il soit l’Algérien ne saurait perdre l’amour et la fibre patriotique. Algériens nous fûmes, algériens nous sommes et algériens nous resterons. L’Algérien a perçu son identité, il lui appartient de la fouiller pour mieux la connaître. Comme dit le proverbe « si tu ne sais pas ou tu vas, saches d où tu viens ». L’Algérien s’est réapproprié son identité, qui lui a été trop longtemps décriée et falsifiée Si l’Algérien désapprouve ses autorités, c est qu il ne perçoit pas leur œuvre et son intérêt nationale, ou que celle-ci est soit mal expliquée ou mal dirigée ou alors les priorités de l’Algérien ne sont pas prise en considération. L’Algérien aspire à une vie décente dans son pays, à être considéré comme une entité prenante dans son pays. Il est vrai que beaucoup reste à faire sur nous même, notre civisme, la notion que le bien de l’état c’est avant tout notre bien. Que part notre petite action nous contribuerons au bien être de tous. Que les petits ruisseaux forment les grands fleuves. Que lorsque nos politiciens dépassent leur intérêt et « gloriole » personnel ou partisane, ils trouvent un peuple solidaire. Que faire de l’opposition pour l’opposition n’est guère constructive. Imaginez une opposition constructive et non stérile. Admettez que vous ne pouvez pas toujours avoir raison et que votre vision peut ne pas être la meilleure, que vos intérêts ne sont pas forcement ceux de l’Algérie. Admettez que vos salaires et avantages sont indécents dans ce pays en construction. Qu’être député est un honneur et non une source de richesse. Nous admirons certains pays où les députés ne sont pas rétribués financièrement, si ce n est pas par une autorisation de quitter leur boulot pour assister aux séances parlementaires. Défendons notre jeunesse et éduquons la. Notre politique d’éducation nationale a été une catastrophe. Redressons la barre et corrigeons nos erreurs ; notre jeunesse, c’est notre pétrole intarissable. Nous avons foi en l’Algérie. Si elle n’a pas sombrée dans le gouffre, malgré toutes les vicissitudes qu’elle a traversé c’est qu’elle recèle en son sein de vrai Algériens, peut être anonymes, mais qui travaillent avec foi, honnêteté et amour et ceci malgré certains véreux qui considèrent le bien algérien comme le propre bien. Nous, nous souvenons du premier détournement de bien publique fusillé du temps de Boumediene. Sans allez a demander de telles sanctions, la justice doit être impitoyable envers ces véreux. Une prison à vie avec confiscation de tous leur bien ou remboursement de la totalité du bien détourné et 20 ans de prison incompressible au minimum, pourrait faire réfléchir certains, à ne pas puiser dans les caisses de l’état. Une justice forte et indépendante, une autorité étatique juste et inflexible, une école algérienne véritable pour former les générations futures, une prise de conscience des citoyens en ce qui concerne leur droit mais aussi leur devoir sont impératifs. Nous terminerons en disant “Yes, Algeria can”.
    Vive l’Algérie, huitième plaie de l’Egypte




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  • kimahouma
    18 janvier 2010 at 13 h 51 min - Reply

    Monsieur ADDI, vous aussi , dans le vide sidéral intellectuel et idéologique dans lequel vogue le pays, vous cherchez ou trouver dans les replis d’un chauvinisme infantile des valeurs positives.
    Vos propos sur la jeunesse, sont populistes et non sociologiques.
    Les égorgeurs du GIA, eux aussi faisaient partie de la jeunesse algérienne., les adhérents diplômés de la mouvance islamiste sont en majorité de formation scientifique.( à propos de culture scientifique), Les harragas, les suicidés, les drogués et les délinquants de toute sorte font aussi partie de la jeunesse. Jusqu’à présent aucun mouvement de jeunes en Algérie n’a revendiqué la démocratie ou la liberté d’expression ou défendu une quelconque cause nationale , alors quand vous parlez « d’attachement à la dignité et à la justice. », à propos d’un match de foot…




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  • thirga
    22 janvier 2010 at 13 h 49 min - Reply

    Certains ne voient que leurs propres désirs. Il est faut de dire que la Jeunesse algérienne n’a jamais revendiqué la démocratie, la liberté, la justice, son identité, son passé. le 20 avril 1980, Constantine 86, Octobre 88… Le 14 juin 2001 fut un déferlement d’ALGERIENS: un million voire deux marchant sur El Mouradia même si le marocain Zerhouni voyait en eux des montagnards du Djurdjura.




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  • kader
    2 février 2010 at 11 h 38 min - Reply

    Un article où le sentiment nationbaliste a pris le dessus sur l’éminent sociologue qu’on a l’habitude de lire…le seul article qui ait pu mettre les pendule à l’heure à l’occasion de cette héstérie footballistique demeure celui d’Omar Benderra, le match truqué des dictatures…




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  • Kimahouma
    2 février 2010 at 13 h 23 min - Reply

    thirga

    Quelques lectures à propos de la distinction que je fais entre émeute, jacquerie et mouvement politique

    La dynamique des émeutes

     » Ayant refusé l’émergence de contre-pouvoirs institutionnels et s’opposant à l’apparition de corps intermédiaires, le régime fait désormais face aux émeutes récurrentes, seul mode d’expression des populations démunies.
    Noyautés par la Sécurité militaire ou harcelés par elle, les partis politiques (au nombre d’une soixantaine) ne constituent pas le cadre légal dans lequel s’exprimeraient éventuellement les revendications des populations. Les élections locales et nationales (pour les postes de maire et de député) sont truquées, et ce sont les représentants des plus puissants réseaux clientélistes qui se font  » élire

    Aussi, la jacquerie urbaine est devenue le moyen par lequel la population tente d’attirer l’attention des dirigeants. Les émeutes éclatent en général à la suite d’une rumeur ou d’une injustice flagrante de la part de l’administration ou des gendarmes. Des jeunes désœuvrés se rassemblent devant un édifice public pour manifester leur exaspération et, au fur et à mesure que la foule grossit, le rassemblement tourne à l’émeute avec incendies et destruction des symboles de l’État, et parfois des bars et des cabarets. La tension dure quelques jours pour retomber d’elle-même, comme si la population cherchait à ce que la presse nationale parle de la localité et de ses problèmes : corruption, chômage, prostitution, pénurie d’eau, de logements…

    Depuis avril 2001, en Kabylie, les émeutes se déroulent toutefois dans un cadre organisé pour s’inscrire dans la durée jusqu’à la satisfaction de la plate-forme dite d’El-Kseur, dont l’objectif est l’avènement d’une démocratie. Deux des revendications contenues dans le document provoqueraient, si elles étaient satisfaites, une transition démocratique similaire à celles des anciennes dictatures communistes de l’Europe de l’Est, en ce qu’elles exigent la comparution devant des tribunaux des responsables militaires qui ont donné l’ordre de tirer sur la foule, et que toutes les fonctions d’autorité politique soient électives. Or l’ordre de tirer sur la foule ne peut provenir que du chef d’État-major de l’armée (le général Mohamed Lamari) ou de son subordonné, le général Tewfik Médiène, chef de la Sécurité militaire.
    À moins d’une révolution, il est inconcevable que le régime sanctionne ceux qui exercent le pouvoir suprême. La Sécurité militaire a utilisé ruse et violence pour casser le mouvement sans y parvenir.
    C’est pourquoi le régime tente de le discréditer en l’accusant de porter atteinte à l’unité nationale et en médiatisant fortement une des 15 revendications de la Plate-forme : la reconnaissance officielle de la langue berbère. Cela semble avoir réussi à ce jour, puisque

    le mouvement n’a pas fait tache d’huile dans la capitale et dans le reste du pays. »

    L ADDI L’INTERMINABLE CRISE ALGÉRIENNE in Relations, octobre-novembre 2002 (680), p. 24-25

    ou Algeria-watch
    ILS ONT CONTRIBUÉ À FRAGILISER LE SYSTÈME
    Les grandes dates des révoltes pré-octobre 1988

    « En cherchant à repérer les dénominateurs communs de ces événements, force est de souligner ces quatre points : l’absence d’idéologie et d’idéologues, le vandalisme jubilatoire, l’attaque violente des biens et des symboles de l’Etat et du régime, et leur conséquence : la répression souvent féroce doublée de la volonté de récupération. »




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  • Congrès du Changement Démocratique