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25 March 2017

A la mémoire d’un écrivain engagé, Mammeri aurait eu 88 ans aujourd’hui !

Mouloud MammeriPar Chérif Hadjou

Tribune des lecteurs 30 décembre 2009

Mouloud Mammeri, écrivain et anthropologue algérien d’expression française,  est  né le 28 décembre 1917 à  Taourirt Mimoune en Haute Kabylie. Il a fait ses études primaires dans son village natal. Cependant,  en 1928, il part vivre chez son oncle à Rabat «Maroc », où ce dernier était alors le précepteur de Mohammed V. Quatre ans après, il revient à Alger et poursuit ses études au lycée Bugeaud (actuel lycée Emir Abdelkader, à Bab-El-Oued, Alger). Il part ensuite au lycée Louis le Grand, à Paris, en ayant l’intention de rentrer à l’école normale supérieure. Il a été mobilisé  en 1931 et libéré en octobre 1940.  Plus tard, Mouloud Mammeri s’inscrit à la faculté des Lettres d’Alger. Il est également remobilisé en 1942 après le débarquement américain, il participe aux campagnes d’Italie et de  la France.  À la fin de la guerre, il avait préparé à Paris un concours de professorat de Lettres et rentre en Algérie en septembre 1947. Il enseigne à Médéa puis à Ben Aknoun  et publie son premier roman, La Colline oubliée en1952. Et puis sous la pression des événements il doit quitter Alger en 1957. De1957à 1962, Mouloud Mammeri reste au Maroc et rejoint l’Algérie au lendemain de son indépendance. De 1965 à 1972, il enseigne la langue berbère  à l’université dans le cadre de la section d’ethnologie, la chaire de Berbère ayant été supprimée en 1962. Il n’assure des cours dans cette langue qu’au gré des autorisations, animant bénévolement des cours jusqu’en 1973 tandis que certaines matières telles l’ethnologie et l’anthropologie jugées sciences coloniales doivent disparaître des enseignements universitaires. De 1969 à 1980, il dirige le Centre de recherches anthropologiques, préhistoriques et éthnographiques d’Alger (CRAPE). Il fait également un passage éphémère à la tête de la première Union nationale des écrivains algériens qu’il abandonne pour discordance de vue sur le rôle de l’écrivain dans la société. Mouloud Mammeri meurt le soir du 26 février 1989 des suites d’un accident de voiture, qui eut lieu près d’Ain Defla à son retour d’un colloque à Oujda. Et le 27 février, sa dépouille est ramenée à son domicile, rue Sfindja (ex-Laperlier) à Alger. Mouloud Mammeri est inhumé, le lendemain, à Taourirt Mimoun. Ses funérailles furent spectaculaires : plus de 200 000 personnes assistèrent à son enterrement. Aucun officiel n’assista à la cérémonie alors qu’une foule compacte scandait des slogans contre le pouvoir en place. Parmi ses œuvres se trouvent la « Colline oubliée» publiée  en 1952, « Le Sommeil du juste” » 1952,  «  L’opium et le bâton » 1965 et enfin « La Traversée en 1982. Son œuvre la plus connue est la Colline oubliée qui a même donné un film en 1996. Ce dernier  relate d’une façon réaliste  la difficulté de la vie des Algériens pendant l’occupation.  La Colline oubliée résume une histoire réelle vécue en 1939, au cœur des montagnes de Haute Kabylie. Dans un village gouverné par les valeurs et les coutumes ancestrales, les existences se déroulent au rythme des saisons.  Morane y est né, y a grandi et y vit dans l’alternance des douleurs, des espoirs, et des vengeances. Au moment de la guerre, la mobilisation et le départ des hommes engendrent un désarroi confusément ressenti comme une malédiction sur le village. Les habitudes et les mentalités changent, l’ordre colonial commence à ébranler l’harmonie séculaire d’un monde enchanté sentant sa fin prochaine. Un écrivain engagé Mouloud Mammeri, par son roman, est considéré comme un écrivain d’expression française  engagé. Il  vit le même souffle que son peuple pour décrire sa respiration opprimée. L’occupation, pour lui, est vécue comme un haut lieu d’horreur, une souffrance insupportable et une douleur térébrante. Le temps n’est plus chronométrique, cependant historiquement pérenne.   En effet, Mammeri, qui n`a pas trouvé mieux que de recourir à la prise de position avec sa plume, en tant que humaniste, n’a pas passé sous silence  l`horreur dont fut le théâtre son pays, par conséquent, il met en valeur, définit, construit l’histoire d’un peuple engendré, marginalise, sans doute, par la colonisation française. La revendication de Mammeri  dans son œuvre intitulée la Colline oubliée, et peu en étrave explicite, cependant, il dénonce d’une façon implicite l`hostilité  du dominateur, autrement dit, il révèle l’histoire villageoise de son peuple dédaigné bien évidemment par une force coloniale. Ainsi, Mammeri témoigne par sa seule plume, puisque le rôle de l’écrivain est incontestablement la défense de sa société qui l’a vu naître. Mammeri dans son roman parle de la Kabylie, mais il parle aussi de l`Algérie raison identique de tous les Algériens. Une telle littérature est une lecture de l’histoire qui témoigne, mais aussi considérée comme une littérature de combat où l’homme algérien aiguise sans cesse sa personnalité pour lutter de sa propre force contre la force coloniale. Elle est engagée, c’est-à-dire, elle revêt d’une orientation idéologique, politique et sociale explicite dans le mouvement de la lutte de libération. Elle favorise l’éveil de la conscience pour l`inciter enfin à l`action. En outre, on peut dire que l`écrivain, en somme,  joue  un rôle primordial dans sa société. Il écrit en français, parce que c’est la seule langue qu’il a apprise à l’école, son message s’adresse aux Français et la langue française était ‘l’esprit de son âme, mais la culture arabo-islamique est l’âme de son esprit. C.H.


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40 Commentaires sur cet article

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  • mamitoupetitamazigh
    30 décembre 2009 at 19 h 17 min - Reply

    « mais la culture arabo-islamique est l’âme de son esprit. »Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans la conclusion et l’imaginaire de l’auteur de cet article,sa façon en une seule phrase de foutre en l’air tout le combat de Mammeri,lui qui n’appréciait même pas la musique andalouse qui n’était pas à son sens partie intégrante de sa culture.Quant à l’arabo-islamique je doute fort qu’il la porte dans son coeur.
    Mammeri est un précurseur pour le sauvetage de la mort du patrimoine amazigh de son pays.Son combat et son ouevre sont titanesques ,considérés de ce seul point de vue.Et il fauit le souligner.Paix à son âme et bonne année 2010 à l’ensemble des vivants.




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  • MAHMOUD
    30 décembre 2009 at 19 h 54 min - Reply

    la Nation lui doit un grand hommage . Il a contribué à sa maniére à la réanimation d’un malade agonisant.C’est un écrivain dans le role d’un toubib.
    C’est l’intelligence algérienne dans toute sa dimension méditerranéenne.




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  • med
    30 décembre 2009 at 21 h 25 min - Reply

    salam azul bonjour
    « la culture arabo-islamique est l’âme de son esprit ». mais vraiment on aura tout vu. c’et quoi ces mensonges ehontés à vous couper le souffle…MouloudMammeri arabo-islamique!!!!cella là, c’est la meilleure. Est ce que Mr Chérif Hadjou ne peut imaginer ou oser dire amazigh-islamique, bérbéro-musulman, il faut vraiment faire de la gymnastique d’esprit pour aller aussi loin dans la bétise humaine. Un homme qui a passé toute sa vie à faire vivre sa langue et son identité bérbére est taxé là tout bêtement d’appartenir à une autre culture qui n’est pas la sienne…
    sérieusement, mes amis et frères arabophones ou arabes, ouvrez un petit peu votre esprit: on est musulman, sans aucun doute (de culture ou de conviction) mais par contre on vous l’affirme encore une fois: on est pas des arabes, on est pas des arabes, on est pas des arabes. ce n’est pas que nous détéstons l’arabe ou les arabes mais c’est que nous sommes amazigh. voyez-vous autant que vous êtes fières d’être arabes nous le somme tout autant fières d’êtres des bérbéres (amazighs). nous avons une très belle langue, notre identité est plusieurs fois milinaires.nous aimons nos pays nationaux, que ce soient le mali, la tunisie, la lybie, l’algérie, le maroc, la france, l’angleterre, le niger. mais c’est pas une raison pour devenir autre chose que ce nous sommes.Svp, mes fréres, ouvrez votre coeur, et mettez de cotê votre ignorance. c’est pas en rabachant à longueur de pages que nous sommes arabes ou francais ou allemands que nous le deviendrons. nous sommes de fières musulmans bérbéres.nous voulons le rester et basta.
    salam

    ========================
    Du calme mon cher Mohamed. Sortons de ce piège identitaire. Notre Algérianité est indestructible et indéracinable quelque soient les vents et tempêtes qui viennent de l’est ou de l’Ouest. Arrêtons de nous entredéchirer et évitons les mines laissées par la criminelle colonisation. Soyons NOUS-MEMES.
    Fraternellement.

    Salah-Eddine




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  • Si Salah
    30 décembre 2009 at 23 h 18 min - Reply

    Mohamed doit se calmer certes, mais son argument est tout à fait valable. Militons pour la fraternité musulmane, et que chacun soit en paix avec son intime conviction. Si l’on se sent arabe, soit, amazigh soit,
    fifty-fifty, soit, mais que personne ne force l’autre à se definir dans un format ou un autre. Si nos ancetres ont pu batir une belle civilisation au Maghreb, ce n’est surement pas en se cloitrant dans leur ethnicité, au contraire, ils ont fait abstraction de cette ethnicité pour vivre ensemble dans le creuset de la fraternité de l’Islam. Certes, ne soyons pas demagogues, il y eut de temps à autre des frictions et des batailles entre les differentes ethnies, mais ce fut tout à fait secondaire du point de vue historique, et en rien comparable aux guerres genocidaires entre europeens par exemple. Nous avons pu vivre ensemble en harmonie alors que nous nous connaissions à peine à l’aube de l’Islam. Aujourd’hui que nous avons 13 siecle de vivre-ensemble, il me parait suicidaire de vouloir faire marche arriere, chacun dans son ghetto ethnique…

    Si Salah

    ========================
    Entièrement d’accord avec vous, mon cher Si Salah.
    Salah-Eddine




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  • sid
    31 décembre 2009 at 7 h 31 min - Reply

    pourquoi l’auteur ne parle pas de l’enquete ayant entainer la mort de da l’mouloud au bord de sa 205??
    HOMMAGE AU DOCTEUR AMMAR KHRIS chef de service pédiatrie de l’hopital de ain defla et qui s’est déméné toute la nuit pour le sauver ,malheureusement le mektoub ayant voulu autrement.




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  • jnsplu
    31 décembre 2009 at 9 h 23 min - Reply

    Le rejet de l’autre ne produit que…le rejet par l’autre.

    Cette spirale du rejet, nous devons en sortir coute que coute. Elle ne peut mener à rien qui vaille la peine.

    Ce qui prècède devrait avoir l’aval de la majorité. Par contre ce qui va suivre ne va pas avoir son assentiment, mais fera le bonheur de certains.

    Nous sommes apparemment devant un choix: Il faut soit admettre les principes pronés par l’appel du 19 mars soit tirer des conclusions de ce qui se dit souvent sur le forum et les rejeter définitivement et ce faisant admettre la cassure qu’il y a dans la société Algérienne et agir en conséquence chacun dans le cadre des interets qui sont les siens.

    J’ai beau croire qu’il ne s’agit que d’une minorité, le tapage qu’elle fait autour de ses idées extrémistes et la tolérance que ce tapage trouve, parfois me hérissent et m’incitent, à force de me sortir de mes gongs, à dédier mes capacités à initier un mouvement contraire de meme nature.

    Quand on reste dans l’expectative devant un épiphénomène, on l’encourage consciemment ou inconsciemment et il prend de l’ampleur au point de fagocyter tout ce qui l’entoure.

    Je ne voudrais pas retrouver mon Algérie demain submergée par des gens qui ne lui reconnaitront qu’une partie de son patrimoine et rejetteront ses autres identités.

    Je combattrai avec tous mes frères afin qu’ils recouvrent leur droits dont leur identité, mais si c’est pour qu’ils me privent d’une partie de la mienne, je pars perdant . Je crois que ma pensée est très claire, qu’elle est logique, qu’elle est honnete.

    Donc cette question identitaire qui revient à chaque fois dans les débats doit etre finalement au vu des récurrences à son sujet débattue avec courage et lucidité, une fois pour toutes, nous ne pouvons hélas pas dire sans parti pris parce que en fin de compte il s’agit de prendre parti mais il il est nécessaire d’etre responsable et de veiller à sauvegarder l’Algérie avant tout et ne pas travailler à créer des dérives et des scissions en son sein.

    Ce n’est que de cette façon que nous nous débarrasserons définitivement de ce problème qui hante nos débats et les empoisonne.




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  • Adel
    31 décembre 2009 at 10 h 47 min - Reply

    @jnsplu

    Du calme mon ami. Va dans la cuisine boire un grand verre d’eau et tu auras les idées plus claires…

    Notre culture est le produit de plusieurs métissages, le dernier en date étant celui qui a échoué, je veux parler du métissage entre l’Algérie berbéro-arabo-musulmane et le monde occidental, à travers la cohabitation que nous ont imposée les Français pendant 132 ans. Ce métissage a échoué mais il a laissé des traces – le fait que nous utilisions la langue de l’ancien colonisateur pour communiquer entre nous n’en étant pas la moindre. Ce métissage, quoi qu’on puisse en penser, est toujours à l’ordre du jour, sous d’autres formes bien sûr. Toutes les convulsions que vit le monde aujourd’hui n’en sont-elles pas l’élément le plus révélateur. Il est loin le temps où la frontière entre le monde musulman et le monde chrétien était parfaitement étanche (sous le khalifat ottoman, il y avait une fetwa qui considérait comme apostat tout musulman qui s’établirait en terre chrétienne). Vouloir s’accrocher à son identité, contre vents et marées, n’est pas chose aisée de nos jours.

    Remettre en cause la place de l’islam en Algérie relève à mon sens de l’inconscience et cela ne mérite même pas d’être discuté.

    Pour ce qui est de la question de l’arabité et de l’amazighité, j’aurais personnellement souhaité que, dès l’indépendance, la culture et la (les) langue(s) amazighes aient bénéficié de tout l’intérêt qu’elles méritent et qu’on ait parlé d’algérianité tout court. Le mal est fait, cependant. Nous devons considérer que cette dichotomie est temporaire et vivre avec, en attendant qu’elle soit dépassée et oubliée par les générations à venir qui auront, je l’espère, d’autres préoccupations.




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  • Rédaction
    31 décembre 2009 at 10 h 55 min - Reply

    @ Adel
    A ma connaissance, ce n’est pas une fetwa qui faisait obligation aux musulmans de ne pas séjourner et prospérer dans des pays dont le gouvernant n’est pas musulman, mais des obligations canoniques dont certaines tirées du Coran. Ces références avaient été citées Dans la Fetwa du Djihad que l’Emir Abdelkader avait obtenu des Oulemas, contre l’occupation française.

    En fait, c’est l’inverse qui s’est produit, puisqu’à l’instigation du Général Bugeaud et du Duc d’Aumale, Léon Roches, un officier français qui avait infiltré l’Etat major de l’Emir Abdelkader, et qui en était devenu un ami très apprécié, avant d’être démasqué, avait réussi, à force de manœuvres, de « pots de vin » distribués à des Oulémas, et à l’aide de la puissante Tidjania, à obtenir une fetwa autorisant les musulmans à vivre sous la domination de non musulmans, s’ils n’avaient pu les vaincre par les armes. Cette fetwa avait reçu l’aval de El Azhar et des Oulemas de la Mecque qui avait été convoqués par le Chérif qui commandait à la ville sainte à cette époque. Il faut preciser que Leon Roche avait laissé croire qu’il s’était converti à l’islam. Il avouera dans ses mémoires, que pendant qu’il faisait semblant de prier avec les musulmans, c’était » le Dieu des chrétiens qu’il priait ».

    Voici la traduction du passage le plus important de cette Fetwa, dite de Kairouan: « Quand un peuple musulman, dont le territoire a été
    envahi par les infidèles, les a combattus aussi longtemps qu’il a conservé l’espoir de les en chasser, et, quand il est certain que la continuation de la guerre ne peut amener que misère,ruine et mort pour les musulmans, sans aucune chance devaincre les infi dèles, ce peuple, tout en conservant l’espoir desecouer leur joug avec l’aide de Dieu, peut accepter de vivre sous leur domination à la condition expresse qu’ils conserveront le libre exercice de leur religion et que leurs femmes et leurs fi lles seront respectées. »

    Cette fetwa a été approuvée par un medjlès composé des oulémas de Médine, de Damas et de Bagdad réunis à la Mecque, à l’époque du pèlerinage.

    Voici un rapport sur la question, rédigé par Léon Roches au Général Bugeaud:

    « Mon général,
    « J’ai rempli jusqu’au bout la mission que vous m’avez
    confiée. La fettoua de Kairouan, après avoir été approuvée
    par le medjelès du Caire, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous
    le faire connaître par ma lettre en date du 10 novembre 1841,
    a été défi nitivement sanctionnée par une assemblée d’ulémas
    de Bagdad, de Damas, de Médine et du Caire, réunie à cet
    effet, par les soins de Sidi Mohammed Ebnou Aoun, grand
    chérif de la Mecque.
    « L’original de cet important document est entre les
    mains du Mokaddem de Tedjini qui, à l’heure où je vous
    écris, a dû le remettre à son maître l’illustre marabout d’Aïn-
    Madhi, l’ennemi irréconciliable de l’émir Abd el Kader.
    368 DIX ANS À TRAVERS L’ISLAM
    « L’agent de Tedjini, agent qui, durant nos diffi ciles
    négociations, a montré un zèle et une intelligence au-dessus
    de tout éloge, était chargé de faire faire une copie authentique
    de la fettoua que je me proposais de vous transmettre ; mais je
    n’ai plus eu la possibilité de le rejoindre ; car, le jour où j’assistais
    aux dernières cérémonies du pèlerinage, j’ai failli être
    massacré par une foule fanatique qu’avaient ameutée contre
    moi deux misérables Algériens qui m’avaient reconnu. J’ai été
    sauvé, je pourrais dire miraculeusement, par quelques serviteurs
    dévoués du grand chérif de la Mecque. Ils m’ont enlevé
    et transporté dans une nuit à Djeddah, où j’ai été embarqué
    sur un sambouk qui m’a débarqué au port de Kocéir. De là,
    j’ai rejoint le Nil et je viens d’arriver à Alexandrie.
    « Je vous ai déjà exprimé, mon général, les motifs qui
    m’ont déterminé à m’éloigner de l’Algérie. Rien n’est changé
    à la situation à laquelle j’ai voulu me soustraire ; je me sens
    donc moins que jamais le courage de l’affronter.
    « La mort n’ayant pas voulu de moi, je me résigne à
    vivre, mais je veux vivre loin du monde où j’ai déjà subi de
    si cruelles épreuves. Je viens donc vous prier, mon général,
    de faire parvenir au ministre de la guerre la démission que
    je vous transmets de mes fonctions d’interprète principal de
    l’armée. J’éprouve les plus vifs regrets à me séparer du chef
    bienveillant qui a daigné m’honorer d’une estime et d’une
    confi ance, dont je conserverai un perpétuel et reconnaissant
    souvenir.
    « Je joins ici le détail approximatif des dépenses occasionnées
    par la mission que je viens de remplir. Elles sont
    minimes en comparaison des résultats obtenus, résultats dont
    vous ne tarderez pas, j’en suis certain, à reconnaître l’importance.
    « Le consul général de France à. Alexandrie, doit vous
    transmettre la dernière lettre de crédit de quatre mille francs
    que vous avez eu l’extrême attention de lui envoyer pour subvenir
    aux frais de ma mission ; cette mission ayant pris fi n,
    DE DJEDDAH À ALEXANDRIE 369
    je n’ai pas cru devoir user de ce crédit.
    « Je me permets encore, mon général, d’attirer votre
    bienveillance sur mon pauvre père, et je vous prie d’agréer,
    etc., etc.
    P. S. Dès que je serai arrivé en Europe et que je pourrai
    coordonner mes souvenirs, j’aurai l’honneur de vous adresser
    un rapport général sur la façon dont j’ai rempli la mission
    que vous m’avez confi ée et sur les péripéties de mon voyage
    à la Mecque. »

    Je crois que c’est sur la base de cette même fetwa, et de son avenant mecquois, que les oulemas d’aujourd’hui ont « halalisé » le séjour des musulmans dans les pays non musulmans.
    Cordialement
    DB




    0
  • D.Messaoudi
    31 décembre 2009 at 11 h 13 min - Reply

    C’est ce déni identitaire dont excellent les arabistes / bassistes qui pousse les Kabyles à rejeter et la langue arabe et l’islam. L’auteur de l’article nous a jeté un GROS mensonge en reliant Mammeri à l’arabo-islamisme et Salah-Eddine nous demande à nous de nous calmer, c’est-à-dire d’avaler et de digérer la couleuvre comme si de rien n’était !! Bravo, messieurs.

    Vous feignez ignorer que c’était justement ces arabo-islamistes qui luttaient et luttent encore contre l’œuvre et le combat de Mammeri. Même son « L’opium et le bâton » a été amputé d’une scène lors de sa réalisation en film; scène où l’un des personnage a dit « nous les Kabyles… ».

    Pour sa mort dite accidentelle, elle n’en était pas en fait. S’il y avait eu une enquête sérieuse, on aurait découvert qu’il s’agissait d’un assassinat. Tous les indice de ce meurtre étaient là, mais la volonté de mettre fin en toute impunité à la vie d’un Mouloud Mammeri qui pourrait faire beaucoup pour la culture et la langue berbères dans la période d’après 1988 a fait que la vérité a été altérée comme a été altérée toute l’histoire authentique de cette Algérie amazighe par les mêmes arabo-islamistes dont certainement fait partie l’auteur de cet article.

    =========================
    Nous avons combattu ce déni identitaire quand beaucoup se terraient à l’époque, khobza oblige. Mais à aucun moment nous en avons fait un fond de commerce bassement politicien. Le principal responsable de ce déni identitaire est le pouvoir illégitime entouré d’une minorité idéologique extrémiste qui ne représente pas le peuple Algérien. Tout comme la minorité extrémiste de l’autre bord qui voudrait jeter à la mer les « arabes », ne représente pas le peuple algérien. Evitez de parler au nom des kabyles qui n’ont donné de procuration à personne. Notre frère aîné Mouloud Mammeri appartient à toute l’Algérie et non pas à une région particulière. Nous avons perdu en lui, un intellectuel et un homme de culture ALGERIEN avant tout, tout comme nous avons perdu Malek Haddad, Bennabi, Feraoun, Dib…. Notre Algérianité est UNE et INDIVISIBLE que ni les quelques adeptes de Michel Aflaq ni ceux de Lavigerie ne pourrons disloquer.
    Cordialement.
    Salah-Eddine




    0
  • Adel
    31 décembre 2009 at 12 h 42 min - Reply

    @Rédaction

    Merci pour ces précisions très instructives et ces détails de notre histoire que j’ignorais.

    Je ne me souviens plus où j’ai lu l’information concernant la fetwa dont je parlais. Ce que je voulais souligner c’était la spécificité de notre époque par rapport aux temps passés, quand le domaine musulman et le domaine chrétien ne communiquaient pas du tout ou très peu. Il était impensable, au 18ème siècle, par exemple, qu’un musulman ordinaire aille s’établir à Paris pour y vivre et travailler ou étudier. La réciproque était vraie aussi. Il a pu y avoir des exceptions, mais je ne pense pas que le phénomène avait l’ampleur qu’il a aujourd’hui. Donc, le métissage entre culture musulmane et culture chrétienne relevait du domaine de l’impensé, de l’impensable. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas et musulmans et chrétiens doivent penser ce métissage.




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  • jnsplu
    31 décembre 2009 at 13 h 16 min - Reply

    Le postulat que l’Algérie est berbère ne peut etre remis en cause par personne de sensé. Ceux qui représentent donc la berbérité ne représentent donc en fait que l’Algérianité mais la manière de tirer le tapis vers soi par certains fait qu’ils essaient de rabaisser d’autres régions d’Algérie en essayant de démontrer par l’absurde qu’il y a des régions meilleurs que d’autres. Ce faisant ils ne font que véhiculer l’idéologie des pouvoirs qui se sont succédé depuis …1830.
    Ceux qui soutiennent que l’arabité de l’Algérie doit aboutir à son arabisation totale et irréversible ont déjà donné la preuve de l’irréalité de leur démarche, laquelle n’a pu produire qu’un rejet de cette arabité et l’exacerbation du sentiment d’appartenance berbère. Il n’en demeure pa




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  • Adel
    31 décembre 2009 at 13 h 29 min - Reply

    Toujours à propos du métissage culturel, qu’en est-il des communautés juives et chrétiennes minoritaires qui ont toujours existé en terre d’islam?

    Je pense que, bien qu’ayant conservé leurs rites et leurs coutumes strictement religieuses, sur le plan de la langue et des autres aspects culturels, ils se comportaient comme les musulmans. Nous savons tous qu’avant l’application du décret Crémieux, du temps de la colonisation en Algérie, il n’y avait pratiquement pas de différence, en dehors des aspects religieux, entre musulmans et juifs à cette époque et à l’époque turque également.

    D’autre part – et là j’avance une thèse un peu audacieuse qui demanderait à être confirmée – il me semble que si nos parents et grands-parents étaient plus tolérants en matière de religion, n’était-ce pas dû à leur longue cohabitation avec les juifs et les chrétiens? Je me souviens que ma grand-mère, paysanne illettrée et bien enracinée dans sa culture et sa religion musulmane, parlait des européens, qui dans notre région étaient des propriétaires terriens et non des ouvriers ou des fonctionnaires, de façon naturelle, sans haine religieuse, bien qu’elle ressentît les privilèges dont ils jouissaient comme une injustice.




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  • Adel
    31 décembre 2009 at 13 h 55 min - Reply

    Du temps de la colonisation, les Européens chrétiens d’Algérie niaient la réalité indigène et refusaient de la voir. Le métissage n’était donc pas possible et il n’était encouragé que dans le sens de l’assimilation et de l’abandon par les musulmans de leur spécificité culturelle et religieuse.

    Après la décolonisation, le processus de métissage se mit en marche grâce à la lente prise de conscience par les Européens et les Américains du fait que les populations des autres cultures, considérées auparavant comme inférieures, méritaient le respect, même lorsque leurs croyances étaient en contradiction avec ce que la religion chrétienne enseigne.

    Ce processus de reconnaissance de l’autre est en cours. Il est lent et douloureux, mais il progresse. Les population européennes et américaines vieillissant rapidement, elles n’ont d’autre choix que d’accueillir de plus en plus d’immigrants pour faire les travaux qu’elles ne sont plus en mesure de faire elles-mêmes. C’est ainsi qu’il y a de plus en plus de Maghrébins et de Turcs musulmans en Europe dont les Européens ne peuvent pas se passer.

    Ajoutons, que les musulmans doivent aussi faire cet effort de reconnaissance de l’autre, s’il veulent être reconnus.




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  • Adel
    31 décembre 2009 at 14 h 08 min - Reply

    Comment vivre avec l’autre, dont la religion est différente, et le respecter – et non pas seulement le tolérer – lorsque votre religion vous enseigne qu’il est dans le mauvais chemin? Pas évident…




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  • D.Messaoudi
    31 décembre 2009 at 15 h 44 min - Reply

    à mon humble avis, afin de sortir de cette spirale de rejet et de contre-rejet qui mine les relations entre les arabophones et les amazighophones d’Afrique du Nord, il faudrait reconsidérer la terminologie qui sert à qualifier les habitants des pays concernés; dire des Algériens qu’ils sont arabes est la négation des Algériens amazighs; dire que les Algériens sont berbères est la négations des Algériens arabes. Donc, pour être équitable et rendre à chacun son identité, il faudrait dire des Algériens qu’ils sont arabo-amazighs / amazigho-arabes.

    Ce n’est que lorsque chacun aura appris à respecter l’identité de l’autre et contribue à son épanouissement et non pas à son anéantissement – comme ont fait par le passé et continuent malheureusement actuellement les adeptes du panarabisme – que l’Algérie pourra vivre durablement en paix sans risque de se voir éclater en plusieurs républiques indépendantes.




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  • MAHMOUD
    31 décembre 2009 at 16 h 48 min - Reply

    Le plus beau cadeau que l’Etat peut offrir à titre posthume à MONSIEUR Mouloud Maameri en cette fin 2009 et début 2010 est d’annoncer Tamazight langue nationale et OFFICIELLE.
    Bonne Année à toute et à tous




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  • MAHMOUD
    31 décembre 2009 at 17 h 42 min - Reply

    @adel, et tout les amis
    Peut etre je me trompe. Mon expérience m’a permis de visiter quelques pays européens que vous avez peut etre visité vous aussi, mais le constat est flagrant :
    Ils sont d’une tolérence ces gens qui frappe aux yeux.
    Franchement pour ce qui est de la Vie, c’est ma conviction, je disais : ils sont plus musulmans que nous.El haqqo yoqqal. Ils sont vraiment carré, sérieux et surtout qui rejettent la violence, la susceptibilité, l’insolence, le mensonge et le vol.
    Je pense que leur phylosophie a quelque chose de magique, qu’est ce que vous en pensez ?
    Moi je propose que chaque algérien fasse des lectures de la bible, peut etre si on comprend leur phylosophie,on les tolérera mieux, c’est une proposition qui n’oblige que ma personne.




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  • talbi
    31 décembre 2009 at 23 h 41 min - Reply

    Salut, Ferhat Abbes,Messali,Kateb,Bennabi… nous les rencontrons,de temps à autre,à notre grand bonheur,chez nos amis sis Tahia Bladi pour vivre des moments qui nous renseignent de ce qu’était l’Algerie,il y à a peine quelques decennies :un Grand pays qui a enfanté de tès grandes figures de la culture universelle.Ces grands venus de l’est,de l’ouest,du sud et du centre;c’est-à-dire de l’Algerie,n’avaient plus dans leur sang un gene appelé:le Régionalisme et ou le sectarisme.Ils ont sacrifié leur vie pour faire sortir l’Algerien de l’état d’ésclave dans lequel le colonialisme l’avait confiné et le préparer à défendre son honneur et sa patrie.Quelques Algeriens (qui refuse cette appellation)croyant que la culture se limite à des chansons et de vibrations des fesses,et que la civilisation se cantonne dans une seule région montagneuse s’exprime par la poterie,se trompent lourdement.Il y à un peu plus de trente cinq millions d’Algeriens qui s’identifient a Maameri,Bennabi,Nait Belkacem et Bensai (que Dieu ait leurs ames),Ennebhani et beaucoup d’autres hommes de culture qui ont ,malheureusement pour vous,ont écrit en arabe et en français et plusieurs de leurs oeuvres furent traduites dans d’autres langues.Dans « notre pays » on ecrit et on parle l’arabe et le français et bon courage à ceux et celles qui veulent apprendre plus avec l’anglais,le farsi,le chinois,le russe … enfin les langues des sciences.

    ===================
    Baraka Allahou Fik, mon cher frère. LQA est le site de tous et de toutes sans exclusion ni exclusive. Nous ne ferons aucune distinction entre tel ou tel intellectuel ALGERIEN sur la base de la langue ou de la région. Ils appartiennent TOUS à l’ALGERIE UNIE.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • Amer
    1 janvier 2010 at 1 h 40 min - Reply

    Bonjour,

    Il y avait un oficiel au nom de:MOHAMED Kacem NAIT BELKACEM si je me trompe pas.
    Merci




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  • med
    1 janvier 2010 at 9 h 36 min - Reply

    salam azul bonjour
    @ Salah-Eddine Sidhoum
    mon chèr frère, Allah le grand, seul sait le profond respect que j’ai pour votre personne; je pense que vous êtes l’une des rares personnes (parmi une dizaine peut être) apte à regrouper et unifier les rangs de l’opposition au régime dictatorial de notre pays. Votre parcours est le témoin de votre sincérité et de votre amour pour cette chère algérie.
    mais, mon frère, vous êtes cette fois un petit peu injuste en me demandant de me calmer comme si je me suis énérvé. je vous le jure chèr frère que je ne le suis pas du tout mais plutôt agacé par cet enième affront des articles malveillants du site LQA. je n’ose même pas imaginer que vous, mon frère, choisissiez ce genre d’article qui prète à équivoque et qui sont à la limite du déni identitaire. on a l’impréssion que LQA n’est plus le journal de l’opposition algérienne mais plutot un brulot raciste qui distille intelligement la haine et le mensonge sur tamazight et surtout sur l’islamité douteuse de cette étrange kabylie.on dirait qu’il est là, à l’affut de tout extremisme kabyle pour prouver solennellement la dérive raciste et athéiste de toute la kabylie.
    c’est vrai que tout celà est dû peut être seulement à notre sensibilté à fleur de peau ou au fait de l’ignorance cumulée du fait amazigh de l’ensemble des arabophones algériens. mais force est de de constater que LQA se fait le champion de l’arabisme aveugle qui traite tout ce qui n’est pas arabe de création de la france, de séparatiste et de dangereux pour l’unité Algérienne…
    bref, chèr frère, nous voulons quand vous parliez de tamazight qur vous parliez positivement(là je parle pas des intervenants mais de la rédaction) et je peux même vous proposer des articles plus consensuels. comme par exemple:
    – comment mettre tamazight à pied d’égalité avec l’arabe dans notre future république démocratique.
    – comment introduire tamazight dans les médias et les institutions de l’état.
    – comment développer rapidement la langue tamazight et quels sont moyens adéquats pour arriver à ce but.
    – l’autonomie linguistigue des régions berberophones est elle plus conséquente et adéquate que la généralisation de la langue tamazight sur toute l’Algérie ou c’est plutôt le contraire…
    je termine en vous souhaitant à vous et à tous les algèriens et tous les musulmans du monde une année de joie et de bonheur
    salam

    ====================
    Non, mon cher Mohamed, LQA est le quotidien du JUSTE MILIEU. Il n’est ni arabiste ni berbériste. Il est Berbéro-arabe dans toute sa diversité et sa splendeur. Nous combattons tous les extrémismes d’où qu’ils viennent. Vous nous faites injustement un procès d’intention. Ce n’est pas par paternalisme que je vous ai demandé de vous calmer, Hacha. Je vous l’ai demandé fraternellement et sans aucune arrière pensée. L’article publié en commémoration de la mort de notre frère Mouloud Mammeri est celui d’un journaliste d’un quotidien national. Et nous l’avons publié encore une fois sans aucune arrière pensée politicienne. Qu’il y ait des appréciations de sa part qui ne collent pas avec vos convictions politiques ou culturelles, c’est votre Droit de les discuter. C’est ce que nous faisons sur ce site. Il n’y a pas d’unanimisme, sinon, on ne peut plus parler de démocratie. Ce qui nous unit par contre ce sont des valeurs civilisationnelles et des principes démocratiques dans lesquelles se reconnait une grande majorité des Algériens (algérianité, démocratie, liberté, justice, droits de l’homme….).
    Nous accuser d’être un « brûlot raciste qui distille intelligemment la haine et le mensonge sur Tamazight », est un grave dérapage qui j’espère ne réflète pas votre pensée véritable et que je mettrais volontiers sur le compte de votre « colère ».
    Vous savez autant que moi qui distille des infos sur « l’islamité douteuse de cette étrange kabylie ». Ce n’est pas la véritable opposition, mais la fausse. Celle qui s’abreuve dans les officines de la police politique. Je vous rappelerais seulement les minables accusations du régime en avril 80, lorsqu’il traitait les kabyles d’avoir brûlé l’emblème national et d’avoir déchiré le Coran, pour travestir les réalités du mouvement légitime berbère de l’époque. Donc, évitons mon cher frère ces accusations et ces dérapages savamment entretenus par certains cercles pour nous détourner de l’essentiel. Encore une fois et quitte à me répéter pour la énième fois, notre ALGERIANITE est UNE, indiscutable et indissociable.
    Quant à la place de nos cultures et de nos langues, elles trouveront une solution toute naturelle, dans un Etat de Droit. Nous ne pouvons aujourd’hui demander à un régime illégitime et déliquescent qui ne pense qu’à sa survie de nous régler des problèmes qu’il a créé lui-même et qu’il entretient pour nous diviser. C’est INSENSE !
    Fraternellement.
    Salah-Eddine.




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  • Ammisaid
    1 janvier 2010 at 10 h 48 min - Reply

    Assalam, azul, bonsoir
    Laissez moi épancher mon coeur et pardonnez moi d’avoir trop dit et trop écrit en ce début d’année que je souhaite meilleure que toutes celles qui sont passées. Asseguass ameguaz, 3am sa3id et bonne année

    Les coeurs malades !

    L’argent a endurci leurs cœurs
    Leur violence augmente nos peurs
    L’assassinat de nos hommes intelligents et sincères
    Nous a rendu des orphelins délaissés et sans repères

    C’est dans le laboratoire de Lucifer
    Où est programmé chaque soir
    L’outil qui provoque la terreur et le désespoir
    Dans l’esprit des êtres intègres et forts

    La jalousie ronge leurs cœurs
    Elle rend ennemi à abattre
    Les plus honnêtes et même les plus téméraires
    De nos vrais artistes et de nos vrais penseurs

    Il faut bien savoir mes frères
    Qu’’ils ont remplacé le colonisateur
    Quand il avait décidé de partir
    Afin de cesser le massacre de ses fils adorés et chers

    L’orgueil gouverne leurs cœurs
    Il rend mal qu’ils nous font nécessaire
    Il transforme leurs actes barbares
    En une œuvre d’une beauté très rare

    Plus ils sont riches, plus ils sont avares
    Plus ils détruisent, plus ils sont convaincus d’être des bâtisseurs
    Plus nous souffrons, plus ils nous torturent
    Plus nous désirons vivre, plus ils nous souhaitent la mort

    La ruse est l’arme absolue de leurs discours
    Ils nous offrent des promesses grandioses et imaginaires
    Pour les élire et les réélire encore et encore
    Eux qui pensent qu’à satisfaire leurs ventres de misère

    Ils ont atteint la cime de la richesse et du bonheur
    Nous avons touché les profondeurs de la pauvreté et du malheur
    Nous cherchons inlassablement la paix d’un jour ou d’une heure
    Ils nous offrent une éternité de souffrances et de douleurs

    Ils ont totalement oublié leurs échecs et leurs erreurs
    Ils traitent les fils d’un peuple digne et fier
    Comme des hommes minables, impuissants et sans honneur
    Et, comme des soumis, des courtisans et des serviteurs

    Il ne sert à rien de leur parler, ils sont sourds
    Il ne sert à rien de les écouter, ils ne savent que mentir
    Il ne sert à rien de voter, ils aiment le pouvoir comme un bébé aime sa mère
    Il ne sert à rien de les détester, ils sont beaux quand ils se voient dans un miroir

    Suivis d’une suite sans titre qui n’est pas achevée

    La nuit a accouché du jour
    La haine a accouché de la froideur
    De la froideur est née la brutalité
    Laquelle s’est abattue sur l’humilité

    L’avidité a épousé l’avare
    Lequel a volé le pauvre
    Le pauvre a usé de la mendicité
    Celle qui lui a ôté sa dignité

    La torture a humilié la vérité
    Celle-ci a appris à patienter
    La patience refuse de céder
    Tant que le mensonge est glorifié

    L’ignorance est largement diffusée
    Dans les esprits faciles à berner
    Le savoir est de partout chasser
    Pour permettre à l’ignorant de régner

    Dans les cœurs, la terreur est semée
    Les pervers n’ont pas cessé de l’arroser
    Pour permettre à l’orgueil de dominer
    Afin de pouvoir les tromper et les égarer

    L’humilité est abandonnée dans un coin isolé
    Où personne ne risquera de la retrouver
    A la télévision, La générosité est médiatisée
    Par ceux qui ont volé même la pauvreté

    Suivie de ce que je veux avec vous partager

    Notre cher père Mammeri (Allah Irhmou)était un Algérien dans toute sa totalité, toute sa générosité, dans sa toute sa diversité et dans toute sa fraternité et il était de ses hommes et femmes qui tendaient vers l’universalité.
    Sa langue était l’Algérie, son pays était l’Algérie et sa région était l’Algérie. Le cantonner dans un domaine, c’est réduire son immensité et l’immensité de tout ce qu’il nous a légué: la mise en valeur de notre culture dans toute sa diversité pour l’empêcher de mourir sans nous avoir tout donner.
    Certains: ce qui est grand, il le voit petit et ce qui est petit, il l’enfle jusqu’à ce qu’il explose et il disparaît.
    Quelques Mammeri dans notre pays sortiront notre culture, nos langues, notre diversité et notre identité de l’obscurité dans laquelle les ignorants, les extrémistes et les frustrés veulent les laisser.

    Quelle langue voudra parler un muet s’il pouvait avoir le choix, mes amis ?
    Quelle langue refusera d’entendre un sourd s’il pouvait entendre, mes amis ?
    Quelle langue choisira un aveugle s’il pouvait voir pour lire tout ce savoir qui se trouve dans livres mes amis ?
    Que des questions difficiles ! N‘est-ce pas mes amis ?
    Quelle est grande notre chance de pouvoir maîtriser trois langues, mes amis !
    Je te coupe ta langue ou tu me coupes ma langue si tu mes refuses ma langue ou si je te refuse ta langue car je ne voudrais à aucun prix devenir muet et vice-versa, mon ami.
    Tolères moi et je te tolérerai mon ami, tu me toléreras si je te tolère mon ami.
    Apprends ma langue tu comprendras ce que je vis, ce que je ressens et ce dont je rêve et vice-versa, mon ami.
    Nous sommes des frères, nous sommes leurs frères et elles sont nos sœurs, parlons toutes langues et disons: nous nous aimerons, nous allons être solidaire, nous construirons ensemble une nation libre, prospère, tolérante, juste et digne, nous bannirons de notre langage: la haine, le rejet, l’indifférence, l’intolérance, l’exclusion, la méfiance, la violence, l’injustice…, nous ignorerons les minorités qui jouent avec les mots qui aggravent nos maux, qui détruisent nos cœurs, qui rigidifient nos esprits , qui divisent à l’infini notre unité et qui stérilisent notre diversité, nous dirons bienvenue, marhaba et asselma à toutes langues qui nous sortirons de l’ignorance, de la soumission et de la régression sans retour et sans fin et nous irons souriants et sereins vers la liberté qui respectera l’humain sans distinction de race, d’origine, de culture, de croyance, de langue(es), de sans langue, de taille, de sexe…
    Je t’autorise, mon ami, à juger l’état de mon cœur, mon caractère, mes actes, mes gestes, mon comportement, mes écrits, mes pensées, mes idées…et à m’interdire de te les imposer mais je refuse que tu puisses m’imposer de s’exprimer dans une langue que j’ai hérité, que j’ai appris, que j’ai adopté ou que j’ai choisi.
    La langue arabe est claire, nette et solide comme un roc. Elle peut dire tout. Ses lois et ses règles sont posées, il n’y a rien à lui ajouté, ni à lui retirer, il suffit de l’enseigner avec douceur, patience et art pour qu’elle puisse offrir ses richesses inestimables et encore, à mon avis, trop peu exploitées. Elle ne doit pas se retrouver dans les mains de ceux qui l’aiment pour se servir d’elle et pour exister, acquérir le pouvoir, dominer et s’enrichir. Le dardja ne peut se mesurer à sa puissance, ni nous éclairer: aucune fille n’a, encore, enfanté sa mère et la clarté et la beauté de la lune ne peuvent être visibles sans la puissance de la lumière du soleil, cela personne ne peut l’ignorer! Elle est chez nous, nous ne sommes pas obligé de l’importer, il nous suffit de la valoriser et de la diffuser. Elle nous a ramené l’islam, nous ne pouvons que la remercier car l’islam rime avec liberté. Cette liberté qui ne se soumet à aucun autre, hormis celui qui a tout crée. Cette liberté qui ose s’opposer à ceux ou à celles qui veulent l’assassiner, l’emprisonner, l’utiliser, la dominer, l’humilier, la déshonorer…Cette liberté qui refuse de sacrifier son humanité, de céder sa dignité et d’imposer la servitude aux autres libertés. Cette liberté qui garde sa vigilance, qui quête le savoir, qui aime la vérité, qui respecte l’humanité, qui rime avec universalité, qui hait l’injustice, le racisme, l’intolérance et qui s’arrête là commence la liberté des autres de disposer de leurs destinées.

    La langue berbère a traversé des siècles de guerre, d’adversité redoutable et de déni injuste, tout le monde le sait. Elle est toujours là, debout, belle, profonde (il suffit d’écouter ceux qui refusent de la voir mourir et emporter avec elle l’âme de notre pays) et riche malgré que la plume n’avait pu consigner toutes ses possibilités. Il est temps de la lui sauver. Il est temps de la remettre à la place qu’elle n’aurait du jamais quitter: une place respectable dans toute l’Algérie. Il est temps de l’introduire à l’école en toute légalité. Il est temps de l’enlever des mains de ceux qui l’utilisent pour un autre objectif que celui du ciment de notre unité et le troisième pilier de notre Algérianité.
    Ceux qui sont au pouvoir essayent de tout nous enlever: notre amazighité, notre arabité et notre islamité.
    Ceux qui nous gouvernent ne sont intéressés que par nos richesses, ils ne l’ont en réalité, jamais caché. Ceux qui nous gouvernent ne laisseront jamais nos richesses linguistiques, spirituelles, morales, politiques, intellectuelles…se développer, se diffuser, mûrir, se fertiliser, se solidifier…
    Ils feront tout (ils ont, déjà, maintes fois fait) pour nous maintenir dans l’obscurité, la terreur et la fatalité.
    Rien ne sera possible tant qu’ils trôneront sur notre liberté. Et, rien ne sera possible sans un état de droit qui instaurera une justice qui sera appliqué à toutes et à tous sans aucun préjugé.
    L’Algérie ne sera que si les Algériens et les Algériennes acceptent, enfin, toutes nos diversités et tout notre passé. Tout Algérien(ne) doit vivre dans son pays dans la sécurité, la dignité et la liberté. Arrêtons de chercher des solutions, ailleurs, que dans notre Algérianité dans sa totalité.
    Allons vers ce que nos ancêtres avait désiré: Une Algérie libre, digne, juste, fraternelle, solidaire…dans laquelle aucun et aucune ne sentira exclu.

    Fraternellement à toutes et à tous




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  • D.Messaoudi
    1 janvier 2010 at 11 h 38 min - Reply

    @Talbi:
    Vous dites: »Quelques Algeriens (qui refuse cette appellation)croyant que la culture se limite à des chansons et de vibrations des fesses,et que la civilisation se cantonne dans une seule région montagneuse s’exprime par la poterie,se trompent lourdement. »

    Tout d’abord, de quelle appellation parlez-vous? De celle d’une Algérie arabe? Eh bien oui, nous la refusons. Comme je l’ai déjà dit, il serait plus juste de dire une Algérie amazigho-arabe.

    Pour ce qui est de la civilisation, sachez que la civilisation que vous appelez encore injustement « civilisation arabo-musulmane » est construite largement majoritairement par des non-arabes; à savoir les Perses, les Kurdes, les Amazighs, etc. Ce n’est pas parce que des savant / chercheurs, écrivains, etc, écrivent en arabe qu’ils doivent être considérés des arabes. C’en est un mensonge que des gens ont distillé durant des siècles et nous sommes là pour les démentir avec la raison et les preuves. Le génie dit arabe au sein de la civilisation dite arabo-musulmane est un mythe et un gros mensonge et il n’est destiné que pour tenir les peuples convertis en Islam sous la domination / le paternalisme des Arabes. Allez voir ce que font actuellement vos frères arabes en Arabie Saoudite pour les émigrants étrangers venus y travailler et vous comprendrez encore plus de la nature de ces gens que vous élevez au rang des vecteurs de la civilisation. Et pour finir, je vous invite encore à lire la Moqaddimat de Ibn Khaldoune au sujet des Arabes.

    (Dieu est témoin que je ne dis pas tout cela par racisme, mais pour défendre el-haqq.)

    Pour lecture: http://www.scribd.com/doc/13253748/-Islam-Muslims-nonMuslims-




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  • samia
    1 janvier 2010 at 13 h 00 min - Reply

    Seule la démocratie pourra réhabiliter notre patrimoine amazigh,notre algerianité, nos compétences,notre liberté,notre prospérité,notre marche vers l’avant,et notre Algerie plus forte sur la scène mondiale.
    le mensonge et la dictature ces derniers se joueront toujours de notre identité a des fins personnelles.




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  • samia
    1 janvier 2010 at 13 h 04 min - Reply

    Cette dictature ne fait que retarder le processus . « jusqu’a quand??. »
    regardez le monde comment s’est fait ,regarder les autres pays qui ont eu une histoire similaire a la nôtre ,prenez étude sur leurs expériences,mentir jusqu’à quand????




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  • mamitoupetitarabe
    1 janvier 2010 at 13 h 29 min - Reply

    1917-2009:pourquoi 88 ans?Revoir le titre SVP

    ============================
    Vous avez entièrement raison. L’erreur et le titre sont ceux du quotidien LA TRIBUNE DES LECTEURS et de son journaliste, pas de nous.
    Merci d’avoir attiré notre attention.
    Salah-Eddine




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  • D.Messaoudi
    1 janvier 2010 at 13 h 36 min - Reply

    Permettez-moi d’intervenir encore une fois pour apporter une autre preuve qui démentit l’existence d’une soit-disant civilisation arabe avec laquelle on essaie de nous vexer: Les Émirats Arabes Unis – Dubaï en particulier – connait actuellement un développement urbain qui dépasse même celui existant aux USA; peut-on pour autant dire que les E.A.U. est un pays civilisé et développé? Bien sûr que non, car tout ce qui y est construit l’est uniquement par les idées des architectes occidentaux / étrangers. Même la gestion de la technologie utilisée dans les grattes-ciels du Dubaï est tenue par des étrangers, car les autochtones savent à peine manier un simple ordinateur.

    (j’espère que mon commentaire passera, et je vous jure de ne plus revenir sur ce sujet).




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  • Adel
    1 janvier 2010 at 13 h 47 min - Reply

    @MAHMOUD

    J’ai fait le même constat que vous. Un de mes amis exprimait cela en disant que, dans le métro, quand tu écrases le pied de quelqu’un, c’est lui qui te demande pardon. Et c’est pour cela que je trouve tout à fait injuste le jugement de ceux qui ne retiennent de l’Occident que le racisme, le tapage médiatique autour du mariage entre personnes de même sexe ou la pornographie.

    Il ne sert à rien de porter des jugements de valeur sur une culture, une période historique ou un pays. Cela n’a aucun sens. Il y a cependant des attitudes, des comportements, des enseignements qui sont en adéquation avec l’époque à laquelle on vit, avec ses contraintes économiques, politiques, sociales, etc., et d’autres qui ne le sont pas, entrainant celui qui les porte en lui toujours vers plus de souffrances et d’échecs.

    Le sociologue français Pierre Bourdieu a écrit des textes très instructifs sur la société kabyle traditionnelle, au sein de laquelle l’homme et la femme avaient chacun une place et un rôle strictement codifiés pas les règles du nif et la de la horma. Pour nous, Algériens de 2010, cette société était injuste envers la femme. Il reste cependant que l’harmonie y régnait et c’est cela qui est le plus important. Le bonheur ne se vit qu’à l’intérieur d’un système de valeurs élaboré et imposé par la communauté au fil des siècles, système de valeurs qui finit par se stabiliser en assurant l’harmonie entre les individus qui composent la communauté dans leurs relations de tous les jours – travail, vie familiale, fêtes et deuils, défense du territoire, solidarité face aux difficultés de toutes sortes, etc. Le système fonctionne de façon optimale. Le malheur suprême pour l’homme kabyle traditionnel était la perte de son honneur ou son bannissement de la communauté pour avoir enfreint la loi commune. Dans cette société traditionnelle, il s’agissait en fait de minimiser le malheur plutôt que de maximiser le bonheur (cette dernière étant la conception moderne) tant les conditions de vie imposées par la nature et le faible développement des moyens de production étaient rudes. La société kabyle de 2010 n’a plus rien à voir avec cette société traditionnelle et tout le monde s’accordera avec moi pour dire que les Kabyles d’aujourd’hui sont certainement moins heureux que leurs ancêtres de jadis. Pourquoi cela ?

    Notre problème, à nous Algériens et musulmans du 21ème siècle, c’est de vivre dans un monde où tout nous est imposé par l’Occident qui nous domine. Cet Occident a créé ce monde et il a développé la culture qui permet d’y vivre (relativement) heureux, le mode d’emploi en quelque sorte. Nous devons affronter ce monde sans y avoir été préparés, armés de notre seule culture traditionnelle. Notre système de valeurs, notre comportement, etc., ont été développés pour vivre dans un monde différent. Il y a lieu de souligner que l’Occident n’agit pas contre nous, comme on a tendance à le clamer un peu partout aujourd’hui. Cet Occident ne nous veut pas du mal. Il n’est pas mû par l’esprit des croisades. Ce n’est pas la lutte séculaire entre la Croix et le Croissant – il a bien conquis l’Amérique païenne. Tout cela n’a aucun sens. Car si l’on condamne l’expansion de l’Occident comme étant immorale, alors il faut aussi condamner celle du monde musulman qui a eu lieu à partir du 7ème siècle et qui a abouti à la conquête de l’Andalousie par les armées musulmanes. L’expansion de l’Occident obéit d’abord, et aujourd’hui plus que par le passé, à une logique économique. L’économie ne connait pas le bien et le mal. Elle connait le profit maximum, qui n’a rien à voir avec la morale. L’Occident défend ses intérêts, ce qui est dans la nature de toute entité en ce monde, qu’elle soit bactérie, plante, animal, personne ou société. Cela ne signifie pas que nous devons accepter la domination sans réagir. Nous devons réagir, mais nous devons le faire avec intelligence, comme un coureur de fond qui est dépassé par un concurrent. Il ne lui sert à rien de le maudire ni de l’insulter.

    Que faire ? Certains nous disent que le mal vient du fait que nous avons abandonné nos valeurs traditionnelles, les vraies valeurs de l’islam et celles de notre tradition, comme le nif et la horma. La société traditionnelle kabyle peut-elle être restaurée ? Les musulmans peuvent-ils vivre en autarcie dans une sorte de khalifat islamique moderne régi par les mêmes règles et la même culture que celles de Médine au 7ème siècle, Damas au 8ème ou Bagdad du 9ème au 13ème siècle ? Il me semble que la question ne se pose même pas, puisque nos sociétés ont déjà été profondément transformées par le contact avec l’Occident et il est impossible de faire machine arrière. Nous sommes condamnés à aller de l’avant. La seule alternative raisonnable est de nous embarquer résolument dans le train de la « civilisation industrielle », tout en luttant contre ses effets pervers aux côtés des forces qui, en Occident, luttent elles aussi contre ces mêmes effets depuis longtemps. Cela ne signifie pas que nous devons renoncer à notre culture. Nous devons dépasser la contradiction qui nous fait souffrir et réussir une nouvelle synthèse qui nous ramènera un peu de sérénité, cette sérénité que l’on voit justement sur les visages des Occidentaux. Ils sont confiants, tolérants ; ils n’ont pas peur. Un ensemble de facteurs concourent à apporter cette sérénité et cette confiance. L’un d’entre eux, et non des moindres, est justement l’Etat de droit qui protège la personne contre les abus de toutes sortes – ceux des puissants, des riches, des pervers, etc.

    Pour réussir cette synthèse, nous n’avons d’autre choix que de revenir à notre tradition et notre patrimoine, qu’ils soient berbères, arabes ou islamiques, pour en ramener les diamants qui ont résisté à l’épreuve du temps et rejeter dans l’oubli les branches mortes. C’est ce qu’on fait les Occidentaux avant nous. Four finir, je vous invite à méditer sur ces paroles de Mohammed Arkoun :

    « Ainsi, cette modernité qui a connu tant de révolutions scientifiques bouleversantes pour la condition humaine depuis les années 1950, continue d’être rejetée, diabolisée par l’instance mythoidéologique d’un Islam réduit aux trois fonctions de refuge pour les exclus, les marginaux, les sans travail et sans espérance ; de repaire pour le opposants aux régimes en place ; de tremplin pour les carriéristes et les manipulateurs de l’opinion ; et toujours d’Instance illusoire de légitimation pour des régimes trop engagés dans cette voie pour songer à un modèle alternatif. » Mohammed Arkoun, Humanisme et Islam.




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  • adrar
    1 janvier 2010 at 16 h 27 min - Reply

    je laisse Dda LMulud at Maammeri répondre par soit même, heureusement qu’existe son témoignage!!. MRs tout sont combat était contre cette même culture Arabo-islamique, je comprend votre propagande mais de grâce n’essayent pas de récupérer la mémoire de ce géants de la culture KABYLE. http://dailymotion.virgilio.it/video/x1wnyn_da-lmulud_creation

    ============
    Merci pour ce lien qui montre la grandeur d’esprit de cet intellectuel ALGERIEN. Laissons nos compatriotes juger d’eux-mêmes de la sagesse de cet homme de culture qui n’a rien à voir avec l’extrémisme culturel de certains, heureusement minoritaires. Evitons ce langage extrémiste de « propagande » et de « récupération de la mémoire ». Mammeri appartient à toute l’Algérie.
    Salah-Eddine




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  • Adel
    1 janvier 2010 at 17 h 54 min - Reply

    Rappelons à ceux qui ne le savent pas déjà que Mouloud Mammeri et Mohammed Arkoun (né en 1928) sont du même village, Taourirt Mimoun. Les œuvres de ces deux monuments de la pensée et de la culture algérienne, arabo-musulmane et universelle mériteraient d’être mieux connues dans notre pays.




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  • jnsplu
    1 janvier 2010 at 19 h 59 min - Reply

    @adel.
    Ne dis pas arabo-musulmane, sinon tu va essuyer un feu de barrage.

    Plus sérieusement, je crois que Mouloud Maameri est plus connu en Algérie que Mohamed Arkoun.




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  • talbi
    1 janvier 2010 at 21 h 17 min - Reply

    Messieurs, Au lieu d’engager un débat sensé et utile pouvant éclairer un peu plus les uns et les autres devant des sujets très intéressants que nous proposent nos frères de TAHIA BLADI,les memes commentaires émanant des memes personnes faussent les débats pour s’enliser vers une fausse idée sur laquelle a été bati le mythe du « berbère et le berbérisme » et dévient le « sens » des débats pour les orienter vers un obscurantisme pire que celui qui a failli dévaster la société (entre guillemet)Algerienne.C’est la mythologie berbere devenue une culure et meme une civilisation que certaines brandissent à n’importe quelle occasion sans nous montrer le moindre indice de cette culture,ni un quelconque vestige de cette civilisation.Je disais,donc,qu’il y à en Algerie un peu plus de 35 millions d’Algeriens qui ne s’identifient pas à une idée fausse encore moins à une culture qui se résume à un petit programme de chants et de danses ni à une civilisation de poterie qui a evolué vers le jean,les cheveux longs,la bière et les marlboro…Tant que nous n’avons pas chassé le régionalisme stupide,le fanatisme religieux primitif et le suivisme absurde oriental et occidental,l’Algerie restera un ensemble de tribus éparses éloignées les unes des autres et surtout une proie facile à un colonialisme qui viendra faire de la philantropie pour nous faire sortir des ténèbres en vue d’une éventuelle émancipation socio-culturelle.




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  • Lies
    1 janvier 2010 at 22 h 12 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    Mouloud Mammeri appartient comme le dit le docteur Sidhoum à l’Algérie toute entière et peut être au-delà.

    Des manipulateurs professionnels au service des cercles occultes chargés d’entretenir la division (la fragmentation) des algériens, nous dressent, à des fréquences régulières les uns contre les autres.

    Nous devons nous hisser à un niveau d’analyse, d’interprétation et surtout de maturité intellectuelle telles que nous ne devons jamais perdre de vue la construction d’une Algérie qui sera une réelle mère patrie pour l’ensemble des algériens.

    Le chemin pour le triomphe de la vérité sur les impostures est encore long, c’est pourquoi nous devons faire preuve de patience, de lucidité et accumuler le maximum de prédispositions positives, afin de hâter l’avènement de toutes ces belles choses auxquelles aspirent tout un peuple sans qu’il puisse malheureusement pouvoir les définir et les nommer.

    Fraternellement.




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  • Lies
    2 janvier 2010 at 2 h 14 min - Reply

    La tolérance est bonne à prendre, mais ne suffit pas.

    Il faut plus que cela, il nous faudra avoir pour l’autre, qui est different de nous, de la reconnaissance: la pleine reconnaissance de ses droits à vivre libre, digne, et securisé sur ses biens et son honneur.

    C’est le defi que nous aurons à relever dans les mois et les années à venir.




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  • Adel
    2 janvier 2010 at 13 h 07 min - Reply

    @Lies

    J’ai eu beau tourner et retourner la question dans tous les sens, la seule protection que j’aie pu trouver afin de ne pas tomber dans le piège de ceux qui, inconsciemment parfois, projettent sur la société leurs propres rêves et désirs, qui peuvent être légitimes mais sont loin de la réalité – qu’ils soient islamistes ou modernistes – c’est de toujours revenir à la culture populaire non polluée par toutes les formes d’extrémisme.

    Si on est mû par l’amour de soi et non par la haine de l’autre, on peut vivre avec l’autre et le respecter, tout en s’aimant soi-même. On peut aimer l’islam et la langue arabe ou kabyle, sans haïr le chrétien. Tout être humain se doit d’aimer et chérir ses parents. Cela ne signifie pas pour autant qu’il haïsse les parents des autres. Par respect et attachement à la mémoire de ses parents, il se doit aussi d’aimer la langue et la culture (au sens large, incluant la composante religieuse) qu’il a héritée de ses parents. Même s’il y a parfois certains aspects de cette culture qui lui paraissent désuets, il n’a pas le droit de la rejeter en bloc, s’il ne veut pas se renier totalement. Il me semble que même si on ne pratique par les rites de l’islam, on n’a pas le droit de le critiquer en tant que substratum de notre culture. Perdre sa culture, c’est perdre ses parents deux fois et se retrouver nu et seul au monde. Il faudra beaucoup de temps pour se trouver de nouveaux habits.

    Laissons l’amour nous guider et non pas la haine et nous garderons l’estime de nous-mêmes sans pour autant rejeter l’autre, qui a lui aussi le droit de chérir sa culture et sa religion. Bien entendu, le sommet de la sagesse, c’est d’aimer l’autre dans toute sa différence. Nous en sommes encore loin. Commençons par ne plus le haïr, ce sera déjà un grand pas en avant.




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  • mamitoupetitarabe
    2 janvier 2010 at 13 h 14 min - Reply

    Louange à jnsplu:ton court billet est trés agréable à lire et trés expressif.Bravo.La culture arabo-musulmane à l’algérienne est aussi trés agréable et trés digeste.Quel plaisir.Moi aussi je ne savais pas qu’ils étaient du même village.Mais voyez-vous,ceci explique peut-être celà.
    C’est une salve de félicitations que tu reçois Mohamed,2010 commence bien.




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  • mamitoupetitarabe
    2 janvier 2010 at 13 h 25 min - Reply

     » Commençons par ne plus le haïr, ce sera déjà un grand pas en avant. »Bien dit Adel,surtout commençons par ne plus se hair entre nous,Algériens,et à ne plus hair ce que nous sommes.Une fois ce stade atteint,la tolérance et l’amour envers l’étranger deviendra un jeu d’enfant




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  • Lies
    2 janvier 2010 at 16 h 52 min - Reply

    Bien dit @ Adel, travaillons sur nous même pour être moins haissant et un peu plus aimant.

    Il m’arrive à moi aussi, de ne pas comprendre la portée de certaines interventions.

    Normal, Ça depend d’un tas de facteurs.

    Dans cette situation je me contente d’attendre et d’observer afin de mieux cerner l’idée.

    Je suis d’accord avec vous lorsque vous parlez de notre culture populaire et l’immense sagesse qu’elle recele.

    Toutefois tous les avis sont bons à prendre, de la discussion jaillit la lumière, rien n’est figé, tout peut évoluer, vers le bien.

    L’ennemi dont il faudra se méfier c’est l’extrémisme, de quelque bord qu’il soit.

    J’y reviendrai, car pour exorciser un demon il faut d’abord le reveiller, et la meilleur façon à mon avis de le reveiller c’est d’en parler.

    Parler est aussi une responsabilité, j’allais dire un devoir.

    C’est éxaminer toute chose, avec des desseins bienveillants.

    Merci.




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  • LMOULOUDH NATH MAMMER…mon père spirituel. « Echos libres et Equilibres de Dzayer-Blog
    22 décembre 2010 at 19 h 47 min - Reply

    […] Adel 2 janvier 2010 à 13 h 07 min […]




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  • bachir
    25 avril 2011 at 18 h 23 min - Reply

    Pour un petit éclaircissement chers arabe-berbère-musulmans pourquoi ne voyez -vous pas le plus proche exemple des états -unis d’amerique avec une multitude de races et de religions et ayant bâti la grande si ce n’est pas la plus et plus puissance du monde




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  • sarah
    20 avril 2013 at 0 h 32 min - Reply

    salam!
    c »est la premiere fois que j’ai envie et pouvoir de continuer a lire un roman car la lecture me provoque toujours des migraines..bref je suis tombée amoureuse de ce roman qu’est L Colline Oubliée de Mouloud Mammeri et j’ai décidé de le choisir pour mon mémoire de fin d’études.Si vous l’avez lu,j’aimerai bien en Avoir vos avis pour soutenir mon projet de recherche littéraire. Merci!




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  • Congrès du Changement Démocratique