Édition du
26 March 2017

Oeuvrons à surmonter le traumatisme de la grande discorde !

Par Adel

Les maux dont souffre notre pays aujourd’hui sont nombreux. Ils ont pour noms absence de démocratie, chômage, crise de logement, cherté de la vie, mauvaise qualité des services, insécurité, violence, corruption, incompétence, etc. Ces maux, qui participent tous à empoisonner chaque jour un peu plus la vie de l’Algérien de 2010 et lui font perdre tout espoir de mener un jour une existence normale, pourraient cependant trouver un début de traitement, s’il n’y avait ce mal suprême qui tue dans l’œuf toute tentative de redressement : la discorde, qui empêche les hommes et les femmes sincères d’unir leurs forces pour faire entendre leurs voix et redonner espoir au peuple.

Les deux crises les plus graves qu’ait vécues l’Algérie indépendante ont été la crise de l’été 62 – l’été de la discorde – et celle des années 90, qui a fait suite  au coup d’Etat de janvier 92 et dont les effets sont encore visibles.

Le 27 mars 1962, les dirigeants de la guerre de libération membres du CNRA se réunissent à Tripoli pour entériner les accords d’Evian. L’histoire a retenu les insultes proférées par Ben Bella, récemment libéré de prison avec ses quatre compagnons,  à l’encontre de Ben Khedda, alors président du GPRA. A partir de là, la crise qui avait pour origine un différend entre le GPRA et l’Etat-major général de l’armée des frontières, ira en s’amplifiant, les alliances se formant au gré des affinités, pour en arriver à constituer trois groupes ennemis : le groupe de Tlemcen, autour de Ben Bella et Boumédiène, le groupe d’Alger et le groupe de Tizi-Ouzou, formé par Krim et Boudiaf. Chacun des chefs militaires des différentes wilayas de l’intérieur ralliera un groupe. Le peuple algérien assistera impuissant au spectacle dégradant d’hommes qui se déchirent pour le pouvoir, incapables de s’asseoir autour d’une table pour dialoguer et trouver un compromis. Il aura cependant le courage de sortir dans les rues et de crier : « seb`a s’nin barakat ! ». On sait que la crise se dénoua en faveur de Ben Bella et Boumédiène, après que l’armée des frontières venue du Maroc entrât dans Alger le 9 septembre 1962, non sans avoir provoqué des dégâts.

Lentement mais sûrement, Boumédiène conquit le pouvoir, qu’il ne consentit à partager avec personne, jusqu’à sa mort, écartant tous les rivaux, qu’ils fussent civils ou militaires. L’Algérie balbutiante fut ainsi amputée d’une grande partie de ses compétences, elle qui avait besoin de tous ses enfants pour se lancer dans la vie. Les résultats du pouvoir dictatorial exercé par un colonel et son équipe de militaires sont connus : échec sur toute la ligne.

L’Algérie n’était pas au bout de ses peines, cependant. Octobre 88 donna une lueur d’espoir à tous ceux qui rêvaient depuis le premier jour d’une Algérie démocratique, fraternelle et plurielle. Ils durent vite déchanter, car le virus de la discorde frappa de nouveau. Le peuple ne put rien faire cette fois, car il fut atteint lui aussi, entrainé dans la spirale de la violence par ceux qui ne rêvaient que de voir les frères ennemis s’entretuer. La tragédie des années 90, personne ne l’a vue venir. Personne ne pourra l’oublier aussi. Comment oublier les massacres de Bentalha et Rais, les viols de mères de famille et la torture ?

Il faudra bien oublier, pourtant, si nous voulons que ce pays, notre pays, reprenne vie. Car, tant que la haine et le ressentiment garderont nos cœurs prisonniers, rien de bon ne pourra en sortir.

Face à la longue liste de problèmes dont nous souffrons, nous pourrions mettre une liste de forces qui auraient normalement pour mission de leur trouver des solutions : les hommes et les femmes honnêtes qui sont dans les structures de l’armée et de l’Etat, les parlementaires, les juges, les syndicalistes, les militants des partis politiques, les étudiants, les ouvriers, les paysans, les artisans, les commerçants, les membres des professions libérales, les dirigeants d’entreprises, les universitaires, les artistes, les imams et les oulémas. Tous ces cerveaux et tous ces bras, comme l’Algérie en a besoin pour s’en sortir. Comment leur faire oublier cependant que, pendant des années, ils se sont voué les uns les autres une haine mortelle, une haine qui a été à l’origine de crimes innommables. Tout Algérien digne de ce nom a honte de ce qui s’est passé dans notre pays durant cette terrible décennie. Il veut comprendre, il veut savoir. Ceux qui ont perdu des êtres chers, les mères dont les époux ou les enfants ont disparu sans laisser de traces ne veulent pas tourner la page avant que quelqu’un leur ait dit la vérité. Qui aura le courage de faire ce travail salutaire ? Il faudra leur demander pardon, pourtant.

Après avoir vaincu les Omeyyades, les Abbassides mirent tous les cadavres de leur ennemis sur une grande place, les recouvrirent de tapis, s’assirent dessus et firent un banquet. Dans les jours qui suivirent, tous les descendants de la dynastie déchue, ainsi que leurs alliés, furent inlassablement recherchés et tués. Même les tombes des souverains omeyyades morts furent profanées et leurs ossements brisés. C’est à ce prix que les Abbassides purent avoir la paix. Terrible haine. Mais en ces temps-là, couper la tête de son ennemi et la transporter sur des milliers de kilomètres pour la remettre au chef était chose courante. Au 21ème siècle, ces pratiques font de celui qui les prône un être abject. Voulons-nous que l’histoire ne retienne de notre passage sur Terre que notre soif de sang ? Le langage de la haine ne mène nulle part, sauf en enfer, l’enfer dans ce monde et dans l’autre.

Pourrons-nous un jour oublier l’intégriste et voir derrière la barbe et le qamis et derrière le djilbab un Algérien et une Algérienne ? Pourrons-nous oublier le (la) laïco-assimilationniste pour ne voir que le fils et la fille de cette terre généreuse ? C’est à trouver les voies et les moyens pour surmonter le traumatisme de la grande discorde des années 90 que les hommes et les femmes de bonne volonté de ce pays devront consacrer tous leurs efforts.


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21 Commentaires sur cet article

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  • Mohsen
    4 janvier 2010 at 16 h 54 min - Reply

    « Oeuvrons à surmonter le traumatisme de la grande discorde! » (Adel)
    —————–
    En termes de discordes,il y a lieu de dénoncer ce phénomène « apparenté » au « culturel » et qui n’est rien d’autre qu’un mouvement politique séditieux et porteur de graves menaces sur la paix et la concorde en Algérie. Cette nébuleuse mouvance aux forts accents séparatistes a pour nom : le BERBÉRISME.
    A ce sujet,je vous invite à lire cet article du jour fort édifiant et qu’il faudrait,à mon avis,faire connaitre au grand public. Le voici:

    Analyse et décryptage
    Les Sionistes utilisent la tactique du ‘diviser pour régner’ en Afrique du Nord

    Le plan des Illuminatis pour dominer l’Afrique du Nord se concentre sur la tactique classique du « diviser pour régner »: Soutenant les minorités et se servant des droits de l’Homme, des ONGs, des oppositions politiques, et d’autres proxies (= points d’entrée pour influencer de l’intérieur un pays)…

    http://www.alterinfo.net/
    Lundi 4 Janvier 2010

    article original: http://www.henrymakow.com/_men_are_bent_on.html (Anglais)
    http://reflexionsetcommentaires.blogspot.com/
    http://destructionmassivesilencieuse.blogspot.com/

    ================================
    J’avais lu cet article provocateur, tout comme j’avais reçu un autre plus incendiaire il y a quelque jours. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie pour ne pas croire que ces torchons qui ne sont pas sans nous rappeler ceux des GIA des années 90 sont sortis des officines de la fitna. « On peut tromper quelqu’un tout le temps, mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps ». Que les imposteurs en fin de règne qui voudraient encore une fois mettre à feu et à sang notre pays et provoquer une guerre fratricide sachent qu’on ne nous trompera pas une seconde fois. Après le bourourou « intégriste » voila qu’apparait le bourourou séparatiste « berbériste » qu’on nous agite pour nous détourner encore une fois du vrai problème. Le problème de l’Algérie n’est ni religieux, ni culturel, ni identitaire. Il est POLITIQUE. C’est la question de la LEGITIMITE DU POUVOIR qui est en suspend depuis le 03 juillet 62.
    Ni le régime illégitime ni les ultraminorités extrémistes de tous bords qu’il agite et manipule alternativement n’arrêteront le cours de l’Histoire. Les officines de la sinistre police politique ne réussiront pas là où ont lamentablement échoué les SAS et le 2e bureau de la France coloniale.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine Sidhoum




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  • adel133
    4 janvier 2010 at 23 h 17 min - Reply

    je partage pleinement l’analyse de notre frère Sidhoum.le seul véritable problème pendant dans notre pays est la confiscation de notre indépendance par un régime criminel inventé dans les officines du cabinet noir et porté à bout de bras par la police politique et tous les suppots khobzistes en poste à ce jour.
    il n’existe auxcun problème entre les Algériens.
    les groupuscules extremistes sont des agents du pouvoir.au lendemain du 18 novembre le peuple Algérien a brandit le drapeau national dans toutes les régions du pays au cri de one two three viva l’Algérie.le jour ou nous cesserons de faire l’ane personne,plus personne n’osera nous monter sur le dos.




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  • Résigné
    5 janvier 2010 at 0 h 11 min - Reply

    @Mohsen
    On a bien été uni par la férule de L’ARABISME triomphant des années 60 et 70 et on a été au summum de notre puissance et les victoires ne manquaient pas.
    N’ayez crainte mon ami, le berbérisme n’est qu’un bourourou. Pas de mauvais sang pour ça.




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  • MTM
    5 janvier 2010 at 11 h 53 min - Reply

    @ Cher Adel

    Vous dites « Il faudra bien oublier, pourtant, si nous voulons que ce pays, notre pays, reprenne vie. Car, tant que la haine et le ressentiment garderont nos cœurs prisonniers, rien de bon ne pourra en sortir. »

    Notre gros probleme est justement l’oubli et le deni de memoire et la peur de la justice. On a peur de payer le prix de la paix.

    L’Algerie a toujour oublie. On en recolte quoi?

    Si nous nous somme arrive a Bentalha, c’est peut-etre parce que nous avons efface l’histoire de Melouza, et l’histoire des garnds crimes comme les assaninats de Abane, Krim et tous les autres. C’est par ce que nous nous precipitons toujours vers la mauvaise solution, celle de refuser de se regarder en face et parler des horreurs qui ont ete faites au nom du peuple.

    Oublier, c’est blanchir, c’est cautionner, c’est enfanter encore et encore des « saigneurs » de la guerre.




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  • Adel
    5 janvier 2010 at 16 h 00 min - Reply

    @MTM

    Oublier n’est pas cautionner, c’est regarder vers l’avenir. La justice finit toujours par rattraper le criminel, même après sa mort. Les Algériens finiront par connaître la vérité et juger leurs bourreaux, même cent ans après leur disparition.

    Il y a encore aujourd’hui une bonne proportion d’Algériens, surtout parmi les gens instruits, qui pensent que la répression était/est la seule solution. La haine aveugle qui les habite les empêche de réfléchir. C’est cette haine qu’il faut déraciner.




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  • Mohsen
    6 janvier 2010 at 9 h 48 min - Reply

    @Sidhoum
    @Mon commentaire,semble t-il,ne vous ai pas parvenu.Si tel est le cas, voudriez-vous me le faire savoir, s’il vous plait.
    Il n’est pas dans vos pratiques de censurer et vous en faites une profession de foi qui vous honore. A Dieu ne plaise,si d’aventure,vous auriez jugé pour cette fois-ci,nécessaire de déroger à vos principes, voudriez vous me faire connaître la raison qui a motivé votre décision?
    Avec mes remerciements. Mohsen

    =========================
    Oui, effectivement, il n’est pas de mes habitudes de censurer pour des incompatibilités politiques ou idéologiques. Et je ne le ferais jamais. Chacun est libre de s’exprimer et de défendre ses idées. Et ce site est fait pour cela.
    En mon âme et conscience, je n’ai pas jugé utile de publier votre texte car il aurait embrasé le débat et approfondi le fossé sur cette fausse question identitaire (et j’insiste sur la fausseté de la question). Cette frange que vous décrivez en France et en Algérie ne constitue qu’une infime minorité et qui ne représente absolument rien sur le terrain. Ce ne sont que des agitateurs qu’exploite le pouvoir pour entretenir la division. L’Appel du 19 mars et ce site oeuvrent au rassemblement et non à la fitna. Et ce n’est pas au nom de la « liberté d’expression » et de la « démocratie » que nous allons participer à la division des Algériens..
    Ce serait une erreur que d’accorder de l’importance et d’hypertrophier une frange insignifiante.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • boreal
    7 janvier 2010 at 10 h 42 min - Reply

    @ Adel

    Aucun avenir ne peut se construire s’il n’y a pas reconnaissance du préjudice et réparation.

    Oublier, pour la victime, est quelque chose d’impossible car c’est un phénomène qu’il ne contrôle absolument pas. Nous avons tous ou à peu près subi ou subissons encore à des degrés divers les conséquences de la décennie écoulée : une véritable guerre a été déclarée au peuple algérien. Ce fut des « années de plomb » : massacres, disparitions, tortures, intimidations, manipulations… La mère qui a eu son fils, « disparu » ou mort, les corps mutilés et exposés dans les rues de certaines villes (pour impressionner et terroriser la population…), lorsqu’on évoque Errais, Bentalha, Tissemssilt et la liste est longue, un effroi nous traverse de part en part et nous pétrifie.
    Beaucoup de gens ont vécu et vivent encore ces événements douloureux comme une souffrance interminable, une souffrance qui se nourrit malheureusement de toutes les injustices qui persistent dans notre pays et qui frappent surtout les plus faibles.
    Cette souffrance, elle ne s’arrête jamais. C’est ce que les psychiatres appellent : la névrose traumatique. Celle-ci survient à la faveur d’un évènement terrorisant, d’un contact avec la mort, sa réalité et son image.
    « De ce moment d’effroi, la plupart des psychiatres relatent qu’il est vécu comme une effraction. C’est à dire que cette réalité, à laquelle l’individu est confronté, est si impossible à filtrer qu’elle pénètre immédiatement aux tréfonds du psychisme. Ce faisant, elle bouscule toute la construction psychique de l’individu mais, pire que cela, elle en empêche la reconstruction. Elle est une modification radicale de l’identité de la personne : en effet, cette expérience est en elle, mais sans pouvoir être intégrée, elle remet en cause tout ce qu’elle est. En effet, étant totalement étrangère à toute représentation, ne se liant à rien, elle ne peut devenir souvenir, ne peut être digérée. Et ne pouvant devenir souvenir, elle reste dans le psychisme comme étant un éternel présent, occasionnant par-là ce que l’on appelle le syndrome de répétition traumatique (S.R.T.).
    Le S.R.T. est le retour à la conscience, n’importe quand et n’importe où, de l’évènement traumatisant. Celui-ci, donc, ne retourne jamais au passé et, de plus, s’impose à la conscience de la victime à l’occasion des réminiscences, cassant ainsi le rapport au temps. C’est alors pour le traumatisé l’occasion d’un long processus durant lequel le traumatisme va prendre une dimension sociale et durable qui dépasse le simple moment d’effroi. » (Ollagnon Mathieu).

    Comment oublier, comment est-ce possible ? Comment l’avenir d’une nation peut-il se construire, avec quelle réalité l’appréhender ?
    Le peuple algérien a besoin de faire confiance en ses gouvernants et ses institutions pour se projeter dans l’avenir, mais pas dans des gouvernants qui ne reconnaissent ni sa douleur ni sa souffrance et qui continuent à ignorer cette réalité comme si elle n’avait jamais existé.

    Amicalement




    0
  • Adel
    7 janvier 2010 at 14 h 40 min - Reply

    @boreal

    La discorde dont je parle n’est pas celle qui existe entre les gouvernants et le reste du peuple, mais celle qui empêche les personnes sincères au sein du peuple de s’unir et de travailler ensemble pour changer les choses et se doter d’un gouvernement qui œuvre dans l’intérêt du pays. Cette discorde existe. Pensez-vous que les gens instruits qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir actuel soient tous unis? Celui qui se dit islamiste peut-il aujourd’hui s’assoir autour d’une table avec celui qui se dit laïc, afin de dégager une plate-forme d’action commune minimale? Un ex-militant du FIS et un militant du RCD ne pourront-ils donc jamais se croiser sans se maudire l’un l’autre intérieurement ? Pouvons-nous nous débarrasser de ce pouvoir si les uns continuent à penser qu’il les protège des intégristes et les autres les considèrent comme des ennemis de l’islam?




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  • makachou minha
    7 janvier 2010 at 17 h 45 min - Reply

    Je suis victime, je ne peux oublier. Pourtant j’aurais pu, si j’avais ete bourreau.
    « Je déteste les victimes quand elles respectent leurs bourreaux.  »
    A bon entendeur…




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  • boreal
    7 janvier 2010 at 17 h 47 min - Reply

    @ Adel

    Je comprends mieux votre point de vue. Cependant, n’est-il pas trop tôt pour espérer rapprocher les points de vue des uns et des autres tant la distance qui les sépare semble abyssale. Comment arriver à réconcilier « les éradicateurs », ces tenants d’une Algérie nettoyée de « l’engeance » islamiste avec les partisans d’un islamisme pur et dur ? Et qui se sont affrontés dans un combat à mort.

    D’un autre côté, le traumatisme dont je parle, croyez-vous qu’il ne s’invite pas dans le débat politique (de manière consciente ou inconsciente). Qui se traduit forcément par des méfiances, de la haine et parfois jusqu’à l’envie d’en découdre. Sommes-nous capable de dépasser ces haines et nos rancunes ?
    J’aimerais tant croire que c’est possible de mettre fin à cette discorde mais lorsqu’on se tourne vers cette décennie écoulée on ne peut que constater l’énorme passif, un véritable cratère.
    On dit que le temps finit par calmer les ardeurs. Personnellement, je n’y crois pas trop. Je pense qu’on risque malheureusement de passer par des phases de turbulences élevées et les conséquences seront sévères. (Nul besoin d’être un devin pour le constater.)
    Peut-être justement qu’à la faveur d’événements graves, le peuple pourra enfin reprendre la main et s’affranchir du joug de cette oligarchie militaro-FLNiste atteinte d’un mal « congénital » et incurable…

    Amicalement




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  • makachou minha
    7 janvier 2010 at 17 h 57 min - Reply

    Voici la presentation d’un livre qui va faire l’effet d’une bombe. Il vient de paraitre en France et son titre choc est : Aux origines du déclin de la Civilisation arabo-musulmane Ou Les sources du sous-développement en Terres d’Islam.

    Un livre à faire connaître aux ami-es
    Livre disponible aux Éditions Les Patriarches, la librairie de l’I.M.A et chez Avicennes, Paris (75005)
    Rachid Aous, Éditeur, Chercheur en ethnomusicologie maghrébine.
    Une question me hante depuis plus de trente ans : quelles sont les causes du déclin de la Civilisation arabomusulmane
    et comment formuler les bonnes questions sans lesquelles les solutions aux problèmes du sousdéveloppement
    resteront encore longtemps cachées ? Pour traiter de ces causes, j’ai notamment pris appui
    sur des réalités sociales, culturelles et politiques maghrébines, réalités assez communes aux autres pays
    arabo-musulmans. Ce choix répond au souci d’éclairer plus aisément ces problèmes complexes grâce à la
    problématisation de ces réalités. En d’autres termes, quelle que soit la complexité de celles-ci, leur
    compréhension se trouve facilitée par des exemples observables dans la vie quotidienne des femmes et des
    hommes du Monde arabo-musulman. Ce choix m’est apparu didactiquement efficace, dans la mesure où les
    réalités maghrébines sont représentatives de la grandeur et du déclin de la Civilisation arabo-musulmane :
    les mettre en lumière permet aussi de poser l’exigence de la diversité culturelle et politique, en tant que
    vecteur d’acclimatation d’une pensée plurielle en Terres d’Islam. Car nulle part n’existe de démocratie
    politique sans pluralisme des idées et des convictions librement exprimées.
    Les études publiées sur les causes de ce déclin ou décadence du Monde musulman comme sur son sousdéveloppement
    contemporain occultent trop souvent le rétrécissement continu de son influence sur la scène
    internationale depuis dix siècles environ. Par ailleurs, ces études livrent des conclusions de portée générale
    laissant lectrices et lecteurs dans un sentiment de frustration sur la question essentielle du comment s’en
    sortir. Cette insatisfaction tient à l’absence d’analyses sur les relations entre l’idéologie religieuse irriguant
    « l’être culturel arabo-musulman » et les systèmes politiques autocrates qui se nourrissent et se renforcent
    mutuellement. Dévoiler ces relations, sans langue bois, tel est l’un des objectifs majeurs de cet essai.
    La Table des matières ci-après détaille les thèmes analysés à partir desquels mon diagnostic est établi sur
    les causes du déclin de la Civilisation arabo-Musulmane. La lecture des titres de chapitres comme des
    thèmes traités laisse imaginer à la fois l’importance des sujets tabous étudiés et les voies et moyens
    proposés pour lutter contre le dogmatisme islamique et le despotisme politique. Cette démarche analytique
    n’inscrit pas ce livre dans la catégorie « politiquement correct ». D’où la nécessité de lui assurer la
    meilleure visibilité possible, notamment par le bouche-à-oreille et par une large diffusion sur internet.
    Bon de Commande
    Prénom Nom
    Adresse
    Code postal Ville
    Tél. : E-mail :
    Aux origines du déclin de la Civilisation Arabo-Musulmane
    Ou
    Les sources du sous-développement en Terres d’islam
    Ouvrage 488 pages – Format 16 x 23 –Prix 26 Euros
    Port pour la France (métropole) : 3 euros par unité – Port pays de l’Union Européenne : 6 euros par unité
    Ci-joint un chèque de Euros……..pour X ouvrage(s) à l’ordre de :
    Éditions Les Patriarches, Dâ r al-’UNS, 4 rue des Patriarches, 75005 Paris
    Tél. 01 77 11 19 01 ; Email : patriarches@neuf.fr
    http : //www.al-uns.com




    0
  • Adel
    7 janvier 2010 at 19 h 24 min - Reply

    @boreal

    Vous avez mis le doigt sur la plaie.

    C’est terrible, mais nous ne devons pas baisser les bras. La fracture passe souvent à l’intérieur des familles. Nous devons essayer de trouver un moyen de recoller les morceaux, sinon tout espoir est perdu et la violence barbare reviendra cycliquement.

    J’ai trouvé l’analyse de Salima Ghezali dans cet entretien http://www.youtube.com/watch?v=KAY43tIyUEo&feature=related très lucide.




    0
  • Adel
    7 janvier 2010 at 19 h 30 min - Reply

    @makachou minha

    J’avoue ne pas avoir pas saisi le sens exact de votre premier post.

    Quand au deuxième, pour aller dans le même sens, je conseillerais à nos amis de visionner les vidéos de Mohammed Arkoun à ce sujet sur You Tube. C’est un Monsieur qui maitrise son sujet et ses analyses sont très pertinentes.




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  • makachou minha
    7 janvier 2010 at 20 h 45 min - Reply

    Adel dit :
    7 janvier 2010 à 19 h 30 min
    @makachou minha

    J’avoue ne pas avoir pas saisi le sens exact de votre premier post…………….
    On nous demande d’oublier et passer a autre chose. Moi je dis NON, une victime ne peut pas oublier. Le bourreau lui, peut.




    0
  • Mohsen
    8 janvier 2010 at 0 h 52 min - Reply

    @ »makachou minha ».
    Vous écrivez:
    « La lecture des titres de chapitres comme des thèmes traités laisse imaginer à la fois l’importance des sujets tabous étudiés et les voies et moyens proposés pour lutter contre le dogmatisme islamique et le despotisme politique ».
    —————————

    Je vous réponds:
    On imagine surtout à vous lire,que les vrais raisons qui animent votre « ethnomusicologue » sont dans « l’air du temps »,et que ce dernier s’est mué en relais des thèses néoconservatrices du « choc des civilisations». Un Islam «rétrograde», réctionnaire, opposé au «progrès».
    Un «expert» de plus, dirait-on.

    Mais qu’en est-il au juste?
    Dogmatisme islamique – Despotisme politique.
    Le dogmatisme n’est pas une notion exclusive à l’Islam et s’applique aux trois religions abrahamiques. Elle a sa raison d’être dans une société religieuse:
    « L’Ecriture sainte peut parfois devenir «un poison, lorsqu’elle est lue sans notes et sans explications par une intelligence individuelle insuffisamment éclairée. »
    « C’est pour cela que l’Eglise a pour rôle d’interpréter et de mettre à la portée des fidèles la Parole écrite. C’est pour cela qu’il faut toujours en revenir « à l’autorité ». »
    Joseph de Maistre

    Par ailleurs, l’Islam n’est pas synonyme d’un système politique despotique qui implique un pouvoir autoritaire, arbitraire, oppressif, tyrannique, sur tous ceux qui lui sont soumis. Prétendre le contraire, revient à ne pas reconnaitre en Mohammad(BDSSL) et ses Compagnons, ces hommes instruits par Dieu pour élever l’âme humaine et la sortir des ténèbres où elle se perdait.

    Le despotisme est à chercher ailleurs,dans la forme du gouvernement prétendument « islamique » au pouvoir en Algérie dans laquelle la souveraineté est exercée par une autorité unique (une seule personne ou un groupe restreint) qui dispose d’un pouvoir absolu.
    Il en va ainsi, hélas, dans la plupart des pays dits « islamiques » qui ne sont d’autres que des autorités spoliatrices car ne craignant pas Dieu. Ces dictatures implacables sont soit, mises en place ou bien cautionnées par des « démocraties » du monde occidental, imprégnées par les Droits de l’homme et la laïcité.

    Dans ce début du XXIème siècle le despotisme le plus virulent et qui nous menace tous, est certainement le totalitarisme oligarchique, ce régime politique dans lequel la plupart des pouvoirs sont entre les mains d’un petit nombre d’individus, d’une caste composée de quelques familles de la haute finance internationale. La source de leur pouvoir est la richesse, la force militaire, la cruauté génocidaire et nihiliste. On peut sans se tromper affirmer que toutes les grandes guerres, les maladies et les famines sont de leurs responsabilités directes.

    Quelques citations fort révélatrices permettront de nous mettre en garde afin que nous nous ne trompions pas d’ennemis. Les voici:

    1/ « Nous aurons un gouvernement mondial, que nous le voulions ou non. La seule question est de savoir s’il sera instauré par adhésion ou par la conquête. »
    James Paul Warburg (1896-1969), dans un discours s’adressant au Sénat américain le 7 février 1950.

    2/ « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. »
    David Rockefeller, Président et fondateur du Groupe Bilderberg et de la Commission Trilatérale. Président du CFR. Interview dans Newsweek en février 1999.

    4 / « Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité. »
    Nicholas Murray Butler, Président de la Pilgrim Society, membre de la Carnegie, membre du CFR.

    5 / « Le Nouvel Ordre Mondial devra être construit en partant du bas plutôt qu’à partir du haut… mais la destruction de la souveraineté nationale, en l’érodant morceau par morceau réussira beaucoup plus que le démodé assaut frontal. »
    Richard Gardner,  » the Hard Roas to World Order «, Foreign Affairs, Avril 1974, p.558

    Source:iciplaneteterre.e-monsite.com/rubrique,nom-introduction,

    Vous voyez, « makachou minha », il n’y a pas là matière à plaisanter.




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  • radjef said
    8 janvier 2010 at 10 h 15 min - Reply

    Bonjour tout le monde.A travers les commentaires suscités par la precieuse contribution « Tout commence aujourd’hui » de notre camarade Zehira Houfani Berfas, il apparait que les algeriennes et les algériens, malgré leurs appartenances ideologiques, veulent se connaitre et se parler. Le democrate veut parler à l’islamiste. L’islamiste ne doute plus des intentions des democrates. C’est tout simplement formidable. Si nous avons réussi un tel exploit, nous allons donc pouvoir mettre un terme aux autres maux qui gangrenent notre pays. Mais la corruption, le manque de citoyenneté, l’injustice…sont-ils les seuls maux dont souffre notre pays? Je pense cher Adel que l’Algérie est malade de son passé. Ce passé est devenu un reservoir intarissable de mensonges et d’impostures. Rarement dans l’histoire de l’humanité n’aura perfectionné le mensonge comme l’a fait notre pays. Aujourd’hui il y a des mensonges qui ont la peau dure auxquels on a édifié des temples…des mensonges dont tout le monde semble s’en accommoder et que personne ne veut detruire. Ces mensonges qui ont élevé au rang de vertu la roublardise, et la trahison au rang des grandes convictions nobles; ces mensonges qui ont transfiguré le mal en bien, sont le mal de notre pays.




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  • Adel
    8 janvier 2010 at 10 h 48 min - Reply

    @makachou minha

    Si nous divisons très grossièrement la population algérienne en quelques groupes, en prenant comme critère leurs positions respectives par rapport au coup d’Etat de janvier 92, nous aurons:

    – les gens qui détiennent le pouvoir effectif, auteurs du coup d’Etat de janvier 92 : quelques généraux et le DRS (que beaucoup soupçonnent d’avoir exercé une violence contre des civils désarmés en dehors du cadre légal) ;

    – les forces de sécurité (armée, gendarmerie, police, etc.) qui sont l’organe de coercition de l’Etat supposé avoir le monopole de la violence légale (qui s’exerce dans le cadre des lois) ;

    – les cadres et travailleurs de l’Etat et du secteur économique public (qui sont solidaires de fait de l’Etat puisqu’ils en font tourner les rouages, empêchant ainsi l’effondrement du système) ;

    – les militants des partis politiques et organisations non politiques n’appartenant pas au courant islamiste, dont certains ont soutenu le coup d’Etat et d’autres étaient contre ;

    – les militants islamistes et leurs sympathisants actifs qui se sont opposés au coup d’Etat, certains par la violence ;

    – le reste de la population qui n’a pas clairement et définitivement pris parti pour ou contre le coup d’Etat.

    A noter qu’à part une infime minorité, toute la population algérienne se dit musulmane, militaires et policiers y compris.

    Bien que de plus en plus d’analystes indépendants pensent que les grands massacres tels que Bentalha, Rais, etc., furent l’œuvre de groupes travaillant pour le DRS (GIA par exemple), il y eut également des assassinats qui ont été revendiqués et justifiés par des leaders islamistes à l’étranger (bombe du boulevard Amirouche, assassinats de certains intellectuels, etc.). Il y a également eu beaucoup d’assassinats non revendiqués. Qui a tué les appelés du SN en permission et les policiers réglementant la circulation? Ceux qui étaient (sont) dans les maquis étaient-ils (sont-ils) des terroristes, des moudjahidine ou des agents du DRS ?

    C’était une guerre civile avec toutes ses horreurs.

    Tout cela fait qu’il n’est pas facile aujourd’hui de savoir qui est la victime et qui est le bourreau. Certains pensent que le bourreau, c’est le pouvoir (DRS) et la victime, le peuple dans son ensemble. D’autres pensent que les bourreaux sont les terroristes islamistes et que l’Etat n’a fait que défendre les citoyens et empêcher le pays de disparaitre.

    Entre ces deux positions extrêmes, il y en a d’autres, certainement plus proches de la réalité. Je ne suis pas en mesure de montrer laquelle est la plus proche de la réalité et là n’est pas le but de mon propos. Il reste que la fracture entre ceux que leurs adversaires appellent les « intégristes » et ceux que leurs adversaires appellent les « éradicateurs » est bien réelle. Nous parlons de ceux qui n’ont pas commis de crimes mais qui se sentent solidaires de ou sympathisent avec l’un ou l’autre camp. Est-il possible de réduire cette fracture un tant soit peu? Peut-on espérer changer quoi que ce soit si on ne la réduit pas? La confrontation entre les deux groupes va-t-elle se prolonger indéfiniment? Est-il trop tôt pour en parler ?

    Cela ne signifie nullement que les bourreaux seront absous de leurs crimes. La vérité et la justice finiront par les rattraper, même dans un siècle.

    J’aimerais bien croire que le peuple algérien est uni face au pouvoir illégitime, mais ce que je sais de la société algérienne ne le montre pas clairement.




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  • Adel
    8 janvier 2010 at 11 h 26 min - Reply

    Pour compléter mon précédent post et pour clarifier les choses, je me dois de dire que je me situe personnellement dans un groupe hybride, dont les membres ne se sont pas exprimés clairement: pendant les années 90, j’étais un cadre du secteur économique, se définissant comme démocrate, et j’ai continué à travailler, comme la majorité des Algériens, sympathisants islamistes compris.

    De mon point de vue, les responsables de la tragédie des années 90 sont:

    – D’abord le pouvoir, qui est allé à l’encontre de la volonté de la majorité de la population, ce que, en tant que démocrate, je ne peux accepter, même si je me définis comme un adversaire du FIS.

    – Ensuite les leaders du FIS, qui ont organisé la riposte violente au coup d’Etat. Je pense qu’ils auraient pu calmer la situation et mobiliser leurs sympathisants en organisant des marches pacifiques, des grèves, etc. Il est clair qu’ils voulaient en découdre avec le pouvoir et qu’ils se préparaient de longue date pour cela.

    La tragédie des années 90 a été le résultat du clash entre deux groupes anti-démocrates, les généraux et les leaders du FIS, tous deux animés par la haine et qui ne croient qu’en la force. Le reste de la population a payé le prix fort, victime de l’aveuglement et de la haine des uns et des autres.

    L’aveuglement et la haine du pouvoir ne peuvent être combattus, car les généraux ont trop de privilèges à défendre et ont commis trop de crimes pour reculer aujourd’hui. Par contre, l’aveuglement et la haine de certains islamistes radicaux et de certains « démocrates » qui ont soutenu le coup d’Etat, n’ont pas une base objective, car les uns comme les autres n’ont pas de privilèges à défendre. Cet aveuglement et cette haine doivent être combattus.

    Est-il possible de combattre l’aveuglement et la haine avec des mots? Oui, car souvent cet aveuglement et cette haine se nourrissent de mots: ceux de l’ignorance. Remplaçons l’ignorance par la connaissance et les choses évolueront. Quelle connaissance? La connaissance de l’autre, l’adversaire, l’ennemi, ses idées, ses convictions, etc., et ce qui fait qu’il ne veut pas la même chose que moi.

    Pourquoi devrions-nous faire cela? Parce que l’Algérie est notre pays et que nous sommes condamnés à y vivre ensemble en paix ou à nous entretuer jusqu’ à la fin des temps. Le prix fort que nous avons payé devrait nous servir de leçon. Apprenons à vivre ensemble.




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  • boreal
    8 janvier 2010 at 17 h 48 min - Reply

    @ Adel

    L’absence chronique de démocratie et la suspicion héritée du passé font qu’une réconciliation entre les gens qui naguère se sont politiquement opposés et combattus (et qui continuent aujourd’hui encore à se détester allègrement) me parait prématurée combien même ni les uns ni les autres, comme vous dites, n’auraient de privilèges ou de positions sociales à défendre.
    Aller vers l’autre suppose accepter de se confronter à lui, reconnaître la part de responsabilités qu’il nous incombe et être prêt à l’assumer quel qu’en soit le prix. Selon moi, cela n’est possible que dans la mesure où chacun est en capacité de faire preuve d’un tant soit peu de maturité politique.
    Cela dit, une fois engagé dans un tel processus, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il n’y ait que des « gagnants ». Et c’est précisément là que va jouer le niveau de maturité politique. Il ne faut pas perdre de vue que l’enjeu pour certains c’est de durer politiquement (privilèges obligent !), pour d’autres, qui sont dans une construction tout autre et qui consiste plutôt en une remise à plat du système politique. Une fois encore, c’est de notre niveau de maturité que va dépendre la réussite de ce processus. Le piège serait du coup la tentation d’une approche radicale de la question, piège qu’a su éviter l’Afrique du Sud au lendemain de l’Apartheid.

    Vous dites : « est-il possible de combattre l’aveuglement et la haine avec des mots ? » et vous répondez : « Oui, car souvent cet aveuglement et cette haine se nourrissent de mots : ceux de l’ignorance. »
    Si je peux me permettre, ce n’est pas seulement une question d’ignorance. Cela passe, selon moi et je le redis, par une maturité politique car quel que soit ce que nourrissent les uns envers les autres, dès lors que les différents protagonistes arrivent à identifier clairement l’enjeu et à en faire chacun un objectif suprême : la cohésion nationale et l’avenir du pays – ils s’engageront sans hésiter dans un dialogue qui les conduira à un consensus.
    Or, objectivement et en toute lucidité, nous en sommes loin. Pour connaître l’autre, il faut avoir envie d’aller vers lui ou parce que comme je l’ai dit il y a un enjeu majeur qui m’y contraint (à supposer que je sois en capacité d’identifier cet enjeu et de le prioriser).

    Ce qui pourrait nous intéresser aussi, ce n’est pas seulement la mise à plat du système, c’est de repérer et éventuellement répertorier les obstacles majeurs susceptibles de retarder ou de faire échouer le processus de dialogue une fois que celui-ci est initié et mis en place.
    Permettez-moi encore une fois de reprendre ce que j’ai écrit précédemment concernant la violence et ses conséquences sur la société.
    Le niveau de violence cumulée et « thésaurisé » par la société algérienne depuis de nombreuses décennies est impressionnant. Mais rendre compte du volume de violence dans une société, ce n’est pas seulement comptabiliser le nombre de morts, de blessés et de disparus. Il y a un quadrillage social systématique de la société, quadrillage dont l’unique objectif est de réprimer afin de tenir le peuple le plus éloigné possible des décisions qui concernent la nation (la gestion économique du pays, la gestion de la rente pétrolière, les mécanismes d’attribution des contrats, les dossiers relatifs à la corruption, la concussion, la gabegie, etc.)
    Ce quadrillage se caractérise par des formes de violence sous-jacente tel que la pénurie organisée, les diverses contraintes politiques, administratives et culturelles, le chômage, le manque d’empressement à régler des problèmes urgents qui touchent la population (situation sanitaire, logement, justice et la liste est longue) la désespérance des jeunes face à un avenir compromis pour ne pas dire inexistant… Ces états de violence feutrée qui parfois ne sont perçus ni par la population ni par le pouvoir oppresseur peuvent à tout moment provoquer un embrasement. Un autre type de violence et non des moindres auquel a recours le pouvoir c’est faire jouer les antagonismes ethniques (le cas des émeutes de Berriane ou le terrorisme larvé en Kabylie, par exemple). Enfin, lorsque cette panoplie s’avère insuffisante, il reste l’arme ultime que sont les enlèvements et les attentats (tout cela d’une façon masquée mais pas anonyme car nous avons presque toujours une signature). Bien entendu, la finalité est de maintenir la population dans état de peur permanente, paralysante celle qui vous fait perdre vos moyens (Erehba)… et qui quelque part va maintenir cette peur inconsciente de l’autre.
    Comment dans ce cas, avec un tel climat de peur, de suspicion, de délation et un opportunisme politique d’une certaine « élite », (opportunisme à faire gerber une mouche bleue), etc., comment favoriser le dialogue entre gens responsables quand les uns ne pensent qu’à l’accumulation des profits et les privilèges (cela quelles que soient les couches sociales) et les autres à ressasser leur douleur et à « rêver » d’un soulèvement à et à ourdir une vengeance prochaine…

    Vous allez trouver mon exposé quelque peu pessimiste, réaliste et lucide, je dirai, pour ma part. Cela ne veut pas dire pourtant qu’il n’y a plus d’espoir.
    Faut-il néanmoins que nous arrivions à un état de décomposition avancée pour que l’espoir resurgisse ?
    Qui est capable de répondre à cette question ?

    Amicalement




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  • Adel
    8 janvier 2010 at 19 h 12 min - Reply

    @radjef said

    Cher ami, bonjour,

    Y-a-t-il un noyau sain et propre sous les couches de saleté qui se sont déposées sur le corps social algérien ?

    Je lis beaucoup de livres d’histoire depuis quelques années, couvrant toutes les époques, depuis l’antiquité jusqu’à l’époque moderne. On peut trouver à toutes les époques des hommes exceptionnels, tels Massinissa, et des lâches qui ne se soucient que de leur bien-être personnel et qui sont prêts à sacrifier pour cela l’intérêt de la communauté.

    Parmi les hommes qui ont eu à exercer les plus hautes charges dans notre pays, tout le monde s’accordera pour dire que Boumédiène aura été seul à émerger du lot. Il ne fait pas l’unanimité, cependant. Pourquoi ? D’abord parce qu’il a échoué : on pardonne plus facilement les défauts et on oublie les erreurs de quelqu’un qui réussit. On ne peut, cependant, lui reprocher d’avoir appliqué une politique socialiste. C’était le courant dominant dans le tiers-monde dans les années 60-70 et tous les moyens de production laissés par les Français revenant à l’Etat, il n’y avait pas beaucoup de choix. Aujourd’hui, avec le recul, je me dis qu’il aurait été plus judicieux de partager les grands domaines en petits lopins et de les céder en toute propriété aux petits fellahs. Les résultats auraient peut-être été meilleurs. Peut-être.

    On ne peut donc reprocher à Boumédiène le socialisme. Que peut-on lui reprocher alors ? Le fait de s’être érigé en tuteur du peuple algérien, un tuteur tyrannique et implacable. Quel aurait été le destin de l’Algérie si Ferhat Abbas en avait été le Président, ou Ait-Ahmed ou encore Boudiaf ? Les résultats auraient-ils été différents ? N’ont-ils pas tous été façonnés dans le même moule, celui du nationalisme des années 40 et 50 ? Si nous mettions tous les hommes qui ont milité activement pour la cause de la population indigène depuis la fin de la première guerre mondiale, quels sont ceux qui émergeraient du lot ? Messali Hadj, Ferhat Abbas et Ben Badis ? Je crois que jusqu’à présent ce sont les héritiers du premier qui ont joué les premiers rôles. C’était inévitable, vu les données du problème au départ.

    Voici ce qu’écrit l’historien américain John Douglas Ruedy dans son livre Modern Algeria : the origins and development of a nation (1992) :

    « Depuis 1919, une nouvelle société algérienne avait progressivement pris conscience de son identité nationale propre. A partir de 1954, une majorité claire des membres politiquement actifs de cette société était en faveur d’une certaine forme d’indépendance à l’intérieur de laquelle s’exprimerait cette identité. La recherche du consensus sur les paramètres de ce nationalisme ou les moyens de le réaliser a rencontré un échec répété et définitif, cependant, de sorte que les Algériens entrèrent dans une période de guerre révolutionnaire violente et épuisante sans avoir, comme majorité, ni fait le choix définitif de cette voie ni atteint un consensus quant au contenu de l’indépendance une fois qu’elle aurait été gagnée. Le type de large coalition nationaliste qui a réussi à mener le Maroc et la Tunisie à l’indépendance avec un minimum d’effusion de sang ne put jamais voir le jour en Algérie. Une des raisons a été peut-être été la pression intolérable exercée par une autorité coloniale désireuse d’utiliser toute manouvre et toute forme de force pour freiner la progression du mouvement nationaliste. Une explication aussi valable peut être trouvée en comparant l’état de développement des différentes classes moyennes, qui, au vingtième siècle, ont fourni les dirigeants de beaucoup de mouvements nationalistes. Au centre du mouvement Néo-destourien en Tunisie (qui à la fin s’est allié avec les mouvements de travailleurs, de paysans, de femmes et autres) était une bourgeoise sûre d’elle-même et relativement unifiée qui, bien que moderne en apparence, avait des racines plongeant des siècles en arrière et la plus grande reconnaissance sociale que procure une telle longévité. Au Maroc, le mouvement nationaliste fut conduit par une combinaison de bourgeoisies traditionnelle et moderniste qui s’allièrent aux aristocraties afin d’opposer les prérogatives du sultanat alawite tricentenaire aux prétentions françaises. En Algérie, les anciens leaderships tribaux et religieux avaient disparu depuis longtemps, de même que la plus grande partie des élites urbaines traditionnelles. Les nouvelles classes moyennes ne jouissaient pas de la cohésion interne, la confiance en soi, les réseaux de patronage, ou la tradition de leadership que la tâche de mobilisation d’une nation demandait. Subissant une crise d’identité profonde qui les maintenait déchirées entre les pôles du gallicisme, de l’arabisme et de l’islamisme, elles furent incapables de se regrouper ou de servir de pôle d’attraction pour les autres classes. »




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  • Adel
    8 janvier 2010 at 19 h 41 min - Reply

    @boreal

    Bonjour,

    Votre analyse est juste. Il me semble, cependant, que la maturité politique s’acquiert dans la pratique et par la connaissance théorique aussi. Les activistes des années 60-70-80 se sont nourris de marxisme ou d’islamisme (Bennabi, Maoudoudi, Hassan al Banna’, etc.). Quel est l’islamiste qui a lu et compris Marx? Quel est le marxiste qui a pris la peine de lire le Coran, El Gahazali ou In Taymiyya? N’est-il pas temps que chacun pense à prendre connaissance des arguments de l’adversaire? Tout ce que nous pouvons faire à notre nouveau c’est de pousser dans ce sens. Nous devons systématiquement faire tomber les barrières et mettre à nu les fausses explications basées sur les idéologies.

    Je crois que le peuple algérien a traversé suffisamment d’épreuves pour être en mesure de discerner son intérêt. Il manque peut-être un déclic qui ne veut pas s’opérer…

    D’un autre côté, nous ne voyons malheureusement pas l’émergence de cette classe moyenne (voir mon post précédent) qui pourrait servir de pôle d’attraction dans le processus de mobilisation de la nation et qui a cruellement fait défaut durant la période coloniale. Le FIS n’est qu’une mauvaise reproduction du PPA-MTLD.




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  • Congrès du Changement Démocratique