Édition du
22 July 2017

SAUVONS Mme MERIEM MEHDI !

Communiqué

Notre sœur et compatriote, Meriem Mehdi se meurt à petit feu depuis plus de 25 jours, dans un silence assourdissant, non seulement des responsables de sa compagnie et des autorités nationales mais aussi de la société civile.

Notre compatriote qui a été licenciée abusivement et de manière arbitraire le 8 novembre 2009 par British Gas, une multinationale installée à Hassi Messaoud, entame  pratiquement son premier mois de grève de la faim, qu’elle a commencée le 10 décembre dernier.

Avant de recourir à cette ultime arme de l’opprimé sans défense, Mme Mehdi avait engagé les procédures légales auprès de l’inspection du travail qui ont abouti à un PV de non-conciliation. Une plainte en justice va être introduite par la victime de l’arbitraire pour licenciement abusif. Toutes ces procédures semblent être ignorées par le premier responsable du secteur du « travail », à la lecture de la presse.

Malgré la mobilisation du comité national de soutien regroupant des syndicalistes autonomes, militants politiques et des droits de l’homme et à l’action médiatique menée par de braves et courageux jeunes journalistes, le mutisme semble de règle à la fois de la part de la direction de British Gas et des autorités nationales sensées défendre la dignité du citoyen et les droits légitimes des travailleurs.

En réalité, l’arbitraire subi par Meriem Mehdi, semble être de l’ordre du multiple, selon de nombreux témoignages recueillis auprès de syndicalistes libres et de travailleurs du sud Algérien.

L’Eldorado saharien semble se transformer en catimini, en véritable protectorat anglo-américain où la législation  algérienne du travail est bafouée et foulée au sol.

Notre compatriote Meriem Mehdi, par son action courageuse et son sacrifice vient de donner un coup de pied dans la fourmilière des multinationales et de déchirer le voile qui couvrait leurs pratiques qui ne sont pas sans rappeler l’époque de l’indigénat de sinistre mémoire.

La prolongation de cette grève de la faim par cette dame déterminée à arracher ses droits et rien que ses droits, risque d’avoir de très graves répercussions sur sa santé avec des lésions organiques irréversibles.

Nous tenons pour responsables de ce drame qui se profile à l’horizon, la direction de British Gas emmurée dans un silence criminel face aux souffrances de notre compatriote qui, sous d’autres cieux, auraient provoqué un tollé général.

Nous dénonçons le silence complice des autorités nationales devant ce cas d’injustice flagrante et face au non respect de la législation algérienne du travail par ces multinationales agissant pratiquement en territoire conquis.

Nous en appelons à l’opinion publique nationale et internationale afin de se mobiliser pour sauver la vie de notre compatriote en danger de mort.

Docteurs Salah-Eddine Sidhoum et Kameleddine Fekhar. Militants des Droits de l’Homme

Alger – Ghardaïa le  04  janvier 2010

=============================================================

لننقذ السيدة مريم مهدي

الشقيقة والمواطنة مهدي مريم تحتضر وتموت ببطء منذ أكثر من 25 يوما في صمت مطبق ، ليس فقط من المسؤولين عن شركتها والسلطات الوطنية، بل أيضا من المجتمع المدني.

مواطنتنا التي تم طردها من العمل ظلما وتعسفا  يوم 8 نوفمبر 2009 من  طرف « بريتش غاز »، شركة متعددة الجنسيات مقرها  « حاسي مسعود »، تدخل تقريبا في الشهر الأول من الإضراب عن الطعام، الذي بدأته في 10 ديسمبر 2009.

قبل اللجوء إلى الاضراب عن الطعام آخر سلاح لدى المظلومين بدون حماية، استنفذت السيدة مهدي  الإجراءات القانونية  لدى مفتشية العمل، نتج عنه محضر عدم الاتفاق، وسوف تقدم الضحية شكوى قانونية بسبب الفصل التعسفي. جميع هذه الإجراءات تم تجاهلها من قبل المسؤول الأول عن قطاع « العمل » حسب ما نشر  في الصحف.

بالرغم من التعبئة ودعم اللجنة الوطنية للمساندة التي تضم  النقابيين المستقلين والمناضلين السياسيين والناشطين في مجال حقوق الإنسان و كذلك عمل وسائل الإعلام بقيادة صحفيين شباب مخلصين و شجعان، لكن يبدو أن الصمت هو القاعدة لدى  إدارة « بريتش غاز » البريطانية و كذلك السلطات الوطنية، التي من المفترض أنها تدافع عن كرامة المواطن والحقوق المشروعة للعمال.

في الواقع يبدو أن التعسف الذي عانت منه مريم مهدي يعيشه أيضا الكثير من العمال، وفقا لشهادات عديدة  تم جمعها من النقابيين الأحرار والعمال في جنوب الجزائر.

يبدو أن « الإلدورادو » أوجنة الصحراء تتحول في صمت، إلى محمية انجلوـ أمريكية،  ينتهك فيها قانون العمل الجزائري ويداس و يمرغ في التراب.

مواطنتنا مريم مهدي، بعملها الشجاع وتضحيتها، تحدت الشركات المتعددة الجنسيات ومزقت الحجاب الذي كان يستر ممارساتهم، التي لا تختلف كثيرا عن عصر « الإنديجان » أو  « الأهالي »، السيئ الذكرى.

استمرار هذا الإضراب عن الطعام من قبل هذه السيدة المصممة على انتزاع حقوقها، ولاشيء غير حقوقها، قد يكون له تأثيرات خطيرة جدا على صحتها وهذا بإصابات عضوية دائمة.

ونحن نحمّل مسؤولية هذه المأساة التي تلوح في الأفق، إلى إدارة « بريتيش غاز » التي تكتفي بصمت إجرامي  على معاناة مواطنتنا، والذي لو وقع  في دول يحترم فيها المواطن، سيثير لامحالة سخطا  واستنكارا عامين.

نندد ونستنكر بهذا الصمت المتواطئ من السلطات الوطنية، أمام حالات الظلم الصارخ و عدم احترام قوانين العمل الجزائرية من قبل الشركات المتعددة الجنسيات التي تعمل وكأنها في أراضي محتلة.

نوجه نداء عاجل إلى الرأي العام الوطني والدولي للتعبئة  لإنقاذ حياة مواطنتنا من خطر الموت


د. صلاح الدين سيدهم و د. كمال الدين فخار، نشطاء في الدفاع عن حقوق الإنسان.


الجزائر- غرداية في 04 جانفي2009.

=============================================================

Our sister and compatriot Mehdi Meriem is dying by inches over 25 days in a deafening silence, not only responsible for his company and national authorities but also civil society.

Our fellow who has been dismissed unfairly and arbitrarily November 8, 2009 by British Gas, a multinational based in Hassi Messaoud, starts almost the first month of hunger strike, she started last December 10.

Before using this ultimate weapon of the oppressed without defense, Ms. Mehdi had committed legal procedures to inspect the work that led to a PV of non-conciliation. A legal complaint will be lodged by the victim of arbitrary dismissal. All these procedures seem to be ignored by the former head of sector « work » from reading the press.

Despite the mobilization of the National Support Committee comprised of independent trade unionists, political activists and human rights and media action led by brave and courageous young reporters, the silence seemed to rule both on the part of the management of British Gas and national authorities supposed to defend the citizen’s dignity and legitimate rights of workers.

In reality, arbitrary suffered by Meriem Mehdi, seems to be the order of the multiple, according to numerous testimonies collected from free trade unionists and workers in southern Algeria.

The Eldorado Sahara seems to turn on the sly, like a true Anglo-American protectorate where the Algerian labor law is violated and trampled on the ground.

Our compatriot Mehdi Meriem, his courageous action and sacrifice has given a kick in the anthill of multinationals and rip the veil from their practices that are not unlike the time of the native population of memory loss.

The extension of this hunger strike by the lady determined to wrest their rights and nothing that his rights may have very serious effects on his health with irreversible organ damage.

We hold responsible for this tragedy looming on the horizon, the management of British Gas immured in a criminal silence regarding the suffering of our fellow who, under other skies, have provoked a public outcry.

We denounce the complicity of silence before the national authorities cases of blatant injustice and deal with non compliance Algerian labor by these multinationals doing virtually conquered territory.

We appeal to public opinion nationally and internationally to mobilize to save the lives of our fellow citizen in danger.

Dr Salah-Eddine Sidhoum and Dr Kameleddine Fekhar

Algiers and Ghardaïa  04/01/10


Nombre de lectures : 4687
5 Commentaires sur cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

*

*

  • IDIR
    4 janvier 2010 at 22 h 11 min - Reply

    Merci concernant les dernières nouvelles de notre compatriote Meriem Mehdi. Nous continuerons à suivre cette affaire affectueusement.




    0
  • kader
    4 janvier 2010 at 23 h 39 min - Reply

    Je suis désolé pour cette dame mais ces deux représentants des droits de l’Homme ne nous disent pas pourquoi elle a été licenciée. Ce qui ressort de leur ecrit est leur aversion à l’investissement étranger en Algerie. S’ils sont contre la volonté du pays d’étre un pays EMERGEANT, qu’ils le disent et n’ont pas à se cacher derrière ce fait malheureux.

    ========================================
    Quelle intelligence ! Une dame se meurt à petit feu et cet « intellectuel » nous parle de notre « aversion » à l’investissement étranger et autres inepsies. Comme s’il y avait une économie et des investissements dans notre malheureux pays. Quelle blague ! A l’heure actuelle et avec la braderie du Sud (que vous confondez avec investissements), notre Algérie n’est pas entrain d’EMERGER, mais d’IMMERGER dans la …….
    Vous devez certainement vivre au « club des lapins », déconnecté des réalités nationales. Je laisse le soin à nos cher(e)s compatriotes d’apprécier.
    Salah-Eddine Sidhoum




    0
  • l.leila
    5 janvier 2010 at 9 h 37 min - Reply

    Soutenir notre soeur Meriem MEHDI est insuffisant. Pourquoi l’Association n’a t-elle pas eu recours aux deux chaînes d’EL-DJAZZIRA,langue arabe et langue anglaise. Une importante médiatisation fera certainement réfléchir le patron de cette firme, tellement fier et sûr de sa Marque!

    ===========================
    El Jazeera en a parlé à 2 reprises dans ses éditions maghrébines du soir.
    Salah-Eddine




    0
  • Zineb Azouz
    5 janvier 2010 at 17 h 29 min - Reply

    @Kader,
    Dans le pire des cauchemars, je n’aurais pas pu imaginer de tels propos !
    Votre analyse de l’appel de ceux que vous qualifiez de « représentants » des droits de l’homme démontre clairement que vous ne fonctionnez que par représentation.
    Avant de répondre à votre lamentable vision de l’émergence et du rôle oh ! combien salutaire que pourraient jouer les multinationales, revenons à Mme Mehdi et aux motifs de son licenciement qui vous tiennent tant à coeur, licenciement que British Gas n’aurait d’ailleurs jamais pu faire aussi vite en Angleterre, car dans ces pays il y a des lois et dans le notre il n’y a que le gaz.

    Mme Mehdi travaillait sous le régime dit 4 fois 4, càd qu’elle travaillait à temps plein 4 semaines et se reposait autant, jusqu’à ce que son employeur vienne lui annoncer que non seulement elle serait affectée à un autre site à hassi messaoud, mais qu’elle devrait en plus revenir au régime classique (avec week-end), ce qu’elle refusa et qui relève de son droit, car partout dans le monde pour ce type de métiers et de sites (il y va de même pour certains métiers tels que chauffeur de train ou pilote), les modalités de travail sont négociées avec les syndicats et consignés sur pv.
    Or parler de syndicats au sud de l’Algérie est un blasphème (au nord, c’est une blague), ou mieux, un frein à l’émergence du pays et un blocage psychologique pour les âmes sensibles des dirigeants de BG & Co.
    Mme Mehdi n’a pas l’âme d’une esclave des temps modernes, elle ne jubile pas devant ces étrangers venus multiplier leur chiffre d’affaires via la complicité des dictatures.
    Mme Mehdi n’a pas le profile de ces Algériens prêts à tout et n’importe quoi pour un « poste », un strapontin, ou une place dans un placard.
    Et quant bien même elle aurait commis une faute professionnelle grave (comme placer l’argent des travailleurs et à leur insu dans une banque fantôme, comme El khalifa, ou déserté son poste pour aller au Soudan voir un match de foot, ou encore participer à des orgies à l’ambassade des USA en se faisant payer le voyage par l’entreprise,…. ), il existe des procédures et des manières, car le travailleur est avant tout un citoyen et non un sujet.
    Pour compléments d’informations, permettez moi de vous citer deux faits qui, je l’espère vous éclaireront sur les méthodes et la nature de BG :
    1)
    En 2004 Sonatrach avait affrété auprès de la société publique Hyproc un méthanier pour acheminer une commande et la livrer à son client, la British Gaz installée à Boston, selon les termes du contrat, le navire devait arriver à port un 10 novembre, mais une tempête en mer a retardé l’accostage de trois jours; évoquant ce motif, la courtoise compagnie BG a refusé de réceptionner la cargaison, laissant le méthanier et les 42 membres de son équipage dans un désarroi total et occasionnant des pertes terribles à Sonatrach !
    2) British Gas qui flaire les bonnes affaires partout dans le monde a négocié avec le gouvernement de Tel-Aviv pour l’exploitation de gisements de gaz appartenant aux palestiniens et se trouvant à Gaza, le gouvernement du Hamas n’a bien sûr pas été consulté, alors qu’un accord avait été conclu en 1999 entre British Gas et l’autorité palestinienne représentée par Yasser Arafat en ce qui a trait à la prospection et l’exploitation des gisements gaziers.

    En novembre 2008, le Ministère israélien des Finances et le Ministère chargé des Infrastructures Nationales ont ordonné à Israel Electric Corporation (IEC) d’engager des négociations avec British Gas, pour l’achat de gaz naturel provenant de la concession de BG au large de Gaza. (Globes, 13 novembre 2008). Au même moment, BG se sépare de son directeur pour le Moyen Orient, l’Afrique et l’Asie, étrange coïncidence. Puis, l’accord commercial conclu, le champ est laissé libre aux militaires et Tsahal peut se déchaîner.
    l’intérêt de cette prise de contrôle qui n’aurait jamais été possible sans la complicité de BG est double, d’abord priver les palestiniens d’une des rares ressources économiques, si ce n’est la seule, leur garantissant une autonomie et ensuite sécuriser le terminal d’Ashkelon qui donne accès au pipe line connecté à la Turquie, une façon ingénieuse de confisquer le gaz palestinien.

    Désolée d’avoir pris autant de place dans les colonnes de notre cher LQA, je tenais à étayer un tant soit peu ce que vous appelez « aversion » pour les multinationales et que j’appelle « réaction pour la dignité et la citoyenneté », un combat que risque de payer Meriem par sa vie pendant que des à plat ventristes aveuglés par les lumières, les hôtesses d’accueil (contractuelles) et les spot publicitaires colorés continuent de nous parler d’investissement étranger.
    Cordialement,
    Zineb Azouz.




    0
  • simozrag
    6 janvier 2010 at 0 h 50 min - Reply

    La compagnie British Gas semble méconnaître les risques qu’elle encourt en cas de décès de
    Meryem Mehdi dont l’état de santé a atteint un stade de détérioration telle que la mort peut survenir à tout instant.

    Cette malheureuse situation que nul ne souhaite entraînera la mise en cause de façon directe et incontestable des dirigeants de ladite Compagnie. Il ne sera pas seulement question de licenciement abusif ou de violation d’un contrat de travail, mais d’un homicide provoqué par l’atteinte aux droits d’un travailleur. Autrement dit, il sera question d’un agissement nuisible ayant entraîné la mort de la victime.
    Il est pour le moins insensé que tous ces signaux d’alarme, tous ces appels, toutes ces interventions n’aient trouvé aucun écho auprès de cette compagnie qui continue à faire la sourde oreille au mépris d’une grève de la faim qui perdure et d’un état de santé qui s’aggrave.

    Comment peut-on expliquer une telle indifférence, une telle insouciance si ce n’est par le hautain mépris de la personne humaine et de ses droits les plus absolus ?

    Qui plus est, ce mépris n’est pas sans rapport avec un manque de respect et de considération à l’égard des lois du pays.

    A partir du moment où la gréviste est dans le Coma, la compagnie se trouve dans l’obligation de réagir en examinant les possibilités de réintégrer l’intéressée.

    Aussi, est-il absolument du devoir des autorités algériennes d’intervenir en vue de mettre fin aux abus dont sont victimes les travailleurs et de faire respecter leurs droits.

    Ces derniers subissent au quotidien le diktat et les abus de ces multinationales qui n’ont aucun respect ni pour les traditions ni pour les lois du pays. La défense des intérêts des travailleurs incombe à l’Etat et à lui seul. En principe les droits des citoyens passent avant les intérêts de l’Etat.

    Cette situation est d’autant plus inexplicable que la gréviste ait en vain accompli toutes les démarches auprès de l’inspection du travail à Hassi Messaoud avant de recourir à l’arme ultime qu’est la grève de la faim.

    Notre connaissance du contrat nous permet de dire qu’il y a rupture illégale et abusive du contrat. Rappelons dans ce contexte l’adage selon lequel « le contrat est la loi des parties ».

    Il ressort de l’article 4 du contrat que le lieu de travail serait à Hassi Messaoud. Cependant, l’intéressée peut être mutée sur d’autres sites pour des raisons professionnelles mais toujours en régime 4×4.
    Mme Meryem MEHDI ne trouve aucun inconvénient à ce qu’elle change de lieu de travail, à condition de tenir compte des primes d’éloignement et d’un salaire approprié. Elle n’a pas refusé l’exécution d’une clause du contrat, elle n’a pas manqué à l’une de ses obligations professionnelles, elle n’a pas refusé une mutation. Il n’y a aucune raison susceptible de justifier, à notre avis, la rupture de son contrat.
    C’est pourquoi, nous ne pouvons que conseiller la réintégration de l’intéressée sans délais pour éviter des conséquences tout aussi tragiques pour la famille de Meryem Mehdi que dommageables pour la compagnie.

    Me Ahmed Simozrag




    0
  • Congrès du Changement Démocratique