Édition du
28 July 2017

British Gas : du licenciement abusif à l'homicide de Meriem Mehdi?*

Me Ahmed Simozrag

Avocat

La compagnie British Gas semble méconnaître les risques qu’elle encourt en cas de décès de Meryem Mehdi dont l’état de santé a atteint un stade de détérioration telle que la mort peut survenir à tout instant.

Cette malheureuse situation que nul ne souhaite entraînera la mise en cause de façon directe et incontestable des dirigeants de ladite Compagnie. Il ne sera pas seulement question de licenciement abusif ou de violation d’un contrat de travail, mais d’un homicide provoqué par l’atteinte aux droits d’un travailleur. Autrement dit, il sera question d’un agissement nuisible ayant entraîné la mort de la victime.
Il est pour le moins insensé que tous ces signaux d’alarme, tous ces appels, toutes ces interventions n’aient trouvé aucun écho auprès de cette compagnie qui continue à faire la sourde oreille au mépris d’une grève de la faim qui perdure et d’un état de santé qui s’aggrave.

Comment peut-on expliquer une telle indifférence, une telle insouciance si ce n’est par le hautain mépris de la personne humaine et de ses droits les plus absolus ?

Qui plus est, ce mépris n’est pas sans rapport avec un manque de respect et de considération à l’égard des lois du pays.

A partir du moment où la gréviste est dans le Coma, la compagnie se trouve dans l’obligation de réagir en examinant les possibilités de réintégrer l’intéressée.

Aussi, est-il absolument du devoir des autorités algériennes d’intervenir en vue de mettre fin aux abus dont sont victimes les travailleurs et de faire respecter leurs droits.

Ces derniers subissent au quotidien le diktat et les abus de ces multinationales qui n’ont aucun respect ni pour les traditions ni pour les lois du pays. La défense des intérêts des travailleurs incombe à l’Etat et à lui seul. En principe les droits des citoyens passent avant les intérêts de l’Etat.

Cette situation est d’autant plus inexplicable que la gréviste ait en vain accompli toutes les démarches auprès de l’inspection du travail à Hassi Messaoud avant de recourir à l’arme ultime qu’est la grève de la faim.

Notre connaissance du contrat nous permet de dire qu’il y a rupture illégale et abusive du contrat. Rappelons dans ce contexte l’adage selon lequel « le contrat est la loi des parties ».

Il ressort de l’article 4 du contrat que le lieu de travail serait à Hassi Messaoud. Cependant, l’intéressée peut être mutée sur d’autres sites pour des raisons professionnelles mais toujours en régime 4×4.
Mme Meryem MEHDI ne trouve aucun inconvénient à ce qu’elle change de lieu de travail, à condition de tenir compte des primes d’éloignement et d’un salaire approprié. Elle n’a pas refusé l’exécution d’une clause du contrat, elle n’a pas manqué à l’une de ses obligations professionnelles, elle n’a pas refusé une mutation. Il n’y a aucune raison susceptible de justifier, à notre avis, la rupture de son contrat.
C’est pourquoi, nous ne pouvons que conseiller la réintégration de l’intéressée sans délais pour éviter des conséquences tout aussi tragiques pour la famille de Meryem Mehdi que dommageables pour la compagnie.

* Titre de la Rédaction


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3 Commentaires sur cet article

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  • karima
    8 janvier 2010 at 21 h 22 min - Reply

    Il s’agit la de la dignite de toute un peuple, alors travailleurs algeriens ne laissaient pas Meryem seule, elle a besoin de votre soutien.




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  • Meryem
    15 janvier 2010 at 8 h 30 min - Reply

    À propos de la grève de la faim de Meryem Mehdi

    British Gaz nous écrit

    Par : Rédaction de Liberte, 9 janvier 2010

    Suite à la publication d’un article le 4 janvier 2010 concernant le cas de Mme Meryem Mehdi, BG Algeria nous a adressé les précisions suivantes.
    “Mme Meryem a été recrutée le 15 mai 2007 en tant que coordinatrice administration et opérations au niveau de nos bureaux de Hassi-Messaoud. Notre relation de travail cessa avec elle en date du 6 novembre 2009. Elle a été notre employée pendant 2 ans et demi.
    Durant le 3e trimestre 2009, BG Algeria a réorganisé le bureau de Hassi-Messaoud et la position qu’elle occupait passa d’un régime de travail de 4 semaines de travail suivi de 4 semaines de repos à un régime de travail ordinaire, c’est-à-dire avec 5 jours de travail par semaine. Nous avons offert cette position à Mme Mehdi. Mme Mehdi décida de refuser le nouveau poste et également l’offre d’un dédommagement en cas de refus de sa part qui s’élevait à plus de 600 000 DA (60 millions de centimes). Elle demanda 20 000 000 DA (2 milliards de centimes) en contrepartie, ce que BG Algeria trouva irréaliste et inacceptable.
    Mme Mehdi refusa de travailler selon le nouveau régime de travail et en conséquence, il a été mis fin à son emploi.
    Mme Mehdi, dans son droit le plus absolu, a par la suite porté le cas devant l’Inspection du travail de Hassi-Messaoud en décembre 2009.
    Suite à cette audition, l’Inspection du travail de Hassi-Messaoud notifia que le litige devait être tranché par la justice algérienne et en conséquence que le cas devait être renvoyé devant le tribunal compétent. La date exacte de l’audition ne nous a pas été encore communiquée.
    Néanmoins, Mme Mehdi a depuis décidé de son propre chef de ne pas poursuivre la voie légale qu’elle a elle-même initiée. À la place, elle a décidé d’entamer une grève de la faim. Alors que sa décision de poursuivre une telle action a généré beaucoup de médiatisation.
    Mme Mehdi est libre de porter sa revendication devant la justice algérienne et bien évidemment nous respecterons et exécuterons toute décision de justice, en parfait accord avec la loi algérienne.
    BG Algeria souhaite trouver une solution juste à ce litige et nous sommes totalement engagés à le faire à travers les voies légales et appropriées.”




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  • sonia
    20 avril 2010 at 15 h 32 min - Reply

    On a plus de nouvelles de cette femme depuis quelques temps quelqun peut nous dire ce qu il s est passe depuis??




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  • Congrès du Changement Démocratique