Édition du
21 July 2017

Arabité et identité: réponse à Djamel Labidi

par Lahouari Addi

Le Quotidien d’Oran 07 janvier 2010

Dans son édition du 2 janvier 2010, Le Quotidien d’Oran a publié une opinion virulente de Djamel Labidi suite à une chronique de Kamel Daoud où ce dernier remettait en cause l’arabité de l’Algérien.

Dans ce qui a été appelé la troisième mi-temps du match Algérie-Egypte, il y a eu, il est vrai, des dérives verbales de beaucoup de journalistes, mais il ne faut pas les prendre au premier degré.

Ce qui a déchaîné la passion de ces derniers, francophones et arabophones, ce sont les insultes des TV égyptiennes à l’endroit des martyrs de la guerre de libération. Exprimant une conviction partagée par toute la jeunesse, les journalistes considèrent le respect pour les martyrs comme la valeur suprême, comme la norme fondatrice de l’Algérie nouvelle qui donne sens au destin commun des Algériens. D.Labidi n’a pas vu cet aspect dans la colère de Kamel Daoud qui, après tout, a écrit une chronique, un « billet » d’humeur et non une réflexion sociologique sur l’arabité. K. Daoud est apprécié par les lecteurs du Quotidien d’Oran pour ses propos iconoclastes qui tournent en dérision l’Algérien, la société et le régime dans un souffle d’autocritique rafraîchissante et salvatrice. « Quand j’achète Le Quotidien d’Oran, m’avait dit un ami récemment, c’est cinq dinars pour le journal et cinq dinars pour Kamel Daoud ». La société a besoin de la critique et de l’autocritique, sinon elle se sclérose. Si l’on venait à multiplier les tabous, aucune discussion et aucun journalisme ne seraient possibles. Ce qui a fait effondrer l’Union Soviétique, ce sont les commissaires politiques du Politbureau qui, en gardiens du temple, n’admettaient aucune critique. L’Union Soviétique était le type même de société construite sur les tabous. Le seul tabou que nous devrions avoir est le respect de la vie humaine : Dieu seul donne la vie et Lui seul la reprend. Le reste, ce sont des constructions historico-culturelles sujettes à des transformations et des évolutions. Et, précisément, sous la plume de D. Labidi, l’arabité et la langue arabe apparaissent comme des tabous au-dessus de l’histoire des Algériens. Ce n’est pas mon avis.

L’arabité des Algériens est une construction algérienne

En 2010, il ne suffit pas d’affirmer que l’Algérie est arabe ; il faut montrer que ce sont les Algériens qui ont construit leur arabité avec le fond berbère, la langue arabe et l’islam. Que ce processus se soit déroulé dans la fausse conscience n’est pas important parce que le destin des hommes est de faire l’histoire avec des idéologies et la fausse conscience. L’essentiel est de montrer que l’Algérien a été acteur de son histoire, c’est lui qui la produit tout en créant une culture qui donne sens à son existence. Dans cette perspective, l’arabité de l’Algérie n’est pas un produit importé ni une culture imposée par une domination politique. Les Maghrébins ont participé de manière active à la civilisation arabo-islamique en fournissant des penseurs, des théologiens, des mystiques, des hommes de lettres et des guerriers. L’arabité des Algériens n’est pas subie ; elle est construite par eux avec leurs pratiques sociales, leur éthos et leur psychologie collective. Ce fondement historique de l’arabité autorise que nous la discutions, la questionnons pour l’enrichir et la dépasser. Il s’agit surtout de prendre conscience que l’identité collective est souvent le résultat d’un accident historique. J’évoquerais deux anecdotes à portée anthropologique pour éclairer le caractère historique de l’identité. Un jour, un collègue à moi, professeur de science politique à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, m’a posé la question suivante :

-Lahouari, pourquoi vous avez accepté les Arabes et vous avez refusé les Français ?

-Parce que les Arabes, j’ai répondu, en venant en Afrique du Nord, ne se sont pas appropriés les terres des autochtones ; ils ne les ont pas exclus de l’exercice du pouvoir politique ; ils n’ont pas établi une inégalité de race et surtout ils ont accepté de se fondre dans la population locale. Ce qui n’était pas le cas des Français qui avaient créé une société inégalitaire qui n’avait aucun avenir dans le long terme.

-Ce sont donc les colons, me dit-il, qui ont empêché que l’Algérie devienne en partie française ?

-Je te laisse la responsabilité de la conclusion, j’ai répondu.

Il faut ajouter que la revendication de l’arabité par les Algériens sous la colonisation est un effet dialectique de la domination coloniale. A force d’écrire et de répéter que les Algériens sont des primitifs et que leur société est archaïque, ces derniers ont mis en avant leur arabité pour dire qu’ils appartiennent à une riche civilisation.

L’autre anecdote, je l’ai vécue en été 1974, dans la wilaya de Mascara, où j’étais parti comme étudiant volontaire pour expliquer les textes de la Révolution agraire aux paysans. Lors d’une assemblée avec ces derniers, l’un d’eux posa la question suivante :

-Loukane el ‘akria [les paysans de l’Oranie appelaient la France el ‘akria en référence à la couleur kaki de l’armée française] avait marié ses filles à vos parents, est-ce que vous auriez pris les armes pour chasser vos oncles maternels ?

J’étais resté perplexe en entendant la question qui expliquait le caractère éphémère de la colonisation française en Algérie. Ce paysan de la région de Mascara, tout analphabète qu’il était, avait montré plus d’intelligence en matière de contact d’un peuple avec un autre que Robert Montagne, professeur au Collège de France, anthropologue de la conquête française au Maroc. Ces deux anecdotes sont instructives au sujet des processus identitaires et montrent que l’identité n’est pas une essence ou une substance anhistorique ; c’est une construction des acteurs eux-mêmes. Tout comme il y a un islam berbère caractérisé par les confréries et le soufisme, il y a une arabité maghrébine différente de celle du Machrek. C’est ce qui fait que le Maghrébin est différent de l’Egyptien ou de l’Irakien, et que la langue parlée aussi y est différente.

La question de la langue

D. Labidi soulève le problème de la langue classique avec la même démarche qui réifie la catégorie d’arabité vidée de son contenu historique. C’est ainsi qu’il vénère l’arabe classique – parlée nulle part dans le monde arabe qu’il le veuille ou non – tout en méprisant l’arabe parlé sur lequel il a des préjugés inacceptables de la part d’un sociologue, surtout de sensibilité de gauche. La langue parlée est celle du peuple, celle de la vie quotidienne de Mdine Jdida et Bab el Oued, celle avec laquelle il exprime ses joies et ses souffrances. Le mépris élitiste (el khassa) pour cette langue du peuple (el ‘amma) ne sied pas D. Labidi, ancien dirigeant de l’UNEA pour qui, comme étudiants, nous faisions grève pour le faire libérer des prisons de Boumediene. Avec d’autres, il fait croire que le dialectal est apparu à la suite de la domination européenne qui aurait appauvri culturellement la société. Pourtant le chi’r el melhoune (poésie orale) au Maghreb, qui s’exprime en darija, date au moins du 16èm siècle comme l’attestent les poèmes de Sidi Lakhdar Bekhlouf en Algérie et Sidi Abderahmane el Majdoub au Maroc. (Je renvoie aux travaux sur le turath de l’équipe de recherche du CRASC, Université d’Oran, menés par Ahmed Amine Dellai, Rahmouna Mehadji et Hadj Méliani, publiés dans Les Cahiers du CRASC n° 2 et 4, 2002, n° 10, 2005 et n° 15, 2006, consacrés à des auteurs du melhoun comme Sidi Lakhdar Benkhlouf, Abdelkader Khaldi, Mestfa Ben Brahim et d’autres encore. Outre les qualités littéraires des documents exploités (poèmes, contes, récits…), ce travail montre que l’arabe dialectal est antérieur à la colonisation, remettant en cause le mythe selon lequel il est une forme dégradée de l’arabe classique apparue au XIXème siècle). Le mépris pour cette langue permet à D. Labidi d’éviter le problème de la profonde diglossie dans les pays arabes : la langue écrite n’est pas parlée et la langue parlée n’est pas écrite. Tout le monde reconnaît que cette diglossie est le principal problème culturel des pays arabes. Et ce n’est pas en encensant la langue écrite et en méprisant la langue parlée que la question sera réglée. Cette question a été débattue dès la fin du XIXe siècle en Egypte et jusqu’aux années 1930, à une époque où ce pays avait des intellectuels dignes de ce nom. Lotfi Sayyid avait préconisé la voie nationale, c’est-à-dire la promotion de l’arabe égyptien en créant des mots nouveaux et en faisant des emprunts aux langues étrangères, après avoir formalisé la grammaire. Taha Hussein s’était opposé à cette perspective, craignant que l’Egypte ne se coupe du riche patrimoine de la civilisation arabo-islamique véhiculée par la langue classique. Il a alors proposé de rénover celle-ci, de la simplifier pour en faire un outil de la modernité et de la vie quotidienne. S’appuyant sur le travail qu’avaient déjà fourni les journalistes Syro-libanais qui avaient créé Al Ahram, il a appelé à la généralisation d’un enseignement moderne qui, à terme, aurait fait disparaître la diglossie.

C’est cette solution de Taha Hussein qui a été retenue par les mouvements nationalistes au Machrek et au Maghreb, rejetant la proposition de Lotfi Sayyid qui compromettait, pensait-on, l’unité future du monde arabe.

La langue arabe utilisée dans l’enseignement et par la presse est une langue moderne, capable de véhiculer les sciences les plus abstraites, mais elle a été desservie par les politiques culturelles des régimes arabes qui ne lui ont pas permis de véhiculer un savoir moderne, faute de traduction des grands penseurs de la modernité. Comptant 12 millions d’habitants, la Grèce traduit plus que le monde arabe qui en compte trois cents millions ! Kamel Daoud, que D. Labidi traite d’aliéné et d’auto-raciste, est né après l’indépendance et est le produit de l’école algérienne. Il faut s’en prendre à l’école et au bilan du régime du parti unique pour avoir dévalorisé la langue arabe auprès des jeunes. Déjà en 1970, Jacques Berque constatait que la manière avec laquelle l’Algérie menait l’arabisation survalorise la francité. La question de la langue arabe est celle du contenu qu’elle véhicule et qu’elle exprime. Djamel Labidi cite la France qui avait créé les Ecoles Normales pour former des instituteurs dont la mission était de « normaliser » la pratique linguistique des jeunes écoliers Français élevés dans différentes langues régionales. C’est juste, mais il oublie l’essentiel : dans les Ecoles Normales françaises, ce n’était pas Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin qui étaient enseignés, mais plutôt Descartes, Montesquieu, Rousseau… Ce qui a porté atteinte à la langue arabe, c’est le contenu qu’elle véhicule. La langue arabe, par sa beauté, est un patrimoine de l’humanité et les Algériens y sont attachés. Ils seront encore plus attachés à elle lorsqu’elle offrira à la jeunesse étudiante la pensée de Hobbes, Kant, Foucault, Geert… Les Algériens font partie de l’Humanité et leur élite a besoin de débattre des idées des plus grands penseurs de la modernité. Avec la langue arabe seule, ce n’est pas possible de mener une telle réflexion. A qui la faute ? A Kamel Daoud ? Non, la faute incombe au système du parti unique dont les effets néfastes se feront encore sentir pendant plusieurs années. La conclusion qui s’impose est que Kamel Daoud est attaché à son peuple et Djamel Labidi est encore sous le charme de catégories réifiées du discours nationaliste de la période coloniale.


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63 Commentaires sur cet article

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  • Yacine
    9 janvier 2010 at 13 h 18 min - Reply

    Kamel Daoud parait un garçon sympathique, personne ne peut dire le contraire. Il sait peut-être raconter la misère quotidienne des Algériens, mais force est de constater que ses dernières années, il commence à profiter de la sympathie que lui accorde une partie du lectorat pour véhiculer des idées, pour le moins, pernicieuses et dommageables pour l’unité du pays. Son esprit est agité par l’absence de repères identitaires (ou le refus de sa vraie identité)qu’il veut transmettre à toute la société à travers cette « sympathie » que l’on retrouve dans l’article du Dr Lahouari. Kamel Daoud est un enfant de la France. C’est lui-même qui l’avoue et non pas monsieur Labidi. Il se sent perdu et étranger en Algérie, où, prétend-t-il, le français est en voie de disparition. Lors d’une interview avec Algérie-Focus, il s’entoure en plus avec une intrigue singulière lorsqu’il refuse de révéler sa vraie confession même s’il avoue être « culturellement musulman ». Par cette attitude, il amplifie les suspicions sur ses objectifs qui animent son activité de journaliste. Monsieur Labidi, dans son excellent plaidoyer pour l’arabe, n’a rien fait que de défendre sa langue natale et maternelle. Il a simplement démonté, point par point, les contradictions et les contrevérités qui ont entaché le pamphlet de Daoud contre la langue arabe qui le dérange et lui rappelle qu’il ne sera jamais aussi français que les Français de France qu’ils l’ont produit comme il dit lui-même. C’est une quête éperdue vers une mère qui l’a pondue et abandonnée sans se soucier de son avenir. Pour résister à la disparition de son unique repère, il développe des théories vaporeuses sur « la colonisation horizontale» pour justifier son « aliénation verticale ». En fait les Algériens comme lui – bien sur qu’il n’est pas le seul, ni chef de file d’ailleurs – n’ont seulement ils ont perdu la langue maternelle (encore faut-il s’assurer quelle a été la sienne), beaucoup d’Algériens ont souffert de ce problème, mais ils ont perdu leur âme tout simplement. Concernant l’aliénation et la schizophrénie dont ces Algériens francophones sont frappés et qui nient la dimension arabe de l’Algérie, monsieur Labidi n’est pas le premier à le découvrir. Il faut lire la présentation promotionnelle de Mustapha Aziri, sur Quotidien d’Oran (28 janvier 2009) du livre Kamel Daoud « Préface d’un nègre » que Maziri considère comme une course aux chimères.

    Pour affaiblir l’arabe, un autre front lui est ouvert, c’est celui de la langue vernaculaire, la derja, que l’on veut ériger en langue écrite et utiliser à l’école, dans l’administration, dans les médias et les affaires publiques. Là aussi, monsieur Labidi a démontré de façon magistrale le non-sens de cette nouvelle revendication.

    Dire que le vernaculaire existât avant la colonisation française pour signifier que celle-ci est innocente de la catastrophe linguistique dans lequel est noyée l’Algérie, c’est aller vite en besogne. Le sud algérien, moins touché, par le colonialisme a su préserver une qualité remarquable de la langue arabe. Aussi les pays comme la Tunisie et le Maroc qui ont moins souffert de la présence coloniale, ont un dialecte beaucoup plus riche en mots arabes que celui de l’Algérie. Ces exemples montrent clairement que la présence coloniale a gravement perturbé le parler arabe des Algériens. Et même les auteurs du « chiir el melhoun » pré colonisation, évoqués par le professeur Lahouari, seraient ressuscités, ils ne comprendraient pas un traitre mot de du baragouinage algérien. La dégradation du parler est sans commune mesure avec le patois médiéval algérien.

    Je ne suis pas un partisan de ceux qui veulent chasser le français de l’Algérie, mais l’utiliser pour saper les fondements de l’unité nationale est très grave ou pour maintenir la langue arabe parlée au niveau du galimatias héritée de la longue nuit coloniale, est très grave. Toutes les bonnes volontés, les scientifiques en premiers, ont le devoir moral d’accorder leurs violons sur ce qui nous unit le plus. C’est ahurissant qu’un demi-siècle des intellectuels reposent encore la question du « choix de la langue ».




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    • Enamored
      19 février 2015 at 7 h 20 min - Reply

      Bonjour
      Addi Lahouari a amené un nombre de points importants à la discussion. Pourtant ce texte de Yacine est à maints égards plus interessant que l’article de Addi en ce qui montre la partialité et les limites de la réplique de notre sociologue à Labidi.




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  • Yacine
    9 janvier 2010 at 15 h 55 min - Reply

    voici l’entretien ou Kamel Daoud se livre a certaines confession.
    C’est un gars tres correcte professionnellement. Notre fierte de lui serait parfaite s’il s’impregne l’ame profonde de son peuple qui l’a enfante biologiquement et lui assure son affection sans qu’il soit contraint d’abondonner le francais.
    Le comprendrait-il un jour? Je le lui souhaite.

    http://www.youtube.com/watch?v=jZxi3h3gxY8




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  • bouyilèes
    9 janvier 2010 at 16 h 02 min - Reply

    Monsieur Yacine, SVP,choisissez pour nous,on vous fait confiance.De toute facon l’algérien est immature et s’il n’est pas manipulé par des « mains étrangères » il est victime de son passé colonial qui l’a transformé en un épiphénomène hybride incapable d’avoir une langue et de décider de son sort.M.Yacine,nous les incapables on vous fait confiance ,décidez de notre destin ,ça ne sera que pour notre bien.De toute façon ,vous avez bien géré les richesses naturelles de notre sous-sol,maintenant gérez la pauvreté eternelle de nos cervaux.Vous pouvez prélever des échantillon pour les analyser dans vos laboratoires sophistiqués.Je me porte volontaire pour cela,ainsi que 32,99 millions d’algériens analphabètes trilingue.Transformez nous et prenez pour cela M.Labidi comme promotur émérite de cette alchimie.Vos laborantins sont au top niveau ,ils ont fait leurs classes au DRS.Les resultats sont dejà visibles sur le terrain.
    Mais avant pensez à donner à manger aux grévistes de la SNVI,ils crèvent la dalle.




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  • talbi
    9 janvier 2010 at 16 h 41 min - Reply

    Salut, On dirait que l’Algerie est ce pays qui s’est imposé dans ce monde par le savoir de ses hommes de sciences qui ne cessent d’attirer le respect des gandes nations pour leurs incessantes découvertes dans les domaines médical,militaire,aéro-spatial et j’en passe et qui ne cessent d’étonner l’humanité par l’éducation et le savoir de leurs concitoyens qui ont fait de l’Algerie cet exemple à suivre en matière de rigueur,d’efficacité et surtout d’un grand civisme qui ont fait de notre pays un paradis sur terre;seulement nous n’avons qu’un seul petit problème qui nous empeche d’etre la locomotive des nations les plus développées au monde et qui consiste à déterminer avec éxactitude si nous sommes bérbères ou Arabes.Pourtant,les deux parties en conflits qui sont représentés d’un coté par une infime minorité contonnée dans une région montagneuse,vivant dans des hameaux inaccessible et éparses,hermétiquement fermés à toutes formes de vie pour ne pas dire inapte à toute évolution et une majorité éparpillée à travers un territoire de plus de deux millions de kimomètres carrées et qui ne vit que sur les vestiges d’une époque,brandissant,à chaque coin de rue,la génie arabe du 7° et 8° siècle pour contrer le véritable génie des occidentaux et asiatiques qui avancent à grands pas.Une guerre de mots qui durent depuis longtemps rien que pour cacher l’incapacité des uns,avec leurs dialectes,et les autres, avec leur langues de faire avancer le pays ne serait-ce que d’un seul pas en avant.Depuis quand la kabylie est devenue un pays et le kabyle une nationalité?Depuis quand l’arabe est devenue une langue des sciences et les arabophones de grands dirigeants?Seulemnt,ce que les entétés refusent de croire c’est qu’il y à une nationalité Algerienne et un pays qui s’appelle l’Algerie dans lequel vivent deux antagonistes qui sont à l’origine de tous les malheurs de la majorité des Algeriens.




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  • Liberté
    9 janvier 2010 at 17 h 19 min - Reply

    Mr talbi,

    Le malheur de l’Algérie c’est un certain général du DRS en l’occurence Mohamed Mediene dit Tewfik. Des personnalités civiles et compétentes pourront diriger notre pays et assurer l’alternance politique comme ça se pratique dans la plupart des pays démocratiques qui respectent les droits de l’homme.

    Merci




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  • Résigné
    9 janvier 2010 at 18 h 18 min - Reply

     »Exprimant une conviction partagée par toute la jeunesse, les journalistes considèrent le respect pour les martyrs comme la valeur suprême, comme la norme fondatrice de l’Algérie nouvelle qui donne sens au destin commun des Algériens »
    Comme d’habitude, c’est avec délectation que je lis vos articles et j’aimerais abonder dans le même sens pour dire que les MARTYRS sont la seul constante qui peut nous unir, les autres, feront que nous diviser à chaque fois qu’on les invoque.
    Et je vous souhaite bonne année 2010




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  • Afif
    9 janvier 2010 at 19 h 50 min - Reply

    A Mr Bouyilèes : Mr Labidi a fait ses classes dans les sous-sols de la DRS (relisez l’article plus haut de Mr Addi) et non comme vous le pensez.

    A tous : pour enrichir le débat, pouvons-nous avoir connaissance des expériences des autres pays en matière de politique linguistique, comme par exemples, Israël en ce qui concerne l’Hébreu qui était une langue morte et qui est devenue une langue scientifique et le Vietnam ?

    A Yacine : en réponse à l’article de Kamal Daoud, j’ai envoyé ce qui suit au Quotidien d’Oran (non publié à ce jour) « Mr Kamel Daoud est originaire de Mostaganem comme moi mais apparemment il semble n’avoir jamais visité la campagne et les montagnes environnantes, alors que moi je suis d’origine paysanne, car il aurait su que les noms de lieux comme les oueds, les collines, les parcelles de terrain sont en majorité des noms berbères. Un point d’ordre, Mr Daoud : le débat sur l’identité ne devrait concerner à mon avis que les algériens d’origine, c’est-à-dire uniquement les berbères et ces berbères ne se trouvent pas seulement en Kabylie mais sur tout le territoire algérien où ils sont chez eux depuis des siècles (Yanayer est là pour le confirmer). Les algériens qui sont d’origine arabe, turque, noirs subsahariens, autres origines sont nos compatriotes mais ils ne doivent pas polluer le débat car ils ne représentent qu’une petite minorité. Aussi, Mr Daoud, si vous ne vous sentez pas berbère de première classe, garez à gauche ou à droite comme vous voulez. Je vous donne ci-après le point de vue d’un algérien non déraciné, non accablé par le doute métaphysique sur son origine et sur son identité. Voilà ce que j’ai déjà dit récemment sur un site : « débattre pour avancer, d’accord. Mais débattre pour tourner en rond, nous n’avons pas de temps à perdre dans les stérilités et les mises en cause permanentes alors que le pays est en train de s’enfoncer lentement mais sûrement. Quand j’ai parlé de la nécessaire fidélité due à nos ancêtres berbères qui ont accepté l’arabisation de la nation d’une manière ou d’une autre, je pense que c’est la position de la grande majorité des algériens qui n’ont pas l’âme d’un renégat. Ceux qui renient ce qu’ont adopté nos ancêtres avancent que nos ancêtres se sont soumis par la force, c’est-à-dire que l’Islam et la langue arabe ont été imposés par le glaive. Voilà une piètre idée ce qu’étaient nos ancêtres. Le berbère algérien, ancêtre ou pas, est irréductible : il ne se soumet à personne d’autre qu’à Dieu et à la vraie religion. C’est pour cela qu’il a refusé les autres religions malgré le glaive qui les a accompagnées. Le Chahid Colonel Amirouche en est le parfait exemple : sur le plan politique, il était militant d’un parti radical, le PPA/MTLD et membre de l’OS encore plus radicale , et au plan culturel, il était membre de l’Association des Oulamas (source : Mémoires de combat de Abdelhafid Amokrane, page 29). Les valeurs du PPA et des Oulamas sont archi-connues de tous, ce sont des valeurs arabo-islamiques. Ce sont ces valeurs portées par la grande majorité des moudjahiddines qui ont été à la base du succès de la Révolution algérienne. Assez des élucubrations oiseuses. Certains sont tout à fait prêts à renier Amirouche et ce qu’il représente, mais la grande majorité du peuple algérien pense comme Amirouche et s’il y a débat, c’est au sein de cette large majorité. Nous refusons de débattre avec ceux qui renient notre héros national Amirouche. Il est temps que nous nous mettions d’accord une fois pour toutes sur le socle de notre identité pour passer à d’autres problèmes. Nos compatriotes d’origines diverses, noirs subsahariens, turcs, arabes, autres, nous attendent pour mettre un terme à ce débat et avancer.»

    A l’auteur de l’article, Mr Addi : votre conclusion est déconcertante. Que doit faire Mr Daoud ? Doit-il continuer à défendre « l’inévitable décolonisation horizontale » parce qu’il est attaché à son peuple ?




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  • boreal
    9 janvier 2010 at 20 h 05 min - Reply

    Au lendemain de l’indépendance le pays a connu des contradictions qui furent plus ou moins masqués par un nationalisme auquel tout le monde ou à peu près et à des niveaux différents a cru et a adhéré. Nationalisme dont les supports sont une révolution industrielle et agricole avec pour objectif l’indépendance économique et énergétique du pays et le panarabisme, idéologie supposée unifiée les Arabes et dont le plus gros fiasco a été la politique d’arabisation (dont la mise en œuvre ne répondait à aucune cohérence, un colmatage et une improvisation comme dit un internaute)…
    L’échec de ce nationalisme-populisme a mis à nu des contradictions et des antagonismes au sein de la société algérienne et a révélé une dichotomie entre une population qui prône et revendique légitimement l’Islam comme modèle de société et une classe dont le mode de vie et les références, pour schématiser, sont plus proches de celui de l’Europe. La suite avec l’arrêt du processus électoral…, nous la connaissons tous. La décennie écoulée a été le révélateur de cette cassure, nous avons alors pu constater l’ampleur des dégâts.
    La colonisation a pris fin historiquement en 1962. En réalité, elle se poursuit aujourd’hui encore mais sous d’autres formes car, à mon avis, la politique coloniale nous a laissé un « précieux » lègue:

    1- Des problèmes ethniques à résoudre.
    En effet, la politique coloniale, dans un projet clairement établi et défini, s’est attachée à « travailler » les différences ethniques et à les exacerber. L’objectif inavoué est de fissurer la cohésion nationale et à terme provoquer et précipiter son éclatement. Cette cohésion, encore fragile, au lendemain de l’indépendance s’est faite autour de valeurs fortes que sont la religion, la langue et l’identité.
    Ce plan colonial de « destruction massive » est aujourd’hui à l’œuvre. Et on y entrevoit depuis quelque temps déjà les effets dévastateurs.

    2- Une situation de sous développement chronique qu’on n’a jamais pu résoudre. Celle-ci, qui perdure aujourd’hui encore, nous a laissé dépendants de l’extérieur (importation de la nourriture, de machines et de pièces détachées, formation des cadres dans les années soixante et soixante-dix, etc.). Les autorités successives de l’Algérie indépendante n’ont pas pu ou voulu empêcher l’aggravation de ce problème (pour diverses raisons).

    3- Un complexe social que M. Bennabi nomme complexe social de « colonisabilité ».

    [Après l’accession des pays colonisés à l’indépendance politique, l’œuvre de déculturation accomplie par le pouvoir colonial apparaît dans toutes ses conséquences néfastes : le complexe social de « colonisabilité », dont l’expression la plus spectaculaire est le complexe d’infériorité des élites dirigeantes, explique en grande partie l’échec d’une entreprise de modernisation qui n’arrive pas à s’arracher à la logique perverse de la dépendance laquelle nourrit à son tour de nouvelles formes de sous-développement.
    (A propos du facteur culturel, Malek Bennabi, ajoute) : le sous-développement ne se réduit pas à un processus économico-technique isolé de la conscience sociale de ses maîtres d’œuvre. Le facteur culturel ne vient pas se surajouter aux autres facteurs historiques. Il traverse et alimente l’ensemble du processus de reproduction de la formation sociale. »]
    Mohamed Tahar Bensaada (La théologie de libération de Malek Bennabi)

    La décolonisation avant d’être géométrique ou spatiale, M. Daoud, doit passer par celle des esprits.




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  • Abdelkader DEHBI
    9 janvier 2010 at 23 h 43 min - Reply

    «  »Krazatou-lauto ou ram-msouh morceau-ouates » » – il a été écrasé par une voiture et ils l’ont ramassé en morceaux – telle était le genre de phrases aberrantes, forgées par ce véritable « créole algérien » qu’on rappelait volontiers, aux tenants de l’arabe dit « dialectal » quand, au début des années 70, la généralisation de l’emploi de la langue arabe dans l’Administration publique avait suscité des « résistances » sournoises et souterraines de la part des monolingues francophones dont beaucoup occupaient des postes de premier ordre. Quelques uns parmi eux s’enhardissaient jusqu’à parler – en petit comité il est vrai – de « langue morte », en parlant d’une langue Arabe qui venait de traverser douillettement, plus de huit siècles d’Histoire, seulement pour sa période islamique, sans qu’il soit besoin d’aller s’enfoncer dans la période ante islamique où elle se confond en termes de millénaires, avec ses origines cananéenne, araméenne et phénicienne.
    Mon propos ici, n’est pas d’apporter la contradiction à M. Lahouari ADDI pour qui j’ai beaucoup d’estime. Pas plus qu’il n’est, de défendre le point de vue de M. Djamel Labidi que je n’ai pas l’honneur de connaître personnellement. Encore qu’il faille souligne que son brillant article est tout de même beaucoup plus qu’un simple plaidoyer pro domo comme semblent le percevoir quelques uns puisqu’il est largement partagé, en ceci qu’il pose les vraies motivations politiques, culturelles et morales qui sous-tendent la concrétisation sur le terrain du statut constitutionnel de la langue Arabe en tant que langue nationale et officielle. En effet :
    1°) – Au plan politique, la généralisation de l’usage de la langue arabe dans notre pays doit être perçue par chaque citoyen comme étant un attribut incontestable de la souveraineté nationale. Et ceci, même si les flambées d’ « arabisation » des débuts des années 70 et 80 ont connu des fortunes inégales, en particulier dans l’Ecole, par maque d’encadrement et dans l’Administration Centrale, pour cause de mauvaise volonté des monolingues francophones, souvent francophiles….avec tout ce qui va avec ;
    2°) – Au plan culturel, l’usage de la langue arabe n’est rien d’autre qu’un retour aux sources, après ce long hiatus de 132 ans où la langue dominante du colon s’était brutalement substituée à l’usage courant de la langue arabe dans tous les secteurs d’activité de notre pays, grâce en particulier à l’enseignement séculaire, souvent pluridisciplinaire, dispensé par les écoles coraniques disséminées à travers l’ensemble du territoire national ;
    3°) – Au plan moral enfin, il y a un point que beaucoup font mine d’ignorer, c’est que la langue arabe EST la langue sacrée pour tous les Musulmans, en tant qu’elle EST l’expression et le véhicule du Coran. Et il est patent aujourd’hui, que les nouvelles formes de Croisade menées contre le monde arabo-musulman par l’Occident dit « judéo-chrétien » sous la conduite des Etats-Unis et d’Israël, ont forcément intégré dans leurs stratégies de déstabilisations de nos pays, la dimension linguistique vectorielle que représente la langue arabe dans l’Islam. Ils ignorent seulement ou font mine d’ignorer ce Verset du Saint Coran qui dispose que :
    «  »إنا نحن نزٌلنا الذٌكر وإنا له لحافظون » » – 9 / 15 الحجر –
    «  »Nous avons révélé l’Invocation [le Coran] et Nous le protégerons » »

    C’est en cela que réside la force de la langue arabe, c’est-à-dire son double caractère d’Universalité et de Sacralité qui fait de cette langue, la propriété culturelle et liturgique, consubstantielle à chaque musulman pris individuellement.
    Ce n’est donc pas pour demain que l’arabe sera hiéroglyphé, en Algérie ou ailleurs dans le monde arabo musulman. Pour la simple et bonne raison que cette langue n’a été peinte ni en couches verticales, ni en couches horizontales, sur les faciès des Musulmans. Il faut aller l’extirper dans les profondeurs de l’âme…de ceux qui en ont une. N’est ce pas Monsieur…je-ne-sais-plus-qui-déjà ?.




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  • Adel
    10 janvier 2010 at 12 h 27 min - Reply

    @boreal

    Il me semble que le défaut de la méthode utilisée par nos gouvernants jusqu’à présent est qu’ils décident de que doivent être les choses et veulent à tout prix forcer la réalité à se plier à leur désirs. Les résultats seraient certainement meilleurs s’ils essayaient d’abord de comprendre ce qu’est la réalité afin de la faire évoluer vers une étape supérieure, sans la nier totalement.

    On peut très bien décider (ce qu’avait fait Boumédiène) que l’Algérie doit être un pays uni par la langue arabe classique, industrialisé à outrance, etc., et se casser les dents (ce qui nous est arrivé par la faute de Boumédiène) au bout de 25 ans, pour se retrouver dans une situation pire que celle du départ.

    Le colonialisme français – le système, pas les individus – n’a pas exacerbé les divisions. C’est le contraire qui s’est passé, et vous le dites vous-même. L’Algérie est sortie de la colonisation avec des frontières claires et un État central reconnu par toutes les « tribus » – une nation, en somme. Ce n’était pas le cas sous l’occupation turque. L’Etat turc n’avait pas réussi à réaliser les transformations opérées par la colonisation française – je ne fais pas l’éloge de la colonisation, je fais un constat. Beaucoup de régions – dont la Kabylie – échappaient totalement à son contrôle. L’échec de la colonisation, c’est de n’avoir pas mené ce processus jusqu’au bout. L’impasse de la colonisation, c’est le refus de la minorité européenne de prendre le risque d’appliquer les principes de la Révolution Française jusqu’au bout : Liberté, Égalité, Fraternité. Cette contradiction – après que Ferhat Abbas eut vainement essayé de faire appliquer ces principes par cette minorité – ne pouvait être dépassée que par l’indépendance. Les élites indigènes ayant pris conscience de leur identité propre et ayant fait leurs les principes que leur avait appris l’école française, cette identité devait s’exprimer. L’indépendance était la seule solution. Nous devons noter que jusqu’à la fin du 19ème siècle, la résistance à l’occupation française ne s’est pas faite au nom de la Nation algérienne – bien qu’Abdelkader ait essayé de lui donner corps – mais au nom de l’islam et des tribus. C’est après la première guerre mondiale que le nationalisme algérien a vraiment pris naissance.

    Ce que je dis peut paraitre paradoxal, mais c’est la réalité. Objectivement, la colonisation était un progrès par rapport à l’Etat de la Régence d’Alger dans lequel une aristocratie militaire étrangère rentière (vivant de la course et du prélèvement de l’impôt sur les indigènes) bloquait le pays et l’empêchait d’évoluer. Il est vrai que la pression exercée par les puissances européennes (Espagne, notamment) ne laissait pas d’autre choix: c’était l’occupation turque ou l’occupation espagnole. L’occupation turque – moindre mal, puisque ces derniers étaient musulmans – n’a fait que retarder les choses de quelques siècles. La suprématie de l’Europe, faisant suite à la Reconquista en Espagne et à la longue période de confrontation entre cette dernière et l’empire ottoman, devait inévitablement aboutir à la colonisation. La colonisation française a eu un coût très élevé pour les indigènes sur le plan humain, mais c’était une étape inscrite dans l’histoire, comme un tsunami est le résultat inévitable d’un séisme de forte magnitude qui a lieu en mer. La colonisation était un mal, mais un mal nécessaire, pour que l’histoire du Maghreb se remette en marche, passe à une étape supérieure, après la longue période de morcellement et de décadence qui a suivi la chute de l’empire almohade. Pourquoi l’Algérie est-elle le pays de la région qui a le plus souffert de la colonisation ? Parce que c’est là où les divisions étaient les plus fortes. Deux Etats se disputaient ce territoire : les hafsides de Bougie, à l’Est, et les Zianides de Tlemcen, à l’Ouest, le centre étant sous la domination de l’un ou de l’autre, selon les aléas de la guerre. Les frères Barberousse ont réussi à casser ces deux dynasties, mais le processus de formation de l’Etat algérien ne s’est pas accompli jusqu’au bout, pour les raisons indiquées ci dessus. A l’inverse, chez nos voisins de l’Est et de l’Ouest, des dynasties anciennes avaient déjà plus ou moins unifié le pays sous l’égide d’Etats centraux forts. L’occupation turque en Tunisie a évolué vers une plus grande association des indigènes au pouvoir. Les Turcs n’ont jamais pu occuper le Maroc. En Algérie, les Kouloughlis, métis de père turc et de mère indigène, ont bien essayé de prendre le pouvoir, mais leur révolte a été réprimée avec une rare violence par les janissaires turcs et ces derniers n’ont jamais associé les indigènes au pouvoir. La seule participation de ces derniers était sous la forme d’auxiliaires, comme les tribus makhzen, chargées de prélever l’impôt sur les autres tribus pour le compte des Turcs. C’est cela la colonisabilité. Les mêmes causes donnant les mêmes effets, nous pouvons donc dire que nous sommes toujours en état de colonisabilité.




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  • Abdelkader DEHBI
    10 janvier 2010 at 13 h 54 min - Reply

    Réponse à Afif qui écrit : «  »Un point d’ordre, Mr Daoud : le débat sur l’identité ne devrait concerner à mon avis que les algériens d’origine, c’est-à-dire uniquement les berbères et ces berbères ne se trouvent pas seulement en Kabylie mais sur tout le territoire algérien où ils sont chez eux depuis des siècles (Yanayer est là pour le confirmer). Les algériens qui sont d’origine arabe, turque, noirs subsahariens, autres origines sont nos compatriotes mais ils ne doivent pas polluer le débat car ils ne représentent qu’une petite minorité. » » — Si nous étions dans un Etat respectable, on vous aurait déjà fait ravaler vos éructations racistes qui ressemblent fort à des provocations. De tels propos ne peuvent être tenus que par des provocateurs stipendiés, lâchement tapis derrière l’anonymat pour semer la haine entre algériens.




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  • Adel
    10 janvier 2010 at 13 h 57 min - Reply

    Et l’avenir?

    Une fois que les États du Maghreb se seront stabilisés, le nationalisme du 20éme siècle s’épuisera et montrera ses limites. Le projet de réalisation de l’unité du Maghreb, inscrit depuis toujours dans l’histoire du domaine amazigh, sera de nouveau à l’ordre du jour, après une éclipse qui aura duré 7 siècles.




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  • Adel
    10 janvier 2010 at 14 h 22 min - Reply

    @Yacine

    Je pense que l’Algérie se cherche encore et le processus de formation de la nation algérienne n’est pas terminé.

    L’Algérie de demain sera-t-elle islamiste ou laïque, parlera-t-elle l’arabe classique ou tamazight et derja? Qui peut le dire aujourd’hui? C’est la compétition qui fait le charme de l’histoire, sinon tout ne serait qu’une éternelle platitude! Tant que cette compétition se déroule à la loyale, sans effusion de sang, elle ne peut être que bénéfique: le modèle qui s’imposera en fin de compte sera vraiment le meilleur et c’est cela que nous voulons.

    Amicalement




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  • hamid
    10 janvier 2010 at 14 h 25 min - Reply

    Monsieur Dehbi, je remarque d’abord que vous maîtrisez parfaitement la langue de Voltaire, ce qui pour un fervent défenseur de l’arabité, est une très bonne chose. Ensuite, j’aimerai vous dire, à vous et à tous ceux qui pensent comme vous, que la langue arabe se trouve exactement à la même enseigne que la langue française : elles sont toutes les deux des langues étrangères à ce pays qui, si vous l’avez oublié, est un pays amazigh dont la langue a été « effacée » par ses conquérants successifs et l’absence d’une écriture qui constitue indéniablement le point faible de notre culture amazighe. Donc, la question qui se pose vraiment dans ce pays, ce n’est pas de savoir si c’est l’arabe ou le français qui doivent y être parlé, enseigné et usité, mais bel et bien : à quand la réhabilitation de la langue des origines, tamazight, pour que les Algériens se réconcilient avec leur véritable histoire et en finissent avec l’inféodation à d’autres langues et cultures. Aussi, à mon sens, tous les Algériens qui ne défendent pas le retour aux sources de notre culture, à la pratique et à la généralisation de Tamazight en lieux et places des langues étarngères que sont l’arabe et le français, tous ceux qui ne luttent pas pour cet idéal sont forcémment des combattants d’arrière-garde uniquement soucieux de protéger leurs privilèges acquis dans la défense et l’usage de telle ou telle langue.




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  • Yacine
    10 janvier 2010 at 16 h 09 min - Reply

    Avant d’avoir écris mon premier post, sur l’article du Pr Addi Lahouari qui répondait à Djamel Labidi, je n’avais pas encore lu l’article de Kamel Daoud qui a mis le feu aux poudres. Mais, maintenant que je l’ai lu ce pamphlet contre la langue arabe et contre notre identité, je peux dire que Labidi a été tendre avec Daoud. Vraiment. Le déracinement de ce dernier et son déphasage avec la réalité socioculturelle du peuple algériens apparaissent considérables. Et je comprends mal l’intervention du Pr Addi qui, du haut de sa haute stature et de la grande considération que l’on a pour lui, vient lui prêter main-forte. Le Daoud, que je connaissais à travers sa nostalgie du français, est un gars perdu, irrécupérable, sinon destructeur et dangereux.

    Le journaliste prétend avoir été blessé dans son amour-propre par les insultes égyptiennes, mais, comme un brigand tapi derrière un coupe-gorge attendant sa victime, il n’a fait que sauter sur l’occasion pour régler un vieux compte avec la langue arabe qui est la source de son grave complexe vertical. Il prend cette événement comme un acte casus belli non pas contre les Egyptiens qui ont profané la mémoire des martyres, mais contre les Egyptiens qui ont osé insulter ses origines. Tout le problème est là. Partant de ce sentiment aveugle, sa déclaration de guerre ne concernera pas Egyptiens qui l’ont blessé, mais concernera la langue arabe qui nous lie avec eux. Un lien « horizontal » qu’il a du mal a supporté depuis fort longtemps ; l’Homme n’acquiert pas une haine aussi farouche en une seule prise de bec avec un frère.

    C’est la différence qui, à mon avis, n’a pas été saisie par le Pr Addi puisque, par élan de solidarité, celui-ci va corroborer la théorie vaporeuse de Daoud sur nos origines tout en élaborant une nouvelle théorie suivant laquelle le socle de notre identité et le mythe fondateur de l’Algérie ne seraient que le sang des martyres. Très bien, aurait-on pu répondre, mais qu’a fait monsieur Daoud pour laver l’affront fait à nos martyres ? Rien. Il s’en moque. Qui sait, avec sa nostalgie pour la France, peut-être aurait-il même des reproches à leur adresser. Lui, c’est l’arabe qui torture son esprit ; il veut l’éradiquer et éradiquer l’Islam dans un deuxième temps. Il est prêt pour que cela se fasse avec violence et douleur comme au bon vieux temps. Il le dit dans son article. Un scientifique algérien, qui passe sa vie à lutter pour la démocratie et l’Etat de droit, ne peut pas accepter cela. Le professeur Addi est venu au secours à quelqu’un qui n’a pas le même mythe que lui. Pour l’un, c’est les martyres, pour l’autre c’est une Algérie débarrassée violemment de son arabo-islamisme (du sang encore dans son programme pour le pays). Cette Algérie aura alors les coudées franches pour entamer, seule, un retour tranquille et progressif vers le giron français, source de bonheur et de béatitude. L’histoire à faire dormir debout sur « l’algérien » comme langue et identité, n’est qu’un tour de passe-passe bouffon d’un prestidigitateur de bas de gamme.

    M. Labidi aurait pu assener le coup de grâce à M.Daoud avec une petite question ? Avec quel alphabet, a-t-il l’intention d’écrire son « algérien » puisque celui-ci n’est ni de l’arabe ni du français ? La réponse du Pr Addi ne va pas lui plaire, car elle n’arrangera pas du tout son ego, sauf s’il le gratifie avec l’alphabet latin. Elle lui aurait maintenu le camouflet d’être toujours « linguistiquement » arabe, donc « colonisé », ce qu’il déteste le plus au monde. Quel que soit son choix, sa théorie de « décolonisation horizontale » fera …plouf

    C’est fou comme Monsieur Kamel Daoud a la mémoire sélective ou courte au mieux. Le taux d’analphabétisme à l’indépendance de l’Algérie était de 85 % (*). Dans ce chiffre effarant se cachent deux drames algériens terribles qui n’ont pas connu d’épilogue à ce jour.

    Le premier drame est bien sûr la politique coloniale qui a imposé à nos aïeux l’ignorance et l’obscurantisme pendant un siècle et 30 ans. Un illettrisme forcé qui a fait des ravages sur notre niveau intellectuel, sur notre niveau dialectal et a coupé les liens avec notre propre histoire. Le deuxième drame, ce sont les 15 % de la population éduquée dont une bonne partie l’était en français. Parmi cette frange de population, il y avait des francophiles gagnés par le mode de vie français et les visions occidentales défavorables sur l’histoire des Arabes et des musulmans. Le problème de l’Algérie et que cette catégorie a manqué de prendre le bateau en 62… Aujourd’hui, elle et ses avortons refont surface et reprennent du service au nom de la démocratie.

    Ceci étant dit, il ne faut pas se refermer sur la langue arabe, le français comme l’anglais doivent être enseignés et vulgarisés pour s’ouvrir au monde. L’arabe, elle-même doit être dépolluée de l’archaïsme afin qu’elle ne jette pas encore un pont entre nous et l’obscurantisme médiéval ou l’extrémisme religieux. Les chouhada aussi imprégnés des valeurs de l’Islam qu’ils étaient, ne s’appeler ni « Abou Katada » ni Massinissa. Dans les maquis il n’y avait ni salafistes ni autonomistes. C’est sur ce plan-là que nous devons rester nous même, suivre la marche du monde vers le progrès et faire face aux hostilités étrangères.

    * http://actualite.el-annabi.com/article.php3?id_article=1490

    @affif

    Je comprends, tout a fait votre réaction, et je m’interroge, pourquoi le quotidien d’Oran ne l’a pas publié.

    Amicalement

    Yacine, ex-MTM




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  • talha
    10 janvier 2010 at 18 h 19 min - Reply

    et qui vous a mandate,vous monsieur ex.mtm,pour excommunie votre compatriote avec autant de mepris,uniquement parce qu’il ne veut pas parler de sa confession,bien prive par excellence,ou parce qu’il a le tort d’aimer une langue et une culture?
    ceci peut vous aider:si vous appartenez a l’algerie,l’algerie ne vous appartient pas.




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  • Yacine
    10 janvier 2010 at 19 h 17 min - Reply

    @ M. Talha

    Je n’ai excommunié personne, il se peut qu’il soit plus pieux que moi, mais ses positions en disent long sur le fond qui l’anime. J’ai bien spécifié qu’il s’est fait entourer avec une intrigue singulière à savoir le refus de dire sa confession qui, d’ailleurs personne ne le lui a demandé. Une personne publique comme lui, prenant la responsabilité de participer au matraquage des fondements des millions d’Algériens, et s’adresse au peuple à majorité arabo-musulman, parle avec tant de mépris à notre histoire avec l’Islam et la langue arabe, ne peut pas cacher son identité réelle. Il a été très agressif. Il fait de la violence un passage obligé pour son programme aux Algériens.

    Monsieur, l’Algérie m’appartient autant qu’à lui, que vous le vouliez ou pas. C’est elle qui m’a fait et c’est elle pour laquelle je me bats. Il n’a pas le monopole de la parole. Ou bien, lui attribuez-vous un statut de patricien et à nous celui de roturier ?




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  • Yacine
    10 janvier 2010 at 19 h 55 min - Reply

    @ Adel

    Je pense que ces discussions sur la langue en Algérie sont une pure perte de temps. J’ai rarement voulu participer. C’est l’intervention du Pr Addi Lahouari en faveur de M. Daoud qui m’a fait réagir. Parce que le professeur Addi est pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous, une référence en matière de droiture, de la perspicacité de ses interventions et de la crédibilité politique. Ces qualités sont rares aujourd’hui.

    Par rapport à ce que vous dites, le tamazight, concerne les Kabylophones à ma connaissance. Pour le reste de l’Algérie, une autre langue que l’arabe, ne peut s’imposer que par la violence et la douleur. Au moins, Kamel Daoud, a été franc et sincère sur ce point. Le peuple n’a jamais été libre de choisir son destin, sinon il y a belle lurette que cette question soit définitivement enterrée. Le problème actuel est que des Algériens usant de leur position et profitant de l’absence de démocratie, soufflent sur les braises et poussent les décideurs à prendre les « bonnes décisions ». Ces derniers attendent peut-être que la situation pourrisse encore plus pour passer à l’action. Parler de concurrence loyale en Algérie c’est comme croire au père Noel.

    Amicalement.




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  • Rédaction
    10 janvier 2010 at 20 h 10 min - Reply

    Grandeur et décadence de la notion d’arabité
    par Ahmed Bensaada* ( Quotidien d’Oran)

    « Le monde est du côté de celui qui est debout » est, paraît-il, un proverbe arabe. Il date probablement du temps où le Monde Arabe était lui-même debout et pendant lequel la notion d’arabité était synonyme de modernité, de savoir et de progrès.

    La littérature contemporaine, les médias et les assemblées savantes n’ont de cesse de nous ressasser cette époque glorieuse, unique phare lumineux de notre histoire. Il est vrai que l’être humain -même l’Arabe- a besoin d’un passé glorieux et des héros à profusion pour entretenir aussi bien son ego que son appartenance sociale. Les manuels scolaires d’histoire de tous les pays foisonnent de personnages plus grands que nature et de récits épiques quasi-mythologiques. Cependant, l’être humain -surtout l’Arabe- a singulièrement besoin d’un présent plus serein et d’un futur tangiblement radieux. Est-ce le cas en ce qui nous concerne? Non. Le monde arabe est à genoux. Que dis-je? À plat ventre serait plus juste.

    Savez-vous, par exemple, que chacune des langues des pays scandinaves (suédois, danois, norvégien, finnois) publie autant que la vingtaine de pays arabes réunis ou qu’un Québécois francophone publie proportionnellement 30 fois plus de volumes qu’un arabophone [1]? Que la Grèce traduit cinq fois plus de livres que tous les pays arabes réunis ou que dans le monde arabe l’analphabétisme atteint 50% des femmes? Que les pays arabes ont les niveaux de financement de la recherche les plus faibles au monde [2]?

    Au « désert culturel » [3] s’ajoute un désert économique, politique et social. Un désert aride qui fait fuir aussi bien les lettrés via les visas d’immigration que les simples citoyens via de frêles barques, vidant ainsi les pays arabes de leur substance vitale: l’Homme.

    À l’exil géographique s’ajoute, de surcroît, un exil identitaire. Ainsi, bon nombre d’immigrants arabes musulmans donnent des prénoms chrétiens occidentaux à leurs enfants comme si l’appartenance à la Nation Arabe était une maladie qu’il fallait honteusement cacher. « C’est pour mieux les intégrer dans la société d’accueil », semble-t-il (sic).

    Même les Arabes chrétiens vivant en Occident, s’acharnent pour prénommer leur progéniture avec des noms typiquement occidentaux. Je me rappelle ma stupeur lorsqu’un de mes élèves, syrien chrétien, m’a demandé s’il m’était possible de l’appeler Joseph au lieu Youssef, son réel prénom comme si le seul fait de s’affranchir de la « tare arabe » audible à la prononciation de son prénom le rendait heureux. Quand on pense que les Arabes chrétiens ont été historiquement les plus grands promoteurs de l’arabité!

    L’exemple le plus flagrant de cette aversion de la notion d’arabité m’a été donné à plusieurs reprises par certains citoyens algériens d’origine berbère. En se présentant aux Québécois, ils se disent Algériens, mais ajoutent toujours, à brûle-pourpoint, « mais pas arabe, berbère! ». Ils se sentent l’obligation de faire cette précision comme s’ils allaient en tirer un profit quelconque, un statut plus enviable que celui d’un Algérien «arabe». Un Québécois ne lui dira jamais son origine française, irlandaise ou autre. Quelle qu’elle soit, il est fier d’appartenir à sa nation et à sa culture québécoises actuelles.

    Pourtant, les Berbères et les Arabes ont vécu ensemble, au Maghreb, des siècles avant même que Jacques Cartier n’accoste sur les rives du Saint-Laurent.

    On peut aussi citer le cas de ce jeune étudiant de prénom arabe, qui, à la fin d’un show estudiantin a tenu à « clarifier » qu’il était iranien et non arabe; de ce jeune adolescent turc qui a demandé qu’on l’appelle Alexandre au lieu d’Iskander; de ces jeunes libanais chrétiens qui se disent phéniciens et non arabes… Les exemples de cette volonté d’affranchissement maladive de la notion d’arabité sont nombreux et révélateurs d’une inimitié profonde. Cette situation est d’autant plus déplorable qu’elle touche de jeunes étudiants, qui, naturellement, sont plus ouverts aux autres cultures et ne s’évertuent pas à gommer des pans de leur histoire.

    On est loin du temps où l’arabe était la langue du savoir et où les chrétiens et les juifs se donnaient des noms arabes. Citons, à ce titre, quelques exemples. Surnommé « maître des traducteurs de l’Islam » Hunayn ibn Ishaq (809-873) était médecin et scientifique arabe chrétien important, surtout connu pour avoir traduit des ouvrages grecs en arabe. L’évêque Johannès de Cordoue s’appelait aussi Asbag Ibn Abdallah [4]. Les mozarabes, chrétiens ayant conservé leur religion sous la domination musulmane en Andalousie, parlaient l’arabe et beaucoup adoptèrent des noms et des coutumes arabo-musulmans. Leur liturgie était dite en arabe et leurs femmes avaient l’habitude de sortir voilées [5]. Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250), roi de Sicile, de Germanie, de Jérusalem et empereur du Saint Empire était un fin connaisseur de la langue et de la culture arabe [6]. Il avait été éduqué par un juge musulman de Palerme et aimait s’habiller à l’orientale. Il fut excommunié pour, entre autres, son admiration de la civilisation arabo-musulmane [7]. Des croisés célèbres comme Renaud de Châtillon ou Baudouin d’Ibelin ont appris l’arabe et adoptèrent les habitudes de vie orientales [8]. Dans l’Espagne musulmane, des philosophes de confession juive comme Yehuda Halevy ou Maïmonide écrivaient en arabe. Ce dernier était connu sous le nom de Mussa bin Maimun ibn Abdallah al-Kurtubi al-Israili [9]. Avenzoar (1091-1162), le célèbre philosophe et médecin juif andalous (un des maîtres d’Ibn Rochd) se nommait : Abu Merwan Abd Al-Malik ibn-Zuhr [10].

    Faut-il aussi rappeler que le célèbre scientifique Ibn Sina (Avicennes) était ouzbek? Que l’illustre médecin Al Razi (Rhases) était iranien ? Ou que le mathématicien Thabit Ibn Qurra (Thebit) était turc?

    Cette conception de l’arabité comme synonyme de décadence et de médiocrité n’est pas un phénomène récent. Il n’y a qu’à se rappeler les « réformes occidentalisantes » de Mustafa Kemal Atatürk qui remplaça l’alphabet arabe par l’alphabet latin. Le « père des Turcs » ne saura malheureusement jamais que, 69 ans après son décès, l’occidentalisation de la Turquie et son adhésion à l’Union Européenne ne sont, plus que jamais, que des chimères.

    Un second exemple nous parvient de Malte dont la langue, à forte consonance arabe, ressemble étrangement à l’arabe dialectal maghrébin. En maltais, le poulet se dit «fellus», la pastèque « dulliegha », l’eau « ilma » et le marché « is-suq ». De 1860 à 1940, la scène politique maltaise a été dominée par un farouche débat linguistique. L’origine arabe du maltais posait problème à ce peuple catholique. Elle était fortement associée à la religion musulmane ce qui était inacceptable pour les élites qui préférait l’utilisation de l’italien. L’invention d’une origine phénicienne à cette langue a été un argument prôné par les partisans de l’adoption du maltais comme langue nationale. Cela était plus acceptable que «l’odieuse» origine arabe.

    Finalement, le maltais et l’anglais ont été adoptés comme langues nationales de l’île. Comme le turc, le maltais s’est conçu un alphabet latin adéquat. Ce débat centenaire n’est, de nos jours, pas encore clos car bon nombre de citoyens continuent de souhaiter l’abandon du maltais au profit de l’anglais : cela ferait d’eux des européens et non des orientaux [11].

    Ce n’est malheureusement pas en optant pour un prénom chrétien occidental que l’on s’intègre dans une société d’accueil ou en effaçant à tout prix, de la mémoire collective, une appartenance culturelle à l’arabité. C’est plutôt en montrant, en tant qu’être humain, notre capacité à jouer un rôle actif, positif et concret dans cette société que l’acceptation sera effective.

    En ce qui me concerne, ma fierté d’être algérien, arabe et musulman n’a d’égale que celle de la non négligeable proportion de sang berbère qui, comme tous les Algériens, coule probablement dans mes veines.

    Le soleil d’Allah brille sur l’Occident écrivait Sigrid Hunke [12]. Faudrait-il qu’il brille d’abord dans nos cœurs.

    *Docteur en physique Montréal (Canada)

    Références :

    1. Trésor de la langue française au Québec. (Page consultée le 12 juin 2007). L’expansion des langues, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/Langue…_expansion.htm

    2. Rapport arabe sur le développement humain 2002. « Créer des opportunités pour les générations futures ». Programme des Nations Unies pour le Développement.

    3. Expression utilisée par Abdelwahab Meddeb dans « La période la plus noire de l’histoire des Arabes », L’Histoire, N° 272, janvier 2003, p. 76-77.

    4. Institut du Monde Arabe. (Page consultée le 11 juin 2007). L’apport des arabes à la civilisation, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.imarabe.org/portail/monde…e/docs/45.html

    5. Wikipedia. (Page consultée le 12 juin 2007). Les mozarabes, [En Ligne]. Adresse URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Mozarabe

    6. Français et Monde Arabe. (Page consultée le 12 juin 2007). L’Orient dans mon assiette ou le dialogue des cultures, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.francais-mondearabe.net/spip.php?article568

    7. Hadj Habib Hireche. 2007. « Rapport entre foi et raison dans les traditions chrétienne et islamique (2ème partie)». Le Quotidien d’Oran, 11 juin, p. 8.

    8. Marie-Adelaïde Nielen. (Page consultée le 12 juin 2007). Ensemble_mais chacun chez soi, [En Ligne]. Adresse URL: http://nonnobisdominenonnobissednomi…iam.unblog.fr/
    2007/05/10/ensemble…mais chacun chez soi/

    9. Wikipedia. (Page consultée le 12 juin 2007). Maïmonide, [En Ligne]. Adresse URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Maïmonide

    10. Medarus. (Page consultée le 13 juin 2007). Avenzoar, [En Ligne]. Adresse URL: http://www.medarus.org/Medecins/Mede…/avenzoar.html

    11. Wikipedia. (Page consultée le 13 juin 2007). Maltais, [En Ligne]. Adresse URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Maltais

    12. Hunke, Sigrid. Le soleil d’Allah brille sur l’occident : notre héritage arabe, Paris, Albin Michel, 1963, 414 p.




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  • Mohand Tahar
    10 janvier 2010 at 22 h 16 min - Reply

    Les «Lumières» d’Addi .

    A propos de Mr D.Labidi, Mr Louhouari Addi écrit :

    «…..mais il oublie l’essentiel : dans les Ecoles Normales françaises, ce n’était pas Saint Augustin et Saint Thomas d’Aquin qui étaient enseignés, mais plutôt Descartes, Montesquieu, Rousseau… Ce qui a porté atteinte à la langue arabe, c’est le contenu qu’elle véhicule. La langue arabe, par sa beauté, est un patrimoine de l’humanité et les Algériens y sont attachés. Ils seront encore plus attachés à elle lorsqu’elle offrira à la jeunesse étudiante la pensée de Hobbes, Kant, Foucault, Geert… Les Algériens font partie de l’Humanité et leur élite a besoin de débattre des idées des plus grands penseurs de la modernité.Avec la langue arabe seule,ce n’est pas possible de mener une telle réflexion.A qui la faute? »
    ———————————————-
    Certainement pas la faute à Voltaire, ni à Rousseau d’ailleurs. Plus sérieusement.
    Je trouve que Mr Addi est quelque peu «sévère» de nous présenter Mr D.Labidi comme un «ignorant» ou,à tout le moins,désireux «feindre» ne pas connaître l’histoire de la IIIème République laïque et la loi de 1881 puis celle de 1904 (1).Non,il n’oublie rien et il a bien raison: c’est la fameuse loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat :
    ‘ les religieux n’ont plus de prise sur l’instruction et n’accèdent plus à l’école laïque,le catéchisme n’est plus enseigné, le crucifix disparaît de l’école et les très nombreux enseignants congrégationnistes qui enseignent dans le public doivent y être remplacés dans les 5 ans. C’est pour cela qu’un grand effort de formation des instituteurs est organisé dans des Écoles normales primaires dont les enseignants sont eux-mêmes formés dans les Écoles normales supérieures à Saint-Cloud et Fontenay’.
    (http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_séparation_des_Églises_et_de_l'État#)

    Exit donc,tous les Saints de la planète,fussent-ils Saint Augustin ou Saint Thomas d’Aquin.Dehors,la «soutane»! « Écrasons l’infâme » comme dirait Voltaire.

    Mais, continuons donc à mettre l’accent sur le passage ci-dessus mentionné.Que lit-on ? :

    «Ce qui a porté atteinte à la langue arabe, c’est le contenu qu’elle véhicule».

    Diable ! Quelle est donc cette «nuisance» dont il nous parle?! Quelle en est donc la cause principale? Il ne nous en dira pas plus.Il n’en souffle mot.Mais, par une pirouette langagière, il nous en indique «le remède» pour enrayer cet étrange et dangereux phénomène.Mr L.Addi,de bonne grâce et
    condescendant,nous éclaire de ses «Lumières» et de celles des «plus grands penseurs de l’humanité».Ces célèbres philosophes rationalistes, métaphysiciens, qui nous «guideraient » et nous «sauveraient»,pauvres brebis égarées que nous sommes,«pour bien conduire notre raison et chercher la Vérité dans les sciences».Leurs sources politiques nombreuses se construisent en critiquant et en s’inspirant de Lucrèce, de Hobbes, de Locke, des théoriciens du droit naturel.

    Le droit naturel. Les premières formulations du concept de droit naturel viennent de l’école de Salamanque, et ont ensuite été reprises et reformulées par les théoriciens du contrat social (Hobbes, Locke, Rousseau).
    Au sens large, le droit naturel désigne toute recherche objective de normes de droit en fonction des SEULES caractéristiques propres à l’être humain,indépendamment des conceptions du droit déjà en vigueur dans les sociétés humaines.
    Et,il est utile de préciser que, Rousseau, Montesquieu,Kant pour ne nommer qu’eux,font partie des plus illustres philosophes du siècle des «Lumières».Bref,le matérialisme athée précurseur des idéologies de la théorie des «droits de l’homme»SANS DIEU,du Libéralisme et du Communisme.

    Pour conclure pour cette fois-ci,cette stupéfiante profession de foi,qui nous éclaire et nous montre la disgrâce dans laquelle traine la langue arabe,ce péremptoire «intellectuel» occidentisé et donneur de leçons :

    «Avec la langue arabe seule, ce n’est pas possible de mener une telle réflexion. A qui la faute ?»

    Ah !, vraiment !

     » Quand on se rend compte de toute l’étendue des domaines que les Arabes embrassèrent dans leurs expérimentations scientifiques, leurs pensées et leurs écrits, on voit que, sans les Arabes, la science et la philosophie européennes ne se seraient pas développées à l’époque comme elles l’ont fait. Les Arabes ne se contentèrent pas de transmettre simplement la pensée grecque. Ils en furent les authentiques continuateurs. Lorsque vers 1100, les Européens s’intéressèrent à la science et à la philosophie de leurs ennemis sarrasins, ces
    disciplines avaient atteint leur apogée. Les Européens durent apprendre tout ce qu’on pouvait alors apprendre, avant de pouvoir à leur tour progresser eux-mêmes.  » ( Montgomery Watt, universitaire, spécialiste de l’Islam).

    Sans commentaires.
    —————–
    Notes :
    (1) Les congrégations religieuses interdites d’enseigner.
    7 juillet Le Président du Conseil Emile Combes fait adopter une loi interdisant à toutes les congrégations religieuses d’enseigner. Près de 2500 établissements religieux sont contraints de fermer.
    ((http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_séparation_des_Églises_et_de_l'État#)




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  • Adel
    11 janvier 2010 at 9 h 12 min - Reply

    @Mohand Tahar

    Bonjour,

    Je crois que beaucoup de penseurs occidentaux et musulmans (formés en Occident, comme Mohammed Arkoun, par exemple) s’accordent à dire aujourd’hui que la Raison des Lumières a eu deux temps : le premier, dans lequel elle s’est déployée contre l’absolutisme (monarchie de droit divin, tyrannie, despotisme) et le second, dans lequel elle a justifié l’expansion colonialiste de l’Europe capitaliste. Dans la première phase, elle était en quelque sorte dans l’opposition et dans la seconde, elle était au pouvoir. Le marxisme a connu la même évolution.

    Dans le premier temps, les Lumières ayant à lutter contre les monarques de droit divin soutenus par l’Eglise chrétienne ont donc, par nécessité politique en quelque sorte, développé un discours anticlérical et antireligieux. Dans le second, ce discours s’est encore renforcé, contre l’islam notamment, accusé d’être responsable du retard des musulmans. On connaît tous la célèbre sentence des marxistes « la religion est l’opium des peuples ».

    On sait aujourd’hui que ce parti-pris idéologique des Lumières et du marxisme, qui en est l’héritier, est terriblement réducteur et qu’il est nécessaire de regarder les religions avec des lunettes un peu moins embuées. Cela ne signifie pas obligatoirement que tout l’édifice élaboré par les plus grands représentants des Lumières soit à jeter à la poubelle. Il y a un fait qui me semble difficile à ignorer : à ce jour, les sociétés de l’époque moderne n’ont pas encore trouvé un système politique meilleur que la démocratie parlementaire telle qu’elle est appliquée en Occident. On parle beaucoup de spécificité islamique mais je n’ai encore vu ni une théorie satisfaisante de cet État islamique moderne qui dépasserait la démocratie occidentale, tout en respectant nos valeurs, ni une application pratique réussie qui puisse nous servir d’exemple (Iran, Soudan). Tous les pays musulmans, sans exception, souffrent d’un déficit considérable en matière de démocratie, de respect des droits inaliénables de la personne humaine, etc.

    Vous citez Montgomery Watt à la fin de votre post. Je pense, quant à moi, que votre citation est une arme à double tranchant. Il me semble qu’on peut aussi l’interpréter comme une volonté de nous maintenir prisonniers d’une pensée qui, bien qu’ayant été brillante en son temps, n’a plus rien à voir avec le monde moderne. Le dernier grand penseur musulman est Ibn Khaldûn, mort en 1403. Que s’est-il passé dans le monde depuis 1403 ? Trop long à décrire.

    Cela ne signifie nullement que cette pensée arabo-musulmane classique soit à jeter à la poubelle, elle aussi. En tant que musulmans éclairés, notre devoir est de réussir une synthèse originale entre cette pensée et la pensée moderne. En d’autres termes, si nous voulons réussir le bond prodigieux qui doit nous ramener dans l’histoire et dans l’actualité autrement que sous la forme de bulletins d’information nous montrant des jeunes égarés qui font exploser des avions en plein vol, nous devons assimiler ce qu’il y a de mieux dans la pensée musulmane classique et dans la pensée des Lumières. Et, de ce point vue-là, je crois que Lahouari Addi n’a pas tout à fait tort.




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  • Adel
    11 janvier 2010 at 10 h 04 min - Reply

    Au sujet de « Grandeur et décadence de la notion d’arabité
    par Ahmed Bensaada* ( Quotidien d’Oran) » (voir le post de Rédaction ci-dessus)

    Je dirais pour reprendre le titre d’un article publié dans LQA: un constat juste, une analyse erronée.

    L’auteur de l’article constate des faits réels. Seulement, que nous dit-il à la fin de son papier ? Ceci : «Ce n’est malheureusement pas en optant pour un prénom chrétien occidental que l’on s’intègre dans une société d’accueil ou en effaçant à tout prix, de la mémoire collective, une appartenance culturelle à l’arabité. C’est plutôt en montrant, en tant qu’être humain, notre capacité à jouer un rôle actif, positif et concret dans cette société que l’acceptation sera effective.

    En ce qui me concerne, ma fierté d’être algérien, arabe et musulman n’a d’égale que celle de la non négligeable proportion de sang berbère qui, comme tous les Algériens, coule probablement dans mes veines. »

    En d’autres termes, il fait la morale à ces immigrants qui n’avaient qu’une seule idée en tête en quittant leurs pays arabes d’origines : se déprogrammer, effacer de leur mémoire toute trace du passé. Que lui répondront-ils (dans le langage parlé algérois) : « Ehkiha lerragdine » ou « Tab tab » ou encore « Debber `la rouhek ».

    Bien qu’ayant au début de son article dressé un tableau réaliste de la situation des pays arabes, il reproche ensuite aux gens qui partent de vouloir définitivement oublier cet univers kafkaïen qu’ils ont eu tant de mal à quitter et leur donne une leçon de morale. Remarquons qu’il parle d’intégration dans la société d’accueil. Il n’a pas la moindre pensée pour ceux qui sont restés « là-bas », derrière, au bled.

    C’est pourtant cette réalité amère qui doit être changée, si l’on veut que les Arabes soient à nouveau fiers de leur identité. Leur rappeler la gloire du temps jadis n’avancera à rien les centaines de millions de jeunes écrasés par la mal-vie, le chômage et le vide. Ce discours ne produit rien du tout et rencontre au mieux une indifférence exaspérée.

    Qu’ils se fassent appeler Joseph ou qu’ils se disent berbères : nous les acceptons comme Algériens. Tout ce que nous leur demandons, c’est de regarder la réalité en face ; d’apprendre à espérer et à réagir contre ceux qui veulent les maintenir dans la déprime ; d’apprendre la solidarité et de s’engager dans le combat quotidien contre l’oppression multiforme. C’est la seule façon pour eux, pour nous, de retrouver la dignité et la fierté perdues.




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  • liberté
    11 janvier 2010 at 10 h 48 min - Reply

    A propos de «La troisième mi-temps», de Djamel Labidi

    par Ahcène Amarouche *

    Le Quotidien d’Oran a publié samedi 2 janvier une contribution de Djamel Labidi sous le titre «La troisième mi-temps» où l’auteur se saisit des événements entourant le match Algérie-Egypte pour dénoncer les excès de certains journalistes francophones concernant la question de l’identité algérienne.

    L’auteur met en cause la presse francophone parce que, selon lui, elle débouche, «sur des attaques centrées sur la dimension arabo-islamique de l’identité algérienne et sur la langue arabe». Il accuse ces journalistes de verser dans ce qu’il appelle l’auto-racisme qui consiste à «se voir avec les yeux de l’autre». Selon lui ces journalistes, et à travers eux, comme on s’en rend compte à la lecture de l’article, l’élite francophone, continueraient de porter le complexe du colonisé. En en appelant à Frantz Fanon pour appuyer ses dires, il écrit: «l’aliénation coloniale a la vie dure». Nous voudrions lui porter ici la contradiction sur sa conception de l’identité algérienne et montrer qu’il est doublement victime de l’aliénation qu’il croit déceler chez ses concitoyens francophones.

    Amalgames, confusions et jugements de valeur Par quelle saugrenue association d’idées l’auteur fait-il le rapprochement entre les manifestations de l’identité algérienne à travers tout le pays à l’occasion du match Algérie-Egypte, que la presse francophone – et arabophone, ce qu’il omet bien inconsidérément de signaler-n’a fait que relayer, et le débat sur l’identité nationale lancée en France par Nicolas Sarkozy ? Il y aurait dans les deux cas, et par on ne sait quelle «ironie de l’histoire» (l’expression est de l’auteur), la même cause: l’islamophobie et l’arabophobie. Au vu de l’ampleur des manifestations suscitées par les outrages commis par les Egyptiens à l’encontre de l’équipe nationale de football (joueurs blessés par des jets de pierre) et contre les symboles de l’Algérie combattante (martyrs offensés) et de l’Algérie indépendante (drapeau brûlé), ce serait tous les Algériens qui feraient ainsi preuve d’islamophobie et d’arabophobie-plus que les Français de l’Hexagone chez qui l’auteur trouve des voix courageuses pour dénoncer ces phénomènes ! L’aliénation coloniale ne concernerait donc pas seulement les journalistes francophones. Contre ces derniers qui pratiqueraient le dénigrement de tout ce qui est arabe «sans éprouver le besoin de soumettre ce qu’ils disent au contrôle des faits», l’auteur se laisse aller à des accusations gratuites d’une gravité exceptionnelle, doublées de jugements de valeur où transparaît un mépris sans nom. A leur intention en effet, il rappelle le vieil adage: «Il n’y a que l’âne qui renie ses origines». Une ligne auparavant, il claironnait: «Je suis fier d’être arabe» sans référer d’aucune manière à l’identité algérienne dont il se veut être le Chevalier Servant, contre ces aliénés de la colonisation. Chacun comprendra que par cette formule il renvoie à l’être dans ses déterminations ethno-géographiques et sociales, non à la langue, qui n’est qu’un élément de l’identité d’un peuple.

    Peut-être aurait-il dû nous préciser tout de même, pour notre édification, de quelle tribu yéménite ou du Hedjaz il est le descendant ! Je dis cela parce qu’une thèse courante chez les tenants d’un arabisme à tous crins auxquels Djamel Labidi fait de toute évidence une allégeance éhontée, voudrait que les habitants d’Afrique du Nord viendraient de l’Arabie Heureuse: n’a-t-on pas entendu un jour un ancien président de la République algérienne saluer ses ancêtres yéménites à l’occasion de la visite du chef de l’Etat du Yémen dans notre pays ? Ne s’embarrassant pas plus que cela de considérants historiques ni des faits (dont il reproche pourtant au journaliste du Quotidien d’Oran incriminé de ne pas tenir compte), l’auteur énonce, en jouant sur la polysémie du terme arabe, que «si l’Algérie parle l’arabe, c’est qu’elle est quelque part arabe». Bien sûr, il récuse quelques lignes plus loin la vision ethnocentriste de l’identité qui confine au racisme-en se référant à cette fin au cas de la France. Mais la dimension linguistique suffirait-elle donc pour définir l’identité d’un peuple ? A supposer que ce soit le cas, peut-on ignorer superbement, comme le fait Djamel Labidi, l’autre dimension linguistique du peuple algérien-la dimension berbérophone qui, soit dit en passant, est bien antérieure à toutes les autres ? Car enfin quelle serait dans cette logique l’identité des Algériens qui ne parlent pas l’arabe ? Hormis ceux d’entre eux qu’il qualifie de francophones sans se donner la peine de resituer leur trajectoire dans le cours forcé de l’histoire pour les accuser sans nuance d’être des aliénés de la colonisation, l’auteur ne se pose pas la question au sujet des Algériens berbérophones qui peuplent plusieurs régions du pays depuis la nuit des temps-et qui ne connaissent de l’arabe que l’apport de cette langue à la leur, au terme de plusieurs siècles d’acculturation. Ceux-là aussi seraient-ils sous la subjugation de la colonisation ? Il serait vain de renvoyer l’auteur aux faits, qu’il connaît parfaitement au demeurant-notamment à ceux de la guerre de libération nationale qui a vu se soulever les masses arabophones et berbérophones dans tout le pays, à l’instigation et sous la conduite de personnalités éclairées des deux cultures, dont beaucoup ont payé de leur vie leur engagement pour la libération de l’Algérie du joug colonial. Sans doute l’auteur de cette contribution dira que je lui fais un mauvais procès car il n’incrimine pas les Algériens berbérophones mais seulement les francophones. La question ne se pose pas moins en creux dans son texte précisément parce qu’il ne prend pas la peine de la poser-ou plutôt parce qu’il évite de la poser. Quant aux Algériens francophones, Djamel Labidi sait bien, lui qui ne l’est pas moins qu’eux, qu’ils ne le sont qu’en tant que le français est leur langue de travail, non dans leur être ethno-social constitutif de leur identité nationale. Il en est de même des Algériens arabophones relativement à l’arabe classique- langue qu’il prend bien soin (et à raison) de dissocier de l’arabe parlé algérien mais pour glorifier l’une et vilipender l’autre.

    D’une aliénation à l’autre Puisque ce sont les francophones qui sont la cible de l’auteur, restons dans sa problématique et essayons d’y voir clair. Kateb Yacine (dont on ne peut mettre en cause le patriotisme exprimé dans une oeuvre aux dimensions universelles écrite en français) disait du français qu’il était un tribut de guerre. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi en effet en ces temps d’interpénétration des langues et des cultures imposée par la mondialisation ? Excepté peut-être dans les pays anglophones en raison de la domination planétaire de l’anglais comme langue de travail, la nécessité de maîtriser plusieurs langues s’impose à présent aux citoyens de tous les pays comme le passage obligé de la survie économique de leurs nations. En Europe, on se met à étudier le chinois pour contrer l’agressivité économique de la Chine sur son propre terrain. Les Chinois, comme les Coréens avant eux et les Japonais plus avant encore, se sont mis depuis longtemps à l’étude des langues européennes pour réunir les meilleures conditions du transfert des technologies dont ils ont acquis à présent une grande maîtrise dans tous les domaines. Partout l’étude des langues étrangères est à l’honneur et — chose nouvelle mais non moins importante — l’étude des langues régionales (dont certaines sont en passe de disparaître) trouve un regain d’intérêt dans tous les pays. On se rend compte que, tout comme la biodiversité est la condition de la pérennité de la vie, la diversité linguistique et culturelle est la condition de la revivification des nations. En Algérie, c’est l’inverse qui s’est produit depuis une trentaine d’années: la langue française qui nous était accessible et que même les moins instruits de nos parents comprenaient tant bien que mal, a été vouée aux gémonies puis abandonnée- y compris à l’école où elle n’est parfois pas enseignée. Sous la pression des tenants d’une arabisation intégrale de l’école, non seulement l’amour des langues s’est complètement émoussé, mais les facultés développées par les Algériens des générations antérieures pour leur apprentissage se sont évanouies. Il en a résulté ce que Djamel Labidi dénonce comme un sabir élevé au rang de langue vivante.

    Djamel Labidi sait pourtant, lui qui, francophone de formation, a été amené à écrire en français son article contre l’aliénation coloniale des francophones, combien la langue française a aidé les Algériens contre la colonisation à s’ouvrir sur le monde. Aurait-il d’ailleurs pu produire son article en arabe classique ? J’en doute, le connaissant, en dépit des efforts louables qu’il a fournis pour parler en cette langue. Mais pouvait-on en attendre moins de quelqu’un qui a été dans le staff de ceux qui ont décrété l’arabisation forcée des sciences sociales à la fin des années 1970 ? J’y reviendrai.

    Jouant donc sur l’ambivalence du terme «arabe» (comme langue et comme être ethno-social exprimant une identité irréductible à la dimension linguistique), l’auteur ne se rend même pas compte (à moins qu’il ne soit de mauvaise foi, ce dont je ne lui ferai pas l’injure de l’accuser) de l’énorme contradiction dans laquelle il s’englue en donnant des contre-exemples à l’appui de ses propres dires où la langue et l’être ne font pas un: après avoir affirmé que si l’Algérie parle l’arabe, c’est qu’elle est quelque part arabe, il prend en effet le contre-pied de son assertion en citant le cas des Brésiliens qui parlent le portugais sans être portugais, des Suisses qui parlent français, italien ou allemand sans être français, italiens ou allemands. Pourquoi donc les Algériens seraient-ils arabes parce qu’ils parlent l’arabe ? Question d’ordre principiel bien sûr, que je ne pose ici que pour montrer l’inanité logique du raisonnement de l’auteur.

    Sans doute un article (un seul) paru dans les colonnes du Quotidien d’Oran, lui a-t-il donné l’occasion de relever ici ou là des excès quant à la qualification de l’arabe comme langue de colonisation (il ne dit mot des articles parus en arabe dans le journal Echourouk par exemple où leurs auteurs ont mobilisé l’histoire antéislamique-donc antérieure à l’arrivée des Arabes – pour rappeler aux Egyptiens l’apport des habitants de l’Afrique du Nord à leur civilisation).

    Biaisant avec les faits, prenant des libertés avec les concepts, il tente d’imposer sa vision monolithique d’une Algérie arabe à laquelle les citoyens non arabophones de ce pays ne seraient pas partie prenante. Qu’est-ce qui l’autorise donc à traiter les francophones d’aliénés de la colonisation ? Que cherche-t-il à prouver par ses références récurrentes à l’histoire de France sinon qu’il reste au fond de lui-même un aliéné de la colonisation ? (Notez encore ici l’amalgame entre les concepts renvoyant à la langue-le latin en l’occurrence – et ceux renvoyant à l’être ethno-social – le gaulois en l’occurrence). Tout ce qui ressort de ce galimatias est une extraordinaire extension de sens du mot colonisation dont il veut tirer une conclusion bien arrangeante pour sa thèse: à savoir que l’Algérie n’a pas connu durant quatorze siècles (sic) de guerre contre le colonialisme arabe [entendez: celui-ci n’a donc pas existé]. Soit. Mais pourquoi donc serait-elle devenue arabe du seul fait qu’on y parle l’arabe alors que les Brésiliens qui parlent portugais ne sont pas devenus portugais et que les Suisses, qui parlent français, italien ou allemand ne sont pas devenus français, italiens ou allemands ? Ignorant superbement le cours de l’histoire universelle, l’auteur ne se rend pas compte de sa propre aliénation à des catégories cachées productrices du mythe de la Umma arabe unifiée par la langue arabe de la Mauritanie au Yémen (manière pour l’auteur de dire: voyez, l’identité que je défends n’est pas d’essence ethnique). Or, dans le monde contemporain (et le débat sur l’identité nationale qui a lieu présentement en France a au moins l’intérêt de le rappeler aux tenants d’un certain ethnocentrisme), l’identité est consubstantielle à la NATION comme creuset du vivre ensemble, comme mode d’existence d’un lien social en construction permanente qui transcende les déterminations ethniques et linguistiques, structure les activités humaines, les mentalités et les comportements. C’est cette identité-là – d’essence NATIONALE-qu’a révélée le match Algérie-Egypte chez les Algériens de toutes conditions, de toutes obédiences politiques, de tous référents culturels, de toutes pratiques linguistiques. Et c’est cette identité-là que Djamel Labidi s’évertue à nier, lui qui, parlant de ceux qu’ils qualifient d’aliénés de la colonisation, dit de l’aliénation qu’elle consiste à se regarder avec les yeux de l’autre. Lui se regarde avec les yeux d’un Arabe générique, n’existant que dans son esprit. Vous avez dit aliénation monsieur Labidi ?

    Poursuivant dans son entreprise négatrice de l’identité algérienne, l’auteur s’en prend à l’arabe parlé qu’il reproche à l’auteur de l’article incriminé de vouloir ériger en langue autonome de l’arabe classique. Passons sur ce qu’il dit de juste (mais sans s’interroger sur les causes du phénomène) concernant cette sorte de créole algérien fait d’un mélange d’arabe et de français qui a fini par s’imposer dans la communication de tous les jours (notamment entre les jeunes). Mais pourquoi donc l’arabe parlé traditionnel dont il dit (à tort au demeurant) qu’il est authentiquement de l’arabe (celui-ci comprenant en réalité un nombre impressionnant de mots berbères arabisés) ne serait-il pas digne d’être promu au rang de langue nationale à part entière ? Le pays s’en trouverait-il moins bien loti culturellement, scientifiquement et techniquement si, au lieu de tout miser sur l’enseignement de l’arabe classique (dont on doit évaluer au préalable la capacité à appréhender les catégories de la science et de la technique modernes), on avait favorisé aussi la promotion par l’école de l’arabe algérien et développé la recherche académique pour son accession au statut de langue écrite ? La même interrogation vaut évidemment aussi pour tamazight décidément vouée à s’imposer par le sang et les larmes aux tenants du régime, subjugués par la langue du Coran mais aussi peu instruits dans l’arabe classique qu’en français.

    J’entends par avance les cris d’orfraie de Djamel Labidi, un des artisans de l’arabisation forcée des sciences sociales à l’université, du temps où il était conseiller du ministre de l’Enseignement supérieur. Trente ans après que cette opération a été menée au mépris de tous les écueils objectifs, le fiasco est total. Il porte une part de la responsabilité écrasante de cet échec, lui qui, francophone de formation, aurait dû mesurer les difficultés de l’entreprise. Le résultat est que, fortement fragilisé par son arabisation totale qui avait eu lieu peu auparavant, l’enseignement primaire et secondaire a fourni à l’université des étudiants n’ayant pas même les pré-requis logiques de l’enseignement universitaire, par ailleurs dispensé au rabais à cause du nombre de plus en plus grand d’entrants et des facilités d’accès au statut d’enseignant universitaire dans ces filières. On sait ce qu’il est advenu de certains sortants du système éducatif ainsi formatés (y compris des universitaires qui se sont mis sous le commandement d’émirs incultes, anciens exclus de l’école): des fous de Dieu qui ont pris le maquis contre leur peuple et qui se sont rendus coupables de massacres inqualifiables de populations sans défense pendant près d’une décennie. Eux aussi se réclamaient d’une identité transcendante, d’étendue plus vaste il est vrai, puisque référant à une Umma islamique qui jure avec l’existence des Etats-nations modernes – et donc avec l’identité nationale en construction dans chaque pays.

    L’arabisation des sciences sociales a-t-elle eu d’autre effet que de généraliser l’idéologisation de la société ? Djamel Labidi, devenu enseignant-chercheur à l’université, connaît l’état de la production scientifique en sciences sociales dans notre pays. Il sait parfaitement que, sans la documentation en français qui d’ailleurs se raréfie dramatiquement sous l’effet de la politique délibérée de sa limitation, aucun étudiant en magister ou doctorant ne peut mener à bien le moindre travail de recherche dans notre pays. Les étudiants de graduation eux-mêmes, après avoir milité en force pour l’arabisation de l’université, ont à présent déchanté, confrontés qu’ils sont au marché du travail dont la loi est dictée par les puissances dominantes qui travaillent en anglais, en français, en espagnol et bientôt peut-être en chinois. Sait-il que de plus en plus nombreux sont les étudiants des sciences sociales (pour ne rien dire des étudiants d’autres disciplines) qui, pour se donner quelque chance de réussir, se mettent à étudier en accéléré le français et l’anglais dans les écoles privées, quitte à saigner leurs parents à cette fin? Au lieu de méditer la leçon de l’échec de l’université algérienne auquel il a contribué, Djamel Labidi cherche à culpabiliser ceux qui, en dépit de tous les maux que l’arabisation forcée a infligés à celle-ci, ont assumé avec conscience et professionnalisme leur part de responsabilité dans le maintien du lien social fondamental par l’exercice de leur métier d’informer (pour les journalistes francophones) et dans la transmission d’un savoir minimum (pour les enseignants universitaires francophones). Même l’Administration ne tient dans certains cas que grâce au personnel francophone encore en poste.

    Lahouari Addi a montré, dans sa réponse à Djamel Labidi parue ce jour (7 janvier) dans le Quotidien d’Oran, combien le discours de ce dernier sur l’arabité est biaisé, vide de sens historique parce que réifié. Pour cette raison même c’est un discours porteur de division car il procède par l’exclusive. L’aliénation ne consiste-t-elle pas aussi à être «sous le charme de catégories réifiées» ? Conclusion que Lahouari Addi tire, à l’adresse de Djamel Labidi, de la contribution de ce dernier. A l’auteur de cette malencontreuse contribution de méditer la leçon !

    * Universitaire

    Le Quotidien d’Oran du 11/01/2010

    Je propose à nos amis intervenants d’élever ce débat et éviter de poster des réponses sous des pseudonymes.
    Ce débat entre Le Professeur Lahouari,Djamel Labidi,lz journaliste Kamel Daoud et Ahcane Amarouche.Il faut que les internautes qui suivent cet échange sachent qui est qui.

    Avec mes remerciements à notre administrateur Djamel- Eddine pour la modération.

    Adm: Juste une petite précision: C’est Salah Eddine qui modère les commentaires, et qui, d’une manière générale, gère LQA. Fort bien, il faut le lui reconnaître.
    Cordialement
    DB




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  • Adel
    11 janvier 2010 at 11 h 21 min - Reply

    @Yacine

    Chacun de nous raisonne implicitement en fonction de ce qu’il considère comme prioritaire par rapport au combat que nous devons tous mener pour remettre notre pays sur les rails.

    Pour ma part, je suis arrivé à la conclusion que ce combat doit être multiforme, car les causes de notre échec en tant que Nation sont multiples ; elles sont partout : en chacun de nous, dans les idéologies qui dominent, dans la structure rentière de notre économie, dans la nature militaire du pouvoir, dans notre silence complice, dans la compromission des leaders de « l’opposition », etc. Nous ne pouvons pas isoler un aspect et nous attaquer à lui, car tous sont liés.

    Ma conviction est que nous ne pouvons réussir dans notre combat que si nous revenons vers le peuple, le petit peuple, celui des champs, des rues et des marchés. C’était cela la force du FIS et c’est aujourd’hui là que se trouve la faiblesse des « démocrates ». Il me semble difficile d’ignorer le lien étroit qui existe entre les faits suivants : le caractère despotique de tous les États arabes, le mépris que les gouvernants vouent aux populations, le discours orienté des médias, l’utilisation de langues que la majorité du peuple ne maîtrise pas (que ce soit la langue française, anglaise ou arabe classique), la faiblesse de la production intellectuelle, etc.

    Il est difficile également d’ignorer le fait que le panarabisme en tant qu’idéologie des pouvoirs en place depuis les années 50 n’a abouti à aucun résultat, qu’il soit d’ordre militaire, politique, économique, culturel, etc. Bien plus, à l’inverse de ce que prétend le discours officiel mensonger utilisé pour la propagande, c’est une américanisation à outrance qui est en cours.

    Soutenir le discours du panarabisme aujourd’hui c’est se placer objectivement du côté des oligarchies corrompues qui gouvernent les pays arabes et leur servir de caisse de résonance. Dans le cas de notre pays, la situation est faussée par le fait que les généraux au pouvoir et ceux qui les soutiennent soient vus comme des francophones ou francophiles. Ils ne sont rien du tout en fait. Ils sont « ventrophiles », si je puis me permettre l’expression, car être francophile et copier le Général de Gaulle, par exemple, aurait quelque retombées positives pour l’Algérie, car c’était un grand homme d’Etat qui œuvrait dans l’intérêt de son pays et de son peuple. Ceux qui nous gouvernent sont des médiocres et le fait qu’ils parlent mieux le français que l’arabe classique ne signifie rien du tout ou, du moins, cela signifie qu’ils sont incapables d’apprendre cette langue, comme ils sont incapables d’apprendre quoi que ce soit d’autre.




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  • Abdelkader DEHBI
    11 janvier 2010 at 11 h 46 min - Reply

    @—Adel – Vous écrivez : «  »En d’autres termes, si nous voulons réussir le bond prodigieux qui doit nous ramener dans l’histoire et dans l’actualité autrement que sous la forme de bulletins d’information nous montrant des jeunes égarés qui font exploser des avions en plein vol,….. » » — A votre place, je me garderais prudemment de prendre pour argent comptant, ce qui ressemble fort à une nouvelle manipulation criminelle – tout comme le 11 Septembre….




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  • Afif
    11 janvier 2010 at 13 h 19 min - Reply

    « Si nous étions dans un Etat respectable, on vous aurait déjà fait ravaler vos éructations racistes qui ressemblent fort à des provocations. De tels propos ne peuvent être tenus que par des provocateurs stipendiés, lâchement tapis derrière l’anonymat pour semer la haine entre algériens. » C’est ainsi que m’a apostrophé Mr Dehbi dans son dernier message. C’est incroyable, je tombe des nues, je suis raciste et je ne le savais pas. Merci pour l’information. Je vous informe par ailleurs que mon écrit n’est pas anonyme.
    N’oublions pas l’essentiel : j’ai dit que, comme la grande majorité des algériens, je ne suis pas un berbère de 2° classe comme le journaliste Kamel Daoud tente de le sussurer dans l’esprit des gens, et qu’en même temps, je fais partie de la grande Nation Arabe dans la stricte continuité de notre histoire séculaire et du Mouvement National, notamment du PPA, ce PPA qui symbolise la pure fraternité entre algériens à telle enseigne que les Chahids Ben Mhidi et Benabdelmalek Ramdane réfugiés dans notre région avant 1954 se sentaient dans leur propre famille. Si, comme vous dites, on était dans un état respectable, tous les dégâts que tout un chacun peut constater sur l’identité, les langues, l’arabisation, l’école, n’auraient pas existé. Il est aussi possible que je me suis mal exprimé par réaction contre les discours défaitistes et aliénés, vous avez semé le doute dans mon esprit. Sans rancune.




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  • Yacine
    11 janvier 2010 at 13 h 26 min - Reply

    @Adel

    Personne ne parle de panarabisme maintenant, ce que vont faire les Irakiens, les Libanais ou les Egyptiens ne me regardent pas. Il est illusoire de faire une construction de quelque nature que ce soit avec les dictatures, fut-elle très limitée régionalement comme le « grand Maghreb ». Le problème le plus crucial et le plus urgent est sans conteste, l’avènement des démocraties arabes avec son corollaire des droits de l’homme. Après cela, le processus de décantation politico-économique se déclenchera de lui-même. Mais faut-il encore t s’assurer qu’en cours de route l’essentiel de ce qui nous unit soit sauvegardé et qu’au bout de la route ne seront pas réduit en charpies auquel cas la démocratie ne pourra rien pour nous.

    Retournons au débat actuel.
    Il s’agit de notre langue arabe qui a été mise en lambeaux par le long processus de déracinement imposé par la France. Niez-vous ce fait ? Des enfants des victimes de ce processus, ayant pris cause et fait pour la culture des colons qui méprisaient les Arabo-Berbères et la langue arabe (le tamazight n’était pas logé à meilleure enseigne dans leur cœur), viennent aujourd’hui nous dire, toute honte bue, que ces lambeaux sont un vrai langage et une vraie identité dont il faut être fier. Sans se démonter, le moins du monde, par leurs multiples contradictions cocasses, ils assurent que le corps initial d’où sont issus pourtant ces lambeaux n’est qu’un idiome clandestin et étranger à notre identité et à notre culture.

    Le gars (Kamel Doaud) est très sérieux dans sa théorie sensationnelle, mais, manque de pot, il lui faut inventer des signes hiéroglyphiques pour mener à bien son projet de décolonisation horizontale sans bien sûr retourner à la colonisation verticale… Il doit se sentir malheureux, car il s’est mis dans un dilemme duquel il est impossible de sortir sans laisser de plumes. Dans son article il parle de son fils, je me demande comment il va faire pour apprendre le Coran à son fils (s’il est musulman) ; il ne veut ni de l’arabe classique ni de l’alphabet arabe, ni de l’alphabet francais. Il me rappelle les films dans lesquels des savant-fous, inventent une substance maléfique ou une machine infernale dont les effets se retournent contre eux et qui font beaucoup de dégâts autour d’eux.
    Encore de belles perspectives nous attendent avec des esprits éclairés…

    Amicalement.




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  • Mohand Tahar
    11 janvier 2010 at 15 h 01 min - Reply

    @ Adel.
    Vous écrivez:
    « On parle beaucoup de spécificité islamique mais je n’ai encore vu ni une théorie satisfaisante de cet État islamique moderne qui dépasserait la démocratie occidentale, ».
    ———————
    La démocratie occidentale est un leurre.
    Déni de démocratie- « Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » a vécu.Puisque les Français,eux-mêmes,le proclament haut et fort, écoutons les:
    Un ‘double coup d’État’.
    La constitutionnaliste Anne-Marie Le Pourhiet persiste et signe : « la relance par la voie parlementaire du processus constitutionnel européen malgré le « non » référendaire relève du double « coup d’Etat », à la fois formel et matériel ».

    Tribune de Anne-Marie Le Pourhiet,professeur de droit constitutionnel.Extraits:

    –« Dans l’article intitulé « Haute trahison »,que j’ai publié le 9 octobre 2007 sur le site http://www.marianne2.fr, j’ai qualifié de «coup d’Etat» le fait, pour le président de la République, de faire ratifier par voie parlementaire un «traité modificatif» en réalité identique à 90% au traité établissant une constitution pour l’Europe pourtant rejeté par les Français lors du référendum du 29 mai 2005. On m’a dit «Tu vas fort!» mais puisque Pierre Lefranc reprend le terme en appuyant,l’onction gaullienne m’est accordée,donc je persiste et je signe ».

    –« Or, de quoi s’agit-il dans notre affaire de traité «modificatif» européen sinon,précisément,de refuser ostensiblement de d’incliner devant le verdict des urnes rendu tout à fait régulièrement et massivement le 29 mai 2005 en vertu d’un référendum organisé dans le strict respect des formes constitutionnelles? »

    –« Mais il y a des principes supérieurs de notre texte constitutionnel dont cette règle découle implicitement : «La France est une république (…) démocratique. (…) Son principe est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.(…) La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Il va sans dire que les mandataires n’ont pas le droit moral de violer la volonté directement et clairement exprimée par les mandants. Le Conseil constitutionnel lui-même, en se déclarant incompétent pour contrôler les lois référendaires qui sont «l’expression directe de la souveraineté nationale» reconnaît que la loi référendaire est d’une essence supérieure à la loi parlementaire et que l’on ne peut les mettre sur le même plan ».
    Etc….etc.(continuer sur: http://www.observatoiredeleurope.com/Un-double-coup-d-Etat_a791.html)

    Qui de Boutéflika ou de Sarkozy a imité l’autre? A vous de juger.
    Par ailleurs, vous écrivez: »On parle beaucoup de spécificité islamique mais je n’ai encore vu ni une théorie satisfaisante de cet État islamique moderne qui dépasserait la démocratie occidentale, tout en respectant nos valeurs, ni une application pratique réussie qui puisse nous servir d’exemple (Iran, Soudan). Tous les pays musulmans, sans exception, souffrent d’un déficit considérable en matière de démocratie, de respect des droits inaliénables de la personne humaine, etc ».

    Dire cela,n’est pas conforme à la réalité.Vous occultez allègrement un fait politique
    majeur:l’existence depuis plus de trente années,d’une démocratie religieuse,celle de l’Iran de Khomeiny.Que cela plaise ou non,force est de reconnaitre que ce pays islamique émergent a réussi le tour de force de s’opposer,malgré une guerre fratricide de huit ans qui lui avait été imposé par son voisin et encouragée en sous-mains par le camp occidental et ses pays satellites arabes,de se dresser face aux puissances hégémoniques américano-atlanto-sionistes.En outre,le peuple iranien,dans son écrasante majorité,a clairement et démocratiquement exprimé son attachement au système politique islamique.
    Que cela provoque chez quelques-uns un « prurit islamophobe », est une autre affaire.

    Cher Adel,vous nous suggérez que: « En tant que musulmans éclairés, notre devoir est de réussir une synthèse originale entre cette pensée et la pensée moderne ».
    La « pensée moderne » est issue des « Lumières »,matrice des évènements et des écrits actuels et passés,précisons le encore une fois.C’est primordial.
    Or,cette idéologie matérialiste athée est,à l’évidence,à l’opposé de la pensée islamique basée, elle,sur les valeurs et les principes du Saint Coran et des Hadiths de Mohammad Messager de Dieu.
    Les ghettoîsés de Gaza,les Iraniens pour ne citer qu’eux,en paient le très,très lourd prix de vouloir vivre leur islamité.
    Si,à Dieu ne plaise,la IIIème guerre
    mondiale,qu’entonnent les va t’en guerre occidentaux,venait à éclater,elle aura pour vrai motif,le combat du religieux islamique contre les forces coalisées du matérialisme athée. C’est ainsi.

    Quant au reste de votre commentaire,Mr A.Dehbi vous a bien répondu et je n’ai rien à y ajouter.

    Cordialement.




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  • Afif
    11 janvier 2010 at 18 h 22 min - Reply

    A Mr Dehbi : je reprends ci-après un extrait de ce que vous m’avez reproché « Les algériens qui sont d’origine arabe, turque, noirs subsahariens, autres origines sont nos compatriotes mais ils ne doivent pas polluer le débat car ils ne représentent qu’une petite minorité. » En complément de ma précédente réponse, je crois utile de clarifier ma pensée en disant que, ce que je visais surtout c’est la minorité ethniquement arabe en lui disant que dans le chaud débat berbéro-berbère sur l’arabité du peuple algérien, les berbères sont plus qualifiés que la minorité arabe pour défendre l’arabité du peuple algérien. J’ai souvent remarqué dans ces débats que lorsque il y avait un berbère face à un algérien qui se dit arabe et non berbère, c’est le berbère qui prend l’avantage en lui balançant comme dernier argument « si tu es arabe, rentres chez toi ». A moi qui me revendique comme berbère d’origine, il ne peut pas me le dire, car je suis chez moi dans ma patrie ancestrale. Et quand je précise que nos minorités nationales sont une petite minorité dans l’océan berbère, je le pense vraiment car il n’est pas logique qu’un désert puisse peupler un quasi-continent qui s’étend de la Lybie à l’Océan Atlantique.




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  • jnsplu
    11 janvier 2010 at 20 h 17 min - Reply

    @afif.
    Je trouve votre raisonnement absurde, permettez moi de le dire aussi abruptement.

    Nous sommes en 2010 comme me le disait Adel et les codes de Nationalité de la planète entière, toute la planète je le redis, se fondent sur deux principes: Le droit du sol et le droit du sang,les deux principes se valent en ce que aucun pays ne remonte au maximum qu’au grand père et encore pas tous les états, pour établir la nationalité. Il suffit dans certains pays d’etre seulement né sur leur territoire pour en acquérir la nationalité, nos « concitoyens Français » vous le confirmeront.

    Et vous venez après 14 siècles de présence arabo-musulmane décreter qu’il y a deux races en Algérie, dont l’une à plus de droits que l’autre ? Sur quelle planète croyez vous etre ?




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  • Abdelkader DEHBI
    11 janvier 2010 at 20 h 25 min - Reply

    @—hamid qui écrit (en copie-collée) : — «  » »Ensuite, j’aimerai vous dire, à vous et à tous ceux qui pensent comme vous, que la langue arabe se trouve exactement à la même enseigne que la langue française : elles sont toutes les deux des langues étrangères à ce pays qui, si vous l’avez oublié, est un pays amazigh dont la langue a été « effacée » par ses conquérants successifs et l’absence d’une écriture qui constitue indéniablement le point faible de notre culture amazighe. » » »———————–
    — Affirmer que la langue arabe serait au même titre que la langue française, une langue « étrangère » en Algérie, c’est ignorer, ou feindre ignorer, que la langue amazighe – la langue amazighe originelle s’entend, pas le frankabyle de « tibbourtine » hérité de la colonisation – n’est en dernière analyse qu’une branche issue – comme sa grande sœur, l’Arabe – du fonds linguistique ante islamique commun, remontant à des millénaires, où elle se confond avec ses origines cananéenne, araméenne et phénicienne. En tout état de cause, ce n’est sûrement pas en adoptant ce genre de déni historique stupide, dont l’arrogance n’a d’égale que l’ignorance, que vous et ceux qui pensent comme vous, pourriez changer quoi que ce soit à la réalité. Avec beaucoup plus de moyens intellectuels et matériels, et un lourd héritage historique d’islamophobie et d’arabophobie, la colonisation française n’est pas parvenue à rompre l’unité du Peuple algérien et de la Nation algérienne. Ce ne seront donc pas les pitoyables gesticulations antinationales de quelques groupuscules à la solde de toutes sortes d’intérêts intérieurs ou extérieurs, tapis derrière le faux prétexte d’une « crise identitaire » créée de toutes pièces, qui y parviendront aujourd’hui, demain ou même après demain.
    P-S :— Voici pour votre documentation, ce qu’écrit le vénérable Cheikh Abderrahmane Djilali, qui vient de faire rééditer son « Histoire générale de l’Algérie »

    «  »ومـهـمـا يـكـن في الأمـر، فـاللـغـة الـفـنٌـيـقـيـة لـغـة سـامـيـة هـي أخـت الـعـربـيـة، وقـد أقـبـل عـلـيـهـا الـبـربـر لـما وجـدوا فـيـهـا مـن الـقـرب مـن لـغـتـهـم ومـن الارتـبـاط الـجـنـسـي الـكـنـعـانـي بـأهـلـهـا، وفـد زادت الـفـنٌـيـقـية هـذا الـوطـن تـأكـيـداً للـعـنـصـريـة الـسـامـيـة، تـمـهـيـداً للـعـروبـة والـعـربـيـة……. » » — ص83 – تاريخ الجزائر العام للشيخ عبدالرحمن الجيلالي – الطبعة الثامنة –




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  • benamina
    11 janvier 2010 at 20 h 41 min - Reply

    monsieur addi lahouari, pourquoi cette offensive tous azimut contre la langue arabe classique, sous prétexte que les peuples arabes parlent des dialectes différents? Est-ce que l’anglais parlé aux USA est en tous point identique à l’anglais parlé à Oxford? Qu’en est-il de l’argot(slang) de Londres ? Est-ce que l’anglais américain parlé à new york est en tous point identique à celui parlé sur la cote ouest des USA ? La même comparaison est à faire entre les différentes variations de l’anglais en Australie, en Nouvelle Zélande, au Canada, en Inde, au Pakistan, en Irlande, en Écosse, en Afrique du sud ? Idem pour le français parlé en France, en Belgique, en Suisse, au Québec (surtout), à la Martinique, en Guadeloupe ? Pourquoi ne devrions nous pas adopter (comme nous le faisons actuellement) l’arabe classique comme langue nationale, moyen de communication et dénominateur commun avec le monde arabe, langue de la diplomatie, de l’administration, l’éducation nationale et les média qui s’adressent à un public instruit ou transnational? Quitte à utiliser nos variantes de derjja dans les média locaux, nos productions nationales artistiques, théâtrales, littéraires, nos chansons, notre humour, pourquoi pas notre environnement physique( pancartes, panneaux, enseignes, publicité, information au public etc..).




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  • benamina
    11 janvier 2010 at 21 h 57 min - Reply

    monsieur afif arrêtez votre chauvinisme et votre lepenisme nous sommes tous chez nous ici en Algérie.c est a nous tous ce pays.il n y a pas d algériens de premier degré et algériens de deuxième degré.comme ça vous n êtes pas différents de ceux qui sont dans l autre bord et qui menacent de refouler ceux qui ne pensent pas comme eux.




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  • tara
    12 janvier 2010 at 0 h 28 min - Reply

    @Affif,
    Un Berbere ne dit a personne rentre chez toi. Un Berbere tend a dire a L’Algerien arabophone voici mes raisonnments pour te definir ou penser que tu es Berbere a part entierre. Au dela je te reconnais le droit absolu de t’identifier et te definir comme Arabe, L’Algerie est absolument ton pays.
    Votre commentaire est injustifiable…




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  • batni
    12 janvier 2010 at 1 h 22 min - Reply

    A l’occasion de Yennayer, je souhaite a mes concitoyens berberophones et arabophones mes voeux de santé, de prosperité. Que cette nouvelle année amazigh apporte a mon pays et a tous ses citoyens sérénité, paix et bonheur. Que la comprehension,la compassion et l’entraide regne parmi-nous.




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  • Mohand Tahar
    12 janvier 2010 at 1 h 33 min - Reply

    Quelle identité ?

    L’identité islamique est et reste une évidence, à tel point que l’appartenance à l’Islam est pratiquement équivalant à une définition sui generis de la nature humaine. On dit «musulman» pour désigner un homme. L’identité islamique se définit ainsi dans sa composante, comme conscience de soi-même en différenciation aux autres. Les traits caractéristiques qui servent à se désigner sont autant de distinctions plus ou moins spécifiques selon les lieux.

    Les Musulmans ont argué, pour justifier leur identité par rapport aux Chrétiens, aux Juifs, aux non-croyants, d’un serment d’allégeance à un Dieu Unique et à Lui seul,affirmation qui les engagent tant sur le plan spirituel que temporel. Leur engagement plein et entier se veut d’une solidarité effective et agissante entre les membres d’une même communauté de croyants, NE TENANT COMPTE, NI D’UN LIEU, NI DE LA COULEUR DE LA PEAU, NI DE LA LANGUE.
    Si l’on évoque de nouveau les Kabyles d’Algérie,il faudrait longuement commenter ce qu’ils doivent dans leur histoire aux relations avec l’Islam et les Musulmans. L’esprit de sacrifice au nom de Dieu, la fraternité et la communion en Islam,entre-autres,sont de cet ordre. Une communauté de destin,des épreuves historiques partagées,et un sentiment fort d’appartenance à des valeurs et des principes communs. Il ne sert à rien de le nier.
    On voit donc par les bavardages,gesticulations et autres aberrations,en quoi la notion d’identité ethnique porteuse de sacralité,parfois de mythes et de récits légendaires,peut paraître singulièrement fragile,dans ce qu’elle a d’autosuffisance et d’aveuglement destructeur.

    Il paraît évident que la crise identitaire actuelle, notamment parmi les peuples orientaux anciennement colonisés,provient de la perte de ce substrat historique,que le XIXe et XXe siècles dominés par le matérialisme athée,avaient tenté de redynamiser en prétendant substituer à l’Islam, les notions de progrès,d’humanité.

    Notons au passage que ceux qui réduisent la définition de l’identité culturelle et politique à l’ethnie et à la race, sont dépendants de structures mentales issues d’idéologies importées au XIXe et XXe siècle,
    Toute identité surévaluant les traits raciaux ou ethniques, non seulement repose sur un terrain miné, fragile et fantasmatique, mais a le tort de se limiter à une dimension horizontale (terrestre) niant la véritable union entre les hommes en Islam qui est verticale et transcendantale.

    Le monde qui nous est annoncé est un vaste supermarché dégradé,une entreprise mondialisée, technicisée,marchandisée,matérialiste,où l’Avoir, l’avidité matérialiste vont régner sans partage. Les spécificités liées à l’ethnie,au mode de vie,à la langue (dans la mesure où l’anglais veut être imposé sans partage) vont se dissoudre,au profit d’une médiocrité universelle nourrie de bassesse, de couardise devant la tragédie du monde, où le grotesque, le cynisme, l’intolérance, l’indifférenciation agressive et haineuse vont être les choses du monde les mieux partagées.
    A partir de cette donnée cauchemardesque, non seulement possible mais probable, la ligne de partage est toute tracée. D’une part les croyants en la fin des temps, au côté éphémère de toute chose, du jugement dernier ; de l’autre ceux qui se croient être une «élite dirigeante», une «aristocratie élitiste mondialiste», qui placent l’arrogance, le profit, la force stupide comme parangons de l’excellence ; d’un côté ceux qui pensent n’être que des créatures de Dieu, qui pensent qu’on ne se suffit pas à soi-même, qui croient en un au-delà et ceux qui ne font aucune distinction en le bas et le haut. Il nous faut réapprendre à penser en dehors de la case laïque.




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  • Afif
    12 janvier 2010 at 9 h 50 min - Reply

    A Benamina : « il n y a pas d algériens de premier degré et algériens de deuxième degré », à 100% d’accord avec vous, c’est Mr Kamel Daoud dans sa « décolonisation horizontale » absurde et provocatrice qui nous a entraîné sur ce terrain. De toute façon, j’ai bien dit « Les algériens qui sont d’origine arabe, turque, noirs subsahariens, autres origines sont nos compatriotes », je n’ai pas dit le contraire. J’ai insisté seulement sur le fait que, sur la question de l’arabité de l’Algérie berbère depuis la nuit des temps, ce sont les berbères les meilleurs défenseurs de l’arabité : par exemple, le frère et estimé Othmane Saadi qui est chaoui est plus habilité à défendre l’arabité qu’un algérien se prétendant arabe d’origine. De toute façon, tout le monde trouveront normal qu’un arabe défende l’arabité, il a moins de poids qu’un berbère qui défend l’arabité.
    A jnsplu : « Et vous venez après 14 siècles de présence arabo-musulmane décreter qu’il y a deux races en Algérie, dont l’une à plus de droits que l’autre ? Sur quelle planète croyez vous etre ? » Je n’ai jamais dit ce qui précède, c’est une horreur. Explication au 1er paragraphe adressé au frère Benamina.




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  • jnsplu
    12 janvier 2010 at 11 h 06 min - Reply

    @Mohand Tahar.

    Ton message dérangeant, ne va pas éveiller d’écho. On ne discute pas des allégations sensées reformuler la problématique qui se pose pour lui donner son vrai sens. Au plus simple ton message va donc etre ignoré, car aucune argumentation ne saurait en démanteler les fondements, je dois dire tès judicieux. Au pire tu va etre traité d’islamiste et de cette manière on empechera la diffision de ton message, subversif au plus haut point. Les empecheurs de tourner en rond, qui affirment la supprématie du divin sur le profane, qui affirment que l’ère de la prophétie et de l’après prophétie ne visent en fin de compte qu’a responsabiliser l’Homme vis à vis de ses frères humains et du milieu dans lequel il vit, ne sont plus de mise. L’Homme est devenu pluriel, on risque de me dire qu’il l’a toujours été, mais l’exploitation des ressources de la planète au dela de ses capacités viendra dans quelque temps le rappeler à l’ordre et lui signifier son unicité et son devoir de solidarité envers ses semblables sous peine de disparition. La, il comprendra que Dieu existe et en se soumettant à lui, il revienda à l’état de nature, il redeviendra musulman, la reviendra le messie appeler à l’Islam universel.

    Mais en attendant, la laicité, ce poison mortel pour tout ce qui est communautaire, mortel pour tout ce qui est spiritualité, agit en profondeur pour éroder les bases de toute croyance, sous prétexte qu’il libère l’Homme et le rend entièrement responsable de lui meme. En fait la laicité enferme l’Homme plutot qu’elle ne le libère dans un cadre narcissique individualiste qui l’éloigne de plus en plus de ses semblables et l’amène à se comporter comme s’il n’y avait que lui qui existe sur terre en empéchant l’impact social que ses semblables ont sur lui, elle tisse un cocon virtuel autour de sa personne qui fait qu’il ne se sent plus rattaché à personne.

    La société musulmane, basée sur la « hechma », le « Haya » est attaquée sur ce fondement meme, la société musulmane, basée sur la fraternité dans l’islam hors de toute considération ethnique est attaquee sur ce fondement meme etc…et le plus beau c’est que ceux qui commettent ces attaques viennent ensuite nous dire que l’islam est dans les coeurs, quels coeurs ? L’islam est une somme de valeurs sociales qui constituent une manière de vivre qui prone la soumission à Dieu et à lui seul et qui fait que chaque acte que nous accomplissons doit lui etre dédié et donc fait selon sa volonté supreme. Ce n’est pas parceque des hommes sont venus nous présenter un message souillé que nous devons considérer le message de l’islam comme souillé sauf si notre intention d’amalgamer le tout est manifeste. L’est elle ?

    Salutations.




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  • jnsplu
    12 janvier 2010 at 11 h 12 min - Reply

    @ Affif.

    « A moi qui me revendique comme berbère d’origine, il ne peut pas me le dire, car je suis chez moi dans ma patrie ancestrale. »

    Et les autres donc ? Ils ne sont pas dans leur patrie ancestrale ?




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  • jnsplu
    12 janvier 2010 at 11 h 17 min - Reply

    Et d’ailleurs après 14 siècles qui peut dire qui est arabe de qui est berbère ? Doit on tous passer un examen génétique de pureté du sang ? Quelle histoire !!! Ou penses tu que le simple fait de parler berbère suffit à nous distinguer les uns des autres ?




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  • l.leila
    12 janvier 2010 at 11 h 40 min - Reply

    Bonjour,

    @ batni: Merci et bonne année aux compatriotes.
    Que Yennayer, Rassl3am, ou Treiz – et peut être d’autres dénominations -, soit messager de sagesse et de fraternité pour tout le peuple algérien.
    Dans certaines régions de notre vaste pays, un dindon est affectueusement engraissé pour le 12 janvier. Le jour venu, le roi de la basse-cour est aussi gras et même méchant qu’un général de la junte militaire !
    Rechta,thridet-etajine, ftir, regag …, et friandises sont à l’honneur du festin du soir. Un repas délicieux à la traditionnelle !
    Bonne soirée




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  • Yacine
    12 janvier 2010 at 11 h 41 min - Reply

    A mes compatriotes qui s’interessent a l’histoire de la langue arabe en Algerie et le traitement que lui reserveait l’ordre colonial en Algerie, je leur recommande de lire un long, mais savoureux article d’un certain Mohamed Ariba, un autre francophone au coeur vivant, de la faculte de science d’Oran. Un des intelletuels scientifiques bien de chez nous. Un Bennabi encore mal connu peut-etre? Il a publie son long plaidoyer pour la langue arabe sur le quotidien d’Oran en 4 ou 5 articles au debut juillet 2009. Lisez un extrait:

     »
    Questionnements apparaissant comme d’autant plus légitimes que, compte tenu de pratiques courante référées à la vie quotidienne, l’impression dominante donne à penser que certains semblent à ce point allergiques quant à l’usage même de la langue arabe (comme langue tout court), allant jusqu’à ressentir quelque part comme un coupable sentiment de pudibonde honte ou gêne confuse simplement en la côtoyant de près ou en s’affichant nommément dans son registre déclaratif tout en se montrant éminemment volubiles en coltinant la syntaxe française? C’est dire, en pareil cas, à quel point nombreux sont encore ceux à rencontrer les plus grandes difficultés quant à entretenir un rapport serein, apaisé et surtout décomplexé avec cette langue, parce que tout bonnement ce rapport en soi est loin d’être établi, laissant ainsi supposer à quel point bien des relais s’activent à poursuivre à son endroit une insidieuse politique de cantonnement et à en maintenir la nature doublement ambivalente et ambigüe. C’est pourquoi l’on ne peut s’empêcher, dès lors, de conclure que faisant suite aux implacables et inexorables «affrontements culturels dans l’Algérie coloniale», tels que minutieusement décrits et analysés par Yvonne Turin, ont donc fini par succéder d’autres modalités, probablement plus subtiles mais n’en impliquant pas moins quasiment la même gamme d’enjeux collatéraux ou superposés entre les deux idiomes précités. En clair: le crédo «francophoniste», loin d’être une simple vue de l’esprit, renvoie en réalité à une âpre, inlassable et inavouable guerre de position aux fins substituées de s’assurer – sur le terrain- de nouveaux «pré-carrés» prêts à l’emploi au détriment d’une langue arabe visiblement toujours redoutée et, en conséquence, implacablement traquée, terrassée et combattue, en raison sans doute de l’ineffable charge/puissance symbolique qui lui reste indéfectiblement jamais rattachée et connotée à jamais. Il faut lire dans ce sens certains sites/blogs officiant outre-méditerranée pour comprendre à quel point tout est instrumentalisé pour parvenir aux résultats escomptés s’agissant d’une mise hors-jeu de la langue arabe tout en s’arrangeant, dans le même temps, à jouer une sérénade appuyée à l’adresse de la dulcinée saupoudrée d’éclectisme et élevée sous l’ombrelle latine de dame Marianne.

    Rappelons ici, pour ceux qui l’auraient probablement oublié, que la même politique de cantonnement fut appliquée à l’endroit de la langue arabe en Afrique de l’Ouest. Ainsi, en 1856 dans un rapport destiné au ministre des colonies dites alors françaises, le gouverneur désigné du Sénégal écrivit: «la volonté inébranlable des Noirs d’apprendre l’arabe est, pour nous, une catastrophe. Nous devons être très vigilants. Nous sommes tenus de combattre cette volonté et il est dans notre intérêt de leur faire apprendre la langue française». Faudrait-il rappeler en ce sens que la langue arabe, avant l’advenue de l’ouragan colonial, était largement répandue dans les domaines administratifs, politiques, judiciaires, économiques et culturels ?

    C’est d’ailleurs pourquoi, une fois l’administration coloniale installée dans des pays comme le Sénégal, la Guinée, le Mali, le Niger ou le Dahomey (actuel Bénin) , fut systématiquement pratiquée une politique de surveillance étroite des enseignants de la langue arabe pour préparer comme il se doit le lit de l’enracinement de la langue française dans les espaces considérés.

    Cependant, si ledit enracinement de la langue française a pu s’opérer en Afrique sur les décombres de nombre de langues locales, la langue arabe, dont les jours semblaient comptés, résista haut et fort en parvenant à sauvegarder son éclat et son maintien dans ces mêmes contrées et en symbolisant la résistance à outrance à l’indu occupant venu de l’hémisphère nord. Il convient de souligner que toute autre langue que l’arabe, confrontée au même blocus que celle-ci dut subir pendant la longue et oppressive nuit coloniale, aurait probablement finie par s’éteindre ou se diluer. Mais ce ne fut pas le cas pour la langue arabe qui saura puiser utilement dans ses inestimables ressources les voies et moyens pour se reconstruire, se pérenniser et se perpétuer.

    Hier, dans le tumulte de la guerre et les cliquetis des armes, la langue arabe se battait contre la terrible machine/machinerie coloniale; aujourd’hui, dans le vacarme des modes superfétatoires, elle mène un autre combat contre d’autres mouvances coalitisées menées contre elle sur plusieurs fronts à la fois pour tenter de la contenir et juguler. Pour tout dire, on en est encore dans la froide et insidieuse manipulation de ficelles par le truchement de relais multiples et polyvalents, qui, manifestement, veulent dicter le tempo et déterminer à leur guise non seulement les axes d’action sur le plan linguistique tout particulièrement mais aussi les lignes culturelles de notre devenir. En un certain sens, il est alors permis de déduire que l’atmosphère oppressante, perturbante et stressante (perpétuellement et délibérément) maintenues autour de cette langue, s’inscrit bel et bien dans une volonté de harcèlement à visée foncièrement déstabilisatrice. Ainsi, après avoir miraculeusement survécu aux aléas imposés par la sinistre colonisation, la langue arabe doit-elle aujourd’hui surmonter les humeurs de ceux qui rechignent encore à en faire une langue d’enseignement et de transmission de savoirs. En l’occurrence, et eu égard à tout ce qu’elle a subi et enduré suite au blocus colonial, n’est-elle pas redevable d’une légitime réparation et juste restauration pour la repositionner dans son contexte initial ?
     »

    Oui, pourquoi reagit-on a Kamel Daoud mais pas a des gens comme Mahmoud Ariba? Trouve-t-on sur les grands medias francais, des organes de presse qui cassent la langue francaise et sement la chienlit en France? Pourtant des rvendications linguistique regionales, elle en a la France. Qui veut encore affaiblir l’Algerie. Les francais, sont-ils moins democrates que nous ou plus intelligents…? A qui la faute?




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  • Yacine
    12 janvier 2010 at 12 h 25 min - Reply

    @batni

    Moi aussi je vous souhaite une bonne année amazighe. Mon père a toujours fêté le « nayer » à la maison, mais petit, je ne savais pas qu’il avait un rapport avec nos ancêtres berbères. C’est une fête qui devrait être sacrée journée nationale pour saluer notre longue histoire qui va au-delà de l’arrivée de l’Islam. Par cette journée on devrait marquer l’origine berbère de toute l’Algérie sans aucun complexe. Je crois qu’avec la triple identité de berbérité, l’Islam et l’arabe, l’Algérie trouvera son équilibre et sa force pour se construire solidement inchallah.




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  • Abdelkader DEHBI
    12 janvier 2010 at 14 h 31 min - Reply

    Je salue M. Mohand Tahar en le remerciant vivement pour cette brillante remise à plat – et c’est bien le cas de le dire – de ce concept fumeux d’ « identité » que les ennemis de l’Islam cherchent à inoculer, tel un poison violent, un virus mortel, dans le corps de toutes nos sociétés musulmanes à travers le monde, de l’Asie à l’Afrique du Nord, en passant par le Proche et Moyen-Orient.
    Une fois de plus, notre pays semble connaître une nouvelle période d’incubation extrêmement agitée, du fait de ce maudit virus de l’identitarisme qui vient de se déclencher – d’être déclenché, serait plus juste – à la faveur de la crise footballistique entre l’Algérie et l’Egypte. Une crise honteusement instrumentalisée.
    D’une part, par les deux régimes illégitimes, celui d’Alger comme celui du Caire, qui en ont fait respectivement chacun, un terrain de surenchère patriotique, quand chacun sait que la dynastie corrompue des Bouteflika n’a rien à envier à la dynastie pourrie des Moubarak, en fait de félonie et de trahisons, à l’égard de leurs propres peuples.
    D’autre part, par les lobbies intérieurs et extérieurs et autres chapelles de l’islamophobie et de l’arabophobie : laïco-maçons, berbéristes évangélisés et provocateurs de tout poil, tapis dans les méandres des partis politiques dits d’opposition, des pseudo-associations ou autres « Mouvements » tels que le MAK
    Car, comment expliquer sinon, cette irruption – éruption serait le mot – brusque et hors saison de l’arlésienne du berbérisme ? Et cela, au moment-même où l’émigration algérienne en France – à la faveur de leur fièvre identitaire, tiens ! quelle coïncidence ! – subit quotidiennement les vexations de ce racisme islamophobe et arabophobe qui fleurit aujourd’hui, plus en France qu’en Europe, du fait-même que, en dépit de ses origines de juif magyare, issu de l’immigration, c’est le premier des français, M. Sarkozy qui a donné le signe de cet halali au faciès, avec son tristement célèbre « nettoyage au karcher » récemment repris avec « soumission » par la ci-devant sous-ministre, celle-là même qui se disait « ni pute ni soumise ».
    Mais je reviens au Commentaire proprement-dit, de M. Mohand Tahar quand il dit en particulier :
    «  »Notons au passage que ceux qui réduisent la définition de l’identité culturelle et politique à l’ethnie et à la race, sont dépendants de structures mentales issues d’idéologies importées au XIXe et XXe siècle. Toute identité surévaluant les traits raciaux ou ethniques, non seulement repose sur un terrain miné, fragile et fantasmatique, mais a le tort de se limiter à une dimension horizontale (terrestre) niant la véritable union entre les hommes en Islam qui est verticale et transcendantale. «  »
    Pour dire combien il a raison d’avoir cette perception élevée des choses, perception quasi eschatologique de ce pauvre monde à l’agonie, tant au plan spirituel qu’au plan moral, tant au plan économique qu’au plan écologique. Un monde où surgissent ici et là – dans les sociétés dites avancées comme dans le Tiers ou Quart monde – tels de véritables précurseurs de l’Antéchrist, des aventuriers et des imposteurs, s’intitulant « dirigeants politiques », flanqués de leurs gourous idéologiques et des fondés de pouvoir du monde de l’argent et des industries de la mort, rappelant par une singulière homothétie, les Pharaon, les Amon et autres Caron de l’Histoire.
    C’est à ce niveau supérieur que le Coran a placé l’Homme, en le classifiant en deux catégories essentielles : l’Homme qui craint Dieu et l’Homme qui ne Le craint pas:

    «  »إن أكـرمـكـم عـنـد الله أثـقـاكـم » »




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  • Mohand Tahar
    12 janvier 2010 at 16 h 26 min - Reply

    Mon message « dérangeant » et « subversif au plus haut point » !.
    Eh,bien!,soit! Que cela dérange les thuriféraires de la « doxa » anti-islamique, nos « intellectuels » serves de la pensée unique utilisée dans le monde politico-médiatique n’est pas pour me déplaire. En revanche, dire que le commentaire est d’ordre « subversif au plus haut point » a de quoi surprendre plus d’un!!! En effet,de quelle menace d’un quelconque « ordre établi » serait-il accusé? Non,vraiment,tout cela me semble bien excessif et nos timorés de coreligionnaires qui se taisent et laissent faire nos détracteurs enragés,ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

    Dans la même démarche, »dérangeante » et « subvesive au plus haut point », j’ai le plaisir de partager avec vous cet excellente analyse de Youssef Girard (un autre élément « subversif »,sans doute!)sur « la résistance populaire et l’identité islamique ». Remarquable.Le voici:
    Extraits:
    –La guerre d’octobre 1973 marque un basculement fondamental dans la résistance à la colonisation sioniste. Pour la première fois des armées arabes parvinrent à tenir tête à l’ennemi sioniste qui fut contraint de reculer.

    –Toutefois, si la guerre d’octobre 1973 vit un rééquilibrage des forces en faveur des armés arabes, elle fut aussi la dernière guerre conventionnelle entre une armée arabe et l’Entité sioniste. Après la guerre, Anouar as-Sadate déclara ouvertement : « cette guerre est la dernière.»

    –Face à la forfaiture de leurs dirigeants, les peuples arabes répondirent comme ceux qui étaient convaincus de rencontrer leur Créateur parmi les hommes de David : «Combien de fois une troupe peu nombreuse a,par la grâce d’Allah,vaincu une troupe très nombreuse.»

    –Deuxièmement,après le départ de la direction de l’OLP du Liban,la « moumana’a »(1) arabe vit l’émergence d’organisations ayant l’Islam comme référence centrale. Le Hezbollah fut créé en 1982 et pris rapidement la tête de la résistance à l’occupation sioniste au Liban alors qu’en Palestine une nouvelle organisation de résistance émergeait en 1981, le Jihad Islamique fondé par Fathi Chakaki, un nationaliste arabe passé à l’islam politique révolutionnaire. Mais cette évolution de la moumana’a arabe était portée en germe par les modalités d’actions propres à la guerre populaire.

    –Cette conception de la résistance populaire amena nombre de acteurs à repenser les rapports de la «moumana’a» arabe à la culture et à la civilisation arabo-islamique avant l’émergence d’organisations ayant l’islam comme référence centrale.En 1973, Monah as-Solh écrivait :

    « quand les masses arabes parlent de leur islamité et ce, quand elles parlent d’une situation politique ou civilisationnelle, elles veulent le plus souvent souligner qu’elle refusent la vassalité à l’égard de l’Occident, entendant souligner ainsi qu’elles se sentent faire partie d’un tout historique et géographique, détenteur d’un héritage, de valeurs, de racines. […] Parfois même, en proclamant leur islamité, les masses populaires entendent signaler leur attachement positif à cette dimension, signifiant aux intellectuels, aux occidentalisés, aux pseudo avant-gardes : « J’appartiens à un monde et vous appartenez à un autre monde ;et nous sommes différents de vous».

    Il ajoutait :

    « L’attitude de l’intellectuel progressiste arabe consiste toujours à redouter de reconnaître cette unité profonde qui unit ces deux contenus [islamité et arabisme], en apparence vu son attachement à la pureté révolutionnaire et à l’entière rectitude idéelle, mais, en réalité, étant donné qu’il redoute, s’il venait à cet aveu, de donner au mouvement de libération arabe la densité et l’efficacité qui ferait de lui [une force], allant bien au-delà de l’engagement, du sacrifice, de l’esprit combatif qu’il est prêts à prodiguer. […] lui-même, en réalité, n’est pas encore devenu arabe au degré d’arabité vécue par les masses et que son arabité n’est pas haussé au niveau de l’islamité des masses.»

    Ces militants commencèrent à étudier l’héritage islamique afin d’être en phase avec les milieux populaires au sein desquels ils développaient leurs activités. Dirigeant des Brigades étudiantes du Fatah, Mounir Chafiq expliquait :

    « la ligne de masse, ça m’a aidé à redécouvrir une culture et un fond civilisationnel historique, l’islam. Et je crois que la ligne de masse, d’écouter les masses, de ne pas les mépriser dans leurs sentiments et leurs vécus, c’était très important. »

    Partis du marxisme, dans sa version tiers-mondiste, ces militants révisèrent leur conception idéologique du fait de leur pratique militante.

    Ces discussions sur les fondements idéologiques de leur action amena les militants à repenser le rôle de « l’avant-garde » au sein de la moumana’a arabe. Mounir Chafiq expliquait : « Je crois que le mouvement islamique au Liban et en Palestine a essayé d’aboutir à un autre concept d’avant-garde. Une avant-garde qui ne soit justement qu’une accoucheuse. Lorsque la sage-femme aide l’enfant à venir au monde, elle ne fait justement que l’aider en un sens. Ce n’est pas l’accoucheuse qui va changer les traits physiques de l’enfant, son poids, son code génétique : elle peut favoriser des éléments, ou les défavoriser, c’est vrai. Mais il y a une donnée qui est déjà là. Pour l’avant-garde révolutionnaire, c’est la même chose : tu peux favoriser un processus révolutionnaire, mais il y a des données qui sont là, historiques. Tu ne peux intervenir dans une société sans prendre en compte son histoire politique, sociale, culturelle, tous ces éléments enchevêtrés. […] Cela signifie, pour moi, avec Marx :

    « les conditions d’une révolution viennent de l’intérieur d’une société, de son intérieur profond. Et dans cet intérieur profond, ici, que tu le veuilles ou non, que ça plaise ou non, il y a l’islam, qui a été un courant civilisationnel historique, profond.»
    Etc….etc.
    Pour lire cette remarquable étude,elle est sur:
    http://www.alterinfonet.net
    ‘Résistance populaire et identité islamique’
    Youssef Girard Jeudi 09 Juillet 2009

    Note: moumana’a = résistance
    Cordialement.




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  • Mohand Tahar
    12 janvier 2010 at 17 h 22 min - Reply

    @Abdelkader Dehbi.
    Je suis honoré par vos compliments qui me font chaud au cœur tant la soumission canine et l’ethnomasochisme coloré d’un crétinisme abyssale des « nôtres » m’affligent et me révoltent.

    Oui,Mr Abdelkader Dehbi,vous avez bien raison de dénoncer ces gourous idéologiques de tous bords,grassement financés par leurs maîtres argentiers. Leurs idéologies mortifères et leurs basses besognes occultes ne datent pas d’aujourd’hui. J’en veux pour preuve,cette déclaration révélatrice du franc-mac Rabaut-Saint-Etienne qui déclarait vouloir “Changer le monde”.
    Petit,rappel,le franc-maçon Rabaut-Saint-Etienne à la tribune de la Constituante(un hasard…car“il n’y a pas de complot”…) :
    “Pour rendre le peuple heureux, il faut le RENOUVELER, CHANGER ses idées, CHANGER ses lois, CHANGER ses moeurs, CHANGER les hommes, CHANGER les choses, tout détruire, oui, tout détruire, puisque tout est à recréer”…(1)

    Vaste programme,me diriez vous.

    Sur fond d’opposition fomentée entre Chrétiens et Musulmans,entre laïcs et religieux,n’oublions pas,aussi,cette dimension géostratégique qui s’applique depuis des décennies, dans le cadre de l’idéologie toujours prégnante du « Choc des Civilisations », même si on en édulcore, à présent, le discours :empêcher à tout prix le développement des pays musulmans,en les divisant,les opposant,les morcelant,les asservissant par des dictatures.

    Oui, nous devons comprendre,c’est à dire de poser le bon diagnostic sous peine de disparaitre.
    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
    Source : (1) Rabaut-Saint-Etienne cité in Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, Le Temple maçonnique voulant s’élever sur les ruines de l’Eglise catholique,1910, rééd. Expéditions pamphiliennes 2007, p. 280.)

    Henri Delassus – Wikipédia
    Henri Delassus né le 12 avril 1836 à Estaires et décédé en 1921), docteur en théologie, chanoine honoraire de la métropole de Cambrai, de ce diocèse et … fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Delassus.

    Du bon usage de google, ça sert à çà aussi.




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  • jnsplu
    12 janvier 2010 at 17 h 31 min - Reply

    @ Mohand Tahar.

    Mea culpa. J’aurais du mettre « subversif » entre guillemets. Car en fait il ne dérange que l’ordre qu’on veut nous imposer malgré nous.
    Merci pour votre contribution.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    12 janvier 2010 at 18 h 03 min - Reply

    Salam, permettez-moi de m’immiscer tardivement dans ce débat linguistique qui dure depuis des décennies et ce n’est certainement pas par la dénégation de la langue arabe qui était utilisée dans toutes les sciences et servait à traduire les plus grandes œuvres philosophiques de la Grèce que cette question sera résolue.

    Il est indéniable que la langue arabe a connu la régression à cause de l’Empire ottoman, en particulier Sélim 1er qui ouvre la conquête des pays arabes. Il cantonne la langue arabe à la religion, au culte, à la liturgie comme il fige l’évolution entreprise par les Abassides dans tous les domaines, notamment en économie qui passe d’une économie commerciale et monétaire à une économie agraire. Pour lui, la langue turque est la langue de la littérature, de la poésie etc…

    Bref, cela mérite des développements. Dans quelles langues écrivait-on en Afrique du Nord Ouest et singulièrement en Algérie ? A part les qacidates écrites en arabe dialectal mais qui empruntaient énormément à ce que l’on appelle l’arabe classique, toute la littérature « savante » était, quant à elle, écrite en arabe « littéral » à toutes les époques. Prenons l’exemple de la littérature.

    Notre littérature s’exprime dans trois langues : le berbère, l’arabe et le français. Mais la littérature berbère écrite est quasi inexistante. Très peu de textes, en tout cas, nous sont parvenus. Cependant, les Berbères ont écrit dans les langues des peuples qui les ont envahi : punique, latin, arabe et français. Apulée, Tertullien, Saint Cyprien, Saint Augustin, Abu Zakaria El Wargalani, El Husayn Ben Muhhammed, Saïd El Wartilani ou Jean Amrouche, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri qui a, quand même, publié quatre textes importants en berbère, en sont le parfait exemple.

    Curieusement, alors que le tamazight dispose d’un système graphique, le tifinagh, la littérature berbère est essentiellement orale. La poésie et les contes sont ses principales composantes.

    Les Isefra, poèmes de Si Muhand U Mhand, ont marqué la mémoire collective des Kabyles qui a permis leur conservation. Pourtant, selon la légende, Si Muhand U Mhand ne répétait jamais un poème deux fois. Il le fit même savoir au cheikh Mohand oul Houcine qui l’invita auprès de lui.

    A l’instar de Mouloud Mammeri, une nouvelle génération d’expression berbère apparaît au début des années 1980. Mohia Abdellah dit Mohya est, sans doute, le plus connu et le plus prolifique de cette génération d’écrivains engagés dans la défense de la langue et de la culture berbères. Son œuvre est constituée de nouvelles, de pièces de théâtre et de poésies dont beaucoup ont été chantées par le groupe Imazighen Imoula, Ferhat Mehenni ou Takfarinas.

    Contrairement à la littérature berbère, la littérature d’expression arabe va dominer la scène culturelle algérienne depuis l’arrivée des musulmans au VIIème siècle. Des écrivains autochtones commencent à émerger et à se faire connaître y compris à l’extérieur comme en Andalousie. C’est notamment le cas de Mohammed Ibn Hani auteur au Xème siècle d’un recueil de poésies à la gloire de l’imam fatimide al-Mu’iz.z. Originaire de la ville de M’Sila, Ibn Rachiq est certainement le plus grand écrivain et poète du XIème siècle, il fréquente la cour ziride et se met au service du souverain dont il fut un hagiographe. Un autre très grand poète, originaire de Tlemcen, Ibn Khamis, vécut au XIIème-XIIIème siècles. Natif des Issers, en Kabylie, Abderrahmane Thaalbi se fait au XIVème siècle une réputation de théologien et de penseur musulman jusqu’en Orient. Saint patron d’Alger, Aberrahmane Thaalbi a écrit près d’une centaine de livres.

    Contrairement à l’architecture et aux arts, la littérature d’expression arabe régresse et connaît une très longue phase de décadence durant l’occupation ottomane, comme je l’ai indiqué plus haut.

    Cette décadence dont les causes sont à la fois internes et externes «va peser lourdement, selon Jean Déjeux, dans l’établissement de la conquête française à partir de 1830.» Homme politique, écrivain, philosophe, théologien, poète, l’Emir Abdelkader a laissé une œuvre en langue arabe assez appréciable. Chacun connaît ses écrits notamment sa fameuse « Lettre aux Français ».

    Ecrivain bilingue, Mohamed Ben Cheneb né à Médéa en 1869 est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages qui touche à la fois à la pédagogie, la théologie, la philosophie, l’anthropologie, le droit, la littérature…Citons parmi sa nombreuse production sa chronique sur les voyages de cheikh al-wartilani Sidi al-Hocine, grand maître soufi de l’Algérie du XVIII ème siècle, dont le titre est «Rihla al-Wartilani » et le « Dictionnaire arabe-français d’Ibn Sdira » qu’il a revu et corrigé.

    Le XIXème siècle est celui de la renaissance de la langue arabe en Orient, la littérature algérienne d’expression arabe se réveille également au début du XXème siècle avec la publication de recueils de poésie, de journaux, de textes politiques, de livres d’histoire de l’Algérie. L’Association des Oulama Algériens a joué, à partir de sa création en 1931, un rôle moteur dans cette résurrection. « Ech-chihab » puis « El Bassaïr » publient des poésies de Mohamed Laïd El Khalifa, de Tayeb El Okbi ou Ahmed Ghoualmi. Ahmed Réda Houhou qui collabore également à « Al Bassaïr » écrit plusieurs articles sur la société algérienne, la situation politique de l’Algérie ou la religion, mais aussi des romans dont « Maa himar Tewfiq El Hakim » (Avec l’âne de Tewfiq El Hakim) et « Sahibat el ouahy » (La femme inspirée). Et qui ne connaît l’immense Moufdi Zakaria, l’auteur de l’hymne national algérien, avec ses poésies et ses autres chants patriotiques ? Tout comme Taoufik al-Madani, Cheikh Moubarak al-Mili a contribué à faire connaître l’histoire de son pays avec son œuvre : « Histoire de l’Algérie, de l’antiquité à nos jours » qui eut un très grand succès à sa publication. D’autres écrivains d’expression arabe émergent dans les années 1950/1960 alors que la guerre fait rage en Algérie dont les auteurs sont connus du grand public comme le sont les grands écrivains algériens de langue française de la même époque.

    Un mot seulement sur la littérature d’expression française. Un mouvement littéraire « algérianiste » voit le jour dans les années 1920 sous la houlette d’un certain Robert Randau qui se fait remarquer, en 1907, grâce à son roman : « Les colons » dans lequel il s’interroge sur l’identité algérienne. La quête fondamentale de ce mouvement est la formation d’un peuple nouveau « franco-berbère ». Il faut dire que l’Ecole d’Alger qui se forme un peu plus tard rejette aussi bien cette idée que celle de Louis Bertrand sur la latinité méditerranéenne. C’est peut-être dans le sillage de Louis Bertrand et Gabriele d’Annunzio, écrivain nationaliste italien, que se situe Kamel Daoud.




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  • Naili-dz
    12 janvier 2010 at 18 h 43 min - Reply

    @ Mohand Tahar
    Merci, encore une fois, pour cette brillante réfutation disons…paradigmatique… Par ailleurs, tout aussi discutable notamment pour ses prolongements pratiques d’organisation politique – au sens de la Polis Grec etym: برج en arabe – d’hiérarchisations figées, conservatrices pas forcément traditionnelles, particulièrement inquiétantes.
    La sévérité, envers notre sociologue, de plus en plus consternant disons le franchement, semble fort excessive même si elle apparaît amplement justifiée sur le principe. Ne l’oublions pas, notre éminent Professeur est un scientifique convaincu, un rationaliste avéré et un homme de progrès acharné. Aucun doute, fut-il méthodique, n’est permis sur cet aspect des choses supposé gratifiant. Et pour cause : L’insolite produit de la Renaissance, justement de par son caractère baroque, révèle toujours un regard primitif devant le feu apprivoisé. Le parfait prototype exotique atteint par la grâce des universelles Lumières.
    Peut être que dans ce cas comme dans tous les autres il y a l’apparent et il y a le sens caché des choses. C’est pour cela qu’il faille, pas toujours mais bien souvent, considérer la posture intellectuelle non pas comme l’exercice d’un choix issu d’un libre-arbitre souverain et triomphant, mais comme un déterminisme social, brutal, totalitaire, violent, et dominant des sociétés modernes qui apparaît comme une requête et un consentement bien compris; plus même qu’un consentement, se définit, suprême sophistication de la technologie sociale, comme l’œuvre d’un raffinement de l’être courtois, bienséant et reconnaissant envers son hôte et bienfaiteur. Cela nuit forcément à la méthode et biaise totalement le discours. Mais, c’est le prix à payer… et ils se battent pour le payer tous les jours que Dieu fait.




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  • Afif
    12 janvier 2010 at 21 h 38 min - Reply

    A Mohand Tahar : tout à fait d’accord avec ta grille de lecture. Il reste que notre sainte religion nous défend d’opprimer qui que soit et notamment les minorités. Il y a des frères et des compatriotes kabyles, je ne sais pas dans quelle proportion qui se disent opprimés dans leur culture régionale. Si c’est faux, il faut leur dire que c’est faux; s’ils ont raison, il faut satisfaire leurs revendications quand cela est possible et n’est pas vu comme un privilège par les autres régions. En tout état de cause, l’oppression est inadmissible : la meilleure façon de l’éviter, c’est de donner la parole à la majorité de la population concernée par le problème soulevé, en somme il faut régler les problèmes par la concertation et non par la coercition. Même un récalcitrant quand on lui donne la parole, il revient à de meilleurs sentiments. L’algérien est ainsi fait.




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  • batni
    13 janvier 2010 at 3 h 23 min - Reply

    Mr Abdelkader DEHBI,
    Vous citez toujours les islamophobes et les arabophobes mais jamais les berbérophobes. Peut-on savoir pourquoi?
    Merci,




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  • Adel
    13 janvier 2010 at 13 h 38 min - Reply

    Certains de nos amis continuent à ne faire aucun cas de la réalité de notre pays et du monde d’aujourd’hui. Le passé leur sert de seul critère et de seule justification. Ce passé, nous le connaissons tous : il était brillant, grandiose, sublime, magnifique, extraordinaire, etc., etc.

    C’est du présent que nous aimerions parler, cependant, car lui seul nous intéresse. Ce présent est sombre, très sombre même, dans notre pays, dans le monde arabe et dans le monde musulman.

    Nos amis pourront écrire des pages et des pages sur la grandeur de l’arabe classique d’antan, ses réalisations, son rayonnement, etc., cela ne changera rien à la réalité.

    La réalité c’est que la majorité du peuple algérien ne parle pas l’arabe classique et ne le maîtrise pas.

    La réalité c’est que chaque jour que Dieu fait, nous voyons les pays occidentaux accroître leur pouvoir par une maîtrise toujours plus grande de la science et de la technologie et que nous nous enfonçons un peu plus dans la misère et l’ignorance.

    La réalité c’est que la télévision par satellite et l’Internet ont bouleversé toutes les conceptions anciennes concernant la communication, la culture, l’acquisition du savoir, etc.

    La réalité c’est que la division de la société en maîtres et esclaves, en lettrés et ignares, en khâssa et `âmma, n’est plus acceptée par l’être humain du 21ème siècle. L’individu veut être partie prenante de tout ce qui se fait. Il veut tout comprendre. Rien ne doit se tramer au-dessus de sa tête dans une assemblée d’élites auto proclamées, fut-elle celle des savants. C’est ainsi qu’est le monde d’aujourd’hui.

    Continuez chers amis à parler d’un monde imaginaire ou révolu…

    Amicalement




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  • liberté
    13 janvier 2010 at 14 h 20 min - Reply

    Deux histoires pour une seule

    par Kamel Daoud

    Premier fragment: c’est un homme qui prend une douche froide, en plein hiver, tard dans la nuit et qui reste nu longtemps après, assis sur un banc public face au vent du nord. C’est ce qui s’est passé pour nous avant-hier après le match Algérie/Malawi. A notre détresse, il ne manquait que des marches populaires de jubilation au Caire pour nous exiler encore plus au fond de nous-mêmes. Qu’est-ce qui s’est passé ? On peut laisser ça aux spécialistes. Pour nous, il reste la cendre à décomposer en plus infime et un regard de voyeur sur l’avenir. Il ne faut pas être aujourd’hui à la place de Bouteflika et autres exemplaires dans le monde arabe: si on y enlève quelques plans de relance, le pétrole, le foot et la construction des mosquées, il ne reste aucune légitimité pour nos Etats et à peine de quoi retenir la peuplade contre la tentation de la colère définitive et de la casse radicale. On a mis dans le foot ce qu’on ne pouvait pas mettre dans le futur et tout ce qu’on nous a enlevé de notre passé: la ferveur. Du coup, n’importe quelle défaite a le sens d’une castration collective.

    Deuxième fragment: retour un papier : «la décolonisation horizontale» ou de comment on se revendique d’être algérien sans renier ni l’arabité, ni tomber dans l’exclusivité ethnique, ni dans le chariot du MAK, le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie. L’algériannité est-elle si difficile à faire comprendre ? Est-elle si impossible à démontrer par l’évidence ? Apparemment oui. Les catégories adverses ont aujourd’hui des ornières qui ne leur permettent aucune réflexion sereine face à des «et pourtant elle tourne !». Si vous vous dites algérien, les arabophiles imaginaires vous taxent de berbériste de l’Ouest et les commerçants de l’amazighité vous demandent pourquoi vous n’être pas allé plus loin et ce que veut dire cette algériannité qui n’est pas celle de la Kabylie exclusive. Et d’un coup vous réalisez que la tristesse est plus rapide que la révolution. Vous avez autour de vous, en vous, des gens qui respirent l’air de l’Algérie, mangent le pain de ce pays, y enterrent leurs morts et y attendent leurs enfants, en sentent l’odeur de la terre et de la mer et du sable, y vivent depuis des générations et des générations, s’y sentent offusqués lorsqu’on insulte les martyrs ou qu’on en frappe les descendants, se reconnaissent même au pôle sud et y construisent des maisons et, à la fin, vous lance : «Moi je Suis Arabe ? Moi je ne sais pas ce que tu veux dire par algérien !!!».

    Triste sort d’une catégorie de ce peuple qui a honte d’elle-même, ne se reconnaît pas la généalogie de l’histoire que comme seconde épouse de quelques noces orientales et qui vit dans un pays en proclamant qu’il n’existe pas. Triste destin de ce reniement de soi et de cette dépréciation de ses propres us qui va jusqu’à l’errance vestimentaire et à l’importation des commentaires du Coran. Choses que nos ancêtres avant les Ottomans n’y ont jamais cédé. Paradoxe de la chronologie: les Algériens existaient et se reconnaissaient comme tels avant l’existence de l’Algérie et se nient comme Algériens, aujourd’hui, à l’époque où l’Algérie leur est offerte par leurs martyrs et leurs meilleurs enfants, avec sa langue, son pain et ses immédiates histoires !

    Le Quotidien d’Oran du 13/01/2010




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  • Adel
    13 janvier 2010 at 14 h 36 min - Reply

    @Afif

    Bonjour,

    Je vois que vous avez réussi à vous mettre tout le monde à dos en adoptant l’argumentation suivante:

    -La majorité des Algériens est Berbère. Les Arabes et autres subsahariens, garez à droite et laissez-nous débattre entre Berbères.

    – Il y a une majorité qui parle arabe aujourd’hui.

    – Conclusion: l’arabe a donc été adopté par la majorité des Berbères et la petite minorité qui le refuse aujourd’hui devrait avoir honte et retourner dans ses montagnes où elle se cachait – ce qui l’a empêchée de profiter des campagnes d’arabisation successives (Attention c’est de l’humour, ne me tombez pas dessus à bras raccourcis!!!).

    Astucieux…mais ça n’a pas marché.

    Cela prouve que parler d’Arabes et de Berbères aujourd’hui est un non-sens. Il est question de langues : langues parlées, langues enseignées, langues de l’élite et langues du peuple, etc. Le débat devrait se limiter à cela et éviter les méandres de l’ethnie, de la race et de la religion (Mohand Tahar, Abdelkader DEHBI). Polluer un débat sur des question linguisiques(comment promouvoir et unifier les langues nationales utilisées dans notre pays pour atteindre les meilleurs résultats dans tous les domaines?) par des considérations idéologiques, politiques ou religieuses ne nous fera pas avancer beaucoup. Cela ne fera pas avancer la cause de la langue arabe classique non plus, car les faits sont têtus.

    Un peu moins d’agressivité dans nos écrits ne nous ferait pas de mal. On pourrait se fixer comme règle d’éviter de traiter systématiquement celui qui soutien un avis contraire de traitre, renégat, valet de la franc-maçonnerie et du sionisme mondial, etc., et s’en tenir aux faits et aux arguments. Salir l’adversaire dans l’espoir de salir aussi ses idées n’est pas très chevaleresque. Les lecteurs objectifs et impartiaux ne sont pas dupes.

    Amicalement




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  • Adel
    13 janvier 2010 at 15 h 10 min - Reply

    Je crois que certains de nos amis devraient relire le billet de Kamel Daoud. Il a parlé d’Arabe au sens de nationalité. Il a dit qu’il n’y avait pas de nationalité arabe et donc que les Algériens n’étaient pas Arabes (comme on dit Français habitant de la France). Il n’y a pas un pays qui s’appellerait l’Arabie et qui s’étendrait de l’Océan Atlantique au Golfe Persique. Ce qu’il a dit me semble être une évidence. Il y a un rêve d’une telle Arabie, mais pas une réalité. Cette Arabie n’existant pas, il n’y a donc pas d’Arabes, mais des Marocains, des Algériens, des Egyptiens, etc. Qu’ont en commun les citoyens (enfin c’est une façon de parler) de tous ces pays ? L’arabité. C’est quoi au fait ? Remonter son arbre généalogique jusqu’à un ancêtre né au Hedjaz ou au Yémen ? Parler l’arabe classique ? Manger du couscous (Ah, non ! Ça c’est une particularité du Maghrébin) ? Chevaucher un beau cheval arabe (ne serait-il pas plutôt d’origine berbère) ? Avouez qu’il y a de quoi perdre son latin… pardon son arabe ! (un peu d’humour de temps en temps ne nous ferait pas de mal…à condition de mettre une plaque « ATTENTION HUMOUR! », on ne sait jamais par les temps qui courent).

    N’est-il donc pas suffisant de se dire Algérien ? Que nous sommes compliqués, mes amis !

    P.S. Les Turcs sont-ils pure dolma et les Allemands pure kartoffen ? Et les Français ? Tiens, je crois que nous avons transmis notre virus de « l’identitite » à nos anciens colonisateurs… ou bien l’avons-nous reçu d’eux ? Comme j’aimerais vivre dans un monde moins compliqué !




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  • Hamou
    13 janvier 2010 at 16 h 19 min - Reply

    الشروق 2010.01.06

    عن الخمول و  » التكدس  » الفرانكفوني بالجزائر

    بقلم : حسان زهار Zehar _ hassen@hotmail . com

    قبل خمس وعشرين سنة بالضبط من الآن، وتحديدا في الثالث جانفي 1985، سألت جريدة « ألجيري أكتوياليتي » المرحوم مولود قاسم نايت بلقاسم: « كيف تفسرون أن الصحف المكتوبة بالفرنسية يرتفع سحبها باستمرار بينما نلاحظ عند الآخرين نوعا من الخمول والتكدس »؟ قاصدة خمول المعربين وتكدس الصحف التي تكتب بالعربية

    *
    وبغض النظر عن الجواب المفحم الذي رد به حينها المرحوم، فإن أي عاقل اليوم يدرك بالضرورة أن ذاك السؤال الذي طرح باستفزاز كبير آنذاك على أحد أكبر المنافحين على لغة الضاد في الجزائر، قد صار الآن بالمعكوس، وجاز لنا معه أن نطرح على أباطرة الفرانكفونية عندنا ذات السؤال وبذات الصيغة :  » كيف تفسرون أيها السادة أن الصحف المكتوبة بالعربية يرتفع سحبها بشكل كبير وباستمرار بينما نلاحظ عندكم كل هذا الخمول وهذا التكدس  » ؟ .
    *
    سؤال محرج كهذا، بالتأكيد لن يجد من بين ترسانة الفرانكفونيين عندنا من له فطنة مولود قاسم للرد عليه، ذلك أن انقلابا كبيرا في الساحة اللغوية الجزائرية قد حصل بالفعل لصالح اللغة العربية على حساب « ضرتها » الفرنسية، وبالتالي ماذا يمكن لعباد وسدنة معبد الفرانكفونية أن يعللوا به هذه الفضيحة التي حولتهم من نخبة طلائعية يضرب بها المثل في الانتشار والجدية والاحترافية إلى مجرد طحالب لغوية هامشية و  » زوائد دودية  » على خاصرة الوطن؟ .
    *
    هل سيقولون إن السلطة هي التي تآمرت عليهم ودعمت العروبيين حتى صارت لهم جرائد تسحب ملايين النسخ يوميا، وهم الذين يمسكون بمداخل ومخارج هذه السلطة التي استسلمت لنزواتهم منذ زمن طويل في عرقلة ووقف تطبيق قانون استعمال وتعميم اللغة العربية؟.. هل سيتهمون أطرافا عربية بغزونا ثقافيا بواسطة الأفلام والمسلسلات، وبالتالي وجب علينا  » الانكفاء  » نحو فرنسا لاستعادة  » هويتنا  » الضائعة؟ …
    *
    أي تبرير يمكن أن يخطر على بال هؤلاء هو بحق يمثل لعنة إضافية في سجلهم الأسود، فجزائر اليوم ليست بأي حال من الأحوال جزائر الستينيات أو السبعينيات أو الثمانينيات.. لقد تغير العالم كثيرا ومعه تغيرت الجزائر أكثر، ولئن كنا نقر أن الواقع اللغوي على المستوى الرسمي في الوزارات والمؤسسات والإدارة ما زال يتخبط بين فكي الأفعى الفرانكفونية، رغم بعض المحاولات المحتشمة هنا وهناك، إلا أن ظهور أجيال كاملة من خريجي المدارس والمعاهد الذين يجيدون العربية قد قلب كل الموازين على المستوى الشعبي، الأمر الذي انعكس مباشرة في شكل ثورة حقيقية على نسبة ونوعية المقروئية بالعربية إلى مستويات قياسية، لم تستعد معه الجزائر مكانتها فقط بين الدول العربية، إنما تبوأت الريادة وتفوقت حتى على مصر والعراق وغيرهما من الدول العربية التي تملك التاريخ والكثافة السكانية العالية.
    *
    صحيح أن الصحافة المعربة في الجزائر والتي تخلصت من تهمتي « الخمول والتكدس » التي كانت توصم بها من قبل، ما زالت تعاني إلى اليوم ضعفا في التجربة وقلة في الاحترافية، وهذا واضح بجلاء في الكثير من العناوين الصحفية، لكن العبرة ليست هنا تحديدا بقدر ما هي في هذا « النهم » الشعبي في معانقة لغته العربية وفي العودة إلى أحضانها، وقد اكتشفت الملايين من الأجيال الصاعدة ذاتها في هذه اللغة التي باتت تعشقها تماما كما تعشق الفريق الوطني والراية الوطنية.. بينما ازدادت الفرنسية انحسارا على الرغم من المقاومة التي تبديها في بعض الأحياء الراقية بالجزائر العاصمة ومنطقة القبائل فقط .
    *
    وصحيح أيضا، أن ركاكة ونوعا من « اللغة الهجينة » التي تمزج بين الدارجة والفصحى والفرنسية تطبع كلام كثير من الجزائريين، لكن حتى هذه الظاهرة التي كانت سمة لصيقة بنا، إلى درجة تجرأ فيها علاء مبارك في أولى تهجماته على الجزائر إلى القول « كلمونا عربي علشان نفهمكم »، بدأت تتقلص شيئا فشيئا، وما تظهره مواقع الإنترنت من لغة راقية للشباب الجزائري هو خير دليل، وذلك بعد أن فقدت الفرنسية سحرها المعهود، وسقط معه الاعتقاد بأنها لغة الناس المتحضرين، بل وامتد حب العربية إلى شرائح واسعة من الجزائريين المغتربين وعلى رأسهم الكثير من عناصر الفريق الوطني على شاكلة اللاعب عنتر يحيى الذي ربط حبه للجزائر بضرورة تعلم العربية والتكلم بها، ليظهر بعدها في حوار مع قناة « الأم بي سي » يتكلم بعربية أفضل من عربية علاء مبارك نفسه.
    *
    هذا الواقع اللغوي الجديد الذي أظهره بوضوح التفوق الساحق لثلاث أو أربع جرائد معربة، والتي تثبت الأرقام المعلنة أن سحب جريدة واحدة منها فقط يتجاوز رقم سحب كل الصحف التي تكتب بالفرنسية.. هو واقع ظهرت تجلياته المخيفة بالنسبة للفرونكوفيلية السياسية خاصة في السنتين الأخيرتين، الأمر الذي وجدت فيه بعض الدوائر النافذة نفسها مجبرة على فعل شيء لوقف هذا الزحف « البعثي » كما تقول، وذلك بافتعال مشاكل وإطلاق توصيفات مغرضة على الصحف المعربة كونها صحافة « مراهقين » أو أنها صحافة « صفراء »، وعندما لم تنجح هذه الخطة بدأت الصحف المفرنسة على غرار صحيفة  » الوطن  » تضرب من تحت وفوق الحزام ضد الحرف العربي وبصورة علانية .. والسبب بطبيعة الحال هو هذا الانتقال الدراماتيكي لظاهرة الخمول والتكدس إلى الطرف الآخر .
    *
    لقد كانت الجزائر قبل أقل من ربع قرن، تعيش أجواء مختلفة تماما عن الأجواء الحالية، ووقتها لم تكن سمة الخمول والتكدس بالنسبة للصحافة المعربة هو الإحراج الوحيد الذي حاصرت به جريدة « الجزائر الأحداث » المرحوم مولود قاسم، بل زادت أن طرحت عليه سؤالا استنكاريا صعبا عندما بدأ بتعميم استعمال اللغة العربية على مستوى الجامعة وبالخصوص على مستوى معهد علوم الإعلام والاتصال هو: « هل يمكن ولو للحظة أن نتصور الجزائر بدون جرائد بالفرنسية »؟.. لقد كان الجماعة لا يتصورون مجرد التصور أن تخلو الساحة الوطنية من هذه الجرائد بالفرنسية أو حتى تتراجع رياديتها لصالح الجرائد بالعربية، ومع ذلك كان رد مولود قاسم رحمة الله عليه بنبوءة المحب للغته أن ذلك ممكن، بدليل « أنه لا يوجد في ستوكهولم والسويد والاتحاد السوفيتي وألمانيا صحيفة واحدة تسحب بلغة أجنبية » ولذلك عبر صراحة وقتها عن دهشته في الاستمرار في تكوين صحفيين بالجزائر باللغة الأجنبية.. ويبدو أن الأطراف التي خسرت مواقعها اللغوية تلك استشعرت اليوم الخطر الداهم، فتحركوا لإعادة بعث جيل جديد من الفرونكفونيين انطلاقا من التركيز على علوم الإعلام والاتصال، في محاولة طائشة « لتجفيف منابع التعريب » في الجزائر.. لأن العملية الآن عمليا تعتبر مستحيلة، ذلك أن الجزائر قبل ربع قرن كانت تراهن على حوالي أربعين ألفا فقط من خريجي المعاهد الأصلية لتثبيت أصالة هذا الوطن، بينما يوجد اليوم ملايين من المعربين الذين يثبتون بالفعل وليس بالدسائس أن الجزائر العربية عادت إلى نفسها وتخلصت وتكاد ترمي بـ  » غنيمة الاستعمار المسمومة  » وراء ظهرها كما العَظمة فلا يتلقفها إلا كلاب الشارع .
    *
    لقد آن الأوان الآن أن تتغير المعادلة جذريا ودونما رجعة، اعتمادا على حقيقة انتقال معرة « الخمول والتكدس » من الصحافة المعربة إلى الصحافة المفرنسة، وآن الأوان للصورة التي نراها كل يوم في الأكشاك للصحف بالفرنسية المكدسة والتي تعود إلى أصحابها الوراقين كل يوم بالأطنان كمرتجعات أن تحدد مستقبلا آخر لجزائر ظلت طويلا في قبضة الوهم الفرانكفوني، هذا الوهم الذي اتضح جيدا في أثناء الأزمة مع مصر في محاولة لاستغلال العواطف الجياشة للجماهير للجهر بالنغمة النشاز التي نعرفها والقول « إننا لسنا عربا » وأننا لا نحب العرب ولا العربية فإذا بالنتيجة تأتي معاكسة تماما وقد التف الجزائريون أكثر وأكثر – من خلال الإقبال القياسي وغير المسبوق على الصحف بالعربية – على لغتهم وانتمائهم القومي .
    *
    إن اللغة هي روح الأمة، ومهما أقسم لنا اليوم أصحاب الصحف « المكدسة » بأنهم أكثر نشاطا واحترافية لكن الظروف هي التي خذلتهم فلن نصدقهم، ذلك أن اللغة لا يمكن أن تكون محايدة وإن قيل إن الحرية والمنافسة تصنع الفارق، وأن النجاح أو الفشل مرتبط مباشرة بمدى الالتصاق من عدمه بنبض الجماهير .




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  • MAHMOUD
    13 janvier 2010 at 17 h 02 min - Reply

    En clair si je peux résumer les opinions de quelques uns, ils disent : petit peuple algérien, peuple d’en bas apprend l’arabe pour que nous l’élite, nous la noble aristocratie conservatrice s’adonnons à la langue française pour nous et nos enfants.
    Ainsi nous continuons à faire de vous nos soumis. On est plus dans les années 70 .




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  • Abdenour
    13 janvier 2010 at 19 h 36 min - Reply

    M.Kamel Daoud écrit :  » Moi je Suis Arabe ? Moi je ne sais pas ce que tu veux dire par algérien !!!». Triste sort d’une catégorie de ce peuple qui a honte d’elle-même, ne se reconnaît pas la généalogie de l’histoire que comme seconde épouse de quelques noces orientales et qui vit dans un pays en proclamant qu’il n’existe pas… »

    _________________________________________

    Petites précisions au passage :

    – Traite entre Abdelkader et Desmischels du 26 fevrier 1834

    • Article 1 – A dater de ce jour, les hostilités entre les ARABES et les FRANCAIS cesseront. Le Général commandant les troupes françaises et l’Emir ne négligeront rien pour faire régner l’union et l’amitié qui doivent exister entre deux peuples que Dieu à destinés à vivre sous la même domination, et, à cet effet, des représentants de l’Emir résideront à Oran Mostaganem et Arzew de même que pour prévenir toute collision entre les Français et ARABES les officiers français résideront à Mascara.

    -Traité de La Tafna entre l’Emir Abdel Kader et le général Bugeaud :
    Art 5 :  » Article 5 : Les ARABES vivant sur le territoire français jouiront du libre exercice de leur religion. Ils pourront construire des mosquées, et accomplir leurs devoirs religieux en tous points, sous l’autorité de leurs chefs spirituels. »

    – Déclaration de la population de la tribu des Hachem à laquelle appartenait l’Emir Abdelkader au General Bugeaud : » Ce continent est la pays des ARABES et vous n y étes que des hôtes passagers.  »

    Le 14 octobre1839 une décision du ministre français de la guerre donne le nom  » Algérie » au territoire qu’on appelait jusqu’àlors « Possession française dans le Nord de l’Afrique » qui avait succédé après l’invasion d’Alger à l’expression ‘Régence’ ou ‘Royaume’ d’Alger.

    L’appellation « Algérie » donc, et ses dérivatifs »Algérien », »Algérienne » etc sont donc une décision du même ministre de la Guerre français.

    Voila pour l’histoire…




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  • Afif
    13 janvier 2010 at 20 h 23 min - Reply

    A Adel : je suis tout à fait calme, mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je reprend votre phrase avec laquelle je ne suis pas d’accord : « l’arabe a donc été adopté par la majorité des Berbères et la petite minorité qui le refuse aujourd’hui devrait avoir honte et retourner dans ses montagnes où elle se cachait ». Tout d’abord, cette minorité ne refuse pas et n’a jamais refusé l’arabe comme vous dites. Certes elle ne le parle pas, mais il n’y a aucune honte à ça comme vous dites, bien au contraire, nous avons besoin de notre patrimoine berbère; cette minorité, dis-je, a adopté depuis des siècles les prénoms arabes et la caractères arabes pour l’écriture de la langue berbère, nous sommes bien d’accord. Pourquoi, dites-moi, dans quel but on veut remettre ce choix historique de nos ancêtres kabyles en question en faisant appeler les nouvelles générations par des prénoms comme Massinissa, Jughurta, etc… et en cherchant à tout prix à écrire le berbère avec des caractères Tifinagh ? Dites-moi, je vous en conjure, sur ces questions précises, qui trahit ses ancêtres ? Et surtout, attention, je ne parle pas de la majorité des frères kabyles qui sont loin de tout ça et qui vivent leur berbérité et leur arabité comme nous sans aucun complexe métaphysique.
    En conclusion, il ne faut pas continuer à tourner autour du pot : un individu qui me dit je suis berbère, et un autre je suis arabe ou autre origine, cela n’a pas d’importance, nous sommes tous algériens. Mais ce qui est important, c’est de reconnaître que le peuple algérien en tant que peuple est un peuple berbère comme le peuple marocain, tunisien, mauritanien, et qu’en même temps, il fait partie de la Nation arabe du fait de l’Histoire. La négation de la berbérité a fait beaucoup de mal au pays : c’est du pain béni pour tous les diviseurs du peuple algérien. Cher Adel, n’est-il pas plus responsable de régler un problème quand il se pose que de prendre le risque de l’ignorer ou d’utiliser la langue de bois.




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  • MOUHA
    13 janvier 2010 at 20 h 27 min - Reply

    اللغة العربية المدّرسة في الجزائر حليا، شرب عليها الدهر و أكل كما فعل با للاّتنية. لا تفيد لا للإعراب على المشاعير اليومية للأغلبية الساحقة من الجزائريين و لا لمسك قطارالتقدم ا لذي يفصلنا عن اللّغات الاخرى في ميدان العلم و التكنولوجيا.
    كجزائري مقيم بالخارج ، عندي طفلين، سأعلم لهم اللغة العربية لا لأن هذه اللغة تغني أو تسمن، لكن لغرض واحد: لإمكانهم قراءة و فهم جريدة  » الشروق  » التي سوف تساعدهم من النجاة من شر العرب، حقدهم و نفاقهم. و لا أنسى النجاة من فساد شرطتهم، جماركهم و حتى من مثقفيهم، كما رأيناه مع المصريين
    و أرجوا أن ينشر هذا الرأي لتخفيف و لو ضميرهم




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  • @Adel
    24 janvier 2010 at 13 h 55 min - Reply

    @Afif

    Bonjour,

    Ma remarque concernant l’agressivité ne s’adressait pas à vous. Je parlais en général. Je trouve vraiment indigne de gens instruits de traiter des compatriotes avec lesquels on n’est pas d’accord de traitres, hizb frança, franc-maçon, et autres qualificatifs infâmants.

    Concernant les prénoms berbères tels que Massinissa, je ne vois là rien de blâmable. Je ne suis pas berbérophone mais cela ne m’empêche pas de considérer Massinissa comme le plus grand homme que l’Afrique du Nord ait enfanté à travers l’histoire. Si nos ancêtres berbères n’avaient pas appelé leurs enfants par son nom, c’est tout simplement parce qu’ils ne le connaissaient pas. Ce n’est que récemment que les Algériens ont commencé à s’intéresser à la période antique. Beaucoup de musulmans de par le monde (Turcs, Iraniens, etc.) ne portent pas des prénoms arabes et cela ne les gène pas. Pourquoi cela devrait-il nous embarrasser?

    D’autre part beaucoup d’Algériens se prénomment Boualem ou Djelloul. Ces prénoms ne sont portés dans aucun autre pays arabe, à ce que je sache.




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  • Afif
    26 janvier 2010 at 21 h 06 min - Reply

    A Adel, d’accord avec vos remarques.




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  • Congrès du Changement Démocratique