Édition du
26 March 2017

Un exemple de démocratie et d'indépendance de la justice.

Hier dictature sous la botte de la junte du général Videla, aujourd’hui, pays démocratique, l’Argentine nous donne une leçon de réalisme politique. Sommes-nous incapables de réaliser ce qu’ont fait les Argentins? ========================================

AFP. 09 janvier 2010
Le chef de la Banque centrale rétabli dans ses fonctions

Le chef de la Banque centrale, Martin Redrado, a été rétabli vendredi dans ses fonctions par une juge fédérale. Un dur revers pour la présidente Cristina Kirchner qui l’avait limogé vendredi « pour avoir manqué à ses devoirs ».

AFP – Le chef de la Banque centrale argentine a été rétabli vendredi dans ses fonctions par une juge fédérale, un dur revers pour la présidente Cristina Kirchner qui avait adopté la veille un décret d’urgence en conseil des ministres pour le limoger.

« Je retourne travailler à la Banque. Justice a été faite », a dit Martin Redrado à la presse en arrivant au siège de l’institution, où l’attendait une foule de journalistes, avant de retrouver ses bureaux de directeur.

La magistrate a décidé de suspendre l’application du décret d’urgence qui avait limogé le fonctionnaire, avait annoncé quelques minutes auparavant le Centre d’information judiciaire, un organe officiel de la Justice.

La présidente argentine Cristina Kirchner avait ouvert jeudi une crise institutionnelle en limogeant par décret M. Redrado « pour avoir manqué à ses devoirs », malgré le statut d’indépendance de la Banque centrale, une décision condamnée par des juristes.

Le gouvernement avait annoncé que le vice-président de la Banque centrale, Miguel Angel Pesce, prendrait la présidence de l’institution en attendant l’arrivée d’un nouveau responsable.

Mais la juge ayant annulé le décret présidentiel, un document a été signé vendredi à la Banque centrale pour prendre acte formellement de la restitution de M. Redrado dans ses fonctions.

La veille au soir, après la publication du décret le limogeant, M. Redrado avait fait savoir qu’il quittait ses fonctions mais ne démissionnait pas et allait porter l’affaire devant les tribunaux.

Vendredi matin, son avocat, le juriste Gregorio Badeni, avait déposé un recours en justice pour obtenir l’annulation du décret d’urgence de Mme Kirchner. Quelques heures plus tard, la juge Maria José Sarmiento donnait suite à sa demande.

« Personne ne peut empêcher Martin Redrado d’assumer à nouveau ses fonctions de président de la Banque centrale après cet arrêt », a dit son avocat, le juriste Gregorio Badeni.

La même juge avait décidé plus tôt de suspendre un autre décret présidentiel autorisant l’utilisation de réserves de la Banque centrale pour régler la dette arrivant à échéance en 2010.

Cette mesure pourrait permettre à l’opposition d’organiser sa riposte au Congrès, où le parti péroniste a perdu sa majorité aux législatives de juin.

Le vice-président (radical) Julio Cobos, opposé à Mme Kirchner depuis la longue crise des agriculteurs en 2008, a suspendu ses vacances au Chili et a regagné son bureau du Sénat où il a reçu vendredi les chefs des différents groupes parlementaires de l’opposition.

Mme Kirchner a dénoncé ces manoeuvres. « Ce qui n’ont pas su gouverner par le passé feraient mieux de ne pas nous mettre des bâtons dans les roues », a-t-elle dit, en référence au parti radical, qui était au pouvoir en 2001 lorsque a eu lieu la pire crise économique de l’histoire du pays.

Mais le pouvoir exécutif a observé un silence prudent depuis la restitution de M. Redrado à la tête de la Banque centrale.

La présidente reprochait à M. Redrado de tarder à mettre à disposition de l’exécutif 6,5 milliards de dollars prélevés sur les réserves pour payer la dette en 2010, une décision prise par décret présidentiel. Le chef de la Banque centrale voulait examiner toutes les conséquences juridiques pour l’institution d’une telle décision.

Le mandat de M. Redrado, nommé en 2004, n’expirait que le 23 septembre 2010. L’article 9 de la Charte constitutive de la Banque stipule que, pour pouvoir démettre son responsable, le pouvoir exécutif devait passer par le Congrès et obtenir un avis en ce sens d’une commission bicamérale.

En puisant dans les réserves, le gouvernement souhaitait rassurer les marchés sur sa solvabilité, mais il pourrait maintenant obtenir l’effet inverse de celui recherché.

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2 Commentaires sur cet article

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  • Silhachemi Farouk
    9 janvier 2010 at 18 h 46 min - Reply

    Nous nous hisserons au niveau des argentins, des chiliens et autres jeunes Etats de droit, lorsque nos dites élites arrêteront de douter de leur identité et oseront réfléchir et agir pour mettre un terme à ce pouvoir de maquereaux.




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  • h’mida
    12 janvier 2010 at 18 h 31 min - Reply

    …et lorsque nous nous serons rappropriés notre identité surtout.




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  • Congrès du Changement Démocratique