Édition du
28 March 2017

La cruauté de l'oubli


Il y a dix huit ans, le 16 janvier 1992, Mohamed Boudiaf répondit, encore une fois, a l’appel du pays.
Il abandonna sa paisible vie a kenitra au maroc pour venir seul, faire face au feu qui l’attendait quelques mois plus tard, un certain 29 juin 1992, au carrefour d’un  acte isole dans le dos.
Combien se rappellent-ils encore de Mohamed Boudiaf ? Peu, très peu d’amis daignent encore venir au cimetiere d’El-Alia, les 16 janvier et le 29 juin pour lutter contre l’oubli ou l’amnesie.
L’oubli ou l’amnèsie est dans ce cas precis plus cruel que la mort.
Mais une memoire saine et sincere n’oublie jamais. N’y a t’il plus de memoire saine chez nous ? Le samedi 16 janvier 2010, ceux qui viendront a El-Alia auront une idée précise de notre saine et sincère memoire.
L’oubli de Boudiaf et de son sacrifice a pris la forme d’ingratitude. Et comme dit Victor-Hugo  » La suprême bassesse de la flatterie, c’est d’encourager l’ingratitude « . Si Boudiaf a fini comme Dieu le lui a voulu, ce n’est certainement pas pour lui mais pour nous, témoins de son grand sacrifice. En effet comme le dit Goethe, « ceux qui ont découvert au peuple leurs sentiments et leurs vues, ont été de tout temps crucifies et brules « .
Pour qui et pourquoi Boudiaf est-il revenu et s’est sacrifié ? Pour le pouvoir ? Pour s’enrichir ? Pour sa famille ?
Il est certain que l’assassin matériel de Boudiaf lui a tire, dans le dos et peut-être meme de face pour se débarrasser de lui physiquement.
Mais ceux qui l’oublient aujourd’hui, et pire, ceux qui font semblant de l’oublier, commettent egalement un crime vis-a-vis de la memoire du peuple, en tombant alors dans la cruaute de l’oubli.
Oublier un homme comme Boudiaf, participe au mensonge car comme dit Albert Camus :  « La vérité et comme la lumiere; elle aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crépuscule qui met chaque objet en valeur. »
D’atrocité en atrocité, son parcours infernal qui a commence dans les annees quarante l’a souvent mis en face de la lâcheté qui l’accuse maintenant de dictateur. Est-ce la meilleure façon de ne pas oublier Boudiaf ?
Pourquoi ne pas rappeler au peuple que Boudiaf a été le premier Chef d’Etat algerien a de finir la personnalité de l’Algérien dans sa triptyque : Amazighité, Islamite et Arabité, alors que pendant des années on s’efforçait a nous faire avaler que la culture algérienne est seulement arabo-musulmane.
Le traitement réservé a notre emblème national, nos Chouhadas et notre équipe nationale de football par « nos ferres « egyptiens est venu opportunément pour nous pousser a redéfinir nos marques sur ce plan et sur d’autre.
Garder de Boudiaf le nom d’un aéroport, d’une salle omnisport est une tombe que quelques uns visitent deux fois par an, serait réduire l’histoire de notre pays a sa plus simple expression.
enfin il serait tentant de conclure cette contribution comme l’a dit un poète anonyme :
Mohamed est ton nom et celui du prophète
ou va l’Algérie est une devinette.
NACER BOUDIAF

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15 Commentaires sur cet article

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  • h’mida
    13 janvier 2010 at 11 h 01 min - Reply

    Le 29 Juin 1992, l’Algérie a cessé d’être!




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  • mounia
    13 janvier 2010 at 14 h 31 min - Reply

    rabbi yerhmou wi wessaae aalih




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  • yassine
    13 janvier 2010 at 17 h 20 min - Reply

    Monsieur Nacer Boudiaf, j’ai une question; Vous avez fait quoi pour la mémoire de Mohamed Boudiaf? Vous avez fait quoi pour la vérité? Parfois je me pose la question sur vos silences sur les assassins




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  • chawki
    13 janvier 2010 at 23 h 40 min - Reply

    @nacer boudiaf
    Avez vous lu l’article publier oct 3rd,2009 par admin et intitule : Les internes n’ont pas oublie ? oui nous n’avons pas oublie ,durant la semaine ou votre pere est rentre en Algerie,parce que assoife de pouvoir et anime d’un esprit de vengeance il a ordonne l’arrestation de presque 50000 dont la plupart innocents…il est le seul dans toute l’histoire de l’Algerie qui a envoye des jeunes -plus de 25000-algeriens dans des CAMPS DE CONCENTRATION au sud-il a annonce officiellement a la television qu’il etait pret a envoyer encore 10000!!il a aussi cautionne le regime des sanguinaires assassins janvieristes reda malek ,touati,belkheir lamari ,nezzar ,ali haroun ..




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  • Benhabra brahim
    14 janvier 2010 at 2 h 11 min - Reply

    BOUDIAF allah yerrahmou est mort au combat!!!!Pour son pays comme tous ses freres…..Quiconque assasine un moudjahid ne peut etre qu un traitre qu il faut dechoir de sa nationalite algerienne!!!!!d abord et le juger en tant que tel…..Au revoir




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  • Koulou
    14 janvier 2010 at 5 h 04 min - Reply

    Feu BOUDIAF avait soulevé le couvercle d’une chaudière pleine de crabes. C’est pour ça qu’il a été assassiné et les gens qui l’ont assassiné sont malheureusement encore au pouvoir. Je croit que c’est la raison pour laquelle sa famille n’a pu entamer une enquête approfondie sur les réelles motivations de ses assassins. Mais le poblème c’est que la famille BOUDIAF n’a pas réellement connu leur père.Il a été longtemps éloigné de sa famlle. J’espére qu’un jour sa famille la plus proche puisse s’élever et chercher les assassins de leur père.
    Je le souhaite sincérement.




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  • rabah
    14 janvier 2010 at 7 h 30 min - Reply

    au dela du passé glorieux de mohamed boudiaf allah yerahmou, En bon democrate il aurait du ne pas accepter l’offre des genéraux puchistes,moralement et politiquement c’est une tres grosse erreur, il aurait du refuser,l’algerie a et avait besoin de calme et de democratie, les généraux etaient dos au mur a ce moment et monsieur boudiaf leur a tendu une perche,l’algerie n’a pas besoin d’un supermanne,elle a besoin de verité de justice et d’urne.




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  • NACER BOUDIAF
    14 janvier 2010 at 10 h 01 min - Reply

    @ yassine,
    vous parlez de mémoire, si je ne parle pas de mon pere je ne vois pas quelqu’un d’autre le faire, consultez la presse. Pour ce qui est de la verite depuis l’assassinat de mon père je n’ai jamais cesse de la revendiquer.J’ai accusé le General Larbi Belkheir d’etre l’un des instigateurs, j’ai interpelle le general Khaled Nezzar lui disant que la thèse de l’acte isole ne tient plus, j’ai aussi interpelle Sid Ahmed Ghozali qui ete a l’epoque chef du gouvernement, redha malek president du CNT, la commission d’enquête, Ali Kafi President du HCE, ali haroun alors me dire que parfois vous-vous posez la question sur mes silences sur les assassins, je suis perplexe.Je vous conseille d’aller sur google, vous tapez mon nom et vous allez ttouver mes écrits. Cordialement Nacer BOUDIAF




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  • BOUDIAF NACER
    14 janvier 2010 at 10 h 14 min - Reply

    @ Rabah,
    l’Algerie en 1992 etait au bord du chaos, et c’est grâce a l’envergure et a la stature de Mohamed BOUDIAF que l’Algerie a evité de sombrer dans la guerre civile. BOUDIAF n’est pas supereman, sinon il ne serait jamais mort, BOUDIAF vous a evité un veritable pogrom, et c’est de cette facon que vous le remerciez?




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  • Résigné
    14 janvier 2010 at 15 h 22 min - Reply

    Quelles que soient ses erreurs politiques, Le Président Boudiaf, allah yerhmou, reste pour moi l’homme politique algérien le plus authentique et sincère.
    Même dans sa mort, il était resté impassible comme pour dire:  » je n’ai rien à me reprocher »
    Alors que les autres ruaient dans tous les côtés pour sauver leur peau comme des charognards.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    14 janvier 2010 at 21 h 56 min - Reply

    Salam,

    Nacer Boudiaf, je comprends votre amour filial. Je comprends que vous ressentiez comme une cruauté pour vous l’oubli qui entourerait feu votre père par ceux-là mêmes qui l’ont ramené dans leurs bagages et l’ont exécuté.

    Désolé de vous dire, comprenant évidemment votre peine, que Mohamed Boudiaf qui a, avec Krim Belkacem, pris le premier le chemin de l’opposition au régime qui se mettait en place en 1962 a failli à ses principes notamment sa position contre une armée de putschistes (1962, 1965, 1992) et bradé ses années d’exil pour une résidence présidentielle surveillée. Et contrairement à ce que vous dites, Mohamed Boudiaf n’a pas répondu à l’appel de l’Algérie le 16 janvier 1992 mais à celui d’une poignée de généraux qui venaient de commettre un crime contre le peuple.

    Je veux vous rappeler de tête les propos que votre père avait tenus dans une interview au journal « Le Monde » le lendemain des élection législatives du 26 décembre 1991 : « Le FIS a remporté démocratiquement ces élections, il lui appartient de gouverner le pays ».

    Mohamed Boudiaf qui revendiquait dans l’opposition la légitimité populaire et démocratique qu’il contestait à nos adversaires a fini par leur offrir sa « légitimité historique » pour donner une façade patriotique et civile à un régime militaire qu’il a combattu durant 40 ans.

    A l’exception de ceux qui l’ont suivi par opportunisme à la présidence de l’Etat, la majorité des anciens responsables et militants du PRS n’étaient pas surpris par sa volte-face.

    Il faut dire aussi que Mohamed Boudiaf a rompu avec toute activité politique organique depuis 1977, le PRS avait connu à ce moment là une très grande crise qui a abouti à des exclusions multiples y compris celle de son fondateur des rangs du parti. Il s’occupait à Kenitra de sa briqueterie au moment où les Janviéristes font appel à lui par l’intermédiaire d’anciens compagnons PRS qui avaient rejoint le système pour prendre la tête du HCE.

    Mohamed Boudiaf restera, cependant, dans l’Histoire de l’Algérie comme l’homme de Novembre.




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  • yassine
    15 janvier 2010 at 18 h 01 min - Reply

    @ Nacer Boudiaf

    Mon cher Nacer, les circonstances de la vie ont fait que j’ai rencontré votre père à Kenitra au Maroc en 1989 et en juin 1990, je garde le souvenir d’un homme intègre d’une culture immense et un amour sans mesure pour le peuple Algérien. Pour la parenthèse 92 je ne peux pas porté un jugement certainement qu’il avait ds paramètres que je ne connais pas! Mais je me souviens d’un homme sans illusion sur ceux qui gouvernaient l’Algérie, pour ceux qu’ils le jugent pour les camps du sud un jour ils comprendront qu’ils ont réellement ont échappés à une mort programmée ( c’est une autre histoire) si je pose la question sur vos silences c’est pour vous dire que l’action en Algérie ne vous apportera pas de réponse, les assassins il faut leur faire la pression de l’extérieur, Nacer je ne suis ni juge ni censeur ni moralisateur mais j’aime la justice la mort de Boudiaf a ouvert les portes de l’enfer en Algérie ses assassins on compris que Boudiaf vivant l’Algérie n’aurais jamais vécu les massacres de masse
    cordialement et je suis à votre disposition




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  • bouyilès.
    15 janvier 2010 at 18 h 47 min - Reply

    « Boudiaf vivant l’Algérie n’aurait jamais vécu les massacres de masse ». C’est l’idée qu’aurait retenu tout Algérien digne de ce nom en se remémorant les actes des 6 mois de M.Boudiaf.Les conclusions que vous énoncez et les jugements que vous portez sur l’homme sont pertinents et constituent l’unique vérité sur ses intentions




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  • Adel
    17 janvier 2010 at 11 h 03 min - Reply

    Boudiaf, comme Messali, a consacré les plus belles années de sa vie à l’Algérie. Comme lui, il est aujourd’hui voué aux gémonies par une partie des Algériens qui ne retiennent de son action que les décisions controversées qu’il a prises à un moment difficile et à un âge avancé. Je ne peux m’empêcher de penser également à Yacef Saadi et Djamila Bouhired, hier des héros, aujourd’hui trainés dans la boue. Des héros pour les uns, des traitres pour les autres. N’est-ce pas là tout le drame de l’Algérie qui n’en finit pas de renaitre et de mourir? Bienheureux les martyrs qui n’ont pas connu notre triste indépendance! Peut-être que le destin de Boudiaf était-il de mourir en martyr sur sa terre natale? Car, malgré ce qu’on peut lui reprocher, on ne peut nier le fait qu’il soit un martyr, mort pour l’Algérie tout simplement, ni pour les « éradicateurs », ni pour les « intégristes ».




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  • rabah
    17 janvier 2010 at 13 h 34 min - Reply

    Mon cher nacer,d’bord je ne saurais comment rendre hommage a votre defunt pére tellement sont GRAND les sacrifices qu’il a consenti pour nous permettre d’etre libre et de « l’ouvrir « .
    Mais ce ci dit le pogrom nous l’avons vecu avec ceux qu’ils l’on fait revenir en algerie soit les nezzar et Cie,mon cher nacer il ya eu plus de 300milles morts,mais cela n’enléve en rien en l’amour que boudiaf porter a notre pays ,ni a sa probité ,ni a son honneur,et l’histoire finira par dire que son passage sur terre n’etait pas vain.J’ai dit simplement qu’il a commis une erreur politique d’avoir accepter l’offre des personnes « mal intentionnée »,et qui n’etaient pas de son rang, qu’ils n’avaient aucune histoire avec l’algerie profonde mis a aprt la traiterie,la colabo,la mesquinerie,et la voracité.




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