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22 March 2017

Après 35 jours de grève de la faim, Meriem Mehdi se meurt dans l’indifférence

Le Comité national de soutien aux travailleurs algériens (CNSTA) a observé, hier, un deuxième sit-in devant le ministère du Travail. Plus nombreux que lors du premier sit-in observé il y a quelques jours, les protestataires ont crié leur colère face au «silence méprisant et irresponsable» des autorités à l’égard de Meriem Mehdi, qui boucle aujourd’hui son 35e jour de grève de la faim pour protester contre son licenciement abusif  par la multinationale British Gas.

«El-Djazaïr harrana’ha li elmultinationales wedjedna’ha» (nous avons libéré l’Algérie pour baliser le terrain aux multinationales), scandaient, entre autres slogans, les frondeurs. Peine perdue.
Contrairement au premier sit-in, les portes du département de Tayeb Louh sont restées cette fois désespérément fermées. Aucun responsable n’est venu à la rencontre des protestataires, qui ont préféré se retirer en voyant le dispositif policier devant le siège du ministère se renforcer. Nassera Ghozlane du comité femmes du SNAPAP et du CNSTA n’arrive plus à cacher ses craintes sur la vie de sa camarade et encore moins sa colère à l’encontre des responsables. «Si un malheur arrive à Meriem, ce sera un crime dont le ministre du Travail assumera l’entière responsabilité», lance la syndicaliste, larmoyante. «Meriem se meurt, elle ne peut plus parler. Nous l’avons conduite à quatre reprises pour un gavage à l’hôpital et elle est sous assistance psychologique», déplore-t-elle. Meriem Mehdi s’est métamorphosée après 35 jours de jeûne. Les yeux hagards, elle s’est murée dans un silence total depuis quelques jours déjà, assurent les femmes qui l’assistent et l’assistance psychologique. En outre, un méchant herpès, aidé par la grave immunodéficience induite par la longue période d’abstinence, lui gangrène la plus grande partie de son visage et l’acné s’est attaquée à ses tempes et à sa nuque. D’ailleurs, par respect, les femmes qui l’assistent refusent aux photographes de presse de prendre Meriem en photo. Mme Mehdi est sous surveillance médicale bénévole et son médecin affirme qu’elle gardera des séquelles.
Au-delà d’un litige social opposant une employée à son employeur, le cas Meriem Mehdi relève d’un cas humanitaire nécessitant une intervention urgente des autorités concernées pour assister une personne réellement en danger de… mort.
H. Mouhou


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13 Commentaires sur cet article

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  • Mohand Tahar
    13 janvier 2010 at 11 h 44 min - Reply

    Tout est signe est tout signe est message!!!
    Voila une image qui ont dit long sur la nature et la culpabilité à travers ce ce silence complice du régime algérien face à nos concitoyens qui sont broyés par des multinationales sans état d’âme, la responsabilté incombe l’Etat algérien qui ne protège pas ses citoyens de la menace extérieur.




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  • Si Salah
    13 janvier 2010 at 15 h 32 min - Reply

    35 jours de grève de la faim !!!

    En general nous ne devons jamais nous adresser au
    « président » Bouteflika, car il fait partie integrale du probleme, seulement je n’exagere pas en disant que Meriem est entrain de mourir sous nos yeux…

    Je demande en consequence à « admin » d’ecrire
    un paragraphe pour une petition de mise en garde
    à l’intention de Bouteflika pour qu’il intervienne
    en faveur de Meriem comme il vient d’intervenir
    afin de prendre en charge les frais de l’operation du gardien de but Gaouaoui(hier dans le JT de 20 H !!!!)

    Est-il + urgent d’intervenir pour le gardien qui vient d’empocher 300 mille € de prime ou de sauver une desesperée qui a jeuné 35 jours.

    Ya bouguelb, qu’est devenue l’Algérie en 2010?

    Faites qlq chose M. Salah Eddine, vous qui avez
    vu Meriem il y a 2-3 jours…

    Si Salah

    =======================
    Nous essayons, cher frère, de sensibiliser l’opinion publique sur le drame de cette soeur, victime de l’arbitraire. Théoriquement, toutes les « autorités » sont informées de ce cas. Le comité de soutien et le comité de femmes du Snapap ont fait un énorme travail de sensibilisation, tout comme de jeunes et courageux journalistes ont médiatisé l’affaire. Mais il semble que cette multinationale, qui risque d’avoir un crime sur la conscience, compte sur ses « appuis » internes, ce qui explique son arrogant silence. Nous devons nous mobiliser encore plus pour sauver notre soeur.

    Salah-Eddine




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  • h’mida
    13 janvier 2010 at 17 h 54 min - Reply

    Un jour plein de gens passeront devant le TPI. Ce pouvoir de demeurés ne sait pas qu’il y a une justice internationale. Il ne faut rien attendre de la part de ce régime veule.




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  • Benhabra brahim
    14 janvier 2010 at 2 h 33 min - Reply

    35 jours de greve de la faim!!!!!son etat se degrade de jours en jours..Ils veulent l EUTHANASIER ou quoi????..Puisqu il n y a plus entre elle et son mal (la societe anglaise) le lien (l autorite de l etat) qui doit la sauver……..Au revoir




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  • rue
    14 janvier 2010 at 11 h 11 min - Reply

    Algeria-based British Gas branch explains decision to sack employee

    Posted 08:08 AM ET

    Jan 09, 2010 (BBC Monitoring via COMTEX) — Following the publication of an article on 4 January 2010 concerning the case of Meryem Mehdi, British Gas Algeria has sent us the following details:

    « Ms. Meryem was hired on 15 May 2007 as administration and operations coordinator at our office in Hassi Messaoud. Our working relationship with her had ceased on 6 November 2009. She had been our employee for two and-a-half years.

    « During the third quarter of 2009, British Gas Algeria had reorganized the Hassi Messaoud office and the position she held passed from a regime of four working weeks followed by four weeks of rest to a system of regular work, that is to say 5 days of work per week. We offered this position to Ms Mehdi. Ms Mehdi decided to refuse the new position and also an offer of compensation in case of refusal on her part amounting to over 600,000 Algerian dinars (60m centimes). She asked for 20,000,000 Algerian dinars (2bn centimes) in compensation, what British Gas Algeria found unrealistic and unacceptable. Ms Mehdi refused to work under the new regime of work .Therefore her employment had been terminated.

    « Ms Mehdi, in her absolute right, brought the case to the labour inspection of Hassi Messaoud in December 2009. Following that hearing, the labour inspection of Hassi Messaoud had notified that the dispute should be settled by the Algerian justice and the case should be referred to the competent court. The exact date of the hearing had not yet been communicated to us.

    « Nevertheless, Ms Mehdi had since decided on her own not to pursue the legal means she had herself initiated. Instead, she decided to start a hunger strike. Her decision to pursue such an action had generated media coverage.

    « Ms Mehdi is free to bring her claim before the Algerian justice and obviously we respect and comply with any court order in perfect agreement with the Algerian law. British Gas Algeria wishes to find a just solution to this dispute and we are totally committed to do so through legal and appropriate channels.  »

    Source: Liberte, website, Algiers, in French 9 Jan 10




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  • Chahed
    14 janvier 2010 at 13 h 28 min - Reply

    NOUS TEMOIGNONS POUR MADAME MEHDI EL MAHGOURA A BP :

    Chez nous à Hassi messaoud les patrons des multinationales harcelent et licencient les hommes et les femmes avec l’aide de cadres algériens de sonatrach et du ministére.

    Pourquoi les hauts cadres de l’etat ne reagissent pas pour defendre madame MEHDI contre l’abus et le harcement sexuel ?

    Simplement parceque lesdits cadres de la nation ont des enfants qui travaillent à BP ici et ailleurs à l’etranger et qui touchent plus de 50.000,00 dinars par mois.

    MERIEM MEHDI a été licenciée pour avoir defendu son nif national de femme musulmane, une vraie algerienne de pûre race. RABI KAÏNNE

    Les femmes qui se soumettent pour les expatriés sont bien traitées elles reçoivent en plus des missions ici dans des hotels cinq etoiles et à l’tranger pour de belles prises d’images….sexy. Promotions canapé.

    BP a agit abusivement en vers madame MEHDI, les preuves existent. Nous temoignons devant DIEU ET DEVANT LES HOMMES QUE MME MERIEM MAHDI MADLOUMA.




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  • omar alatlassi
    14 janvier 2010 at 21 h 16 min - Reply

    Pour le régime algérien aminato haidar et le polisorio sont plus importants et plus cheres que n importe citoyen algérien.de même pour ses outils de propagande :TSA ALKHABAR ACHOUROUK ANAHAR ENTV…..etc qui ont Submergé les algerien par une infinité de reportages et  »d informations » sur une fausse grève de la faim d aminato.
    Aux algériens d analyser et de faire des conclusions.




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  • daskalides
    15 janvier 2010 at 22 h 06 min - Reply

    Décidemment, les fous de fric ou de leur dieu ne sont plus à classer dans l’espèce humaine.
    En Europpe notre si belle démocratie s’essouffle devant la terreur ou le pognon, au dessus des lois les plus élémentaires.
    Je crois encore à l’Europe et si elle est sensible à ces cas de figure, elle en sortira grandie, respectée comme ses représentants, à défaut nos élus Européens n’ont rien à foutre à cette institution et je ne parle plus de fric, trop courant….




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  • Tweets that mention Le Quotidien d’Algérie » Après 35 jours de grève de la faim, Meriem Mehdi se meurt dans l’indifférence — Topsy.com
    16 janvier 2010 at 2 h 41 min - Reply

    […] This post was mentioned on Twitter by Emaux, Selim , George Desmyter, HARTMANN Sandra, tarek kahlaoui and others. tarek kahlaoui said: Après 35 jours de grève de la faim, Meriem Mehdi se meurt dans l’indifférence: http://bit.ly/5DrzcU […]




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  • Benhabra brahim
    16 janvier 2010 at 8 h 10 min - Reply

    Je viens de lire le post de British Gaz…Les 1eres sections syndicales au monde sont nes en Angleterre « Trades Unions »!!!!La reaction de Mme Meriem Mehdi suite a la descision de British Gaz alerte les autorites sur ce qui se passe au sud.Dans l interet de tous (Societe et employes)il est urgent d abord de regler le plus vite possible la situation de cette mere mais surtout obliger les section syndicales des ouvriers de ces societes etrangeres d envoyer tout les mois des rapports de situation a l inspection du travail ainsi qu une copie au Wali…..Je pense qu ainsi a l avenir chacun sera face a ses responsabilites!!!!Au revoir




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  • HEDI
    16 janvier 2010 at 13 h 50 min - Reply

    C est vraiment honteux.

    Meriem Mehdi est vraiment mille fois mieux que les bureaucrates qui ne defendent pas l interet du peuple.

    Et puis il n y a pas de difference entre l Algerie et le nigeria. Les societes petrolieres font tous ce qu elles veulent. Les peuples cest de simples outils negligeable.




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  • IDIR
    18 janvier 2010 at 21 h 21 min - Reply

    Mme Mehdi risque de mourir, dans le silence assourdissant de la presse écrite, de la presse télé, des sites et des blogs, tout cela, devient intolérable. Il ne s’agit ni d’encourager Mme Mehdi, ni de la décourager, son combat est un combat moral contre l’injustice qui lui est faite. Nous devons lancer un appel solennel pour qu’on relaye, l’état de santé de Mme Meriem par n’importe quel moyen; par la parole, par l’écrit, par les syndicats, par une chaîne humaine, par internet.

    Tout en respectant la volonté de Meriem MEHDI, nous devons tenir, d’un point de vue strictement humanitaire et patriotique, à faire savoir cette situation qui devient de plus en plus grave et à en informer encore plus le monde politique et la société civile.

    « Il faut noter que d’autres complications peuvent apparaître, de manière non systématique mais parfois très précoce : altération de la fonction rénale, hypertension artérielle, troubles métaboliques (ioniques), convulsions, délire, lésions cérébrales (encéphalopathie de Wernicke), œdèmes de carence, etc. »

    Survenant après 5 semaines de grève de la faim, cette volonté ne peut qu’entraîner des conséquences critiques, irréversibles et potentiellement mortelles à court ou moyen terme, aucun gréviste de la faim n’ayant jamais survécu plus de 70 jours, la majorité pas plus de 50-60 jours, en fonction de l’état physique de départ.

    Nous sommes avec vous, Mme Mehdi, contre l’injustice et le crime de la multinationale, vous êtes la Djamila Bouhired du XXI siècle pour les générations futures.
    Fraternellement
    IDIR




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  • Si Salah
    18 janvier 2010 at 21 h 59 min - Reply

    @Idir: j’ai déjà proposé une petition de mise en garde à l’occupant de la presidence (sur LQA). Non pas pour le supplier mais pour lui dire que nous le tenons pour premier responsable en cas de malheur. Pourquoi ne pas lancer cette petition…ca circulera vite sur internet.

    J’ai supplié à 2 reprises un chroniqueur de journal de faire un geste (un SOS dans sa chronique) comme il l’a fait par le passé pour des enfants malades, mais il est trop pris par la fievre du… foot…et n’a meme pas daigné me repondre..je suis écoeuré…

    Toute la presse s’est solidarisée pour Aminatou du sahara occidental (je suppose bcp plus pour faire plaisir au DRS que pour Aminatou à proprement parler).

    Alors, pourquoi ne le fait-elle pas pour Meriem du sahara…algérien?

    Qu’Allah en premier et en dernier vienne en aide à Meriem et qu’il maudisse la source de son malheur.

    Si Salah




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  • Congrès du Changement Démocratique