Édition du
30 March 2017

Algérie: Ils veulent ternir la réputation de Djamila Bouhired

Depuis quelques jours, des fuites organisées, des chuchotements assourdissants, des coups de coude à culbuter un bœuf, et  jusqu’à des communiqués doucereux qui miment de nous informer sur toute la sollicitude dont jouit Djamila Bouhired de la part de la CNAS, et de notre Ambassade à Paris, font tout et n’importe quoi pour ternir son image, en la faisant passer pour une profiteuse, qui dilapide l’argent des Algériens en folies de riches, comme de loger dans des Palaces parisiens, de rouler carrosse à bord de luxueuses conduites intérieures et autres « choufouni ». Comme de bien entendu, la presse ne s’est pas faite prier, pour relayer ce genre de papotoges.(Article de presse)

Djamila savait-elle qu’on allait lui tendre un traquenard lorsqu’on allait lui proposer de logér dans les plus grands hôtels parisiens ? J’en doute ! Dans sa touchante innocence, elle pensait certainement que le régime voulait faire oublier sa muflerie à son endroit, et qu’il voulait se racheter.

Je suis persuadé qu’elle n’a pas voulu refuser cette prise en charge « haut standing » par gêne. Par « hechma » comme on dit chez nous, parce qu’elle a ce défaut des Algériens de tout accepter plutôt que de blesser celui qui se dévoue pour rattraper sa faute.

Mais depuis ces fuites organisées et ces communiqués de coulisse de la CNAS au sujet du moindre détail de sa prise en charge, elle a de quoi se forger une conviction. Le doute n’est plus permis. On a cherché à la pieger. Et on l’a piégée.

On a décidé, en très haut lieu, de lui faire payer ses lettres au peuple algérien et au chef de l’état.

Car dans le milieu mafieux qu’est le régime algérien, nul n’a le droit de violer la sacrosainte loi de l’omerta. tout un chacun doit l’observer, et ne jamais se plaindre au peuple en cas de problème. Rappelez vous Bouteflika, Chadli, Belloucif, Zeroual, Lamari, Belkheir ! Tous ont été laminés, broyés, jetés aux orties et aux oubliettes. Mais personne d’entre-eux ne s’est confié au peuple algérien. Ils ont préféré laver leur linge sale en famille, et pour cela le régime leur a su gré, puisqu’il les a relevé de l’ornière, qu’il ne les a jamais oublié, et même, dans le cas de Bouteflika et de Lamari, il leur a rendu au millionième leur stricte observance de la loi du silence.

Ce ne fut pas le cas de certains, comme Cherif Belkacem qui a voulu lever un coin de voile sur certaines pratiques, de ou Nacer Boudiaf qui a tenté de dénoncer les meurtriers de son père.  Ils ont été enfermés vivants dans des cercueils étanches.

Ce ne fut pas le cas de Djamila ! Parce qu’elle a refusé de se confiner dans le seul espace du régime. Elle a préféré s’adresser à son peuple, et elle a crié: « Hagrouniiiiiiiiiiiiii ».

Et le peuple lui a instantanément répondu qu’il était là pour elle, qu’il était prêt à lui sacrifier ses maigres biens, et même à descendre dans la rue si c’était nécessaire. Ce peuple qui a tant accepté l’inacceptable, qui a tant subi, qui continue de subir, qui est exsangue et plongé dans un profond coma, s’est brusquement réveillé à son appel, parce qu’il a reconnu une voix aimée. Parce que la mère, la soeur, la combattante qui lui a tant donnée, ce symbole vivant qui s’appelle Djamila Bouhired a été foulée aux pieds, son peuple qu’elle a tant aimé, ces hommes et ces femmes qui ont été les siens et qui le demeurent, ont accouru à ses cris. Nous « sommes là » lui ont-ils crié à leur tour, de toutes leurs forces, « ne t’abaisse pas à ces chiens, car tes frères et tes soeurs sont encore vivants, et fiers de savoir que tu te revendiques de leurs rangs ».

Et dans leur immense amour pour elle, dans leur gratitude de la savoir attachée à eux, et non pas au régime honni, ils lui proposé d’ouvrir un compte à l’étranger, pour lui verser de quoi vivre une éternité sans jamais recourir à la charité des nouveaux colons qui ont fait basse sur ce pays qu’elle avait contribué à libérer.

Ils lui ont proposé de la prendre en charge dans la meilleure clinique du monde, celle des stars et des rois, le « Cedars Sinaï ». Eux qui manquent de tout, qui ne sont plus chez eux, qui ne reconnaissent plus leur chère patrie.
Mais Djamila a eu la faiblesse de faire confiance au régime, à ses paroles doucereuses, et elle a oublié que ces gens là sont indignes de confiance, qu’ils sont mauvais, méchants, capables de tout.  Que se s’était-elle pas souvenu de tout ce qu’ils avaient fait subir à son peuple ? Comment a-t-elle pu faire confiance à ces monstres ?

Mais que Djamila se rassure, et qu’elle sache, si tant est qu’elle ne le savait pas, que sa prise en charge n’est pas un cadeau du régime, mais un geste, tout à fait naturel, et tout à fait légitime, de ses compatriotes, avec leur propre argent, qui est aussi le sien, et qu’elle a mérité de haute lutte.

Que Djamila sache que nous ne cesserons jamais de l’aimer, et que nous ne laisserons personne ternir son image, ni altérer l’affection qu’on lui porte, avec ces methodes de Bouchkara des patrons de la CNAS, et des journaux qui s’en font les relais.

Ces confidences malsaines et chafouines de la CNAS, dont on connait très bien les méthodes et la spécialité dans la brosse à reluire, ont été ordonnées par la Présidence de la République. Jamais la Direction Générale de cette boite, dont on connait toute les connivences, et toute les compromissions, n’aurait osé rendre publics de tels détails, s’il elle n’en avait reçu la consigne.
Mais puisque nous en sommes là, et qu’il vaut mieux tard que jamais, puisque le DG de la  CNAS a décidé d’adopter une démarche transparente dans la prise en charge de ses « assurés », dans des établissements et des hôtels étrangers s’entend, pourquoi ne continue-t-il pas dans sa belle lancée, en nous communiquant le détail de la prise en charge pour soins et hospitalisation de tous les barons du régime, de leurs familles et de leurs clientèles, dans les meilleurs palaces parisiens tels que Le Bristol, L’Hôtel de Crillon, Le Four Seasons, George V, Le Meurice, Le Plaza Athénée, Le Ritz ou L’Hôtel Fouquet’s Barrière ?
Pourquoi ne nous dit-il pas pourquoi sa caisse a payé, des années durant, la location, à l’année, d’une chambre à l’Hôtel Lutécia, à une personne et sa famille qui ne l’occupent que quelques jours seulement ?
Pourquoi ne fait-il pas comme il a fait pour Djamila, et ne nous donne-t-il pas le détail de tous les frais connexes, tels que ceux de voiturage, de restauration, de soins particuliers, comme ceux des implants, des prothèses, des cures de jouvence, et autres gourmandises séniles.
Pourquoi, tout simplement, ne nous communique- t-il pas  les listes nominatives de toutes les prises en charges avec leurs coûts ?
Et dans la lancée, il pourrait rendre publique la liste des assurés, du 2eme collège, dont la CNAS a refusé la prise en charge, avec, bien sûr, des informations sur leurs affections respectives. Comme ils sont tous décédés depuis, faute de soins appropriés, nous demanderons à la société civile de se constituer en leur nom, pour porter plainte contre la Direction de la CNAS, pour non assistance à personnes en danger, ayant entraîné leur décès.
D.Benchenouf


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12 Commentaires sur cet article

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  • jila
    17 janvier 2010 at 20 h 54 min - Reply

    Que Dieu vous protège si djamel!et des prières il vous en faut ne serait ce que pour supporter le poids des informations que vous nous apportez!!!!




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  • hakim
    17 janvier 2010 at 21 h 21 min - Reply

    Mais de quoi parle t-on.Il s’agit d’un pouvoir et d’un regime qui a envoyé boudiaf au sahara avant de le tuer, envoyer farhat abbas au sahara pour manger du pain pourri,condamné ait ahmed à mort avant son exil,etrangler krim belkacem et pendu chaabani et marginaliser tous les vrais maquisards. Ceci pour valoriser des traitres qu’ils ont rendu des quelqu’uns et des personnes respectables et à qui les journalistes du DRS leur donnent l’occasion de s’exprimer pour embellir leur passé honteux.Donc Ces malades mentaux ne peuvent qu’agir le la sorte, il n’y a rien d’etonnant et bien sur il faut en parler. Mais il ya, par contre, quelque chose de revelateur dans cette affaire. C’est qu’elle decouvre la personalité de bouteflika. Même avec une petite parcelle de pouvoir il n’hesite pas d’etre un HAGGAR à l’egard d’une femme de 75 ans. Par contre il s’accommode bien du duo qui a vendu ali laponte et larbi ben mhidi (alah yarhamhoum). Les notstalgiques de l’algerie francaise en france ne peuvent esperer mieux.Il ont eu leur vengeance,merci à bouteflika.




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  • rouidjel
    17 janvier 2010 at 22 h 28 min - Reply

    SVP de grâce vous aussi, ne me dites pas que le sort des véritables moudjahidinnes vivant dans la précarité n’était pas connu de djamila depuis des années, pourquoi seulement aujourd’hui elle en parle? en plus pourquoi dit elle qu’elle vient d’ouvrir 2 comptes un en dinar, l’autre en devise alors quelle les avait depuis fort longtemps, elle a de tout temps voyagée à l’étranger? en plus pourquoi ne pas créer une association ou donner les comptes d’une association sérieuse au lieu de ses propres comptes. Non pour moi les véritables moudjahiddine sont ceux qui vivent dans la dignité sans quémander qquoi que ce soit, ceux qui ont des pensions, terrains, licence de boisson, de taxi etc ce sont des mercenaires point barre




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  • Abdelkader DEHBI
    17 janvier 2010 at 22 h 42 min - Reply

    @—Rédaction : – A vos multiples interrogations, permettez-moi d’ajouter deux autres :
    1°) – Que le Directeur Général de la CNAS qui brasse des milliards de Dinars, aie le courage de publier les bilans annuels de cet organisme comme la Loi l’y oblige;
    2°) – Qu’il communique à la connaissance des citoyens-cotisants-salariés, le montant exact – en milliards de Dinars – que le délinquant répondant au nom de « Sidi Saïd » Secrétaire Général de l’UGTA a mis à la disposition de Khalifa Bank en faillite.




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  • Djamila
    18 janvier 2010 at 9 h 04 min - Reply

    La photo jointe à votre article est de Djamila Bouâzza et non de Djamila Bouhired. Sinon, et si on se souvient bien, elle s’était bien plainte des conditions d’hébergement en France, alors où est le problème maintenant?
    http://www.elwatan.com/Le-coup-de-gueule-d-une-heroine
    Elle avait ouvert un compte (deux : un en dinars et l’autre en devises)pour récolter des dons, en disant qu’elle refusait l’aide de l’état.
    http://www.elwatan.com/Le-cri-de-colere-de-Djamila
    Et maintenant elle est prise en charge par l’Etat (l’argent public)et il faudrait que personne n’en parle?
    Et puis pourquoi une fois elle est courageuse et digne? et une autre fois naive et faible?




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  • Adel
    18 janvier 2010 at 9 h 59 min - Reply

    Décidément, il avait bien raison Fellag: chez nous quand on atteint le fond, on creuse. La bassesse n’a pas de limites. Ces malades mentaux qui dirigent le pays n’ont plus honte de rien.




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  • kimahouma
    18 janvier 2010 at 13 h 01 min - Reply

    Encore une fois, on prend les Algériens à témoins non consentants d’une querelle de sérail.
    C’est écoeurant.




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  • radjef said
    18 janvier 2010 at 14 h 03 min - Reply

    Bonsoir tout le monde.Cher Djamel, outre la science de la rumeur, notre presse bien pensante excelle dans la sardinologie, la bierologie, la kimialogie et la fessologie. De nouvelles sciences qui viennent d’apparaitre sous le ciel d’Algérie grâce au precieux concours de Fakhamatouhou qui n’a pas lésiné sur les moyens pour aider l’imagination debordante de notre presse…Ne vous etonnez si demain on vous dit que notre amie Djamila Bouhired est une…A cette occasion Khaled Nezzar va ecrire un autre livret sur le passé comprommetant et douteux de notre soeur Djamila. Il sera prefacé cette fois par Khaled Bounadjma…




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  • el amel
    18 janvier 2010 at 18 h 12 min - Reply

    Moi je dis qu’ils ne peuvent pas ternir l’image de Djamila, ni d’autres personnes qu’ils traquent parce qu’elles deviennent gênantes, parler ou écrire les dérange même nos commentaires les gênent. Je dirai qu’ils crachent en l’air. Ayant perdu un parent proche dans l’attentat du 11 décembre, j’ai été tellement entouré par les sbires : procureur, médecin, sociologue, député, étudiant (es) et j’en passe que vous finissez par reconstituer un puzzle car chacun d’entre eux voulant soutirer un renseignement finit par vous instruire, c’est la répartition des tâches de subalternes servant un régime au service de fafa. Bonne guérison à Djamila Bouhired et luttons pour une Algérie libre et indépendante.




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  • Benhabra brahim
    19 janvier 2010 at 4 h 38 min - Reply

    La « Bataille d Alger » 2…..Scenario revue et corrige par des gens n ayant jamais vecu la N°1…Forcement que ca tire de tous les cotes et ca va dans tous les sens….Je suis totalemenr convaincu qu elle pouvait avoir sa prise en charge avec une totale discretion des le depart!!!!Je souhaite qu a son retour une conference de presse avec Djamila Bouhired soit organisee et savoir une bonne fois pour toute le veritable scenario de cette histoire…..Au revoir




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  • tacili
    20 janvier 2010 at 12 h 47 min - Reply

    Bonjour,

    Est ce que Mme Bouhired est au dessus de toute critique ?

    Bien sur que non. Elle a commis une erreur de jugement fatale et s’est faite piégé non pas par le pouvoir mais par son son double jeu après sa décision de rendre publique ses petites gueguerres avec ses amis au pouvoir. Elle a exploite l’amour que voue le peuple a ses symboles (des fois exagéré a mon avis) pour faire du chantage pur et simple.

    Maintenant que la Maffia a décidé de la prendre en charge et que le coup ait réussi, elle est rentrée dans les rangs et se trouve a jouir des délices du fameux Hotel George V a Paris.

    De cette vieillissante révolutionnaire qui doit de l’argent au boucher et a la supérette de son quartier a l’extravagance du George V je me suis trouve entrain de questionner les fondements même de sa personnalité et comment elle va s’expliquer devant ceux qui ont cru en son appel.

    C’est peut être une déception pour beaucoup mais pour moi et je l’ai exprime dans un post précèdent elle représente le système et y est solidement attachée. Elle ne peut vivre sans le système et elle l’a prouve une fois encore.Avoir participer a la révolution n’est plus un gage contre la critique. Les critères de jugement ont change en effet.

    Ceux qui lui jurent amour éternel doivent revoir leurs positions car elle ne mérite rien du tout après cet épisode dégoutant.

    Merci.




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  • el amel
    22 janvier 2010 at 10 h 19 min - Reply

    Ils se sont piégés car moi qui est la cinquantaine je ne savais pas que les VIP créchaient dans des hôtels de luxe lorsqu’ils se déplaçaient pour les soins. Elle qu’elle ait accepté ou pas ce n’est pas important, on ne peut pas être vigilant 24H/24, croyez moi « ils » ne s’arrêtent pas et ils vous frappent là où vous ne vous attendez pas. Un malade vous appelle à son secours et vous vous rendrez comte que c’était programmé par un tiers, vous êtes en deuil et ils vous font entourer par X ou Y, « ils » s’attaquent à vous dans la patrie des droits de l’homme avec la complicité de pseudo-intellectuels français qui soutiennent les antennes créés par leurs amis qui les invitent pour des séjours au soleil dans le cadre de l’euro- méditerranée comme me le disait un sociologue algérien qui avait qualifié l’antenne de l’ueaf de l’université da paris 8 de « chiens » pour leur manipulation souterraine, moi je dirai qu’ils sont formatés par l’école fondamentale qui n’a pas développé l’esprit critique et le premier venu pourrait les manipuler et la rente pétrolière spoliée au peuple sert à mettre en place des paravents, souhaitons une bonne guérison à Djamila Bouhired et une bonne lutte au corps médical pour sauver la santé en Algérie et permettre à toutes les djamila de se soigner au pays.




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  • Congrès du Changement Démocratique