Édition du
22 July 2017

Contestation des citoyens à travers plusieurs wilayas Rassemblements et Routes coupées


El Watan, 18 janvier 2010
Les manifestations de rue se multiplient dans le pays, révélant le ras-le-bol de citoyens excédés par les promesses non tenues des responsables à différents niveaux institutionnels.

Dans les wilayas de Boumerdès, El Tarf, Aïn Defla, Tizi Ouzou, Sidi Bel Abbès…, la fermeture des routes et les rassemblements de protestation devant les sièges des APC se sont imposés, hier encore, comme le moyen, le dernier, de crier leur colère. Les revendications sont quasiment les mêmes partout, révélant l’échec des politiques de développement prônées et mises en œuvre jusqu’ici et le malaise grandissant qui étreint les populations. Réfection des routes, ouverture de lignes de transport, couverture sanitaire, emploi… autant de soucis lancinants que partagent au quotidien les contestataires, qui ne croient plus en le pouvoir et la compétence des institutions locales.

Par M. S.

Les habitants de Bouhdoud (Aïn Defla) s’insurgent

Des habitants de la petite localité de Bouhdoud, relevant de la commune de Ben Allel (wilaya de Aïn Defla), ont tenu hier un rassemblement devant le siège de l’antenne administrative du village.

Des jeunes brandissaient des banderoles portant des slogans hostiles à l’administration, accusée de marginaliser la population de la région. Réhabilitation des routes, accès au gaz de ville, création d’espaces de loisirs et de jeux, création d’emplois, distribution équitable de l’eau… autant de revendications mises en avant par les protestataires.

A noter que la petite localité a vécu, durant les années de terreur, des moments difficiles en raison de sa proximité avec le mont Zaccar et les hauteurs de Miliana. Aujourd’hui, disent les habitants rencontrés lors du rassemblement, la population aspire au bien-être par l’application des programmes de développement et l’amélioration des conditions de vie. Dans ce sillage, nos interlocuteurs demandent aux pouvoirs publics l’ouverture d’’enquêtes concernant l’octroi des aides à l’habitat rural et tout ce qui a trait aux programmes de développement dans leur village.

Par Aziza L.

Rassemblement des citoyens à Taoudmount (Sidi Bel Abbès)

Des dizaines de citoyens se sont rassemblés hier, devant siège de l’APC de Taoudmount, située à 70 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Sidi Bel Abbès, en signe de protestation contre les dures conditions de vie dans cette localité considérée parmi les plus défavorisées de la wilaya.

Selon des citoyens de la région, un groupe de jeunes a bloqué, tôt dans la matinée, la circulation automobile sur le CW48 pour exiger des responsables l’ouverture de nouveaux postes d’emploi dans le cadre du Dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP). D’autres contestataires ont réclamé l’inscription de nouveaux projets de développement au profit de leur localité et l’achèvement des chantiers qui sont en cours, notamment celui du revêtement du CW38. D’un autre côté, les protestataires ont exigé une meilleure couverture sanitaire et le renforcement du centre de santé de Taoudmount en matériel et personnel médical.

Par M. Abdelkrim

Encore des protestations à El Tarf

Des manifestants ont bloqué hier la circulation routière sur la RN84 A, à la sortie ouest d’El Kala, pour demander que l’unique ligne de transport urbain soit étendue aux quartiers périphériques de la ville.

Mercredi dernier, c’étaient les habitants du hameau de Dey El Garaâ, à la sortie sud de la ville, qui barraient la RN44 parce que les transporteurs grillaient l’arrêt de leur douar. Arrêt non homologué, expliquent ces derniers qui toutefois s’y arrêtent lorsqu’ils ont des places libres. Quelques jours avant, ces deux mêmes routes étaient simultanément coupées. Une occasion pour la population de rappeler aux autorités locales la précarité dans laquelle elle se trouve et les promesses vieilles d’une génération. Au début du mois de décembre, on a dénombré pas moins de 5 émeutes en 3 jours.Il ne se passe pas une semaine sans que, quelque part dans la wilaya, la population ne proteste en barrant la route avec des objets hétéroclites ou des pneus enflammés pour couper la circulation et paralyser temporairement toute activité. C’est devenu une pratique courante pour rétablir un droit bafoué, réclamer la satisfaction d’un besoin élémentaire, dénoncer un abus…

Par Slim Sadki

Mouvement de colère à Bensekrane (Tlemcen)

Hier, les habitants de la daïra de Bensekrane se sont rassemblés pour interpeller les autorités de la wilaya sur leur cadre de vie lamentable.

Le mouvement de colère, bien que pacifique, a isolé la région du reste de la wilaya. Dès le matin, des jeunes et des moins jeunes de la cité populeuse Sidi Mohamed ont assiégé le siège de l’APC et coupé la RN2 menant au chef-lieu de wilaya. Le mouvement de protestation a, ensuite, attiré la majorité de la population. « Le maire s’est montré impuissant en déclarant qu’il avait établi des fiches techniques pour plusieurs projets de développement, malheureusement, au niveau des services de la wilaya, il n’y a eu aucune suite positive », ont déclaré des jeunes, en colère, sur le parvis de la mairie. Pour ceux qui ne connaissent pas Bensekrane, l’une des plus anciennes communes du pays, fondée en 1897, elle demeure une zone exagérément et inexplicablement rurale. « Nos routes sont dégradées, nous avons droit à la boue en hiver et à la poussière le reste des saisons, l’éclairage public est inexistant.

Nous sommes restés une bourgade, malgré notre statut de daïra et la politique du développement local a touché toutes les agglomérations de la wilaya… » Dans l’après-midi, le représentant du wali, accompagné du chef de la sûreté de wilaya se sont déplacés sur les lieux pour tenter de convaincre les manifestants de rouvrir les routes. C’est vers 16 h que des représentants de la population se sont réunis au siège de la daïra, après une visite en ville « pour justifier notre colère vis-à-vis des responsable ». En fin de compte, il a été décidé que dès aujourd’hui, une grande partie de la ville sera bitumée et d’autres projets rapidement étudiés pour une rapide réalisation. Pour rappel, il y a quelques mois, une enveloppe d’un milliard de centimes a été débloquée pour restaurer la mosquée de Aïn Takbalet où est décédé le saint Sidi Boumediène Choaïb. « Vous voyez bien qu’on pense aux morts avant les vivants… », commentent des jeunes, l’ardeur tempérée.La ville a retrouvé sa quiétude en fin d’après-midi.

Par C. Berriah

Les villageois bloquent la route à Tizi Ouzou

Plusieurs dizaines de citoyens, des habitants du village Timizar Loghbar, dans la commune de Tizi Ouzou, ont fermé, hier, les RN 12 et 72 à hauteur du pont de Bougie, à l’aide de pneus brûlés et des barricades de fortune.

Un chargement de tout-venant a été déversé sur la chaussée, bloquant l’accès vers les localités de Tigzirt et Ouaguenoune. Les barricades ont été levées vers 11h30, après l’intervention des forces de l’ordre qui ont usé de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Au moins trois personnes ont été interpellées sur place. « C’est une action spontanée de nos concitoyens, parce qu’ils en ont marre des promesses et des mauvaises conditions de vie à Timizar Loghbar. Nos revendications sont d’ordre social. Nous les avons déjà transmises au wali, lors de sa dernière visite en 2007, dans cette partie de la commune, mais rien n’est fait à ce jour », fulmine un manifestant. Courroucés, des manifestants disent avoir « sollicité les pouvoirs publics à maintes reprises. » « Nous avons de fréquentes coupures d’eau. La conduite, qui devait renforcer le village en eau potable, n’est pas opérationnelle.

Des dizaines de nouvelles constructions ne sont pas raccordées au réseau d’assainissement. Le projet de raccordement au réseau de gaz naturel piétine et les travaux occasionnent beaucoup de désagréments à la population », lance un représentant du village. Les manifestants, des jeunes chômeurs pour la plupart, réclament par ailleurs leur droit à l’emploi. « Ni l’ouverture de plusieurs écoles primaires ni la présence de la station d’épuration des eaux usées sur le territoire de la commune n’ont profité aux villageois », ajoute-t-on. Quant à l’aménagement urbain, explique-t-on, les chantiers sont à l’arrêt pour certains, et d’autres ne sont pas encore entamés. Avant l’intervention des forces de sécurité pour lever les barricades, les habitants du versant est de la wilaya de Tizi Ouzou se sont retrouvés complètement coupés du chef-lieu de wilaya durant toute la matinée d’hier. Les automobilistes ont été contraints de contourner le lieu de la manifestation par la rocade sud afin de rejoindre le centre-ville, mais des embouteillages les ont rattrapés à l’entrée de l’agglomération. En début d’après midi, une délégation des villageois a été constituée pour rencontrer le chef de daïra.

Par Nordine Douici


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