Édition du
27 March 2017

Qui poursuit qui ?

Par Abdelkader DEHBI

– en marge du scandale de corruption à Sonatrach –

Delendo Quoque Carthago ! Au risque de le répéter indéfiniment, le mal essentiel qui ronge notre pays, c’est la nature du pouvoir en place, un pouvoir illégitime, corrompu et félon. Pour s’en tenir uniquement aux deux dernières décennies, on ne cessera pas de rappeler qu’en Janvier 1992, une poignée de généraux putschistes encouragés par la France de M. Mitterrand ont foulé aux pieds la volonté du peuple algérien qui venait de porter au pouvoir, le Front Islamique du Salut par une écrasante majorité. Depuis cette date, toutes les élections en Algérie – qu’elles fussent présidentielles, législatives ou locales – ne sont que de tristes simulacres qui vérifient l’hommage que le vice rend à la vertu.
Plus de 200.000 morts après, avec en prime, quelques 20.000 « disparus », les mêmes criminels de généraux, acculés par l’imminence de poursuites devant un Tribunal Pénal International, ont parrainé en 1999, la cooptation de M. Bouteflika à la tête de l’Etat. Parrainage conclu sur la base d’un deal mafieux, aux clauses connues de l’Occident et faussement baptisé de « Réconciliation nationale » qui s’est révélé dans les faits, comme étant une auto amnistie des généraux criminels. Même si aux yeux de la morale et du Droit International, ces criminels demeurent toujours passibles de poursuites pour Crimes contre l’Humanité, crimes imprescriptibles donc, comme les tragédies de Raïs et de Bentalha entre autres.
Aussi, Madame Florence Beaugé qui ne s’est jamais cachée de frayer avec certains cercles des plus mafieux du pouvoir, est-elle malvenue de nous parler aujourd’hui – dans un article assez inutile, publié dans « le Monde » daté du 17 Janvier – d’un régime qui s’attaquerait à la corruption quand chacun sait, en Algérie comme à l’étranger que c’est le système dans sa totalité qui est gangrené. A commencer par les personnages clés qui se trouvent à la tête de ce pouvoir dichotomique, à savoir : M. Bouteflika et son clan et le Général Toufik et son clan. Tous deux étant malades et vieillissants et suscitant par conséquent, un violent appel à candidature pour les « héritages » respectifs.
Cette flambée subite de fausse moralisation d’une vie publique plus que pourrie, n’est en réalité que la facette apparente d’un féroce règlement de comptes, entre partenaires du pouvoir, aussi illégitimes et corrompus les uns que les autres. Le tout se passant comme si le peuple n’existait pas et que le pays était en déshérence.
Malheureusement, il y a encore pire à craindre pour notre pays. Et ce pire, c’est que, bien au-delà du schéma classique d’une lutte opposant différentes factions au pouvoir, il va nous falloir faire entrer en ligne de compte, de tiers acteurs que sont en particulier les Etats-Unis et la France et leurs lobbies respectifs, agissant depuis l’intérieur des rouages de l’Etat algérien, pour le compte de leurs maîtres et commanditaires à Washington ou à Paris. En effet, le calendrier de déstabilisation de la Société nationale pétrolière – Sonatrach – qui constitue la véritable jugulaire économique de l’Algérie, semble suggérer que d’ores et déjà, notre pays se trouverait en ligne de mire d’une déstabilisation imminente, dans la continuité de la stratégie impérialiste des dominos, poursuivie par les Etats-Unis. Une stratégie consistant à favoriser le chaos dans l’ensemble des pays sur la route mondiale du pétrole, allant des marches de l’Asie centrale à l’Atlantique, en passant par l’Algérie en particulier.
La récente inscription de l’Algérie sur la liste pestiférée des pays potentiellement abritant des « terroristes » – ici Al-Qaïda du Maghreb, comme ils disent – aura été un premier signe avant coureur à cet égard. Un signe provocateur qui n’a pas du tout été relevé par un pouvoir déliquescent et veule, rendu totalement amorphe par la conscience qu’il a de sa propre indignité, de son propre discrédit.
Il devient impérieux, pour le salut de la patrie, que tous les citoyens et citoyennes de ce pays prennent conscience des graves menaces qui semblent se rapprocher dangereusement de notre pays, du fait de l’impéritie d’un régime corrompu, aujourd’hui à l’agonie. Un régime dont les protecteurs étrangers, qui l’ont soutenu jusqu’ici, semblent aujourd’hui vouloir lui trouver des successeurs – peut-être au sein-même de la même poubelle du pouvoir en place – en faisant montre du même mépris pour le peuple algérien. Un peuple algérien aujourd’hui sommé par l’Histoire de prendre ses propres destinées en main, en se dressant aussi bien contre les dirigeants politiques félons que contre leurs protecteurs étrangers, de Paris, de Ryad ou de Washington.
Une telle prise de conscience et une telle mobilisation du peuple algérien ne peuvent s’opérer que dans la discipline et la non-violence, pour ne pas donner prise aux sous-ordres du régime qui semblent attendre impatiemment leur heure pour un nouveau bail, cette fois en tant que « dus-locataires » et non en tant que simples « sous-locataires ».
C’est aujourd’hui un devoir sacré, pour l’élite algérienne – non pas celle qui est à la soupe – mais l’élite patriotique et saine de ce pays, qu’elle y réside ou qu’elle soit expatriée, d’aider à cette prise de conscience et à la mobilisation citoyenne pour défendre notre patrie et recouvrir nos libertés fondamentales de peuple souverain.


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14 Commentaires sur cet article

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  • still
    18 janvier 2010 at 19 h 30 min - Reply

    Rien que du tapage et de la poudre aux yeux Si Abdelkader.Sauf votre respect a tous et a toutes,un chien peut mordre un autre chien mais il ne le dévore jamais.Voyez-vous, la stratégie des dominos s’appliquent bien a eux aussi:Ils se soutiennent les uns les autres et si par miracle l’un d’eux tombe toute la ligne s’ecroule.Mais ils sont solidaires les uns des autres a la manière de la confrérie des Francs-maçons (ne le sont-ils pas!) qui prêtent serment de ne jamais laisser tomber l’un des leurs.Magistrats corrompus, politiciens véreux,généraux bedonnes et « patronat sangsues »font tous partie de la même famille « repulsionnaire ».




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  • Rbaoui
    18 janvier 2010 at 22 h 21 min - Reply

    Ratinois (faisant la demande en mariage pour son fils) : « … sans songer à une alliance qui l’honorerait… en nous honorant… s’il pouvait entrer dans votre honorable famille… que tout le monde honore. » (A I sc XII)

    Ratinois (à son fils) : « Ne te trouble pas… continue à faire mes quittances… C’est un travail qui demande du sang-froid. » (A II sc I)

    Robert : « Aujourd’hui, c’est la mode; on se jette de la poudre aux yeux, on fait la roue… on se gonfle… comme des ballons. Et quand on est tout bouffi de vanité… plutôt que d’en convenir […] on préfère sacrifier l’avenir, le bonheur de ses enfants. » (A II sc XII)

    Ratinois : « C’est que j’ai commandé un repas insensé… j’en suis honteux !… Six plats de truffes !… […] On pourrait peut-être les faire reprendre ?
    Robert : « Je m’y oppose ! »
    Ratinois : « Allons, mangeons-les !… ca sera notre châtiment!à table.. »
    Via Wikipedia




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  • L’observateur
    18 janvier 2010 at 23 h 22 min - Reply

    @Abdelder DEHBI
    Vous écrivez :
    « Et ce pire, c’est que, bien au-delà du schéma classique d’une lutte opposant différentes factions au pouvoir, il va nous falloir faire entrer en ligne de compte, de tiers acteurs que sont en particulier les Etats-Unis et la France et leurs lobbies respectifs, agissant depuis l’intérieur des rouages de l’Etat algérien, pour le compte de leurs maîtres et commanditaires à Washington ou à Paris ».
    ———————
    Bien vu! Les véritables maitres du monde et leurs fiddeî commissaires ne font pas mystères de leurs turpitudes mais,hélas,nous ne les écoutons pas :
    ——————————
    1 / « Le monde est gouverné par de tous autres personnages que ne se l’imaginent ceux dont l’œil ne plonge pas dans les coulisses ».
    DISRAELI, ministre favori de la reine Victoria.Premier Ministre Britannique de 1874 à 1880
    ————————–
    « Qu’est-ce que l’histoire sinon une fable sur laquelle tout le monde est d’accord ? » Napoléon Bonaparte, Empereur Français.

    2 / « Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. […] L’argent n’a pas de patrie; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain. » Napoléon Bonaparte.

    3 / « Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les événements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s’accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s’est produit en réalité. » Nicholas Murray Butler, membre du CFR.

    4 / »Il y a deux histoires: l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où se trouvent les véritables causes des évènements. » Honoré de Balzac (1799-1850), écrivain français.

    5 / « En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un évènement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi. » Franklin D. Roosevelt, président des Etats-unis de 1932 à 1945.

    “En politique, rien n’arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié de cette façon.” Franklin D. Roosevelt.
    ——————————-
    Oui, Mr Dehbi,lorsque nous constatons l’ampleur de l’entreprise,l’on serait tenté de dire, à l’instar du Dr Carol Quigley, ancien professeur d’histoire à Princeton et à Harvard et à l’Ecole des affaires étrangères de l’université de Geogestown que:

    « Le complot est trop avancé et les conjurés trop puissants…. ».

    Source: http://face-cachee-du-monde.wifeo.com/des-citations-qui-font-reflechir.php




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  • Benhabra brahim
    19 janvier 2010 at 5 h 17 min - Reply

    200.000 mort 20.000 disparus et en prime L ASSASINAT EN DIRECT A LA TV DE Mohamed BOUDIAF!!!Pourquoi une si grave omission ????Je pense que les dossiers au sujet de la corruption existent depuis longtemps dans les tirroirs.Ils ne les sortent que quand la pression monte et sont alors utilises comme une soupape de decompression pour donner l impression de ce disculper viv a vis du peuple….Mais le plus grave est a venir avec ce projet d « Amnistie generale » sous le sous main…..Qui ne sera en fait que l abrogation de LA DECLARATION DE NOVEMBRE 54……Au revoir




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  • El Houari
    19 janvier 2010 at 20 h 26 min - Reply

    Ce qui fait sortir ce genre de dossiers c’est surtout le risque d’un retour du secteur publique economique fort et qui peut remettre en cause toutes les dilapidations operees dans l’esprit d’une ouverture du marche Algerien.

    il a suffit de quelques decisions nationalistes pour preserver la souverainete de l’Algerie pour que Paris, Wachingtown et Tel Aviv ravive leurs serviteurs.




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  • kimahouma
    20 janvier 2010 at 15 h 17 min - Reply

    Aider à la prise de conscience et à la mobilisation citoyenne pour défendre notre patrie, c’est évidemment le rêve de l’intellectuel progressiste,mais aussi des algériens lucides et patriotes, oui mais quelle conscience et de quoi? En Algérie nous sommes dans une situation historique où il faudrait se battre sur deux fronts, contre l’Etat mais aussi contre la société . Je m’explique, les islamistes s’ils ont perdu militairement ont gagné politiquement, culturellement et idéologiquement.Ils ont bénéficié de la complicité d’un régime manipulateur, corrompu,incompétent, et violent, mais aussi de l’assentiment des populations ou en tout cas de la docilité d’une population acquise à des degrés divers à leur idéologie, qu’une majorité trouve naturelle.En l’absence d’un Etat régulateur, ils exercent un véritable contrôle sociale,
    Il faut avoir conscience du degré d’intolérance, d’iniquité et de violence qui caractérise les rapports sociaux en Algérie, qui ne se résume pas à ses grandes villes.Tout discours sur la démocratie est violemment combattu en dehors de la censure des exécutants de l’Etat

    Par ailleurs Le système politique et économique qui prévaut en Algérie caractérisés par l’opacité, la médiocratie, l’informel, la corruption,l’impunité, des états qui sont devenus la norme,arrangent en fin de compte beaucoup de monde et pas seulement ceux qui détiennent le pouvoir de décision, à leur tête le DRS.
    D’où une sorte d’inertie généralisée et d’hypocrisie il faut le dire .
    Les populations Algériennes ont été dépouillées de tout ce qui pouvait les valoriser historiquement.Leurs rôle dans la guerre de libération nationale( Dans un discours Bouteflika a clairement dit que c’est une élite qui a mener la guerre de libération, enterrant ainsi le slogan « un seul héros le peuple »), leur religion, puisque les islamiste ont décrété après des siècles, que les Algériens étaient des mauvais musulmans.
    (La ferveur hors norme autour de l’EN, est révélatrice de ce désespoir à ne rien avoir à quoi s’accrocher de positif et de valorisant.)
    Pourtant si on s’essaye à un discours démocratique, de droits de l’homme, de liberté d’expression,des droits de l’individu y compris ( surtout) des femmes, on se fait étiqueter au mieux d’occidentalisé, au pire d’hérétique à la solde de l’étranger forcément mécréant.En fait la réponse, sommes toute « logique » au quelle on a droit généralement est que si on avait laissé s’instaurer un Etat islamique, la situation aurait été meilleure,puisque on aurait appliqué les principes juridiques , politiques et économiques, d’inspiration musulmane.Et Puisque cette expérience historique n’a pas pu avoir lieu, l’idée ou l’idéal garde toute sa force. c’est l’impasse
    C’est peut être le moment des choix, du débat courageux,Briser les tabous serait la mission de l’élite.




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  • Mohand Tahar
    20 janvier 2010 at 17 h 44 min - Reply

    @ kimahouma
    Vous écrivez:
    « Je m’explique,les islamistes s’ils ont perdu militairement ont gagné politiquement,culturellement et idéologiquement.Ils ont bénéficié de la complicité d’un régime manipulateur, corrompu,incompétent, et violent, mais aussi de l’assentiment des populations ou en tout cas de la docilité d’une population acquise à des degrés divers à leur idéologie, qu’une majorité trouve naturelle.En l’absence d’un Etat régulateur, ils exercent un véritable contrôle sociale ».
    ————————
    Vos « islamistes », qui sont-ils en réalité?. « Il y a deux histoires: l’histoire officielle,menteuse(c’est à dire celle chaotique des « années noires » que l’Algérie a subi,telle qu’elle est officiellement et outrageusement propagée par le pouvoir politico-médiatique).Puis l’histoire secrète,où se trouvent les véritables causes des évènements ».
    (Honoré de Balzac, écrivain).

    Le « GIA » et autres nébuleuses factions,leurs actions,leurs « fanatiques émirs avec barbe et claquettes-incultes-marchands de poulets »,resteront dans l’histoire du coup d’état perpétré par la junte militaire et son effroyable cortège de malheurs,comme une page terrifiante(qui reste à être écrite par d’authentiques historiens),avec ses coins d’ombres et bien des questions brûlantes restées,à ce jour,sans réponses.

    Le Front Islamique du Salut,parti officiel et régulièrement élu, quant à lui, avait une politique aux valeurs et principes islamiques. Leur programme n’est en rien un ensemble de croyances caractéristiques d’une personne ou d’un groupe. Les fondements qu’ils prônent sont d’essence divine,intemporels et ne relèvent aucunement d’une quelconque « idéologie » matérialiste athée.

    La vérité historique exige de dire que ce parti politique a été dépossédé d’une victoire électorale régulièrement acquise et internationalement reconnue. En riposte et dans l’urgence,les barons pillards,la caste politico-financiere,pour se maintenir au pouvoir coûte que coûte,se devait d’appliquer sans états d’âmes,une répression éradicatrice et impitoyable.La suite nous la connaissons: assassinats ciblés- arrestations massives avec déportations dans le désert-tortures-disparitions.Bref,une politique de TERREUR D’ETAT digne d’un Pol Pot et autres tyrans sanguinaires.
    Les principaux dirigeants furent arrêtés,torturés et emprisonnés pour de longues années.L’un des plus rspectés d’entre-eux, Mohamed Hachani (que Dieu ait son âme) fut froidement abattu dans un cabinet de dentiste. D’autres leaders,ne durent leur salut qu’à la fuite à l’étranger et à un douloureux exil. A ce jour, ce parti politique n’est plus que l’ombre de lui-même et n’a plus prise sur la vie politique algérienne.Il n’est ni responsable,ni coupable de la situation calamiteuse dans laquelle patauge notre pauvre peuple algérien. Ali Belhadj,le charismatique leader en est réduit à prêcher pour une poignée de fidèles,une fois la semaine,dans une mosquée sous haute surveillance policière.

    Vous dites notamment:
    « Il faut avoir conscience du degré d’intolérance, d’iniquité et de violence qui caractérise les rapports sociaux en Algérie ».

    Certes,comment et pourquoi les Algériens en sont arrivés là?! Les causes réelles de cet état de déliquescence, cette rupture des liens sociaux qui caractérisent la société algérienne sont à imputer à ce pouvoir mafieux en place et uniquement. L’Algérie est entrain d’être assassinée et les assassins,le peuple algérien sait où ils se trouvent.




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  • BRAHIM
    20 janvier 2010 at 22 h 28 min - Reply

    Monsieur Abdelkader DEHBI, je vais intervenir pour dire juste une chose. Et je vais partir de votre phrase : « une poignée de généraux putschistes encouragés par la France de M. Mitterrand ont foulé aux pieds la volonté du peuple algérien qui venait de porter au pouvoir, le Front Islamique du Salut » j’enlève exprès la phrase « par une écrasante majorité » que je réserve pour un autre débat, aussi important, si vous le vouliez bien. D’après vous, Mitterrand était pour l’arrêt du processus électoral et qu’il a encouragé les putschistes. Moi je dis que ce n’est pas vrai et que je me souviens très bien que Mitterrand avait déclarait à la télévision française que la « démocratie » veut que l’on respecte le peuple algérien dans sa décision. Donc contrairement à ce que vous affirmez, Mitterrand voulait que le FIS gouverne l’Algérie. Ce que je vous dis là sont les déclarations de Mitterrand que l’on peut vérifier à partir des archives audio visuelles de l’époque (il suffit de les retrouver). C’est une discussion que j’ai eu avec un internaute il y a quelques mois concernant la définition du « hizb françà ». J’avais répondu que ce « slogan » de hizb françà qu’on colle aux francophone algériens était une attaque gratuite des partisans de l’arabisation totales et sans délais. Il y a en effet beaucoup d’algériens qui pensent que les francophones algériens sont tous des traîtres. Pour moi, la majorité des francophones (dont une bonne part sont pour des raisons historiques, je pense, des partisans de ce qu’on appelle en général « la gauche » ) sont autant patriotes que les arabophones partisans , pour la plupart, de l’islamisation totale et qui sont plus proche du libéralisme économique (tidjara hallel). Et j’ai dit à cet internaute, que j’ai jugé proche du milieu « islamiste » d’après ces idées et ses déclarations, que si le FIS avait pris le pouvoir, Mitterrand aurait pu encourager à la création , au sein de ce nouveau pouvoir islamiste, d’un « hizb françà » tout neuf, même s’ils sont des fervents et impénitents partisans d’une « arabisation » et d’une « islamisation » rapide et intégrale du pays . Mon propos est de faire comprendre à cet internaute que dans un pays rentier (pétrole et gaz) donc propice à la corruption , dans un pays où la situation économique, culturelle, technologique et industrielle est dans un Etat de sous développement et de retard abyssal, dans un pays où la démocratie est inexistante, Mitterrand aurait pu trouver très facilement son clan « hizb françà » même dans un pouvoir islamiste , même avec le FIS, Ouma Edraka. Mon « hizb françà » signifie « lobbies algériens » qui est là pour favoriser les français dans les rapports économiques et commerciaux. Cet internaute m’a répondu que dire cela du FIS est une insulte au peuple musulman d’Algérie (je résume). Et je suis devenu évidemment un harki qui ne connaît rien à son pays. Moi je voulais expliquer seulement que Mitterrand en avez marre d’avoir en face de lui les dinosaures du FLN qui n’était pas trop crédible (selon lui) et qu’il fallait profiter d’une mouvance qui pouvez faire face au régime et qui pouvait changer un système qui était, à son goût, trop versatile selon les circonstances. Cela vient sans doute de cette arrête de poisson d’une Algérie française qui lui ai resté en travers de la gorge, alors qu’il y a été Ministre de l’intérieur de la France coloniale. Est-ce que je me trompe et qu’Abdelkader DEHBI est plus dans le vrai que moi …… ?????? !!!!! Conclusion : le « hizb françà » ? à chacun sa définition. !!!!




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  • kimahouma
    21 janvier 2010 at 12 h 34 min - Reply

    MOHAND TAHAR

    Vous avez raison d’apporter ces précisions, il est plus juste de parler d’idéologie théocratique, que celle çi soit d’un point de vue du droit constitutionnel radicale ou modérée ne change pas grand chose. Je dis bien, sans préciser les raisons que nous connaissons tous, que le projet politique porté par le FIS n’a pas pu se concrétiser.
    En revanche quand vous distinguez entre des « fanatiques émirs avec barbe et claquettes-incultes-marchands de poulets », et des islamistes ( c’est à dire des adhérents du front islamique du salut » légalistes , vous vous trompez ou bien vous avez oublié les appels à l’action violente, à la guerre et au meurtre de ces derniers.
    Le FIS quoique vous disiez a agit comme le FLN en voulant imposer un unanimisme culturelle et idéologique, sous prétexte que comme vous l’écrivez que »Les fondements qu’ils prônent sont d’essence divine,intemporels « . Il a sommé la société algérienne de s’adapter à son projet( les militants du FIS ne se gênaient nullement de tabasser d’autres algériens sous prétexte qu’ils n’étaient pas d’accord avec eux, j’en étais témoin et ce bien avant l’annulation des élections) et non le contraire.Le problème est que si l’Islam est une religion parfaite, il n’en est pas de même des musulmans, nous sommes que des êtres humains après ou avant tout.
    C’est en terme d’alternative, et d’action politique, que je tente de raisonner .
    Les clans mafieux qui dirigent l’Algérie semblent appliquer une fuite en avant, laissant à chaque fois le pays s’enfoncer dans un retard incompressible dans tous les domaines. Vous et moi rêvons d’une autre Algérie, est ce la même? J’en suis pas certain.
    Et il est à mon sens pratiquement impossible d’inverser le cours des événements sans la mobilisation et l’implication de la société civile. les Algériens devraient s’éveiller à eux mêmes. C’est le temps de la fraternité. Oui cela parait naif,mais y’a t il d’autres choix, quand la patrie est en danger.




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  • Adel
    21 janvier 2010 at 16 h 39 min - Reply

    @Mohand Tahar

    Bonjour,

    « Le Front Islamique du Salut, parti officiel et régulièrement élu, quant à lui, avait une politique aux valeurs et principes islamiques. Leur programme n’est en rien un ensemble de croyances caractéristiques d’une personne ou d’un groupe. Les fondements qu’ils prônent sont d’essence divine, intemporels et ne relèvent aucunement d’une quelconque « idéologie » matérialiste athée. »

    Lorsque le programme d’un parti politique est basé sur des fondements d’essence divine, cela ne signifie-t-il pas obligatoirement que les partis qui s’opposent à lui sont rejetés dans le camp des « kuffar » ? Ou bien y aurait-il possibilité de deux interprétations antagoniques du Coran qui s’affronteraient sur la scène politique ? Pourriez-vous expliciter un peu votre point de vue ?

    Merci




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  • Abdelkader DEHBI
    21 janvier 2010 at 17 h 31 min - Reply

    @ — BRAHIM : Il ne fait aucun doute qu’à la veille de la mascarade de la « démission » de Chadli, M. Mitterrand avait été informé par le général Larbi Belkheir alors ministre de l’intérieur, tout comme de son coté, M. Mohamed Mediène informait George Bush 1er. A chacun son maître….Ne soyons donc pas naïfs. Ce qu’a dit Mitterrand, dans les jours qui ont suivi le Coup d’Etat du 11 Janvier 1992, relève nécessairement du discours classique et hypocrite de nos grands démocrates et défenseurs des droits de l’homme de l’Occident, quand ils sont « en situation » – comme dirait Sartre – et ce sont les faits et uniquement les faits, qui permettent de juger. Dès la visite d’Etat prématurée de M. Chadli en France, en 1983 – une vraie trahison, de mon point de vue – M. Mitterrand avait pu se faire rapidement sa propre opinion sur son homologue algérien et sur l’ascendant qu’avait sur lui Larbi Belkheir, digne fils d’un grand serviteur de la France. S’ensuivirent les échanges de « visites » privées ou de travail que tout le monde connaît, notamment les escapades au palais présidentiel de Djanet entre l’ancien bourreau de Ben M’Hidi et Chadli, flanqués respectivement de leurs proches collaborateurs, en particulier Larbi Belkheir et Jacques Attali. Et ne me dites pas qu’on y discutait de la manière de développer l’Algérie…
    Pour faire court – et c’est une opinion que j’assume totalement – l’effectif politique au sommet, ou, en des termes plus méprisants, les marionnettes aujourd’hui au pouvoir, qu’il s’agisse des civils de service comme Bouteflika ou des militaires de service comme Toufik sont totalement encadrés – infiltrés serait presque un compliment pour eux – aussi bien par les services français qu’américains, étant entendu qu’il n’y a plus de distinction à faire aujourd’hui entre politique française et politique états-unienne. Surtout quand il s’agit du traitement à réserver aux pays arabo-musulmans.




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  • still
    21 janvier 2010 at 17 h 46 min - Reply

    On se déteste parce qu’on ne communique pas.
    Parce qu’on connait des cas de telle ou de telle situation on fait vite de la généraliser et d’en faire un stéréotype. Je me rappelle par exemple de cet incident durant la « 3ouhda du FIS »aux communales:J’étais au bureau avec un ami président d’APC FIS lorsqu’un représentant d’une commune RCD voisine entra .Croyant s’être trompe de bureau il demanda: »Ou est le maire? »-« Me voila » , répondit mon ami.Pris de court, le représentant du RCD lança spontanément: »Mais ou sont le kamis et la barbe!? »
    Le maire-FIS ne portait ni l’un ni l’autre.En outre, il était francophone.




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  • BRAHIM
    21 janvier 2010 at 20 h 00 min - Reply

    Et ben oui, @still par ta réponse je crois qu’on s’est compris dans une certaine mesure. L’Algérie c’est trop complexe. Il nous faut beaucoup de sagesse et de persévérance pour arriver à se concentrer sur ce qui a de plus important et d’essentiel pour nous : changer le système pour une Algérie nouvelle.




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  • AREZKI
    13 mai 2010 at 17 h 51 min - Reply

    Pendant que nous nous échangeons des propos dans une langue française châtiée, « EUX » ils font leur beurre et se gaussent de rires.
    Ils se disent certainement: nous avons encore de beaux jours devant nous.Silence on dé…tourne, l’argent, l’opinion, les avis et le peuple entier de ses intérêts.
    A lire les interventions tout le monde a raison . Mais le peuple jouera le rôle d’arbitre.
    Une relecture de l’histoire de l »Algérie, de l’occupation jusqu’à la création du CRUA, démontre que la révolution n’a jamais été l’œuvre des intellectuels. Elle est d’essence paysanne et prolétarienne.
    Je conseille de reprendre le livre de Motefa LACHERAF, ALGERIE, NATION, et SOCIETE, particulièrement le premier texte datant de Janvier 1965, INTRODUCTION AU BILAN D’UNE HISTOIRE, surtout par les temps actuels.




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  • Congrès du Changement Démocratique