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23 March 2017

Y a-t-il un lien entre les deux scandales ?

par Kharroubi Habib, Le Quotidien d’Oran, 18 janvier 2010
A priori, il n’y aurait pas de liens directs entre les scandales qui ont éclaboussé, pour le premier, la haute administration du ministère des Travaux publics, et pour le second, la direction générale de Sonatrach, si ce n’est que les personnes impliquées dans l’un et l’autre sont accusées d’avoir trempé dans des affaires de corruption.

L’opinion publique, révulsée par la corruption qui gangrène l’administration et les institutions économiques, ne peut que se féliciter que des enquêtes aient été menées ayant permis de débusquer ces réseaux de hauts fonctionnaires et cadres supérieurs qui s’y adonnaient sous couvert de leurs postes de responsabilité. Mais l’intime conviction est prégnante chez nombre de citoyens qu’il n’existe pas une volonté politique déterminée à lutter contre ce fléau de la corruption, qui gangrène désormais le pays à tous les niveaux et tous les centres de décision. C’est pourquoi, ils sont sceptiques à croire que les affaires de corruption dévoilées concernant le ministère des Travaux publics et Sonatrach l’ont été dans le cadre d’une opération d’assainissement qui ne doit rien aux règlements de compte.

Le scepticisme ambiant qui entoure ces deux affaires n’est pas alimenté par le doute que les faits reprochés aux prévenus n’aient pas de matérialité. Les citoyens en sont au contraire à estimer que ce qui leur a été révélé des résultats des enquêtes menées dans ces deux cas est anodin par rapport à la perception qu’ils ont du degré atteint par la corruption dans ces deux institutions, comme dans toutes les autres du pays. D’où la certitude chez beaucoup d’entre eux que les opérations «coups-de-poing» qui ont concerné le ministère des Travaux publics et l’entreprise pétrolière répondent à un autre impératif que celui de la lutte contre la corruption.

Ce qui pousse d’aucuns à ne voir dans les deux affaires que péripétie de la guerre des clans qui a lieu souterrainement au sommet de l’Etat. Le raccourci est ainsi fait qui conduit à conclure que le scandale qui a éclaboussé Sonatrach n’est rien d’autre que la «réponse du berger à la bergère», après qu’ait été révélé celui de l’autoroute Est-Ouest. En d’autres termes, que le clan du pouvoir qui a été visé dans celle-ci a tenu à faire savoir qu’il en avait autant à dévoiler contre le clan adverse. En somme, l’on serait dans la logique du «tu me tiens par la moustache, je te tiens par la barbichette»…

Ce décryptage populaire fait des deux scandales qui alimentent l’actualité n’est pas dénué de pertinence, au regard de la qualité et des accointances réelles ou supposées des personnes impliquées avec les deux clans censés se disputer l’accaparement de l’argent dévolu aux projets de développement.

A tort ou à raison, ceux qui sont les auteurs du scandale des Travaux publics sont réputés être proches des cercles militaires, alors que les protagonistes de celui de Sonatrach le seraient de l’entourage présidentiel. Le silence officiel qui entoure les deux scandales ne fait que conforter cette lecture parmi l’opinion publique. Surtout que dans les deux cas, les ministres concernés en tant que premiers responsables des institutions éclaboussées ne pipent mot, donnant ainsi l’impression d’être dépassés par un bras de fer dont les acteurs réels se situent à un niveau qui les dépasse et qu’ils n’ont pas connaissance véritable des enjeux en question dans ce bras de fer.

En tout cas, le manque de transparence qui entoure ces deux affaires ne plaide nullement en faveur de l’opinion qui y verrait la traduction de la détermination du pouvoir à combattre le phénomène de la corruption.


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5 Commentaires sur cet article

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  • thirga
    18 janvier 2010 at 19 h 36 min - Reply

    Toutes les spéculations sont permises a part que l’auteur de l’article veut fourvoyer son lecteur. Avec Khalifa, BRC, l’affaire du thon, les affaires Barakat (entre agro et santé) etc, etc, etc… De là à réduire la corruption aux affaires Sonatrach et TP c’est se faire pour une gourde ou avoir une mémoire de moineau. IL faut faire un effort sur soi pour regarder la vérité en face car la corruption est une des conséquences de manque d’institution et de non respect de la souveraineté populaire qui doit commencer par des élections propres et sans recourir à la rente démagogique;




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  • Machiwalou
    18 janvier 2010 at 20 h 06 min - Reply

    C’est classique: les reglements de compte se font entre des elements qui ne se connaissent pas, au profit d’elements qui, eux, se connaissent trés bien…

    Le SG des travaux publiques a vu la massue tomber sur sa tete, mais ne sait pas trés bien qui l’a envoyée…

    Idem pour le PDG de Sonatrach et ses 4 vices-presidents…

    Avant, on avait jeté le Wali d’Oran en prison pro-Boutef…

    L’autre clan a repondu en trainant depuis 5 ans devant la justice le Wali de Blida, Bouricha, ami de Said Orascom Boutef…

    Les films B avec des seconds couteaux, on aime bien, mais on prefere de loin les superproductions avec les superstars…allez les jeunes, allez allez, montrez nous une vraie bataille Boutef contre Toufik, svp….

    Machiwalou




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  • Kamel Bouras
    18 janvier 2010 at 22 h 22 min - Reply

    Il y a forcément un lien…c’est une grande diversion car dans le background, un trés grosse course américano-russe a lieu pour décrocher un contrat de 2 milliards de dollars d’equipements pour …combattre El Qaida (El-Khabar)…je presume qu’aucun enqueteur DRS ne sera depeché chez Gaid Salah pour voir s’il n’y pas de petites commissions qui flottent par-ci par-là

    Kamel




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  • Yacine
    19 janvier 2010 at 19 h 42 min - Reply

    Bingo, M. Kharooubi! Ou presque.

    Ma parole, on en a des journalistes qui peuvent faire une analyse objective ! Et moi qui croyais que… Mais qui sont ces clans militaires et ces cercles présidentiels ? Pourquoi le président et le DRS se font la guerre aujourd’hui ? Des faits précis S.V.P., on ne comprend toujours rien de ce qui se passe entre « les géants » de ce pays médiocre… Vous ne pouvez pas le dire ? Vous vous sentez trop petit pour chercher la vérité ? Alors pourquoi vous vous donnez la peine d’écrire.

    Pourquoi n’évoquez-vous pas la batterie (rouillée) des lois et des organismes étatiques qui sont censés se dresser contre ces crimes et prévenir de telles dérives avant qu’elles ne se transforment en fléaux ? Qui a gelé ces lois et a marginalisé ces organismes sinon ceux-là mêmes qui jouent aujourd’hui aux opérettes « mains propres » ? Pourquoi aucune question sur les failles béantes du système n’est adressée aux parlementaires qui tournent les pouces après avoir assuré un salaire insolent ? En refusant de faire leur boulot tout en s’octroyant une vie de rêve, ne deviennent-ils pas des voleurs et le parlement un Club Med ? Pourquoi le président ne daigne-t-il jamais accepter des interviews avec les médias nationaux pour se soumettre aux questions et préoccupation de la rue ? Pour qui se croit-il ?

    Tout est bloqué pour laisser le pays aller à la dérive. Le journaliste qui au mieux se fait une petite analyse « osée » sans trop aller au fond des choses est un autre fléau qui frappe le pays. Aucune institution ne joue son rôle. Elles se sont toutes inclinées devant le pouvoir exécutif et les faits de prince. Elles ne valent rien maintenant. Et dans le sillage de leur chute, elles entraînent avec armée, peuple, président et tout un pays. Les gesticulations du DRS (manipulé/manipulateur) et l’esbroufe du président Bouteflika ne sont que pipeau. Le problème n’est pas chez Sonatrach dont les dirigeants se sont déjà octroyé des salaires et des privilèges de Pacha à faire baver les parlementaires. Le problème est chez le pouvoir discrétionnaire anticonstitutionnel et exorbitant des généraux qui manipulent tout. Il est chez le président Bouteflika qui concentre tout les miettes de pouvoirs administratifs (que lui délèguent les généraux) en neutralisant les institutions et les lois du pays. Le problème se trouve dans la couardise (un véritable profil national) des « hommes politiques », des intellectuels, de cultures, etc. qui se transforment en de simples serviteurs de l’Etat qui sait bien les récompenser leur servilité.
    La corruption est une suite naturelle à une longue chaîne de dysfonctionnements et de blocages dans les rouages de l’état. La corruption est le pendant de la tyrannie militaire. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Une loi de la nature.

    Tiens, puisque vous êtes à Oran et puisque vous avez l’air d’avoir le courage de mettre le doigt là où il ne fallait pas, j ai un petit travail pour vous. Si vous pouvez trouver « les fais précis » sur cette histoire de mœurs qui devait (dans un pays sain) faire tomber le cowboy de Sonatrach et les responsables de son ministère, qui ont accepté de jouer aux entremetteurs, le petit peuple vous serait reconnaissant.
    Si vous lisez le journal elkhabar du 24 aout 2008, rubrique souk elkalem, vous allez découvrir que notre cowboy (comme son concitoyen de la CIA Andrew Waren) aimait s’entourer avec des compagnies galantes algériennes, aux frais de la princesse. Le président, les élus, la crasse politique, le DRS n’ont certainement pas pu lire l’entrefilet.

    Ah mon cher journaliste, vous n’avez pas vu grand-chose paraît-il, les faits précis, c’est les grands de ce pays de lilliputiens qui les détiennent…




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  • Yacine
    19 janvier 2010 at 19 h 43 min - Reply

    Elkhabar: 24-08-2008
    soulk el kalam

    كشفت مصادر من وزارة الطاقة أن طالبة في الـ 25 من العمر من جامعة وهران، تحضر كل »الخرجات » الداخلية والخارجية للوزير شكيب خليل، وتحضر حتى الحفلات التي تقيمها بعض السفارات التي توجه فيها الدعوة للوزير. وأضافت نفس المصادر أن المسؤول على البروتوكول في الوزارة هو المكلف شخصيا لاستخراج »الفيزا » للطالبة إياها عندما يتعلق الأمر بزيارة رسمية إلى الخارج. ويتساءل الكثير في الوزارة عن سر هذه الطالبة وسر المعاملة الخاصة التي تحظى بها




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