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21 July 2017

LUTTE CONTRE LA MORTALITÉ MATERNELLE ET PÉRINATALE «Les Algériennes accouchent dans des conditions inhumaines»

Le Soir d’Algérie 20 janvier 2010

En Algérie, la mortalité maternelle et périnatale constitue un problème majeur. Malgré les efforts consentis par le gouvernement et le programme national mis en place, le taux de mortalité maternelle et néonatale reste élevé, surtout à l’intérieur du pays.
Irane Belkhedim – Alger (Le Soir) – La situation est dramatique et s’explique d’abord par l’état de santé de nos hôpitaux: anarchie, manque de moyens, absence d’hygiène, de spécialistes et de coordination entre les différents services, pour ne citer que ces quelques raisons. Réunies samedi dernier pour discuter de l’élaboration du statut particulier, les sages-femmes représentant différentes wilayas et affiliées au SNSFA (Syndicat national des sages-femmes algériennes) ont fait un constat alarmant : les Algériennes accouchent dans des conditions intolérables, surtout dans l’intérieur du pays. Les difficultés sont quotidiennes et interminables.
Lutter contre la mort au quotidien
Premières concernées par le suivi de la femme enceinte, de la grossesse à l’accouchement, les sages-femmes affirment que les conditions d’exercice sont inhumaines. «Nous faisons des curetages et des accouchements au forceps, alors que nous n’avons pas le droit de le faire ! Confrontées à des situations urgentes, nous sommes contraintes de réagir, sinon cela serait non-assistance à personne en danger !», témoigne une sage-femme qui travaille à l’hôpital de Chelghoum El Aid. C’est l’urgence du moment qui l’exige. Agir, c’est choisir entre la vie et la mort, même sans aucune couverture juridique. «Nous luttons chaque jour contre la mort. C’est horrible ! Notre établissement ne compte que des médecins généralistes, les deux gynécologues étant fréquemment absentes, pour congé de maternité !» «Elles sont parties toutes les deux pendant 18 jours !» Imaginez un peu les choses!», soutient une autre qui exerce à l’EHS de Bordj Bou Arréridj. Les cas urgents admis dans la soirée sont les plus pénibles car les sagesfemmes se retrouvent seules, sans spécialistes pour les soutenir, surtout que leurs prérogatives sont limitées. Elles doivent souvent faire de la débrouille. «Chaque nuit, les policiers se présentent à l’hôpital pour faire admettre des patientes et leur faire passer une échographie que le concerné refuse de faire !». Dans le sud du pays, la situation est intolérable. Une sage-femme de l’EHS de Ghardaïa raconte que le service maternité manque cruellement de moyens. Il n’y a pas de bloc, pas de gynécologues ni de moyens pour faire de l’échographie ! «Généralement, les femmes enceintes sont évacuées vers d’autres hôpitaux, faute de pouvoir les prendre en charge. Beaucoup d’entre elles meurent en cours de route car le centre le plus proche se trouve à Berriane, soit à 45 kilomètres ! Si elles sont prises en charge à temps, il n’ y aura aucune raison pour qu’elles décèdent». Elle ajoute que l’anarchie règne dans l’établissement et que souvent les sages-femmes sont montrées du doigt, car les premières accusées. Pourtant, elles n’ont pas le choix ! «Cela fait mal au cœur mais ce sont des situations que nous vivons quotidiennement !». Pour le SNSFA, l’actuel statut limite l’intervention médicale des sages-femmes. A titre d’exemple, elles n’ont pas le droit de réaliser une échographie. Elles ne peuvent donc faire un bon diagnostic. Beaucoup d’entre elles n’ont pas été formées. L’échographie dépend d’autres services et engage d’autres spécialistes, ce qui réduit le rôle de ces femmes universitaires et les empêche de mener à bien leurs missions.
I. B.


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3 Commentaires sur cet article

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  • Mohsen
    20 janvier 2010 at 19 h 59 min - Reply

    @La rédaction
    La Louisa Hanoun, notre « passionara » gaucho-trotskyste locale semble être aux abonnés absents. Les Khalida Messaoudi et autres féministes de tous poils,si soucieuses de la « libération » de la femme algérienne et de ses droits, aussi. Mortelle indifférence.

    Quelques esprits « chagrins » pourraient dénoncer là, une entreprise sciemment conçue et appliquée méthodiquement par le pouvoir en place pour un « planning » de « dépopulation » de l’Algérie, un « populicide » qui ne dit pas son nom.

    Les hôpitaux-cliniques-avortoirs, deviennent des établissements consacrés à l’arrêt définitif de la vie d’enfants innocents et à la mise à mort de la maman.Une boucherie qui n’est rien d’autre qu’une CULTURE DE MORT! Une civilisation qui se meurt.

    En effet,un peuple qui tue ses enfants,qui ne protège pas la mère, remet en cause le principe séculaire: »tu ne tueras point! ».La vie n’est plus un don de Dieu,ni mystère insondable mais un MATÉRIAU. Les garde-fous tombent en désuétude.

    Ce terrifiant témoignage sur la mortalité maternelle et périnatale,appelle surtout à regarder les choses en face et à être fidèle aux enseignements coraniques.
    Lorsque quiconque viole le caractère sacré du sang le Coran assimile cela au meurtre de l’humanité entière :
    “…Celui qui a tué un homme qui lui-même n’a pas tué, ou qui n’a pas commis de violence sur terre, est considéré comme s’il avait tué tous les hommes ”

    Il n’est pas permis d’opprimer les femmes, les enfants, les personnes âgées, les malades et les blessés. La chasteté et l’honneur des femmes doivent être respectés en toutes circonstances. Celui qui a faim doit être nourri, celui qui n’a de vêtements doit être vêtu, les blessés et les malades doivent être soignés, qu’ils appartiennent à la communauté musulmane ou qu’ils fassent partie de ses ennemis.

    Ces droits font partie intégrante de la foi islamique. Tous les musulmans ou les administrateurs qui se disent musulmans, devront les accepter, les reconnaître et les appliquer. Dans le cas où ils négligent de les appliquer et se mettent à dénier les droits garantis par Dieu,leur apportent des modifications ou même les violent tout en affirmant verbalement les respecter, le verdict du Saint Coran sur de tels comportements est clair et sans équivoque :
    “les incrédules sont ceux qui ne jugent pas les hommes d’après ce que Dieu a révélé. ” (5 :44).




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  • Ammisaid
    20 janvier 2010 at 20 h 32 min - Reply

    C’est quoi une tentative d’assassinat ou un assassinat d’une algérienne et d’un Algérien dans l’utérus de sa mère (ou le meurtre des deux mère et bébé?
    Allah yestar




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  • still
    20 janvier 2010 at 23 h 36 min - Reply

    Cet article tombe a point.Depuis déjà quelques années,les femmes enceintes, notamment les jeunes futures mamans et celles moins jeunes qui n’ont pas une solide « connaissance »dans un hôpital, passent la nuit frappant aux portes des hôpitaux qui les refoulent l’un après l’autre « faute de places ».J’en connais une qui a échoué a l’hôpital d’Elquattar, a quatre heures du matin après avoir passe la nuit entre les principaux hôpitaux de deux wilaya , a savoir Bouira et Boumerdes.Dans un cas plus récent, une femme a perdu son bébé faute d’assistance dans un hôpital de Boumerdes pendant le déroulement du match Algérie/Mali.La même nuit dans ce même hôpital une femme a accouche a même le sol.
    Un autre « phénomène »assez fréquent depuis quelques années consiste a diriger presque toutes les jeunes mamans vers la table d’opération pour une césarienne.Deux accouchements successifs et la maman se retrouve avec une croix sur son bas-ventre : C’est une façon de lui signifier  » Stop! » Plus d’enfants a espérer! C’est aussi la manière forte du planning familial.
    De deux choses l’une : Ou bien l’État est complètement absent, ou bien il a une présence délibérément négative, ce qui est encore plus grave.




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