Édition du
25 July 2017

De nouveaux éléments qui confirment l’ampleur du scandale


El Watan, 24 janvier 2010
Les Algériens ne connaissent pas tous les dessous du scandale qui secoue, depuis plus de dix jours, Sonatrach, la mamelle du pays. Les nouvelles autour de cette grosse affaire de corruption sont distillées au compte-gouttes.

La presse nationale rapporte, chaque jour, de nouveaux éléments qui confirment que le scandale est immense. Ainsi, le quotidien le Soir d’Algérie nous apprend, dans son édition du jeudi 21 janvier 2010, beaucoup de détails qui, jusque-là, étaient ignorés de tous. Dans un article, sous le titre « Scandale de Sonatrach : voici pourquoi Chakib Khelil savait », le Soir d’Algérie affirme d’emblée que « le président Bouteflika était au courant du déclenchement de l’enquête et qu’il l’aurait autorisée ». Le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, qui avait affirmé récemment qu’il ignorait les détails de l’affaire, selon l’auteur de l’article, « se tenait quotidiennement informé de l’évolution du dossier, depuis le début des auditions des cadres dirigeants de Sonatrach (…) en septembre 2009 ». Le journal croit savoir que le ministre « se serait plaint auprès du chef de l’Etat d’un harcèlement dont il ferait l’objet, à travers l’audition des dirigeants de Sonatrach, par les services de sécurité ». « Ce à quoi Bouteflika aurait répondu qu’il était au courant de l’ouverture de l’enquête et qu’il fallait laisser les choses suivre leur cours normal », lit-on dans cet article. Citant des milieux proches du dossier, le Soir d’Algérie relève que « le nom du premier responsable du secteur revient dans la quasi-totalité des dossiers dans lesquels sont mis en cause des cadres dirigeants de Sonatrach ». Plusieurs marchés « juteux » auraient été attribués de gré à gré avec l’aval de Chakib Khelil. Le premier est celui des bouées flottantes du port de Béjaïa. Un marché confié à deux bureaux d’études, l’un appartenant au fils du PDG de Sonatrach et l’autre au fils d’un ancien PDG du CPA, en sa qualité de représentant d’une entreprise allemande spécialisée dans les équipements de sécurité.

« Khelil serait au courant de tous les détails »

« Ce qui constitue une violation du code des marchés publics qui stipule que le responsable d’une entité publique ne peut contracter un marché avec un proche direct », note-t-on dans le même article, en précisant de surcroît que « le marché a été facturé à des prix dépassant de loin ceux pratiqués sur le marché international ». L’exception devient une règle. L’octroi de marchés selon la formule de gré à gré s’étend ainsi à d’autres chantiers relatifs à la protection des pipelines et autres installations isolées de Sonatrach. « Les détachements de surveillance et de protection (DSP) constitués essentiellement de patriotes ont été dissous et remplacés par des sociétés de sécurité, dont les propriétaires sont loin d’être d’illustres inconnus, sur la base de la même formule de gré à gré et du sacro-saint impératif des plus brefs délais », rapporte aussi le Soir d’Algérie. Le même article cite encore le marché du gazoduc GK3 qui aurait été accordé « de gré à gré à la compagnie italienne Saipem ». Les enquêtes des services de sécurité s’étendent également, selon le quotidien El Khabar, à l’autorité de régulation des hydrocarbures. Dans un article publié mercredi dernier, sous le titre « Après Sonatrach, les enquêtes s’étendent à l’autorité de régulation des hydrocarbures », El Khabar précise que les services de sécurité ont ouvert une enquête « suite à des lettres internes au ministère de l’Energie et des Mines évoquant des pratiques illégales dans les filiales gaz et dérivés ainsi que dans les huiles et dérivés ». L’article évoque le non-respect de la loi du 22 avril 2002 obligeant les entreprises, publiques et privées, spécialisées dans le remplissage des bonbonnes de gaz, d’équiper ces dernières par des vannes de sécurité. Une obligation non respectée. Visiblement, c’est tout le secteur de l’énergie et des mines qui est touché par le tourbillon.

Par Madjid Makedhi



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8 Commentaires sur cet article

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  • Rédaction
    24 janvier 2010 at 16 h 00 min - Reply

    Le plus incroyable, et qui montre la vraie étendue des dégâts, est que la justice assiste à tout cela en agent docile, qui ne fonctionne qu’à l’injonction. De la part de ceux là même qu’elle est censée juger pour leurs méfaits. Sachant que tout le peuple algérien est parfaitement au fait de cette grave carence, qui est une forfaiture caractérisée, et qui pourtant restera sans suite. Le problème est là, et non pas dans l »énumération de toutes ces sales affaires qui restent, malgré leur gravité, une goutte d’eau dans l’océan. C’est tout le pays qui est dépecé, en règle, avec des quotas pour chacun des barons du régime et leurs nombreuses clientèles, jusqu’au sommet de leur « État »
    Mais le vrai, le plus grand problème, est que la justice n’en est pas une, et qu’il ne faut rien en espérer.
    Seul un sursaut populaire peut sauver ce pays, et le soustraire des griffes de cette association de malfaiteurs.
    Il y a péril en la demeure. Il est urgent que nous prenions nos destinées en main. Nous n’avons plus le temps. Chaque jour nous apporte son lot de scandales, chaque jour plus graves, plus alarmants. Arrêtons d’assister, impuissants et presque lâches, à la mise à mort d’une nation qui a été forgée par la souffrance et le sacrifice suprême de centaines de milliers de nos compatriotes. Nous n’avons pas le droit de laisser mourir ainsi notre pays, de laisser les plus vils d’entre nous, les plus sales et les plus monstrueux, compromettre ainsi, inexorablement et irrémédiablement, l’avenir de nos enfants. Nous en serons comptables devant l’histoire.
    DB




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  • Larbi
    24 janvier 2010 at 16 h 53 min - Reply

    Ces affaires de corruptions et règlements de compte Présidence-DRS avec entre autre le petit scandale de l’autoroute (DRS) puis le grand sonatrach (DRS), vient âpres le petit scandale Khalifa (Bouteflika), puis le grand scandale, en fait plus grand que celui de sonatrach, celui de BRC (Bouteflika). Tous ceci ne sont que des pressions interne du DRS contre Bouteflika, pour qu’ il répond favorablement et accepter les pressions externe, qui se sont manifeste’ entre autres a travers la liste noir. Le but est accorder aux Américains et au Français des bases aux sud implantes sur des réserves de pétrole et gaz. Qui a évoquer le scandale de AADL, la CNEP, Hadjar et les complexes pétrochimiques qui explosent est se reconstruises a coups de milliards, etc.
    La seul solution pour sortir de cette spirale destructif est une légitimité’ populaire réel, mais ou est le parlement-alibi dans tous ce qui se passe ?




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  • Si Salah
    24 janvier 2010 at 18 h 59 min - Reply

    A DB: Je propose une rubrique sur LQA pour debattre d’idées d’action contre le pouvoir assassin. Je pense que ce sera un petit pas dans la bonne direction.

    Pour information: une radio satellite vient de voir le jour: http://www.kalimadz.com/fr/index.php

    Elle est dirigée par F. Métaoui, et ses premiers articles tapent également sur Boutef-III que sur Toufik,
    ce qui est de bon augure, meme s’il faut toujours rester prudent. Je pense tout de meme que des « Democrates » qui ont longtemps joué Toufik contre Boutef en ont eu pour leurs frais, et sont meme allés au…frais à El-Harrach sans que Toufik ne trouver rien a y redire. S’ils pensent aujourd’hui que Boutef et Toufik, c’est pareil (c-a-d qu’on a affaire en fait à « Boutoufika »), c’est bien et il faut les encourager.

    Si Salah




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  • dztouareg
    25 janvier 2010 at 9 h 22 min - Reply

    Khelil il est temps de poser ta DEMISSION ! d’ailleurs n’as tu pas un passeport américain ?




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  • nomade
    26 janvier 2010 at 7 h 41 min - Reply

    Qu’est-ce-qu’on peut s’attendre d’un mercenaire, ami de rumsfeld, envoyé spécial des pétrolières américaines et du lobby sioniste americain , un individu qui a déguerpi a l’éclatement de la révolution pour ne rentrer en Algérie qu’après 62.
    C’est un individu qui n’a pas connu la misère, il a vécu toute sa vie dans du coton, il ne ressent pas ce que ressentent les sous-citoyens de dz.
    Des son arrivée il s’est acharne, sans pitié aucune, sur les opprimes de dz, augmentation après augmentation des factures électriques, bien sur lui et ses amis complices, jouissent de toutes les largesses que leur procure le pouvoir.
    un de ses complices , selon la presse , a bénéficie d’un parachute de 800 millions de cts , vendu tous ses biens , pris ses jambes a son cou , et a atterri en suisse,tout en décrochant un bon job avec une compagnie qui sous traite avec sonatrach.
    Décidément il y a des gens qui ont de la chance!!!
    Toute une vie dans du coton et rien que du coton.




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  • citoyen
    26 janvier 2010 at 18 h 15 min - Reply

    Arretons de pleurer sur notre sort.comme a dit DB,il est temps de bouger nous les citoyens pour sauver notre pays.C’est possible et c’est faisable




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  • citoyen
    26 janvier 2010 at 18 h 17 min - Reply

    Oui, il est grand temps de faire quelque chose




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  • omar
    27 janvier 2010 at 15 h 19 min - Reply

    Ce système doit dispraitre impérativement il ya eu trop de scrifice… l’Algérie n’est pas le pays 1,5 milli… de chahid. Nous sommes le peuple de tous les sacrifices, il est hors de questions de laisser c « Harka » sévirent plus longtemps. Alors vives les natiuonamlistes les lagériens honnêtes et les valeurs sûres de notre nation. A terre les non-valeurs qui ont détruit notre pays. Nos valeurs sonjt Solidarité, libeté, transparence et loyauté envers les chouhada. De cette tribune j’appelle les natioanalistes à faire face à ce système en agonisant.




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