Édition du
26 March 2017

Plus de corruption induira de plus puissantes explosions


Par M. Iouanouaghene/ traduit pas S. A

El Khabar (version française) 24 janvier 2010

Sans prêter trop d’importance à l’institution qui mène, ces jours ci, la campagne de lutte contre la corruption, qu’il s’agisse de la présidence de la République ou des services de renseignements de l’Armée, les indices économiques et sociaux montrent que l’Algérie ne supporte plus de tourner autour d’un cercle vicieux. Nous insinuons par « cercle vicieux », la campagne en question qui n’est qu’un simple épisode d’un scénario de règlement de comptes, devenu un mode de gouvernance en Algérie. Nous insinuons par « cercle vicieux », le fait de ne pas se demander qui est derrière cette campagne, ni qui sont les ciblés par cette dernière, ni encore ceux auxquels elle profitera. La campagne s’arrêtera, les lampistes paieront le prix, pendant que les grosses têtes maintiendront leurs postes et continueront leur corruption sans qu’elle ne soit gênée par personne.
La corruption que subie l’Algérie actuellement dépasse de loin celle qu’elle a endurée, durant les années 80, pour la simple raison que les fonds entassés, aujourd’hui, au Trésor Public sont beaucoup plus importants que ceux d’antan et que les parties qui interviennent dans la gestion des deniers publics, aujourd’hui, sont beaucoup plus nombreuses que ceux d’antan, idem pour les canaux que ces derniers utilisent et pour les bénéficiaires. L’explication de ce phénomène est très simple : dans l’Algérie des années 80, il n’y avait qu’un seul parti, soit le parti du régime. Il n’y avait, également qu’une seule économie, à savoir : l’économie publique. Même les revendications de ceux que le régime utilisait pour faire passer sa politique, ne dépassaient pas les demandes de voitures, de logements ou de congés dans les colonies de vacances réparties ici et là. Les demandes, les plus exagérées étaient celles des personnes qui avaient une certaine influence. Leur exigences ne dépassent pas les vacances à l’étranger…malgré ça, l’Algérie a connu, alors, un soulèvement populaire, celui d’octobre 88, pour connaître ensuite le terrorisme, la paralysie de l’activité économique et tout ce qui en est suivi…
Aujourd’hui, il n’y a pas un responsable et/ou gérant d’entreprise qui ne crée pas une entreprise parallèle, qu’il écrira à son nom personnel, au nom de son fils ou de son épouse ou se cherchera un propriétaire fictif. Aujourd’hui, tout dirigeant d’un quelconque secteur, en poste de directeur national ou régional, ou même de ministre…n’acceptera pas qu’un projet soit réalisé sans qu’il ne transfère l’équivalent de sa valeur du trésor public à son compte personnel.
Les responsables et présidents des comités de soutien sont obligés d’en bénéficier. Les représentants de la société civile à leur tour, sont appelés ou plutôt obligés de bénéficier, idem pour les représentants des partis et des industriels, agriculteurs, jeunes et travailleurs…Tous devront en bénéficier. Dans le cas où nous expliquions l’ampleur du soulèvement d’Octobre et celle du terrorisme par l’ampleur de la corruption qui les a précédées, nos prévisions nous amèneront à conclure que le taux de la corruption actuelle donnera, inéluctablement, naissance à une puissante et violente insurrection et à un terrorisme plus aigue, pour ne pas dire à une guerre civile. Un terme que je refuse d’utiliser et que j’espère ne pas rencontrer même dans un cauchemar.
Faites donc vite, pour trouver des solutions durables au lieu de lancer des campagnes conjoncturelles. Cet appel est lancé aux décideurs qui ont prouvé, il y a bien longtemps, qu’ils ne veulent ajouter personne de plus à leur clan, chargé de trouver ces solutions et les exécuter.



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3 Commentaires sur cet article

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  • Si Salah
    24 janvier 2010 at 13 h 52 min - Reply

    La derniere phrase « Cet appel est lancé aux décideurs qui ont prouvé, il y a bien longtemps, qu’ils ne veulent ajouter personne de plus à leur clan, chargé de trouver ces solutions et les exécuter. »

    est ambigue, peut-etre que la traduction est assurée par un logiciel…

    En tout cas, lancer un appel « aux décideurs » pour qu’ils arretent de « decider » de la repartition de la rente (c’est ca le pouvoir chez nous), est d’une incroyable naiveté…

    Si Salah




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  • Yacine
    24 janvier 2010 at 15 h 47 min - Reply

    C’est vrai ce qu’a dit Si Salah. La derniere phrase rappele de tres mauvais souvenir, pour ne pas dire un cauchemard. Ce sont des appels au meurtre. Tout ce qui s’est passe et tout ce qui se passe encore sont la faute des decideurs. Comment un journaliste s’El Khabar peut ignorer cela et refaire la meme connerie. Incroyable!

    Cette phrase est d’autant plus enigmatique que dans la verison arabe, rien de tel ne figure dans l’article de ce brillant journaliste. Joue-t-il un double jeu?




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  • Hadj Ali
    24 janvier 2010 at 16 h 53 min - Reply

    La déliquescence engendrera , c’est qui plus plausible qu’un deuxième 5 octobre 88, la dégénérescence de la cohésion nationale et l’éclatement de son unité, car les populations des régions de l’Algérie utile riche en hydrocarbure , les laissés pour compte, ne resteront pas les bras croisés , d’autant que les pays limitrophes, notamment le Maroc et surtout la Libye verront d’un bon oeil les troubles dans ces régions.Le Darfour et le Kurdistan constitueront des précédents sur le plan international. L’occident , toujours au secours des minorités en soulèvement quand c’est dans ses
    intérêts procédera à une configuration géopolitique de cette région vitale pour elle, comme quoi la boulimie de nos dirigeants les rend aveugle, sourd et infirme politiquement , surtout qu’on sait qu’il on pris leur précaution, avec leur compte bien garni à l’étranger et la double nationalité de leur progéniture .




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