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22 July 2017

Larbi Belkheir enterré hier par les siens

Décédé jeudi des suites d’une longue maladie : Larbi Belkheir enterré hier par les siens

El Watan, 30 janvier 2010

Presque tout le pouvoir s’est déplacé, hier, au cimetière de Ben Aknoun, pour rendre un dernier hommage à celui dont tout Alger susurrait qu’il était le « faiseur de rois ». Ses amis comme ses adversaires politiques au sein même du régime – civils et militaires – se sont tous retrouvés pour l’accompagner à sa dernière demeure.

Il était 13h quand la foule commence à s’amasser au cimetière. L’ancien secrétaire général du FLN, Abdelhamid Mehri, un des adversaires du général Belkheir, est l’un des premiers arrivés. Les deux hommes se connaissaient « très bien », de l’aveu même de l’ancien secrétaire général du FLN. Mais entre eux, tout ne devait pas avoir été comme cette déclaration le suggère. On retiendra que lors du célèbre conflit qui éclata au sommet de l’Etat entre Mouloud Hamrouche et Larbi Belkheir sur les réformes, A. Mehri a préféré prendre le parti de M. Hamrouche. Quelques dizaines de minutes plus tard, le défilé des hauts responsables commence par le ministre délégué à la Défense nationale, Abdelmalek Guenaïzia. Ensuite c’est au tour du Premier ministre, Ahmed Ouyahia d’arriver, suivi du général à la retraite Abdelhamid Djouadi et du chef d’état-major Gaïd Salah en civil.

A une cinquantaine de mètres à l’extérieur du cimetière, on peut remarquer Yazid Zerhouni, ministre de l’Intérieur, dans sa voiture. Une heure plus tard, il fera son entrée au cimetière, juste avant l’arrivée de la dépouille mortelle. « Il n’aime pas trop causer aux enterrements », dit-on. Les inséparables généraux à la retraite, Mohamed Touati et Khaled Nezzar, arrivent à pied, quelques instants avant l’entrée de l’ex-chef d’Etat, Chadli Bendjedid. Entre ce dernier et le défunt, c’est toute une partie de l’histoire de la République parmi ses phases « les plus chahutées ». Mais leur destin est lié à plus d’un titre. Il faut remonter à 1979, année qui coïncide avec la désignation du successeur de Houari Boumediène.

C’est Larbi Belkheir, qui avait le grade de commandant et dirigeait l’Ecole nationale des ingénieurs des techniques de l’armée (Enita), qui a parrainé « le plus ancien de l’armée et ayant le grade le plus élevé ». Ainsi Chadli Bendjedid sera le prochain chef de l’Etat. Les deux hommes, qui se connaissaient déjà à l’Indépendance, notamment au sein de la IIe Région militaire à Oran, ont dû à ce titre continuer le parcours ensemble. Chadli élève Belkheir au rang de colonel et dirige le fameux Haut-Conseil de sécurité. De là, il entame sa fulgurante ascension au sommet du pouvoir. En 1986, il deviendra secrétaire général de la Présidence, un poste-clé à partir duquel il arrive à garder un œil sur les affaires du pays. « Il concentre tous les pouvoirs de décision. Son rôle durant la période qui suivit les événements d’octobre 1988 jusqu’à 1991 a été central. Il a été à l’origine même de la création de certains partis politiques », commente à voix basse un ancien ministre, parmi une foule nombreuse de hauts fonctionnaires civils et militaires.

Mais entre Chadli et son puissant chef de cabinet, les chemins se séparent lors de la tonitruante élection législative de 1992. Chadli est « contraint » de partir ; le général, lui, reste. Il sera ministre de l’Intérieur avant et pendant le règne de Mohamed Boudiaf. Il prendra sa retraite officiellement avec l’arrivée de Liamine Zeroual aux commandes du pays. Chadli qui paraissait, hier à l’enterrement, au mieux de sa forme, a tenu à participer à la mise en terre de la dépouille en guise de dernier hommage à son « compagnon ». Une forte rumeur a accompagné l’affluence des nombreux commis de l’Etat. L’arrivée annoncée du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Maroc, Tayeb Fassi El Fehri, s’est confirmée juste après celle de MM. Belkhadem, Soltani, Ziari, Bensalah, Benbitour, Sifi, Ghozali, Ali Haroun, Benflis, Rahabi, Ali Tounsi, des ministres en poste ainsi que tous les « Belkheir boys ».

Certains commentent l’absence remarquée du frère du Président, Saïd. Lui dont on dit qu’il ne rate jamais ce genre « d’occasion ». La rumeur « officielle » raconte qu’il est à l’origine du départ du « cardinal de Frenda » du cœur du système en 2005. Il n’est un secret pour personne que Belkheir, qui était de ceux qui étaient à l’origine du choix de Bouteflika comme candidat du régime en 1999, s’est opposé au deuxième mandat du Président. Il deviendra un homme à « abattre » aux yeux du clan présidentiel. Il n’empêche que sa désignation au poste d’ambassdeur à Rabat a été perçue comme une volonté délibérée de l’éloigner du centre de décision. Un début de fin de règne sur un pouvoir gagné par toute sorte de manœuvres et de complots qui ont d’ailleurs coûté cher au pays. L’opposition le considère comme l’un des principaux responsables de la crise politique que traverse le pays.

Il est 14h quand un long cortège officiel arrive ; ce n’est pas la dépouille, mais le conseiller du roi du Maroc, Mohamed Moatassim, et du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Tayeb Fassi El Fehri, en tenue traditionnelle, accompagnés du ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci. A peine ont-ils franchi le portail du cimetière que la dépouille mortelle, recouverte de l’emblème national, arrive. Le conseiller du roi fait une brève déclaration : « C’est Sa Majesté qui nous a dépêchés pour le représenter à l’enterrement de celui qui fut le lien solide entre les deux peuples. » Le corps du défunt est mis sous terre par les siens. Une pluie fine mouille les visages… La foule se disperse sans plus tarder.

Par Hacen Ouali


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12 Commentaires sur cet article

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  • Larbi Lefrendi
    30 janvier 2010 at 13 h 26 min - Reply

    Une remarque et une interrogation si vous me le permettez :
    1. Le titre : enterré par les siens c’est-à-dire la « famille » (au sens sicilien du terme) et non par le peuple. Merci d’avoir précisé la chose.
    2. Est-ce que les membres du RCD et de Hamas ont assisté à l’enterrement? Car nous savons que Si Larbi était membre fondateur de ces 2 partis (entre autres)?
    Merci.




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  • mohamed
    30 janvier 2010 at 14 h 44 min - Reply

    Meme si dans ces moments spirituels, nous devons restez humble et sereins, il nous est difficile de pardonner. meme si son jugement sera fait en haut, nous ne pouvons rester indifferents. Nous sommes des etres humains et nous sommes faibles de coeur. Comment pouvons-nous pardonner. Son depart est a mon avis est semblable a celui d’Adolf Hitler.

    Ce criminel paiera chacun des ses gestes et pour chaque ame dont il a decider le sort, a son tour maintenant…

    maintenant si sa famille a un peu de fierte, qu’elle retourne le bien du peuple centime par centime, et peut etre, la le peuple trouvera un peu de repis.

    Que son deces soit un moment de reflection pour ses semblables. On est venu nu, et on partira nu…




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  • boreal
    30 janvier 2010 at 15 h 19 min - Reply

    « la dépouille mortelle, recouverte de l’emblème national ».

    Honte à vous, de recouvrir du drapeau de nos valeureux chouhadas, pareils détritus !




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  • Yacine
    30 janvier 2010 at 20 h 17 min - Reply

    Le peu qu’on peut dire sur toi, monsieur Belkheir est que, d’après le beau monde qui s’est pressé autour de toi pour te voir une dernière fois, je ne donne pas cher de ton âme. Si tu entends des voix te poser la question « qui sont tes amis qui étaient présents à tes funérailles ? », pour ton salut, ne réponds surtout pas. Car comme dit le dicton, dis-moi qui est ton ami, je te dis qui tu es. Tous ces énergumènes de la même l’engeance, ont les mains sales et tremblent à l’idée que le peuple puisse recouvrir sa souveraineté et que la justice arrache son indépendance. Tu sais bien qu’ils sont le produit du système que tu as largement contribué à installer. Un travail de longue haleine fait dans l’ombre dans ton fameux cabinet noir. Un travail qui se faisait hors du cadre de la loi et de la constitution. Je ne dis pas que c’est haram, mais les fruits de ce travail sont amers et indigestes.

    Ne crois pas que les dignitaires de ton système soient capables de verser des larmes chaudes pour « ta disparition » ; ils sont faits… à ton image : ils n’ont pas de cœur. On les connaît puisqu’ils sévissent encore et semblent ne pas craindre la justice. Ils ne rendent aucun compte au peuple. Ils le traînent comme un troupeau de moutons. Ils ne sont pas venus, non plus, par reconnaissance, pour compatir ou rendre un vibrant hommage à un « compagnon » de route comme ils le prétendent, ce n’est pas à toi que l’on apprend à se méfier des hypocrites, tu le sais bien. Mais, je vais essayer d’interpréter pour toi les raisons de leur présence devant ta dépouille. Ils sont venus pour deux raisons principales : par curiosité et par contrainte. Certains ont voulu voir de quoi tu as l’air enfermé dans ton cercueil. Ils n’arrivent tout simplement pas à croire que celui qui faisait et défaisant les présidents et ; l’état-major de l’armée donc celui qui façonnait la vie et l’histoire de l’Algérie à sa guise, soit mis en bière et enfuit dans un trou noir. Ils n’arrivent pas à l’admettre. Et il y en a d’autres qui sont là parce que le protocole l’exige s’ils ne veulent pas perdre leurs postes. Ils sont obligés de verser des larmes devant ta dépouille pour montrer leur allégeance à tes autres compagnons « de guerre » qui ont toujours les leviers de commande. Ils démontrent ainsi que tes amis, qui vont te rejoindre, sont parfaitement respectables et dignes de funérailles en grandes pompes.

    C’est tout ce qu’on peut dire pour toi en ce moment. Et comme l’a dit un internaute, « place à l’histoire ! »

    Que Dieu nous protège.




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  • Rachid Bakalem
    30 janvier 2010 at 21 h 30 min - Reply

    La mort du Monstre caporal Larbi Belkheir, fils du Caide Belkheir de Frwnda, enfants de la Mère Patrie la France a encore une fois échappé à la Justice du Peuple Algérien, mais pas à la JUSTICE D’ALLAH. Une fois dans ta tombe, tu entendras les grincements des portes des caves s’ouvrirent, de tes châteaux acquis par l’argent pillé du Peuple Algérien, et les visages des CHOUHADAS, femmes, enfants et hommes assassinés apparaitrons. Ta chère Mère Patrie qui n’a pas versé une petite larme sur ta disparition (c’est ainsi qu’elle récompense ses enfants traitres), ta fortune,laissée dans les coffres des banques Suisse « gérer par ton cher ami Bertch… de confession juive  » et des autres banques des capitales auccidentales, tes amis de la DRS, tes mercenaires ne seront pas là. Alors ces Martyrs te réciteront ce texte de la bête.




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  • Rachid Bakalem
    30 janvier 2010 at 21 h 34 min - Reply

    Les têtes de la Bête

    Nous les martyrs de Rais/Bentalha
    La mémoire de ce peuple meurtri
    Enfants, hommes, et femmes assassinés
    Les vivants éternels dans le jardin d’Eden

    Vous les mercenaires et généraux criminels
    Dans cette nuit de ténèbres et de haine
    Vous avez accomplis vos massacres sans gêne

    Venus un soir en tenue officielle
    Caressant les murs de Rais/Bentalha
    S’assurant que personne ne manque à l’appel
    Encerclant les abords de tous les quartiers
    Les têtes de la bête s’enfoncèrent
    dans les champs des orangers
    leurs vestiaires ambulants
    Se transformant de tenues militaires
    En gandouras et bandoulières
    En groupes armées de l’armée
    Le plus cruel d’entre eux annonça la couleur
    De mépris et de haine
    Alors, commença la terreur des mercenaires
    Coupant et découpant les têtes
    Des innocents, sous les cris cruels
    Montant jusqu’au ciel
    Appelant à l’aide
    A ceux qui veulent l’entendre
    Belkheir Ya Laarbi, Khaled ya Nezzar
    Lamari Ya Smain et ton cousin le porc
    Chef de l’état major
    Enfants de la Mère Patrie

    Les mercenaires de la bête
    En plus de leurs dents menaçants
    Déchirant les corps morts
    Tachant de sang leurs fausses barbes
    Décollant les trahissant
    Ma fois ! C’est comme ça les monstres,
    Caporaux et sergents
    Cadeau de Lacoste
    Guenaizia le major esclave du pouvoir
    Enfants de la Mère Patrie

    La bête affamée continue le massacre
    en toute tranquillité
    Prenant son temps plus longtemps
    S’assurant qu’il n’y a plus de survivants
    La bête assoiffée boit le sang des innocents
    Jaillissant des portes entres-ouvertes
    des maisons sans vie
    Laissant derrière elle les corps
    Sauvagement mutilés, découpés
    Bons pour être ramassés
    Par les ambulanciers
    stationnés en avance
    Pour effacer toute trace
    Emportant les restes qui restent des humains
    A l’endroit où la pèle mécanique
    Déchira à son tour cette terre meurtrie
    Enterrant les siens
    en son sein pour l’éternité
    Les mercenaires voyant le jour levant
    Quittent les quartiers
    Emportant avec eux
    leur butin de guerre
    Bijoux et jeunes filles prisonnières
    Ya Foudil le Chérif,
    ya Médiene el-moudjrem
    Enfants de la Mère Patrie

    La bête se trouva dans l’impasse
    Proposa une sortie en volte face
    Un mariage de compromis
    ou chacun sauvera sa face
    Remet son destin à l’esclave bien aimé
    Abelkader le Mali
    Alors Boutef, teftef avec tes mains habillées
    Roulant dans la farine le peuple meurtri
    Sortit de son kanoune
    Fumant rsas, hantite oua zite
    d’Ali le voleur et les quarante babas
    Arfaa rasek ya Baa
    Ni vainqueur ni vaincu oua slate ala nabi…

    Nous les martyrs de Rais/Bentalha
    Les vivants éternels
    Dans le jardin d’Eden
    Voyons un jour de l’Eternel
    Les sept têtes et leurs petits mercenaires
    Enchaînés, entraînés vers l’enfer
    Goutez au châtiment inéluctable…
    Ce jour véritable
    Où tout le monde se met à table
    Sans chalumeau ni câbles
    Lisez les récits de vos crimes
    Car la justice divine sera implacable
    La grosse tête de la bête
    Essaya de défendre l’indéfendable
    Implorant le pardon
    Accusant la tête pensante
    De l’avoir entraîné
    Dans une terre inconnue
    Une guerre meurtrière
    Où le sang est roi, où la peur fait loi
    Caporaux et sergents, hizb frannça
    Votre jour noir de gloire est FINI.




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  • nomade
    30 janvier 2010 at 21 h 36 min - Reply

    ce sinistre individu a reussi a reunir , meme apres sa mort , tous les clans mafieux : cosa-nostra ,
    la camora , la mafia russe, la mafia chinoise , la french connection ,celle qui est affiliee a la mafia de houston ; pour leur donner les dernieres directives: restez-unis, ne jamais s’entretuer , il faut avoir toujours la gachette facile en face de ce
    peuple , maintenez-le dans la misere et l’avillissement total .
    vous les pseudo-democrates, vous n’aurez pas du enlever votre masque , fut-ce le jour de mon enterrement.vous devez garder votre role d’hypocrite quelque soit l’evenement.tels que je vous ai connus.




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  • Ahmed El Djelfaoui
    31 janvier 2010 at 21 h 25 min - Reply
  • Aghiles(El-Kseur)
    31 janvier 2010 at 21 h 35 min - Reply

    Est ce qu’il a pris avec lui l’argent qu’il amassé,les villas qu’il a extorqué,les commissions qu’il a raquété ,etc,etc.Est ce qu’il a pris quelque chose de tout cela ?Rien ,wallou !!!
    Le jour du Jugement il courra pour rechercher les gens avec lesquels il a été injuste !mais helas …




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  • strtfreind
    1 février 2010 at 15 h 32 min - Reply

    Ina lillahi ouina Ilayhi Rajioun ..

    Pour moi, c’est le personnage le plus dangereux du clan anti Algérie, car il n’était pas seul, certainement, il était épaulé par des personnalité ennemi de l’Algérie, genre Français, américains … Ce sont ceux qui ont inventé le conflit des « Islamistes » contre l’armé, qui a éclaté début des années 90, et qui a servi (ce conflit) comme modèle a appliquer dans le monde entier .. La preuve Ail Quaida applique exactement la même méthode que le GIA, et la CIA à la place de nos militaires criminels … En tout cas il est parti, mais la question que je me pose :
    C’est qui la personne qui va le remplacer? Je ne pense pas que son poste sera laissé vide après sa disparition ..
    Je pense qu’on saura ca bientôt si ce n’est pas déjà fait ..

    Salamou alikoum




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  • AS
    2 février 2010 at 22 h 46 min - Reply

    fi jahanam insha Allah… combien de belkheir encore en vie ? trop pour le moment




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  • terre
    14 février 2010 at 20 h 13 min - Reply

    qui est le successeur de larbi belkheir ? qui est le nouveau roi des juifs en algerie ? c’est ça la vraie question ….car l’histoire n’est pas terminé!




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  • Congrès du Changement Démocratique