Édition du
27 July 2017

Quelles valeurs pour quelle démocratie en Algérie?

……Par Liés……………………………………..

La démocratie véritable n’existe nulle part dans le monde. Car elle est reliée au pouvoir. Et les gens en général et les oligarchies en particulier ne sont pas enclines à donner ce pouvoir à n’importe qui.

Si la véritable démocratie existe, il y aura toujours les pauvres qui seront au pouvoir parce qu’ils sont dans tous les cas et partout nettement plus nombreux que les autres, plus aisés.
Je dirai même plus, qu’il n’y aurait que des régimes socialistes.

Malheureusement pour eux et heureusement peut-être pour la pérennité de la démocratie, que les choses ne se passent pas ainsi.

C’est pourquoi la démocratie occidentale, il n’y a qu’elle, et en dehors de l’occident il n’y a point de démocratie, fonctionne de la manière que nous lui connaissons.

C’est à dire c’est l’alternance au pouvoir entre oligarchies d’un même pays.

Si on prend l’exemple des Usa pour illustration, on constatera que le parti démocrate et le parti républicain ne sont que les deux faces d’une même médaille.

Les démocrates sont libéraux sur le plan de la morale, plus permissifs, et dispose d’une politique sociale à l’intérieur du pays qui s’émeut beaucoup plus des conditions de vie de la majorité des américains, et les républicains sont conservateurs c’est à dire, plus près des préceptes de la bible et notamment l’ancien testament.

Les républicains, sur le plan économique et social s’inspire du Maccarthysme ( la loi du marché où c’est l’entreprise seule qui régule au lieu et place de l’état).

Mais les deux partis se rejoignent sur le plan de la défense des intérêts stratégiques des Usa et par extension de l’occident tout entier comme civilisation et comme race, et sur la gestion des affaires importantes du monde.

Ils parlent d’une même voix. Et à ce niveau il n’y a pratiquement pas de différence entre Bush et Obama.

Dans ces pays de l’occident en général, la démocratie est un mécanisme, un moyen de gestion de la vie politique et d’exercice du pouvoir.

Mais la vraie réussite de ces pays et ce qui fait qu’ils aient atteint un tel niveau de développement, de savoir faire, de modernité et de puissance, cette reussite procède des valeurs dont ils se sont imprégnées et par le moyen desquelles ils ont œuvrés.

Et là je rejoins notre ami @ Jnsplu dans sa réponse à Adel, qui avait mis à juste titre selon moi l’accent sur les valeurs et leur importance dans l’émancipation et la réussite des sociétés, je le cite: « Ce qui fait la force des démocraties occidentales ce n’est pas la démocratie. Ce qui fait leur force c’est la moralisation des rapports sociaux et politiques, ce que nous avons perdu de vue. Ne confondons pas ceci et cela. Il existe une différence très nette entre les deux. On peut importer la démocratie, mais sans valeurs morales, il n’y aura aucune différence pour nous. Par contre, si nous moralisons nos comportements privés et publics nous avons suffisamment de ressources chez nous pour améliorer notre cadre de vie social et politique.»

De la manière je relève avec satisfaction la justesse, selon moi, de la réponse de @ Adel à laquelle je souscris pleinement et je le cite: « Tout à fait d’accord. Gardons quand même à l’esprit que cette moralisation est le fruit de 200 ans d’exercice de la démocratie et que si on supprimait la démocratie et ses institutions, les pays occidentaux deviendraient comme le nôtre, où le gros poisson mange le petit.»

Les deux thèses (valeurs + démocratie) sont recevables, se complètent et sont devenues désormais indissociables.

Maintenant essayons de décortiquer tout ça.

Premièrement: les pays occidentaux (Usa, France, GB, Hollande, Allemagne, les pays scandinaves, et même juste à coté de nous l’Espagne et l’Italie), doivent donc à leurs valeurs, leur réussite et leur supériorité financière, économique, et scientifique qui leur permettent de dominer sur le reste du monde.

Deuxièmement: l’usage de la démocratie (une de leur trouvaille et caractéristique de leur génie) depuis près de deux siècles, même codifiée pour faire la volonté des oligarchies (qui sont peut être leurs élites), a été jusqu’ici le meilleur moyen de se succéder ou faire la rotation même inéquitable sur le plan de la fréquence, dans l’exercice du pouvoir et l’animation et la régulation de la vie politique.

Avant de continuer citons les valeurs dont se sont imprégnés les occidentaux et qui les ont aidées à être ce qu’ils sont.

Les droits de l’homme,
La liberté de conscience, d’expression, d’entreprise…
La démocratie,
La bonne gouvernance,
L’égalité devant la Loi,
L’égalité des chances,
La charité, la compassion et la solidarité,
Le droit au refuge politique, économique et sécuritaire,
La laïcité et l’inviolabilité de l’école,
Etc.

D’où leur viennent ces valeurs ? Où sont-ils allés les chercher ?

Ils les ont, dans le terreau de leur civilisation et culture judéo-chrétienne. Ces valeurs sont inscrites en noir et blanc dans leur Bible avec ses deux volets l’ancien et le nouveau testament.

Ils les ont ensuite perfectionnées et adaptées aux exigences des temps nouveaux, c‘est à dire aux exigences de la modernité.

Maintenant malgré la désertion des églises et des synagogues, ces sociétés continuent à prospérer, même si ici et là les mœurs se relâchent d’une manière rapide et inquiétante.

C’est le prix de la liberté et des droits lorsqu’ils prennent trop de place dans la vie des gens.

Mais ce sont des sociétés qui savent arrêter les abus et savent trouver les solutions idoines lorsque les équilibres sociaux sont en péril.

Un juste retour aux valeurs et la question du libertinisme est vite réglée et les peurs sont vite estompées.

Une dernière question en guise de conclusion : est ce que nous avons les même valeurs chez nous? Et si oui, qu’est ce qui les empêche de produire les bons effets à même d’améliorer notre qualité de vie ?

Chez nous, est-il permis à une jeune femme de marcher seule la nuit sans se faire agresser ?

Existe-t-il chez nous une politique de prise en charge dans l’équité et la transparence de la question des droits à la succession (concernant l’héritage) ?
85% de la population algérienne est confrontée impuissante à cet épineux. Des frères er des sœurs qui ne se parlent plus, des familles qui se disloquent, des drames qui couvent et un malaise social généralisé qui s’installe. Les dossiers qui s’accumulent au niveau de la justice. Cette dernière, incapable par paresse et par mauvaise foi ne rend aucun verdict définitif privilégiant le pourrissement. Cette situation empêche les ayants droits de jouir de leurs biens, empêche les transactions. Que de pertes économiques et financières pour le trésor public et la société toute entière.

Je signale que ce problème a été solutionné depuis une décade et demie, avec courage, brio, sagesse et justesse, par nos voisins la Tunisie et le Maroc. On ne compte pas les bienfaits qui y ont découlé.

Pendant ce temps, notre gouvernement au lieu d’agir à l’intérieur du pays et travailler pour la vraie paix sociale, gesticule et s’agite vainement pour soigner son image par rapport à l’étranger en engageant toute sa disponibilité et l’argent du contribuable.

Cela ne lui a pas servi puisque qu’il est inscrit sur la liste des 14 pays les plus indésirables au monde.

En occident vous ne trouvez pas trace de ce genre d’abus et d’injustice. Le code civil prévoit toutes les dispositions qui permettent aux familles de mener avec assurance et clarté toutes les affaires de successions, même les plus complexes d’entre elles.

En est-il de même chez nous ?

La dictature, le sous développement, la corruption, les passe droits, l’intolérance, qui sévissent dans notre pays et qui nous harcellent le jour et nous hantent la nuit, sont-ils une fatalité ?

Sommes nos frappés par une malédiction qui refuse de dire son nom ?

Les chances de rédemption existent-telles chez nous ? Sont-elles dans notre religion pour que nous puissions aller les chercher ? Notre civilisation recèle-t-elle des moments de gloire pour que nous songions à devoir les reproduire ?

Nous sommes unanimes à reconnaître la viabilité et l’efficacité des valeurs et dont la LAICITÉ n’est pas des moindres. Là ici, je rejoins notre ami @ Tacilli.

Trouvons les alors ces valeurs et mettons-les en oeuvre, c’est là notre mission, je suppose.

Fraternellement.


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46 Commentaires sur cet article

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  • jila
    30 janvier 2010 at 10 h 53 min - Reply

    Les droits de l’homme,
    La liberté de conscience, d’expression, d’entreprise…
    La démocratie,
    La bonne gouvernance,
    L’égalité devant la Loi,
    L’égalité des chances,
    La charité, la compassion et la solidarité,
    Le droit au refuge politique, économique et sécuritaire,
    La laïcité et l’inviolabilité de l’école,
    je vous défie de me citer un seul régime au monde parmi ceux que vous semblez désigner qui applique les principes précités à moins qu’il n’en pratique suivant la conjoncture qui puisse, l’arranger tel ou tel, pour une courte période conjoncturelle
    Vous semblez dire qu’ils ont puisé ces valeurs en partie, de leur religion judéo chrétienne et vous refusez d’être guidé par l’islam(laïcité oblige), religion qui de loin les effraie tellement ces derniers temps tellement elle a mis à nu leurs desseins!plus que par le comportement de certains adeptes de cette religion !
    « La dictature, le sous développement, la corruption, les passe droits, l’intolérance, qui sévissent dans notre pays et qui nous harcèlent le jour et nous hantent la nuit, sont-ils une fatalité ? » Ces fléaux sociaux que vous citez sont ils le résultat d’un éloignement des fondements de notre religion en voulant singer l’occident ou est ce le fruit d’une application réaliste de celle ci?




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  • jnsplu
    30 janvier 2010 at 11 h 39 min - Reply

    Je ne pense pas que nous soyons unanimes à reconnaitre les valeurs occidentales et spécialement la laïcité comme nôtres. Ce qui fait la force des peuples ce sont leur idéaux. C’est lorsque nous avons perdu notre idéal unifié et unique et sommes devenus une pléthore de courants insignifiants et opposés que nous avons commencé à péricliter. Nous continuons sur la même voie. L’Islam dans ces circonstances ne peut être qu’un frein pour les nouveaux courants et un bastion pour les tenants de l’idéal ancestral. Aucun des deux ne pourra déloger l’autre et nous resterons encore des siècles à nous regarder en chiens de faïence.

    Par ailleurs, l’auteur de l’article reconnait que l’élaboration des valeurs de l’occident s’est faite dans un cadre Judéo Chrétien, puis par un jeu de rhétorique subtil propose leur importation sur un substrat musulman au lieu de proposer de puiser dans ce substrat pour en tirer les valeurs propres à notre société. Assurément la LAICITE n’est pas Algérienne et n’a rien à voir avec nos valeurs.

    Certes les idéaux de nos aïeux s’inséraient dans un contexte favorable qui a permis leur essor et les a amenés à dominer la planète et le contexte actuel ne saurait le permettre, au contraire, tout est fait pour que les valeurs musulmanes s’enfoncent davantage dans l’oubli pour laisser place au seules valeurs Judéo Chrétiennes.

    Devons nous abdiquer tout simplement ? Qui dit que les questions d’héritage telles que prescrites par le Coran ne sont plus valables si ce n’est les tenants d’un anti-islam patent et avéré ? Dans le verset Coranique lié à l’héritage Dieu recommande ses dispositions au musulmans et arrête des quotas. Ceux qui ne veulent pas appliquer ces quotas et préfèrent leur substituer ceux que pratiquent les judéo chrétiens sous prétexte de justice s’y prennent mal.

    Car la faute n’est pas dans la règle. Elle est dans le comportement des hommes.

    L’islam est une religion communautaire, d’entraide, de cohésion et d’unité orientée vers la satisfaction d’idéaux supérieurs au contraire des sociétés occidentales individualistes et orientées vers l’assouvissement des désirs matériels et charnels.

    Il s’y prennent mal car cette injustice apparente à des corolaires en islam ou l’homme à des charges financières à l’égard de ses soeurs, de sa mère, de son épouse, de son père et mère, de ses filles, que les hommes en occident n’ont pas comme en occident. Si des individus se disant musulmans ne tiennent pas compte de ces règles et de ces charges et y contreviennent, ce n’est pas le procès de l’islam qu’il faut faire c’est celui de ces individus et c’est à l’Etat de corriger cette carence ou cette lacune de la manière que dicte le contexte socio politique car l’islam tient toujours compte de la réalité et du possible dans l’application de ses préceptes.




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  • Mohand Tahar
    30 janvier 2010 at 12 h 59 min - Reply

    @Lyès

    Il m’a rarement été donné de lire un tel condensé de fatras de lieux communs, de contre-vérités,d’idées simplistes!
    Et Dieu dans tout cela?!?! Aux orties! A la trappe! On jette allègrement quatorze siècles de civilisation islamique et on « se dissout » tel un Alka seltzer,dans cette guerre, cette fournaise des démocraties totalitaires à l’occidentale qui viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes! Guerre des démocraties totalitaires et leur volonté implacable d’anéantir tous ceux qui veulent résister à leur hégémonique et génocidaire Nouvel Ordre Mondial!
    On enterre Gaza et tout le peuple palestinien avec la complicité active de « la communauté internationale ». On ramène à « l’âge de pierre » (dixit James Baker) lIrak. On envahit, on phosphorise,on écrase sous les bombes,l’Afghanistan,l’un des pays les plus pauvres de la planète!Au passage,on agresse et tue en toute impunité,le voisin pakistanais! Quant à l’Iran,les américano-atlanto-sionistes ne rêvent que de la vitrifier et de la rayer de la carte!

    La liste des effroyables méfaits de cet Occident,sûr de lui et dominateur est un long fleuve tumultueux charriant de la boue et du sang de peuples entiers innocents et sans défense! UNE PLUIE DE SANG!
    A l’instar du Tribunal de Nuremberg qui a jugé et condamné les Nazis, il nous faudrait assurément un Nuremberg II,avec à la clé, une potence tous les dix mètres pour tous ces crimes contre l’humanité restés impunis à ce jour!.

    Je ne manquerai pas de revenir contredire,tâche ô combien aisée,toutes ces tentatives grotesques et indignes de ces VRP à la petite semaine Occidentalisés et « colla-beurs » qui veulent nous « vendre » sans vergogne cette insipide propagande qui doivent faire bien rire chez les voisins du Nord!

    Pour l’heure,je reviens pour la seconde fois, proposer aux honnêtes gens,lucides et intègres,de visionner sans tarder, cette excellente vidéo,non pas d’un « fanatique » et « obscurantiste » « islamiste » « vendeur de poulets » avec khamis et claquettes, non! Mais celle d’un universitaire diplomé belge converti
    à l’Islam. A voir absolument:
    —————————–
    Titre: « Islam et démocratie » par Yahia Michot.
    La shoura et démocratie en Islam.
    Vidéo de 48mn sur :
    http://video.google.fr/videoplay?docid=4851129132662863851#

    Vidéo pour tous ceux qui souhaitent «définir la démocratie dans un pays musulman ».




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  • kader
    30 janvier 2010 at 15 h 01 min - Reply

    A JILA: ton état islamique on l’a vu en IRAN qui a tiré dernièrement sur ses propres militants puisqu’ils ne réclamaient la chute du régime mais ont simplement voté pour une variante théocratique et en afganistan. On l’a aussi vu en Arabie saoudite ou 5000 membres de la famille royale se partage. annuellement plus de deux cents milliards de dollars.




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  • jila
    30 janvier 2010 at 19 h 07 min - Reply

    @Kader! tu m’obliges à reprendre une pensée de T. Gaid dans son livre (dictionnaire de l’islam) « il ne faut pas juger une religion sur la pratique de ses adeptes! »
    Comme a dit à juste titre jnsplu « Car la faute n’est pas dans la règle. Elle est dans le comportement des hommes. »
    Maintenant si tu penses trouver la société idéale parfaite, elle n’existe pas et n’existera jamais , pour cela il faut vraiment penser à baser la société sur des fondements de justice, d’équité et de droit!ce que l’on trouve encore moins dans les sociétés que nous singeons si maladroitement.




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  • Koulou
    31 janvier 2010 at 2 h 28 min - Reply

    @Mohand Tahar!
    L’Habit ne fait pas le moine dirait-on.
    Votre éminant universitaire s’est mis d’entrée les pieds dans la bouche.Si on doit le coter,à mon avis, il aura un 2/20 juste pour son temps perdu.
    Je m’explique: Il commence son discours par la démocratie et le shourra.Il cite:.
    Une petite réflexion s’impose.Je ne sais pas si vous avez lu au moins une fois de votre vie le CORAN ou non.
    Parceque dans un des versets DIEU dit »OUA AMRAHOUM BAïNAHOUM SHOURRA ».C’est simple et très facile à comprendre,ça ne prend pas un éminant universitaire pour nous le traduire. N’est-ce-pas.Alors SVP ne singer pas les autres, DIEU vous a doté d’une cervelle pour réfléchir,il ne faut pas prendre votre cerveau pour une cassette d’enregistrement et répéter sans réfléchir les conneries des autres.
    Nous Algériens sommes devenus des singes qui ne pensent pas avec leur cervelle mais avec leurs »OREILLES ».




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  • Mohand Tahar
    31 janvier 2010 at 11 h 07 min - Reply

    @koulou

    La courtoisie, me semble-il, est l’une des règles à ne pas transgresser sur LQA. Votre grossièreté vient, hélas, entacher ce noble principe des esprits cultivés et ternir, à mon sens, l’image de marque de ce site auprès de l’opinion des internautes.

    Vous ne contredisez pas: vous disqualifiez. Vous n’argumentez pas sérieusement : vous discréditez, avec une rare légèreté, en rabaissant outrageusement et en frappant du sceau de l’infamie la valeur intellectuelle et la probité.
    Vous êtes, désolé de vous le signifier, ce qu’en langage correct, l’on désigne en tant que « cuistre », de « vulgaire » à la gouaille féconde, en somme…..un insignifiant.

    Le débat récurrent qui nous préoccupe, n’aura pas gagné en qualité et, il en sera malheureusement ainsi tant que la quête de la Vérité se confinera pour la « multitude » à ramener le débat à son niveau.
    Dans l’intérêt général, je vous saurai infiniment gré de m’épargner vos ressentiments improductifs et stériles. En tout état de cause, je n’y répondrai pas tant il m’est pénible de lire de telles insanités.




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  • Adel
    31 janvier 2010 at 11 h 46 min - Reply

    @jila

    Bonjour,

    « pour cela il faut vraiment penser à baser la société sur des fondements de justice, d’équité et de droit! ce que l’on trouve encore moins dans les sociétés que nous singeons si maladroitement. »

    Lorsque nous jugeons les sociétés occidentales, nous ne devons pas le faire dans l’absolu, mais nous devons les comparer aux autres sociétés qui existent dans le monde d’aujourd’hui, dans les mêmes conditions.

    Jusqu’à ce jour, aucune société, y compris celles qui se sont succédé dans le monde musulman à travers l’histoire, n’a réussi à assurer à tous ses membres, sans exception, les mêmes droits économiques, moraux, spirituels, etc.

    Dans les sociétés occidentales d’aujourd’hui, il y a un progrès significatif dans un domaine : la loi est appliquée de la même façon à tous, sans discrimination. Ceci est un fait qui me parait incontestable. Le plus pauvre des citoyens américains ou canadiens pourra obtenir gain de cause contre le plus puissant (y compris le Président) ou le plus riche, devant une cour de justice. Ceci est une réalité et pas seulement un slogan, comme c’est le cas dans notre pays. Une autre caractéristique importante est que l’Etat travaille en permanence à faciliter la vie du citoyen dans tous les domaines, levant les obstacles qui se trouvent sur sa route, lui assurant un accès toujours plus grand à l’information, faisant de toutes les administrations de l’Etat des vitrines transparentes grâce à Internet, notamment. La vie du citoyen devient d’une facilité inimaginable sous nos cieux. Tout cela est matériel, diront certains. Bien. Mais qu’est-ce qui est plus favorable à l’épanouissement spirituel de tout être humain, y compris le musulman : cet environnement où tout est facilité ou le nôtre où règne la contrainte, le stress, la violence, le mépris, etc., etc. ?

    La plupart des musulmans jugent les sociétés occidentales par rapport aux préceptes coraniques. Trois éléments jouent un rôle très important dans ce jugement négatif : la consommation de la viande de porc et de boissons alcoolisées, la liberté accordée aux femmes et le recul de la pratique religieuse. Mais ce jugement n’est-il pas injuste ? Un chrétien aura beau être parfait par ailleurs (honnête, loyal, compatissant, etc.), pour le musulman, il restera toujours mauvais tant qu’il mangera du porc, boira du vin et laissera sa femme ou sa sœur libre d’aller où elle veut, les cheveux, les bras et les jambes découverts. Mais on oublie que ces comportements sont inscrits dans leur culture depuis des siècles et ne sont en rien blâmables dans leur repère. Pour ce qui est de la pratique religieuse, il me semble que la différence réside dans le fait que, chez nous, il y ait eu une progression fulgurante de la religiosité affichée comme une vitrine sans contrepartie réelle dans les relations entre personnes. Les enseignements de l’islam sont superbement ignorés dans la réalité ; si ce n’était pas le cas, alors pourquoi notre société est-elle si mal en point ? En Occident les enseignements de la morale chrétienne sont appliqués réellement dans la vie quotidienne par la majorité des individus. Pour ne citer que l’exemple des femmes, il est très important de constater qu’en Occident, la femme jouit du plus grand respect dans les lieux publics, à l’inverse de ce qui se passe chez nous, où elle ne peut sortir dans la rue sans être victime de toutes sortes d’agressions et du harcèlement sexuel.

    Les maux dont souffre notre pays aujourd’hui ne sont-ils pas en grande partie dus à la tricherie, le mensonge, la négligence, la malhonnêteté, l’hypocrisie, l’agressivité, l’égoïsme, etc., qui régissent les relations entre individus à tous les niveaux et dans toutes les couches de la population, du « hitiste » jusqu’au Président. Tout observateur impartial conviendra que ces traits négatifs sont moins répandus et sont combattus sans relâche dans les sociétés occidentales. Bien que reprouvés par notre religion et notre culture traditionnelle, ils sont devenus chez nous des vertus. Pourquoi ? N’est-ce pas là l’œuvre des institutions (école, administrations, etc.) qui se sont succédé dans notre pays depuis l’indépendance ? Quelle est le lien entre toutes ces institutions ? N’ont-elles pas toutes été mises en place par des régimes dictatoriaux qui nous ont toujours présenté la démocratie occidentale comme un danger ?

    Cependant, il existe toujours dans les sociétés occidentales une discrimination de fait qui a principalement pour origine la fortune, les autres formes de discrimination liées à la race, le sexe, la religion, étant progressivement en voie de résorption. Un enfant issu d’une famille riche et un autre issu d’une famille pauvre n’auront pas les mêmes chances dans la vie, le premier disposant d’un atout considérable au départ. Les classes possédantes disposent donc de plus d’atouts pour accéder aux postes de commandement que ce soit dans le domaine économique, politique ou administratif. C’est là l’un des effets négatifs du capitalisme.

    Il me semble, cependant qu’il y a une équation quasi mathématique qui régit le monde d’aujourd’hui : libéralisme économique – démocratie = loi de la jungle, despotisme, corruption, etc. (le cas de notre pays). Peut-on supprimer le libéralisme économique ? Le socialisme aura-t-il une seconde chance ? Le monde musulman sera-t-il capable de mettre en place un système économique ni capitaliste ni socialiste ? Questions sans réponse aujourd’hui.




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  • Adel
    31 janvier 2010 at 12 h 05 min - Reply

    @Mohand Tahar

    Bonjour,

    « Je ne manquerai pas de revenir contredire, tâche ô combien aisée, toutes ces tentatives grotesques et indignes de ces VRP à la petite semaine Occidentalisés et « colla-beurs » qui veulent nous « vendre » sans vergogne cette insipide propagande qui doivent faire bien rire chez les voisins du Nord! »

    Permettez-moi de vous rappeler que le pays qui a toujours soutenu le plus activement l’agression de l’Occident contre les pays arabes est celui dont le régime s’est toujours opposé le plus farouchement à l’importation dans le monde arabe et musulman de la meilleure chose que les Occidentaux aient inventée (la démocratie moderne): l’Arabie Saoudite.

    Désolé de vous contredire, cher ami, mais il me semble que les musulmans, à l’instar des Occidentaux, méritent la démocratie et ont supporté trop longtemps le despotisme de dirigeants corrompus qui s’abritent derrière l’islam pour mieux en violer les préceptes fondamentaux.




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  • Adel
    31 janvier 2010 at 12 h 44 min - Reply

    Les deux plus belles réalisations de l’Occident sont le capital toujours plus grand de connaissances scientifiques et la démocratie moderne.

    Nous avons tout singé, tout importé, tout maîtrisé – y compris les comportements et pratiques que les Occidentaux eux-mêmes condamnent – sauf ces deux belles choses. Et nous disons après que l’Occident est mauvais!




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  • Mohand Tahar
    31 janvier 2010 at 13 h 44 min - Reply

    @Adel
    Vous ne me contredisez en aucun cas,cher Monsieur: tout comme vous,je condamne sans réserve le régime spoliateur saoudien,régime mis en place par les cartels pétroliers anglo-américains. Vous avez bien raison de souligner que la majorité des pays qui se réclament de l’Islam, ont à leur tête des « mounafikins »,des hypocrites qui se servent de notre religion au lieu de la servir. Au grand bonheur du Système Mondialiste qui ne cache pas sa volonté implacable de « réformer », »moderniser » l’Islam (dixit Ralph PETERS),à défaut de l’éradiquer.

    Hormis l’Iran,le « mauvais exemple » à ne pas suivre et, à un degré moindre,le Soudan,je ne vois pas pour l’heure de pays de la sphère islamique qui pourraient être de sérieux obstacles à ce Système mafieux international. Dire cela, relève de la simple observation des faits.

    La question central n’est pas de savoir qui nous sommes mais,de savoir ce que nous voulons devenir.Ceci étant, de bien diagnostiquer que le nœud gordien de tous nos malheurs provient de tous ces régimes politico-financiers, ces castes de type mafieux qui ont fait allégeance à la Haute Finance Internationale, aux multinationales et aux trusts. Oui,les ennemis des peuples ce sont leurs gouvernements!




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  • Mohand Tahar
    31 janvier 2010 at 15 h 06 min - Reply

    @Adel:
    Vous écrivez:
    « En Occident les enseignements de la morale chrétienne sont appliqués réellement dans la vie quotidienne par la majorité des individus ».

    Hélas pour vous, les faits vous contredisent. Dans le monde dit Occidental, la morale chrétienne a été balayé, éradiqué par plus d’un siècle d’intégrisme laïque: le matérialisme athée du Libéralisme allié au Socialo-communisme ont littéralement laminé les esprits et donné naissance à l' »Homme nouveau ». Un homme détaché de Dieu, sans repères autres que celui du consumérisme élevé au rang de nouvelle idole à adorer. Un homme individualiste, hédoniste, dénué de toute morale chrétienne ou tout simplement naturelle.

    « JE DEPENSE DONC JE SUIS ».
    Problème, nombre de ménages en Occident, croulent sous les dettes. L’économie fonctionne ainsi, sur la base de la consommation, elle représente 2/3 du PIB. C’est pourquoi l’Américain et l’Européen moyen vivent selon le postulat «je dépense donc je suis».

    « Montre-moi ton compte en banque, je te dirai qui tu es ». Ils achètent une reconnaissance, l’estime de soi, un plaisir immédiat, ou encore pour combler une frustration ». Tout pousse à dégainer la carte bleue en toute circonstance. Et ce, à l’heure des délocalisations massives, du chômage croissant, et d’un avenir fait d’incertitudes et de menaces de récession !

    Chez les femmes, sans sexisme, mais c’est ainsi ! la consommation va devenir excessive, sans rapport avec les moyens financiers réels dont elles disposent : ce sont des dépensières compulsives. « C’est l’expression d’un mal-être, voire d’une névrose, explique Loly Clerc. Ce sont des femmes qui vont acheter de façon obsessionnelle, souvent sans réfléchir, et qui ne déballent même pas leur achat une fois rentrée chez elles ». Manifestation d’une profonde dépression, cette manie de l’achat, qui peut conduire à des situations dramatiques -interdits bancaires, surendettement et leurs conséquences néfastes sur le budget familial.

    Pour en revenir à « la morale chrétienne », l’une des plus gravissimes violations des lois d’essence divine est sans conteste aucun, l’avortement de masse pratiqué à l’échelle industriel et ce, pour des raisons de « liberté » et de « confort » ! En France, on avance le chiffre effrayant de plus de 200.000 enfants avortés par an depuis la promulgation de la Loi sur l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse)! Un véritable  » CRASH DÉMOGRAPHIQUE  » ! A tel enseigne, que le taux de renouvellement des générations de 1,9 par couple, conduira arithmétiquement à une baisse drastique des effectifs de la population française. C’est là, l’une des plus spectaculaires « avancée » du progrès social !

    Reste à examiner d’un peu plus près le phénomène du « féminisme » à l’Occidental, et de « la libération de la femme ». Pour ce faire, je vous recommande vivement cette vidéo à ce sujet qui vaut lecture et audition. Le débat d’idée n’est pas forcément fait pour aboutir à un consensus. Mais, il est utile de laisser la parole aux intellectuels de terrain plutôt qu’à des sophistes pathétiques.

    Cordialement.

    Vidéo. Source: Alain Soral. Son site: http://www.alainsoral.com/
    Alain Soral – Féminisme et consomation
    http://www.dailymotion.com/video/x96aag_alain-soral-feminisme-et-consomatio_news




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  • Koulou
    31 janvier 2010 at 20 h 09 min - Reply

    @ M.Tahar!
    Rebis!…
    Avant de commencer une petite note à la rédaction,j’aimerais savoir pourquoi vous avez tronqué mon commentaire précédent ce qui à laissé prétendre à Mr. M.Tahar que je suis entrain de le dénigrer. Je le dit et redit encore une fois, je n’ai pas la prétention de dénigrer qui que ce soit.Je répond à des commentaires que je juge falacieux ou présentants des carrences quant à leurs signifacations.Encore une fois, je ne vise pas des personnes en particulier mais le contenu de leurs commentaires.Un point c’est tout.Quand un Universitaire fraichement converti à l’Islam(Hic…) vienne nous déballer dans son discourt que je qualifierais de pas catholique(Hic…) que la DÉMOCRATIE ET LA CHOURA n’éxistent pas puis faire un débat la dessus,alors que le CORAN est plein de versets qui le contredisent,il y a de quoi vous faire herrisser les chevaux sur la tête.On ne peut pas dire une chose et son contraire pour ensuite élaborer un débat la dessus.C’est immoral.Aucune conscience humaine ne peut l’accepter.DIEU dit : « OUA ALLAHI LA YOUMINOU HATTA YOUHAKIMOUKA FIMA CHADJARA BEINNAHOUM »… encore plus loin « OUA AMRAHOUM BEINAHOUM CHOURA »…encore plus loin « OUA CHAOUIRHOUM FI El_AMR »…et j’en passe les versets abondent dans ce sens.Je ne peux traduire corectement en français parceque je pourais tomber dans l’erreur qui pourait changer la signification du texte,donc je m’abstiendrais de la faire par resperct pour la CORAN et les lecteurs.
    Donc ma réflextion était la suivante:Est-ce-que ce Mr. l’Universitaire religieux a-t-il au moins lu une fois le CORAN pour prétendre que la CHOURA n’éxiste pas.
    Il me fait rappeler un étudiant en Géologie qui soutenait sa thése d’ingéniorat en Géologie dans les années ’70.Il commença sa soutenance par une phrase qui l’a complétement décimée. Je cite: Il dit: « La Géologie est une science abstraite », puis entame l’élaboration de sa thése. Saviez-vous ce qu’il a obtenus comme note finale? 3/20. Le comité des jurés était unanime quant à sa prestation.Quand on démolie tout un pan de la science par une phrase que je qualifierais de dévastatrice,on ne peut pas prétendre ensuite à se réabiliter par des commentaires aussi convainquants soient-ils.
    Toute l’éxistance de l’huminaté repose sur le dialogue(LA CHOURA)aussi minime et banal qu’il soit.Les carences dans la vie sociale de tout peuple repose sur le dialogue et la concertation les deux ingrédients essentiels à la vie. Si tout le monde se replie sur soit même et prétendre que ses volontés sont au dessus de tout soupçon alors on verse dans l’ingratitude et le mépris de l’autre.Toutes les dictatures passées ont été décimés par la folie des grandeurs de leurs dirigents qui croyaient détenir les clés de la supprématie.
    Encore une fois Mr. M.Tahar j’ai pensé util de répondre à ce Néo-Musulman que l’Islam n’est pas un marégage dans lequel on se débat pour savoir qui pourrait sortir sans se salir ou se mouiller.L’Islam est une doctrine universelle sans carences ni malversions.Ce n’est pas une philosophie qui préte à la dissertation et au préjugé malsain.
    À bon entendeur!…

    =====================
    Non, nous n’avons pas tronqué votre texte. Nous avons supprimé certains termes blessants. Des arguments : OUI. Des jugements péremptoires et des termes blessants : NON. C’est notre politique au sein du site. Nous devons tous faire un effort pour éviter les dérapages verbaux. Ici, il y a des compatriotes qui débattent fraternellement et sereinement . Pas de gladiateurs ni de donneurs de leçons.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




    0
  • Adel
    31 janvier 2010 at 20 h 53 min - Reply

    @Mohand Tahar

    Bonjour,

    Je parle des Occidentaux que je connais et qui me semblent être des gens pacifiques, tolérants, sensibles aux souffrances d’autrui. Je fréquente les gens ordinaires et je me soucie bien peu des puissants. Depuis que l’homme existe, ils lui ont empoisonné la vie. Je préfère retenir de l’Occident les belles choses que les gens simples font. Je ne suis pas un révolutionnaire professionnel ayant pour mission de sauver l’humanité. Je m’intéresse aux choses que je peux maîtriser et sur lesquelles je peux agir. Les scénarios apocalyptiques me dépassent et me donnent la migraine pour rien. Si je peux faire avancer la cause de la démocratie dans mon pays d’un millimètre dans la bonne direction, j’aurais accompli mon devoir. Je ne suis qu’une fourmi. Dieu a créé le monde et Il veille sur lui.

    Amicalement




    0
  • BRAHIM
    31 janvier 2010 at 21 h 31 min - Reply

    Là je m’adresse expressément à l’internaute @mohand tahar qui nous orienté sur une vidéo pour nous expliciter la notion de démocratie en terre musulmane. Cher ami, tu as bien fait de nous avoir orienté vers El hadj Yahia Michot. Cà me permet de le découvrir et porter mon appréciation sur sa conférence. Son point de vue est fort respectable mais pour moi c’est un avis d’homme de religion. Il a trait aux rapports qui intéressent d’abord et avant tout les relations entre les fidèles musulmans entre eux d’une part et entre les fidèles musulmans et Dieu , d’autre part. Le comportement de l’homme musulman est dicté par la révélation, le Coran en l’occurrence. Comme vous tu le sait cher ami, il y a le sacré et il y a le profane ! Chaque chose à sa place. Le domaine civil doit être distinct du domaine religieux en matière de démocratie. Le domaine civil relève du citoyen, de son statut, en tant que membre d’une collectivité nationale, par opposition au « militaire » ou au « religieux ». Pour moi, la démocratie intéresse d’abord et avant tous les rapports entre les hommes ici bas. Le «civil » a ses règles et le « religieux » a les siennes. El hadj Yahia Michot parle de la conception de la démocratie chez Aristote et Platon. Bien ! Mais, il trouve tout de même « étonnant » que tous les ouvrages de ces deux philosophes ont été traduits en arabe sauf l’ouvrage d’Aristote intitulé « le politique ». Pour El hadj, sachant que Planton est en faveur d’un régime élitiste, le système de pensée des musulmans au moyen âge est inspiré surtout par Platon. Pourquoi les « savants » et « intellectuels » musulmans en matière de gouvernance s’inspirent d’une conception qui date de 3 siècles avant Jésus Christ (ou de 9 siècles avant la révélation du Coran) mais « refusent » de s’inspirer de la démocratie au sens contemporain du terme. Tout le raisonnement de El Hadj Yahia Michot se tient si on se place du point de vue d’un religieux. Mais à partir du moment où il estime que la démocratie, telle qu’elle est conçue dans les démocraties occidentales, n’est pas véritablement une démocratie et n’ai en fait qu’un leurres et un artifice, tout bascule. Pour appuyer son raisonnement, il évoque les politiques de domination de l’occident sur les nations faibles économiquement et politiquement. Il doit penser certainement au Vietnam, la Palestine, l’Afghanistan, l’Irak, l’Iran etc…. ,. Si on parle de DE LA GOUVERNANCE injuste et inacceptable actuelle, il a raison d’y faire allusion. Mais, il est hors sujet puisqu’il a choisi de faire une conférence sue la « chourâ » et la « démocratie ». La gouvernance mondiale actuelle est une chose et la démocratie en terre musulmane en est une autre Cette façon de brouiller la définition de la démocratie est tout à fait pernicieuse et incommodante. Il déplace complètement le débat qu’il aurait dû engager à savoir la démocratie dans les pays arabo-musulman. L’ordre démocratique mondial est un autre débat, extrêmement important certes, mais qui relève d’une autre problématique politique. Cette problématique a trait au débat sur le colonialisme, le néocolonialisme, le sionisme, le néolibéralisme etc… où les dominants cherchent à perpétuer leur domination et où le « bien » (le christianisme) combat le mal (l’Islam). Cette conception doit être évidemment combattue et réfutée politiquement. Mais que vient faire la « shoura » dans tout çà. Il faut rappeler quand même que la « choura » (concertation, conseil) désigne le « parlement » d’un État islamique, le « conseil d’administration » en quelque sorte de l’institution religieuse.. Dans le cadre religieux musulman c’est un concile de juges musulmans. On sait que « ordre » a été donné à Mahomet de consulter les croyants avant de prendre une décision. Mais Mohamed est un prophète (exemplaire certes) mais ce n’est pas un homme politique qui a été désigné par Dieu ou le peuple pour diriger un Etat. C’est un messager de Dieu qui oriente les fidèles vers le bon chemin et l’amour de Dieu. Ainsi, c’est en ce sens que je considère qu’il y a une orientation politique de sa conférence. Il commence bien mais il termine par une sorte de conclusion où « l’islam » est la solution idoine pour montrer aux oligarchies et aux ploutocraties du monde occidental qu’’il sont dans le « mauvais chemin ». C’est un point de vue, mais pour l’instant ce qui doit être prioritaire et qui devrait intéresser les pays arabes et musulmans c’est d’abord de construire d’une « vraie » démocratie dans leur propre pays pour, enfin, être plus crédible dans leur combat contre les injustices provenant des pays occidentaux et les puissances militaires qui sont d’obédience judéo-chrétienne. Les gouvernants musulmans ( et celui de notre pays l’Algérie, particulièrement) doivent comprendre que la notion de démocratie est indissociable des notions de liberté de conscience, de culte, d’opinion, de presse, de justice, d’égalité entre l’homme et la femme, etc… Le domaine de la religion est important et nécessaire à l’homme mais il n’est pas exclusif. C’est çà pour moi la vraie définition de la démocratie, ce n’est pas seulement et uniquement la majorité du suffrage, qui a son importance EVIDEMMENT.




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  • Mohand Tahar
    31 janvier 2010 at 21 h 44 min - Reply

    @Adel
    « et je me soucie bien peu des puissants ».
    —————————————–
    Des « puissants »…. ! Ils le sont car, nous avons bien voulu qu’il en soit ainsi.Et, malheureusement pour nous tous,cela ne peut qu’empirer tant que ces « puissants » n’auront pas obtenu des peuples,leur entière soumission à leur (dés)Ordre Mondial,à leur totale hégémonie sur nos vies, nos biens. Et ce, pour des siècles à venir.

    Vous avez raison de dire que se sont là « des scénarios apocalyptiques » mais qui ne doivent pas nous « dépasser » et nous « donner la migraine pour rien ». Ne dit-on pas que:
     » vous chercherez la Vérité et la Vérité vous rendra fou » ?!

    La métaphore de la « fourmi » est fort judicieuse car,grâce à Dieu et son Pouvoir,le monde animalier nous donne souvent l’exemple à suivre: celui de la solidarité pour la sauvegarde de l’espèce,de l’union qui fait la force et de l’esprit de sacrifice pour le bien de tous. Une armée de fourmis en marche,cette colonne redoutable, ordonnée et résolue…..rien ne l’arrête!

    Amitiés




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    1 février 2010 at 9 h 37 min - Reply

    Salam,

    Contrairement à ce qu’affirment avec force conviction certains internautes, la cité occidentale n’est pas plus idéale que toutes celles qui l’ont précédé depuis l’antiquité.

    Platon présente sa cité idéale dans la République qu’Aristote, son élève, critique dans La politique.

    Saint-Augustin a préféré à la cité terrestre la cité céleste, cette cité de paix et de justice.

    El Farabi considère que l’épanouissement de l’homme, son bien être et sa prospérité, se trouvent dans sa cité vertueuse.

    L’histoire récente de l’Occident, ce monde idéal, qui a certes développé la science et la technique comme instruments de l’idéologie de la domination (thèse de Jürgen Habermas de l’agir instrumental et de l’agir communicationnel) est marquée par le nazisme et le fascisme qui sont le produit d’une civilisation qui n’est pas la civilisation musulmane.

    Herbert Marcuse a écrit son « Homme Unidimensionnel » pour dénoncer la science et la technique qui réduisent la liberté de l’homme dans les sociétés occidentales considérées par nous qui vivons le despotisme, la dictature et la misère économique comme idéales.

    D’un autre point de vue, René Guénon critique, dans « La crise du monde moderne » l’individualisme et la raison instrumentale sur lequel il se fonde.

    Il est dommage que nous ne voyons de ce monde « démocratique » qui nous fascine que son côté attractif sans pénétrer le fond de sa nature oppressive et déshumanisante que révèlent à notre conscience certains des plus beaux esprits de la civilisation occidentale.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    1 février 2010 at 11 h 58 min - Reply

    Salam,
    L’anonymat protège la personnalité de l’auteur ; ce n’est donc pas la personne qui est mise en cause mais les « idées » qu’elle exprime ou l’absence d’idées dont elle fait montre.

    J’ai eu beaucoup de mal à lire et surtout à comprendre ce galimatias dont on aurait pu se passer parce qu’il n’apporte strictement rien par rapport aux contributions précédentes sur le même sujet.

    Néanmoins, je reconnais à Lyès le droit de dire n’importe quoi parce qu’il ne me prend pas mon temps et parce que je ne suis obligé ni de le lire ni de lui répondre.

    J’ai, quand même, ressenti la nécessité non pas de juger la qualité de ce texte qui n’en a pas mais de réagir à un point de ce catalogue d’un marché aux puces des « idées ».

    Décidément, nous n’en sortirons pas des lieux communs, du rabâchage et de l’approximation.

    Raymond Aron que je recommande à Lyès d’étudier nous a appris que les concepts que nous utilisons couramment dans nos discours sont équivoques. Il en est ainsi de liberté, de démocratie, de laïcité et de politique pour ne citer que ces quatre mots. Ils sont utilisés dans un seul sens alors qu’ils sont d’un usage multiple.

    Alexis de Tocqueville et pas seulement lui, bien sûr, fonde la démocratie sur la liberté et l’égalité mais aussi et surtout sur l’individualisme qui n’est pas, lui non plus, univoque. La société individualiste fait prévaloir l’individu sur la société, la collectivité, la communauté.

    Les conceptions de l’individualisme sont, je l’ai dit, nombreuses mais celle qui domine aujourd’hui est de nature libérale. Le libéralisme repose sur l’individualisme en tant qu’autonomie de l’individu.

    Comme il existe une différence notable entre les mots individu et personne dans la philosophie chrétienne, la théologie musulmane distingue également entre le fard (individu) et le shakhç (personne). Je ne veux pas développer cet aspect qui n’est pas soulevé dans nos débats alors que tout projet de société implique forcément une construction idéologique.

    Cela nous entraînerait assez loin dans la discussion. Mais réfléchissons-y.

    Revenons plutôt à Lyès qui évacue plusieurs siècles d’histoire de l’humanité. Ne compte pour lui que ces deux ou trois derniers siècles. Il semble tout ignorer des grands empires qui ont dominé le monde entre autres l’empire musulman.

    En 711, cher Lyès, Tarek Ibn Zyad remporte la bataille d’Algésiras. Il bat le roi wisigoth. Il prend Tolède en 712. Et en 714, l’Espagne devient musulmane. Cette histoire là, vous devriez la connaître. En 720, les musulmans s’emparent de Narbonne, ils tiennent Carcassonne, Béziers, Agde, Nîmes etc…. Les vestiges du passage de nos ancêtres sont encore visibles aujourd’hui dans ces villes. Après un échec devant Toulouse, ils interviennent en 724 dans la vallée du Rhône et atteignent la Bourgogne. Ils sont arrêtés à Poitiers en 732, c’est-à-dire à moins de 300 kms de Paris, vous devriez le savoir.

    Cette capacité militaire ne vient pas seulement de la fragilité des royaumes européens et de leurs dissensions internes, mais aussi de la force et de la puissance militaire de l’armée musulmane.

    La chute des empires semble être une loi naturelle. « Tout empire périra » a dit le grand historien des relations internationales, Jean-Baptiste Durosselle.

    Comme nous aujourd’hui, le monde européen était enfermé sur lui-même lorsque l’islam s’ouvrait au monde qu’il envahissait.

    Et si je ne me trompe, c’est l’académicien Claude Farrère qui a regretté que la civilisation se soit arrêtée dans la capitale du Poitou-Charentes.

    Les choses ne sont pas aussi simplistes que les présente Lyès sur le plan historique, religieux, philosophie, politique…

    Je vous rassure, je ne glorifie pas le passé pour faire oublier notre sombre présent duquel nous sortirons grâce à nos valeurs intrinsèques.




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  • Lies
    1 février 2010 at 23 h 23 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    «Les accusateurs ont toujours raison si on ne se hâte de les confondre.» dixit Voltaire.

    Cher @ Boukazouha.

    Moi j’ai parlé d’un monde qui a su répertorier ses valeurs et qui en a fait le bon usage.

    La cité idéal n’existe pas sur terre, mais comme l’avait précisé @ Adel, je le cite « Lorsque nous jugeons les sociétés occidentales, nous ne devons pas le faire dans l’absolu, mais nous devons les comparer aux autres sociétés qui existent dans le monde d’aujourd’hui, dans les mêmes conditions.»
    Ceci étant dit, je ne vois pas où sont les louanges et les singeries et les raccourcis simplistes dont on nous accuse.
    Je vous cite monsieur @ Boukazouha :
    «J’ai eu beaucoup de mal à lire et surtout à comprendre ce galimatias dont on aurait pu se passer parce qu’il n’apporte strictement rien par rapport aux contributions précédentes sur le même sujet. Néanmoins, je reconnais à Lyès le droit de dire n’importe quoi parce qu’il ne me prend pas mon temps et parce que je ne suis obligé ni de le lire ni de lui répondre. J’ai, quand même, ressenti la nécessité non pas de juger la qualité de ce texte qui n’en a pas mais de réagir à un point de ce catalogue d’un marché aux puces des « idées ».
    Heureusement et Dieu merci, tu me reconnais le droit de dire n’importe quoi. C’est un gros acquis.
    Désolé de vous contrarier, parce que dans les faits, nous avons tout importé de ces pays occidentaux, de la petite aiguille jusqu’à la voiture, sauf deux choses, qui à mes yeux sont essentielles:

    1/ les valeurs éprouvées par le temps et la pratique et qui ont fait la preuve de leur efficacité et de leur efficience et qui sont devenues pérennes, c’est à dire universelles, par exemple l’État de droit et la bonne gouvernance.

    2/ le savoir faire technique et l’organisation rationnelle ; les chinois construisent nos routes, les canadiens construisent nos barrages et jusqu’aux syriens qui creusent nos puits pour l’irrigation et j’en passe.

    C’est beau de piocher dans Google ou dans sa petite bibliothèque pour faire une longue dissertation sur qu’a dit l’un et ce qu’a dit l’autre.

    À ce train il est aisé pour chacun de nous d’occuper littéralement l’espace de ce site.

    Est-ce utile pour faire avancer la réflexion? Je crois que non, sans pour autant denier le droit aux gens de s’exprimer comme elles savent le faire.

    Car j’ai lu avec attention vos deux post mais je n’ai pas trouvé trace de propositions alternatives concrètes.

    Vous convenez avec moi que les slogans creux et abstraits ont vécu. Qu’il faut développer un discours nouveau, réaliste et osé.

    Il ne faut pas hésiter à battre en brèches ces agréables chimères qui ont bercé nos torpeurs, que j’ai souvent comparées au filet de l’oiseleur.

    Les mailles du filet sont difficilement visibles, l’oiseau prisonnier se croyant libre prend son envol, mais à chaque fois il est ramené brutalement au sol.

    Cette manière de te retirer de la main gauche ce qui t’est donné avec la main droite.

    Quand tu as faim, et qu’un religieux, de surcroit, te dit : «Va manger» et quand tu as froid et que ce religieux te dit : « Va te couvrir d’un vêtement chaud», est-ce qu’il a répondu à tes attentes ?

    Est-ce que ta condition a changé ou a empiré ?

    Notre sagesse populaire regorge de proverbes et d’adages qui nous enseignent de très belles manières d’être et de très belles manières de faire.

    C’est un héritage socio culturel dont les origines remontent très loin dans le passé. Bien avant les 14 siècles dont tu m’accuse d’avoir fait l’impasse.

    Dans ce site nous nous instruisons les uns les autres, nous nous complétons, nous recherchons tous la lumière.

    Il n’y a pas de super patriotes ni de super savants.

    Il n’y a que des algériens qui persévèrent, tous jaloux de leur pays, frustrés et outrés par un état des lieux des plus lamentables et qui aspirent au changement vers une nation meilleure.

    Avant de conclure, je tiens à signaler que beaucoup parmi ceux qui semblent défendre l’Islam becs et ongles, ne le font que pour leurs intérêts matériels.

    C’est leur vache à lait.

    Car la piété est tolérante. Discrète et efficace, elle s’exprime par les bonnes œuvres et par la douceur dans le comportement

    Ils finissent par se laisser prendre à leur propre jeu, ils adoreront au final l’argent à la place du Dieu véritable.

    Dieu sonde tout, voit tout, sait tout, observe tout du haut de son trône céleste et ce n’est pas en vain qu’il a, dans son immense sagesse et son infinie fidélité à sa sainte parole, condamné déjà les fossoyeurs : ceux qui connaissent la vérité et qui l’a retiennent captive.

    Enfin je remercie le docteur Sidhoum et ses compagnons, administrateurs de ce cite, pour leur ouverture d’esprit, leur sagesse et leur sens élevé de la responsabilité, ainsi que pour leur vision futuriste noble et pragmatique.

    En plus de veiller à la bienséance des échanges, de favoriser la libre expression, ils ont mis sur la table un projet pour le changement salutaire ayant trait à la gouvernance dans notre pays.

    Nous émettons des idées et opinions en direction et autour de ce projet.

    Nous essayons de l’enrichir de notre diversité et nous nous surprenons à nous enrichir nous-mêmes de ce que disent les uns et les autres, car dans la vie rien n’est figé, tout évolue et on n’arrête jamais d’apprendre.

    L’humilité contrairement à la grandiloquence et à l’opiniâtreté, a bien meilleur goût.

    Je suis fier de cet espace d’expression et de liberté et je m’attèle à en prendre bien soin.

    Comme j’ai commencé mon post, je le termine avec cette citation du même Voltaire :

    «Il faut voir les choses comme elles sont, naturellement, au lieu que les idées qu’on nous donne quand nous sommes dans l’enfance nous les font voir comme elles ne sont point.

    Tous les hommes sont d’accord sur la vérité quand elle est démontrée, comme en géométrie, mais ils sont tous partagés sur les vérités obscures.»

    Avec mes respectueuses salutations au frère @ Boukazouha.

    Fraternellement.




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  • Mohand Tahar
    2 février 2010 at 0 h 40 min - Reply

    «Algérie,ô mon pays bien aimé, ne permets pas que l’esprit du temps ne trouble les cœurs et les intelligences. Reste fidèle à toi-même. Étends tes racines dans les profondeurs inaccessibles aux grands froids du monde.».

    Ne perds pas ton identité, Sauvegardes tes valeurs culturelles d’attachement à la religion, à ton histoire, à la tradition, à ta langue, tes chants,
    Ses valeurs culturelles d’attachement à la religion, à l’histoire ,à la tradition, à la langue, aux chants, qui ont été sauvegardées dans les conditions les plus difficiles, restent une source de force intarissable. Restes fidèle à toi-même.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    2 février 2010 at 9 h 35 min - Reply

    Salam,

    Certains sujets comme celui dont nous « débattons » actuellement soulèvent plus de questions et d’interrogations qu’ils ne donnent de réponses.

    L’orientaliste viennois Gustav von Grunebaum définissait la culture « comme un système clos de questions et de réponses, se rapportant à l’univers et au comportement humain, en toute occasion où la société reconnaît une norme impérative. Une échelle des valeurs détermine la place et l’importance relatives de chacune des ‘questions et réponses’. En d’autres termes, c’est un jugement de valeur qui assurera la cohérence et règlera l’interaction des diverses ‘réponses’ qu’admet une culture donnée et qui rythment l’existence de l’individu et du groupe. »

    Le ‘choc des civilisations’ (Samuel Huntington) ou la lutte des représentations symboliques entre le monde occidental et le monde de l’islam repose sur une double discorde : la domination du premier qui persiste, comme dit le professeur Mohamed Arkoun, dans son « historicisme positiviste quant il s’agit de l’islam » et des raisons (jugements) axiologiques qui rendent tout dialogue difficile.

    Les Evangiles (Luc XXII-36-88) que Lyès cite sans donner aucune référence précise de ce qu’il avance favorisent la théorie des « deux glaives » qui postule à l’organisation des sociétés humaines sous l’autorité du Pape considéré comme le vicaire de Dieu sur terre.

    Cette théorie des « deux glaives » de Bernard de Clervaux s’inspire de la « Cité de Dieu » de notre compatriote Saint-Augustin.

    Les Etats pontificaux qui tiraient leur légitimité de cette théorie s’étaient donnés pour mission, comme le pensait l’augustinisme politique, de faire que la cité terrestre soit mise au service de la cité céleste.

    L’église et l’empire chrétien d’occident ne pouvaient exister l’un sans l’autre. Ils étaient indissociablement liés par la religion.

    Roger Bacon et Saint Thomas d’Aquin notamment s’ils assignaient à la cité terrestre des fonctions spécifiques, ils la soumettaient, cependant, à la cité céleste.

    Dire donc que les « valeurs » qui ont fondé la démocratie occidentale se trouvent dans la Bible comme si le Coran théorisait l’absolutisme, ce qui est loin d’être le cas, est une escroquerie intellectuelle ou une ignorance des textes et de l’histoire.

    Au début du XIVème l’église se divise avec l’élection d’un pape français qui transfert la résidence des papes à Avignon, l’empire chrétien d’Occident se disloque face aux revendications et aux légitimations religieuses pour le conduire.

    Des théoriciens comme Marsile de Padoue commencent à dénoncer l’emprise de la Papauté sur l’ordre temporel qui doit avoir, selon l’auteur du Défensor pacis, l’autorité sur l’ordre spirituel. Pour lui, l’Etat seul dispose de la contrainte (thèse de Max Weber) ou de la sanction y compris la sanction religieuse. Le spirituel et le temporel n’ont pas à être distingués ou séparés.

    Son contemporain anglais Guillaume d’Okham soutient, quant à lui, la thèse de la dissociation et de la distinction.

    Les idées politiques de l’Occident chrétien se rénovent, changent à partir du XVIème siècle. Erasme et Thomas More notamment défendent les idéaux de l’humanisme chrétien, Luther et Calvin engagent la Réforme de la religion, je ne parlerais pas ici du développement de leurs idées politiques respectives qui créent la polémique sur l’absolutisme religieux de Calvin en particulier, la Contre-Réforme réagit au nom du pape…

    Bref, cette période exaltante, complexe finit par le triomphe de l’absolutisme que les révolutions du XVIIIème feront tomber.

    Mais, il a fallu attendre plus d’un siècle après la loi de séparation des églises de l’Etat en France pour que l’actuel pape Benoist XVI reconnaisse que « la formation de structures justes n’est pas immédiatement du ressort de l’Église, mais qu’elle appartient à la sphère du politique, c’est-à-dire au domaine de la raison responsable d’elle-même »

    Dans sa première Lettre Encyclique « Deus Caritas Est », le pape écrit : « L’État qui veut pourvoir à tout, qui absorbe tout en lui, devient en définitive une instance bureaucratique qui ne peut assurer l’essentiel dont l’homme souffrant – tout homme – a besoin : le dévouement personnel plein d’amour. Nous n’avons pas besoin d’un État qui régente et domine tout, mais au contraire d’un État qui reconnaisse généreusement et qui soutienne, dans la ligne du principe de subsidiarité, les initiatives qui naissent des différentes forces sociales et qui associent spontanéité et proximité avec les hommes ayant besoin d’aide. L’Église est une de ces forces vives : en elle vit la dynamique de l’amour suscité par l’Esprit du Christ. Cet amour n’offre pas uniquement aux hommes une aide matérielle, mais également réconfort et soin de l’âme, aide souvent plus nécessaire que le soutien matériel. L’affirmation selon laquelle les structures justes rendraient superflues les œuvres de charité cache en réalité une conception matérialiste de l’homme : le préjugé selon lequel l’homme vivrait «seulement de pain» (Mt 4,4; cf. Dt 8, 3) est une conviction qui humilie l’homme et qui méconnaît précisément ce qui est le plus spécifiquement humain ».

    « Ainsi nous pouvons maintenant déterminer avec plus de précision, dans la vie de l’Église, la relation entre l’engagement pour un ordre juste de l’État et de la société, d’une part, et l’activité caritative organisée, d’autre part. On a vu que la formation de structures justes n’est pas immédiatement du ressort de l’Église, mais qu’elle appartient à la sphère du politique, c’est-à-dire au domaine de la raison responsable d’elle-même. En cela, la tâche de l’Église est médiate, en tant qu’il lui revient de contribuer à la purification de la raison et au réveil des forces morales, sans lesquelles des structures justes ne peuvent ni être construites, ni être opérationnelles à long terme.

    Le devoir immédiat d’agir pour un ordre juste dans la société est au contraire le propre des fidèles laïques. En tant que citoyens de l’État, ils sont appelés à participer personnellement à la vie publique. Ils ne peuvent donc renoncer «à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun». Une des missions des fidèles est donc de configurer de manière droite la vie sociale, en en respectant la légitime autonomie et en coopérant avec les autres citoyens, selon les compétences de chacun et sous leur propre responsabilité. Même si les expressions spécifiques de la charité ecclésiale ne peuvent jamais se confondre avec l’activité de l’État, il reste cependant vrai que la charité doit animer l’existence entière des fidèles laïques et donc aussi leur activité politique, vécue comme «charité sociale». »




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  • tacili
    2 février 2010 at 10 h 54 min - Reply

    @ M.Boukezouha,

    Merci pour vos survols historiques intéressants.

    Pouvez vous, néanmoins, présenter en quelques phrases simples(je sais que c’est trop vous demander vu la complexité du sujet) vos convictions personnelles quant a la place de la religion islamique dans la vie publique ?

    J’y reviendrai a la lumière de votre réponse.

    Merci.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    2 février 2010 at 12 h 09 min - Reply

    Salam,

    Lyès, mais qu’est-ce qui vous empêche d’utiliser Google que vous n’ignorez pas ou votre Grande bibliothèque pour paraître savant ou en tout cas pour ne pas tomber dans les lieux communs que vous nous avez assénés ?

    Je vous conseille d’y recourir pour ne pas dire n’importe quoi, en effet, et mélanger comme vous le faites y compris dans votre réponse les concepts et les notions.

    Je n’y vois, personnellement (je n’ai pas interrogé Google à ce sujet), dans votre logorrhée aucun travail comparatif sérieux mais de simples observations de café du commerce ou de bazar.

    Contrairement à ce que vous pensez de vous-mêmes, il n’y a rien de nouveau dans ce que vous avez dit, rien de révolutionnaire. Vous avez sans doute osé, comme vous le dites dans votre réplique. Cela me rappelle une réflexion du maître du chaabi El Hadj El Anka au sujet de l’un de ses musiciens qui avait osé. (Cherchez dans Google)

    Je vous demande, cher Lyès, d’occuper tout l’espace de ce site avec des contributions de qualité même entièrement puisées dans Google. L’auteur ne signe finalement que l’agencement des idées qu’il emprunte aux autres.

    Encore une référence qui est peut-être dans Google : A un thésard qui se vantait devant lui de son travail universitaire, Kateb Yacine lui reprocha de ne faire que de la copie de travaux qui s’entassent dans les bibliothèques. Heureusement que celles-ci servent au moins à cela y compris pour écrire des romans.

    Je vous félicite pour votre science intrinsèque, de pouvoir citer de tête des phrases entières de Voltaire et de signaler à tous ceux qui l’ignorent que les « Républicains américains s’inspirent sur le plan économique et social du maccarthysme. »

    Rassurez-vous, j’ai consulté Google, je ne fais donc aucune confusion avec le sénateur de la terreur rouge des années 50, mais je vous demande humblement (vous m’avez exhorté à l’humilité) que vous développiez en quelques lignes seulement les travaux économiques de Mac Carthy et de « sa loi sur la régulation du marché ».

    Je suis sûr que beaucoup d’entre-nous qui ne s’intéressent peut-être pas à l’économie américaine seraient heureux de le découvrir. Merci d’avance.

    Humblement, à vous cher Lyès.




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  • BRAHIM
    2 février 2010 at 15 h 02 min - Reply

    Mon Dieu quel plaisir de lire les interventions de certains internautes ! Cela rappelle les échanges épistolaires des grands écrivains et penseurs des siècles précédents. Et en prime…, avec une grande maitrise de la langue français. C’est un régal de lire ces « combats » contradictoires mais en « gentleman » entre internautes. Merci à LQA.




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  • Lies
    2 février 2010 at 17 h 37 min - Reply

    Salutations à toutes et à tous.

    @ Monsieur Boukazouha.

    Avec quelle facilité vous méprisez la connaissance des gens, il faut le faire.

    Quant à moi, ça m’a aidé à faire l’esquisse de votre portrait robot.

    À quelque chose malheur est bon, dit-on.

    Kateb Yacine est un monument de la littérature algérienne d’expression française et un monsieur du théâtre.

    Il appartient à tout les algériens, même à ceux qui ne le connaissent pas encore.

    En te l’appropriant (je ne sais de quel droit?) pour déverser tes insultes, tu as souillé son Oeuvre et sa mémoire.

    On ne doit pas mêler l’eau pure avec l’eau amère.

    Ces gens, monsieur @ Boukazouha, on n’a le droit de les citer que quand on parle positivement et proprement.

    Par ailleurs j’ai remarqué que tu as fait l’impasse sur la question de l’héritage qui, comme je l’ai dit empoisonne la vie de 85 % des algériens sans que le gouvernement daigne s’en préoccuper.

    À moins que tu n’en fasses PAS partie de ces 85 % d’algériens ancrés depuis des siècles à leurs terres nourricières.

    Et que probablement tu fais partie de ceux qui n’ont rien possédé de leur vie, qui viennent d’ailleurs et qui se sont, au lendemain de l’indépendance, servi et resservi en habitations de luxe, châteaux et lots de terrain, payés au dinar symbolique avec délivrance d’actes de propriété et de livrets fonciers.

    Si c’est le cas, monsieur @ Boukazouha, on n’a rien à se dire toi et moi.

    Koul wahed aala dinou, rabi yaâinou.

    On est en plein dans l’histoire du « Fleuve détourné » qui infenta « Tombéza », de feu Rachid Mimouni.

    Ça sera là mon dernier post, je vous laisse le ou les derniers mots.

    Fraternellement.




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  • Junaid
    3 février 2010 at 1 h 35 min - Reply

    Alain Soral ? Voyez-vous ca! Critiquer le capitalisme mondialisé anglo-saxon du point de vue des références continentales des années 30, qui agitent notre milicien de pacotille n’est pas la bonne méthode. Ce croisement douteux et contre nature n’est que superficiel et apparent. Ce n’est que l’image inversée d’une opposition frontale, totale et absolue.
    La raison arabe étant par définition sinueuse l’ennemi de mon ennemi n’est pas nécessairement mon ami. Le mouvement nationale avait brillamment critiqué le postulat de base… dans les années trente justement. Le débat est historiquement clos. Reste les reprises burlesques et dérisoires de la chose.




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  • KOI – 2 – 9 ?
    3 février 2010 at 9 h 19 min - Reply

    QUOI DE NEUF ?

    Article 19 (revu façon Nouvel Ordre Mondial)
     » Tout individu n’a pas le droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique, pour lui, le droit d’être inquiété pour ses opinions et celui de la fermer, de recevoir et de subir, sans considération pour sa personne, les informations et les idées correctes par quelque moyen d’expression que ce soit.  »
    —————-

    Articles 14 & 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :
     » Les citoyens ont le doit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement…  » ;
     » La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration « 




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  • jnsplu
    3 février 2010 at 10 h 02 min - Reply

    Pour les musulmans et non pas pour les islamistes, terme péjoratif importé et procédant d’une idéologie judéo-chrétienne, pour les musulmans donc disais-je le domaine civil et la religion sont étroitement liés, car l’islam gère toutes les relations y compris familiales, mariage, divorce, héritage, commerciales, contrats relations de pouvoir public, etc…et est capable de le faire et si on veut s’en convaincre il n’y a qu’a étudier le code Napoléon, notamment le code civil français pour s’apercevoir qu’il tiré de manière directe du droit musulman élaboré à partir de cette religion tant décriée et d’ailleurs l’Histoire rapporte l’intégration par Napoléon de dispositifs de droit musulman dans ses codes pour ceux qui veulent un peu se casser la tete à chercher.

    La supercherie consistant à dire que si nous voulons sortir du sous développement nous devons cantonner l’islam à l’aire privée ne peut être le produit d’une âme musulmane, ni même d’une âme ayant gardé suffisamment « d’Algérianité » pour s’apparenter à ses ancètres musulmans en gardant ce lien spirituel avec eux. Si l’islam est synonyme de déchéance, qui a sorti l’Europe de sa léthargie ? Comment donc une religion capable d’insuffler un dynamisme aussi puissant même en dehors de son aire d’influence devient elle à ce point encombrante ?

    Les larves de la colonisation continuent le combat contre l’islam de l’intérieur de ses murs et veulent nous faire accroire que tant que nous nous y maintenons nous ne seront jamais les égaux des occidentaux. Quelle belle vision de soi !

    Leurs raisonnements boiteux suffisamment critiqués sur le site continuent à revenir dans chaque post et ils maintiennent une pression qui procède non d’une argumentation nouvelle et susceptible d’apporter plus de lumière à la discussion mais seulement de faire en sorte que les gens en aient marrent de discuter et que leurs « idées » saugrenues passent pour être admises alors qu’ils savent pertinemment bien qu’elles ne le seront jamais.

    Puisque le vide combat le vide je vais adopter leur démarche et déverser un flot continu de répétitions qui finiront peut être par les lasser et ils arrêteront alors de nous abreuver de leurs « vérités » d’ailleurs.

    La démocratie, c’est la concertation ni plus ni moins avec ses corolaires de liberté, de participation au pouvoir, etc… Mais dans la réalité les choses ne sont jamais idéales, sauf à trouver des gens disposés à avoir un idéal et à se sacrifier pour lui. C’était le cas des premiers musulmans, pour la concertation qui aurait pu évoluer, ce qui n’est plus notre cas. C’est aussi le cas des Occidentaux, chez qui elle a évolué mais ce ne sera pas notre cas si nous adoptons ses modes de gestion, car nous les adopterons sans idéal. Donc il est évident que le primat c’est l’idéal et non pas la démocratie. Or nous n’avons aucun idéal en Algérie, ou plutot nos idéaux divergent et prennent des voies différentes pour s’opposer parfois radicalement. Une nation qui renferme ce type d’anachronismes constitutifs de tares lourdes de conséquences, ne saurait s’inscrire dans la voie du progrès. C’est l’impression qui se dégage pour moi de tous nos débats que je n’hésite pas de décrire comme souvent stériles et encore, ce n’est que par politesse que je les décris comme ça car parfois ils sont dévastateurs pour l’unité nationale, tant est qu’elle existerait.

    Alors pourquoi inscrire la démocratie comme idéal si elle n’est pas l’idéal de tout le peuple. Posons nous une question: quelle est le but que tous les Algériens souhaiteraient voir se concrétiser et qui serait susceptible de fédérer leurs efforts ? Je donne un Dinar si les réponses sont unanimes.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    3 février 2010 at 10 h 43 min - Reply

    Salam,

    Monsieur Lyès,

    Dommage que les choses en soient arrivées là. Le débat avait lieu sur les idées et non sur les personnes, sur un texte, le vôtre, que je trouvais mauvais. Il est vrai que j’aurais pu me taire s’il ne contenait des affirmations grossières qui avaient heurté mes convictions religieuses et politiques.

    En tout cas, jamais je ne me suis acharné sur un homme déjà à terre ou qui fuit le combat. C’est aussi ma dernière réaction à vos digressions après vous avoir informé, cependant, que je fais partie d’une famille que la colonisation a dépossédée de ses terres pour résistance dans les rangs de cheikh El Mokrani, et que l’indépendance ne lui a pas restituées.

    Je regrette, quand même, que nous n’ayons pas profité de vos connaissances sur « la loi de régulation du marché » de Mac Carthy et son influence sur le parti Républicain.

    J’accepte avec un cœur ouvert votre fraternité, vous avez donc la mienne.

    Tacili, j’espère que la lumière de ma réponse vous fera revenir vers nous. Alors à très bientôt.




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  • tacili
    3 février 2010 at 13 h 48 min - Reply

    @ Boukezouha,

    S’approcher trop de la lumière peut être aveuglant alors je garde toujours mes distances 🙂

    A très bientôt.




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  • BRAHIM
    3 février 2010 at 15 h 18 min - Reply

    Monsieur @BOUKEZOUHA abdelouahab, ne te sent pas trop « heurté dans tes convictions religieuses et politiques ». Toi au moins tu es entouré par une majorité d’algériens musulmans et tu es du même avis que beaucoup de personnes qui se sentent escroquées lors des élections « gagnées » par le FIS. Moi, par exemple, je me sens beaucoup plus heurté que toi, et tous les jours humiliés, en rapport avec mes convictions politiques et de mes non-convictions religieuses ( je suis athée). Alors qui est le plus malheureux de nous deux. TOI qui fais partie de la majorité ou MOI qui fait parti de la minorité. Il faut tempérer les flammes et relativiser les choses mon frère. Ce n’est qu’un débat et pour l’instant ce débat est bénéfique autant pour les personnes comme toi que les personnes qui ne pensent pas comme toi. On a tous des certitudes, mais qui est dans la vérité ??? La nouvelle république démocratique algérienne, s’il elle arrive à se construire, doit se pencher sur toutes ses questions et prendre en compte toutes ses réalités sur lesquelles on échange, si elle veut vraiment exister en tant que nation crédible et respectée. La démocratique est certes celle qui se dégage des urnes mais je le répète et le répèterai sans arrêt : la démocratie et le suffrage universel ne veulent pas dire grand-chose si les notions essentielles de droit de l’homme et d’Etat de droit ne sont pas prises en considération et ne sont pas intégrées dans ce concept de démocratie. Ces notions essentielles sont, je les répète au risque « d’ennuyer » mes amis internautes : le respect de la liberté de conscience, le respect de la liberté de culte, le respect de la liberté de presse, le respect de l’alternance, le respect de la séparation des pouvoirs (NB : en Algérie en plus du législatif, de l’exécutif et du judiciaire, il faut ajouter le « militaire » qui ne doit pas s’ingérer dans les affaires des « civil », et le religieux dont le rôle dans la société doit être défini d’une manière précise si le mot laïcité choque tant les musulmans , et oui !!!) , je continue donc … le respect des minorités ethniques et culturelles, etc…. etc… A partir du moment où ces notions sont bien définies, je suis le premier à rejoindre le maquis pour ses idéaux. Et ben oui, Monsieur @BOUKEZOUHA abdelouahab, même un athée peut alors se mettre au côté d’un musulman (je dis bien musulman et non islamiste) pour l’avènement d’une vraie république démocratique qui accueille « tous ses enfants » de manière égalitaire et sans partialité. L’Algérie appartient aux ALGERIENS, tout simplement. Je te prie de m’excuser pour le ton de mon post, je ne sais pas écrire autrement que par ce qui me vient à l’esprit de manière spontanée. Amicalement et à bientôt.




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  • Azwaw
    3 février 2010 at 15 h 58 min - Reply

    En parlant des valeurs judéo-chrétiennes qui sont le fondement de la démocratie chrétienne,vous avez cité les pays occidentaux mais vous avez omis de citer le Japon,la Corée du sud,Taiwan,Hong-Kong.Ce sont les seuls pays du sud non européens à avoir accéder à la modernié.Ces pays là se sont inspirer de l’occident sans tabou sans hésitation et ils ont réussi.Ces pays là ne sont pas des théocraties,mais des régimes laiques parce que la LAICITE est un des PILIERS de la démocratie.Regarder autour vous,le seul pays démocratique dans le monde musulman,c’est la Turquie,un pays LAIQUE !Ne dit-on pas qu’il chercher la science mème en Chine.La science aujourd’hui est en occident pas en Iran,ni en Afghanistan.




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  • Iqbal
    3 février 2010 at 17 h 25 min - Reply

    C’est vrais ca devient lassant et franchement pénibles ces kilomètres de lieux communs et de poncifs répétés en boucle. C’est « l’art » sophiste de l’argumentum ad nauseam… ils ne semblent pas au courant 🙂




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  • BRAHIM
    3 février 2010 at 17 h 38 min - Reply

    cher internaute @jnsplu, je n’avais pas encore lu ton post quand j’ai proposé ma réfléxion à l’internaute @BOUKEZOUHA abdelouahab, mais après lecture de ton commentaire je pense que le contenu de ma réponse à ton post n’aurait pas changé d’un iota par rapport à celle que j’ai soumis à l’appréciation de l’internaute @BOUKEZOUHA abdelouahab. Amicalement et à bientôt sur le net.




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  • jnsplu
    3 février 2010 at 18 h 08 min - Reply

    Voici l’article d’un ressortissant des pays dit démocratiques occidentaux. Assurément ce qu’il décrit n’a aucune espèce de ressemblance avec le Japon, la Corée ou les autres pays de l’est qui vouent au culte du patron la meme verve que vouaient au shogun les samourai des temps passés.

    C’est dans cet esprit que la grève dans ces pays vise à accélerer la production au lieu de l’arreter comme dans les démocraties occidentales. Ils ont certes appliqué la démocratie mais en l’adaptant.

    Et pour la ennième fois, la laicité ne fait pas partie de la démocratie, qui est et reste un mécanisme de pouvoir, alors que la laicité c’est l’Etat et non pas le pouvoir qu’elle vise.

    L’Etat se compose de trois éléments, le pouvoir, le territoire et le peuple. la laicité sépare ces trois éléments de la religion qui devient non pas une affaire de peuple, de pouvoir ni de territoire, mais une affaire individuelle et n’ayant rien a voir avec l’Etat qui peut la tolérer, mais seulement la tolérer.

    La démocratie fait que les trois éléments du pouvoir et non pas de l’Etat et qui sont le judiciaire, le législatif et l’exécutif sont l’objet de séparation et n’empiètent pas les uns sur les prérogatives des autres sauf dispositif constitutionnel destiné à l’équilibre. Il en découle un renforcement des libertés publiques puisque l’action de l’exécutif est jugulée par les lois constitutionnelles et parlementaires et leur application par une justice libre de toute tutelle et le citoyen se trouve protégé par ce biais des dérives de l’administration.

    Je ne pense pas pour ma part que le peuple Algérien a vraiment besoin de la laicité et je continuerai à le clamer et à le répéter tant qu’on rèpète que la laicité est la panacée de tous nos maux ce n’est pas vrai elle est source de toutes les dérives.

    Voici l’article en question.

    ——–
    17 décembre 2009
    L’économie vaudou et la fin des démocraties

    Les catastrophes boursières à répétition sanctionnent notre entrée dans une économie du vaudou et veau d’or. Je me souviens que Bush père avait parlé d’économie vaudou à propos des théories reaganiennes en la matière qui ont précipité cette apocalypse occidentale que nous visons actuellement.

    L’Amérique et l’Europe sont appauvries, peut-être définitivement, et ce sont les pays pétroliers, les fournisseurs de matières premières (il faut voir, comme je le vois, les fantastiques progrès du Brésil ou de l’Argentine) et bien sûr les vrais pays industriels comme la Chine, le Japon ou la Corée qui tiennent les cordons de la bourse. Nous, nous vivons à crédit, endettés (dans notre Pater, je rappelle aux imbéciles que les endettés – debitores – sont les pécheurs) jusqu’au cou, jusqu’à ce qu’une apocalypse financière et immobilière définitive nous ramène à l’âge de Pierre…

    En 1980, Reagan décide de baisser les impôts mais pas les dépenses. Il laisse aussi gonfler le déficit commercial (dix fois supérieur aujourd’hui) en désindustrialisant son pays, ce que nous avons fait en France aussi. Bush junior a fait de même et c’est ainsi que l’Amérique est entrée dans l’économie vaudou, en demandant simplement à tous les autres pays d’acheter ses bons du trésor pour équilibrer ses comptes et faciliter son obésité consumériste.

    En réalité nous ne sommes jamais sortis du keynésianisme et l’on a remplacé les impôts des plus riches par la dette accablante qui écrase maintenant les USA ou la France. La naïveté cynique qui prédomine est de dire que les Chinois ou les Arabes ne peuvent pas se permettre d’abandonner leur client endetté car celui ne pourrait payer leur camelote…

    En France nous avons vécu à partir de Mitterrand une révolution similaire avec à la place des dépenses militaires, des dépenses sociales. Le déficit s’est aggravé au moment de la réunification allemande qui a ruiné l’Europe, et fait exploser les déficits du budget national. Sarkozy était alors ministre du Budget. Cette fois il a fait voter une baisse d’impôts pour les plus riches au détriment une fois de plus de notre endettement.

    L’économie vaudou est convaincue que seule la consommation d’un milliardaire en euros ou en dollars peut sauver un pays. Et tant pis pour les classes moyennes et le reste…

    Ce qui me frappe aussi avec le recul, c’est aussi la défaite cuisante du monétarisme aujourd’hui enterré par Ben Bernanke en personne. Le monétarisme devait nous aider jadis à lutter contre l’inflation. Or j’ai connu sur la Côte d’Azur des maisons en 1980 (donc avant les politiques de désinflation…) au prix de 400 000 francs, et qui valent maintenant un million d’euros… Et le prix de presque tout a décuplé… mais puisqu’on nous dit que nous sommes sortis de l’inflation…

    J’en viens à mon deuxième point : la fin des démocraties. Les Etats Unis ont régressé de ce point de vue, l’Europe est tout sauf démocratique, mais surtout les pays qui montent sont des puissances féodales ou post-totalitaires. L’économie vaudou aura mis fin à la démocratie au niveau mondial. Nous avons les pétromonarchies et leurs 3 000 milliards de dollars, nous avons la Russie de Poutine et des oligarques, nous avons enfin la Chine post-communiste dont le parti s’est converti comme un seul homme pour fabriquer des jouets, des ordinateurs ou exporter en pièces détachées les organes des condamnés à mort.

    Il est clair que les démocraties occidentales n’ont plus de vue stratégique : nous sommes dirigés par des ignorants au sens socratique. Les élites héritières du communisme ou de tradition musulmane me paraissent en avoir bien plus. Et nous sommes tout près de voir leur triomphe total et le monde débarrassé de la naïveté démocratique qui n’aura pas résisté à l’économie vaudou et à la simple montée des prix des matières premières et de l’énergie. Pour paraphraser Aristote, on dira que l’homme de la démocratie marché, est bien un animal, mais apolitique. Si le système tient encore quelques années c’est parce que les gens sont devenus apolitiques. Beaucoup de dettes, mais pas de têtes…

    Qu’on se le dise…

    Nicolas Bonnal

    Chroniqueur et écrivain.




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  • jnsplu
    3 février 2010 at 19 h 21 min - Reply

    Cher compatriote @Brahim.

    Je viens de voir le commentaire que tu me destines.

    Depuis le temps qu’on se cotoie sur LQA j’ai appris à savoir que tu es l’honneteté meme à la différence de certains de nos compatriotes qui se targuent d’etre musulmans. Ce qui m’interesse chez les gens ce n’est pas qu’ils soient boudhistes, musulmans ou athées mais si je peux commercer avec eux et leur laisser ma chemise sans craindre pour elle. Je suis quant à cela totalement rassuré à ton égard. 🙂

    Mon idéal c’est que l’Algérien, quel que soit son obédience, recouvre sa liberté et l’exerce de façon responsable et tu montre ton sens des responsabilités en ne t’attaquant pas au credo de la majorité meme si tu ne le partages pas, bien plus tu t’engages à le défendre. Personne de sensé ne peut te demander plus.

    La foi est un élément personnel bien que l’islam soit communautaire. En islam il y a une distinction entre islam et foi. Dans un verset du Coran il est dit : » Les non citadins (al 3arab) ont dit nous croyons (amanna) dis: ne dites pas nous croyons mais dites nous avons embrassé l’islam, jusqu’a ce que la foi imprègne vos coeurs ».

    Ceux qui font la prière et vont à la mosquée sont ils tous musulmans ? Personne ne peut le dire et honnetement concernant certains parfois j’en doute. Mais toi au moins tu dis ce que tu penses et tu mérites tout mon respect pour cela.

    Su le plan de la démocratie, j’insiste la démocratie, je ne pense pas qu’il y ait de grosses divergences entre nous ces divergences apparaissent lorsqu’il s’agit de la laicité. On ne peut malheureusement etre d’accord sur tout. La laicité va à l’encontre des principes de l’islam selon moi et je ne peux échanger entre les deux.

    Amicalement.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    3 février 2010 at 21 h 39 min - Reply

    Salam,

    La vie publique, c’est l’Etat dans notre entendement, est régulée par la loi qui est la règle pour tous, ce qui consacre l’égalité.

    La loi qui s’impose y compris aux plus puissants d’entre nous et à l’Etat lui-même, nous a fait passer de l’état de nature à ce que l’on appelle l’Etat de droit.

    Je me permets d’attirer, ici, votre attention sur l’orthographe du mot droit qui est au singulier, ce qui veut dire d’abord que les institutions publiques sont fondées sur la loi à laquelle l’Etat en tant que puissance publique doit se soumettre.

    Dans un espace politique comme le nôtre qui ne souffre, logiquement, aucune institution religieuse de type ecclésial, c’est autour, comme cela est le cas des autres espaces démocratiques, du droit qui se fonde AUSSI sur la source religieuse que la vie publique doit être organisée.

    Parce que la Loi est, en principe, le noyau central de la religion aussi bien chez les juifs, les chrétiens et les musulmans.

    Contrairement à ce que l’on pense généralement, le christianisme ni n’encourage à la sécularisation du droit ni à la laïcisation des institutions publiques.

    Les propos suivants de Jésus sont éloquents à maints égards :

    « Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. »

    (…)

    « Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. »

    « Car je vous le dis, si votre justice n’est pas supérieure à celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. » (Matthieu 5.17-20)

    Cette citation de l’Evangile de Matthieu simplement pour dire que la séparation entre la loi positive et la loi religieuse ou naturelle n’est pas fondée par le Nouveau testament.

    Donc, l’interprétation du fameux « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Luc 20. 20-26) ne présupposait ni ne préfigurait la formation de l’Etat laïc qui a évacué la dimension religieuse de l’élaboration du droit.

    Si nous adoptions le même processus d’exclusion de la Loi religieuse de nos catégories juridiques, la conséquence serait que l’on se comporte comme musulman à la maison et comme citoyen (ou sujet) au dehors.

    Et si la loi de l’Etat est la loi dans le système laïc qui revendique la neutralisation du droit, il en est exactement de même dans l’Etat qui fonde son système normatif sur des principes religieux.

    Je m’empresse de dire que la contrainte, le monopole de la violence légitime selon Max Weber, est la prérogative de l’Etat qu’il soit laïc ou fondé sur des principes juridiques divins et pas de la religion.

    La loi organise l’égalité entre les citoyens, elle leur permet également d’exercer la liberté notamment dans le choix du mode de gouvernement ; ni le Coran ni la sunna n’impose un mode spécifique de gouvernement.

    Comme dans les régimes démocratiques, l’Etat musulman s’appui donc sur des principes généraux et fondamentaux de la Loi islamique qui en font son socle législatif.

    L’islam n’a pas attendu le XXIème siècle pour laisser à l’application de la raison humaine la liberté de légiférer en fonction des espaces culturels auxquels il s’adresse et des nécessités du temps dans lesquels vivent les musulmans.

    Le développement du savoir humain et le progrès scientifique et technique sont, à cet égard, incontournables pour l’élaboration de la loi de l’Etat musulman moderne.

    Sur le plan de l’organisation et de l’expression politiques, le système politique musulman moderne ne diffère quasiment en rien de celui des Etats démocratiques qui ont adopté le suffrage universel comme mode de dévolution du pouvoir.

    Je crois avoir répondu globalement à votre question, même si évidemment, j’aurais pu évoquer d’autres points notamment celui des droits (au pluriel cette fois-ci) que la religion non seulement ne néglige pas mais reconnaît à la personne humaine qu’elle protège dans tous les aspects de la vie, en particulier dans sa liberté d’opinions et de conscience puisque, pardonnez-moi de le supposer, c’est celle là qui vous intéresse et vous préoccupe en premier.

    Voilà, je vous ai livré mes convictions personnelles ; j’espère avoir été clair. L’omniscience et l’infaillibilité appartiennent à Dieu.

    Evidemment, ces quelques paragraphes n’ont pas épuisé le sujet ni fermé la discussion ; les contestations seront, j’imagine, nombreuses. J’attends d’abord les vôtres.

    Cordialement.




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  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    4 février 2010 at 9 h 44 min - Reply

    Salam,

    Tacili, j’avais pourtant répondu à votre désir de lumière, relisez votre précédent post, mais finalement vous avez tout à fait raison de ne pas vous y approchez pour ne pas subir son rayonnement… (Désolé je ne sais pas incruster ce soleil qui sourit, pardon)

    M. Brahim, je comprends parfaitement votre réaction, je peux comprendre que vous soyez heurté, comme je le fus moi-même, par un certain type de discours religieux ; nous sommes, l’un et l’autre, dans le registre du sentiment, dans celui de la subjectivité, sans doute aussi de l’irrationnel.

    Mais il n’y a, me semble-t-il, de différence entre le théisme et l’athéisme, aussi paradoxal que cela puisse paraître ils sont proche l’un de l’autre, que ce « a » privatif qui connote la négation.

    Ce « a » privatif formule, malgré tout, l’existence de Dieu auquel l’on se refuse de croire comme il indique, pour certains, l’inexistence de Dieu ; la troisième catégorie d’athéisme regroupe les uns et les autres auxquels se joignent les croyants d’ailleurs pour refuser que la vie humaine et la vie publique en particulier soient influencées par Dieu ou les règles divines.

    C’est notre débat, n’est-ce pas ?

    Alors, je ne veux pas ouvrir un autre débat de type philosophique sur l’existence et l’essence de Dieu et me demander comme l’avait fait Leibniz, par exemple : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? »

    Cette interrogation se la posent aussi bien les athées que les croyants qui se nourrissent du doute pour raffermir leur foi.

    Mais la différence, quand même, entre le théisme et l’athéisme est que l’un, le théisme, relève du sacré et que l’autre, l’athéisme, appartient au profane.

    Et je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi pour dire que toute atteinte portée au sacré est une profanation. C’est-à-dire rendre le sacré ou le religieux profane par l’irrespect qu’on lui témoigne.

    Azwaw, un mot pour dire que l’on peut traduire l’article 20 de la constitution japonaise dans un sens qui convient parfaitement à une société musulmane.

    Par exemple, cet article stipule : « La liberté de religion est garantie à tous. » (Mon commentaire : c’est le cas sur le plan théorique et politique de l’Etat musulman). L’article ajoute : « Aucune organisation religieuse ne peut recevoir des privilèges quelconques de l’Etat, pas plus qu’elle ne peut exercer une autorité politique. » (Mon commentaire : dans l’islam, il n’y a aucune autorité religieuse qui puisse usurper l’autorité politique, la question ne se pose donc pas.)

    Oua Allah A3lam

    Cordialement.




    0
  • Adel
    4 février 2010 at 12 h 24 min - Reply

    @jnsplu

    Bonjour, cher ami,

    Concernant le mot « islamiste ».

    Moi non plus je n’aime pas beaucoup ce terme, mais il a été adopté un peu partout pour désigner les musulmans qui militent dans des partis ou mouvements politiques tels que le FIS, Hamas, Islah, Nahda, etc. (El-Djazira diffuse en ce moment une série de reportages sur al-islamiyyoune)

    Il y a aujourd’hui dans le paysage (pseudo) politique algérien différents partis. Il est clair pour tout le monde qu’il y a un ensemble de partis qui ont en commun de militer pour l’édification d’un État islamique qui applique la chariaa (ce qui, mis à part l’aspect moralisation de la vie publique, n’est pas très clairement défini). Il y a également un courant marxiste (PT, PST, MDS) dont on ne sait plus très bien ce qu’il veut aujourd’hui. Quand aux autres partis (FLN, RND, RCD, FFS), il est difficile de les différencier, bien que certains appellent nationalistes le FLN et le RND et laïc le RCD. Quid du FFS ?

    Jusqu’à preuve du contraire, tous (ou pour le moins ceux du FLN, RND et FFS) se considèrent implicitement comme musulmans. Les adeptes du marxisme et ceux de la laïcité considèrent la religion comme une affaire privée qui ne doit pas apparaitre dans la catégorisation des partis politiques.

    On pourrait peut-être parler de partis conservateurs plutôt qu’islamistes. Qu’en penses-tu ?

    Voici un extrait d’un article de Myriam Aït-Aoudia [La naissance du Front Islamique du Salut : une politisation conflictuelle (1988-1989)] qui essaie de définir ce qu’elle entend par islamiste :
    « Les acteurs qui nous intéressent ici sont, plus simplement, ceux qui s’identifient eux-mêmes
    comme « islamistes » et sont identifiés comme tels par les autres protagonistes de la situation d’interaction, sur la base de marqueurs tels que la tenue vestimentaire, le port de la barbe, la fréquentation assidue de lieux de culte et la formulation publique et répétée de discours à caractère « politico-religieux » dans le cadre d’activités de prosélytisme.
    On utilisera par commodité le terme « islamiste », même s’il ne correspond pas toujours à celui que les acteurs concernés utilisent en arabe algérien et sans évidemment présumer qu’il renvoie à une réalité homogène. »

    Amitiés




    0
  • Adel
    4 février 2010 at 13 h 03 min - Reply

    @BOUKEZOUHA abdelouahab

    Bonjour,

    Je suis un fervent supporter de l’esprit anglo-saxon qui essaie toujours d’appréhender les choses sous un aspect pratique et je poserai donc les questions suivantes :

    Pouvons-nous déduire de vos propos que l’islam ne s’oppose en rien à la démocratie de type occidental avec la séparation des pouvoirs, la liberté de conscience et d’opinion, le pluripartisme, l’alternance au pouvoir par la voie des urnes, etc., tout en sachant que la loi dans un pays musulman ne saurait aller à l’encontre des principes coraniques et de la Sunna ?

    Autres questions :

    – Il y a, à toutes les époques, des situations nouvelles que la loi islamique n’a pas prévues (exemple : la contraception). Qui légiférera et comment ? De même, certains peines (comme couper la main du voleur, ou la flagellation en public) ont disparu de notre code pénal. Faudrait-il les réhabiliter?

    – La question de la liberté de conscience me semble nécessiter un examen particulier. Nous savons tous que l’abandon de l’islam est sévèrement puni par la loi islamique. Il y a eu récemment une polémique autour des Algériens convertis au christianisme. Quels sont vos commentaires à ce sujet ?

    – La contestation « islamiste » a commencé le 12 novembre 1982 avec la fameuse liste de revendications en 14 points présentée au pouvoir par Ahmed Sahnoun, Abdellatif Soltani et Abassi Madani dans laquelle ils dénonçaient, notamment, la « dépravation », la « mixité comme indice alarmant du déclin moral » ou encore les « manifestations culturelles bouffonnes et irrévérencieuses », comme les concerts, la crise des valeurs dont ces différents signes témoigneraient ne pouvant être résolue que « dans le cadre d’un sincère retour à l’islam ». Il me semble que c’est surtout cet aspect de « l’islamisme » que certains Algériens n’aiment pas, car représentant, selon eux, une atteinte aux libertés individuelles. Ce sont là, me semble-t-il, avec peut-être la question du prêt à intérêt (dont le traitement ne fait pas encore l’objet d’un consensus), les seuls sujets de discorde entre les Algériens. Qu’en pensez-vous?

    – Il me semble qu’en Occident, la laïcité n’est pas un choix arbitraire mais une nécessité. Dans notre pays cette nécessité n’existe pas. Par contre dans les pays occidentaux, où il y a de fortes communautés non chrétiennes, la laïcité est la seule solution. Comment des juifs, des musulmans, des hindouistes, des bouddhistes, etc., pourraient-ils vivre dans un État où s’applique la loi chrétienne (exemple : interdiction du divorce) ? On sait que l’islam accorde un statut particulier aux Gens du Livre. Quid des hindouistes, bouddhistes, confucianistes, animistes, etc., qui vivent en terre d’islam?

    Cordialement




    0
  • jnsplu
    4 février 2010 at 15 h 20 min - Reply

    Bonjour à tous.

    @ Adel.

    Salut mon ami.

    Un Etat islamique qui applique la chariaa, si cette chariaa est bien comprise, doit tenir compte selon les préceptes meme de la révélation du contexte spatio temporel dans son application et donc ne retenir que ce qui est possible pour ses sujets car nul n’est tenu à l’impossible.

    Le Droit (Boukezzouha à expliqué la nuance des majuscules et minuscules) en tant qu’instrument de réalisation des objectifs de l’Etat est une construction humaine qui s’inspire de Lois divines. Il en est ainsi partout, j’en reviens comme exemple à ma citation du code Napoléon d’inspiration musulmane, mais aussi judéo-chrétienne et qui est appliqué dans l’Etat de la laicité par excellence, en France.

    Donc je ne trouve toujours pas quant à moi de différence entre musulman et islamiste tant qu’ils visent tous deux à vivre en harmonie avec leur foi en tenant compte des interprétations modernes des règles régissant cette foi.

    Si on veut dire que l’islamiste est celui qui donne une interprétation tendue aux lois d’inspiration musulmane qui met en conflit l’homme avec son milieu et donc va à l’encontre des principes de l’islam, je prèfère quant à moi utiliser les termes du prophète qui dit « la ghouloua fi eddine » (pas de surenchère en religion) donc je serais assez d’accord avec extrémiste musulman (moughali) comme il y a des extrémistes chrétiens mais pas de christianistes comme il y a des extrémistes juifs mais pas de judaistes et donc meme du point de vue de la langue française avec laquelle nous est exporté ce terme, il n’est pas judicieux de l’employer, il est impropre, il ne cadre pas avec l’esprit de cette langue.

    Et pour le reste de mon article ? Un autre mot à discuter ? 🙂

    Amicalement.

    @ Boukezzouha

    Petite initiation aux smileys:
    deux points parenthèse fermante = 🙂
    deux points parenthèse ouvrante = 🙁

    Amicalement.




    0
  • jnsplu
    4 février 2010 at 15 h 34 min - Reply

    @Boukezzouha.
    ps:
    deux points càd « : » suivis immédiatement de la parenthèse sans espace entre es deux.




    0
  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    4 février 2010 at 22 h 54 min - Reply

    Salam,

    Merci Jnsplu pour le cours sur les smileys, mot que vous m’apprenez. Je vais faire une tentative à l’occasion.

    Je sais que vous n’aimez pas le mot « islamiste ou islamisme » parce qu’il serait péjoratif, selon vous. Je ne le trouve pas personnellement infâmant. Et je récuse cette image d’Epinal que décrit Madame Myriam Aït Aoudia qui utilise, à mon sens, des critères artificiels, spécieux et insidieux pour décrire le partisan de l’islamisme.

    Pour elle, tous ceux qui portent une barbe, une certaine tenue vestimentaire, qui fréquentent assidûment, dit-elle, la mosquée, sont « islamistes ».

    Adel, vous savez parfaitement que c’est faux et que cette définition relève du subliminal.

    Par cette description, tous les musulmans pieux seraient des militants islamistes. Et tous les militants de ce courant politique (et non pas polico-religieux) qui ne portent pas de barbe, qui s’habillent en veston cravate ne le seraient pas. C’est vraiment un jugement au faciès.

    J’ai dit que je ne trouvais pas ce vocable infâmant parce que d’abord on parle bien de judaïsme et de christianisme pour désigner non seulement des religions mais deux systèmes de pensée, deux visions du monde, deux doctrines qui peuvent tout à fait être apparentées à des idéologies.

    Bien que créé par des non arabes et des non musulmans, l’islamisme répond plutôt à ces références qu’à la caricature de Madame Aït Aoudia dont je devine les préférences politiques et idéologiques.

    Il est commode d’extrémiser l’islamisme, de le marginaliser, de le distinguer de l’islam. On répète jusqu’à la nausée que ce dernier est un simple culte qui doit être non seulement cantonné à la sphère privée mais enfermé dans les murs de la mosquée.

    L’islam ne doit donc être qu’un vecteur d’adoration, exit l’islamisme qui ose s’occuper de choses aussi sérieuses et exclusives que la politique.

    Cordialement




    0
  • BOUKEZOUHA abdelouahab
    5 février 2010 at 9 h 18 min - Reply

    Salam,

    Adel, vous avez bien interprété ce que je voulais dire. Dès lors que la source du droit est la Loi coranique, il est même possible de distinguer les sphères dans un contexte où apparaît ce que nous pouvons considérer comme un « pouvoir religieux » qui n’a, en principe, aucune existence formelle en islam.

    Cela fut, par exemple, le cas à l’époque de l’Etat mamelouk qui donna naissance à un ersatz de clergé musulman que combattit de toutes ses forces le cheikh el islam Ibn Taymiyya.

    Persécuté par les « autorités religieuses » pour ses positions contre le cléricalisme ambiant, le néo-hanbalite se préoccupe d’abord de la Shari’a.

    Les conditions historiques et politiques, celles de l’Etat mamelouk, dans lesquels il vivait l’ont poussé à scinder l’autorité.

    Intransigeant quant à l’application de la Loi islamique, Ibn Taymiyya accorde au politique le droit d’agir dans son propre domaine en toute liberté.

    L’islam est, dans de très nombreux domaines, une affaire de contextualisation.

    Il n’y a donc aucune incompatibilité à séparer les trois pouvoirs et à voir se produire l’alternance par le moyen du suffrage universel (je dois répéter, ici, que la loi islamique doit demeurer la source du droit, cela doit se faire par ijmâ, le consensus de l’ensemble de la communauté lors d’une Assemblée constituante, par exemple, qui formalise ce pacte national).

    Le mot dawla que nous utilisons pour Etat a comme signification, vous le savez, alternance (DWL, tourner).

    Concernant les situations nouvelles dont vous parlez, l’Assemblée nationale qui représente la nation (elle peut tout à fait se substituer aux Ahl El-Hall wal-Aqd) est parfaitement habilitée à traiter de toutes les questions qui se posent à nous et à légiférer en conséquence.

    D’abord sur le problème de la contraception que vous posez (c’est votre côté anglo saxon ?), il y a, me semble-t-il, une approche idéologique de cette question et une approche « technique » si vous me permettez de parler ainsi.

    Je m’explique l’approche idéologique est celle qui accorde aux femmes la liberté de disposer de leur corps, cette revendication féministe du plaisir et du confort personnel.

    L’approche « technique » est celle qui pour des raisons démographiques, économiques et sociales, des raisons qui engageraient la vie de la femme si elle venait à être enceinte, on décide de recourir aux anticonceptionnels.

    Vous le savez, comme moi, les femmes musulmanes, comme les autres, ont recours à des méthodes naturelles de contraception et au calcul du cycle menstruel pour « ne pas tomber enceinte ».

    Un souvenir : en 1968, le grand démographe français Alfred Sauvy était venu à Alger donner une conférence sur la limitation des naissances au moment où le colonel Boumédienne et son équipe les encourageaient pour combler les trous de la pyramide des âges causés par la guerre mais aussi pour des raisons de stratégie régionale.

    Certains ministres algériens se gaussaient parce qu’ils jugeaient en plein Conseil des ministres que l’Algérie avait les moyens de nourrir et de loger 50 millions d’habitants.

    Malheureusement, pour reprendre la formule d’un expert au Secrétariat d’Etat au plan dans les années 70, « lorsque la démographie a pris l’ascenseur, le développement économique a pris l’escalier ».

    Mais vous plaisantez, Monsieur Adel, je n’ai personnellement entendu personne, chez nous, demander la réhabilitation des sanctions que vous évoquez.

    La flagellation qu’elle soit publique ou non est une atteinte à l’intégrité physique de la personne. Fort heureusement, elle n’a plus cours chez nous.

    Quant au vol, très peu de mains ont été coupées à l’époque du Prophète (QSSL) et il n’est pas question d’en couper d’autres, ne serait-ce que pour respecter une hiérarchie des peines. Il ne serait pas juste de couper la main de celui qui a volé 100 dinars et amputer de la même manière la main de celui qui a braqué une banque ou celui qui a détourné des millions de dollars comme cela est le cas à Sonatrach.

    Si vous me le permettez Adel, je répondrais à la question sur la liberté de conscience et l’apostasie dans un autre post.

    Cordialement




    0
  • jnsplu
    7 février 2010 at 12 h 00 min - Reply

    @ Kader Fatahi.

    L’etre civilisé ne traite pas les autres de menteurs, meme lorsqu’il le croit, sauf losqu’il s’agit de mettre fin à une injustice. Le mensonge est en effet le pire des péchés et traiter une personne de menteur est la pire insulte. Or on n’insulte pas les gens sans raison légitime et même…. Apprenons donc à débattre de manière à ne pas heurter les sensibilités des autres, c’est important.

    D’autant que c’est sans s’adresser à une personne bien précise afin qu’elle puisse se défendre mais en s’adressant à la multitude sans distinction et en semant la graine du doute, de qui s’agit il en fait.

    Quand ceux qui disent que la démocratie est une invention Judéo-Chrétienne, (dont moi, et donc je suis concerné par l’insulte et je m’abstiens d’y répondre dans le cadre de la loi du talion) je dirais que cela les renvoie à la civilisation occidentale, dans son Histoire lointaine, au moyenne age, à la renaissance et à l’époque actuelle, je ne pense pas que ceux qui disent que la démocratie est une oeuvre Judéo-Chrétienne disent plus ou moins que cela.

    C’est dans cette civilisation qu’elle à émergé même si les Athéniens n’étaient pas Judéo-Chrétiens, la démocratie des Athéniens n’associait qu’une partie de la population de meme que celle des romains qu’elle a évolué et qu’a l’ère contemporaine elle englobe tout le monde jusque et y compris les femmes. La véritable démocratie n’est pas celle des Athéniens ni celle des Romains, mais celle des Judéo-Chrétiens qui sont leurs descendants et leurs héritiers directs sans conteste.

    Ce sont les Judéo-Chrétiens qui ont donné la forme définitive à la démocratie occidentale et c’est pour cela qu’il y a confusion, une confusion admise, générale et de bonne foi.




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  • Adel
    9 février 2010 at 9 h 22 min - Reply

    « Un homme politique doit avoir un minimum de probité intellectuelle, sinon il tombe dans l’ aventurisme. La nature même des pouvoirs multiples exercés par un seul homme aura pour conséquence inévitable le culte de la personnalité. Et celui qui n’applaudira pas ‘‘inconditionnellement’’ le ‘‘Maître’’ sera considéré comme un mauvais citoyen. Quant à notre jeunesse, elle sera condamnée à ne plus penser. Le régime fabriquera des robots, des opportunistes et des courtisans. La démocratie seule est salutaire. Elle ne signifie pas l’anarchie. Elle ne signifie pas un pouvoir faible. Elle signifie le gouvernement du peuple par le peuple. Elle signifie un Etat hiérarchisé. » Ferhat Abbas lettre de démission de la présidence de l’Assemblée nationale constituante en contestation au projet de Constitution imposé par Ahmed Benbella le 12 août 1963

    Il avait tout prédit, mais personne ne l’avait écouté.




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  • Congrès du Changement Démocratique