Édition du
26 July 2017

Hommage à nos amis français qui ont lutté à nos côtés.

Photo de Maurice Audin

Qu’ils soient remerciés ! Le temps est venu de les porter au panthéon de notre mémoire collective.

Que les parents de ceux d’entre eux qui ne sont plus de ce monde sachent que nous leur témoignons notre gratitude et notre reconnaissance !

Que ceux qui sont encore parmi nous, et que nous espérons retrouver bientôt dans cette Algérie qui leur doit tant sachent que leur combat n’a pas été vain, même si cette indépendance pour laquelle ils ont consenti tant de sacrifices a été dévoyée. Leur combat n’aura pas été vain parce qu’il a sublimé l’Humain, parce qu’il aura montré que l’humanité, et la fraternité entre les hommes n’a pas de frontières.

Aujourd’hui, ce peuple algérien qu’ils ont aimé a été ravalé au rang d’esclave. Ceux qui ont détourné le fleuve de la libération ont mené cette belle Algérie à la catastrophe et à l’oppression.

Mais, de la même manière que des hommes et des femmes, qui aspiraient à la liberté et à la dignité pour tout un peuple, des Algériens et des Algériennes cherchent les moyens de se dresser contre l’oppresseur qui a remplacé le gros colon.

L’Algérie vivra! Elle saura, le moment venu, témoigner de toute sa gratitude à tous ceux qui l’ont libéré du joug colonial.

Nous demandons à tous nos amis de nous communiquer des liens( vidéos, articles et témoignages) sur la participation des Français qui ont combattu à nos côtés, qui sont morts pour l’indépendance de l’Algérie, et tous ceux qui nous ont apporté leur soutien et leur sympathie. Il est grand temps de rendre hommage à ces Justes que le régime algérien a mis aux oubliettes de l’Histoire nationale.

LQA

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2 Commentaires sur cet article

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  • l.leila
    4 février 2010 at 15 h 22 min - Reply

    Bonjour,

    J’ai jugé utile de relever quelques passages, par hasard, de l’ouvrage – renfermant plus de 400 pages – d’Henri ALLEG,  » Mémoire algérienne  » paru en 2005, aux Editions Stock.
    Désolée, ne maîtrisant pas cet outil comme il se doit, je n’ai pas pu avoir accès aux autres caractères d’imprimerie.

     » Le devoir des anticolonialistes – quelque soit leur origine – était de la soutenir [ l’insurrection, 1954]et, là où c’était possible, de la rejoindre, sans pour autant abandonner, aussi longtemps que les circonstances le permettaient, le travail politique légal.
    C’est cette orientation qu’adopta la direction du PCA et que mes amis communistes du journal[« Alger républicain »] et moi faisions entièrement nôtre. Dans les premiers jours de novembre, un émissaire de Chihani Bachir, adjoint de Mostefa Ben Boulaid, un des fondateurs du Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action, précursseur du FLN et dirigeant de l’insurrection dans l’Aurès, pris contact avec  » Alger républicain » par l’intermédiaire d’Abdelhamid Benzine, rédacteur au journal et ancien membre du Parti du peuple algérien. Il fut convenu que ce serait par lui que la liaison serait maintenue.
    […]
    J’avais été arrêté chez Maurice et Josette Audin, tous deux communistes. Maurice était assistant en mathématiques à l’université d’Alger et Josette, professeur de mathématiques au lycée.[…] J’arrivai donc chez Maurice, dans l’immeuble du champs-de-manoeuvre où il logeait avec Josette et leurs enfants.Il avait été arrêté la veille et je l’ignorait.[…], Un quart d’heure après, un gendarme, deux paras dont un lieutenant- je saurais bientôt son nom: Charbonnier- me prenaient en charge. Mon chapeau ôté, ils me reconnurent aussitôt.  » Excellente prise, dit Charbonnier, c’est Henri Alleg, l’ancien diercteur d' »Alger républicain. » […] Assez tard, un soir, le lieutenant Chabonnier, un des tortionnaires, apparut et me dit de me tenir prêt. Il cria ensuite à ses hommes de préparer Murice Audin et le Dr Georges Hadjadj, un de nos camarades, lui aussi arrêté et torturé par la même équipe de paras.J’entendis ensuite le vrombissement d’un moteur dans la cour et,un moment après, le crépitement d’une mitraillette dans la nuit. Charbonnier ne revint pas me chercher. C’est cette nuit là, devaient prétendre plus tard ses assassins, que Maurice s’était évadé. Tout cela,je l’ai raconté dans  » La Question ».[centre des intterrogatoires renforcés,de l’immeuble du boulevard Clemenceau à El-Biar]Des jours plus tard, très tôt, un matin, un paras m’avertit que je quittais l’endroit.
    […]
    A Lodi, je retrouvais quelques-uns de mes compagnons d' »Alger républicain », Paul Amar, Jean-Pierre Saïd, Vincent Ivorra, Rolland Rhaïs, et d’autres, de vieux amis comme le peintre René Duvalet- sa femme Denise, elle aussi ancienne du journal, bientôt expulsée d’Algérie puis condamnée par contumace, lui avait apporté son chevalet- et Robert Manaranche dont les conférences, très didactiques, passionnaient des hommes à qui la vie n’avait pas permis l’acquisition d’une culture aussi étendue que la sienne.
    […]
    Un vieux fellah moustachu [à la prison Barberousse],venu de Bou Saada, n’en finissait pas de s’étonner que ces Européens n’aient pas reculé devant le risque de la prison et de la mort pour adhérer à la cause de l’indépendance. Comment pouvait-il être la leur alors qu’ils étaient déjà pourvus de ce pour quoi justement lui-même et les siens se battaient? La plupart d’entre eux, lui avait-on dit, ne pratiquaient aucune religion et pourtant ils se conduisaient de façon exemplaire. Un jour, comme pour conclure une longue réflexion, il leur avait dit, en demandant qu’on traduise pour que ceux qui ne savaient pas l’arabe le comprenne bien:
     » Oui, je sais, il y a parmi vous des frères qui ne qui ne croient pas. Mais, que vous le vouliez ou non, pour ce que vous avez fait, vous irez quand même au paradis, et devant nous! »
    Ce qui sous-entendait que lui-même était certain de les y rencontrer et qu’alors il se ferait une joie de les entendre reconnaître qu’ils avaient eu tort de douter de son existence.
    […]Dans la cour, je fis la connaissance de Youssef, arrêté pour sa participation à des actions armées et qui attendait son procès avec trois autres membres du Front. C’était un garçon à peine sorti de l’adolescence, mais d’une grande maturité, qui m’interrogeait sur ce qu’on entendait par « socialisme », sur ce qu’était le communisme. Il avait ses propres idées sur le présent et l’avenir. Comme tous les siens, il était croyant mais, disait-il, il ne fallait pas mélanger religion et politique et pour lui, ceux qui le faisaient avaient le plus souvent de « mauvaises idées derrière la tête » et ne servaientt ni l’Islam, ni l’Algérie. Discutant de ce que serait l’Algérie future, je l’entendais reprendre une expression qui lui plaisait, sans doute parce qu’elle exprimait d’une façon simple et imagée, à la fois ses craintes et ses espérances: » on ne se bat pas pour remplacer les Borgeaud français( des gros colons immensément riches dont le nom était devenu le symbole même de l’exploitation coloniale)par des Borgeaud arabes mais pour qu’il n’y ait plus de Borgeaud du tout. »

    Alger, février 2002
    Dans ce pays chaleureux et proche que nous aimions et que nous ne pourrions jamais cesser d’aimer , le terrorisme integriste, pendant une décennie, avait semé la haine et la mort, faisant des dizaines de milliers de victimes. A une centaine de mètres du hall d' »Alger républicain » où nous étions réunis, comme pour nous convaince que les tueurs n’avaient pas encore admis leur défaite,une bombe explosait dans un marché tout proche, et la déflagration blessait une dizaine de personnes.
    C’est à ce présent sanglant et à l’avenir difficile encore réservé à ceux qui viendraient après nous que mes vieux camarades et moi-même pensions en nous revoyant cette nuit là dans le hall obscur d’un « Alger républicain » peuplé de souvenirs.
    Mais, je notais qu’aucun parmi nous- Gilberte et moi, en parlions souvent- ne s’était laissé gagner par le découragement ou le pessimisme que les provisoirs vainqueurs cultivent dans le monde d’aujourd’hui, et encore moins par le regret de son engagement de jeunesse… »

    Mes salutations




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  • romero
    27 octobre 2010 at 22 h 32 min - Reply

    bonjour

    dans ce camp de lodi que cite Alleg il y avait aussi mon grand pere RAYMOND NEVEU militant communiste et mon oncle ANTOINE GRIMALT militant communiste , lui aussi et qui a survecu par miracle a une rafale tiré par un sbire de l’OAS .. tous les deux sont aujourd’hui décédés, je les regrette…




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