Édition du
26 March 2017

De la démocratie à l’algérienne

Par Adel

Quiconque analyse notre système politique se rendra à l’évidence que nous disposons de toutes les institutions et lois nécessaires au bon fonctionnement de la démocratie. Le hic, c’est que tout marche de travers.

Nous comprenons tous que, de la même manière que nous devons maîtriser certains métiers et techniques nouvellement introduits dans notre pays – je pense notamment aux nouvelles technologies de l’information et de la communication – une phase d’apprentissage est nécessaire avant que nous puissions récolter les fruits de ce système politique qui a l’air de donner de bons résultats sous des cieux plus cléments. Oui, mais voilà, ces messieurs de l’armée ne veulent pas nous laisser apprendre. Comme ce costaud du quartier qui débarque à chaque fois au beau milieu d’une partie de foot entre adolescents en criant : « nel3eb wella nhessed ! », bien que tout le monde sache fort bien qu’il est nul, nos généraux n’ont de cesse de venir fourrer leurs nez dans nos affaires.

Des partis politiques, il y en a bien, mais seuls ceux qu’ils ont « vaccinés » sont admis à jouer. Les critères d’admission sont ceux qu’ils ont fixés, le plus important étant la docilité – soummoun, boukmoun, 3oumyoun. Quoi d’étonnant si, après cela, notre Parlement n’est qu’une assemblée de béni-oui-oui prêts à voter n’importe quoi du moment que leurs comptes bancaires grossissent à vue d’œil. « Ragda we tmangi », comme on disait autrefois. Alors le Sénat, wech engoullekoum…

Notre trois-quarts de président (généreusement mis à notre disposition par le cabinet noir en 1999) nous a bien fait croire au début de son règne qu’il allait faire le nécessaire pour mater cette bande de voyous et nous redonner la souveraineté et la dignité perdues. « Erfa3 rassek ya ba ! » Nous ne mîmes pas longtemps à découvrir la supercherie, hélas. Ce n’était qu’une de ses innombrables ruses. Une fois bien vissé dans son fauteuil, il fut si occupé à ses affaires en compagnie de ses parents et amis, qu’il en oublia jusqu’à notre existence. Il ne s’en rappela que le temps d’un référendum (à l’algérienne, bien entendu) qui lui donna un troisième mandat (au bout duquel il sera, nous l’espérons, périmé).

Lorsque le Président, les partis politiques et le Parlement sont « taiwan », que peut-on attendre du reste? Le Gouvernement, la Justice, les médias étatiques (et les journaux indépendants à l’algérienne) – jusqu’au peuple lui-même – tout est « mderreh ». Tout le monde fait semblant de s’affairer, mais dès que le surveillant général apparaît, tous se mettent au garde-à-vous et il n’a pas eu le temps de terminer sa phrase que déjà l’on s’active de toutes parts pour le satisfaire. Gare aux têtes fortes ! Quelques « kfouf » bien placés et tout rentre dans l’ordre.

Voilà où nous en sommes. Qui peut nous débarrasser de cette bande de gros bras sans scrupules ? Je crois bien qu’il n’y a pas d’autre solution que de prendre notre courage à deux mains et de les sortir du terrain.


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2 Commentaires sur cet article

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  • radjef said
    5 février 2010 at 10 h 18 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Le probleme de la democratie en Algérie, c’est que le pouvoir en place n’a pas d’adversaire réel. Rarement un regime n’aura été aussi detester comme le régime algerien, mais il est là avec ses fourberies pour diviser, pour propager la suspicion entre les militants et faire remplacer un débat d’idées par des jugements de personnes…




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  • jalal roumi
    6 février 2010 at 8 h 16 min - Reply

    Ah si on était des taiwanais nous serions une grande nation évoluée développée démocratique, qui maitrise la technologie,la science le savoir, qui respecte le droit de l’homme.. Alors de grâce n’utilisez pas le qualificatif Taiwan, il faut bien le remplacer par khouroutou car nous le sommes tous




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