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26 March 2017

Révélations. Assassinats pendant la décennie noire : Bouteflika installe une Commission d’enquête autonome

Algérie-Focus

On le savait déjà avec les émanations qui se propagent depuis quelques semaines, rien ne va plus dans les dédales du Sérail. La tension, connue déjà, entre la Présidence et le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), s’est encore accentuée ces derniers jours et la situation risque de s’empirer dans les jours à venir. Motif : le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décidé d’ouvrir la boîte de Pandore et de mettre un puissant coup de pied dans la fourmilière Algérie.

Des sources proches de la Présidence ont révélé à Algérie-Focus.com que Bouteflika s’apprête à mettre en place une «Commission sécuritaire autonome», composée de plusieurs magistrats et procureurs civils et militaires en vue de rouvrir certains dossiers et affaires restés en suspens ou bâclés à leur époque. «Ces dossiers que Bouteflika veut rouvrir, c’est du lourd», nous dit notre source, qui a requis l’anonymat. Il s’agirait, selon elle, de plusieurs affaires d’assassinats menés durant la décennie noire et qui ont ciblé des personnalités nationales, à l’instar de feu Mohammed Boudiaf ou encore du Général Fodil Saidi.

Notre interlocuteur rajoute que «Pour une raison ou une autre, cette démarche du président de la République n’a pas trop plu aux Services du DRS et à son homme fort, le Général Mohamed Mediène dit Toufik». Le projet de Bouteflika a, de ce fait, ravivé le conflit mis en stand by entre les deux puissantes institutions algériennes: la Présidence, menée par les partisans de Bouteflika, et le DRS sous la houlette des fidèles de Toufik. «Le conflit a pris une tournure alarmante», rajoute notre source.

Cette dernière révèle, également, que «des copies des deux dossiers d’enquête ont été adressées par la Présidence aux Services du DRS afin de les compléter dans le but de faciliter la mission de la Commission d’enquête mise en place par Bouteflika». «Bouteflika veut imposer cette Commission d’enquête au Patron du DRS qui n’apprécie pas vraiment la chose.

Il faut savoir que jusqu’à présent, ce genre d’affaire étaient l’apanage exclusif du DRS. Le Général Toufik l’a fait savoir et a émis un niet catégorique à tous déclassement de dossiers pour le compte de la Présidence, particulièrement pour les deux affaires Boudiaf et Fodil Saidi», poursuit notre source. «C’est une question d’équilibre des Pouvoirs mais aussi de Politique. Bouteflika veut se refaire une santé politique auprès des Algériens par la réouverture de ce genre de dossiers.

«Toufik a un autre avis sur ce sujet», conclut notre source. In fine, le bras de fer DRS/Présidence est engagé de nouveau et la tension est montée d’un cran depuis quelques temps. Au vue de ses informations, les récentes révélations sur les scandales à Sonatrach ou dans le projet de l’Autoroute Est-Ouest ne semblent pas anodines, encore moins faisant partie d’une opération anti-corruption, mais visant plutôt le Cercle présidentiel. La preuve étant le silence et le désarroi déconcertant des proches de Bouteflika, comme Khelil et Zerhouni. Bouteflika contrattaque.

Leïla Osmani


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18 Commentaires sur cet article

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  • Si Tchad
    7 février 2010 at 23 h 28 min - Reply

    Il me semblait que Boutef avait deja relgé par referendum Toufikafkaien la question du « qui-tue-qui »…

    Que nenni! Il se ravise et commence à douter grave!

    Pardi, mais alors dans le texte sur la Reconciliation « général », il est clairement dit que quiconque remet en cause la version de Toufik est passible de lourdes sanctions…

    Je suppose que la question du qui-tue-qui est à présent depassée. La question en vogue est desormais « qui tuera qui »….

    Si Tchad




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  • adel133
    8 février 2010 at 2 h 10 min - Reply

    pour ceux qui avaient des doutes, Boutef vient pas cette décision de confirmer que l’Algérie est le dernier souci de ces crapules et que seul le clan compte.dans des pays autrement plus respectables et pour beaucoup moins que ça,le gouvernement est renvoyé,les ministres mis sous controle judiciaire
    le parlement aurait voté la destitution du président et l’institution d’une commission d’enquète publique.
    dans le pays des nains,le peuple assiste impuissant à une guerre entre des proxénètes au pouvoir.pauvre Algérie.




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  • Abdelkader DEHBI
    8 février 2010 at 7 h 30 min - Reply

    Devant cette avalanche d’attaques et de contre-attaques engendrée par la guerre entre les deux clans rivaux – le clan de Bouteflika et le clan de Toufik Médiène – qui se partagent le pouvoir depuis plus de 10 ans, les citoyens ordinaires que nous sommes, doivent rester vigilants et ouvrir les yeux.
    Il ne s’agit pas ici, d’une lutte entre un clan civil et un clan militaire, puisqu’il y en a des deux, dans les deux clans.
    Il ne s’agit pas aussi, d’une lutte opposant des patriotes et des félons, les deux clans étant aussi compromis l’un que l’autre, du fait des relations douteuses qu’ils entretiennent avec certaines influences étrangères.
    Il ne s’agit pas non plus, d’une lutte opposant des responsables politiques intègres à des personnages corrompus, puisque les deux clans sont aussi corrompus les uns que les autres.
    Il ne s’agit pas enfin, d’une lutte idéologique, opposant deux projets politiques de société – loin s’en faut – les deux clans n’ayant jamais nourri d’autres projets que celui de leur accès ou leur maintien au pouvoir pour le pouvoir et tout ce qui va avec.
    Nous sommes en présence de deux clans qui se déchirent en sentant leur fin prochaine – biologique et/ou politique – et en cherchant coûte que coûte à se prolonger en laissant en place les leurs, respectivement. Notre seule prière, c’est que cette guerre des clans ne prenne fin qu’avec la destruction du dernier combattant dans chacun des deux camps. Aaaamiiiine !




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  • Adel
    8 février 2010 at 7 h 51 min - Reply

    Atmosphère de fin de règne, mais toujours pas d’alternative.




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  • hammou
    8 février 2010 at 9 h 21 min - Reply

    comme toujours l’assassinat de kasdi merbah n’est pas cité,cette commission c’est du pipo,parler de l’assassinat de saidi fodhil et occulté celui de kasdi merbah le premier patron des services,il n’y aura aucune commission d’enquete sans le depart des janvieristes.




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  • benamina
    8 février 2010 at 9 h 36 min - Reply

    deux éléphants vont s’affronter dans un magasin de porcelaine. bonjour les dégâts,les gros dégâts. maghadni ghir el cha3b, le peuple qui reste en otage au milieu des feux croisés.le pays est déjà en ruine, wach izidou 3lih.rabi settar.




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  • malak
    8 février 2010 at 10 h 16 min - Reply

    meme si enquete il y a,ils diront que c’est smain lamari et larbi belkhir qui sont résponsables de tous les crimes politiques.




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  • kimahouma
    8 février 2010 at 11 h 46 min - Reply

    Dans l’histoire des maffias( en Italie ou en Amérique) il y’a eu des guerres qui avaient décimé des « familles » entières, cela n’a pas empêché la maffia de se régénérer et de continuer à exister.
    Je crois qu’il est illusoire de penser que le système s’auto-détruira par une sorte d’évolution naturelle.
    Le peuple algérien est devant un choix historique et vital , être acteur de son destin ou subir, avec le risque d’une somalisation à la clé




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  • kimahouma
    8 février 2010 at 12 h 09 min - Reply

    Ces règlements de compte au sein la maffia algérienne est une énième stratégie pour faire perdurer le système. On sacrifie quelque uns pour mieux se protéger .
    Les stratèges du système, voient bien que les algériens bougent et commencent à s’organiser,et ne veulent plus attendre.
    Le système est attaqué de partout. Au plan international, figurer sur la liste noire des pays à risque terroriste est un véritable échec de la politique sécuritaire, de la politique de re conciliation, les contrats mal négociés , la facilité avec laquelle les dirigeants algériens se font corrompre font rigoler à l’étranger, à l’intérieur la multiplication des grèves, l’émergence des espaces , notamment sur internet, de débats, qui échappent à la censure puisque basés à l’étranger, tout cela leur fait craindre une perte de contrôle.
    Encore une fois ils nous sortent le thème de la lutte contre la corruption pour se faire passer pour un pouvoir intègre.




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  • Said Salombi
    8 février 2010 at 12 h 23 min - Reply

    Si c’est vrai, c’est trop tard ya Si Boutef al-kadhab!. Tu connais sûrement l’histoire de celui qui criait constamment au loup?

    Je vais te conter une autre histoire qu’on raconte dans mon village lors de situations pareilles:

    Un homme qui vient de se marier à une paysanne reçoit la visite de ses amis venus lui prodiguer des conseils pour la suite de sa vie conjugale. Ils lui disent: écoute, si u veux que ta femme te respecte et t’obéisse pour le restant de tes jours, il faut lui faire vraiment peur dés le début. Prends par exemple un chat et égorge-le devant elle.

    Le lendemain notre bonhomme demande un verre d’eau à sa femme qui le lui ramène et repart à la cuisine. Un instant plus tard, le verre tombe par terre et se casse. Le bonhomme hurle et accuse le chat de ce méfait. Il demande à sa femme de lui ramener le grand couteau pour égorger le chat devant elle. Celle-ci s’exécute, puis notre homme prend le chat, fait semblant de vouloir l’égorger, mais manquant de courage, il se tortille comme un diable en espérant que sa femme va le supplier d’épargner l’animal. Que non! Notre brave paysanne lui arrache le couteau de sa main, puis lui hurle à la figure: espèce de peureux, d’incapable, de mauviette, puis, d’un geste brusque, elle égorge l’animal sous l’œil de son mari foudroyé.

    Pour le restant de sa vie, le mari vécut dans la plus bleue de terreurs….

    Efhem yal fahem!

    Said




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  • Belaid Ait M.
    8 février 2010 at 13 h 10 min - Reply

    Amine et que Dieu vous entende Monsieur Dehbi .
    Merci pour ces eclaircissements et prions pour  » que cette guerre des clans ne prenne fin qu’avec la destruction du dernier combattant dans chacun des deux camps « 




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  • ROCHDI
    8 février 2010 at 13 h 13 min - Reply

    Merci si Said la leçon est retenue …




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  • benamina
    8 février 2010 at 15 h 04 min - Reply

    c’est drôle,cette information n’est pas relayée sur TSA-algerie.com,si prompt à lancer ses scoops. attend-il consultation de la hiérarchie?




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  • rabah
    8 février 2010 at 17 h 51 min - Reply

    je suis tout a fait d’accord avec monsieur dahbi,et ces clans ne tarderons pas à impliqué la population civile ou a organiser des gréves et contre gréves éspérons que le sang ne coulera pas.




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  • L’exclu pour arguments imbattables
    8 février 2010 at 18 h 05 min - Reply

    C’est rigolo, on s’attend que les clans au pouvoir s’entre-déchirent comme des charognards et que la liberté soit servie sur le plateau au peuple algérien !! Rêvez, messieurs, rêvez.




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  • IDIR
    8 février 2010 at 21 h 24 min - Reply

    LE PEUPLE EST LE POUVOIR

    Selon cet article de Leïla Osmani, il existe « deux clans » au pouvoir. Mais nous, le Peuple algérien, rappelons que la démocratie a une dimension participative et ne se réduit pas aux clans ni à un gouvernement représentatif. On dit souvent que le pouvoir corrompt ou, du moins, modère les plus réformateurs.

    Le « pouvoir populaire ». Si la « nouvelle géométrie du pouvoir en Algérie après la décennie noire » reste encore floue et doit être précisée par des lois et décrets, un nouveau pouvoir territorial doit être créé : le « pouvoir populaire » fera partie du « pouvoir public », au même titre que les pouvoirs « national », « étatique » et « municipal ». « Le peuple est le dépositaire de la souveraineté et l’exerce directement au travers du pouvoir populaire qui naît de la condition des groupes humains organisés comme base de la population ».

    L’Etat d’urgence est un signe fort d’une dictature. Ne faisons pas le jeu de l’ennemi. Notre rôle à tous, sans exclusion, est de changer les pouvoirs de l’Etat (législatif, exécutif, judiciaire) en disant aux corrompus sous le mot d’ordre « Qu’ils s’en aillent tous ! ».

    Avec l’exemple des scandales de corruptions, particulièrement, la Sonatrach, la mamelle de l’Algérie et non pas la mamelle de l’Occident, le pays est secoué par la réalité, les masques sont tombés et les ennemis tireurs des ficelles derrière les rideaux se sont dévoilés.

    Le pouvoir actuel et ses instruments, le gouvernement, le Parlement, la Cour suprême, les partis, ont été démasqués en self service. Ils représentent en tant qu’auteurs, complices, et bénéficiaires, une oligarchie politique et économique qui opprime la société, ses fondements, ses sentiments, ses désirs, son art et sa culture, son éducation et sa santé, son alimentation, son bien-être. Surtout, le pouvoir des classes dominantes a été démystifié. Les gens ont découvert avec l’étonnement que suscitent les choses simples et profondes qu’ils étaient le pouvoir.

    Y a-t-il une vraie volonté de la part, des uns et des autres, pour lutter contre ce fléau et de mettre un pilote dans l’avion, remettre le destin de la Nation entre les « mains » du peuple algérien, rendre le pouvoir au peuple ?

    Rappelons d’une manière générale que « Mai 68 ne fut qu’une « ruse de l’histoire ». « Une révolution individualiste ». Nous vivons, aujourd’hui, en Algérie,  une transition chaude entre l’ère des révolutions sociales et politiques où l’intérêt collectif doit primer sur celui des particuliers et l’ère narcissique, apathique.

    Donc, après les années 1970, les années 2000, ont été une aubaine pour les corrompus du système international et local pour nous imposer la « mondialisation ». Aujourd’hui, vont-ils négliger le point de vue des « acteurs », les citoyens, en créant l’illusion d’une histoire, de lutte contre la corruption, sans à-coups ni alternatives ? Mai 68 n’ouvrit-il pas une ère de conflits sociaux coûteux et de rêves d’autogestion qui n’avaient rien de rassurant pour les dirigeants des entreprises ?

    On oublie que l’Algérie n’est pas une île. Beaucoup de questions donc, peu de réponses encore, mais une conviction ferme : la solidarité reste plus que jamais nécessaire avec le processus en cours, dans notre pays, mais doit s’accompagner de clairvoyance. N’oublions pas, également, la technique occidentale -Opération- « changement de régime ». Mai 68 et Septembre 2001, entre autres, ont été les fossoyeurs d’une civilisation, c’est un fait.

    Nous ne devons pas être les spectateurs mais les acteurs de la lutte contre la corruption pour rendre la dignité à la nation et au peuple algérien. Chacun de nous sait que la falsification est un sombre mensonge. Il ne dissimule pas seulement la vérité, mais l’écrase pour lui substituer l’erreur. Sa menace est grave et destructive pour tous les hommes dans les affaires particulières et pour les nations dans les affaires générales.

    Voilà pourquoi, nous devons, tous ensemble, nous mettre tant en garde contre cette hideuse pratique. Et pour répondre à Monsieur Benchenouf : Non, le peuple algérien n’est pas mort parce que nous avons la foi et nous avons l’espoir.
    Fraternellement




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  • el-amel
    9 février 2010 at 11 h 59 min - Reply

    c’est un pas vers l’Indépendance de l’Algérie et la construction d’un Etat fort et unifié. Pour la Vérité et la justice.quand je lis qu’une association reçoit l’aide de l’UE pour lancer le centre dakhira (mémoire),je pose une question de quel côté regardait l’UE quand le sang des innocents coulaient, coulaient…….




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  • Efhem yal fahem
    7 mai 2010 at 19 h 30 min - Reply

    Quelle histoire…… ?!!
    Je ne sais pas pourquoi un président de la république, ministre de la défense nationale « élu ! » ne mettrait pas fin aux fonctions d’un directeur du DRS département de « son » ministère !!!
    Mais si en réalité le second avais avait fais nommer « élire »le 1er !!




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  • Congrès du Changement Démocratique