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21 July 2017

Magistrats faussaires : Le quatrième procès de l’infatigable Mellouk

El Watan, 17 février 2010

Parce qu’il a fait éclater le scandale des magistrats faussaires en 1992, Benyoucef Mellouk continue d’affronter la machine judiciaire. Après une condamnation de 4 mois de prison ferme pour diffamation, confirmée à huis clos en juillet 2008, M. Mellouk sera rejugé une seconde fois, lundi prochain. Ses plaignants, les ex-ministres de l’Intérieur, Mostefa Mohammedi, et des Moudjahidine, Mohamed Djeghaba, n’ont pas apprécié que leurs proches soient cités comme faussaires.

L’infatigable Benyoucef Mellouk, l’homme par qui le scandale des magistrats faussaires est arrivé, comparaîtra lundi prochain devant la cour d’Alger, pour répondre du délit de diffamation. A l’origine, une plainte déposée par deux anciens ministres, Mostefa Mohammedi, de l’Intérieur et Mohamed Djeghaba, des Moudjahidine, sept ans après l’éclatement de l’affaire en 1992, et où Mellouk avait cité, preuves à l’appui, les noms de leurs proches parmi les magistrats faussaires. En février 2008, soit 9 ans plus tard, Mellouk est déféré au tribunal de Sidi M’hamed, qui le condamne à 4 mois de prison ferme, en dépit d’une majestueuse plaidoirie de maître Mokrane Aït Larbi rappelant au jeune magistrat, qui présidait l’audience, le principe de la prescription.

A l’issue de ce procès auquel ont assisté de nombreux citoyens et anciens moudjahidine, le verdict est tombé comme un couperet, suscitant moult réactions. La première a été celle du concerné lui-même, qui, à sa sortie du tribunal, a déclaré : « C’est la mafia politico-judiciaire qui m’a condamné », défiant par la même occasion les plaignants, les deux ex-ministres, de l’affronter « devant les Algériens sur le dossier des magistrats faussaires pour faire éclater la vérité et rien que la vérité… ». Moins de deux ans après avoir fait appel de cette condamnation, Mellouk apprend incidemment dans les couloirs du Palais de justice de Abbane Ramdane, à Alger, que son affaire a été enrôlée et jugée à « huis clos », sans qu’il ne soit informé ou convoqué.

La cour a confirmé le premier jugement, en condamnant Mellouk à une peine de 4 mois de prison ferme, le 14 juillet 2008, sans sa présence ni celle de son avocat. Pour Mellouk, il s’agit « d’une négligence délibérée » qui a pour but de le sanctionner d’avoir dit la vérité, avec des preuves irréfutables. Ses preuves : ce sont ces dossiers accablants de plus de 300 cas de magistrats faussaires qui ont utilisé la corruption pour obtenir des postes, et qu’il traîne depuis 1992. A cette époque, Mellouk était fonctionnaire au service des affaires sociales et du contentieux du ministère de la Justice et venait d’étaler les résultats de son enquête sur les colonnes de l’Hebdo libéré – un journal qui a disparu –, en réclamant une enquête judiciaire.
Il ne cesse de dénoncer ceux qui ont falsifié l’histoire

En réaction, c’est contre lui et le journal que la machine judiciaire est mise en branle par Abderrahim Kherroubi, ex-ministre de la Justice. Poursuivi pour « vol et divulgation de dossiers confidentiels », il sera condamné, en 1997, à une peine de trois années avec sursis et durant sa détention préventive, certains dossiers sur lesquels il a travaillé ont été subtilisés. Sorti encore plus fort de cette rude épreuve, Mellouk déclare que son combat continue, car il ne fait que « démasquer les harkis tapis dans les rouages de l’Etat, et qui pour bon nombre d’entre eux occupent de hauts postes de responsabilité ».

En dépit des menaces de mort, des intimidations et des pressions, il ne cesse de dénoncer « ceux qui ont falsifié l’histoire de la Révolution. Je ne regrette rien, quitte à être condamné à mourir en prison », dit-il. Selon lui, l’affaire des magistrats faussaires « implique plusieurs ministres de la Justice, et le dossier en béton qu’il affirme détenir, contient 200 affaires de corruption, d’abus d’autorité et 300 affaires de faux et usage de faux mettant en cause de nombreuses personnalités dans le gouvernement. Il se trouve que de nombreux magistrats mis en cause ont des appuis solides dans les hautes sphères de l’Etat, ce qui les préserve de toute poursuite judiciaire.

De nombreux cadres de la justice n’ont jamais fait la révolution et certains après vérification des faits étaient entre 1954 et 1962 au service de l’administration coloniale et membres du Comité de salut public alors que d’autres faisaient partie de la promotion Lacoste et des harkis ». Très graves révélations qui provoquent, en 1999, la riposte de Mostefa Mohammedi et Mohamed Djeghaba, deux anciens ministres dont des proches sont cités par Mellouk. Ils déposent plainte pour diffamation et pour la seconde fois, cet ex-fonctionnaire, pourtant chargé d’assainir les plans de carrière de ses collègues de la chancellerie, se retrouve condamné à une peine de 4 mois de prison ferme, confirmée à l’issue d’un procès tenu à huis clos, pour avoir dit une vérité vérifiable. Mais la Cour suprême a accepté son pourvoi en cassation et le procès aura lieu lundi prochain, à la cour d’Alger, avec une nouvelle composition.

Contacté hier, Mellouk aussi tenace qu’il y a 18 ans, déclare : « Je n’ai pas peur et je les mets au défit de prouver le contraire de ce que j’ai avancé. L’affaire des faux magistrats est un énorme crime commis contre l’Etat. » Il interpelle le président de la République, premier magistrat du pays, en lui disant : « Il faut mettre un terme à cette affaire en nettoyant les rangs de la magistrature de ceux qui souillent l’histoire de nos martyrs. » Mellouk exprime néanmoins son doute quant à la volonté du pouvoir à ouvrir réellement le dossier des magistrats faussaires. Il accuse la « mafia politico-judiciaire » d’être à l’origine de la cabale dont il fait l’objet. « Mon combat est un devoir que je ne regrette pas, parce que j’ai les originaux de tous les documents qui attestent ce que j’avance… », souligne Mellouk en espérant que son appel trouvera écho auprès des hautes instances du pays.

Par Salima Tlemçani


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14 Commentaires sur cet article

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  • rezki
    17 février 2010 at 13 h 19 min - Reply

    bonjour,
    merci mr Mellouk pour votre honneteté et votre courage.
    je suis de tout coeur avec vous.




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  • djamel
    17 février 2010 at 14 h 06 min - Reply

    ya boureb le gars en bave depuis 18ans sur une verité monstrueuse,c comme meme des magistrats faussaires ils ont du cassés des vies d innocents e millies le bonhomme dis avoir tt les documents et rien ya mr mellouk makan ni brasiden,ni institutions ni rien si je pouvais vous aidez un tant soit peu bon courage monsieur et merci.




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  • nomade
    17 février 2010 at 16 h 08 min - Reply

    ya monsieur mellouk je trouve en toi un algerien courageux ,digne des 22 , de abbas leghrour, de chihani bachir.
    ton specimen est en passe de disparaitre en algerie.
    qu’allah t’aide contre les harkis qui vont te juger.




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  • freemoh
    17 février 2010 at 19 h 43 min - Reply

    Ya si Mellouk, Barak Allahou fik ! Faut pas lacher, poursuis ta mission jusqu’à la fin. Ajrouka aâla Allah.




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  • Djamel Eddine
    18 février 2010 at 9 h 14 min - Reply

    Le monde a l’envers, celuis qui dit la verite est juge pour diffamation et et divulgation de secrets, et les harkis se plaignent d’etre decouvert et la justice est a leurs cote. Donc la promotion Lacoste est bien repartis partout comme une arraigner pour se proteger des verites de leurs decouvertes. Allah Allah ya bladi




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  • fess
    18 février 2010 at 12 h 22 min - Reply

    Heureusement qu’il exite encore des gens comme monsieur Mellouk dans notre pays, leurs actions nous permettront un jour sortir de notre lethargie qui perdure.Mais grace a eux les consciences se remettront un jour a refonctionner proprement.
    WHEN TO FREE VIVA L’ALGERIE.




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  • IDIR
    18 février 2010 at 12 h 23 min - Reply

    La corruption, maladie incurable

    Cette corruption incontrôlée provoque un cynisme généralisé dans une population déjà démoralisée. Les petits cadeaux entretiennent l’amitié, et les bons comptes font les bons amis, dit-on. Et nos « élus » échappent-ils à ces maximes populaires ? Politiciens de milice, ils se savent courtisés de toutes parts. Coups d’enveloppes et surtout de « schkara(s) » et de bons repas jusqu’à l’embonpoint.

    Dico Littré: 4° Au sens actif, moyen qu’on emploie pour gagner quelqu’un et le déterminer à agir contre son devoir et la justice.

    Qui est le Mogho Naba en Algérie qui transforme la corruption en sainteté ?




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  • IDIR
    19 février 2010 at 9 h 08 min - Reply

    – L’Algérie sur la liste noire parce que « dans le régime Bush » ? –

    USA : de l’état d’urgence à l’état d’exception permanent

    Par Jean-Claude Paye

    Un état d’urgence permanent

    Extrait : Les mesures contenues dans les articles 212 et 214 étaient temporaires et sont devenues permanentes. L’article 212 autorise les compagnies de téléphone et les fournisseurs d’accès Internet à divulguer, au gouvernement, le contenu et l’enregistrement des communications, si ces compagnies estiment qu’elles présentent un danger de mort ou qu’elles constituent une « injure grave. » Il n’y a pas de contrôle judiciaire, tel qu’un examen par un tribunal des résultats de la transmission d’informations par l’opérateur. Il n’y a pas non plus de notification de cette transmission à la personne concernée. Ces informations pourront être utilisées dans des enquêtes criminelles et pas seulement en matière de terrorisme.

    La section 214 facilite l’obtention par le FBI, dans le cadre du Foreign Intelligence and Security Act de 1978, des données de connexions électroniques entrantes et sortantes. Cette saisie ne nécessite pas de mandat judiciaire. Avant le Patriot Act, le gouvernement devait prouver que la personne surveillée était un agent d’une puissance étrangère. Maintenant, il doit simplement signifier que l’information saisie est en « relation » avec une enquête relative au terrorisme. Le caractère vague de cette qualification permet de justifier n’importe quelle recherche.

    Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8510




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  • CHIBANE
    19 février 2010 at 21 h 31 min - Reply

    felicitations M MELOUK . vous etes d’une famille de revolutionnaires authentiques et bien connue en Algerie et votre engagement actuel le temoigne si cela était necessaire.
    Quelle honte pour le pays de vous faire subir tous ces tracas au lieu de vous octroyer les distinctiuons d’honneur adéquates en pareil circonstances.Moi, je vous dit : bravo et chapeau bas. in cha allah, justice triomphera. Docteur Amine




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  • chiban
    19 février 2010 at 22 h 01 min - Reply

    ceci étant dit ,ne pensez vous pas qu’une sortie « pacifique » pour toutes les parties ne serait pas préférable(vu le temps passé )?




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  • CHIBANE
    19 février 2010 at 22 h 03 min - Reply

    ceci tant posé , ne pensez vous pas qu’une sortie « pacifique » à ce dossier serait préférable(vu le temps passé)?




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  • Lies
    20 février 2010 at 2 h 19 min - Reply

    Monsieur Mellouk, salutations respectueuses.

    Dieu vous bénit et vous protège et sauvera notre chère patrie qui souffre elle aussi, des griffes impitoyables de ces prédateurs.

    La vérité et la justice finiront par triompher.
    Ce n’est qu’une question de temps.




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  • mutafa
    21 février 2010 at 22 h 12 min - Reply

    Vous savez , nous savons juste dire merçi aux autres
    que fesons nous entre temps , tapis dans nos maisons ou sortir apres un matche de foot pour applaudir avec les belkhadam et ces memes faussaires . allons messieurs un peut de bon sens si chacun de nous fasait juste un peut contre ces gens ca soulagerai mr Mellouk , benchico et tous ces courageux hommes et peut etre notre sort chagera.




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  • Chafi
    22 février 2010 at 16 h 43 min - Reply

    Parfois la justice est la pire des injustices.




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  • Congrès du Changement Démocratique