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25 March 2017

L’information d’Ennahar aurait mis le feu aux poudres

El Watan, 27 février 2010

Les premiers témoignages confirment. A l’origine du drame qui a coûté, jeudi dernier, la vie au patron de la Sûreté nationale, il y aurait une information donnée, le même jour, par le quotidien arabophone Ennahar.

Un article d’information publié par le journal, qui n’a fait que son travail faut-il le souligner, citait nommément le chef de l’unité aérienne de la Sûreté nationale, Oultache Choueib, auteur des coups de feu mortels sur le directeur général de la DGSN. Sous le titre « A cause des transactions douteuses concernant l’acquisition du matériel de transmission : Ali Tounsi gèle les prérogatives du chef de l’unité aérienne de la Sûreté nationale », l’article en question révèle une décision prise par Ali Tounsi à l’encontre de Oultache Choueib. « Ali Tounsi a décidé de geler les prérogatives du chef de l’unité aérienne de la Sûreté nationale de Dar El Beïda après avoir reçu des informations évoquant l’existence de transactions douteuses parmi les marchés conclus par cette unité ces derniers mois », souligne le quotidien en citant des sources concordantes.

La révélation de ces transactions « douteuses » est intervenue, ajoute l’auteur de l’article, suite à une enquête menée par les services de la police judiciaire. Les transactions en question portent sur l’acquisition de matériel de transmission auprès d’entreprises étrangères. « C’est ce qui a amené Ali Tounsi à geler des accords concernant l’acquisition du matériel de transmission au nom de la DGSN, en attendant la finalisation de l’enquête en question », explique l’article. La même information évoque aussi « l’implication » du fils de Oultache Choueib dans ces transactions, puisqu’il est « suspecté d’être l’intermédiaire entre les entreprises étrangères et l’unité en question ». « Selon nos sources, les marchés passés avec ces entreprises étrangères ont été conclus à travers une médiation et non pas en passant par des appels d’offres. L’existence de la corruption dans ce genre de marchés n’est pas à écarter », ajoute Ennahar.

Rappelant l’instruction de Ali Tounsi, en 2009, portant sur l’ouverture d’enquêtes sur de hauts responsables de la DGSN, le journal affirme que le nom de Oultache Choueib a été également cité dans « le scandale de la steppe ». Ali Tounsi, selon certaines versions, aurait convoqué une réunion des directeurs centraux de son institution pour annoncer cette décision au concerné. « La publication de cet article, le même jour, aurait irrité le chef de l’unité en question qui n’a pas maîtrisé ses nerfs. Il s’est présenté dans la matinée de jeudi dans le bureau de Ali Tounsi, le journal à la main. Et le drame s’est produit quelques minutes après », raconte-t-on. Mais seule l’enquête est en mesure de définir les circonstances exactes de ce drame…

Par Madjid Makedhi


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7 Commentaires sur cet article

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  • PhD
    27 février 2010 at 16 h 40 min - Reply

    Si cette explication est avérée, cela illustre comment on regle ses affaires dans ces cercles. Si ces hauts gradés de la police ne font pas confiance en la Justice, et s’ils reglent leurs conflits a coups de revolver…pauvre Algérie. Si l’explication est fausse, Tounsi a été assassiné…toujours pour regler des conflits, par balles interposées. Dans les deux cas, pauvre Algérie. A nos meilleurs généticiens : existe t il un ADN de la violence ? si oui, existe t il un gène antidote a administrer a tous nos compatriotes ? Existe t il un gène de la démocratie ? si oui, est il compatible avec l’ADN algérien ?




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  • Jeff
    27 février 2010 at 17 h 16 min - Reply

    Depuis la version officielle, évoquée et scellée par un communiqué de la DGSN et diffusée par l’APS, il y a une autre version corroborant les faits dans les détails près. Cette version est plus convaincante. Les deux hommes se connaissaient bien étant voisin dans le quartier de Hydra. C’est Ali TOUNSI en personne qui a recruté son futur assassin après sa mise en retraite au sein de l’ANP. Népotisme ou pas, OULTACHE possède des compétences à envier et des aptitudes requises au poste de directeur de la division d’aviation de la DGSN composée de 11 pilotes d’hélicoptères formés par ses soins. C’est dans le cadre de la modernisation des services de transmission (Système WIMAX pour les unités opérationnelles et intranet sans fil pour les diverses administrations de la DGSN) qu’on lui a octroyé le poste de président de la commission technique d’évaluation des TIC. Il était également question d’équipements technologiques sophistiqués pour la toute nouvelle Académie de technologie, récemment inaugurée, qui regroupe la formation de la police scientifique, judiciaire, et autre). Ce n’est après un voyage d’OULTACHE en Hollande au mois de novembre que la relation entre les deux hommes s’est envenimée. Suite à des révélations dans la presse, que OULTACHE découvre qu’il est suspecté de prise illicite d’intérêt, non respect des procédures dans l’attribution des marchés. Il est question d’un proche, en l’occurrence du fils d’OULTACHE qui a servi d’intermédiaire sans passer par un appel d’offre.
    L’exécution ne s’est pas faite dans la salle des réunions mais dans le bureau personnel de TOUNSI. Un Rendez vous a été planifié à 09h30. Le dit bureau est insonorisé, d’où l’intervention tardive des secours. OULTACHE est sorti du bureau et a demandé à la secrétaire d’appeler les directeurs centraux prévus pour la réunion planifiée à 10h00. Fort heureusement, l’intervention du commissaire divisionnaire ABDRRABOU responsable de la sécurité d’Alger Centre a évité le pire. Dans l’interaction, il y a eu deux policiers blessés admis à l’Hôpital MAILLOT et 1 officier de police à l’hôpital Ain Naâdja. Le carnage a été évité de justesse. TOUNSI a été retrouvé gisant dans une large marre de sang ce qui prouve qu’il y a eu entre 10 à 15 minutes écoulées entre les tirs des 5 balles et l’intervention de ses collaborateurs.




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  • kaddour
    27 février 2010 at 19 h 10 min - Reply

    il ya une autre version qui dit que oultache est un homme intégre et qu’il est pére de 3 fille,donc pas de fils ni d’intermediaire.
    Seul les hommes integres a qui en essaye de bafoué leur honneur en public qui sont capabale de commetre un acte héroique,les corrompus sont toujour mésquins,laches,platventrisme,souriants,hypocrites,mounafikines,téte à claque,et surtout HAGARINES ZAWALIYA qui acceptent a etre humiliés devant tout le monde.




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  • Résigné
    27 février 2010 at 19 h 33 min - Reply

    Un sexagénaire et un septuagénaire qui règlent leurs différends à coup de révolver. Quel bel exemple pour les jeunes.
    Il y a que dans des cercles pourris tel que la mafia qu’on peut trouver ça.
    À la place de Bouteflika, Ouyahia et consort, je mourrai de honte.
    Peut-être que c’est à cause de cette honte que Bouteflika se cache et ne se rend même pas aux funérailles du patron de la sécurité de son… domaine privé, l’Algérie.




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  • Kamel Bouras
    27 février 2010 at 21 h 55 min - Reply

    Vers 2000, Boutef avait dit (il parlait encore à cette epoque….) devant un grand public que s’il ouvrait les dossiers de la corruption, il y aurait un génocide en Algérie…c-a-d tous sont pourris, les generaux, les minsitres, la population, tous pourris…

    Je crois que Boutef et le DRS savent maintenant une chose: vous ouvrez les dossiers, et les premiers à vous tirer dessus, ce sont…vos « meilleurs » amis.

    Je serais Tewfik (Allah i3afina), j’irais au JT de 20 H et de declarerais que tous les dossiers sont clos et que l’Algérie est aussi exempte de corruption que la Norvege…

    Donc Boutef et Toufik: cherchez d’autres excuses pour vous faire la guerre, car question corruption, vous etes aussi pourris l’un que l’autre…

    Kamel Bouras




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  • Résigné
    27 février 2010 at 22 h 33 min - Reply

     »Vers 2000, Boutef avait dit (il parlait encore à cette epoque….) devant un grand public que s’il ouvrait les dossiers de la corruption, il y aurait un génocide en Algérie…c-a-d tous sont pourris, les generaux, les minsitres, la population, tous pourris… »
    C’est vrai Mr Kamel Bouras et c’était durant un meeting pour les présidentielles de 1999 à Tizi-ouzou, si ma mémoire ne me fait pas défaut.
    L’intervenant l’interpelait sur les corrompus qui gravitent autour de lui et qui sont même présents dans la salle de meeting.
    Le candidat est devenu président et on ne sait pas ce qui est advenu de l’intervenant.




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  • Zineb Azouz
    4 mars 2010 at 13 h 39 min - Reply

    j’apprécie l’analyse de monsieur Kamel Bouras, même si je pense que la vérité sur la tuerie qui a eu lieu dans les locaux de la DGSN est un peu plus nuancée qu’une simple affaire de corruption mal contrôlée, je refuse malgré tout d ‘y voir la moindre complexité, cela serait trop d’honneur pour un pouvoir qui souhaiterait être qualifié d’intelligent, planificateur ou machiavélique, occulte et maître de la situation.
    El watan voudrait nous présenter une version à la harlequin, du genre crime passionnel et trahison, avec au passage, comme décor, une presse indépendante
    détenant et publiant des informations de cette pseudo importance.
    Il faut seulement se rappeler que pour gagner de l’argent facilement, pour pratiquer la corruption et voler dans les caisses de l’Etat, il y a plus simple que de faire du trafic avec des hélico. ou du matériel de transmission (plus simple et qui rapporte autant) car ce domaine touche à l’écoute et à l’espionnage et c’est un autre niveau et d’autres paramètres qui interviennent, surtout que dans la région et spécialement dans ce secteur vos tomberez toujours sur le même fournisseur (ou les mêmes protocoles), un fournisseur qui a déjà l’habitude de vendre à l’Algérie du matériel pour mieux nous écouter.
    Comme intrigues de palais, El watan qui bâcle de plus en plus son travail, à force de toujours se fournir à la même source (ou égout), aurait pu faire un petit effort.
    Pour le moment, personnellement, je préfère croire que cette affaire est juste une petite éclaboussure, un pétard dans un champs de bataille.
    Cordialement,
    ZA




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