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24 March 2017

Malik Medjnoun entame une grève de la faim pour enfin être jugé après plus de 10 ans de détention préventive

Alkarama for Human Rights, 26 Février 2010

Plus de 10 ans après son enlèvement près de son domicile à Tizi-Ouzou par les services algériens du Département de la recherche et de la sécurité(DRS), Malik Mejnoun est toujours détenu préventivement en attente de son procès. Depuis le 25 février 2010 il a entamé une grève de la faim illimitée pour qu’enfin il soit présenté devant la justice.

Malik Medjnoun est accusé de complicité dans l’assassinat en juin 1998 du chanteur engagé Matoub Lounes, ce qu’il a toujours nié. Enlevé près de son domicile à Tizi-Ouzou le 28 septembre 1999 par des agents du DRS, il a été détenu au secret à la caserne « Antar » de Ben Aknoun (Alger) relevant du DRS (Département des renseignements et de la sécurité). Durant ces huit mois de détention, il a été sauvagement torturé selon les techniques habituellement utilisées par ce service (méthode du chiffon, électricité. etc.). Présenté le 05 mai 2001 devant le tribunal criminel de Tizi-Ouzou, son affaire a été renvoyée sine die.

Le frère de Malik avait obtenu l’assurance du Président de la Cour que l’affaire allait être jugée au cours de la précédente session en décembre 2009, ce qui n’a toutefois pas été le cas. Devant cette flagrante injustice, M. Medjnoun n’a trouvé d’autre recours que d’entamer une grève de la faim.

Nous rappelons que la situation de M. Malik Medjnoune et la violation de ses droits fondamentaux avait été soumise au Comité des droits de l’homme le 11 juin 2004 qui avait statué sur sa requête le 14 juillet 2006. Aux termes de ses Constatations, le Comité onusien avait fait droit à toutes les demandes et enjoint aux autorités algériennes :

« D’amener Malik Medjnoune immédiatement devant un juge pour répondre des chefs d’accusation ou le remettre en liberté, de mener une enquête approfondie et diligente sur sa détention au secret et les traitements qu’il a subis depuis son enlèvement le 28 septembre 1999 et d’engager des poursuites pénales contre les personnes responsables de ces violations ».

Au cours de la procédure, le gouvernement algérien avait informé le Comité des droits de l’homme par lettre du 28 décembre 2004 « que l’affaire devait être soumise incessamment au tribunal criminel de Tizi-Ouzou pour y être jugée ».

En dépit de ces engagements du gouvernement algérien et des Constatations du Comité, M. Medjnoun attend toujours d’être jugé. Il n’y a aucun précédent à ce jour en Algérie d’un cas de détention préventive de plus de 10 années. Il s’agit d’une violation particulièrement grave des engagements de l’Algérie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui interdit les détentions arbitraires et considère qu’une personne doit être jugé sans retard excessif.

Alkarama saisit aujourd’hui le Comité des droits de l’homme pour lui rappeler qu’en dépit de ses engagements, les autorités algériennes n’ont toujours pas fait suite à ses recommandations et le prier d’intervenir une nouvelle fois pour que cette affaire soit enfin résolue.


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