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23 July 2017

La grève illimitée se maintient dans le secteur de la santé

Les médecins attendent des « actions concrètes » : La grève illimitée se maintient dans le secteur de la santé

El Watan, 2 mars 2010

Les deux syndicats ont décidé de surseoir au rassemblement hebdomadaire devant la présidence de la République, mais la grève se poursuit toujours.

Les médecins ne décolèrent pas. La rencontre, la semaine dernière, entre les deux syndicats de la santé, le SNPSP (médecins généralistes) et le SNPSSP (médecins spécialistes), et Abdelaziz Belkhadem, représentant personnel du président Bouteflika, n’a pas suffi pour convaincre les grévistes de reprendre le travail. Les deux syndicats ont, certes, décidé, ensemble, de surseoir au rassemblement hebdomadaire devant la présidence de la République. Mais la grève illimitée se poursuit toujours, avec un taux de suivi dépassant les 70%, selon les syndicats. « La grève se poursuit normalement tout en assurant le service minimum. Les médecins demeurent ainsi mobilisés », souligne Lyès Merabet, premier responsable du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), joint hier par téléphone.

« La grève continuera tant qu’il n’y aura pas d’actions concrètes », prévient-il, affirmant qu’il était convenu, après la rencontre avec M. Belkhadem, d’organiser une réunion de conciliation avec le ministère. « Cette réunion n’a toujours pas eu lieu pour des considérations que nous ignorons », dit-il. Même constat établi par Mohamed Yousfi, responsable du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), qui insiste sur la « détermination » des grévistes à aller jusqu’au bout de leurs revendications. « Tant qu’il n’y aura pas du palpable, nous continuerons notre mouvement de protestation », martèle-t-il. Les deux syndicats disent avoir pris acte des « assurances » faites par le représentant personnel du Président et attendent l’ouverture du dialogue.

Les revendications qui doivent faire l’objet de « prochaines discussions » sont les statuts particuliers, le régime indemnitaire, la prime d’intéressement et le quota annuel des logements de fonction. Les deux syndicats reprochent, par exemple, aux pouvoirs publics de n’avoir pas respecté les termes d’un accord conclu avec le ministère de tutelle en promulguant un texte différent de celui qui avait été négocié entre les deux parties et qui assurait à ces praticiens une évolution de leur carrière. Le régime indemnitaire dépend du statut. Quant à la prime d’intéressement, les syndicats exigent qu’elle soit définie selon les grades. M. Yousfi évoque également le repos hebdomadaire qui n’est pas respecté. « On continue à faire travailler les médecins chaque samedi, alors que c’est le deuxième jour du nouveau repos hebdomadaire décrété en juillet 2009 », relève-t-il, émettant le souhait de voir cette question réglée rapidement.

Réaffirmant leur volonté d’aller vers des « discussions sérieuses » pour solutionner les problèmes du secteur, les deux syndicats estiment que la balle est aujourd’hui dans l’autre camp. Ils avertissent dès maintenant les plus hautes autorités qu’ils ne reculeront pas. « Si les promesses s’avèrent fausses, nous irons vers des actions plus radicales », menace M. Merabet, sans fournir plus de précisions. Pour le SNPSSP, un conseil national est déjà prévu pour le 9 mars pour faire un point de situation et discuter de la suite à donner à leur action syndicale.

Côté officiel, le patron de la centrale syndicale a appelé au dialogue. « L’amélioration de la situation des travailleurs et celle de leurs conditions socioprofessionnelles passent inévitablement par le dialogue et la concertation sociale », a, en effet, déclaré Abdelmadjid Sidi Saïd à l’ouverture du 10e congrès de l’union-UGTA de la wilaya d’Alger, ajoutant que le recours à la violence et à la grève « n’amènera rien de positif et ne réglera pas pour autant les problèmes des travailleurs ». Message adressé essentiellement à ces deux syndicats autonomes activant dans le secteur de la santé. Un secteur de la santé qui emploie quelque 30 000 médecins dont 8500 spécialistes.

Par M. A. O.


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4 Commentaires sur cet article

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  • alilapointe
    3 mars 2010 at 15 h 35 min - Reply
  • alilapointe
    3 mars 2010 at 15 h 35 min - Reply

    j’espère que vous arriverais a 100 % de vos revendique , il faut mettre la pression et ne pas céder a la leur !




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  • el-amel
    4 mars 2010 at 13 h 51 min - Reply

    Le cas de Meriem Mehdi sera pris en charge par des syndicats étrangers et c’est tant mieux pour elle mais pourquoi avoir attendu si longtemps, alors souhaitons que ces syndicats apportent leur aide aux secteurs de l’éducation et de la santé à moins que ces syndicats soient spécialisés pour les travailleurs du sahara. a lire l’article:
    LES SYNDICATS FRANÇAIS ET ESPAGNOLES EN ALGERIE A PARTIR DE LA SEMAINE PROCHAINE
    Les syndicats internationaux s’intéressent aux les libertés syndicales en Algérie
    El Khabar, 2 mars 2010
    Trois syndicats internationaux arriveront aujourd’hui à Alger, notamment deux syndicats Français et un syndicat espagnol. Il est prévu que les syndicats étrangers rencontrent un nombre de syndicats indépendants et associations de défense des Droits de l’Homme et autres institutions.
    M. Rachid Maalaoui, président du syndicat national autonome du personnel de l’administration publique, a indiqué hier à El Khabar que les sundicats européens ont prévu de rencontrer leurs homologues, syndicats autonomes à Alger, à partir du 6 Mars encours, afin de discuter sur différentes questions soulevées en Algérie, relatives aux travailleurs et aux syndicats. La visite prévue des syndicats étrangers est la deuxième de son genre après une première visite des syndicats français « Solidaire » en Algérie, il y a près de deux ans, dans le cadre d’association et de solidarité avec le syndicat national autonome du personnel de l’administration publique SNAPAP.
    En dépit du changement de noms de syndicats qui se sont déjà rendu en Algérie, dans le cadre de la solidarité syndicale internationale, les conditions sociales et professionnels des fonctionnaires et employés n’ont, par ailleurs, pas changé aux yeux des syndicats algériens, dont quelques uns se sont retrouvés en confrontation permanente avec le gouvernement, à travers des grèves permanentes, à l’instar des syndicats de l’éducation et de la santé qui auront des discussions avec les syndicats français et espagnoles.
    M. Maalaoui a expliqué que les syndicats algériens exposeront la plupart des dossiers qui ont caractérisé la scène nationale, à l’instar de la question du Droit et des libertés syndicales. Ils exposeront, également, les questions s’inscrivant dans ce volet aux institutions algériennes de Droits de l’Homme.
    L’affaire de Meriem Mehdi, en grève de faim depuis des mois, suite à son licenciement de son travail par décision de l’administration Britannique est prévue prendre la part du loin dans les préoccupations des trois syndicats étrangers, vu qu’il s’agit d’une première, qui classe les relations de travail entre compagnies étrangères et employés algériens dans la case de l’esclavage. Il est, notamment, à rappeler que les ces syndicats européens ont adressé des correspondances à leurs homologues algériens les informant de leur solidarité avec Mme Meriem Mahdi.
    Pour sa part, M. Maalaoui a indiqué que ces syndicats ont leur mot à dire sur cette affaire et qu’ils ont exprimé qu’ils s’opposent à toute sorte d’esclavage et d’exploitation exercées contre les employés algériens au Sahara par les compagnies étrangères.

    02-03-2010
    Par M. Cherrak




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  • rabinho
    12 mars 2010 at 23 h 00 min - Reply

    Je lance une idée à débattre , à fructifier , à organiser s’il y a lieu !
    C’est la création d’un comité de soutien national et même international à tous les grévistes Algériens de tout bord !
    Comme on le constate sur terrain , à chaque fois qu’un secteur de travailleurs se met en gréve , il se retrouve seul face au mépris , à la négligence ou à la répression de la part de la machine gouvernementale !
    Cette machine crée des lois , les bafouille et ne les respecte pas !
    Comment peut-on gagner une compétition face à un adversaire qui ne respecte pas les règles du jeu ? Jamais , jamais et jamais !
    Donc ces grévistes qui utilisent le règlement se retrouvent face à un colosse qui dispose de tous les moyens légales et illégales en plus de la force physique humaine en quantité , en qualité et en logistique . Aucune chance de gagner ! ! !
    Cependant pour essayer de créer un certain équilibre et une certaine justice sociale , j’appelle toutes personnes ayant la moindre idée sur ce sujet à contribuer par l’enrichissement de ce débat ouvert afin d’apporter une assise pouvant faire un contre poids face à la répression gouvernementale !
    Toutes les idées sont les bien venues et de toutes les couches sociales !
    Aidons nous nous mêmes , faisons preuve d’éveil civique et crayons une première mondiale !
    Pourquoi pas ?
    Modestement et amicalement un citoyen qui aime son pays l’Algérie !
    When To be Free ? viva l’Algèrie !




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  • Congrès du Changement Démocratique