Édition du
23 July 2017

L'opposition.

Par Mohamed D.

Voilà un terme qui revient souvent dans les débats et qui gagnerait à mon humble avis, à être décortiqué un tant soit peu.

Parler d’opposition c’est faire référence à une conception de l’exercice du pouvoir et à une conception de l’exercice de la politique dont découlent des méthodes d’action. Cet exercice du pouvoir et de la politique sont canalisés par des règles et des traditions strictes et que tous les antagonistes respectent et protègent, ce qui n’est pas le cas chez nous.

Dans notre pays le pouvoir n’est pas dévolu par le peuple mais pris par la force brutale et enveloppé dans des pratiques électorales de façade qui donnent l’illusion de légitimité. Il n’en demeure pas moins que ce pouvoir acquiert l’adhésion d’une partie de la population soit par fatalisme, soit par crainte de s’opposer, soit par méconnaissance des droits citoyens et pour diverses raisons.

Le pouvoir en place, conscient de ces mécanismes bien ancrés dans la population les entretient par les médias qui lui sont acquis, ceux qui le dérangent doivent se taire ou disparaître d’une manière ou d’une autre et servir encore à renforcer la crainte de s’opposer.

L’opposition dans ces conditions ne saurait se faire sur le terrain de la légalité verrouillé totalement et investi par les éléments soit favorables à la manière de faire actuelle ou qui n’osent pas se mesurer au forces dominantes. L’opposition dans ces conditions n’est que formelle et sert le pouvoir en place par le fait de la caution qu’elle lui donne de par son existence formelle, pour se desservir elle meme et ne s’exprime que jusqu’à certaines limites qu’elle se fixe ou qui sont fixées en dehors d’elle.

Tant que cela ne nuit pas au pays et que l’Algérie se porte bien, la passivité est acceptable et même souhaitable pour éviter de créer des clivages dans la société, clivages qui autorisent alors un pouvoir qui s’est déjà montré insensible, à user de la force et des pratiques occultes des officines pour maintenir sa mainmise. Mais lorsqu’on assiste à la dilapidation des richesses du pays à un niveau qui risque de le mettre à genoux, parfois au profit de puissances étrangères pour les amadouer au profit d’un pouvoir qui se sait non représentatif, lorsqu’on constate l’injustice flagrante qui préside à l’échelle interne à la distribution de la rente pétrolière qui interpelle toutes les consciences, lorsqu’on constate la dégradation constante de l’image de notre pays à l’étranger qui fait de nous la risée de tous, nous sommes devant une alternative grave: Ou nous laissons faire et adopter un immobilisme fataliste au risque de nous en mordre demain les doigts en tant que nation, ou redéfinir les règles de l’opposition pour les mettre en adéquation avec la réalité du terrain et considérer que la légalité actuelle n’étant pas légitime, car n’émanant pas de la souveraineté populaire mais de légitimités inacceptables, il nous est loisible de nous opposer par tous les moyens pacifiques possibles, sans tenir compte d’aucun texte de loi.

Les prisons alors ne suffiront pas à juguler un rejet massif de grande envergure.

Ce rejet massif des règles est déjà perceptible dans la population et c’est lui qui fait la dégradation de nos conditions de vie par la dégradation des relations sociales dans tous les domaines. Malheureusement, il ne se résume pas au rejet des seules règles juridiques mais englobe aussi celles de la morale.

La morale c’est de faire ce qui est juste même s’il n’est pas légal. Il faut donc faire la part des choses et tenir un langage qui offre au peuple un produit de remplacement : la morale contre le droit. C’est une niche stratégique qui peut fort bien trouver écho chez notre jeunesse et qui l’a peut être déjà trouvé à en juger par le comportement des jeunes en général.

L’opposition à mon sens doit se redéfinir dans ses moyens, dans ses visées et dans ses pratiques.

Il n’y a pas de véritable opposition encore en Algérie.


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10 Commentaires sur cet article

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  • babelouedcity
    4 mars 2010 at 17 h 10 min - Reply

    Dans un pays PERMANENT sous l’Etat d’urgence forcé et imposé par ces tenants de pouvoir AUCUNE OPPOSITION ne peut faire serieusement de la politique.

    Ce qu’il faut, un SURSAUT POPULAIRE de l’est á l’ouest et du sud au nord pour dire dire BASTA haut et fort á ces mecreants au pouvoir depuis 1962 á nos jours qui ruinent et saccagent le pays dans tous les domaines et sens.

    Tout le monde sans exception et nous savons tous que la majorité du peuple algerien creve la dalle, des cadres, intellectuels au fellah et autre…

    Il est grand temps de creer une OPPOSITION GENERALE.
    Il faut aussi Des-obeir au regime dictateur.
    Algerie est une prison á ciel ouvert.

    Quand un mouvement populaire se leve, les partis d’opposition renaitront et l’etat d’urgence en Algérie qui etouffe la nation algerienne, sauf les dignitaires comme Belkhadem et cie, disparaitra 4ever et un air propre s’instaurera pour une algerie meilleure et pour tout le peuple sans scandales ni crimes crapuleux et une justice equitable.

    WhenToFreeVivAlgerie.




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  • thirga
    4 mars 2010 at 18 h 08 min - Reply

    C’est une opposition soit virtuelle soit enterrée. Six premiers ministres, tous issus du parti unique. On ne peut parler d’opposition au sens politique, d’alternance au pouvoir. Juste une différence de compréhension de gestion de la rente dans un même parti. Feu Khalef alias Kasdi entra dans l’opposition après son éviction par le cabinet noir. Redha avait un pied dans le système, l’autre à la recherche d’assise. Hamrouche a troqué le parapluie en attendant le départ de Boutef III. SAG ne s’est pas remis de ses aventures. Benflis et Benbitour ont raté leur rendez-vous avec l’Histoire: Benflis aurait du exiger une enquête sur la mort de Massinissa et les événements du Printemps noir alors que le chaambi Benbitour ne s’est même pas émus des événements de Beriane où des Algeriens (chaambi) massacraient de paisibles algeriens (mozabites)




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  • bouyilès
    4 mars 2010 at 18 h 25 min - Reply

    C’était la démocratie dans mon village,et j’étais encore tout jeune.C’était une démocratie primaire,mais une démocratie quand même.Et cette démocratie fonctionnait.Pourqouoi?Parce que c’était une démocratie propre à nous,une démocratie séculaire que bien d’autres peuples nous auraient envié dans les temps lointains quand leur état d’arriération était à l’antipode de l’intelligence et du degré d’organisation de nos aieux.C’était une méthode d’organisation de la société qui a impressionné jusqu’à Karl Marx et failli modifier sa manière de penser au crépuscule de sa vie.C’était une démocratie qui parvenait vaille que vaille à hamoniser les comprtements des individus et tempérer les ardeurs générées par les conditions difficiles et rugueuses traversées par nos aieux le long des siècles et dont l’origine est facile à cerner (climat,invasions,guerres,misères,épidémies ,etc…).
    C’est la démocratie de la Djemaa où sont représentées de façon équitable toute les composantes de la communauté villageoise.Il n’y a ni armée,ni gendarmerie,ni police;mais la discipline était de rigueur.Le maitre-mot et seul mot d’ordre:l’équité et l’égalité entre les individus.Tous contribuaient de la même façon et avec le même effort au développement,au bien-être et à l’épanouissement du village.
    L’Algérie est un grand village,avec cinq grandes composantes ou familles que sont les cinq wilayate historiques:
    -Une fédération des cinq W.H
    -Un gouvernement par fédération.
    -Un gouvenement fédéral issu des cinq fédérations.
    Et chacun aura choisi les siens.C’est tout simple,n’est-ce-pas?Et ne me parlez surtout pas de séparatisme.




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  • jnsplu
    4 mars 2010 at 21 h 05 min - Reply

    @Bouyiles.

    Salutations.

    Ton idée de fédération n’est pas nécessairement signe de séparatisme. Il faut juste tenir compte de la mentalité de nos compatriotes et de l’humain en général et mettre des verrous dans la constitution fédérale de façon à déterminer les prérogatives locales de manière assez serrée, en matière d’enseignement notamment, afin d’éviter des divergeances avec le temps, en matières de composante des forces paramilitaires locales et dans certains domaines sensibles.

    Il faudra aussi penser à faire en sorte que la constitution fédérale détermine la manière de distribuer le pnb et la il va y avoir des couics. Car ceux qui auront un sous sol riche se verront s’ils ne fournissent pas d’efforts à pied d’égalité au niveau de la distribution avec ceux qui ont travaillé dans leur région par manque de ressources ou par engagement ou sinon ils crieront au scandale parceque les ressources naturelles se trouveront dans leur Etat.

    Mais l’idée d’une décentralisation politique (Etat fédéral) au lieu d’une décentralisation administrative (Etat actuel) n’apporte rien de plus ni rien de moins. C’est une organisation comme une autre.




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  • thirga
    5 mars 2010 at 7 h 31 min - Reply

    La fin de la gestion autoritariste, centralisée ne doit pas se restreindre aux structures régionales 54/62. Les paramètres distance et isolement n’étaient pas d’actualité à l’époque. Il faut donc ajouter la Saoura, les Oasis, le Hoggar pour une gestion décentralisée.




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  • le kabyle
    5 mars 2010 at 9 h 54 min - Reply

    Pour aborder sereinement le débat. La question fondamentale qu’il faut se poser, afin d’éviter tout faux débat, est la suivante : Y A-T-IL UNE VERITABLE OPPOSITION POLITIQUE EN ALGERIE ? La réponse découle d’elle-même, c’est NON !!! Cela coule de source… Une « opposition » créée par le pouvoir, avec des « partis » politiques affidés au D.R.S. parce que créés par ce dernier pour donner l’impression que les règles de jeux démocratiques existent pleinement en Algérie est la chose la plus aberrante qui soit ! Et c’est bien pour cela que les règles fondamentales de L’ALTERNANCE AU POUVOIR n’existent pas comme dans toutes les sociétés avancées. En réalité, il y a une CONFISCATION DU POUVOIR depuis 1962 qui s’est faite au détriment de l’Algérie et du peuple Algérien !!! Par ceux-là mêmes, « les dictateurs d’Alger », qui se maintiennent vaille que vaille à El-Mouradia par l’entremise du D.R.S. point à la ligne. Tout le reste n’est que du baragouinage de bas étage… Aussi, le peuple Algérien NE DOIT PLUS SUBIR ! Il doit passer immédiatement à une phase OFFENSIVE ! Car ces gens là : SYSTEME + D.R.S. + POUVOIR n’ont cure des cris de détresses et de la souffrance du peuple Algérien !!! Il faut passer à l’action IMMEDIATEMENT car la situation est entrain d’empirer chaque jour et ça va de mal en pis ! C’est parfaitement clair. L’Etat Algérien ou du moins ce qu’il en reste… est en état de déliquescence TOTALE ! Et si nous n’agissons pas, tout de suite, la VIOLENCE va détruire notre cher et beau pays !!! Et c’est ce cherchent, justement, les tenants du pouvoir en place à Alger qui ont déjà préparé leur fuite à l’étranger au cas où… Quand un crime est commis dans le bureau même du chef de la police algérienne et que son ministre affirme « …QU’IL N’Y A PAS EU DE TEMOINS !!! ». C’est grave… C’est le MENSONGE ETATIQUE érigé en règle d’Etat ! Dés lors, que pouvons-nous attendre de pareils mafieux ? RIEN ! ABSOLUMENT RIEN !!! En fait, en affirmant une telle assertion, ce sinistre (ministre) vient de signer ce crime, puisqu’il cherche, par ses propres paroles, à dédouaner le criminel aui est en fait son homme lige qui a agi en service commandé ! Yaz vient de confirmer si besoin est que lui et ses accolytes de la mafia qui sont au pouvoir ont bel et bien assassiné Mr. TOUNSI… et que le tueur a agi en leur nom !!!




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  • hakim
    5 mars 2010 at 10 h 14 min - Reply

    Salam tout le monde
    Je partage parfaitement le raisonnement de Mr Bouyiles. Je pense que la meilleure manière d’organiser une véritable et surtout efficace, c’est à l’échelle régionale. nos aïeux l’ont très bien fait durant la guerre de libération, donc pourquoi pas nous? les deux choses néfastes que le colonialisme Français nous laissé en 1962 à mon sens c’est:
    1- Les généraux issus de l’armée Française et leur complices ( le passage de colonialisme au néo-colonialisme)
    2- le système Jacobin.
    Pourquoi nos élites (opposition et régime compris) s’entêtent-ils à préserver ce système Jacobin? est-il le modèle de fonctionnement de l’Algérie avant la colonisation? c’est nous qui l’avons inventé? est-il le système qu’il faut pour l’Algérie? dans ce cas, on ne pourra que s’incliner et remercier la France de nous avoir laisser son précieux système!
    Vous le savez tous et toutes que si demain il y aurait une révolte à l’est, les gens de l’Ouest ne vont pas se sentir concernés et vis-vers-ça. Et c’est valable pour toutes les régions d’Algérie (je soutiens pas les Oranais car les suis de Batna ou de sud, ni les kabyles car ils sont kabyles,…) ça c’est la réalité. Après vous allez me dire que c’est le système qui manipule et accentue tout et qui crée cela, certes, mais n’empêche que ça existe vraiment et qu’il faudra en tenir compte pour organiser une vraie opposition au niveau des régions pour coordonner une action efficace au niveau national.
    Et c’est pas de séparatisme car pour moi ce qui sépare c’est pas la diversité régionale de notre pays(et sur le plan social, linguistique, politique, traditions,..) mais sa négation.
    Salam à toutes et à tous




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  • Arris
    6 mars 2010 at 14 h 23 min - Reply

    @Le Kabyle,

    Je ne suis pas d’accord quand vous dites qu’il n’y a pas d’opposition en Algérie ! L’opposition existe, mais elle n’a pas les moyen de se rendre visible !!

    Il y a des partis d’opposition depuis 1963… Le FFS à toujours été un parti d’opposition.

    Je ne suis pas un militant de ce parti mais j’ai une admiration immense a Ait Ahmed Hocine..

    Je doute fort que vous soyez Kabyle car si c’était le cas vous sauriez que votre région a été toujours dans l’opposition… Vous peut être oublié les évènement de 2001 ? De 1980, 1963…….
    Je suis chaoui, et je tiens a rendre un hommage a notre région soeur qui est la Kabylie !




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  • El Houari
    6 mars 2010 at 21 h 12 min - Reply

    Le thème est très intéressant et rejoint l’idée d’un changement.

    Peut-on parler d’opposition en Algérie ? La réponse est non. La seule opposition que je crois connaitre c’est celle contre la souveraineté de l’Algérie. Le reste c’est du cinéma.

    Nous avons vécu l’ère du multipartisme ou le pouvoir distribuait les quotas de vote pour les partis à sa guise et au profit des partis les plus soumis. Bien sur après avoir arrête le niveau du quota de son ou ses favoris.

    La question de justice et de légalité est en effet très importante.

    A mon avis la légalité doit tenir compte avant tout des aspirations du peuple et non pas contre le peuple. Ce qui n’est pas le cas en Algérie, ou nous constatons le contraire, nos élus légifèrent contre le peuple.

    De même pour la justice, qu’est ce qui est juste et ce qui ne l’est pas ? Mohamed parle de morale, ceci est vrai dans pays qui dispose d’un état souverain issu du peuple et pour le peuple ce qui n’est pas le cas non plus de l’Algérie.

    Ce qui nous amène à définir la situation en Algérie comme une pièce de théâtre ou les acteurs sont toujours les mêmes et où il suffit de leurs changer de temps en temps de rôle pour donner l’impression de jouer une nouvelle pièce. Et de remplacer ceux qui ne veulent ou joue mal leur rôle en les mettant dans une salle d’attente en attendant de les réutiliser le moment voulu.




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  • le kabyle
    6 mars 2010 at 23 h 58 min - Reply

    @Arris. Au regret de vous contredire, je soutiens mordicus  »QU’IL N’Y A PAS DE VERITABLE OPPOSITION EN ALGERIE » et il ne sert nullement de se voiler la face en soutenant le contraire. Quand je parle d’OPPOSITION, j’entends par là, au sens politique noble du terme pas d’une  »opposition » de quatre sous créée de toutes pièces dans les officines des services secrets du D.R.S. comme cela a été le cas pour le RCD, le HAMAS, le PT, le RND et autres  »partis »… qui obéissent au doigt et à l’oeil à la casquette de Tewfik et qui ne font leur apparition que lors des  »élections » de façades servant beaucoup plus à légitimer les désiderata des services que celles du peuple Algérien.

    Les vrais partis politiques d’oppositions tel qu’il en existe de par le monde des sociétés dites à démocraties avancées, sont ceux qui proviennent des choix du peuple et de l’intelligentia intellectuelle pour asseoir le principe sacro-saint de L’ALTERNANCE AU POUVOIR !!! Et imposer les choix démocratiques décidés par la majorité à la minorité en vue de bâtir une société démocratique érigée sur la base d’un pacte social mutuellement consenti par l’ensemble de ses membres de façon consensuelle.

    Toutefois, je suis parfaitement d’accord avec vous, lorsque vous affirmez que le FFS est le seul véritable parti d’opposition en Algérie. C’est une vérité connue de tous et comme tel, c’est la vérité de LAPALISSE… Et j’admire tout comme vous DA L’HOCINE ! Que dieu lui prête vie… ma yevgha rabi !!!

    Quant à votre assertion que je ne suis pas KABYLE, je tiens à vous laissez à vos propres divagations en vous disant tout simplement que là n’est pas le propos de la discution… Je ne tiens pas à tomber dans le piège tendu par un tenant du régionalisme ou d’un simple serviteur des services du D.R.S. qui avaient decrété en 62, déjà… que la troisième mi-temps se déroulera en KABYLIE !!! C’est vous dire combien le pouvoir central et les services haissaient notre KABYLIE…

    Tanmirth.

    Par ailleurs, je n’ai jamais dit et encore moins affirmé que ma région natale, la KABYLIE, ne soit pas une terre rebelle farouchement opposée au pouvoir central d’Alger, ce qu’elle a toujours été, et j’en suis personnellement trés fier ! Comme tous les Kabyles. Mais elle n’est plus la seule, présentement, en Algérie… bien heureusement !




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  • Congrès du Changement Démocratique