Édition du
21 July 2017

Troisième mois de grève pour les médecins

Les praticiens de la santé déplorent l’absence de dialogue de barkat

Par : DJAZIA SAFTA, Liberté, 7 mars 2010

Devant l’absence de réaction du ministre de la santé, les syndicalistes semblent n’avoir d’autre choix que la poursuite du débrayage. Plus de deux mois de grève, la situation du secteur de la santé est dans l’impasse. Y a-t-il quelqu’un pour désamorcer la crise ?

Les praticiens et praticiens spécialistes renouent avec les sit-in, et ce, dès le 10 mars prochain au niveau de la présidence de la République tout en annonçant la poursuite de leur mouvement de contestation qui entame son troisième mois. Ces décisions, motivées par l’absence d’une prise en charge concrète de leurs revendications par le ministère de la Santé, ont été faites, hier, par les présidents des deux syndicats, lors d’un point de presse animé au siège des SNPSSP, à Hussein-Dey (Alger). Ces revendications portent sur la révision du statut des praticiens de la santé publique promulgué en 2009. Elles concernent également la révision du régime indemnitaire, le droit au logement de fonction et la mise en application de la loi relative au repos hebdomadaire.
“Nos conditions ne sont pas meilleures. Nous sommes revenus au point zéro, aucune prise en charge n’a été constatée quant à nos doléances, et ce, malgré les réunions de conciliation organisées entre les deux syndicats et la tutelle”, ont regretté les deux syndicalistes. Pour les syndicalistes qui ne trouvent aucun écho pour leurs revendications auprès du ministère de la santé, il s’agit de susciter l’intérêt du président de la République en espérant être reçus par le premier magistrat du pays. Ils assurent qu’”au point où ils sont arrivés, les syndicats ne sont pas prêts à faire machine arrière et que la prise en charge doit se faire de manière concrète et officielle”.   Par ailleurs, les deux syndicats ont attesté que les rassemblements sont maintenus jusqu’à la concrétisation de leurs revendications. Il faut savoir que l’intersyndicale de la santé avait suspendu les rassemblements en signe de bonne volonté suite à l’appel de la tutelle pour une participation à des réunions de conciliation ainsi que l’invitation du secrétaire général du FLN à une rencontre pour désamorcer la crise. Cependant, ces initiatives n’ont servi à rien. Aucune mesure devant permettre le retour à la normale n’a été engagée par les pouvoirs publics qui se sont murés dans un silence radio. Une autre réunion de conciliation était prévue pour mercredi dernier avec les représentants de la fonction publique et ceux de l’Inspection du travail, elle a été annulée à la dernière minute. Les deux syndicats ont souligné, hier, que le statut particulier n’est pas le coran et qu’il est donc perfectible. “Nous ne comprenons pas ce qu’ils attendent pour débloquer la situation ?”, s’interrogent-ils. Et d’ajouter : “c’est indécent qu’en Algérie de 2010, un médecin touche entre 250 et 300 euros.”
Procédant à l’analyse de la situation sociale du pays, les syndicalistes affirment que “nous vivons une situation qui n’est pas ordinaire. Nous sommes outrés par la manière avec laquelle les conflits sont gérés. Les pouvoirs publics menacent les enseignants de licenciement, alors que ce corps se bat pour arracher des droits”. Et d’ajouter : “cette situation ne peut que renforcer notre détermination à faire aboutir nos revendications légitimes et recouvrir notre dignité.”
Par ailleurs, Lyes Merabet, président du syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), a révélé que son syndicat tiendra son conseil national mardi prochain. Le conseil sera l’occasion pour nous de discuter de l’évolution du mouvement et des différents problèmes auxquels font face les adhérents sur leur lieu de travail.


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    7 mars 2010 at 9 h 45 min - Reply

    Santé: Les marches de retour

    par Salah-Eddine K., Le Quotidien d’Oran, 7 mars 2010

    Les praticiens et praticiens spécialistes de la santé, affiliés au Snpsp et au Snpssp, reprendront leurs actions gelées depuis une dizaine de jours.

    Hier, au siège du syndicat Snpssp à Hussein Dey, les représentants des deux organisations syndicales ont déclaré, lors d’une conférence de presse, «qu’ils reprendront leurs actions (rassemblements, sit-in, marches…) à compter de cette semaine. D’ailleurs, mercredi prochain, un sit-in est annoncé devant la présidence de la République. Au même moment des rassemblements sont prévus devant les directions de santé des wilayas de Annaba, Oran, Constantine et Ouargla.

    Selon les présidents du Snpsp et du Snpssp, respectivement Lyès Merabet et Mohamed Yousfi, le retour aux actions de protestation, après une courte trêve de près de 10 jours, est motivé par l’absence de réaction, de la part des pouvoirs publics qui «nous ont fait croire au dénouement du conflit et à la satisfaction imminente de nos revendications par, notamment, l’ouverture du dialogue. Mais, les choses n’ont pas évolué et nous retournons, donc, à la case départ », ont indiqué les conférenciers. Les praticiens de la santé ont entrepris plusieurs actions pour plaider leur cause: regroupements dans les hôpitaux, marches, sit-in devant la tutelle et devant la chefferie du gouvernement. Ce cycle d’actions a été interrompu, le 24 février dernier, alors qu’ils devaient tenir un sit-in devant la présidence de la République. Les deux syndicats avaient alors évoqué un «dégel» entre eux et la tutelle qui leur a ouvert les portes du dialogue et également du fait aussi qu’ils ont été reçus par Belkhadem, le SG du FLN et représentant personnel du président de la République. Mais depuis, ajoutent les représentants des syndicats, il n’y eut aucune évolution. Nous avons, pourtant averti que «les choses ne devaient pas s’éterniser» Les responsables du Snpsp et du Snpssp, disent ne pas comprendre, pourquoi laisse-t-on traîner les choses. Lyes Mérabet relèvera que toutes les parties (commissions de la santé, groupes parlementaires, partis…) rencontrés par les deux syndicats se sont dit pourtant convaincues de la justesse des revendications des praticiens et praticiens spécialistes de la santé. «Qu’attend-on pour satisfaire ces revendications ? «s’est interrogé Mérabet. Déclarant leur soutien aux enseignants en grève, le Snpsp et le Snpssp «dénoncent la manière» utilisée par le ministère de l’Education nationale dans ce conflit. Pour rappel les revendications des deux syndicats de la santé concernent la révision du statut des praticiens de la santé publique promulgué en 2009, la révision du régime indemnitaire, le droit au logement de fonction et la mise en application de la loi relative au repos hebdomadaire.




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