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25 March 2017

Rumeurs, scandales, communication biaisée : Une vie politique en trompe-l’œil

El Watan, 9 mars 2010
De plus en plus récurrentes, les dérobades des responsables de l’Etat ont eu pour effet de nourrir de multiples rumeurs et de plonger le pays dans un climat, pour le moins délétère, qui autorise d’échafauder les scénarios les plus scabreux.Le mutisme affiché ces dernières semaines par les plus hautes autorités du pays sur de nombreux dossiers d’actualité a complètement désarçonné l’opinion publique. Le scandale de Sonatrach, la crise entre l’Algérie et la France, la renégociation de l’Accord d’association Algérie-UE, l’assassinat du directeur général de la Sûreté nationale, les débrayages menés depuis plusieurs semaines par les syndicats de l’éducation et de la santé sont autant de sujets brûlants que les décideurs continuent à éluder sans que des raisons valables soient évoquées.

La majorité des Algériens ne comprend par ailleurs pas pourquoi le président de la République continue à garder la même équipe gouvernementale alors qu’un grand nombre de ministres en exercice vient d’être éclaboussé par de graves affaires de malversations et de corruption. Le silence, pour ne pas dire la passivité des décideurs algériens, contraste de manière éloquente avec la vitalité et l’agressivité des partenaires traditionnels de l’Algérie et l’esprit d’imagination dont font preuve des pays voisins comme le Maroc ou la Tunisie. A côté, le pays donne l’impression, il faut bien le dire, d’être un avion sans pilote. Même avec les caisses pleines de devises, l’Algérie offre la triste image d’une nation en panne.

De plus en plus récurrentes, les dérobades des responsables de l’Etat ont eu pour effet de nourrir de multiples rumeurs et de plonger le pays dans un climat pour le moins délétère qui autorise d’échafauder les scénarios les plus scabreux. Un climat aggravé, qui plus est, par la détresse morale et sociale dans laquelle se débat une grande partie de la société algérienne. La majorité des Algériens ne comprend pas, par ailleurs, pourquoi le président de la République continue à garder la même équipe gouvernementale alors qu’un grand nombre de ministres en exercice viennent d’être éclaboussés par de graves affaires de malversations et de corruption.

Leur maintien au sein de l’Exécutif a concouru, ainsi qu’il fallait s’y attendre, à discréditer le discours sur la lutte contre la corruption développé par le chef de l’Etat et à nourrir le sentiment d’impunité et d’injustice déjà fortement ressenti dans la société. La propension du président Bouteflika à ne faire confiance qu’à des caciques du FLN, dont la plupart traînent pourtant depuis des décennies des réputations sulfureuses, et son refus d’apporter du sang neuf au sein du gouvernement ont amené la population à douter sérieusement de sa volonté de faire évoluer l’Algérie ainsi qu’il l’avait maintes fois promis durant la campagne pour la présidentielle. Habituellement volubile, le président de la République a lui aussi déserté la scène politique depuis sa réélection à la tête du pays au mois d’avril 2009.

A l’exception de quelques apparitions publiques qui se comptent sur les doigts d’une seule main, le chef de l’Etat a préféré se retrancher dans un silence énigmatique et confier la lecture de ses discours à ses proches conseillers lors de certaines cérémonies officielles. Cela a été notamment le cas le 24 février dernier, date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures. Alors que tout le monde s’attendait à ce qu’il se prononce sur la situation du pays et les scandales liés à la corruption qui venaient d’éclabousser plusieurs institutions, le chef de l’Etat a fini par briller par son absence. Même les traditionnels Conseils des ministres qui permettaient de soigner les formes et de donner l’illusion que l’Etat algérien fait son travail ne se tiennent plus aussi régulièrement. Ce nouveau « mode » de gouvernance inauguré par le président Bouteflika – qui détient depuis la révision, l’année dernière, de la Loi fondamentale des principaux leviers du pouvoir – a rajouté une grande couche d’opacité à la gestion du pays et participé, selon de nombreux observateurs, à freiner les initiatives.

Cela surtout que théoriquement rien ne peut se faire sans l’aval du premier magistrat du pays. Est-il utile de rappeler que la gestion du pays est déjà régulièrement décriée par les opérateurs économiques autant que par les spécialistes pour son manque flagrant de transparence et de visibilité.

Les éclipses récurrentes du président de la République ont d’ailleurs amené l’opinion publique à s’interroger à nouveau sur son état de santé et sa capacité à gérer les affaires du pays. Il aura fallu que le chef de l’Etat s’affiche, la semaine dernière, aux côtés de Zineddine Zidane, l’ancienne star de l’équipe de France de football, pour que les rumeurs insistantes qui avaient circulé quelques jours auparavant à son propos s’estompent. Mais il est à parier que le répit obtenu grâce à cette brève apparition ne durera qu’un temps. Car en l’absence d’une communication officielle, efficiente, capable de donner du sens, de la cohérence et de la visibilité à l’action du gouvernement, il y a tout lieu de s’attendre à ce que la rumeur reprenne le dessus très vite.

Par Zine Cherfaoui


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2 Commentaires sur cet article

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  • IDIR
    9 mars 2010 at 13 h 55 min - Reply

    ADNAN KASSAR, PRÉSIDENT DE FRANSABANK ALGÉRIE

    « Le retour du crédit automobile est inéluctable »

    « L’Algérie se dirige résolument vers la mondialisation et le législateur ne pourra que suivre cette évolution naturelle, a poursuivi l’orateur, qui a ajouté que les Algériens pourront alors, et à l’instar des autres citoyens du monde, prétendre, à l’avenir et en toute sérénité, à l’acquisition de véhicules par la formule du crédit. » Source : l’Expression du 09 03 2010

    Pendant que les journalistes de la Radio se battent pour une reconnaissance et une dignité, le « journaleux de l’Expression », avance ses fantaisies – de la politique de l’importation-corruption – en rapportant la concupiscence du président de Fransabank. L’interdiction du crédit auto doit être irrévocable. Les citoyens sont dans la rue pour réclamer des salaires dignes et non pas un système de pourriture.

    Aujourd’hui, les banques commerciales, les assureurs, les multinationales… ont maintenant plus de pouvoir que les États ? Un homme politique avec des idées réformistes sur le système financier et monétaire ne percerait pas ? Le corporatisme politico-affairiste est trop bien en place pour laisser des chaises vides à d’éventuels râleurs- corrompus aux visions humanistes ?

    Un nouveau Bretton Woods ? Pas encore malheureusement, mais nous allons vers une catastrophe programmée par la négligence, l’incompétence, et l’inconscience, d’une équipe qui ne voit pas … Nous verrons le comportement, en particulier, de l’argentier de la nation.

    Quand les actifs de l’État qui peuvent être bradés l’auront étés, alors on passera par une phase d’augmentation des taxes et impôts pour régler les intérêts de la dette, et des miettes pour la populace. Le peuple sera dans la rue – pour la survie – quand cela lui deviendra insupportable (baisse violente du pouvoir d’achat). Le système changera, peut-être, en mieux, mais le transfert du patrimoine public vers le privé sera déjà terminé. Il ne restera à la charge de l’État que la police, la justice, l’éducation… enfin en résumé, ce qui n’est pas ou peu commercialisable.

    Cette société, c’est la fameuse mondialisation, dont nous rapporte le « feuilliste » du Quotidien. Elle est très loin de l’Algérie à laquelle nous aspirons. La non-connaissance du grand public du fonctionnement de l’argent dette est la force du système. Nous devons nous documenter, parlons-en, notre seule force est notre nombre. Si le sujet était connu de tous, les politiques n’auraient d’autre choix que de mettre le débat sur la table pour éviter à la nation l’arnaque de la dette publique.




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  • nazef mohand
    5 mai 2010 at 18 h 45 min - Reply

    Azul felawen, Salam aleykoum, Bonjour à tous

    juste deux réflexions.
    Je son que mon âme pleur ces larme le déchire,
    Il cherche à comprendre tout lui semble mystère,
    Comme un voile de soie tissé dans la misère,
    Sur ce paradis et de son histoire amère.

    Réflexion: La raison
    La raison est La Richesse que l’être possède, inépuisable, divine et éternelle,
    Cet être qui crée le mensonge, qui fait mine de cherche la vérité dans un vulgaire tunnel,
    Éclairé par son orgueil et son égoïsme avec lesquels il pense pouvoir dominer on querir le ciel,
    Ennemi de lui-même, un microbe se crois avec des ailes, un blâme il ne sait crée que des séquelles.

    Quoi de neuf docteur dans le pays ?

    Rien mon cher ami pas de changement, l’argent vit toujours à sa guise,
    Le pouvoir, ha le pouvoir kif-kif, il va bien, plein à craquer de devise.

    Le pauvre citoyen très malade, de plus en plus dans la misère s’enlise,
    Tout est cher en faisant le marché on y laisse même sa chemise.

    Le seul rêve de la jeunesse est de fuir sans même prendre sa valise,
    A contre cœur de quitter ce paradis à la recherche de la terre promise

    Le peuple ce qu’il pense ? Ha le peuple ! Parfois il pleure et parfois il danse…
    S’il en manque vingt ou mille on ne remarque pas leur absence.

    Ha si pardonnez-moi, excusez-moi, il y a une bonne nouvelle officielle,
    On va construire une grande maison avec des fusés dressée vers le ciel.

    A part ça, ça va il y a des hauts et il y a des bas, même si on ne sait pas ou on va.

    Quoi de neuf docteur ? Rien, je suis malade.

    Aït Lounes Mokrane.




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  • Congrès du Changement Démocratique