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24 March 2017

Relevé de ses fonction et poursuivi en justice L’ex-patron des RG d’Alger reprend son poste

El Watan, 10 mars 2010

Révoqué et poursuivi en justice par feu Ali Tounsi, l’ancien chef des Renseignements généraux à Alger a été réintégré dans son poste d’origine. Le chef de sûreté de wilaya d’Alger aurait été mis au vert, alors que son adjoint assurait la gestion du service. Durant les trois dernières années, la police a connu des limogeages et des poursuites judiciaires en cascade. Ils présageaient la dérive…

L’ancien directeur des Renseignements généraux de la wilaya d’Alger a réintégré son poste, il y a quelques jours, après avoir galéré durant plus de deux ans. Il avait été relevé par feu Ali Tounsi, à l’automne 2008, pour sa « gestion » des enquêtes, notamment celle concernant un terroriste qui avait réussi à s’infiltrer dans les rangs de la Sûreté nationale, en s’inscrivant à l’Ecole supérieure avec de faux documents. Tout le monde savait, à l’époque, que Benyettou n’avait rien à voir avec cette « bavure » et que si celle-ci a été commise, elle restait proscrite au commissariat de Bab El Oued, où les vérifications étaient censées être faites. Mais Benyettou a préféré être sacrifié, avec une dizaine de ses collaborateurs, tous relevés de leur poste et déférés au tribunal de Bab El Oued, où l’affaire est restée pendante. L’enquête était dirigée par l’ex-chef de la police judiciaire, à Alger, Messaoud Zayane, dont la fin de mission lui a été notifiée en début de l’année en cours, à la suite du conflit qui a opposé Ali Tounsi au ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni. Considéré comme son homme de confiance, Zayane est resté sans poste jusqu’à il y a moins d’un mois, quand il a été nommé en tant que chef de sûreté de wilaya de Tipasa.

Les scandales en cascade relevaient parfois des luttes de clans

Quelques jours plus tard, il a été mis fin à ses fonctions, puis poursuivi par la justice pour une affaire dont on ne connaît ni les tenants et encore moins les aboutissants et durant les jours qui ont précédé l’assassinat de Ali Tounsi, dans son bureau par un de ses plus proches collaborateurs, le colonel Oultache, directeur de l’unité aérienne de la police. Un acte très grave qui aurait pu être évité, si les autorités du pays avaient su « déchiffrer » les signes révélateurs de la crise profonde qui minait les rangs de la Sûreté nationale depuis deux ans au moins. Les scandales en cascade suivis de suspensions puis de poursuites judiciaires à l’encontre de nombreux cadres relevaient, dans certains cas, beaucoup plus de règlements de comptes et de luttes de clans que d’opération « mains propres ». L’exemple a été celui de l’ancien inspecteur général, Saïdani, qui avait été relevé de son poste, puis déféré au tribunal de Chéraga, uniquement parce qu’une attestation de dépôt de plainte auprès de ses services a été retrouvée parmi les documents de l’ancien directeur de la résidence universitaire de Dergana, à Alger, et ex-coordinateur de la région est d’Alger, Belkacem Brahimi – jugé et condamné à une peine de prison pour une affaire de corruption – et qui était en conflit avec le transporteur des étudiants, Tahkout. A l’époque, Saïdani n’a pas cessé de crier au « complot ourdi » et la justice lui a donné raison, deux ans plus tard, puisqu’il a été relaxé en première instance et devant la cour. Durant cette même période, c’est à la prestigieuse Ecole de police de Châteauneuf, d’Alger, d’être au centre d’un scandale, après que l’ensemble de ses dirigeants aient été suspendus et poursuivis en justice pour avoir été « complaisants » dans les épreuves d’accès au grade de commissaire principal. Néanmoins, lors du procès, les révélations des mis en cause ont révélé que derrière cette affaire, se cachait une volonté de « régler » le compte à un commissaire au parcours « irréprochable », juste parce qu’il avait des relations avec l’ancien chef de sûreté de wilaya d’Alger, Sebbouh, relevé de ses fonctions et déféré à la justice pour des raisons jamais rendues publiques. Cependant, la plus importante opération de limogeage a eu lieu à l’est du pays, avec la suspension du régional des RG de Annaba – qui coiffe les wilayas de Guelma, Annaba et El Tarf – qui a fait l’objet d’une enquête approfondie sur la gestion de son service, menée par une équipe dépêchée d’Alger, celle-là même qui avait enquêté sur le directeur des RG d’Oran et ses 11collaborateurs, tous poursuivis pour fautes graves et trafics de drogue, avant d’être relaxés. Le même service à Annaba va être vidé de ses éléments, tous suspendus quelque temps après que leur ancien responsable, le principal Samir Benmohamed, ait été relevé de son poste, puis jugé et condamné à 3 ans de prison pour avoir « osé dénoncer certaines pratiques mafieuses » de ses collègues, parmi lesquels figurent des personnes ayant été suspendues par la suite. De sa prison, Benmohamed n’a pas cessé d’alerter l’opinion publique sur « les règlements de comptes », en vain. Il a fallu que le DRG d’Oran sorte de prison et aille se plaindre auprès du ministre de l’Intérieur, muni d’un dossier complet, prouvant le complot.

L’acte du colonel Oultache a été dicté par les événements qui l’ont précédé

L’enquête ouverte par Zerhouni, pour entendre dans son propre bureau tous les cadres cités, à commencer par l’ex-chef de la police judiciaire, mais aussi l’ex-directeur des RG au niveau de la DGSN, va provoquer l’ire de Tounsi, qui se voit privé de certains de ses hommes de confiance, notamment l’ex-chef de la police judiciaire au niveau national, celui d’Alger et bien d’autres. L’ex-DRG d’Oran sera réhabilité et installé au poste d’adjoint chef de sûreté, alors que d’autres n’ont pu être réintégrés en dépit d’une décision de justice en leur faveur. Durant plus de deux ans, l’institution a vécu ses plus sombres moments. Démobilisation, relâchement et absence d’initiative sont observés. Le recours aux faux rapports d’habilitation pour bloquer les cadres gênants dans leur promotion ou pour les éjecter des rangs a causé des dégâts considérables et brisé des carrières. « Règlements de comptes » ou « opération mains propres », la situation présageait clairement une catastrophe, tant les sentiments de « révolte » et « d’injustice » étaient forts. L’acte du colonel Oultache a été dicté par les événements qui l’ont précédé. D’abord, l’enquête ouverte sur la gestion de son service sans qu’il n’en soit informé, et plus grave, une fuite organisée des conclusions de celle-ci n’a fait qu’exacerber la colère d’Oultache contre non seulement son ami de confiance, le défunt, mais aussi contre ses responsables hiérarchiques, le chef de sûreté de wilaya d’Alger « mis au vert depuis quelques jours et remplacé par son adjoint », nous dit-on, et le directeur de l’administration générale. Oultache, après une forte dispute avec le défunt, et voyant qu’il allait payer, seul, « des malversations avérées constatées dans de nombreux marchés », a pris son arme et tué Ali Tounsi. Il aurait pu allonger la liste de ses victimes, en ciblant les deux autres responsables, si son arme ne s’était pas enrayée. En effet, il avait demandé au secrétaire de Tounsi de les appeler au bureau du défunt, en lui disant que la réunion aura lieu là-bas, et dès qu’ils sont arrivés, il a visé, en premier, le chef de sûreté de wilaya. N’ayant pas pu tirer, il lui a asséné un coup de crosse sur la nuque, avant que le DAG ne le neutralise en usant de son arme. Le colonel Oultache n’aurait peut-être jamais agi de la sorte si les services de la DGSN avaient géré cette affaire en respectant la réglementation interne. Même s’il était considéré comme un « intrus », dont les relations assez proches avec le DGSN ne sont pas toujours les bienvenues, il faisait partie du staff dirigeant de l’institution. Toute enquête contre lui devait être menée dans le respect de son statut. Mais cela n’a jamais été le souci de ceux chargés de cette mission. Créant un profond malaise et un sentiment d’injustice chez les cadres de la police, ces derniers ont attisé la haine chez beaucoup de leurs collègues. Une des raisons principales de la fin tragique du défunt. Une fin dont la responsabilité n’incombe pas uniquement à Oultache, mais à tous ceux qui ont participé au pourrissement au sein d’une des plus importantes institutions de l’Etat.

Par Salima Tlemçani


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8 Commentaires sur cet article

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  • le kabyle
    10 mars 2010 at 22 h 26 min - Reply

    Mais bien évidemment Melle. OUBOUCHOU ! Mais pourriez-vous seulement nous confirmer si le SYSTEME n’est pas un monstre tricéphale… voire multicéphal vous qui êtes surnommée par vos pairs et condisciples madame la Générale ! Du fait de vos accointances et de vos émargements auprés du D.R.S. dont vous êtes le serviteur plus que zélée… trop même à bien lire votre torchon qui fait beaucoup plus oeuvre de diversion qu’autre chose sinon de leurre !




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  • Abdelkader DEHBI
    10 mars 2010 at 22 h 53 min - Reply

    «  »Toute enquête contre lui devait être menée dans le respect de son statut » » écrit Salima Tlemçani….. Mais on ne voit pas son flingue…. C’est tout de même effarant de lire une phrase pareille, qui sonne comme un « Avertissement sans frais », en direction du ou des magistrats chargés de l’instruction de cette affaire….De plus, cette représentante patentée du quotidien El Watan, nous donne comme l’impression que Toufik – jusque là Super-Rédacteur-en-Chef d’El Watan – serait en train de passer à la trappe….Et comme forcément, il faut bien vivre, pourquoi ne pas imaginer alors l’équipe rédactionnelle d’El Watan, aller chercher un bon « sponsor-subventionneur dans l’autre camp ?…. On est poli dans le site.




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  • le kabyle
    11 mars 2010 at 0 h 10 min - Reply

    Melle. OUBOUCHOU, ne croyez-vous pas, pour faire plus court, et si j’ai bonne souvenance. Il y a tout juste moins d’une une année, un CONFLIT était né entre TOUNSI et Moshé MOFAZ, pardon Yazid ZERHOUNI ! Ils se ressemblent tellement ces deux là… et que feu TOUNSI avait remporté, alors, une bataille mais pas la guerre, malheureusement pour lui… contre son supérieur hiérarchique direct, Yaz le bien nommé, qui osa ! Alors même que le tombeau ne s’était point encore fermé sur le défunt, ZERHOUNI, disais-je donc, contre toute attente affirma de façon péremptoire  »…QU’IL N’Y AVAIT PAS EU DE TEMOINS…!!! » alors que tout le contraire s’imposait à nous tous. Dés lors, chère gente dame, tout devient clair pour le commun des mortels que nous sommes… YAZ CHERCHE A DISCULPER SON HOMME LIGE, OULTACHE, nécessité OBLIGE ! Mais alors, en agissant de la sorte, par l’affirmation de tels propos irresponsables, le commanditaire du crime en l’espèce est bien YAZ, en fait, QUI SIGNE SON ABOMINABLE CRIME !!! Puisqu’il a été le premier à réagir en essayant de disculper son tueur lequel paraît-il aux dernières nouvelles  »NE SE RAPPELLE PLUS DE RIEN »… la bonne blague ! Alors, disons-le comme tout le monde et le plus simplement :

    MADAME, QUI S’EXCUSE S’ACCUSE ! Surtout s’il EXCUSE (le crime)……

    So, permettez-moi de vous dire franchement la chose suivante : QUE VOUS ETES UNE VRAIE MARIOLE, madame la générale ! Et encore, je suis vraiment trop poli par respect aux lecteurs, comme le dit si bien notre frère et ami Si Abdelkader DEHBI, que je salue bien du reste au passage.




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  • Aouane
    11 mars 2010 at 8 h 17 min - Reply

    Presque bingo, Salima Tlemçani, bravo, il faut persévérer. Vous aller découvrir la laideur du système.

    Je vous file un tuyau essayez de le suivre, vous n’avez rien à perdre. « Imaginez un peu ça »: Tounsi impliqué dans des affaires scabreuses se serait lié d’amitié avec un certain Said.B. Ce dernier aurait promis le poste de ministre de l’Intérieur à Tounsi. Le ministre de l’Intérieur a eu vent des agissements de son subordonné Tounsi. Il a chargé Oultache de bien suivre Tounsi et de se préparer à prendre la DGSN. Tounsi, ancien de la S.M a flairé le complot. Il impliqua Oultache dans une opération d’achat de matériel « bidon ». Puis décida de le présenter devant la justice. Mais imaginez aussi que Tounsi et Oultache ne sont pas amis. Ce dernier aurait été imposé (désigné) par les services de la présidence.

    Vous arriverez comme moi, à la conclusion suivante:

    Gardez vous de vendre l’héritage (le pouvoir) que nous ont laissé nos parents. La Fontaine




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  • liberté
    11 mars 2010 at 14 h 07 min - Reply

    Tout ce que dit Madame Salima Tlemçani journaliste de DRS du Général Tewfik Mediene est archi faux et de l’ordre de la manipulation.Mais qui c’est qui va vous croire Mme Tlemçani Mediene Salima?

    Le journal El Watan est pro DRS,Omar Behouchet son directeur pourra nous le confirmer un jour sur ce site.

    Cordialement




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  • hamid-on
    11 mars 2010 at 15 h 51 min - Reply

    salima moali et hassan tlemcani sont sur le bateaux liberté a votre avis qui va pousser l autre
    p.s guenzet il en prend plein sa geule en ce moment mais enfin guenzet il a 79 ans tovaritch kgb il a pas tout fait tout seul et en plus il est plus ou ou moins bourricot ce garscomme tout bon militaire, un sanguinaire certes mais bourricot quand méme . il s est pas tapé 200 000 morts et de milliard de chipa a lui tout seul 🙂




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  • Said Salombi
    11 mars 2010 at 15 h 59 min - Reply

    Oubouchou est sur un nuage…pensez donc : à un moment donné elle avait écrit sur les scandales financiers vite étouffés du colonel Fouazi, quand ce dernier était attaché DRS à Rome (et nous qui pensions qu’il traquait les espions…). Puis ce dernier est rentré au pays, et s’est vu nommer chef du service « Presse » du DRS. Oubouchou fut vite punie et envoyée au maquis journalistique pour rendre compte des « débats » de l’APN et Sénat et autres sujets de haute valeur stratégique…maintenant elle est réaffectée de nouveau pour intoxiquer la populace au sujet des scandales Sonatrach, autoroute Est-Ouest, etc…faut croire qu’elle a tout compris : tu dis que la corruption, c’est les autres, et une autoroute s’ouvre devant toi….

    Said




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  • le kabyle
    11 mars 2010 at 22 h 23 min - Reply

    Pire ! TSA vient de nous apprendre que le  »ministre » de la  »justice » Tayeb je ne sais plus quoi… annonce qu’il y aura une  »expertise » psychiatrique médicale sur la personne de l’assassin OULTACHE aux fins de déterminer si ce dernier était bien en possession de toutes ses facultés mentales au moment de la commission de son acte, auquel cas, l’IRRESPONSABILITE du tueur serait alors retenue de plein droit pour ainsi disculper l’assassin qui aurait donc agi, sous l’empire de la démence. Et l’affaire serait ainsi classée définitivement ! Une de plus, dira-t-on… après l’assassinat de Monsieur BOUDIAF et de tant d’autres ! Non, mais franchement, où allons-nous comme çà ? OU VA L’ALGERIE MES FRERES ET SOEURS ALGERIENS ????? OU ALLONS-NOUS COMME CA ? MAIS REVEILLONS-NOUS, BON SANG DE BON SANG !!!!! On ne peut tout de même pas laisser NOTRE ALGERIE être détruite de la sorte sans que l’on ne bouge même pas le petit doigt, tout de même !!! L’ALGERIE ne mérite pas ce destin tragique ! Il n’y a aucune fatalité à ce qui nous arrive… On peut encore sauver NOTRE pays ! Il n’est pas trop tard ! IL N’EST JAMAIS TROP TARD POUR AGIR A YARAW N’DZAIRE !!!!!




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