Édition du
28 July 2017

Manifeste du 10 mars 1976

APPEL AU PEUPLE ALGÉRIEN

En moins de quatorze ans, l’Algérie se trouve pour la deuxième fois en conflit avec le peuple frère marocain. Parmi nos soldats et nos enfants, les uns sont prisonniers ou blessés et les autres sont morts sans que la responsabilité de notre peuple ait été engagée.

Nos morts, ceux des marocains, le traitement indigne infligé à nos frères de nationalité marocaine expulsés d’Algérie, le drame et le désarroi des populations nomades de Seguia-El-Hamra et Oued-Ed-Hab montrent que ce conflit a déjà exercé ses ravages.

Demain ce conflit risque de se généraliser et de plonger toute l’Afrique du nord dans un bain de sang. Les haines qu’il engendrera compromettrons l’union du Maghreb Arabo-islamique, espérance de nos peuples et de notre prospérité et de notre bien-être.

Halte à la guerre, nous lançons un appel aux responsables algériens et aux responsables marocains, à tous les niveaux, pour que nos deux pays cessent d’être un simple pion dans l’échiquier international.

Halte à la guerre! au nom de la fraternité musulmane et de la solidarité humaine.

Les guerres modernes peuvent détruire en un jour le travail de plusieurs générations. Elles ont cessé d’être des solutions valables pour nos problèmes, y recourir, c’est accepter le suicide collectif. L’Afrique du nord deviendrait un nouveau terrain où s’affronteront les super-grands au détriment de nos intérêts et de la paix dans le monde.

L’image que nous offre la malheureuse population d’Angola déchirée entre pro-Russe et pro-Americain devrait nous inciter à la réflexion.

Nous perdrions notre indépendance nationale et ce serait alors la rupture avec le principe de non-alignement, clé de voute de notre politique international depuis plus de vingt ans.

Les peuples marocains et algériens furent unis dans le combat pour leur indépendance, ils ne peuvent se résigner aujourd’hui à la politique du pire. Durant plus de sept ans, la Tunisie et le Maroc nous ont apporté leur appui constant et positif.

L’ingratitude est la marque des peuples faibles. Le peuple algérien est assez fort pour rendre le bien et affirmer sa solidarité maghrébine.

Restons objectifs et réalistes. Certes, nous sommes fermes pour sauvegarder notre souveraineté nationale et l’intégrité de notre territoire, mais il n’en est pas moins vrai que d’autres taches impérieuses nous sollicitent.

Faute d’institutions, l’état algérien n’existe pas. Il faut le créer; l’Algérie n’a pas de constitutions ni de lois. Elle vit dans le provisoire. Le temps est venu d’y mettre fin.

Le coup d’état du 19 juin 1965 devait rétablir notre peuple dans son entière souveraineté. Ses auteurs ont condamné, sans équivoque, le pouvoir personnel par la proclamation suivante.

« le pouvoir personnel, aujourd’hui consacré, toutes les institutions nationales et régionales du parti et de l’état se trouvent à la merci d’un seul homme qui confère les responsabilités à sa guise, fait et défait selon une tactique malsaine et improvisée les organismes dirigeants, impose les options et les hommes selon l’humeur de moment, les caprices et le bon plaisir ».

Hélas ce coup d’état n’a rien réglé. Le culte de la personnalité est toujours en honneur. Le pouvoir personnel s’exerce sans contrôle. Il dispose à son gré du destin de notre pays, de nos ressources, du budget. Il impose a nos enfants un système éducatif de son choix. Il nous soumet à une idéologie hostile aux valeurs morales et spirituelles de l’Islam. Cet Islam pour lequel un million et demi d’algériens sont morts.

Il est seul juge du maintien de la paix ou de la guerre. Le peuple n’est jamais consulté; pas plus d’ailleurs que les responsables algériens, y compris les membres du conseil de la révolution.

A notre époque, un tel pouvoir est un anarchisme.

La solution de nos problèmes internes aussi bien qu’externes passe par l'(exercice de la souveraineté populaire. Il ne s’agit pas de vouloir imposer au pays une charte nationale comme projette de le faire le président du conseil de la révolution, afin d’institutionnaliser son pouvoir, une seule voie reste ouverte pour la confection de cette charte: un débat public, a l’échelle nationale, pour l’élection au suffrage universel direct et sincère, d’une assemblée nationale constituante et souveraine, et sans pour autant préjuger de l’option socialiste du pays.

C’est au sein de cette assemblée que les représentants librement mandatés par le peuple, pourront traduire dans les textes les légitimes aspirations de la nation. Toute autre charte établie dans le secret des anti-chambres du pouvoir ne pourrait être que nulle et non avenue.

Algériens, algériennes!

Le régime colonial contre lequel nous nous sommes mobilisés nous avait humilié. Il nous avait interdit dans notre propre pays l’exercice de la souveraineté nationale en limitant nos problèmes aux questions alimentaires et économiques.

Depuis notre indépendance, le régime du pouvoir personnel nous a conduit progressivement à la même condition de sujets, sans liberté et sans dignité.

Cette subordination est une insulte à la nature même de l’homme et de l’algérien en particulier. Elle est une atteinte à sa personnalité.

C’est pourquoi des hommes, militants de bonne volonté, se sont rencontrés pour dénoncer cet état de chose et mettre fin à l’indignité qui nous frappe. Ils appellent les algériens à lutter afin:

  1. D’élire par le peuple, librement consulté, une assemblée nationale constituante et souveraine.
  2. De mettre fin au système totalitaire actuel et élever des barrières légales contre toute velléité de ce genre.
  3. D’établir les libertés d’expression et de pensée pour lesquelles le peuple algérien a tant combattu.
  4. D’œuvrer pour un Maghreb arabe uni, islamique et fraternel.

Alger, mars 1976

FERHAT ABBAS
Ancien président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne
BENYOUCEF BENKHEDDA
Ancien président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne
CHEIKH MOHAMED KHERIDDINE
Ancien Membre du Conseil National de la Révolution Algérienne
HOCINE LAHOUEL
Ancien secrétaire Général du Parti du Peuple Algérien et du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, ancien représentant du FLN à l’extérieur

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25 Commentaires sur cet article

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  • Abdul
    14 mars 2010 at 17 h 22 min - Reply

    Que d’occasions ratées,c’est a en pleurer de rage.




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  • fateh
    14 mars 2010 at 18 h 34 min - Reply

    CA DOIT SUREMENT ETRE UN REGAL POUR LES BOUKHAROUBISTES




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  • Ammisaid
    14 mars 2010 at 20 h 07 min - Reply

    Assalam, azul, bonsoir
    Il n’y a aucune preuve qui manque à l’Algérien et l’Algérienne pour constater que ceux qui nous gouvernent sont et étaient les seuls responsables de toutes les tragédies dont notre pays a été et est encore le théâtre. Un seul ennemi quelque soit la tête qu’il montre, le système qui nous domine et qui ruine notre pays au sens le plus large du terme.
    C’est dans le constat que se trouve la solution.
    Nous sommes divisés, unissons nous. Unissons nous et ensuite toutes nos peurs, toutes nos hésitations, tous nos défauts et tous nos doutes vont s’en aller et ils iront vers ceux qui nous les avaient incrustés par la force, la violence et le mensonge. Cessons de chercher les coupables là où il n’y a que des victimes. Cessons de glorifier ceux qui nous ont humiliés afin que ceux qui nous ont toujours respectés soient, à jamais, éloignés de notre vue et de notre ouïe.
    Fraternellement




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  • jnsplu
    14 mars 2010 at 21 h 19 min - Reply

    Si depuis 1974 et peut etre meme avant des gens appellent à se soulever contre le pouvoir mais n’ont pas réussi à le faire c’est que le problème n’est pas vu par tout le monde de la meme manière.Ne devrait on pasz réfléchir sur cette possibilité ?

    Le groupe d’Oujda assassine la révolution dans l’oeuf et met Benbella aux commandes puis le dégomme en 65 pour mettre boumedienne à la place avec un soi disant conseil de la révolution qui rétrécit comme une chemise de coton au fil des ans et en 1975 lorsque le régime décide de changer de façade, Boumedienne est assassiné et le socialisme devient du passé pour aboutir en 1988 à une démocratie de façade qui permet à l’argent volé en sous sol de fructifier à l’air libre.

    Ce appel m’interpelle sur deux autres points:

    1- Il appelle avant le FIS à oeuvrer pour un maghreb arabe uni islamique, ce qui préfigure le FIS.

    1- Il déclare que le non alignement est la clé de voute de notre politique étrangère, ce qui n’est plus de facto depuis belle lurette.




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  • karima
    15 mars 2010 at 8 h 00 min - Reply

    N’a-t- on pas expulse des Algeriens du Maroc aussi.Pays arabo-islamique dites-vous, deja vous vous etes fait des ennemies qui rejeteront votre appel car il sonne hypocrite.L’islam est ma religien, c’est le terme arabo-islamique qui est vehicule par des mentalites destructrice de la pensee positive.Oui a la paix avec notre voisin le Maroc.




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  • l.leila
    15 mars 2010 at 10 h 10 min - Reply

    On rapporte aussi qu’en 1967, le colonel Tahar ZBIRI – ancien commandant de la wilayaI et chef d’état major des armées – a tenté un coup d’Etat avant de s’exiler.
    En 68, une autre action est menée par un commondo, mais le coup de feu n’a pas atteint son objectif. feu BOUKHAROUBA, n’a pas été touché.

    Mes salutations




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  • l.leila
    15 mars 2010 at 11 h 02 min - Reply

    J’oublie le colonel CHAABANI et sa révolte armée en 1964, qui échoue aussi. Il est exécuté. Rahima ALLAH nos martyrs.




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  • Hamou
    15 mars 2010 at 18 h 10 min - Reply

    A la rédaction :

    Je vous prie de bien vouloir publier ce manifeste qui est toujours d’actualité en langue arabe, beaucoup d’arabophones m’ont exprimé leur souhait d’en prendre connaissance.

    Ce serait formidable si ce manifeste fasse l’objet d’une pétition à soumettre à toutes les forces qui souhaitent le changement dans le cadre d’une assemblée constituante. Ce serait la meilleure façon d’honorer la mémoire de nos illustres frères Benkhedda et Ferhat Abbas et sans doute tous nos anciens responsables du Mouvement National qui n’ont pas eu l’opportunté de le signer parce qu’ils était en prison, en exil ou Chahids.

    ==============
    Si quelqu’un a en sa possession le texte en langue arabe, qu’il nous l’adresse. Merci.
    La Rédaction.




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  • Résigné
    15 mars 2010 at 22 h 12 min - Reply

     »Demain ce conflit risque de se généraliser et de plonger toute L’AFRIQUE DU NORD dans un bain de sang. Les haines qu’il engendrera compromettrons l’union du MAGHREB ARABO-ISLAMIQUE, espérance de nos peuples et de notre prospérité et de notre bien-être. »

    Si l’usage de: AFRIQUE DU NORD renvoi à notre situation géographique pour ainsi la différencier de l’Afrique du Sud, de l’Est ou de l’Ouest.
    L’usage de MAGHREB-ARABO-ISLAMIQUE, est-ce que c’est pour le différencier du MAGHREB-JUDEO-CHRETIEN ?
    C’est le genre d’appel qui porte en lui-même les germes de la désunion.
    Déjà à ce moment là, en 1976, on savait pas sur quel pied danser




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  • nomade
    16 mars 2010 at 1 h 00 min - Reply

    « l’union d’un maghreb arabo-islamique » « un maghreb arabe uni »
    meme ce manifeste historique de la part d’historiques
    n’arrange pas une frange de la population, une secte ,quel grand sacrilege vu de la lucarne rcdiste, berberiste.
    de tels slogans contrarieront l’appetit des arabophobes et islamophobes ,voir berberistes … quel regal!!!!!.




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  • batni
    16 mars 2010 at 2 h 22 min - Reply

    C’était courageux de la part des personnalités qui ont signées le manifeste, surtout que Boumédiene etait connu pour sa cruauté, mais mis a part le rejet du socialisme le mainfeste est encore plus conservateur (réactionnaire?) que le régime que proposé Boumédiène. Comment peut-on faire l’impasse sur une partie de la population Algérienne?




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  • radjef said
    16 mars 2010 at 9 h 23 min - Reply

    Bonjour tout le monde.Depuis sa parution à ce jour-peu importe son contenu doctrinal-combien d’algeriennes et d’algeriens connaissent l’existence de ce manifeste, pourtant signés par les deux premiers presidents algériens?Peut-on considerer ce manifeste comme un acte de militantisme permanent, expression de l’opposition algerienne? En dehors de ce manifeste quelles ont été les autres actions menées pour denoncer le pouvoir personnel de Boumediene?




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  • Rédaction
    16 mars 2010 at 19 h 18 min - Reply

    Je me rappelle, comme d’aujourd’hui,le discours de Boumediene après la mise en résidence surveillée de MM Ben Khedda et Ferhat Abbas. Il ricanait littérallement lorsque parlant d’eux, sans les nommer, il déclara : « fethoum el kitar ».
    Des applaudissements à tout rompre ont salué cette profonde sentence. Comme d’habitude, à chaque discours de Boumediene. La claque marchait très fort en ces temps.
    DB




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  • Mokdad
    17 mars 2010 at 6 h 25 min - Reply

    Bonjour à tous,
    Rappellons également la réaction du pouvoir à ce manifeste. Mise en résidence surveillée des signataires confiscation des biens
    Voilà ce que dit le Président BEN KHEDDA Rahimahou Allah dans une interview sur le sujet
    « Au moment où Boumediene régnait sans partage sur l’Algérie, il fallait faire entendre une voix d’opposition. L’occasion nous fut donnée, en mars 1976, à propos d’une prétendue « Charte nationale » qu’il avait fait confectionner et qu’il voulait imposer au peuple algérien pour légitimer son pouvoir.
    L’Algérie se trouvait alors en crise avec le Maroc, et les deux blocs Est et Ouest étaient en pleine guerre froide. Les signataires de l’appel craignaient que le conflit ne déborde aux deux ailes du Maghreb et ne soit le prétexte pour les deux Super Grands d’intervenir en Afrique du Nord à l’image de l’Angola où ils s’affrontaient dans un bain de sang dont la population faisait les frais. Nous réclamions la voie des négociations au lieu de celle de la guerre pour régler ce conflit fratricide entre deux peuples voisins.
    Pour la « Charte nationale », nous réclamions l’élection d’une Assemblée constituante souveraine, seule apte à voter un pareil document.
    Cette position nous valut :
    -Notre mise en résidence surveillée dans notre domicile,
    -La nationalisation de la pharmacie de Abbas et celle de Ben Khedda,
    -La nationalisation de l’usine de polymères, propriété de la famille Kheïreddine,
    -La suppression du salaire de Hocine Lahouel, directeur d’une société nationale.
    -La très officielle agence APS nous traitera d’ «éléments réactionnaires » agissant pour le compte de l’Etranger, dénonciation reprise par les journaux de l’époque.
    L’événement fut médiatisé à l’extérieur. Boudiaf nous apporta son soutien, suivi de Aït Ahmed, Lebjaoui, Kaïd Ahmed…
    A l’intérieur, il n’y eu pas de réaction. Seule une équipe de militants, animée par Dahlab, prit l’initiative de faire paraître un Document. Le Document fut suivi d’un Bulletin intitulé Liberté et Démocratie, qui était édité et distribué clandestinement. C’était un bulletin tiré à la ronéo, d’une douzaine de pages environ et dont le dernier numéro date de septembre 1978″




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  • Rezki
    17 mars 2010 at 6 h 42 min - Reply

    salam to all,
    La solution idéale c’est de pousser ce pouvoir et dans les plus brefs délais à un dialogue véritable et honnête avec l’opposition, en vue d’élections pour un assemblée nationale constituante.
    Car le plus urgent aujourd’hui c’est de Sauvegarder dans le cadre d’un consensus national, dont les formes et les dispositions sont à déterminer :
    – l’indépendance de l’Algérie,
    – l’unité du peuple algérien,
    – l’intégrité du territoire national,

    Enfin qu’il soit admis par tout le monde que la violence ne peut être un moyen de règlement de nos problèmes nationaux : seul le dialogue peutnous sortir d’affaire .. Qu’il soit également accepté par tous les Algériens que les problèmes de l’Algérie ne seront résolus que par l’ensemble des Algériens, en rejetant toute forme d’interférence étrangère.
    Dieu fasse qu’il ne soit pas déjà trop tard.
    Par ailleurs Il est est tragique de constater que, lorsqu’on se réfère à la proclamation historique de 1954, on ne parle plus de : »l’état algérien… dans le cadre des principes islamiques ». Cependant, l’histoire restera ce qu’elle est, et telle que nous l’ont transmise nos glorieux chouhada.
    Allah Yarham Echouhada




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  • Malheureuse Kiba Wo | Manga World
    17 mars 2010 at 13 h 37 min - Reply

    […] Le Quotidien d'Algérie » Manifeste du 10 mars 1976 […]




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  • Résigné
    17 mars 2010 at 14 h 11 min - Reply

    Je veux rassurer @nomade, pour ne pas le citer, et lui dire que je suis autant berbériste qu’il est arabiste et qu’il peut me traiter de berbériste autant qu’il veut, comme il le fait souvent sur ce site pour ne pas utiliser le mot ‘’Kabyle’’ qui est apparemment LQAment incorrect.
    J’ai remarqué que le mot sioniste et berbériste reviennent toujours de pair dans ses interventions. Je ne me souvient pas avoir lu un commentaire de lui sans faire allusion à ses mots fétiches. Même quand on est contre Boumedienne, pour Mr @nomade c’est parce qu’on est berbériste. Je veux le rassurer pour ça et lui permettre de ne pas être LQAment correct et d’utiliser le mot ‘’Kabyle’’ car je n’ai jamais rencontré un Kabyle qui aime Boumedienne à part la nomenklatura que tout le monde connaît.
    Quant à l’appel du 10 mars 1976 de nos deux historiques, je ne leur reproche rien, sauf leur manque de vision pour laquelle on paie le prix aujourd’hui.
    Personne ne peut nier l’arabité du Maghreb ni son Islamité. Nier l’un deux c’est comme nier la levée du soleil à l’Est. Aussi, nier l’amazighité du Maghreb est comme nier son coucher à l’Ouest.
    Viendra-t-il à l’esprit d’un homme d’état européen de dire : L’Europe Latine Chrétienne.
    Bien que cette homme d’état fera tout pour que celle-ci le restera mais il ne fera rien qui puisse donner un sentiment d’exclusion des slaves, des bataves ou des magyars ou encore des musulmans.
    Reste à traiter d’islamophobe ses compatriotes, je dirai @nomade qu’il ne suffit pas de dénigrer les uns pour se rapprocher de dieu, car vos commentaires démontre le contraire de la grande âme musulmane.

    ===============
    Evitons les amalgames, mon cher frère. Il n’y a pas de LQAment correct ou incorrect. Notre ligne éditoriale est très claire. LQA est celui de toutes les Algériennes et tous les Algériens qui se reconnaissent dans leur Algerianité et qui portent chèrement dans leur coeur cette Algérie meurtrie. L’Algérie appartient à toutes et à tous. Donc évitons les dérapages inutiles sur cette question identitaire. Et encore une fois ce que la pernicieuse et criminelle politique coloniale n’a pu faire, ce n’est pas l’ultraminorité extrémiste d’Orient ou d’Occident qui réussira à le faire.
    Fraternellement.
    Salah-Eddine.




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  • Résigné
    17 mars 2010 at 15 h 01 min - Reply

    Avec tous les respects que je vous dois Dr Sidhoum, je pense que la mise au point doit se lire en-dessous du commentaire du @nomade.




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  • Adel
    17 mars 2010 at 17 h 21 min - Reply

    Quelques rappels d’histoire.

    Après la dissolution de l’EMG et la dégradation par le GPRA des officiers qui le dirigeaient – Boumediene, Mendjeli et Kaid Ahmed –, Ben Bella, qui avait déjà eu maille à partir avec Ben Kedda à la réunion du CNRA de Tripoli, déclara que cette décision était illégale, que le GPRA n’avait plus aucune légitimité et que seul le CNRA pouvait prendre une telle décision. Mohamedi Said, Cheikh Kheireddine, Khider, Ferhat Abbas et ses amis de l’ex-UDMA ainsi que Tahar Z’biri, commandant de la wilaya 1 (Aurès-Nementchas) prirent aussi parti pour l’EMG contre le GPRA et se rangèrent derrière Ben Bella qui, fort de l’appui de Nasser, se voyait déjà Président. Ainsi se constitua le groupe de Tlemcen (ou groupe d’Oujda).

    A quelques semaines du référendum qui allait consacrer l’indépendance de l’Algérie, ce groupe hétérogène sur le plan idéologique avait soutenu le colonel Boumediene, chef de l’Etat-major Général, contre le GPRA, gouvernement reconnu par tout le peuple algérien et à l’échelle internationale. Il avait fait une déclaration à partir de Tlemcen condamnant une nouvelle fois la décision du GPRA et disant que seul le CNRA (Assemblée Nationale) pouvait prendre une telle décision. Il avait donc mis le pouvoir politique (le chef de l’Etat et le gouvernement) et l’Armée sur un pied d’égalité, tous deux ne rendant compte qu’à l’Assemblée Nationale (CNRA), alors que dans tout Etat de droit le chef de l’Armée dépend du chef de l’Etat et non du Parlement.

    En soutenant le chef d’Etat-major contre le gouvernement, ce groupe ouvrit la voie à la dictature militaire.

    Ironie de l’Histoire, le colonel Boumediene les écartera ou liquidera tous par la suite, ainsi que ceux qui s’étaient opposés à lui et à Ben Bella (Ben Khedda, Boudiaf, Ait-Ahmed, Krim, etc.)

    Ben Bella, le premier et plus chaud partisan du colonel, fut jeté en prison en 65 et il ne dut sa libération qu’à la mansuétude de Chadli. Qui vint l’arrêter ? Tahar Z’biri, qu’il avait nommé chef d’Etat-major ! Ce même Z’biri qui se soulèvera contre Boumediene quelques années plus tard et sera emprisonné par ce dernier. Khider assassiné à Madrid, Ferhat Abbas et Kheir-Eddine mis en résidence surveillée, etc.

    Guidés par leurs seuls sentiments envers les personnes ou obéissant à leur seule ambition, ils avaient fait le mauvais choix, plongeant ainsi l’Algérie dans une grave crise, à quelques semaines de l’indépendance. Ils avaient permis au futur dictateur de remporter une bataille décisive contre ses adversaires. Grave erreur d’appréciation qui mettra le pays sur les mauvais rails et le conduira à l’impasse.

    Ben Khedda avait bien jugé Boumediene et Ben Bella et décelé leur amour dévorant du pouvoir. Lui et ses supporters ne furent cependant pas en mesure de s’opposer longtemps à une armée des frontières bien organisée, bien équipée et unie. Ils furent rejetés dans le camp des « traitres » et des « contre-révolutionnaires ». Depuis, les « révolutionnaires » bottés ont montré leur vrai visage.




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  • Moh 16
    17 mars 2010 at 17 h 33 min - Reply

    @ résigné

    L’appellation « Afrique Du Nord » est une appellation purement coloniale. Les « Norafs » comme ils disent, » affectueusement », et dont certains éprouvent une étonnante nostalgie…
    Jamais les pays du Maghreb ne se sont définis ainsi ni avant, ni… après l’Occupation française. Dieu merci…

    L’objectif colonialiste visait à l’évidence la dépersonnalisation de la société par la suppression violente de l’identité maghrébine arabo-islamique specialement, en lui substituant une identité coloniale grossière, trompeuse et mensongère, latine et judéo-chrétienne. En faisant de l’esprit, pas vraiment opportun, d’aucuns ne croyaient si bien dire et être tant dans le vrais …

    L’appellation « Afrique du Nord » se voulait le pendant dans le nord du continent de l’Afrique du Sud dont le régime ségrégationniste et raciste se voulait le modèle parfait de la domination d’une minorité blanche sur la majorité indigène. Pour preuve, cette appellation n’étant pas purement géographique dans l’imaginaire colonial, l’Afrique du Nord c’est le Maroc, l’Algérie et la Tunisie c’est à dire uniquement les colonies françaises. Ce qui ne correspond pas vraiment aux données de base de la Geographie africaine dont le nord s’étend du Maroc jusqu’à la péninsule Sinaïtique. Les berbéristes ont du mal à considérer, dans ce cas précis, que la Libye dans une moindre mesure, et encore plus l’Égypte, soient des africains du nord aussi, et peut être plus du fait d’une densité historique et civilisationelle, antique et multimillénaire assez exceptionnelle.

    Cette définition purement géographique, donc, visait à décérébrer totalement la population locale, évider la région, du contenu, de son contenu à elle historique et culturel qui définit les sociétés humaines. Pour l’Europe, par exemple, il y a l’Europe latine, germaine, anglo-saxonne, slave, scandinave…Par contre, la faune, la flore sont définis, non pas par la culture – ce serait une aberration – mais par la nature, par les lieux géographiques de leur présence : Le chameau d’Afrique du Nord, l’ours polaire, le requin blanc d’Australie, les antilopes de la Savane, ou la baleine boréal du Groenland…Pour être plus terre à terre, plus claire, on ne dit pas un chameau nord africain, une antilope nigérienne, ou une baleine groenlandaise parce que, tout simplement, ce sont des êtres de nature. Et nous sommes, vraiment désolé, comme tous les humains de la terre, des êtres de culture… Autrement dit, admettre et revendiquer cette appellation de nord-africains revient à revendiquer une désignation péjorative, raciste, bestialisant son destinataire…

    Nos illustres aînés, signant ce manifeste, savaient très bien de quoi ils parlaient. Cqfd.

    Wa Salem




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  • Arezki
    17 mars 2010 at 18 h 15 min - Reply
  • radjef said
    17 mars 2010 at 18 h 18 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. Que s’est-il réellement passé au Congrés de Tripoli? Combien de voix ont été receuillies par les deux premiers présidents algeriens lors de ce Congrés? Pourquoi au moment l’EMG et Benbella faisaient en seul bloc uni en ralliant à leur cause bien des voix, les membres du GPRA étaient dispersés pour se retrouver en minorité face à d’illustres inconnus? Les historiens connaissent la verité. Des survivants egalement.




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  • Résigné
    17 mars 2010 at 18 h 36 min - Reply

    Je veux juste conclure mes interventions sur ce sujet en disant que: le Maghreb-Arabo-Islamique c’est comme la République Algérienne Démocratique et Populaire pour laquelle  »République Algérienne »suffirait.
    On a tellement peur de décevoir des amis et des alliés qu’on s’en fout de disloquer la famille.

    ==================
    Entièrement d’accord avec vous, cher frère. Assumons notre Algérianité sans tapage ni nifaq. Avons-nous des doutes sur notre identité?
    Fraternellement.
    Salah-Eddine




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  • nomade
    17 mars 2010 at 18 h 44 min - Reply

    pour l’histoire:
    tahar zbiri ne s’est pas fait emprisonne par boumedienne ,apres son coup , tahar zbiri a regagne la tunisie puis l’europe . etant originaire
    de la ville de sedrata , non loin de la frontiere tunisienne, lui a facilite la fuite .
    en cours de route boumedienne s’est fait trahir par ses compagons d’armes , l’un apres l’autre.
    dieu merci que zbiri n’a pas reussi son coup , les algeriens auraient vecu la catastrophe depuis 67.




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  • bounar derradji
    2 décembre 2015 at 18 h 41 min - Reply

    A nous peuple marocain et algerien d’etre vigilents pour ne pas tomber dans le piege dressé par les occidentaux jaloux ( pas tous ).la vie est trop courte, essayant de la vivre en paix et sereinement.




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  • Congrès du Changement Démocratique