Édition du
25 July 2017

Quelle issue pour enrayer la dégradation nationale ?

Par Saddek Hadjerès

In Mouvement Social Algérien : Histoire et perspectives

lundi 1er mars 2010

L’assassinat du chef de la sûreté nationale par l’un de ses collaborateurs, a soulevé dans l’opinion des réactions importantes et convergentes.

Dans la population le sentiment unanime est : « ASSEZ des pillages financiers, du chantage des armes et de la « hogra » permanente ».

Selon leur niveau de politisation, les gens éprouvent un sentiment d’impuissance indignée face à ce qui leur apparait comme une évolution fatale ou au contraire se posent de plus en plus la question :une autre issue est-elle possible ? Que faire pour mettre en échec le processus de dégradation nationale. Comment enrayer et donner un coup d’arrêt à la division des forces saines du pays, déployer un élan de mobilisations unies et pacifiques pour commencer enfin à construire ensemble l’alternative à un système devenu aux yeux du plus grand nombre hautement improductif et dangereux ?

Cet assassinat peu ordinaire a revêtu en effet, comme l’a constaté K. Selim dans un éditorial du Quotidien d’Oran, une toute autre signification qu’un acte banal de droit commun ou un assassinat de caractère ouvertement politique. Ce que souligne de son côté Mustapha Hammouche dans Liberté, qui met en relief le contexte du drame plutôt que les supputations sur ses circonstances. Il y voit à juste raison « le signe effrayant d’une dangereuse dégénérescence de notre système ».
Ces appréciations sont largement partagées, même chez ceux pour qui l’aspect singulier de l’évènement fait quelque peu diversion à l’analyse.

D’une part, l’acte est en effet révélateur des réflexes et des mœurs de violence ouverte ou feutrée qui ont progressivement gangrené le pays. Leurs manifestations ont envahi et imprégné les rapports sociaux et politiques sous des formes diversifiées et spécifiques aux différents niveaux des institutions et de la société.
D’autre part et surtout, il est l’un des signes irréfutables d’une crise majeure dans la gestion défaillante des affaires et des intérêts du pays.

La défaillance est attestée :

  • par les graves scandales financiers dont l’ampleur et les mécanismes sont à peine révélés au public
  • par une gestion économique chaotique contraire aux logiques de développement et subordonnée à des pulsions et visions étroites sans stratégie d’intérêt général sur la durée, qui ne profitent qu’aux opérations corruptrices et spéculatrices bien ancrées dans les rouages du système en son entier
  • par le fait que les besoins et les attentes sociales légitimes n’obtiennent comme réponse que l’aveuglement et les calomnies des instances gouvernementales et la répression des forces de sécurité dont la mission nationale est ainsi dévoyée
  • Cette gabegie se maintient et se poursuit par le recours aux méthodes antidémocratiques sous couvert juridique d’un « état d’urgence » prétendument nécessaire à lutter contre le terrorisme.
    Au contraire, la vraie urgence est plutôt de mettre fin aux pratiques despotiques, contraires à la dignité d’un peuple fier et assoiffé de respect, car elles sont de nature à renforcer les dérives et les manipulations terroristes chez les jeunes en particulier.

Au bout du compte, la nation aussi bien que ses institutions étatiques sont gravement fragilisées, au moment où les puissances impérialistes et néo-coloniales, au-delà de leurs divergences, harcèlent fébrilement l’Algérie pour la faire basculer dans une dépendance multiforme profonde et sans retour.

La situation appelle l’ensemble des Algériens à une réponses claire, efficace et crédible aux questions angoissées que se posent les milieux patriotiques, tous les citoyens conscients du danger de voir l’Algérie basculer vers une déstabilisation d’envergure, dont la « somalisation » n’est qu’une des variantes au programme dans l’arsenal des tenants de l’ultralibéralisme capitaliste épaulé par les dirigeants sionistes.

L’erreur fatale serait d’imaginer le salut de l’Algérie dans un alignement sur l’une ou l’autre des différentes forces qui n’ont cessé depuis l’indépendance de régler des comptes économiques ou de pouvoir en s’arrogeant la fonction de sauveurs suprêmes et exclusifs. Qu’on les appelle clans, pôles, lobbies, groupes d’intérêt ou autrement, leur objectif et leur tactique n’ont cessé d’entraîner les différentes couches de la population dans la division et les désillusions stériles, avec l’engrenage sans fin des successions d’affrontements et de compromis au sommet sur le dos du bien commun.

C’est à ses engagements concrets, à son attitude vérifiée envers les droits et libertés démocratiques, envers les justes revendications sociales et culturelles que chaque individu et chaque collectif, chaque institution ou organisation doivent être appréciés. Aucune carte blanche à qui que ce soit, qu’il se réclame ou non en paroles du novembrisme, du socialisme ou de la chariâ.

Cinquante ans du mode de gouvernement autocratique ont confirmé que l’efficience et le redressement ne sont pas seulement, (comme l’écrit un journaliste à propos des suites à la disparition de Ali Tounsi) une question d’organisation technique, de compétences individuelles ou de qualité des chefs. Le problème central est celui de la cohérence du système politique global avec les aspirations à la paix, aux droits et au mieux-être de la population.

Aux combinaisons et combines concoctées dans les cercles obscurs, répondent de plus les travailleurs salariés de l’enseignement, de la santé, de l’industrie, des multiples services, les hommes et femmes des quartiers urbains ou des localités rurales. C’est la meilleure réponse, l’action franche, résolue et pacifique, vigilante envers toute manipulation, la réponse responsable et mûrie par l’expérience de tous ceux et toutes celles harassés par leurs problèmes quotidiens et l’inquiétude pour leur avenir et celui de leurs enfants, quelles que soient leurs sensibilités politiques et idéologiques sincères.

Avec l’ensemble des courants politiques et associatifs de plus en plus conscients de l’importance des mobilisations autonomes et de l’unité d’action, ils exigent des solutions élaborées avec leur participation démocratique et jugeront chacun à ses actes et non à ses déclarations.

Ainsi seulement, avec toutes les bonnes volontés où qu’elles se trouvent, le pays sortira-t-il des impasses et des supercheries d’un système qui n’a que trop duré en tournant le dos au contenu et aux valeurs fondamentales de novembre 54 et de la libération nationale

S.H. 28 février 2010


Nombre de lectures : 2158
12 Commentaires sur cet article

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  • nomade
    16 mars 2010 at 12 h 34 min - Reply

    il faut abattre ce regime traitre , abattre ce regime est l’unique issue pour sauver ce pays.
    pareil a la france d’avant 54 qui ne voulait ni parler aux algeriens ni les ecouter .
    ils se maintiennent par la force ,ils ne partiront que par la force.
    ces malpropres qui sont tombes sur une mine d’or ne partiront qu’apres l’avoir tarie.




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  • citoyen
    16 mars 2010 at 13 h 27 min - Reply

    respect mr Hadjeres je connais votre probité intellectuelle. quand à nos gouvernants comme dis nomade ils ne partirons que par la force c des monstres .




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  • le kabyle
    16 mars 2010 at 16 h 43 min - Reply

    La seule et unique réponse du PEUPLE ALGERIEN à ce système en pleine déliquessence ayant atteint sa limite bioligique… c’est que l’on sorte TOUS dans la rue pour manifester PACIFIQUEMENT et demander le DEPART IMMEDIAT de toute cette caste composant le système mafieux qui a pris en otage, et l’Algérie et son Peuple depuis 1962 ! Sans casse et de manière civilisée. Tous UNIS du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest comme les doigts d’une seule main ! Evitons à tout prix le piège dans lequel le système veut nous mener : la SOMALISATION !!! Et le plus tôt sera le mieux… Merci et tanmirt !




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  • BRAHIM
    16 mars 2010 at 17 h 36 min - Reply

    Les internautes qui fréquentent LQA liront, je pense, avec un certain intérêt cet article. Il me plait de citer le paragraphe suivant : «…… C’est à ses engagements concrets, à son attitude vérifiée envers les droits et libertés démocratiques, envers les justes revendications sociales et culturelles que chaque individu et chaque collectif, chaque institution ou organisation doivent être appréciés. Aucune carte blanche à qui que ce soit, qu’il se réclame ou non en paroles du novembrisme, du socialisme ou de la chariâ. » . Effectivement, on le sait maintenant, c’est-à-dire 48 ans après, que le changement ne viendra jamais du système lui-même. A mon avis, les patriotes non mêlés à la « khalouta » du système ainsi que les hommes politiques sincères de toute tendance qui sont pour le changement radical du régime vers un Etat de droit peuvent lancer simultanément un appel pour une rencontre, d’abord informelle, dans la perspective de l’élaboration d’une feuille de route et d’une plate forme qui définira les actions politiques pacifiques à engager sur le terrain le plus rapidement possible. Pour parvenir à un consensus entre les différentes parties, il suffit que les initiateurs s’inspirent d’abord de certaines dispositions de la déclaration de 1er novembre 1954 : par exemple :-« La restauration de l’état algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques. »
    – « Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions ».
    Et, bien sûr la plate forme de la Soummam, par exemple:
    – « Le bannissement du pouvoir personnel et l’instauration du principe de la direction collective composée d’hommes propres, honnêtes, imperméables à la corruption, …. »
    – « la lutte pour la renaissance d’un Etat Algérien sous la forme d’une république démocratique et sociale et non la restauration d’une monarchie ou d’une théocratie révolues. »
    Il y a également les dispositions interressantes que l’on trouve sur l' »appel au peuple algériens » publié en permanence sur ce blog. Etc… etc…
    Il y a là déjà, je pense, certains ingrédients politiques importants sur lesquels on peut d’ores et déjà s’inspirer pour aboutir à une plate forme consensuelle concrète qui peut tenir la route.L’UNITE des patriotes, des hommes qui aiment leur pays est indispensable, incontournable devant le mastodonte d’en face!
    Pour les formes d’actions politiques sur le terrain, … elles sont multiples.
    A bientôt sur le net




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  • Ammisaid
    17 mars 2010 at 8 h 18 min - Reply

    Assalam, azul, bonjour
    C’est celui qui me prive de liberté que je fuis
    C’est qui me torture et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’humilie et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est qui me terrorise et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’humilie et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui me prive du travail et de la liberté que je fuis
    C’est celui qui me menace et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’écrase et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’emprisonne et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est qui m’a trahi et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’interdit de marier et de me loger et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui critique et qui me juge sévèrement et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui me nie, qui m’ignore et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’oublie, qui m’efface, qui me castre et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’affame, qui me tourmente et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’espionne, qui me vole, qui me viole et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui me mente, qui déprime, qui harcèle et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui me traque, qui oblige à fuir et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’interdit de penser, d’écrire, de créer, d’apprendre, de progresser et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui me hait, que je gène, que je dérange et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’empêche de voir un autre que lui,d’entendre un autre son que son son, de rêver, de désirer, d’aimer, de croire un autre que lui et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’interdit de rester, de partir, de rester debout, d’espérer, de voir l’horizon, de sentir les odeurs de ma terre et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui m’a usurpé mon histoire, qui détruit mes repères, qui a tué mon identité, qui a brimé la langue que je parle, qui a cassé celle que j’aurais aimé apprendre, qui a rendu ennemi mon frère et qui m’a privé de liberté que je fuis
    C’est celui qui se cache dans l’ombre, qui nous tue sans pitié, qui nous massacre dans la nuit, qui boit tout notre pétrole, qui ne respecte aucune de nos lois, qui se prend pour notre seigneur, qui nous divise, qui nous sépare, qui nous domine, qui nous tabasse et qui me prive de la liberté que je fuis
    C’est celui qui utilise notre religion, notre diversité, la gloire de nos martyres, notre armée, notre police, nos institutions, notre gendarmerie, nos richesses, notre justice et nos valeurs pour nous diriger,nous manipuler, nous pousser à s’entre-tuer, à se haïr…et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est celui qui n’a jamais rien fait de bien à mon pays et à son peuple et qui me prive de liberté que je fuis
    C’est à cause de celui qui me prive de liberté que je fuis par la mer, que je fuis dans la drogue ou dans l’alcool, que je bois deux litres de limonades par jour, que je suis devenu fou, que je suis devenu diabetique et hypertendu, que je ne peux me soigner, que je ne peux pas lever ma tête, que je ne veux plus rire ou sourire, que je ne peux pas éduquer mes enfants, que je fuis mes parents, mes responsabilités, que je me sens indigne, bête, con, triste, incapable, impuissant, que je me sens incompris, seul, sans avenir, que je suis devenu terroriste, bandit, glandeur, menteur, pervers, fatigué, sidéré, épuisé, violent, dur, mou, que je suis exilé, que je me suis suicidé sexuellement, intellectuellement, socialement, politiquement, affective ment, psychologiquement…
    Je fuis ailleurs, je fuis sur place, je fuis en dormant, je fuis en mangeant, je fuis en priant, je fuis en pensant, je fuis en parlant, je fuis lisant, je fuis en fuyant, je fuis depuis que je suis né, je fuis je ne sais pas où, je ne sais pas jusqu’à quand, je ne suis pas comment s’arrêter de fuir, je vois tout le monde fuir celui qui me poursuit et celui qui fuit…
    Est-t-il un pervers, un tueur, un tortionnaire, un criminel, un djinn, un diable, un assassin, la mort, la vie, la peur…celui que je fuis et celui qui ne cesse de me poursuivre ?
    Fraternellement




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  • radjef said
    17 mars 2010 at 12 h 45 min - Reply

    Bonjour tout le monde. Sadek Hadjres, bonjour.
    J’ai peur de savoir les raisons qui nous ont conduit à cette impasse. J’ai peur de connaitre la verité. Mais de l’autre coté ma conscience me le reclame sans cesse. Quand je pense, je suis toujours saisi par un etrange sentiment ou s’entremelent peur, angoisse et deception, mais lorsque je ne pense pas, je ne lis pas et je n’agace pas ces vieux militants retranchés aujourd’hui dans leurs villages respectifs(certains vous passent un grand bonjour), je me sens coupable et je m’ennuis a…Je me sens comme un idiot. Alors ma conscience m’interpelle.
    Souvent, Mr Hadjres,la verité que je veux connaitre,n’est pas moins pire que les mensonges, les faux semblants et la complaisance avec lesquels on veut l’etouffer, on veut la faire taire.Que doit -on faire pour comprendre ce qui nous arrive aujourd’hui, car si on ne comprend pas ce qui nous arrive, on ne peut pas trouver le chemin vers cette destination radieuse apres laquelle tout le monde court?…Juger une poignée d’hommes debordés par leurs ambitions mesquines ou juger la philosophie du 1er novembre 1954? Les Boussof boys, Krim, Abbane,Mahmoud Cherif, Boumediene et les daf, tous produit du 1er novembre 1954,ont-ils failli et bloqué un processus naturel de poursuivre son cours normal? La situation que nous vivons, ses origines ne datent pas des Accords d’Evian, mais elles remontent à la veille du 1 er novembre. N’est-il pas urgent pour nous aujourd’hui d’exorciser cette histoire et d’en finir avec ces transitions et ces crises qui risquent d’emporter le pays? Aucun mode d’organisation social ne peut nous sauver tant que on reste prisonier de ce passé ou le mensonge, le crime et la complaisance dominent tout.




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  • Caprice On 20″ Boucing | Lowrider Design
    17 mars 2010 at 13 h 51 min - Reply

    […] Le Quotidien d'Algérie » Quelle issue pour enrayer la dégradation … […]




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  • BRAHIM
    17 mars 2010 at 14 h 07 min - Reply

    @radjef said, vous dîtes à raison « aucun mode d’organisation social ne peut nous sauver tant que on reste prisonier de ce passé ou le mensonge, le crime et la complaisance dominent tout ».D’accord, mais alors quel est votre proposition pour intérésser le plus grand nombre de citoyen au changement. Il faut bien une plate-forme politique ! Laquelle a le plus de chance de mobiliser pour la construction d’un Etat de droit et d’une algérie démocratique? Il faut bien proposer « quelque chose » aux citoyens pour qu’il vous suivent ! Pour vous quel est la voie à suivre ? Quel est l’objectif politique ?? Il faut d’abord être claire dans ce domaine.




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  • radjef said
    18 mars 2010 at 20 h 08 min - Reply

    Bonsoir tout le monde. « Tu te souviens de ce qu’avait dit Si Cherif (le colonel Ali Mellah) à ton frere Moh (le colonel Si Salah)le jour ou Krim devait indiquer à chacun de nous son territoire et sa mission, à Maatkas? », demande Mohammedi Saad à Ali Zammoum en presence de Abdellah Fadhel et de Daniel Timsit. »Oui », repond Ali. »Je ne peux pas oublier ces propos », poursuit Mohammedi qui prend soudainement un ton solonnel pour reciter la phrase de Ali Mellah: « Je ne crains pas la France. Certes, elle a la superiorité militaire, mais nous connaissons mieux qu’elle le terrain,dit Ali Mellah en s’adressant a Mohammed Zammoum. Ce que je crains, poursuit Mellah, ce sont les gens qui vont rallier notre cause par peur de perdre leur statut. Ce sont ces gens là qui vont nous tuer, Moh ».




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  • Adel
    18 mars 2010 at 22 h 59 min - Reply

    @radjef said

    Bonjour, cher ami,

    Je crois que nous ne devons pas juger trop sévèrement ceux qui ont lutté jusqu’au cessez-le-feu. Ils ont certes commis des erreurs, mais ils ont quand-même atteint leur but : libérer l’Algérie du joug colonial.
    Ce n’est pas le cas de ceux qui ont pris le relais (tels Ben Bella, Boumédiène, Chadli, etc.) qui, eux, ont échoué. L’indépendance a finalement révélé la vraie nature et les capacités réelles de chacun.

    De l’Emir Khaled à Boudiaf, le chemin a été long et semé d’embûches. Messali aurait-il pris la peine de faire tout ce qu’il a fait et de subir toute sa vie les affres de la répression, s’il avait su que les enfants de l’Algérie indépendante le considéreraient comme un traître?

    Oui, les historiens doivent faire des recherches pour rétablir la vérité et mettre de côté les mythes. Chacun des hommes qui ont contribué à libérer le pays a fait des erreurs. C’étaient des hommes de chair et de sang et non des anges.

    Ceux qui militaient au PPA-MTLD, ceux de l’OS et du CRUA cherchaient-ils la gloire et les honneurs, cependant? Il est clair que non. Mais la nature humaine est ainsi faite que l’orgueil refait toujours surface et aveugle même les êtres les plus sincères.

    Si tous les historiques encore vivants écrivaient leurs mémoires et faisaient une sincère autocritique, ils rendraient un grand service aux généraations futures.

    Amicalement




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  • Rédaction
    19 mars 2010 at 19 h 54 min - Reply

    Je ne suis pas un communiste, mais j’éprouve du respect pour cette mouvance. Malgré les tragédies immenses qu’elle a provoquées.

    Je n’oublie pas, cependant, que ce sont les forces de gauche, et non le libéralisme comme d’aucuns le prétendent, qui ont fait avancer l’humanité vers les valeurs sociétales universelles, telles que nous les connaissons aujourd’hui. C’est grâce aux forces de gauche, et à la solidarité agissante des travailleurs, que les enfants vont à l’école plutôt qu’au travail, qu’il y a un congé hebdomadaire, un congé annuel, une durée hebdomadaire légale, le paiement des heures supplémentaires avec majoration, que les droits de la femme au travail sont les mêmes que ceux des hommes, qu’il y a une sécurité sociale, des syndicats, et tant et tant de droits arrachés de haute lutte, qui ont ouvert à l’Homme tant de perspectives de progrès et d’humanisme.

    Malheureusement, des dictateurs et des opportunistes ont gravement perverti les idéaux les plus nobles du communisme, pour en faire une espèce d’oligarchie despotique et policière. Ces déviations de l’esprit même du communisme l’ont conduit à sa déchéance, voire à sa disparition.

    Mais je suis convaincu que le communisme reviendra, mais définitivement expurgé de ses dogmes non dits d’oppression et d’intolérance. Il reviendra parce que le système libéral régnant, et moribond, malgré son incroyable puissance, est en train de mener l’humanité entière vers une situation de chaos planétaire.

    Aujourd’hui, les victimes du libéralisme ne se comptent plus en millions, mais en milliards d’individus. Dans peu de temps, des centaines d’êtres humains mourront de faim, et même de soif. Et même au cœur des pays les plus libéraux, comme les USA, c’est en dizaines de millions que leurs ressortissants vivront au même seuil de pauvreté que ceux des pays les plus pauvres du monde. Lorsque le pic pétrolier sera atteint, et il sera atteint, beaucoup plus tôt qu’on ne croit, les sociétés, même occidentales, retourneront à des stades que nous croyions révolus à jamais. De nombreux « droits » élémentaires dans les sociétés développées, développées dans le factice et l’inutile, deviendront un luxe inouï. Comme de voyager en avion, d’avoir un véhicule, de consommer de l’électricité à volonté, de pouvoir disposer de milliards de produits de consommation, et de toutes ces habitudes qui nous paraissent aujourd’hui tout à fait naturelles.

    Nous assistons aujourd’hui aux mêmes schémas sociaux qui ont conduit à l’émergence du socialisme, sous d’autres formes, d’oppression, d’exploitation de la force de travail par une minorité qui a fait main basse sur la quasi totalité des capitaux, et principalement sur les ressources énergétiques sur lesquelles repose toute l’économie mondiale. A la différence que la terre est peuplée de dix fois plus d’êtres humains. Et à la différence que la planète est devenu un village.

    La machine libérale est prise au piège de ses propres contradictions et ne peut plus rectifier ses abus les plus outranciers. C’est comme tenter de changer une roue d’un véhicule qui est lancé à pleine vitesse.

    L’humanité, tôt ou tard, n’aura pas d’autre choix que de s’unir contre le gouvernement mondial occulte qui la pressure. Elle n’aura pas d’autre choix que de créer un système mondial fondé sur la justice sociale, et sur une solidarité agissante de tous les êtres humains. Je crois que l’avenir de l’Homme sera ainsi.

    Et le communisme, s’il est repensé, s’il a visage humain, s’il se refuse la brutalité et la « dictature du prolétariat », s’il saura se montrer tolérant à l’endroit de la pratique religieuse, et s’il saura se hisser aux exigences de l’époque que nous vivons, et s’il parvient à devenir une dynamique réellement alter-mondialiste, renaîtra peut être de ses cendres. Je crois même que cette dynamique est inéluctable. Cela ne se fera pas en un jour, ni sans lutte, mais l’Homme n’a plus que le choix de la solidarité, de la justice sociale et du partage planétaire.

    L’Homme n’a plus d’autre choix que de se débarrasser définitivement du parasite vorace qui lui suce sa substance vive, et qui le pressure. Son ennemi naturel, sous quelque forme qu’il soit, de quelque race, religion soit-il, est celui qui participe à l’exploitation criminelle de toute l’humanité, pour le seul besoin d’amasser, au moment où des milliards d’êtres humains meurent d’inanition, lorsqu’ils ne s’entredéchirent pas en vaines querelles.
    C’est ma conviction et mon avis personnel.
    DB




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  • simozrag
    21 mars 2010 at 14 h 52 min - Reply

    Je suis en partie d’accord avec le frère Djameleddine. Il y a effectivement un grand écart entre le socialisme et le libéralisme. Néanmoins, quand on compare certaines valeurs humanitaires dont se réclament les forces de gauche, il nous semble qu’elles les ont empruntées aux enseignements de notre religion. En effet, l’Islam n’a rien à voir avec cet ultra-libéralisme infernal dans lequel certains tendent à le ranger.
    L’Islam vise, entre autres objectifs de salut, de concorde et de paix sociales, à éradiquer la pauvreté. Il prône la solidarité, le partage, l’entraide mais malheureusement il a été mal compris et mal appliqué. Après l’avoir marginalisé et empêché son évolution, parfois avec la complicité volontaire ou inconsciente des musulmans, l’occident tente de lui coller des étiquettes infamantes pour le discréditer et le salir. On veut laisser entendre que l’Islam est synonyme d’obscurantisme, d’archaïsme, l’opposé du progrès, l’ennemi de la liberté, la source du terrorisme, etc. De gros moyens furent et sont utilisés pour le réduire à sa plus simple expression, le confiner dans un culte subreptice, semi clandestin en vue de le rendre exécrable aux yeux du monde et surtout à ceux qui désirent s’y convertir. Sans compter le prosélytisme intense et tout azimut tendant à désislamiser les musulmans.

    Alors qu’en réalité, l’Islam n’est responsable d’aucun des maux dont on l’accuse et aucune des tares qui lui sont attribuées ne cadre avec sa vraie nature
    S’il y a autant de pauvres dans le monde c’est tout simplement parce l’islam est mal appliqué. L’accumulation du capital n’aurait pas atteint de telles proportions si l’Islam était compris et correctement vécu. Rares sont les fortunes qui ne soient pas mal acquises et plus rares encore celles qui tiennent compte des droits des pauvres. Faut-il accuser l’Islam si les milliardaires musulmans n’acquittent pas leur devoir de solidarité vis-à-vis des pauvres ?
    En plus de la zakât qui est un impôt obligatoire dont le revenu doit être distribué aux nécessiteux,cela leur revient de droit, le Coran contient d’innombrables exhortations dans des dizaines de versets, outre les nombreux hadiths sur les vertus de la charité, du don, de l’aumône, bref des dépenses au profit des besogneux. Dieu exhorte ceux qui croient en Lui a dépenser leur argent continuellement, nuit et jour, dans l’aisance et dans la gêne, en secret et en public, peu ou prou, et j’en passe.
    Les expressions : « Donnez, dépensez, faites l’aumône, faites largesse de vos biens, dépensez de ce que Nous vous avons attribué », « ceux qui dépensent leur argent », foisonnent dans le Coran avec la promesse que tout ce qui est dépensé sera remboursé avec un coefficient qui varie de 7 à 700 fois .
    Je n’en cite que quelques exemples du fait qu’il est difficile de tout reproduire.

    «Ceux qui dépensent leurs biens pour la cause de Dieu ressemblent à un grain qui produit sept épis contenant chacun cent grains. C’est ainsi que Dieu multiplie Sa récompense à qui Il veut. » s2 v261
    « Et ceux qui dépensent leurs biens en vue de plaire à Dieu et d’obtenir Sa récompense ressemblent à un jardin sur une colline. Qu’une forte pluie l’atteigne, et sa récolte s’en trouvera doublée. Et même à défaut de pluie, une simple rosée suffira à l’humecter. Dieu observe parfaitement ce que vous faites. » s2 v265
    L’aumône est considérée comme un prêt consenti à Dieu Lui-même :
    « Quiconque consent à faire un prêt gracieux à Dieu. Dieu le lui rendra au décuple, car c’est Lui qui décrète l’abondance ou la pénurie et c’est vers Lui que se fera votre retour. » s2 v245
    « Quiconque consent à Dieu un prêt gracieux, Dieu le lui multiplie, et il aura une généreuse récompense. » s57 v11
    « Si vous faites à Dieu un prêt généreux, Ii le multipliera pour vous et vous pardonnera. » s64 v17
    « Accordez à Dieu un prêt gracieux ! Et tout ce que vous aurez avancé en ce monde, vous le retrouverez auprès de Dieu et il vous vaudra une magnifique récompense. » s73 v20
    « Ô Croyants, dépensez de ce que Nous vous avons attribué, avant que vienne le jour où il n’y aura ni rançon ni amitié ni intercession. » s2 v254
    « Vous n’atteindrez la vraie pitié qu’en dépensant en aumône une partie des biens que vous aimez » s3 v90
    Les pieux auxquels Dieu a promis le pardon et un paradis aussi vaste que les cieux et la terre sont « ceux qui dépensent leur argent dans l’aisance ou dans la gêne, qui savent réprimer leur colère et pardonner à leurs semblables, car Dieu aime les bienfaiteurs. » s3 v134
    « Il n’y a rien de bon dans les conversations secrètes qu’ils tiennent sauf lorsqu’il s’agit d’ordonner une aumône, d’accomplir une bonne action ou de rétablir la paix entre les hommes » s4 v114
    Si les mécanismes de solidarité sont grippés ou s’ils ne fonctionnent pas normalement, la solidarité doit être imposée, c’est pourquoi le 1er calife a combattu ceux qui ont refusé de verser la zakât.
    De plus, l’aumône est décrétée comme moyen de purification :
    « Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier et les bénir » s9 v103
    « Ne savent-ils pas que c’est Dieu qui accueille le repentir et qui reçoit les aumônes et qu’Il est l’Indulgent et le Miséricordieux. » s9 v104
    Dieu fait l’éloge de ceux qui « réservent sur leurs biens une partie au mendiant et au déshérité. » s51 v19
    « N’est pas croyant, (selon une autre version « n’est pas des nôtres ») celui qui passe la nuit rassasié sachant que son voisin a faim »
    Il a dit aussi : « L’aumône ne diminue point la fortune »
    Mon but est d’attirer l’attention des intervenants sur le fait que ce sont les musulmans et non l’Islam qui sont responsables de la pauvreté qui mine leur pays et leurs compatriotes.
    Fraternellement,




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  • Congrès du Changement Démocratique