Édition du
30 March 2017

Eradiquer l’Islam : politique française dans l’Algérie colonisée

Par Youssef Girard

« Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d’Allah »

Sourate 61 : verset 8

« Ô croyant le monde a vu de ses yeux, Leurs chevaux attachés dans nos mosquées ».

Emir Abdelkader

Dès les premières heures de la conquête coloniale, l’Islam fut une source de résistance centrale pour les peuples musulmans. Ceux-ci puisaient dans la religion du Prophète l’énergie pour affronter les armées conquérantes de l’Occident. Dans ces guerres asymétriques de résistance à la conquête coloniale, l’Islam donnait aux résistants la force morale d’affronter un ennemi mieux armé. Au-delà de la lutte armée, à la domination culturelle exercée par l’Occident impérialiste répondit une résistance ancrée dans les valeurs spécifiques des peuples musulmans.

En tant que force de résistance, l’Islam fut la cible d’attaque constante de la part des tenants de la colonisation dont la politique culturelle consistait à effacer les traits distinctifs des sociétés musulmanes. Eradiquer l’Islam pour soumettre les peuples musulmans à son dictat était l’un des objectifs essentiels de l’impérialisme occidental. Mû par l’héritage des croisades et par la volonté d’exporter les valeurs de la société bourgeoise des « Lumières », l’Occident s’efforça d’affaiblir les forces dynamiques de l’Islam qui lui résistaient, de fractionner le monde musulman, d’opposer des obstacles devant ses peuples, et de fournir des efforts constants pour amener les musulmans à se détacher de la religion du Prophète. L’objectif visé  par l’« Occident officiel », à long terme, était de déraciner l’Islam afin qu’il ne puisse plus servir de force d’opposition à sa domination.

Destruction et contrôle des lieux de cultes musulmans

Cette politique d’éradication de l’Islam fut particulièrement prégnante en Algérie après l’invasion française de 1830. Charles X partit à la conquête de l’Algérie avec le soutien du Pape et de l’Eglise catholique ce qui transformait l’action de l’armée française en une lutte de la chrétienté contre l’Islam dans la filiation directe des croisades. Débarqué à Alger, le général de Bourmont, s’adressant aux aumôniers militaires au cours d’une cérémonie religieuse, déclarait : « Vous venez de rouvrir avec nous la porte du christianisme en Afrique. Espérons qu’il y viendra bientôt faire refleurir la civilisation chrétienne qui s’est éteinte »[1].

Nonobstant cet esprit de croisade, le 5 juillet 1830, la convention signée entre le général de Bourmont et le Dey d’Alger, engageait la France à respecter la liberté de tous les habitants de l’Algérie, leur religion et leur propriété.

Deux mois après la prise d’Alger et malgré la convention signée  par le général de Bourmont, le général Clauzel inaugura une politique de lutte contre la religion musulmane en la privant de ses moyens d’existence par la confiscation des biens habous. Environ deux millions d’hectares de terre furent confisqués et plusieurs dizaines de mosquées furent fermées. Un grand nombre de cimetières furent labourés afin de les transformer en terres arables pour les colons. Les religieux, qui refusaient de faciliter ces confiscations, furent voués à l’internement et à l’exil, comme le mufti malékite Belkebabti qui fut déporté puis emprisonné en Corse avant d’être expulsé à Alexandrie en 1848[2].

Dans sa politique de terre brûlée, la France détruisit nombre d’édifices du patrimoine architectural de l’Islam algérien. Un plan visant à la destruction d’une grande partie de la ville d’Alger fut conçu dès octobre 1830. Cette politique visait à l’européanisation de la capitale algérienne en facilitant sa colonisation par les occidentaux fraichement débarqués. La mosquée as-Sayyida fut détruite en 1832 par les services du génie lors de la création de la place du gouvernement. La même année, la mosquée Ketchaoua, bâtie en 1794 par le Dey Baba Hassan, fut transformée en lieu de culte catholique. Par la suite, les principaux édifices islamiques d’Alger furent détruits : le mausolée de Sidi Abdelkader al-Djilani, la mosquée Mezzo-Morto, construite vers 1685 par al-Hadj Hussein, un Italien converti à l’islam, la mosquée Khédar-Pacha, la zaouïa Ketchaoua, édifiée en 1786 par al-Hadj Mohamed Khodja Makatadji, la mosquée ach-Chemaïn, la mosquée d’Aïn al-Hamra, la mosquée Ben Négro, la mosquée d’al-Mocella, la zaouïa de Sidi Amar at-Tennessi, construite au XVème siècle.

Le résultat de cette politique d’éradication de l’Islam de la ville d’Alger était clairement remarquable dans le paysage : en 1830 Alger renfermait 13 grandes mosquées, 109 petites mosquées, 32 « chapelles » et 12 zaouïas. En 1862, il ne restait plus que 4 grandes mosquées, 8 petites et 9 « chapelles »[3]. Evoquant les édifices religieux détruits par les colonisateurs, dans un texte intitulé « Promenade à Alger », datant de 1865, un voyageur français, E. De Lumone, affirmait : « le marteau de Dame Expropriation en a abattu un grand nombre pour faire place aux larges et insipides rues et aux hautes maisons dont les Haussmann algériens sont si fiers. Quelques-unes sont appropriées au culte catholique, d’autres sont converties en magasins, en pharmacies militaires. Une de ces dernières est même occupée ô honte par l’administration des lits militaires »[4].

Dans les autres villes d’Algérie, la même politique d’éradication de l’Islam fut menée par la destruction d’édifices religieux. Avant la conquête, Annaba comptait 30 mosquées et 2 zaouïas, toutes pourvues d’écoles. Suite à l’occupation de la ville, 22 mosquées disparurent dans les démolitions. Pour celles restées encore debout, seules 2 avaient conservé une école. La mosquée Abou Merouane, centre de rayonnement culturel et scientifique construit au XIème siècle, fut confisquée et interdite aux fidèles musulmans. Les calligraphies ornant la mosquée et la médersa furent détruites. Après avoir usurpé l’édifice, les autorités françaises le transformèrent en hôpital militaire. Dans la même ville, le mausolée de Sidi Brahim at-Toumi et ses mosquées, construites au XVIIème siècle, furent confisqués et interdits d’accès à la population musulmane. Les lieux devinrent une sorte de cantonnement permanent pour l’armée d’occupation. A  Bejaïa, la mosquée de la Casbah fut transformée en hôpital.

Décrivant l’impacte de cette politique sur les Algériens, en 1847, le général de Lamoricière expliquait : « une fois installés à Alger, nous avons pris les collèges pour les changer en magasins, casernes ou écuries. Nous avons fait main basse sur les biens des mosquées et des collèges. On prétendait appliquer au peuple arabe les principes de la Révolution française. Malheureusement, les musulmans n’ont vu là qu’une attaque brutale à leur religion et un manque de foi »[5].

Les écoles musulmanes, qui enseignaient le Coran et la langue arabe, disparurent progressivement sous la pression de l’administration française. La confiscation des biens habous soustrayait les sources de revenu qui permettait leur fonctionnement. La dispersion des enseignants du fait de la conquête privaient les médersas du personnel compétant nécessaire à leur activité. Dans un rapport officiel, l’administrateur civil d’Alger Genty de Bussy déclarait « savoir que plus de 80 écoles existaient à Alger avant la conquête, qu’elles ont été réduites de moitié par l’émigration des instituteurs, des grandes familles et par l’occupation de plusieurs classes, entendons de plusieurs mosquées »[6].

Décrivant les conséquences de cette politique, qui avait provoqué une crise morale de la société algérienne avec ses conséquences durables, Alexis de Tocqueville, dans son Rapport de 1847, écrivait : « Partout nous avons mis la main sur ces revenus [ceux des fondations pieuses ayant pour objet de pourvoir aux besoins de la charité ou de l’instruction publique] en les détournant en partie de leurs anciens usages. Nous avons réduit les établissements charitables, laissé tomber les écoles, dispersé les séminaires. Autour de nous les lumières se sont éteintes, le recrutement des hommes de religion et des hommes de loi a cessé. C’est-à-dire que nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle n’était avant de nous connaître »[7].

Les divers changements de régimes que la France connut au XIXème siècle, ne changèrent pas fondamentalement la politique que ses régimes et ses gouvernements mirent en place vis-à-vis de la l’Islam en Algérie. Suivant les mots de Gambetta affirmant que « l’anticléricalisme n’est pas un article d’exportation », la République continua à soutenir l’Eglise dans sa politique d’évangélisation menée, notamment, par le fondateur de la société des Pères Blancs, le cardinal Lavigerie. En 1892, à la mort du cardinal Lavigerie, la République française lui organisa des funérailles nationales en récompense des services rendus à la chrétienté.

Après l’adoption de la loi de séparation des cultes et de l’Etat en 1905, la laïcité ne fut jamais appliquée au culte musulman dans une Algérie colonisée qui avait juridiquement le statut de département français. Alors que la loi de séparation des cultes et de l’Etat s’appliquait pleinement aux cultes catholique, protestant et juif, l’administration coloniale continuait de maintenir le culte musulman sous sa subordination immédiate. Afin de contrôler l’Islam, les imams, les muftis ou les qadis étaient nommés et salariés par la puissance occupante qui les contraignait à être les « voix de la France » dans les mosquées et autres lieux de cultes musulmans. Par cette main mise sur le culte musulman, l’administration française orientait l’interprétation des sources de l’Islam dans un sens favorable au maintient de sa domination. La soumission à l’ordre établi, le fatalisme réduisant les musulmans à l’impuissance étaient érigés en dogme. La situation de la religion musulmane relevait d’un véritable système d’exception.

Face au puissant mouvement de renouveau islamique qui se constitua en Algérie durant l’entre deux guerre sous l’impulsion du cheikh Abdelhamid Ben Badis, l’administration française, craignant que la contestation s’organise à partir des mosquées, réglementa limitativement le droit de prêche dans les lieux de culte qu’elle contrôlait. Le 16 février 1933, la « circulaire Michel », du nom du secréta      ire général de la préfecture d’Alger, Jules Michel, enjoignait les autorités coloniales de surveiller les ouléma suspects « de chercher à atteindre la cause française ». La présidence du comité consultatif du département d’Alger, ayant en charge la gestion du culte musulman, était confiée à Jules Michel alors que le monopole du prêche était donné aux imams et muftis salariés par l’administration coloniale.

Contre cette ingérence de l’administration française dans le culte musulman, le mouvement national algérien fit de la séparation des cultes et de l’Etat l’une de ses principales revendications. Il espérait ainsi libérer le culte musulman des griffes des autorités coloniales. En 1924, le petit-fils de l’Emir Abdelkader, l’Emir Khaled, souleva la question dans une lettre réclamant l’application de la loi de 1905 pour le culte musulman adressée à Edouard Herriot. Par la suite, la revendication de l’application de la laïcité au culte musulman fut défendue par l’association des oulémas à partir de sa constitution en 1931. La revendication fut reprise par les différents courants du mouvement national algérien.

Le 15 août 1944, l’association des oulémas adressa un Mémoire aux autorités coloniales réclamant l’application intégrale du principe de séparation du culte musulman et de l’administration coloniale française. Le Mémoire revendiquait : « 1 – Cette séparation doit être réalisée d’une manière qui soustrait entièrement et définitivement à la tutelle et au contrôle de l’Administration tout ce qui se rapporte au culte musulman. En sorte que l’Administration n’ait plus à s’immiscer d’une manière apparente au culte dans aucune question, ni aucune affaire religieuse, quelles que soient la nature et l’importance de ces questions et de ces affaires. 2- La remise entre les mains de la communauté musulmane, seule qualifiée pour en connaître, de toutes ces affaires et de toutes ces questions, sans exception ni réserve, avec reconnaissance claire, absolue et sans équivoque du droit de cette communauté sur tout ce qui se rapporte à sa religion »[8].

La revendication de la séparation du culte musulman et de l’Etat français fut défendue à l’Assemblé Nationale française par Messaoud Boukadoum le 12 septembre 1947 au cours des discussions relatives au statut de l’Algérie. Dans son discours, le député du MTLD dénonça les atteintes à l’Islam et à la langue arabe en Algérie. Selon lui, « la colonisation française ne s’est pas contentée de s’approprier toutes les richesses économiques de l’Algérie et de les exploiter à son unique profit. Elle s’est attaquée également au patrimoine moral et intellectuel de notre peuple. Le peuple algérien a, en effet, une personnalité propre qui s’est forgée au cours de siècles, personnalité qui vient de son unité linguistique, historique, religieuse et de son unité de mœurs […] elle [la colonisation] pensait qu’un peuple vaincu par les armes, asservi économiquement et, de surcroît, privé de sa personnalité, deviendrait vite une véritable poussière d’individus, sans âme collective, et prêt à toutes les métamorphoses et à toutes les servitudes. Le peuple algérien est de religion musulmane, vous ne l’ignorez pas, et de langue arabe. Ce sera donc à ces deux éléments constitutifs principaux de la personnalité algérienne que la colonisation va s’attaquer ». Le député du MTLD ajoutait que « la politique de désislamisation et de désarabisation a été le fait principal de la colonisation dans notre pays »[9].

La politique française de dépersonnalisation

Ne limitant pas sa politique à la destruction puis au contrôle des édifices cultuelles musulmans, la colonisation française s’attaqua « d’une manière particulière à la culture arabo-islamique dans laquelle elle voyait la principale force de résistance à son entreprise de dépersonnalisation. L’acharnement mis à la détruire, directement ou indirectement, procédait de la même volonté de faire table rase de cette société et de transformer l’Algérie en province française »[10].

Parallèlement à la conquête militaire, les autorités coloniales mirent en place une politique de lutte idéologique visant à museler toute expression de la culture arabo-islamique en Algérie. A la conquête par les armes était associée une politique de « viole des consciences » et d’aliénation des hommes. Le 31 août 1858, le ministre responsable de l’Algérie expliquait sa politique d’assimilation en ces termes : « nous sommes en présence d’une nationalité armée et vivace qu’il faut éteindre par l’assimilation ». Son but était « la dislocation du peuple arabe et la fusion »[11]. La politique de dépersonnalisation était exposée par le général Ducrot, en 1864, lorsqu’il expliquait l’offensive des généraux de la conquête sur le front de la culture : « entravons autant que possible le développement des écoles musulmanes, des zaouïas. Tendons, en un mot, au désarmement moral et matériel du peuple indigène »[12].

La France développa une politique d’assimilation visant à faire de l’Algérie une partie intégrante de la nation française et de ses habitants des français, bien que les droits de citoyens ne fussent réservés qu’aux seuls Européens et aux juifs Algériens après la promulgation du décret Crémieux en 1870. Dans le cadre de cette politique de dépersonnalisation, se développa une action d’évangélisation des musulmans par des ordres missionnaires chrétiens. Louis Veuillot, qui fut secrétaire du maréchal Bugeaud, écrivait : « Les Arabes ne seront à la France que lorsqu’ils seront Français et ils ne seront Français que lorsqu’ils seront chrétiens »[13].

Profitant de la misère créée par la colonisation, qui avait détruit le tissu social existant avant 1830 entraînant un processus de « clochardisation » des régions rurales, les missionnaires recueillaient les orphelins algériens pour les christianiser. Les orphelinats de Ben Aknoun et de Boufarik furent créés dans cette optique par le père jésuite Brumault. Après quinze ans de vaine tentative pour évangéliser le peuple algérien, le père Brumault renonça à son projet qui fut repris par les évêques d’Alger, Dupuch et Pavy. Puis cette politique d’évangélisation fut activement mise en place par le cardinal Lavigerie entre 1863 et 1870. Le cardinal profita de la grande famine de 1867-1868, qui fit environ 300 000 morts[14], pour tenter d’imposer sa religion. Le programme du cardinal Lavigerie était : « Faire de la terre algérienne le berceau d’une nation grande, généreuse, mais chrétienne, d’une autre France en un mot ; répandre autour de nous les vraies lumières d’une civilisation, mais dont l’Evangile doit être la source et la foi ; les porter au-delà du désert jusqu’au centre de ces immenses continents encore plongés dans la barbarie ; relier, enfin, l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale à la vie des peuples chrétiens, telle est dans les desseins de Dieu notre destinée providentielle »[15].

Les Pères Blancs cherchèrent à évangéliser les orphelins qui avaient survécus à la famine. Malgré une politique particulièrement offensive dans certaines régions, comme la Haute Kabylie, les conversions au christianisme restèrent extrêmement marginales et le peuple algérien opposa une farouche résistance à cette colonisation par la croix.

La République laïque apporta un fidèle soutien à l’action de l’Eglise qui faisait office de précieux appuis dans sa lutte contre l’Islam. Du 3 au 7 mai 1939, se tint à Alger le congrès eucharistique qui se réunit avec l’appui officiel du gouvernement laïc soutenu par l’assemblée élue en 1936 sur le programme du Front Populaire. Dans son discours aux congressistes, le cardinal Verdier affirma sa volonté d’évangéliser l’Algérie et au-delà l’ensemble de l’Afrique : « Si vous êtes venus tenir ici vos assises eucharistiques, c’est surtout, vous ne l’ignorez pas, afin d’y célébrer le centenaire d’un évènement à jamais mémorable pour l’Eglise et pour la France. En 1839, Alger, la ville blanche, dressait ses terrasses sur la mer comme un défi aux peuples chrétiens. Voici que sur un de ses minarets, s’élève la croix du Christ, et Alger devint soudain la porte lumineuse par où pénétra, chaque jour plus rapidement jusqu’au cœur du continent noir, le flambeau de la révélation »[16].

Analysant cette politique, Chekib Arslan remarquait que la France laïque se comportait comme une puissance chrétienne dans le monde arabo-islamique car la fille aînée de l’Eglise était « imbue de l’idée qu’elle doit en pays musulman paraître en soutane »[17].

A la politique de dépersonnalisation reposant sur la lutte contre l’enseignement de l’Islam et de la langue arabe, était associée une politique d’acculturation à la France. Cette politique fut clairement proclamée par Charles Lutaud, gouverneur général de l’Algérie, en février 1914 lorsqu’il affirmait : « je crois qu’il est préférable de leur apprendre à sentir comme nous, à gouter la vie comme nous et qu’il serait peut-être préférable de dissoudre le bloc des traditions islamiques, en ce qu’elles ont d’incompatible avec notre civilisation »[18]. Toute la politique de l’Etat français fut tendue vers cette volonté d’éradiquer ce « bloc des traditions islamiques ».

La politique de dépersonnalisation anti-islamique s’appuyait sur le développement de l’enseignement dans les écoles françaises. Les tenants de l’assimilation espéraient obtenir leurs meilleurs résultats dans leur entreprise de dépersonnalisation et de « francisation » auprès des jeunes algériens ayant fréquenté les bancs de l’école française. La scolarisation était perçue comme la principale arme devant permettre la dissolution du « bloc des traditions islamiques » qui était à la base de la résistance culturelle des Algériens à la colonisation.

L’écrivain Malek Haddad témoignait de cet enseignement aliénant dispensé dans les écoles françaises : « dès l’école primaire cet enseignement se faisait en français avec interdiction d’avoir recours à l’arabe, même pour des facilités pédagogiques. On ne faisait qu’effleurer à la fin du moyen 2ème années, la Géographie ou l’Histoire de l’Algérie. Dans les lycées, l’arabe s’enseignait et s’apprenait comme une langue étrangère. Les autres disciplines, Sciences, Mathématiques, etc… se faisaient en français. Notre langue maternelle était en exil dans son propre pays. Par ailleurs, la presse, la radio, les conférences, les films, le théâtre, la publicité sur les murs, les formalités qui vont d’un mandat-poste à un état-civil, tout ce qui s’écrit, depuis la « défense d’afficher » jusqu’aux plaques des rues, tout, absolument tout, était privilège et monopole de la langue française »[19].

Décrivant de l’impact de cette colonisation culturelle, Malek Bennabi expliquait : « de fait, c’est une opération de clivage culturel qui commençait sur toute l’étendue du pays pour séparer la conscience algérienne de son assise historique arabo-islamique. Dans les nouvelles écoles qui s’ouvrent comme Sidi El-Djeliss, les petits algériens commencent à apprendre leurs nouvelles leçons d’histoire sur leurs ancêtres, les Gaulois. Cette leçon n’est qu’une parcelle, un simple aspect scolaire d’une nouvelle sédimentation culturelle destinée à recouvrir, à oblitérer par couches successives, la personnalité du pays, au fond de sa conscience et de son subconscient. On parlera plus tard de dépersonnalisation : c’est cela sa signification précise, c’est-à-dire, une œuvre de désalgérianisation de l’Algérie dans tous les domaines, par tous les procédés. La langue, l’économie, la politique, l’administration, ont joué leur rôle comme facteur d’assimilation. […] Ainsi, tout au long d’un siècle de colonisation inaugurée par un clivage séparant la conscience algérienne de son assise historique millénaire, c’est une œuvre de sédimentation culturelle qui se poursuit lentement mais sûrement »[20].

Concernant la place de l’enseignement français dans l’entreprise de domination coloniale, Malek Haddad précisait : « il ne s’agit pas bien sûr de jeter l’anathème sur le corps enseignant et de démagogiquement généraliser. Mais, qu’on le veuille ou non, et quelle que soit sa vocation originellement libérale et respectueuse des valeurs d’autrui, il se trouve que ce corps enseignant, même lorsqu’il en limitait les dégâts, faisait partie du dispositif colonial et contribuait par là même, en symbiose avec les autres administrations, à l’entreprise concertée de décoloration et de désoriginalisation qui est la raison d’être de ce phénomène colonial »[21].

La politique de dépersonnalisation s’appuyant sur l’institution scolaire butta  dans son entreprise sur le « bloc des traditions islamiques » auquel la majorité des jeunes algériens, ayant fréquenté l’école française, restaient attachés. En octobre 1932, dans un article consacré au deuxième Congrès des Etudiants Musulmans Nord-Africains, le journal colonialiste le Bulletin du Comité de l’Afrique Française écrivait : « Ce qu’il y a de remarquable, c’est que le sentiment éprouvé par ces jeunes gens instruits est de la même qualité que celui qu’éprouve le populaire illettré dans les mêmes circonstances. […] Le Congrès d’Alger nous fournit une preuve nouvelle, entre tant d’autres, que l’instruction que nous donnons à nos élèves ne tue nullement en eux leur âme ancestrale, mais au contraire lui donne un regain de visibilité »[22].

Face à cette politique de dépersonnalisation, le « bloc des traditions islamiques » était un puissant facteur de résistance à l’ordre colonial. « Dans la nuit noire du régime colonial, écrivait Malek Haddad, l’Islam veillait ». L’écrivain algérien ajoutait : « on ne répétera jamais assez que durant les 124 ans de l’éclipse coloniale, cette parenthèse d’asphyxie culturelle et politique qui s’étend du 5 juillet 1830 au 1ier novembre 1954, on ne répétera jamais assez la grande part que prirent en Algérie l’Islam et ses serviteurs pour conserver à ma patrie profonde ses dernières caractéristiques propres, son ultime originalité, sa spécificité quotidienne, son authenticité culturelle »[23].

Expliquant le rôle central de l’Islam dans la résistance à la colonisation française, Ahmed Ben Bella affirmait que « si la colonisation a finalement échoué, cela est dû à un fait irréfragable: l’Islam. Qui n’a pas compris cela, n’a rien compris à la révolution algérienne, n’a pas saisi l’intelligence profonde des événements qui se sont déroulés sur notre terrain. […] Depuis environ quatorze siècles, le facteur islamique est le nœud gordien de nos latences, le noyau dur de notre identité »[24].

Youssef Girard


[1] Intervention de Messaoud Boukadoum à l’assemblée nationale française le 20 août 1947, in. Djamel Eddine Derdour, De l’Etoile Nord-Africaine à l’indépendance, Alger, Ed. Hammoud, 2001, pages 143-151

[2] Sellam Sadek, « Conquête de l’Algérie : crimes de guerre et crimes contre l’humanité », in. Parler des camps, penser les génocides, Paris, Albin Michel, 1999.

[3] Mahsas Ahmed, Le mouvement révolutionnaire en Algérie, De la 1ière guerre mondiale à 1954,  Alger, el-Maarifa, 2007, page 334

[4] Hadj Ali Smaïl, « La mission civilisatrice, un processus de décivilisation », El Watan, 26 février 2007, URL : http://www.elwatan.com/La-mission-civilisatrice-un

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] Ageron Charles-Robert, Histoire de l’Algérie contemporaine, Paris, PUF, pages 17-18

[8] Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, tome II, 1939-1951, Paris, Ed. Paris-Méditerranée, 2003, page 620

[9] Intervention de Messaoud Boukadoum à l’assemblée nationale française le 20 août 1947, in. Djamel Eddine Derdour, De l’Etoile Nord-Africaine à l’indépendance, Ed. Hammoud, Alger, 2001, pages 143-151

[10] Mahsas Ahmed, op. cit., page 333

[11] Ageron Charles-Robert, Histoire de l’Algérie contemporaine, op. cit., page 28

[12] Hadj Ali Smaïl, art. cit.

[13] Intervention de Messaoud Boukadoum à l’assemblée nationale française le 20 août 1947, in. Djamel Eddine Derdour, De l’Etoile Nord-Africaine à l’indépendance, Ed. Hammoud, Alger, 2001, pages 143-151

[14] Ageron Charles-Robert, Histoire de l’Algérie contemporaine, op. cit., page 35

[15] Intervention de Messaoud Boukadoum à l’assemblée nationale française le 20 août 1947, in. Djamel Eddine Derdour, De l’Etoile Nord-Africaine à l’indépendance, Ed. Hammoud, Alger, 2001, pages 143-151

[16] Ibid.

[17] Kaddache Mahfoud, Histoire du nationalisme algérien, tome I, 1919-1939, op. cit., pages 328-329

[18] Abdesselam Belaïd, De l’UGEMA, brochure, page 16

[19] Haddad Malek, préface, Les zéros tournent en rond, Paris, Maspéro, 1961

[20] Bennabi Malek, « A la mémoire de Ben Badis », Que-sais-je de l’islam, n°3, Alger, avril 1970, in. Bennabi Malek, Mondialisme, Alger, Dar el-Hadhara, pages 186-187

[21] Haddad Malek, op. cit.

[22] Abdesselam Belaïd, op. cit., page 18

[23] Haddad Malek, op. cit.

[24] Ben Bella Ahmed, L’Islam et la révolution algérienne, URL : http://www.archipress.org/bb/revolu.htm


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24 Commentaires sur cet article

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  • BRAHIM
    18 mars 2010 at 21 h 53 min - Reply

    Le colonialisme n’a voulu ni liquidé l’islam ni « ammi ali ». Il voulait tout simplement l’Algérie avec les richesse de son sol et de son sous-sol.Il n’avait rien d’autre comme objectif!




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  • Serait il salutaire pour le PSG de dé localiser le club vers le stade de France et dissoudre les hooligans? | Hooligan
    19 mars 2010 at 0 h 00 min - Reply

    […] Le Quotidien d'Algérie » Eradiquer l'Islam : politique française … […]




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  • Djamel Eddine
    19 mars 2010 at 9 h 22 min - Reply

    @ Mr Brahim

    Je vous sugere de relire avec un peut plus meditation l’article ci-dessus, il parait que vous l’avez survole pour etre aussi affirmatif dans vos jugements. Avez vous tendence a nier l’histoir des croisades? Evidement les objectifs visent la terre a travers l’esprit de ses habitants ou bien par leurs simple extermination (Ex Indiens americans)
    Mes respects,




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  • BRAHIM
    19 mars 2010 at 10 h 15 min - Reply

    Oui d’accord M. Djamel Eddine. Par mon intervention, je ne voulais pas minimiser les effets des guerres hégémoniques des religions et les massacres qui ont découlé. Mais il ne faut pas quand même pas oublier que le premier objectif du colonialisme c’est l’exploitation des RICHESSES des « sols et des sous-sols » des pays annexés.L’objectif premier est là. Si l’Algérie n’avait pas de richesses, le colonialisme se serait dirrigé ailleurs. Maintenant, pour asseoir beaucoup plus surement son assise, il faut évidemment éradiquer l’islam et affaiblir la culture locale. Le but premier de la colonisation n’est pas la lutte contre l’islam. Cette analyse ne s’applique pas évidement à la période du moyen âge où les guerres des religions avaient d’autres buts.C’est tout ce que je voulais dire.




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  • arezki
    19 mars 2010 at 11 h 15 min - Reply

    c’est du n’importes quoi.je suis tout a fait d’accord avec notre ami qui disait que la france ne visait que les richesse de l’algerie.arretons un peu et regardons les choses avec intelligence.vous ne voyez pas que tous les pays musulmans vivent dans la saleté.et que tous les pays non musulmans sont de tres loin mieux que les notres.




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  • MOHSEN
    19 mars 2010 at 11 h 52 min - Reply

    IL N’Y A PAS PIRE QUE CELUI QUI NE VEUT PAS ÉCOUTER NI CELUI QUI NE VEUT PAS ENTENDRE.

    @Djamel Eddine
    Pour illustrer, si besoin en est, vos justes propos,je verse au dossier du « DEVOIR DE MEMOIRE », cet excellent article fait par un expert français au sujet des Croisades :

    Les plaies des croisades
    Georges Tate
    «Les croisés pillaient, violaient, massacraient…»
    Propos recueillis par Dominique Simonnet, publié le 20/02/2003 – mis à jour le 18/02/2003 sur la revue l’Express.
    ————————————-
    « Ce sont de vieux mots, dont nous reviennent aujourd’hui d’inquiétants échos: guerre sainte, infidèles, délivrer les lieux saints, libérer Jérusalem… En ce temps-là, c’était nos ancêtres, les Francs, qui les employaient, au nom d’une certaine idée de la chrétienté. Le Moyen-Orient était devenu arabe, bientôt musulman. Cette réalité leur était insupportable… Des croisades, nos livres scolaires ont retenu des enluminures, l’image des preux chevaliers. Le regard que porte Georges Tate est bien différent: de toute l’histoire du Moyen-Orient, l’épisode chrétien fut l’un des plus noirs. Et nous n’avons pas fini d’en mesurer les effets… »

    Georges Tate

    Il vit entre deux mondes, l’Europe et le Moyen-Orient, et entre deux passions, l’histoire et l’archéologie. Professeur à l’université de Versailles, il a passé plus de vingt ans à Beyrouth et à Damas et dirigé les fouilles faites en Syrie dans la région dite des «villes mortes». Autant dire que Georges Tate a toujours occupé un poste d’observateur (il est aussi l’auteur de L’Orient des croisades, Gallimard/ Découvertes). Aujourd’hui, attristé par l’incompréhension (l’ignorance?) qui règne entre les deux mondes, il peste contre notre enseignement universitaire, trop recroquevillé sur la France. Voyagez! Enlevez vos œillères! clame-t-il aux jeunes chercheurs. Et vous verrez le monde d’une autre manière…
    Pendant plus de mille ans, le Moyen-Orient a été le lieu d’affrontements entre Occident et Orient, entre chrétiens et musulmans. On ose à peine employer ce terme, mais il s’agissait bien d’un choc de civilisations.

    Document implacable, à glacer le sang à lire absolument ne serait-ce qu’au titre de la RIPOSTE à tout ce raz-de-marée de mensonges éhonté que l’on comporte sur l’Islam et les Musulmans! Sous couvert de pseudo leçons de « civilisation », de « démocratie » ,de « modernité », de « rationalité »… En fait, des inepties, pétries, faisandées de racisme chimiquement pur, le tout sur un ton suprémaciste et dominateur, en veux-tu, en voilà… Avec une morgue à faire pâlir d’envie un hippopotame sortant des eaux…

    Raison ? Modernité ? Monde de Demain ?…

    Logorrhée de l’arrogance, dissimulant la sclérose d’une « caste » occidentale vivant encore à l’âge de pierre…

    Amitiés




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  • Djamel Eddine
    19 mars 2010 at 12 h 22 min - Reply
  • jnsplu
    19 mars 2010 at 12 h 28 min - Reply

    @ Arezki.

    Au moment ou ils commençaient à se développer, ils nous ont envahi, arrété notre développement et ont exploité nos richesses pour nous faire hériter de leur « civilisation » individualiste à l’extreme. Dans la notre tu donnes aux autres donc tu es bon, dans la leur tu n’a rien tu n’es rien.




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  • MOHSEN
    19 mars 2010 at 13 h 13 min - Reply

    Recevant des officiers français le 12 novembre 1890 , lors du fameux (« Toast d’Alger »), le Cardinal Lavigerie, surprenant tout son auditoire, déclara que les Musulmans, bien que vaincus, ne renonceront JAMAIS à la lutte armée. Il recommanda, pour dompter ce pieux et fier peuple algérien, d’entreprendre le nécessaire pour faire disparaitre l’enseignement de la langue arabe, cordon ombilical avec le Coran et vecteur identitaire de leur âme ancestrale.

    L’existence des institutions culturelles et religieuses est menacée. Les tribunaux islamiques passent de 184 à 61 unités et leurs compétences diminuent. En Kabylie, la France mène une campagne de francisation et de christianisation, au nom de « la foi chrétienne que leurs ancêtres avaient embrassée », selon l’expression du cardinal Lavigerie, archevêque d’Alger en 1867 et de Carthage en 1884.

    A ce titre également, il est un fait marquant que les écoles françaises laïques, »humanistes » interdirent l’enseignement de la langue arabe ! Le corps enseignant faisait partie du dispositif colonial et contribuait par là même, en symbiose avec les autres administrations, à l’entreprise concertée de décoloration et de désoriginalisation qui est la raison d’être de ce phénomène colonial » .




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  • Mohsen
    19 mars 2010 at 13 h 30 min - Reply

    Jean JAURES, la « conscience » socialiste.

    Exploiter les colonies ; la manière humaniste

    Notre grand humaniste exprime les choses très clairement : les indigènes doivent produire (c’est-à-dire travailler pour les colons) et maintenir l’ordre (tout en étant subordonnés aux officiers français). Le fait qu’on les manipule en les faisant  » participer à l’administration de rares affaires  » est la manière républicaine de les exploiter.

     » … L’Alliance a bien raison de songer avant tout à la diffusion de notre langue : nos colonies ne seront françaises d’intelligence et de cœur que quand elle comprendront un peu le français. (…) Pour la France surtout, la langue est l’instrument nécessaire de la colonisation. (…)
    Il faut que les écoles françaises multipliées, où nous appellerons l’indigène, viennent au secours des colons français, dans leur œuvre difficile de conquête morale et d’assimilation. (…)
    Sur un million de Kabyles et d’Arabes, un centième à peine est passé dans nos écoles qui sont trop rares ; le reste nous ignore tout à fait et n’est français que par la conquête. Or quelle doit être notre ambition ? Que les Arabes et les kabyles, commandés par des officiers français, servent à la garde et à la police de l’Algérie, de telle sorte qu’une bonne partie de l’armée d’Afrique puisse en cas de péril aller à une autre frontière : qu’ils entrent peu à peu dans nos mœurs politiques et participent à l’administration de rares affaires, enfin qu’ils deviennent le plus possible des producteurs. Mais si nous n’enseignons pas le français aux plus intelligents d’entre eux, comment pourrons-nous les subordonner à nos officiers (…) ?
    Cité par Raoul Girardet : Le nationalisme français, , Ed. Seuil, 1983)
    —————–
    Se partager le gâteau, pacifiquement et en toute bonne conscience
    Dans cet article de Jaurès, paru en 1896 dans La petite République, le plus remarquable est que les peuples colonisés sont condamnés à la passivité. L’amélioration de leur sort dépend entièrement des socialistes des pays colonisateurs, qui par ailleurs se donnent pour tâche de préserver, par l’entente, les intérêts économiques de leurs pays respectifs. L’intérêt des populations dominées est seulement de subir le traitement « le plus humain ».

    « La première règle pratique, c’est de veiller constamment à ce que les compétitions coloniales des divers peuples ne puissent jamais aboutir entre eux à la guerre. Il faudra pour cela que les socialistes aient le courage, chacun dans sa nation, de blâmer les prétentions excessives. Les socialistes n’y pourront réussir et ne pourront même s’y employer sérieusement qu’en suivant de très près, et pour ainsi dire au jour le jour, le mouvement colonial.

    La deuxième règle, pour les socialistes de tous les pays, sera de demander pour les peuples vaincus ou les races soumises de l’Asie, de l’Amérique, de l’Afrique le traitement le plus humain, le maximum de garanties. Qu’il s’agisse des Hindous dominés par l’Angleterre, des Arabes dominés par la France ou des races africaines que se disputent et se partagent tous les peuples de l’Europe, c’est le devoir des socialistes de prendre, dans le Parlement de chaque pays, l’initiative des propositions humaines ou des protestations nécessaires. Cette action socialiste se produira, en chaque pays, avec d’autant plus de force et d’autorité qu’elle sera universelle et universellement probe, et que nul ne pourra y soupçonner un piège.

    Enfin, il me semble que les socialistes devraient avoir comme troisième règle de marquer de plus en plus d’un caractère international les principales forces économiques que se disputent avidement les peuples. Il est visible par exemple, à l’heure actuelle, que tous les peuples européens cheminent vers les sources du Nil, parce que la possession du haut Nil et des grands lacs africains donne la maîtrise de l’Egypte et de tout le développement africain : c’est là le secret de tous les efforts, publics ou cachés, de toutes les combinaisons, loyales ou perfides, des peuples européens en Afrique, depuis dix ans surtout; et il est possible que ces rivalités, en s’exaspérant, aboutissent à la guerre. Pourquoi un système de garanties internationales n’assurerait-il pas le libre passage du Nil, de la source à la mer, à toutes les activités, comme on a fait déjà pour le Danube et pour le canal de Suez ? »

    Un sang impur dans les colonies ?
    Dans l’article « La question juive en Algérie » du 1er mai 1895, publié dans La Dépêche, grand quotidien de gauche de Toulouse, Jean Jaurès donne son opinion sur les Juifs. Depuis 1892, Jaurès voit dans l’antisémitisme un « véritable esprit révolutionnaire ».

    « Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique . (…) En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre. »
    (cité par Michel Winock, La France et les Juifs, Ed. Seuil, 2004)




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  • Résigné
    19 mars 2010 at 14 h 22 min - Reply

    Je suis tout à fait d’accord avec @BRAHIM, je ne pense pas que les français soient venus en Algérie pour nous désislamiser, désarabiser ou déberbériser ça aurait été le comble pour un colonisateur qui a toujours besoin d’un indigène et un non  »civilisé » pour que son exotisme prenne tout son sens.
    La France se souciait encore moins de nous  »civiliser ». Ce qui importait pour elle c’était nos richesse,la gloire et l’aura de la France face à ses empires rivaux.




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  • Lies
    19 mars 2010 at 21 h 41 min - Reply

    Salutations a toutes et a tous.

    Je suis entièrement d’accord avec le frère @ Brahim.

    J’abonde dans le même sens pour dire :

    Le colonialisme est venu s’accaparer d’un territoire afin de jouir de ses bienfaits, profiter de ses richesses, prendre de l’expansion économique et politique, redorer le blason de l’armée française, terni par ses revers en Indochine, et d’autres motivations temporelles du même genre.

    Le prétexte officielle était, certes, de pacifier et civiliser et pourquoi pas, rechristianiser les populations algériennes.

    Sauf que ce prétexte n’a pas résisté a la tentation cardinale de l’envahisseur qui est: l’enrichissement matériel, et la jouissance d’une belle vie, possible grâce a l’asservissement du peuple autochtone après l’avoir exproprié de ses terres, spolié de ses biens, et utilisé comme main d’œuvre corvéable a plein temps et a très peu de frais.

    Je ne vais pas ici évoquer le comportement des colons et des soldats et les politiques d’un autre âge qui ont été pratiqués contre le peuple algérien.

    Il suffit juste de dire que le colon avait le droit de vie et de mort sur l’indigène qu’il appelait avec dédain, l’arabe ou le kabyle. Lui, il ne faisait pas de différence entre les deux.

    Le colonialisme, comme tous les colonialismes d’ailleurs, avec son comportement odieux, se foutait royalement de ce que le peuple soit musulman ou bouddhiste.

    Au contraire, pour bien enfoncer les populations indigènes dans l’ignorance et l’immobilisme, l’administration coloniale a fait un effort calculé en direction des zaouïas, en respectant hypocritement les marabouts, faisant mine de respecter nos us et coutumes, et en encourageant la pratique des cultes et enseignements islamiques, pour mieux ériger une frontière culturelle et ficeler l’apartheid, et se donner le droit de sévir et de réprimer en toute bonne conscience.

    Le peuple algérien s’est soulevé d’une manière résolue, un 1er novembre 1954, suite à un mécontentement longtemps contenu, pour sa LIBERTÉ et sa DIGNITÉ, et non pour une quelconque foi religieuse qui n’aura jamais ébranlé l’envahisseur, bien au contraire.

    Il est vrai qu’il s’est soulevé au nom d’Allahou Akbar.

    Mais Allah n’est-Il pas le Dieu de tout l’univers, que toute personne opprimée et en détresse invoque invariablement, avec ferveur et confiance totale ?

    Un indien l’aurait lui aussi invoqué dans sa langue avec la même ardeur et la même espérance.

    Dieu n’appartient pas qu’aux musulmans.

    Ce serait réduire de son autorité sur toute chose et de son amour pour l’humanité.

    Nos aïeux, Massinissa, Jugurtha, Syphax, Juba et même Koceila qui ont toujours su défendre ce pays contre les forces étrangères, l’ont-ils fait au nom de l’Islam ou d’une quelconque autre religion ?

    Ils l’ont fait pour l’HONNEUR et la LIBERTÉ qui étaient leur raison de vivre.

    Ils étaient en même temps et a tous égards, hospitaliers et généreux envers le visiteur et le pèlerin inoffensifs.

    Je m’inscris en faux contre l’esprit de la thèse développée par Monsieur @ Youssef Girard.

    Sans trop faire dans le verbiage, je dirai que la France coloniale n’a pas détruit que des mosquées et n’a pas fait que s’ approprier des biens habous, (qu’elle a restitué par la suite avec des conditions), mais qu’elle a détruit et incendié des villages et des douars entiers et livré les populations qui ont échappé a une mort certaine, a l’exil, a l’errance et au dénuement le plus complet.

    Ce texte en débat, ne rend aucunement service aux algériens.

    Je le vois comme une tentative de diversion, une de plus, afin de nous plonger dans le don quichottisme et les palabres byzantines, et nous distraire, voire, nous détourner de notre vital et urgent objectif qui est celui de l’instauration d’un État de droit, démocratique, gouverné selon des critères de justice et de liberté et autres valeurs, universellement admises.

    A bon entendeur.

    Fraternellement.

    Nb : a joindre a mon post :

    Je n’ai pas une once de haine envers personne.

    Je suis un homme de paix et je veux me réconcilier avec tous.

    Mais qu’on arrête de continuer à nous prendre pour des imbéciles.

    Les épreuves nous ont purifié et nous ont rendu plus lucides. Grace à Dieu.

    Merci.

    Adm: Merci pour ces mots empreints de sagesse et de lucidité. Merci pour cette pondération, que je partage, à l’endroit de notre diversité. Nous sommes un peuple comme tous les autres peuples, qui a été forgé par l’histoire. Nous choisissons de vivre ensemble, de nous solidariser les uns avec les autres, sans rien renier, ni de nos origines, ni des vicissitudes qui ont fait de nous ce nous sommes présentement. Arabes, Berberes, Araboberberes, ou berberoarabes, pour ceux qui sont pointilleux de la préséance du vocable, nous sommes des Algériens. Notre ennemi commun est celui qui nous réduit à un esclavage ignoble, au nom de ceux qui sont morts pour nous libérer de la servitude. J’espère avec vous que les épreuves qui nous ont meurtri, et qui continuent de nous précipiter vers le chaos, nous auront fortifié, plutôt que de nous diviser.
    Merci Lies.
    DB




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  • Militaire Privé du 18/03/2010 | Archives de Sécurité Tube
    19 mars 2010 at 22 h 46 min - Reply

    […] Le Quotidien d’Algérie » Eradiquer l’Islam : politique française … […]




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  • jnsplu
    20 mars 2010 at 11 h 38 min - Reply

    Je suis d’accord avec @Brahim pour dire que ce qui a ramené la colonisation en premier lieu c’est le capital qui devait s’élargir en France, après la guerre de Prusse et même si l’invasion de l’Algérie au départ n’était pas d’ordre économique et politique elle le devint.

    Les moyens pour asseoir la domination sur la terre Algérienne dans une juste politique issue en droite ligne des stratégies Machiavéliques ou Machiavéliennes était d’affamer le peuple pour obtenir son allégeance, d’en diminuer le nombre de manière significative, de 6 millions en 1830 il tomba à 3 millions en 1871, de le diviser en attisant les différences ethniques et divers stratagèmes, mais compte tenu du ciment que constituait l’Islam ce fut ce dernier qui fut l’objet de toutes les attentions et les Zaouias déviantes et courants obscurantistes de l’Islam furent encouragés pour servir d’opium. On trouve meme un Duvalois devenir Sidi Baloua.

    Donc même si la colonisation en amont ne visait pas l’Islam, en aval elle a tout fait pour le détruire. La Francisation du peuple Algérien commencée à partir de 1947 et accentuée a partir de 1957 donne aujourd’hui toute la mesure des résultats de cette politique. Si le peuple Algérien à toujours résisté à la langue Française pendant 132 ans, c’est parcequ’elle était considérée comme la langue des Kouffars et pas pour d’autres raisons, il s’est laissé imprégner très facilement après 1962 car le ver était dans le fruit et les enfants du diable aussi.

    Il n’ y a qu’a voir maintenant le résultat: Que de boucliers se lèvent que l’Islam dérange mais que ceux qui les brandissent n’osent dire le fond de leur pensée de peur de perdre tout crédit. L’Algérie, Messieurs, est musulmane et rien ne changera rien à cela. La foi en Dieu est certes partagée, mais la foi islamique est unique, comme la foi Chrétienne est unique, comme celle de l’Indien d’amérique est unique. Mais l’unicité de la foi islamique pour le musulman est plus que cela car elle reconnaît toutes les fois pures qui lui sont antérieures, qu’elle englobe et qu’elle enrichit et apure.

    Cependant en Islam on ne croit pas comme on veut croire, il y a des règles prescrites par le Coran et la Sunna et tourner son dos à ces deux sources ne permet plus de dire qu’on est musulman. La foi du musulman n’est pas que dans son coeur, c’est faux de le dire, car la foi en Islam «  c’est ce qui se stabilise dans le coeur et que les actes confirment » donc point d’actes, point de foi. Mais le fait de ne pas avoir la foi n’empeche pas d’etre musulman ou de se dire musulman, car le musulman « c’est celui qui ne préjudicie pas aux autres par la parole ou l’acte »

    Une terre musulmane ne doit pas être abandonnée par les musulmans qui l’habitent, ils doivent la restituer à cette religion et l’Algérie est assurément musulmane., nous ne permettrons jamais en tant que musulmans qu’on vienne dicter au peuple musulman d’Algérie, sur ses terres quelle manière d’aborder sa religion il doit adopter, c’est aux minorités de se plier à la règle de la majorité et pas l’inverse. Nous pouvons être tolérants et accepter qu’en 2010 et dans le futur les tenants des autres courants religieux ou philosophiques participent à l’exercice du pouvoir et à la construction du pays qui est le leur, mais à condition qu’ils ne fassent pas de prosylétisme et gardent leurs distances à l’égard de l’Islam. Il ne peut en aucun cas leur etre permis de venir attaquer l’Islam et les musulmans ici dans notre pays musulman depuis 15 siècles.

    Et après cela quand les gens se radicalisent que vous avez amené aux extrémités, vous venez les taxer d’extrémistes ? Qui est extrémiste ? Celui qui attaque ou celui qui se défend ? Il est vrai que l’occident a fourbi pour vous les armes intellectuelles et les vocables qui vont avec et qui vous font dire les choses savamment concoctées dans les laboratoires d’outre mer, pour passer pour de véritables érudits en la matière.

    Nous avons notre civilisation et vous avez la votre, « nous avons notre religion et vous avez la votre ».

    Il est vrai que Massinissa, Juba, Koceila et autres sont nos ancètres et nous leur devons le respect en tant que fondateurs de ce pays et précurseurs de notre peuple. Mais le culte des ancètres n’existe pas en Islam ou il faut adorer le seul Dieu de l’univers. Comme disait Abou Bakr au décès du prophète: » Que celui qui adorait Mohammad sache que celui ci est mort et celui qui adore Dieu, sache que Celui ci est toujours vivant et ne meurt jamais ».

    Si les faits de guerre et de paix de nos ancètres lointains et proches sont importants pour nous, notre foi en tant que musulmans est le centre de notre vie. Le centre voyez vous ! Rien de ce qui se dit ne nous en détournera. Il faut que ceux qui s’opposent à cela tentent de le comprendre et de l’admettre s’ils voulent vivre en harmonie au sein de ce peuple. Ne me taxez pas d’extrémiste, je ne le suis pas, je ne fais que défendre ma foi contre ce que je ressens peut etre à tort comme des agressions qui se font contre elle dans le pays ou tout un peuple la pratique et y croit plus ou moins ou à tout le moins se déclare musulman et personne n’est allé jusqu’à présent dans les laboratoires occidentaux que vous chérissez découvrir ce que les coeurs cachent. Si je me trompe je ne demande qu’a être convaincu par l’argument.




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  • Djamel Eddine
    20 mars 2010 at 11 h 43 min - Reply
  • Lies
    21 mars 2010 at 2 h 12 min - Reply

    Merci frère @ Djamal-Eddine Benchenouf pour vos encouragements.




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  • benamina
    23 mars 2010 at 9 h 33 min - Reply

    jnsplu, si vous aviez écrit ce commentaire éclairé et éclairant sur un autre site qui se dit dz, vous auriez reçu en réaction des insultes, des quolibets et été taxé d’islmobaathiste et tous un chapelet d’insultes . merci pour cet éclairage.




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  • Mohsen
    26 mars 2010 at 10 h 08 min - Reply

    @ Insplu

    Ce n’est que tardivement que j’ai pris connaissance de votre commentaire auquel je souscris bien volontiers. Je voudrai seulement porter à votre connaissance, cet article révélateur qui illustre bien que l’ennemi de l’Islam en Algérie est INTERIEUR avant tout et, cette engeance de l’espèce de métamorphose des cloportes, ne s’avance plus masqué mais à visage découvert. Cet ennemi là, proclame haut et fort, qu’il fait partie des «troupes régulières» , et des «COMBATTANTS DES LUMIERES» c’est-à-dire de la subversion universelle et antireligieuse. Reconnaissons-lui « le mérite » de confesser publiquement sa trahison aux valeurs et principes séculaires qui imprègnent et marquent d’une manière indélébile l’identité religieuse du peuple algérien.
    Jugez –en plutôt vous-même, c’est effarant :

    LA LAICITE EN ALGERIE – UNE IDEE PERENNE Par Tarik MIRA, (Secrétaire national aux relations internationales du R.C.D.) jeudi 2 août 2007. Source : Parti de Gauche- Midi Pyrénées /www.prs12.com/spip.php?article3708
    Extrait :

    « La montée en puissance du camp conservateur et réactionnaire (piétiste, salafiste et djihadiste) au fur et à mesure du bouleversement démographique, durant au moins trente ans, ne met pas fin à des coutumes et attitudes laïques.
    La baisse du taux de fécondité jusqu’à menacer le renouvellement des générations, GRACE (!) notamment à la contraception, est l’une des preuves les plus tangibles de ce phénomène.
    Une forte tradition séculière du pays, une pratique sociale qui se laisse influencer par l’environnement mondial, une revendication partisane à drapeau déployé et un fonctionnement institutionnel qui prend en compte,peu ou prou,les conventions internationales, sont autant d’éléments qui maintiennent socialement et politiquent plus qu’une présence laïque.

    La laïcité est finalement une idée jeune dans le débat politique national. Combattue injustement par les tenants du pouvoir et sournoisement par les islamistes en tentant de l’assimiler à l’athéisme, le sort de cette philosophie est lié à la démocratisation des institutions et de la société algériennes.

    Dans cette longue et exaltante bataille, LES COMBATTANTS DES LUMIERES (!) ont besoin de plus d’attention, sinon de solidarité, de leurs pairs à travers le monde. Consubstantiellement mêlés, la démocratie, les droits de l’homme et la laïcité sont indivisibles idéologiquement et géographiquement ». —————————————————– On ne peut-être plus clair ! Nous voilà prévenus. Note : les majuscules sont de moi.

    Cordialement.




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  • Blad
    30 mars 2010 at 23 h 58 min - Reply

    jJe ne comprends pas pourquoi tant de commentaires hors sujet. A ma connaissance l’article décrit l’acharnement colonial contre l’islam que nulle ne peut nier! Mais Il parait que certains sont dérangés du fait que le peuple Algérien soit Musulman un autre fait que nulle ne peut nier excepte les acharnés.
    Mon cher arrière arrière grand père Abdel Hamid Ben Badis rahimahou Allah nous a parfaitement décrit « Le peuple Algérien est musulman » et « a des relation a l’arabité » –  » Chaab-ul-jazairi muslimun wa ila-al-Urubati yantassib. Man qala hada aan aslihi aw qala mata faqad kadhib aw rama idmajan lahu ram el muhala mina-attalb….etc  » absolument magnifique.
    Pour répéter ce qu’a déjà été dit la minorité doit ce conformé à la majorité tout en gardant ses droits mais on ne peut pas avoir du « Tail waging the Dog ».

    Adm: Personnellement, bien que ne matrisant nullement la langue arabe, je traduirais « chaabou el djazaïrou mouslimoun wa ila el ouroubati yantassib » plutôt comme suit: « Le peuple algérien est musulman, et à l’arabité il s’apparente. »
    DB




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  • skikdi
    10 mai 2010 at 11 h 32 min - Reply

    POURQUOI VOUS VOULEZ FALSIFIER L HISTOIRE,LES OULEMAS N ONT REJOINT LA REVOLUTION QU’EN 1956 AINSI QU ILS ONT ACCEPTES L ‘INTEGRATION A LA MERE PATRIE! CeEST MESSALI EL HADJ QUI LEUR A FAUSSER LES CALCULS.




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  • Djamel Eddine
    10 mai 2010 at 20 h 21 min - Reply

    @ Mr Skikdi
    Oui les Oulemas etait occupe a former la matiere premiere eteinte par le colonialisme et que la revolution du 1er novembre a trouver prette a la revolution. Les Oulemas dont Benbadis peut etre voyait que la matiere premiere n’etaient pas encore prette a toutes les couches sociales et ont voulue en former plus, mais l’histoire n’attend personne. Voila le resultat apres l’independance depuis 62 ceux qui avaient pris le pouvoir ne fesait pas partis de cette matiere et ont bien agit au contraire meme des principes de Novembre. Somme nous arrive la a cette misere en 2010 car le travail des Oulemas n’etait pas encore termine?
    Precipitation comme on dit:  » ja yasaa, waddar tasaa » (il a voulue courire il a perdu 9)




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  • Rabinhoi
    11 mai 2010 at 0 h 12 min - Reply

    Quelle est le problème de l’Algérie ?
    – du point de vue politique d’abord ;
    – du point de vue économique ;
    – du point de vue social ;
    – puis du point de vue culturel !

    Sur les premiers points , il peut y avoir un consensus général sans l’ombre d’un doute ! Tout le monde aspire à une vie sereine ou d’abord la justice est au dessus de tous , vient ensuite l’équité dans le partage des biens et la prise en charge de l’état pour les problèmes d’ordre social des citoyens !
    Mais là ou il y a divergence , en deux partie , ça concerne le dernier point en l’occurrence  » le culturel  » ! Sachant que la divergence est une richesse par principe !
    La question est d’abord ;
    – Pourquoi il y a divergence ?
    – Quelles sont les raisons qui poussent certains à la laïcité et d’autres à l’islamisme pourtant issus d’une même et seul mère l’Algérie ?
    – Pourquoi ce problème ne se posait pas avant ?
    – Quelles sont les raisons des laïques ?
    – Quelles sont les raisons des islamistes ?

    Et comme pour quelqu’un qui veut arranger entre deux frères d’une même mère et pas entre deux ennemis antagonistes , essayant de trouver un consensus commun qui rapproche les deux , tout en sacrifiant chacun de son coté ce qui est secondaire pour ne retenir que l’essentiel !

    – Est ce que c’est possible ?
    – Si non pourquoi ?
    – Y a-t-il une alternative , laquelle ?

    Loin de toute forme d’extrémisme et voulant vraiment une solution sereine , essayant d’exploiter le génie humain et réussissant là ou beaucoup ont échouer !
    – Est ce que c’est possible ?
    Faisant l’exploit et relevant le défit pour notre mère l’Algérie ! – Est ce que c’est possible ?

    De ma part je sais qu’il y a une solution , tout problème a une solution !
    Je dirais : La science est très utile et la religion est nécessaire , car science sans conscience n’est que ruine de l’âme !

    Avant de trancher , j’attire l’attention sur une réflexion globale ou globaliste avec un stratégie à long terme , de ce fait il ne suffit pas d’avoir une vision uniquement interne mais aussi vaste que le globe avec toutes les avantages et les inconvénients possibles ! Il faut penser réussir , prospérer le pays sans bousculer l’identité nationale ni les constances du pays !

    – Est ce que c’est possible ?




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  • Adel
    11 mai 2010 at 17 h 42 min - Reply

    Les guerres de conquête menées par l’Europe moderne ont commencé au 15ème siècle et ont toutes obéi à la même logique: asservissement des autochtones, allant jusqu’à leur extermination, négation de leurs langues, cultures et religions et leur remplacement par celles de l’occupant Européen.

    La colonisation était l’œuvre de l’Europe capitaliste avant d’être celle de l’Europe chrétienne. L’Église n’a été que l’allié conjoncturel de la bourgeoisie capitaliste.

    C’est un fait indéniable que la France coloniale voulait une Algérie débarrassée de sa population musulmane. Les colons voulaient repousser les Algériens vers le désert, afin de s’accaparer de toutes les terres du Tell et des Hauts-Plateaux. Des populations européennes étaient ramenées de France, d’Espagne, d’Italie et de Malte afin de remplacer les autochtones.

    La résistance acharnée des Algériens, qui ne se calma qu’après 1871, mit en échec ce plan. Cette résistance fut d’abord l’œuvre des populations rurales attachées à leurs terres, ainsi que l’a souligné Mostéfa Lacheraf (Algérie, nation et société). Ce seront également les plébéiens qui reprendront le flambeau, après la première guerre mondiale, en créant le premier parti nationaliste qui revendiquait clairement l’indépendance de l’Algérie. Le mouvement des Ouléma, quant à lui, à l’instar des autres partis modérés, était dominé par les couches bourgeoises citadines, attachées à l’ordre et ayant toujours eu peur des classes défavorisées soupçonnées d’aventurisme.

    L’islam a sans conteste constitué le socle de l’identité algérienne et a joué un rôle mobilisateur dans la lutte pour l’indépendance. Il n’en demeure pas moins que ce sont les paysans pauvres attachés à leurs terres, conduits par des cadres révolutionnaires attachés à leur culture et leur religion mais également porteurs des idéaux modernes de liberté et d’égalité, qui ont constitué l’épine dorsale de cette lutte et lui ont permis d’aboutir. La lutte pour l’indépendance a brisé ce qui restait des anciennes féodalités sur lesquelles s’appuyait l’administration coloniale afin de mener à bien sa politique d’exploitation des indigènes.

    L’Algérie de juillet 62 était certes musulmane, mais elle était aussi résolument tournée vers un avenir qui devait être celui de la liberté et de la justice sociale, pas celui du retour de l’ordre féodal ancien qui régnait avant le colonisation.




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  • Rabinho
    11 mai 2010 at 22 h 37 min - Reply

    Je m’excuse pour mon intrusion , je me suis retrouvé hors sujet ! Mais en vous lisant j’apprends beaucoup de choses !
    C’est indisponible de connaitre l’histoire , car elle nous donne des repères et par conséquent des référentiels d’appuis pour d’éventuels départs !

    Plus vous saurez regarder loin dans le passé , plus vous verrez loin dans le futur ( w.cherchill ).

    Parlez donc du passé et projetez en au futur ( Rabinho ) .




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  • Congrès du Changement Démocratique